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Original subtitles

La Turquie, comme vous ne l'avez jamais vue auparavant.

Depuis les airs, nous découvrirons la frontière orientale de l'Europe…

où se rencontrent les anciennes méthodes et les merveilles modernes,

dans un paysage aussi varié que son peuple.

Cette série vous fera découvrir l'Europe depuis les airs.

Avec des images tournées sur une année,

au gré du changement des saisons,

vous saurez tout sur les cultures, l'histoire et les techniques

qui ont forgé la grandeur des nations européennes actuelles.

LA TURQUIE

La Turquie est un territoire colossal qui relie l'Europe à l'ouest

à l'Asie à l'est.

Elle est bordée de trois étendues d'eau,

la mer Égée, la mer Noire et la mer Méditerranée.

La Turquie occidentale est dominée par Istanbul, une métropole animée

et creuset des cultures européennes et asiatiques.

La Turquie orientale est montagneuse et reculée,

et entre ces deux extrêmes s'étendent les hauts plateaux arides du centre.

Ici, les dernières traces de l'hiver disparaissent

et révèlent un paysage féerique…

avec l'arrivée du printemps.

LE PRINTEMPS

Il y a neuf millions d'années,

la Turquie était une fosse bouillonnante d'activité volcanique.

Aujourd'hui, la plupart de ces volcans sont éteints ou dormants…

mais les paysages qu'ils ont laissé derrière eux

semblent sortir tout droit de la science-fiction.

Voici la Cappadoce.

Ce paysage sculpté captive les voyageurs depuis des millénaires.

Il est même mentionné dans la Bible.

Mais comment s'est-il formé ?

Quels sont ces étranges trous noirs qui émaillent ces hauts piliers ?

Pour la plupart des visiteurs, la réponse se révèle dans les airs.

Vural Demircioglu

est un des 200 pilotes de montgolfière en Cappadoce.

Cette région impressionnante tient une place particulière dans son cœur.

Je suis né ici, j'ai grandi ici.

Je voyais déjà ces montgolfières

qui survolaient la région quand j'étais petit.

Chaque année, Vural emmène près de 2 000 touristes dans les airs…

qui espèrent tous voir ce paysage fantastique

d'une perspective aérienne unique.

Ces incroyables colonnes coiffées sont appelées "cheminées de fée".

Elles se forment quand la roche volcanique dure

se superpose à une roche plus tendre

faite de cendre volcanique.

Le chapeau de roche protège la roche tendre en-dessous comme un parapluie

et empêche le vent et la pluie de l'éroder.

Alors que Vural entre plus profondément dans la vallée…

des trous noirs apparaissent sur les plus grandes colonnes.

Ce sont des couloirs et des fenêtres.

Pendant des milliers d'années,

les civilisations ont creusé des habitations dans la tendre roche…

pour créer un quartier de gratte-ciels vraiment inhabituel.

La vue sur cette région est incroyablement belle.

Voir les grottes et les vallées depuis le ciel est ce que je préfère.

La montgolfière continue son voyage et le paysage change encore,

passant de tours à des tunnels profonds.

Un vaste réseau de passages labyrinthiques

s'étend sur des kilomètres sous la terre.

Il y a 200 villes souterraines comme celle-ci dans la région,

qui, à un moment, hébergeaient des dizaines de milliers de gens.

Beaucoup abritaient les premiers chrétiens

qui fuyaient les persécutions au début du premier millénaire.

Vural fait redescendre le ballon vers la terre.

Bien que j’habite ici

et que je voie ces merveilles tous les jours,

ça reste magique.

En l'espace d'une heure, la montgolfière a traversé

des milliers d'années de l'histoire de l'humanité

et a offert aux visiteurs une vue aérienne unique sur la Turquie.

La Turquie est dominée par deux grandes villes.

Ankara, en son centre, avec plus de cinq millions d'habitants,

est la capitale de la nation.

Mais Istanbul, à l'ouest,

est la plus connue, c'est le centre culturel du pays.

Istanbul est une immense ville qui chevauche l'Europe et l'Asie,

elle est peuplée de plus 15 millions d'habitants.

Si on observe son centre, on découvre deux énormes bâtiments avec un dôme

l'un à côté de l'autre.

Ces deux voisins célèbres

sont Sainte-Sophie, la plus grande cathédrale de la chrétienté

durant des milliers d'années,

et la mosquée du sultan Ahmet, aussi connue comme la mosquée Bleue

à cause de la couleur de ses céramiques spectaculaires.

Cette pièce maîtresse de l'Empire Ottoman a été achevée en 1616,

et était connue pour être la seule mosquée à six minarets

en-dehors de la Mecque à l'époque.

Mais ces derniers 400 ans,

des tempêtes, des tremblements de terre et des millions de fidèles

ont fait des ravages sur la mosquée du sultan Ahmet,

et cet étonnant bâtiment commence à montrer son âge.

Nos caméras ont un accès aérien exclusif

à un projet de 11,5 millions d'euros

qui doit redonner à la mosquée son ancienne gloire

en utilisant autant que possible les matériaux d'origine.

