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Zulu
...
- Allez !
Viens là !
C'est bien.
Allez, va chercher !
C'est bien. Bon chien.
C'est quoi ?
...
- Salut, papa. Bien dormi ?
- J'ai connu mieux.
C'est pas évident comme situation. - Oui. En même temps,
on a connu pire. - Apolline a dormi là ?
- Oui. Je voulais pas en rajouter, mais elle est en galère d'appart.
Ca te dérange pas ? - Non. Mais t'aurais pu
me demander. Donc, vous êtes en couple ?
- Non. Je te le répète, c'était juste un accident.
- Tu plaisantes ? Combien de fois on vous a dit
de vous protéger ? - 200 fois.
Mais ça va. Elle est cool, on est super potes.
Des potes, avec un bébé,
c'est pas si compliqué. - Oui,
c'est limpide. - On risque pas de divorcer,
comme ça.
- C'est un peu tôt, Tom, pour la blague.
Oui, c'est trop tôt.
- Bonjour, commandant. - Bonjour, Erwan.
- C'est par ici.
C'est une main d'homme.
- Qui est restée longtemps
dans l'eau.
Vu les cals,
on a affaire à un manuel.
C'est le ressac qui l'a ramené ? - Le chien l'a trouvé
au bord de l'eau, par là. Un accident de bateau ?
- On ne peut écarter aucune hypothèse.
Il faudrait voir la capitainerie. - Le capitaine Marchal
y est déjà. - C'est super, alors.
Ah, déjà ? - Oui.
- T'as été rapide. - Oui.
Le dernier disparu en mer a été signalé l'année dernière.
Et aucun accident grave
depuis 6 mois. - Les hôpitaux.
- C'est fait. Y a rien.
- Je vais prendre ma retraite. On reste
sur la piste criminelle ?
Je préviens la proc. - Ou c'est un gars maladroit
qui s'est coupé la main. - Très drôle !
- Léa. - Oui, Paul ?
- Qu'est-ce qu'il y a ? - J'ai du mal
avec la nouvelle d'hier soir.
Ils n'ont pas l'air d'avoir conscience de ce qui se passe.
On a raté un truc, Paul. - Non, on n'a rien raté du tout.
Je suis plutôt fier de lui. Il assume.
- Mais non, il se rend pas compte.
Il doit passer ses examens,
il a pas de boulot, ils vont vivre où ?
- Il m'a demandé de les héberger, le temps
de la grossesse. - Ah bon ?
- Oui. - Il aurait pu m'en parler.
- Il m'en a parlé à moi. - Mais c'est pas ça.
Y a pas si longtemps, il me racontait ses petits secrets,
il me demandait conseil.
- Il aura toujours besoin de toi. Evidemment.
- Je crois que j'ai besoin de digérer tout ça
et de m'habituer à l'idée
de devenir grand-mère. - On est ensemble.
Et il va avoir besoin de nous.
- Merci, Paul.
- Franck. - Mon colonel.
- Un coup de main ? - Vous me prenez
la main dans le sac. - On ne peut pas dire que vous ayez
un poil dans la main. - Non. Toujours là pour mettre
la main à la pâte. - On a fait le tour. Alors ?
- Le propriétaire de cette main était mort
quand elle a été sectionnée.
- Mais encore ? - Il est mort il y a 3 jours.
Et la main
a été arrachée. - Ensuite ?
- L'eau est très peu concentrée en sel.
- C'est-à-dire ? - Cette main
a baigné dans l'eau douce avant d'être jetée dans la mer,
il y a 24 heures. - Pourquoi l'avoir déplacée
deux jours
après la mort de la victime ?
Vous me tenez au courant ? - Bien sûr. Bonne journée.
- Vous me transférez le dossier ?
- Bonjour.
- Bonjour, mon colonel.
- On en est où, capitaine ?
- Ces 12 derniers mois, on a 8 personnes disparues.
J'en ai exclu deux. - Celui-ci aussi.
Trop jeune. - J'ai toujours été
super fort au "Qui est-ce ?" Lui,
on peut l'enlever. - Lui ?
- A côté.
Il a pas une tête de travailleur manuel.
Patrick Durand.
- C'est un nom de banquier.
- On va rester sur du concret, si vous voulez bien.
