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Original subtitles

...

La porte s'ouvre.

- Paul ?

Paul ! C'est moi !

Paul ?

P...

Paul !

Paul.

Putain, Paul.

Paul.

Oui !

J'ai un homme blessé.

Le pouls est très faible. 2 bis, rue de Lavérune.

Ca va aller. Hein ?

Parle-moi.

...

- Le capitaine Marchal a eu

beaucoup de chance. Vous lui transmettrez mes amitiés.

- Au sujet de l'enquête, vous en êtes où ?

- Un cambriolage qui aurait mal tourné.

- "Un cambriolage".

- Il y a eu plusieurs homejackings

avec des révolvers

de type Manurhin, exactement comme celui qui a été utilisé.

Donc,

ce soir-là, vous n'avez rien vu

de particulier ? - Rien.

- A part les bijoux, la montre, la console et l'ordinateur,

rien d'autre n'a disparu ?

- Non. Rien.

Le téléphone sonne.

Ah. Pardon. Excusez-moi.

Soler. J'écoute.

Oui, Erwan ?

D'accord. J'arrive tout de suite.

Le devoir m'appelle.

- Très bien. J'avais terminé.

- Bonne journée. - Merci. Commandant Soler.

Si quelque chose vous revient, appelez-nous.

- Evidemment. - Merci.

Elle s'éclaircit la gorge.

- Par ici. - Merci.

Bonjour.

- Bonjour. - On n'attendait plus que vous.

- C'est gentil. Vous êtes ?

- Esther Dulac.

- La nouvelle procureure.

- Venir sur les scènes de crime m'aide à m'imprégner des enquêtes.

- Bienvenue. Qu'est-ce qu'on a ?

- Un strip-teaseur.

- Un enterrement

de vie de jeune fille ? - C'est le contraire.

Le Lt m'a expliqué.

- Des pharmaciennes fêtaient le divorce de l'une d'elles,

Doriane Falin. - On l'interroge.

On a récupéré son portable. - Regardez. C'est une vidéo

de la fin de soirée.

mais je ne vais pas me gêner.

- D'accord. Très bien, je... Merci.

Heu... Et qu'est-ce qu'on a

sur ce garçon ? - Il est arrivé en tenue de pompier.

- Il a dansé, il a bu et il s'est écroulé.

Les pharmaciennes n'ont rien pu faire.

- Traces de brûlures

sur le bras... - Vu la cicatrisation,

ce n'est pas récent.

- Voilà.

Ces plaques rouges

sur le thorax...

- C'est typique

d'une réaction allergique forte. - Donc, on ne sait pas qui c'est ?

- Non. Il n'avait ni portable ni carte d'identité.

- On a juste son surnom de strip-teaseur : Jo Fire.

- Je vous laisse me contacter

quand vous aurez les résultats d'autopsie.

Bonne journée.

- Au revoir.

- Voilà. Ca ne va pas être facile.

- Hm hm.

- La victime proposait ses services ici.

- Le come-back des Village People. Pilote de ligne, policier,

pompier. Ca marche, l'uniforme.

- Je confirme.

Vous verriez dans quel état Janice se met quand j'enfile ma tenue

de Davy Crockett. - Pas d'images.

On en est où

de Jo Fire ?

- Les avis sont bons. Gros fêtard. Apprécié.

- Tu as regardé les vidéos qu'Erwan t'a envoyées ?

- Oui. Il y en a juste une, un peu avant sa mort, où il parle,

mais c'est couvert par la musique.

- Je peux peut-être lire sur les lèvres. Vous pouvez zoomer ?

- "Je brûle. Ca recommence."

"Je brûle. Je brûle."

- "CA RECOMMENCE."

- Hé, Delphine. Viens voir.

- C'est une preuve !

La récréation

est terminée. - Je n'ai pas réussi

à l'arrêter.

- Ca va. C'est juste une expérience. Allez. Vas-y. Souffle.