Omar Kara et Hülya Aktas

sont les architectes à la tête de cette restauration historique.

C'est vraiment passionnant de faire partie de ce projet

et d'avoir une telle responsabilité.

C'est beaucoup de pression, mais aussi du bonheur.

C'est le plus grand projet auquel j'ai pris part.

La pièce centrale de la mosquée

est une large coupole entourée de quatre demi-dômes…

où les travailleurs replacent les panneaux de plomb.

À côté, se trouve une cour ouverte très grande,

où l'équipe répare et restaure chaque carreau de céramique du sol.

Six minarets dominent l'ensemble.

Aujourd'hui, c'est surtout sur ces minarets

que se concentrent les travaux de rénovation.

Nos caméras aériennes révèlent les hauteurs vertigineuses

que les ouvriers doivent grimper pour réparer ces minarets à la main.

L'équipe de Hülya commence à démonter le minaret

pour lancer un programme de restauration de 18 mois.

Sur un autre minaret en face,

l'équipe est plus en avance sur cette opération.

Bloc après bloc, ils réparent les parties endommagées

et réalignent la structure tout en la reconstruisant.

Avec un treuil électrique, ils soulèvent des blocs d'une tonne

à 45 mètres en haut de la structure…

où l'équipe attend patiemment de les guider à leur place.

Le plus grand défi est la hauteur

à laquelle nous travaillons, et le poids de ces pierres.

Il reste encore 12 mois avant de terminer le minaret,

mais une autre étape importante est sur le point d'être terminée.

L'équipe a remplacé

le revêtement étanche autour des dômes de la mosquée,

et aujourd'hui, Omar supervise les dernières petites choses

martelées à leur place.

Après des mois de travail patient et minutieux,

les dômes en plomb retrouvent leur splendeur disparue.

Pour Omar et Hülya, c'est un moment décisif dans leur carrière.

C'est un projet sur lequel j'ai voulu travailler toute ma vie.

Terminer avec succès cette restauration

est un des plus importants moments de notre vie.

À la fin de cette monumentale restauration de six ans,

la mosquée du sultan Ahmet retrouvera

sa grandeur originale,

l'un des plus grands trésors architecturaux d'Istanbul.

En-dehors des grandes villes de Turquie,

l'agriculture domine le littoral et l'intérieur des terres…

de gigantesques oliveraies…

aux vastes champs de blé.

Et avec les jours qui s'allongent, les fleurs de printemps se fanent.

C'est enfin le moment de la récolte…

avec l'arrivée de l'été en Turquie.

L'ÉTÉ

La Turquie centrale est principalement

une étendue battue par le soleil, plate et sèche.

Mais en son centre, un affluent du fleuve Euphrate

alimente une oasis d'un vert éclatant.

Ce sont les vergers de Malatya.

Des rangées et des rangées d'arbres identiques

quadrillent le paysage sur tout l'horizon

et chacun de ces huit millions d'arbres

est dédié à une seule culture bien particulière.

Malatya est le pays de l'abricot.

La famille d'Orhan Alkaya récolte des abricots

dans la région depuis des décennies.

J'ai grandi au milieu des abricotiers sur le flanc de la montagne Baydar,

je dormais dehors sous les étoiles.

Orhan et les fermes qui l'entourent

produisent 80 pour cent des abricots secs des réserves mondiales,

et l'été est la période la plus chargée de l'année.

Chaque jour pendant la récolte,

les travailleurs secouent les branches à la main

plutôt qu'avec des machines pour ne pas abîmer les arbres.

C'est un travail étouffant sous une chaleur de 40 degrés,

mais le chaud soleil turc est crucial pour l'étape suivante de la récolte.

Les abricots ne sont pas des fruits résistants.

Ils doivent être récoltés au bon moment

et mis à sécher dans la journée.

On n'a pas le temps d'être fatigué ou autre.

Chaque jour, ils transportent trois tonnes d'abricots

depuis les plantations et les mettent à sécher au soleil.

C'est une vue incroyable depuis le ciel.

Des millions d'abricots de nuances différentes sont alignés par terre.

Pour un paysan, l'été est le point culminant d'une année d'effort.

En été, on découvre si on a assez gagné

pour faire vivre la famille.

Après trois jours au soleil,

les travailleurs coupent chaque abricot pour enlever son noyau…

puis les remettent à sécher pour trois jours supplémentaires.

C’est un procédé délicat et très prenant

qui a été perfectionné pendant des générations.

Malatya exporte des abricots secs dans plus de 100 pays,

générant des centaines de millions d'euros chaque année.

Je travaille dans ce métier depuis plus de 35 ans,

mais chaque année, je ressens de la passion et de l'excitation.

La Turquie est un pays aux énormes structures, anciennes ou modernes.

De Zilkale, un château médiéval flamboyant

perché au sommet de falaises dans la chaîne pontique…

à l'Orient Express,

un chemin de fer de 1 300 kilomètres qui parcourt presque tout le pays…

Aujourd'hui, une nouvelle merveille d’ingénierie bat tous les records

et s'élève hors de l'eau pour les rejoindre.