- Il a pas tort. - Ah, il est banquier !
- Non, mais il mesure 1,58 m.
La victime est plus grande.
- Il a une tête de victime, lui. - Un pianiste
qui aurait des mains calleuses ? - Il peut aimer bricoler.
- Oui.
Il nous en reste deux.
Jocelyn Girbal, éleveur de brebis.
Il a disparu il y a 3 jours.
Et Jonathan Charain,
mécanicien automobile.
C'est pas possible.
Il n'y aucune trace de cambouis sous les ongles.
Jocelyn Girbal.
- Ca pourrait coller.
Pas de casier, mais il y a une main courante.
- On l'a trouvée
sur la plage.
- Il y a 15 jours, il s'est battu avec un autre
agriculteur : Hervé Dutriaux.
...
- Putain !
...
Sonnerie.
...
- Oui, papa ?
- Bien sûr.
- Tu t'y connais en Canadair ?
- J'en pilote pas, mais vas-y.
- C'est normal d'en voir hors période d'incendie ?
- Et qu'est-ce qu'ils font de l'eau qu'ils pompent ?
- Ils la rejettent à la mer.
- Est-ce qu'un Canadair peut aspirer un corps ?
- Non, plus depuis des années. Ils ont des grilles de filtration.
- Elles peuvent laisser passer une main ?
- Une quoi ?
- Une main, un truc
- Oui, j'imagine.
- Merci, Loulou. Bisou.
Léa, c'est moi. Tu peux me rejoindre avec des plongeurs,
au lac du Salagou. Je crois que je sais où est le corps.
- Merci, Paul.
- Commandant. Capitaine. - Mme la procureure.
- Ah oui, il manque
une main à cet homme.
- C'est bien Jocelyn Girbal.
Le portable a séjourné dans l'eau. - Envoyez-le au labo.
- J'y aurais pas pensé. Tenez.
Et sinon, on a une plaie
à l'arrière du crâne.
- Ah oui.
Ca pourrait être une chute ?
- Non, vu sa taille, je pense à un coup violent.
- OK, un meurtre. J'ouvre l'enquête.
- Je devais me rendre
chez les Girbal. J'annonce le décès ?
- Parfait.
Bravo pour votre efficacité.
- Je ne fais que mon travail.
- Continuez. - Oui.
- Commandant, vous me tenez informée ?
- "Bravo pour votre efficacité."
- Oh, ça va !
- Comment t'as eu cette idée saugrenue du Canadair ?
- Quand on était gamins, on aimait bien se baigner dans les lacs,
et le grand frère d'un copain
nous a dit que si on mesurait moins d'1,20 m,
on pouvait se faire aspirer par un Canadair.
- Il était sympa !
- C'était des grands, alors quand t'es avec des petits...
Ah, d'accord.
...
- Jocelyn était tellement content de devenir papa.
A nos âges,
c'était inespéré.
On n'y croyait plus.
- Votre mari était en conflit avec un collègue ?
- Hervé Dutriaux.
Leurs deux familles se font la guerre depuis des générations.
- Ils se sont battus, il y a deux semaines. Vous savez pourquoi ?
- On a eu un contrôle de l'Agence Bio.
Ils ont trouvé de l'endosulfan
dans notre champ. - De l'endosulfan ?
Pesticide illégal. Votre mari en utilisait ?
- Non. Jamais de la vie.
- Quel rapport avec Dutriaux ?
- Hervé est à la tête de la coopérative bio.
Mon mari leur a dit qu'on n'avait rien fait.
Personne ne nous a écoutés. - Donc ils vous ont exclus.
- C'était ça ou la coopérative
perdait son label.
- Après la bagarre, que s'est-il passé ?
- Ils se sont ignorés. Tout le monde nous déteste.
Quelqu'un a volontairement percuté la voiture
de mon mari. - Qui ?
- Il ne m'a rien dit.
Il voulait pas que je m'inquiète.
- Vous avez vu votre mari,
le jour de sa disparition ? - Oui, le matin.
Avant qu'il ne parte chez notre fournisseur de semences.
Après, j'ai plus eu de nouvelles.
...
- Je vous confirme que J. Girbal est bien mort il y a 3 jours,
en milieu de matinée. - Donc il a été tué
le jour de sa disparition.