- Tu devais rentrer le mois prochain.

- Ouais. Mais moi,

le repos, la campagne, au bout de deux mois, je m'ennuie.

- 3 semaines. - Que "3 semaines" ?

- Hm. - La vache.

- Tu n'as pas mal ?

- Non. Je fais mes petits exos tous les jours. Tu vois ? Hop !

- Bon. Ce barbecue,

c'est quoi ? - Ote la veste.

- C'est chaud ?

- Non. Ca va.

- Cette veste est intacte malgré le feu.

- Donc, elle est ignifugée.

- La victime serait un vrai pompier ?

- Oui. Merci qui ? - Merci, capitaine.

Mais il y a un millier de pompiers sur le département.

- Je m'en occupe.

- Il nous a manqué.

- Il y a un moyen plus simple de savoir qui est la victime.

Il fout déjà le bordel.

- C'est un équipement de protection individuel pour pompier.

- J'écoute. - C'est un modèle récent.

Regarde l'étiquette. Peu de casernes en ont reçu.

- J'écoute.

- Uniquement les casernes qui combattent les feux de forêt.

Je vais te faire une liste.

- Je t'écoute.

- Je vais te l'écrire. Tu m'as manqué, toi.

- On est d'accord que ces traces rouges

indiquent une allergie ? - Réaction épidermique.

- Donc, la victime a ingéré quelque chose de toxique.

- Non. Le labo n'a rien trouvé.

- Il est mort de quoi, alors ?

- D'une overdose de champagne.

- Sérieux ?

- La victime a ingéré une molécule qui empêche de digérer l'alcool.

Il s'intoxiquait en buvant.

- C'est incroyable, ça. Et c'est quoi, cette molécule ?

- Je n'ai trouvé aucune trace dans le bol.

- Alors, ça,

ça veut dire

que la victime a ingéré le poison au moins 8 heures avant sa mort.

- C'est ça. Les analyses toxicologiques nous en diront plus,

mais il va falloir patienter. Il paraît que Paul est de retour.

- Oui. - Il va mieux ?

- Il a ouvert la saison des barbecues.

- OK.

On ne vous a pas réinterrogée ? - Si, si.

Ils vont conclure à un cambriolage qui a mal tourné.

- Vous ne leur avez pas parlé du dossier qui a disparu ?

- Non, parce que je pense

que le tireur voulait récupérer ce dossier.

- Il a fait croire à un cambriolage comme à la mort de mes parents.

- Il savait où était ce dossier. - C'est quelqu'un de chez nous ?

- C'est une option. C'est pour ça que je vous demande

la plus grande discrétion. - Bien sûr, oui.

Léa.

- Franck ?

- Merci.

- Bonjour, Adeline. - Bonjour, commandante.

...

- M... M... M... "Marvaud".

C'est quoi, ce truc ?

...

- Merci.

- Pourvu que ce soit la bonne caserne.

- Je pouvais conduire. Je n'ai besoin de personne.

Bonjour. - Bonjour.

- Je peux vous aider ? - Oui, sûrement. Capitaine Marchal,

lieutenant Lebellec.

Vous reconnaissez cet homme ?

- Oui. C'est Jason.

- "Jason" comment ? - Jason Lefrais.

Qu'est-ce qui s'est passé ? - On l'a retrouvé mort ce matin.

- On peut voir un responsable ? - Oui, bien sûr.

- Occupe-toi des affaires de M. Lefrais

avec... - Sandrine Verry.

Le colonel Devillers est là-bas. - OK. Merci.

- Je vous suis. - Oui. Par là.

- Jason allait être décoré, aujourd'hui. Pauvre gosse.

- Il travaillait à la brigade depuis longtemps ?

- Depuis 3 ans. Avant ça, il était pompier volontaire.

- Vous le connaissiez bien.

- Oui.

- Vous saviez qu'il était strip-teaseur ?