Et...
L'arme du crime ?
- J'ai trouvé des résidus de terre rouge
dans la plaie, donc sans doute une pierre.
- Autre chose ? - Je vais envoyer
les éléments classiques au labo :
échantillons de muqueuses... - Epargnez-moi les détails,
je viens de déjeuner. - Pardon.
Sinon, l'enquête sur mes parents, ça avance ?
- Non, je suis désolée.
- OK.
Et vous, ça va ?
- J'ai pris un coup de vieux ?
- Pardon ? - Là, comme ça.
- Les années passent, et vous êtes toujours
aussi solaire.
- Merci, Franck.
- Je vous en prie.
- "Toujours aussi solaire."
- Pourquoi j'ai dit ça ?
- Ca va aller, papa.
Je le revois ce soir.
- Merci, ma chérie.
Qu'est-ce qu'ils foutent là ?
- Bonjour. - Bonjour.
- Vous êtes vétérinaire ?
- Oui. - Lieutenant Morel.
Vous vous appelez... ?
- Bérangère Dutriaux.
- Je peux vous demander
un conseil ? - Oui.
- Le chat de ma tante Félicia...
- Je reviens.
La gendarmerie cherche un véto ou quoi ?
- Non. M. Hervé Dutriaux ?
Lieutenant Lebellec. On cherche qui a tué Jocelyn Girbal.
- Il est mort ?
Merde !
Bien sûr, votre premier suspect, c'est moi.
- Ca vous étonne ? - Non. Sa femme a dû me charger.
J'ai fait que mon boulot, en le virant de la coopérative.
Y avait rien de personnel.
- Et l'altercation ?
- C'est lui qui m'a agressé.
J'ai fait que me défendre. - Et il est revenu le lendemain
vous tirer dessus ?
Confidence de votre fille.
C'était derrière la maison ?
- Pourquoi vous n'avez pas porté plainte ?
- Pour pas qu'il aille en prison.
J'allais pas laisser sa femme enceinte
gérer tous les problèmes. - Vos familles
sont en conflit
au sujet d'un partage de terres ? - L'arrière-grand-père Girbal
a arnaqué le mien.
- Mais une fois Jocelyn viré de la coopérative, il se retrouvait
sur la paille. - Et vous pouviez
racheter son champ au rabais.
- Je m'en fous de ce champ. - Vous auriez fait une proposition
à Jocelyn. - Il a refusé, il a été violent,
vous vous êtes défendu.
Un accident, quoi.
...
- Oups ! Voilà.
- J'avais pas vu. - Je vous en prie.
- La balle correspond au fusil de chasse retrouvé chez Jocelyn.
- Pourquoi Dutriaux aurait attendu
plusieurs jours avant de le tuer ? - Il ne ment pas. Il ne voulait pas
racheter le champ. - Il a pas de mobile.
- Non. Autre chose.
Il y avait de l'endosulfan sous les ongles
de Girbal. - Donc il a été en contact
avec le produit. - Et récemment.
- Autre chose ? - Oui. Le labo a récupéré
une partie de ses mails. Regardez ce qu'il a reçu il y a 10 jours.
- "Je t'ai fait confiance,
"et tu m'as trahi. Tu vas payer."
Girbal avait bien quelque chose
à se reprocher.
- Frappe aux portes, Paul,
je t'en supplie. - Pardon.
Ca y est, on sait d'où vient le mail
de menaces. - Ah !
- Il a été envoyé depuis la coopérative.
Mais tout le monde a accès à l'ordinateur.
- Je pensais à cette histoire de mail. Tu reçois un mail de menace,
tu réagis comment ?
- Je réponds, si j'ai rien à me reprocher.
- Oui. - C'est comme s'il était OK
pour qu'on l'accuse de trahison. - J'ai l'impression
qu'un agriculteur bio qui utilise des pesticides,
c'est comme un coureur cycliste
qui se dope. - Je vois pas le rapport.
- Un coureur qui est contrôlé positif,
c'est toute son équipe qui est salie.
- Donc, d'autres membres de la coopérative ont pu payer
pour sa trahison. - Oui.
- Très bien. - Et la voiture
qui l'a percuté ?
- On a la couleur et la marque. On cherche toujours.
- D'accord. Et ton bras, ça va ?
- Beaucoup mieux. Regarde. Hop ! Ouverture.
- Tellement prévisible.
Ah ben...
Je t'appelais.
Qu'est-ce que tu fais là ?
- Tu as besoin d'un tête-à-tête
avec ton fils. - Tu me connais bien.
Viens, on va parler dehors.
Vous allez vous installer chez papa ?
- T'inquiète,
ça va le faire. - J'aimerais en être sûre.
Vous allez faire comment ?
Vous avez pas de boulot, pas de logement.
Un enfant, c'est pour la vie.
T'imagines pas tout ce qu'il faut organiser,
avant l'arrivée d'un enfant. La crèche. Il faut un an
pour avoir une place. - T'inquiète pas, OK ?
On va trouver une solution. Au pire, la famille est là.
Je suis sûr que mamie sera ravie de garder notre enfant.
- Ah, putain, j'avais oublié ce détail.
Comment on va lui annoncer ? Je vois déjà sa tête.
- Je les ai invités à dîner chez toi
ce soir. - C'est une blague ?
Il faut arrêter de faire ça sans m'en parler. Je peux avoir
quelque chose de prévu.
J'ai une vie. - T'as un truc
de prévu ?
- Non.
- T'inquiète pas. Avec Apolline, on s'occupe de tout.
- Allez !
Allez !
Je l'ai dit à vos collègues.
Ces menaces peuvent venir de n'importe qui.
- Justement.
Après le contrôle de l'Agence Bio,
vous n'avez pas voulu vous défendre ?
- Si, mon mari a demandé une contre-expertise.
- Qui a confirmé
le 1er test ?
- Il y a un mois, quelqu'un a empoisonné notre champ.
Qui ?
Je sais pas.
- Est-ce que d'autres éleveurs ont été impactés
par cette histoire
de pesticides ?
Mme Girbal.
- Trois éleveurs sont en attente de validation.
L'Agence Bio leur a dit que les contrôles
devaient être renforcés. - Vous pouvez me donner le nom
de ces éleveurs ?
- Sur le site de la coopérative, vous trouverez leurs photos.
- OK.
Merci, Mme Girbal.
...
- Lieutenant Morel.
Du nouveau ? - Voici les trois collègues
de Jocelyn Girbal les plus susceptibles de l'avoir menacé.
- On les a interrogés ?
- Erwan s'en occupe demain. Moi, j'irai au bar.
- Au bar ?
Demain matin ?
- Oui.
Il renifle.
- Vous buvez pendant le service ?
- Non, jamais. - Alors qu'allez-vous faire
au bar, au lieu d'aider vos collègues ?
- Pour interroger les serveurs.
- Alors, on reprend depuis le début. Quel bar et pourquoi ?
- Le bar de la Comédie.
Je vous ai pas dit !
La femme de Jocelyn
nous a dit que le matin de sa disparition, il allait
chez un fournisseur. - Et... ?
- Vous savez
où il était ?
- Au bar de la Comédie. - C'est ça.
- La victime a menti à sa femme avant de se faire
assassiner. Intéressant.
Ca, c'est intéressant.
- Ca a l'air délicieux, tout ça. - Et voilà.
- Comment as-tu accompli ce miracle ?
- Thomas a tout fait.
- Je me disais aussi...
- Il est où, lui ?
- Il a oublié un truc. Il arrive.
- Merci.
- On peut commencer. Ca va le faire venir.
- Tu me sembles un peu tendue.
- Pas du tout.
A la vôtre.
- Santé, ma chérie.
- En parlant de truc...
Vous vous souvenez d'Apolline ?
- Bonjour. - Bonjour.
- Elle est enceinte. De Thomas. Mais ils sont pas ensemble,
mais ça va bien se passer. - Apolline
est une amie d'enfance. - On s'est perdus de vue,
mais on se revoit.
- Depuis 7 mois. - C'est ça, mamie.
- Je m'en étais pas rendu compte. J'étais dans mes études
de médecine.
Et puis, j'ai fait un examen, et j'ai...
Enfin, on a appris que...
Enfin, voilà. Et c'est sorti d'un coup.
Pouf ! - C'est ça, pouf !
- Bref, je vais être papa.
- Vous comptez le garder ?