- Vous plaisantez ?

- Non, non.

- Je ne sais pas quoi vous dire. Jason était un pompier sérieux.

- Il avait sûrement besoin

d'argent. Il avait quelqu'un ? - Je ne sais pas.

- Pourquoi il devait être décoré ?

- Il a sauvé un collègue du feu.

- Je peux avoir le planning de tout le monde ?

- Bien sûr.

- Merci.

Le téléphone sonne.

...

J'ai l'identité de la victime.

- Moi aussi. Jason Lefrais.

- Mais comment tu fais ?

- J'ai contacté le site pour lequel il louait

- D'accord.

- Voilà. On frappe.

Entrez.

Tu as perdu. Bisous.

- C'était Paul ? - Eh oui.

- Paul. J'ai donc appris que ton mari...

- Ex-mari. - Oui.

- Oui. - Oui. Qu'il avait mis le feu.

- Donc, tu savais qu'il allait revenir.

- Ah ben, oui.

Le DRH m'a prévenu hier.

- Je suis la dernière au courant.

- Ne le prends pas mal. Je croyais que tu le savais.

C'est une bonne nouvelle, non ? Tu n'es pas contente de le voir ?

- Ce n'est pas le propos. C'est trop tôt.

Il a mal. Il avait de la rééducation.

Et il n'a aucun souvenir de son agression.

- C'est sans doute pour ça qu'il ne t'a rien dit.

Tu t'angoisses trop. - C'est une blague ?

J'ai cru que le père de mes enfants était mort et j'"angoisse trop" ?

- Le médecin l'a déclaré apte. Fais confiance.

Hein ?

On en est où, avec l'enquête ?

- Jason Lefrais. Enfant de la DDASS, héros chez les pompiers.

Il allait être décoré aujourd'hui. - On sait quand on l'a empoisonné ?

- Non. Il a quitté sa garde à 6h du matin, est rentré chez lui.

Son téléphone a cessé de borner à 7h03.

- Pourquoi ? - On ne sait pas.

- Attends. On n'a aucune idée de ce qu'il a pu faire

entre 7h03 et son arrivée à la soirée ?

- Sabine et Célestin vont perquisitionner son appartement.

- Les empoisonneuses, ce sont toujours des femmes.

- Des "empoisonneuses", oui, en effet, lieutenant.

- Bonjour.

Ou pas.

Ce sont toujours les femmes qui empoisonnent. Logique.

L'homme sort son épée.

Les femmes sont plus petites et fragiles.

Hé ! Arrêtez-vous !

Arrêtez-vous !

Il m'a échappé. - Vous avez le numéro de la plaque ?

- Non. C'est un break bleu-vert avec un autocollant jaune.

- La télévision, l'ordinateur.

La console. Il n'a rien pris de tout ça.

- Capitaine.

Je comprends pourquoi le téléphone a arrêté de borner.

- "Mia".

- Jason était un mec bien.

On lui devait tous beaucoup.

C'est l'incendie de l'été dernier.

- C'est là que Jason a été blessé ? - Oui.

Aurélien et lui se sont retrouvés piégés dans une habitation.

On a cru qu'on ne les reverrait pas.

- Heu... "Aurélien" ? - Mon mari.

Il est toujours à l'hôpital, mais il est vivant. Grâce à Jason.

On force souvent les portes.

...

- C'est qui, Geoffrey Marelli ?

- Notre commandant.

- Allez, allez, allez, les gars.

Allez.

Allez, les gars.

1 minute 45 ? Vous vous foutez de ma gueule ?

Normalement, on le fait en 1 minute 15 max.

Refaites l'exercice.

- Geoffrey Marelli ?

Bonjour. Capitaine Marchal. Lieutenant Lebellec.

Vous êtes toujours aussi tendre avec vos recrues ?

- Ce n'est pas la tendresse qui sauve des vies mais la discipline.