- Alors, qui c'est le plus fort ?
- Bonjour, lieutenant.
- Mon colonel.
- Ca avance ? J'espère.
- Le serveur de la Comédie a reconnu Girbal.
- Bien. Il était seul, au bar ?
- Non. Il a discuté pendant une heure avec un homme
qui a une cicatrice
sous l'oeil droit.
- Arnaud Manin, éleveur de chèvres.
Clermont-l'Hérault.
Je préviens Marchal. - Inutile.
C'est déjà fait. Ils sont partis l'interroger. C'est qui,
le plus rapide ?
Merci.
- Je vous dérange pas ? - Non.
- Je crois avoir une idée,
mais je suis pas sûre qu'elle vous plaise.
- Dites toujours. - Je pense que Zoé, votre soeur,
pourrait nous aider. - Hors de question. Non.
- C'est notre seul témoin.
- Oui, mais c'est ma soeur.
- A l'époque des faits, elle vivait encore
chez vos parents.
Elle a pu entendre quelque chose. - Peu importe.
Elle a assez souffert.
- L'agresseur de Paul a volé le seul document qui aurait pu
nous faire avancer. Réfléchissez.
- C'est tout vu, c'est non.
- C'est un peu rapide. - Pardon ?
- Non, rien. Si on veut résoudre
cette enquête, on doit mettre
nos émotions de côté. - Je ne mettrai pas
ma famille en danger. C'est clair ?
- Bonjour. - Bonjour.
- Mlle Dutriaux, décidément, on vous voit partout.
Voici le capitaine Marchal.
- Bonjour.
- Arnaud Manin
n'est pas là ? - Il est à l'intérieur.
- C'est notre venue qui vous contrarie ?
- Une des chèvres d'Arnaud
vient de mourir, d'autres sont intoxiquées.
- Intoxiquées comment ?
- Je sais pas. - Elles ont pu être empoisonnées
à l'endosulfan ? - Oui.
Mais pourquoi Arnaud aurait envoyé
ses chèvres manger de l'herbe intoxiquée ?
- S'il l'ignorait.
- En effet.
Excusez-moi, je dois y aller. - Bien sûr.
On y va ? - Au revoir.
- Au revoir.
- M. Manin !
Arrêtez !
Donnez-nous ce téléphone !
Allez ! - On avait un coup de fil urgent
à passer ? - Vous avez pas le droit.
- Je suis sûr que si.
J'imagine que
M. Manin a effacé le mail
de menaces qu'il a envoyé
à Jocelyn Girbal.
- Vous allez où ?
- Vous n'avez pas
le droit. - Si, je peux.
- C'est pas
la voiture qui a percuté
celle de Girbal ?
- La couleur correspond.
- M. Manin, vous aviez un arrangement avec M. Girbal.
Vos chèvres pouvaient paître dans son champ,
et vous lui donniez une partie
de votre production de lait. - Oui.
Ca se fait entre collègues.
On fait du troc. C'est pratique.
Et c'est pas interdit. - Non, je crois pas.
En revanche, j'imagine
qu'il a oublié de vous dire
qu'il pulvérisait ses champs à l'endosulfan.
- Ecoutez,
j'avais une quarantaine de bêtes, toutes en bonne santé...
Et elles sont tombées malades.
- Alors vous l'avez menacé.
Et comme il ne répondait pas, vous lui avez
foncé dessus en voiture. - Non.
- Votre rendez-vous au bar de la Comédie,
c'était pour quoi ?
- Je voulais qu'il me dise pourquoi il avait fait ça. Et qu'on trouve
un arrangement. Je vais tout perdre.
- Mais il a continué de nier.
Ca vous a énervé.
Alors vous l'avez tué.
- Non, non. A ce rendez-vous, il m'a juste dit qu'il était
sur une piste. - Quelle piste ?
- Celle du coupable.
- Capitaine, Elodie Girbal a trouvé ça au courrier
ce matin. Jocelyn
a envoyé ça à un labo 2 jours avant sa mort.
- Un échantillon de liquide.
De l'endosulfan. C'est pour ça qu'il en avait sous les ongles.
- Mais si c'est lui qui l'utilisait,
pourquoi le faire analyser ? - Ou bien il a dit la vérité
à Arnaud Manin. Il avait trouvé le responsable
de l'empoisonnement. - Qui l'a tué
pour le faire taire.