C'est à moi de l'inculquer.

- En termes juridiques, on parle de harcèlement.

D'après ce dossier

monté par Jason Lefrais, vous êtes un tyran.

Brutalités, insultes.

- Dommage. Ces témoignages

sont anonymes.

- Jason a tout inventé. Il a un souci avec la hiérarchie.

- "Avait". Il a été assassiné.

- Ce dossier

était adressé à la caserne de Lyon, où vous avez demandé à être muté.

Sirène.

- Commandant !

Voici l'ordre de mission.

- On décolle ! - Hein ?

...

- Tu l'as laissé partir ?

- Je sais où le trouver si on a besoin de l'interroger.

Et on n'interrompt pas des pompiers qui décalent.

- "Des pompiers qui" quoi ? - "Décalent".

Ca veut dire qu'ils partent en intervention.

L'expression date de l'époque où les pompes...

- OK. - Ca ne marche pas.

- Quelque chose m'échappe.

Pourquoi J. Lefrais a constitué un dossier contre son supérieur

s'il allait en être débarrassé ?

- Il voulait plus.

- D'accord. - Et l'enquête de voisinage ?

- Personne n'a rien vu, rien entendu. Pas de break.

En revanche, Jason, la veille, à midi,

a acheté à la pâtisserie 4 éclairs.

2 à la vanille

et 2 au café. - Et alors ?

- Comme nous quand les enfants étaient petits.

- Ah oui. Je ne vois pas le rapport.

- Soit il était boulimique, soit il n'a pas déjeuné seul.

- Eurêka !

Il venait de lancer une procédure concernant Mia Bouvier Marelli.

- C'est le prénom de la petite fille qui était sur la photo chez Jason,

non ? - Oui.

- Comme le pompier ?

- Oui. Geoffrey Marelli a adopté Mia.

Jason Lefrais voulait faire annuler

l'adoption. Il revendiquait la paternité.

- Oh là là là là là.

Caféine, crème, sucre.

Vous succomberez à la gourmandise. - Quitte à mourir,

autant que ce soit de bonne heure. - C'est de qui ?

- De moi. - De vous ?

- Hm.

- Bravo. Et cette histoire d'adoption ?

- Mia est née de père inconnu.

G. Marelli l'a adoptée quand il a épousé sa mère,

Amandine Bouvier.

- Jason serait le père de la gamine ?

- C'est possible. J'ai appelé son avocate. Elle va me rappeler.

- On n'a rien en lien avec ça ?

- Sur ses relevés bancaires, on a trouvé une commande

auprès d'un labo de recherche ADN.

- Ah. Il a reçu les résultats ?

On n'a rien retrouvé chez lui. On va appeler le labo.

- Bien. Bon appétit, capitaine.

- Merci, colonel.

- Le père de Mia, c'est Geoffrey. - Je parle de son père biologique.

On enquête sur un homicide.

Jason pouvait-il être le père de Mia ?

- Non. Il l'a rencontrée à notre mariage.

Comme on a eu une histoire, il a imaginé que c'était la sienne.

- C'est qui,

le vrai père ?

- Un type que j'ai rencontré à Cuba. - Vu l'âge de votre fille,

on peut comprendre

que Jason y ait cru.

- Jason était un enfant de la DDASS. Il rêvait d'avoir une famille.

- Et la procédure qu'il a lancée, ce n'était pas un rêve. Vous saviez

que votre mari harcelait Jason ?

- C'est Jason qui nous harcelait !

Il nous rendait fous !

- "Fous" comment ? Violents ?

- Brrr. Brrr. Broum.

J'aime bien.

Ici le capitaine Marchal.

On a un 512 à la piscine. Tout le monde sur le coup.

- Changez le joint.

- Monsieur Marelli ?

- Commandant.

- Ah oui. "Commandant".

Vous avez oublié de me dire que J. Lefrais contestait l'adoption

de Mia. - Je partais en intervention.

- Oui. Il va falloir trouver mieux que ça.

- Sa démarche

n'aurait pas abouti. - Ah bon ?

- Ma femme m'a affirmé que Jason n'était pas son père.

- Pourtant, ils ont eu une aventure ensemble.

- J'ai confiance en elle.

- C'est bien. Mais ça peut rendre jaloux.

- Ce n'est pas ça, le problème. - Donc, il y avait un problème.

- Jason devenait obsessionnel. Je lui ai dit de rester à distance.

De rage, il a défoncé la vitre de la voiture.

- Ca nous fait un mobile.

Qu'est-ce que vous faisiez, ces dernières 24 heures ?

- J'étais à Lyon. J'ai obtenu ma mutation.

On allait enfin partir loin de ce cinglé.

- OK.

Les cloches sonnent.

Léa soupire.

Alarme stridente.

... - Qu'est-ce que c'est que ce truc ?

... C'est quoi ?

Ah ! Putain. Tu m'as fait peur. Arrête ça !

- Le boîtier est là.

Le code pour l'arrêter, c'est la date de naissance

d'Alice. L'alarme s'arrête.

Voilà.

- Qu'est-ce que tu fais ?

- Je t'installe une alarme. - Je n'ai pas besoin de ça !

- Deux précautions valent mieux qu'une. C'est connu.

Ah ! - Ca va ? Qu'est-ce qu'il y a ?

- Non, non. Ca va. Ca va.

Ca va. - Tu as recommencé

beaucoup trop tôt.

- Non. Ca va. Ca va beaucoup mieux.

Voilà.

Maintenant, je sais.

Jamais je n'aimerai une autre femme autant que toi.

- Tu te souviens de quelque chose ?

- Ah ! Pour le soir du...

Je...

Je suis arrivé devant chez toi

et...

Rien de plus.

C'est le trou noir.

Pourquoi ?

- Pour rien.

- Tu as du nouveau sur l'enquête. - Non.

- "Non" ? Dis-moi.

- Non. La brigade du Castelnau a pris le relais.

- J'ai cherché le dossier. C'est verrouillé. Mais toi...

- Non. Je n'ai pas le code. - Non. Mais tu es commandante.

- Je te dis que je n'ai pas le code. Arrête. C'est compliqué.

- D'accord.

- Paul, je...

Il parle anglais.

...

- C'est très sexy,

ce petit accent frenchy. - "Sexy" comment, capitaine ?

- Ben... - C'est le labo

où Jason a envoyé son test. ...

...

50 % de l'ADN de Mia correspond à celui de Jason Lefrais.

- Amandine Bouvier nous a menti. Il est le père biologique de Mia.

- Il aurait dû recevoir ses résultats récemment.

- On n'a rien retrouvé. Alors que c'est primordial pour lui.

- Il a tout envoyé à l'avocate ?

- Ou alors, c'est ce qu'on est venu voler dans son appartement.

- Elle est toute pourrie, ta voiture.

- Non. Elle est très bien, ma voiture.

- Ca va ? - Oui.

- Vous êtes chafouin.

- Non. Je pense à cette histoire.

J'en ai marre des mères qui mettent les pères à l'écart.

- Tout le monde sait qu'un enfant a besoin des deux parents.

Je comprends que ça vous remue,

mais il faut faire la part des choses.

- Bien sûr.

- Un break bleu avec un autocollant jaune.

Un siège enfant.

Et si c'était la voiture d'Amandine Bouvier ? Vous vous en occupez ?

- Oui. Bien sûr.

- D'accord. Merci beaucoup. Ouais. Au revoir.

- Alors ?

- Geoffrey Marelli était bien à Lyon.

- Le capitaine Mauriac vient de m'appeler.

J. Lefrais a laissé un message à son avocate hier.

C'est fini. Je laisse tomber.