- On va trouver le coupable,
Mme Girbal.
- Une dernière question. Pour empoisonner votre champ,
quelle quantité de produit fallait-il,
à votre avis ? - Entre...
20 et 40 litres, selon la concentration.
- Merci.
- Au revoir. - Au revoir.
- Tu penses à quoi ?
- Je me demande comment l'empoisonneur a fait
pour se faire livrer une telle quantité
d'un produit interdit. - Par Internet ?
- D'accord, mais avec le contrôle des douanes,
comment tu fais entrer en France un produit illégal ?
- Il y a des gens
qui gardent tout, comme des vieux bidons qui datent d'avant
l'interdiction. - Dans une vieille grange,
par exemple.
Quelles sont les fermes les plus anciennes ? Il y a celle
des Girbal, et... ? - Dutriaux.
Sauf que pour lui,
on n'a pas de mobile. - On va demander
à Erwan et Célestin
de creuser.
Tu le connais ?
- Il s'appelle Kevin Serva, je crois.
- Oui. Et... ?
- Et rien. C'est un cambrioleur qui a été arrêté
par une patrouille. - Pourquoi tu fais cette tête ?
- Il a été arrêté avec un revolver
Manurhin sur lui.
- La série des cambriolages, c'est lui ?
- C'est l'avis des collègues de Castelnau.
- C'est peut-être lui
qui m'a tiré dessus. - Peut-être, Paul.
La commandante a ordonné que tu ne t'en mêles pas.
- Teddy, les clés, s'il te plaît.
Donne-les-moi, je gère.
...
Alors ce serait toi ?
- Moi quoi ?
...
- Ca n'a pas été facile,
mais j'ai réussi à dépasser la souffrance physique et la colère.
Et je vais mieux.
Beaucoup mieux.
- De quoi
vous me parlez ? - Joue pas au con.
- Putain, mais vous êtes qui ?
- Tu me reconnais pas ?
- Comment je vous reconnaîtrais ? Je vous ai jamais vu.
...
- Qu'est-ce qui t'a pris ?
- Je suis allé voir si c'était lui qui m'avait tiré dessus.
- Que va dire son avocat ?
- Rien, parce qu'il a rien compris à ma visite.
C'est pas lui, je l'ai vu. - T'es devenu ophtalmo ?
- Non, mais j'ai compris un truc. - Quoi ? Je dois faire un rapport.
- C'est une mascarade. Je suis étonné que tu me soutiennes pas.
- Mais si, mais les collègues font bien leur travail.
- Arrête, tu mens.
En fait, tu t'en fous.
Tu veux pas m'aider ? Tant pis.
Je vais me débrouiller.
- Tu risques la mise à pied.
- Je prends le risque.
...
- Qu'est-ce que vous cherchez ? - Un indice, M. Dutriaux.
- Ou mieux, une preuve.
- Une preuve de quoi ? Pourquoi j'aurais tué Jocelyn ?
Je vous ai dit
ce qui s'était passé.
- Les coupables ont toujours de bonnes explications.
Avant qu'on les coince.
- Erwan !
...
Ca fait un paquet
d'insectes morts. - Et ça nous intéresse parce que...
- Parce que l'endosulfan tue
toutes les petites bébêtes.
- Ces traces, c'est quoi ? C'est un bidon ?
De 20 litres, a priori.
- Non, vous vous trompez.
- Non. Ce mélange
d'oeuf pourri et d'orteils sales, c'est de l'endosulfan.
- Comment tu sais ça ?
- Mes grands parents étaient agriculteurs. Je connais
cette odeur.
- Vous pouvez
nous expliquer ?
Je pouvais pas tout perdre.
depuis toujours.
Pourquoi empoisonner le champ,
soudainement ? Pourquoi maintenant ?
- Quelle importance ?
Vous ne pourriez pas
qu'on en finisse, et vite.
Oublions un instant votre absence de mobile.
Racontez-moi ce qui s'est passé au bord du lac
il y a 4 jours.
- Vous savez tout. A quoi ça sert ?
- A vous déférer devant un juge avec un maximum d'éléments.