- Il "laisse tomber" quoi ? La procédure

contre Geoffrey ?

- J'imagine. Alors qu'il venait de recevoir la confirmation ADN.

- C'est étrange.

Après, il y a des gens qui font des trucs étranges,

comme dessaisir la brigade d'enquêtes importantes.

- Tu parles de ton agression ?

- Oui. - Non, Paul.

Il n'y a rien d'étrange.

Ici, tout le monde est trop impliqué.

- On aurait avancé plus vite.

Un cambriolage,

je n'y crois pas.

- Hop hop hop. Capitaine. L'enquête aura lieu dans les règles

et en toute indépendance.

- Oui.

- Tu oublies que tu n'as pas été la seule victime.

- Quoi ? - On était bouleversés.

A commencer par Léa, qui t'a découvert. Tes enfants.

Moi. Tout le monde.

On a cru qu'on te perdait.

- Je sais.

- Je te promets de t'en dire plus dès que j'aurai des informations.

Allez.

Il soupire.

- Quand j'ai su

que j'étais enceinte, je ne voyais plus Jason.

- Vous ne lui avez rien dit ?

- Non. Je ne voulais pas d'homme dans ma vie.

Jusqu'à ce que je rencontre Geoffrey.

- Comment Jason a-t-il su pour Mia ?

- Pour notre mariage, Geoffrey a invité ses collègues.

Jason a vu Mia et il a compris.

- Hier, vous avez cambriolé l'appartement de Jason

pour récupérer la preuve de sa paternité.

- C'est ça que vous êtes venue chercher ?

Les résultats certifiant que J. Lefrais n'est pas le père

de Mia ? - Quoi ? Comment c'est possible ?

Vous avez fabriqué un faux ?

- Quand Jason a voulu faire un test, j'étais prise au piège.

- Comment vous avez fait pour échanger les deux courriers ?

- J'ai guetté le facteur devant chez lui.

J'étais prête à tout pour ma fille.

- Mais ça allait le détruire !

- Il fallait que ça s'arrête.

Mais je ne l'ai pas tué.

- Justement. Lieutenant.

- Colonel ?

- On a du nouveau ?

- On vient de recevoir les données du téléphone de Jason.

Il a envoyé 2 textos. Le 1er

a été envoyé à un ancien collègue. Il lui donnait rendez-vous.

Le 2e était adressé au colonel Devillers.

- "Je vais tout leur dire pour l'incendie,

"je ne peux plus me taire."

- Pour le marathon,

voici la liste des moyens

et le schéma des positionnements.

Au départ, un VSAV plus FPT.

Au milieu du parcours, un VSAV.

A l'arrivée, un VSAV plus FPT, un PMA et évidemment, le PC.

- Colonel ?

Colonel Soler.

Veuillez me suivre.

- Pourquoi ? - Vous savez pourquoi.

- Sandrine ? - Oui.

- Dites au commandant Marelli de gérer la fin de ma garde.

- Oui, colonel.

- Commandant ? - Oui ?

- J'ai eu J. Mauléon,

le destinataire du 1er message. Un pompier qui a tout arrêté

après l'incendie de l'été dernier. - Pourquoi Jason voulait le voir ?

- Il lui a juste donné rendez-vous à l'endroit de l'incendie.

- Tout nous ramène à cet événement.

On focus sur les pompiers impliqués, même Aurélien...

- Verry. - C'est ça.

Marchal,

vous vous en occupez. - Heu... Les hôpitaux, je sature.

- Quand on reprend le boulot

plus tôt, on assume.

Je fais une exception.

- Je m'en occupe ?

- Non. Je vais envoyer Sabine.

- Je vais montrer le dossier

d'intervention de l'incendie à Thomas.

- Bonne idée. - Ouais.

Hein ?

Voilà.

- Ben, oui.

- Vous n'avez rien à faire ?

- Si. Si, si.

Bips.

...