- Jocelyn a compris que je lui avais pourri
son champs. Comment ? J'en sais rien.
Il est venu me voir, il a menacé de tout raconter,
on s'est battus,
et je me suis défendu. - Et vous l'avez frappé
avec un marteau.
- Oui.
- Il dit n'importe quoi.
La victime a été tuée d'un coup de pierre à l'arrière du crâne.
prémédité ?
- Dans ma voiture, j'ai une caisse à outils.
Il était plus fort que moi, j'ai eu peur.
- Eh oui, vous avez eu peur.
Donc, dans la panique, vous avez pris le marteau
et vous l'avez frappé
sur le front. - Oui.
- Il protège le vrai coupable.
Qu'est-ce
qu'on a raté ? - Rien.
Mais il y a une question qu'on ne s'est pas posée.
Il y a un mois, l'Agence Bio a effectué
un contrôle surprise. C'est ça ? - Oui.
- S'il était surprise, comment l'empoisonneur a-t-il su
quand il devait épandre l'endosulfan sur le champ
de la victime ?
- Merci beaucoup. Au revoir.
Ca ne s'est pas passé comme prévu. - Ah, ça va m'intéresser.
- L'Agence Bio n'a pas pu avoir le vétérinaire habituel
pour effectuer le contrôle. La veille, ils ont donc appelé
le vétérinaire de garde. En l'occurrence,
une vétérinaire. - Bérangère
Dutriaux.
- Hervé s'accuse pour protéger
sa fille.
- Restons sur le mobile le plus évident :
Bérangère aurait tué Jocelyn parce qu'il allait la dénoncer.
Mais pourquoi elle a empoisonné ce champ ?
- On n'en sait rien.
Espérons qu'ils arrivent à la faire parler.
- On doit trouver le lien entre les deux. Il faut remonter
le temps, côté perso, côté pro.
- Je checke les fadettes et le bornage du portable de Bérangère.
...
- Pourquoi avez-vous arrêté mon père ?
- Parce qu'il a tout avoué. - L'empoisonnement, le meurtre
de Jocelyn. Quel drame !
Tout ça à cause
d'une vieille rancune familiale. - Qui aurait pu s'arrêter.
Vous n'aviez
aucune raison de les détester.
- Il y a un truc bizarre.
L'année dernière, le portable
de B. Dutriaux a borné tous les jours chez les Girbal.
- Elle devait y soigner
une bête. - 6 jours de suite ?
Qu'est-ce qu'elle a bien pu y faire ?
- J'ai peut-être
une idée, mais ça n'a pas de rapport avec des brebis.
Mme Girbal, commandant Soler à l'appareil.
Vous vous souvenez où vous étiez l'année dernière,
la semaine du...
- 9 mai. - La semaine du 9 mai.
Toute la semaine ?
D'accord. Très bien. Merci.
On vous rappelle.
Elle était chez sa soeur, en Normandie, pour un anniversaire.
Jocelyn et Bérangère étaient seuls.
- Ca n'explique pas ce qu'ils faisaient toute l'après-midi.
- Je préviens Marchal, hein ?
- Vous avez pas de preuves
contre mon père. - Pas besoin, il a avoué.
- Je vais appeler un avocat.
- C'est votre droit. - Mais pourquoi
mon père aurait fait ça ?
- Parce qu'il avait découvert que vous étiez la maîtresse
de Jocelyn Girbal.
Son pire ennemi.
- Entrez.
- Commandant. Hervé Dutriaux ne savait rien
de cette liaison. - Comment le savez-vous ?
- Je lui ai dit, il a fait un malaise.
- Pourtant, il protège toujours sa fille.
Comment a-t-il compris que Bérangère
avait déversé l'endosulfan ? - A cause de nous ?
Il a fait une drôle de tête,
quand on a constaté l'absence du bidon.
- Bérangère aurait été la seule à être au courant
de ce vieux stock ? - Oui.
- Comment a-t-on pu passer à côté de cette relation
Jocelyn-Bérangère ?
- Ils ne communiquaient plus
depuis des mois.
- Ils passent une semaine ensemble, il y a un an,
et pof, plus rien. - Si,
un coup de fil. - Une rupture.
Oui ?
- De la part de la capitaine Mauriac.
- Merci.