- D'après les infirmières, avant-hier, Jason est venu voir

votre mari. Vous l'avez croisé ? - Non. J'étais à la maison.

- Il a interrogé plusieurs pompiers impliqués dans l'incendie de Lunel.

Vous savez pourquoi ? - Non. Mon mari ne peut pas parler.

- Cette remise de médaille aurait-elle pu...

raviver des souvenirs ?

- Au contraire. C'était une façon de panser nos plaies.

C'est pour ça que j'ai insisté auprès du colonel

pour que Jason ait cette médaille. - Ce n'était pas une initiative

du colonel ? - Non. Ca n'a pas été simple

de le convaincre. - Merci.

- J'ai l'impression d'avoir un truc évident sous le nez,

mais je ne le vois pas.

- D'où viennent

ces photos ?

- D'un journaliste qui était présent le matin de l'incendie.

- Tu as regardé le rapport d'intervention ?

- Bien sûr.

Leçon numéro 12 : toujours recouper les infos.

- Il y a un truc qui ne colle pas.

- Quoi ?

- Ben...

Le camion, la tenue...

C'est comme s'ils allaient combattre un autre type de feu.

- Comment ça ? - Là,

ils sont équipés pour combattre un feu de forêt.

Comme s'ils allaient intervenir par là.

- L'incendie était du côté des maisons.

- Intervenir avec la mauvaise tenue, ça craint.

- Ils ont peut-être pensé que le feu

allait gagner la forêt.

- Avant une intervention, on regarde toujours d'où vient le vent.

- Le rapport d'intervention indique "vent faible de nord-est".

Ils ont eu confiance.

- On voit que le vent est plutôt fort et il vient du sud-ouest.

- Le rapport d'intervention est faux ?

- Je sais où trouver les bonnes infos.

Gagné. Venez. Les prévisions météo sur Lunel. Le 9 août.

- "Avis d'alerte avec fortes rafales venues du sud-ouest". OK. Et ?

- Si les pompiers avaient eu ces infos,

jamais ils ne seraient partis avec un équipement

pour intervenir en forêt. - Quelqu'un a commis une erreur.

- Les pompiers sont partis au feu avec les infos de la veille.

- Il faut le faire, pour confondre les jours.

- Ce qu'il reste à trouver, c'est qui s'est connecté

au serveur météo.

- Devillers.

- Non. Moi, je crois plutôt qu'il protège quelqu'un.

- Qui ?

- "Jason Lefrais".

- Vous aviez découvert que Jason s'était trompé.

Pourquoi n'avoir rien dit ?

- A quoi bon l'accabler ?

Jason avait sauvé Aurélien.

Il avait droit à une 2de chance.

- Et comment il vivait ça, lui ? - Mal.

Il culpabilisait. Il ne pouvait pas avoir de tache dans son dossier.

Une histoire de garde d'enfant.

- Vous n'avez pas cherché à en savoir plus ?

- Ca ne me regardait pas.

- Ouais. Surtout, ça vous arrangeait.

Pas de vagues sous votre commandement.

Vous l'avez empêché de parler.

- Votre raisonnement ne tient pas une seconde.

Je ne l'aurais pas couvert pour ensuite le tuer.

Totalement ridicule.

- Le colonel Devillers aurait voulu le faire taire.

C'est une hypothèse. Mais il y en a une autre.

- Les pompiers. - Oui.

Ils étaient 4 dans le camion :

Jason Lefrais, Aurélien Verry,

Jules Mauléon, Raphaëlle Godet.

Chacun sa piste ?

- Chacun son chemin.

- Tu chantes toujours aussi faux.

- Toi, tu ne sais toujours pas fermer les portes.

- Le colonel était bien

à la caserne. Il n'a empoisonné personne.

Jules Mauléon est cloîtré chez lui sous antidépresseurs.

- Pas le profil d'un tueur.

- Mais il a donné une info importante :

ce jour-là, J. Lefrais n'était pas censé intervenir.