Le 15 mai 2022,
Bérangère Dutriaux était enceinte.
- D'accord, mais elle n'a pas d'enfant.
- Je sais.
...
- On a eu cette relation...
Pendant 3 ans.
- Quand vous êtes tombée enceinte, comment a-t-il réagi ?
Et quand vous avez perdu le bébé ?
...
Et vous, Bérangère,
qu'avez-vous ressenti quand vous avez appris la grossesse
d'Elodie ?
- Il m'avait promis de tout quitter pour moi.
On devait partir loin d'ici.
Loin de sa femme.
Loin de mon père.
Quand je lui ai dit que j'étais enceinte, il a paniqué.
Il m'a dit qu'il était trop vieux
pour s'occuper d'un enfant.
- Elodie tombe enceinte il y a 3 mois,
contre toute attente, d'après ses dires.
Et comme par hasard...
Jocelyn n'est plus trop vieux pour devenir papa.
Alors vous décidez de vous venger.
- Je devais m'en prendre à ce qu'il aimait plus que tout :
sa terre.
Alors j'ai attendu.
Quand l'Agence Bio m'a appelée, j'ai pas hésité. Je savais
où trouver l'endosulfan de mon père.
- Et après avoir éliminé toutes les hypothèses,
il a compris que c'était vous
et il est venu vous voir ?
- Je partais soigner un animal.
Je lui ai donné rendez-vous 2 heures plus tard,
loin des regards,
près du lac.
Et là...
Il s'est jeté sur moi.
Il m'a dit que je risquais la prison.
Qu'il allait détruire ma vie.
Pendant que lui...
Allait vivre heureux avec son bébé.
Il avait pas le droit de me dire ça.
...
- Hé, coucou !
Vous en faites une tête !
- On attend un enfant.
- Mais non !
Ben moi, je suis trop contente ! - J'aimerais bien t'y voir.
- C'est un peu tard pour y penser,
non ? - On n'a pas de boulot,
j'ai mon concours dans 3 mois,
on n'a pas de crèche, pas d'appart.
- C'est peut-être pas les conditions idéales,
mais un bébé,
ça a besoin de quoi ? D'amour.
Et on va lui en donner. Plein.
Et pour le reste, on trouvera des solutions.
Quand vous l'aurez, vous serez encore jeunes,
vous pourrez partager plein de choses
avec lui, lui apprendre un tas de trucs.
- Je lui apprendrai à jouer au basket.
- Et avec un peu de chance,
elle fera ses nuits. - "Elle" ?
- Oui, je sais pas, je le sens.
- En tout cas, elle,
elle aura une super tata
pour la réconforter. - C'est évident.
Par contre, c'est moi la marraine.
Ca va le faire. - Ouais.
...
Alarme.
- Oh, putain !
...
C'est quoi, déjà ?
...
Allez...
... Ah, mais tais-toi ! Ah !
...
Mais c'est ça !
...
Putain !
Sonnette.
Qu'y a-t-il,
Franck ?
- Je voulais m'excuser pour ce matin.
J'ai été injuste. - Non, c'est moi. Entrez.
C'est...
C'est pas vous, c'est moi.
Impliquer votre soeur dans cette enquête,
c'est n'importe quoi. - Maintenant, il faut avancer.
- C'est-à-dire ? - Je suis allé voir ma soeur.
- Et... ? - Elle se souvient
qu'une patiente de mon père était décédée pendant une opération
et que son mari s'en était pris à lui.
J'ai consulté les archives de l'Ordre des médecins.
Le mari s'appelle Jérôme Clèche.
- D'après l'Ordre des médecins, votre père n'a commis
aucune faute professionnelle. - Je sais.
C'est une piste très mince,
et j'ai peut-être mis ma soeur en danger.
- J'ai l'impression qu'on fait n'importe quoi.
Je sais que c'est ma faute,
mais c'est compliqué, en ce moment.
Tout part n'importe comment.
J'ai tellement eu...
J'ai tellement eu peur de perdre Paul.
J'ai des images de lui allongé là en train d'agoniser.
Il m'en veut, je peux rien lui dire.
Et mon fils va être papa dans 2 mois, il est pas prêt.
Moi non plus.
- Hé, ça va aller.
- J'y arrive plus.
- Ca va aller.
...
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