- En quoi c'est important ?

- J'ai recoupé la date de l'incendie avec les strip-teases de Jason.

Il a enquillé après son show.

- Après une nuit blanche ? - Après une nuit blanche,

de l'alcool. La recette pour un drame.

- Ah.

Champagne ou champignons ?

- Mon coeur balance, Franck.

- Le champignon est un coprin noir d'encre.

C'est ce qui a empoisonné le strip-teaseur.

- C'est un champignon vénéneux ?

- Non. Sauf si on le mélange avec de l'alcool.

J'ai mis du temps

à faire le lien. Je n'ai pas fait pharma.

- "Pharma". Pharmacie, pharmacienne.

- Oui. Le cursus

à l'université. - Doriane Falin.

- La pharmacienne divorcée.

- Oui. Jason a été empoisonné bien avant la soirée.

- Mais elle aurait pu le voir avant.

- Il faut établir le lien entre elle et l'incendie.

- J'appelle la commandante.

- Je rejoins le capitaine. - Alors ?

- Vous avez des frigos. Mettez-la au frais.

- Avec plaisir.

- Vous ne le connaissez pas ?

- Je n'avais jamais vu cet homme.

- Parmi vos invitées, quelqu'un aurait pu le connaître ?

- Je ne pense pas.

- A quoi on reconnaît une pharmacienne pompier ?

- C'est une blague ?

- Non. La pharmacienne pompier a le fond de l'écusson vert.

Je sais où j'en ai vu un.

Excusez-moi. Je peux vous emprunter ça ? Merci.

Viens.

Alors.

- L'une de vos amies pourrait-elle avoir un lien avec des pompiers ?

- Oui. D'ailleurs, c'est la seule qui n'est pas venue à la soirée.

- Bingo. Bien joué, capitaine.

- Qu'est-ce que vous faites ?

Jason était rongé par la culpabilité.

Il m'a avoué avoir édité le mauvais bulletin météo.

- Et il vous a aussi révélé les raisons de son erreur ?

- Quand j'ai reçu la photo de Jason en strip-teaseur...

- Vous avez compris qu'il continuait ses shows.

- A ne pas dormir,

il a risqué de broyer d'autres vies.

- Pourquoi ne pas l'avoir dénoncé ?

- J'ai appris que le colonel l'avait déjà couvert.

Quand je pense que c'est moi qui ai insisté sur sa récompense...

- Racontez-moi ce qui s'est passé.

- J'ai proposé à Jason qu'on déjeune ensemble.

J'ai préparé des coprins en sachant qu'il allait boire.

Quand il buvait, il était sans limites.

- Le crime presque parfait, en quelque sorte.

- Je ne pouvais pas le laisser s'en tirer comme ça.

Il m'avait tout pris. Tout.

Mon mari.

Ma joie de vivre.

Le bonheur de mes enfants.

Que feriez-vous, si on s'en prenait au père de vos enfants ?

- Dommage qu'Alice n'ait pas pu venir.

- Elle a un mec. Elle est sur ses partiels.

- Hm hm.

Elle a fait le tour des soirées pizza-comédie romantique

avec sa famille.

- Ca veut dire qu'elle a d'autres projets.

- Toi, tu te sacrifies pour moi. - Qu'est-ce qu'on ne ferait pas

pour une pizza ? - Attention. On dirait

ton père. - Il te fait rire.

- Heu... Pas toujours, quand même.

- Bon. On se le fait, ce film ? - Eh ben, vas-y.

Et merci pour ton aide dans l'enquête.

- C'est normal.

Ca m'a fait plaisir

de retrouver papa. - Et... tu l'as trouvé comment ?

- Bien. Tu sais, maman, papa, c'est un roc.

Il ne faut pas que tu t'inquiètes.

Tu préfères...

"Grâce et Lizzie"

ou "Ces Jours-là" ?

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