La Turquie se situe au croisement de l'Asie et de l'Europe.

Deux grands détroits séparent ces deux continents.

Au nord, le Bosphore scinde Istanbul en deux…

mais plus au sud, on trouve un long détroit venteux,

les Dardanelles, une autoroute maritime.

Chaque année, 44 000 bateaux longent ce mince détroit.

Le seul moyen pour les riverains de passer d'une rive à l'autre

est ce ferry très lent.

Mais cela va bientôt changer.

Ici, dans la province de Çanakkale…

la Turquie se dépêche de construire le plus long pont suspendu

de portée moyenne au monde,

connectant ainsi l'Europe et l'Asie.

Notre vue à vol d'oiseau révèle les énormes constructions

d'un projet de 2,3 milliards d'euros.

Deux tours soutiennent le pont.

Chaque montant de la tour est fait de 32 blocs

empilés les uns sur les autres.

Chaque bloc pèse environ 800 tonnes,

et il est formé de quatre panneaux plats.

Quand les tours seront terminées, des câbles en acier suspendront

le tablier du pont de presque cinq kilomètres au-dessus du détroit.

Le pont aura une portée moyenne de 2 023 mètres,

battant ainsi tous les records.

Ce chiffre commémore le centenaire

de la République turque.

L'ingénieur Erdal Gedik supervise une partie

de la construction des tours du pont de Çanakkale.

Je suis très fier de ce travail.

Depuis 18 ans que je travaille,

j'ai travaillé sur des projets vraiment étranges et incroyables,

mais ce pont tient une place à part dans mon cœur.

Aujourd'hui, nos caméras aériennes vont capturer un moment majeur

de ce gigantesque projet d’ingénierie.

L'équipe d'Erdal pose les derniers blocs empilés

couronnant un des montants de la tour de soutien

qui atteint ainsi toute sa hauteur, plus grande que la tour Eiffel.

Il vaut mieux ne pas avoir trop peur

car l'équipe se positionne à des hauteurs vertigineuses.

La grue dépose doucement et prudemment

le dernier panneau en acier sur la tour.

Le moment est tendu.

Le panneau fait la taille d'une maison de trois étages.

Si le vent se lève pendant qu'il monte,

il pourrait s'écraser contre les piliers.

On doit faire des ajustements très délicats en soulevant les blocs.

Un petit coup de vent risque de faire tourner les éléments

de manière incontrôlée dans l'air et causer des problèmes.

Mais heureusement, aujourd'hui, les conditions sont parfaites.

Au moment où le panneau arrive à plus de 300 mètres de haut…

les ingénieurs sur la plateforme le placent dans la bonne position.

Un coup puissant indique que le panneau est en place,

et le premier pilier du pont est terminé.

Aujourd'hui, avec l'équipe, on a terminé une structure incroyable.

Pendant les deux prochaines années, Erdal et son équipe

finiront la construction de ce pont historique

qui dominera finalement le détroit.

En allant plus au sud vers Antalya,

le paysage cède le pas à un échiquier de terres arables

et de plantations d'amandes.

Avec l'été, une région de la taille de Monaco

vit une formidable transformation qu'il faut voir depuis les airs.

Chaque année, quand les cultivateurs de blé terminent leur récolte,

une nouvelle industrie inattendue arrive dans la ville.

Les bâtiments de ferme se remplissent de tapis venant de toute la Turquie.

Les travailleurs les nettoient

puis font quelque chose d'extraordinaire.

Ils transforment les champs…

en une profusion de couleurs.

Les habitants utilisent les champs vides pour étendre,

sécher et blanchir au soleil des milliers de tapis chaque année.

Raziye Topkara

travaille dans ces champs de tapis depuis plus de 30 ans.

Quand j'étais petite, on tissait beaucoup de tapis dans la région,

donc j'en ai tissé depuis toute petite.

Je n'ai jamais rien fait d'autre.

Je me suis mariée et j'ai travaillé dans les tapis.

Aujourd'hui, l'équipe de Raziye a 150 tapis à blanchir.

Ils déchargent les tapis du camion dans les champs…

où le soleil va opérer sa magie.

En s'évaporant à travers les tapis,

la rosée du matin emporte avec elle la teinture excédentaire.

Cela adoucit les couleurs criardes en des tons plus doux, plus subtiles

et les tapis en ressortent étincelants.

Il y a plus de 7 000 tapis dans ces champs et aucun ne se ressemble.

Il faut avoir l'œil expert de Raziye pour savoir à quel moment les tapis

ont acquis leur couleur parfaite et peuvent être retournés.

Cela dépend des couleurs que les gens préfèrent.

Cela peut être plus lumineux ou plus lustré,

ou des couleurs plus naturelles.

C'est comme pour reconnaître quand une pastèque ou un melon est mûr,

on sait quand un tapis est prêt.

Les enjeux sont élevés.

Ces tapis peuvent valoir des milliers d'euros.

Si on les laisse sous le soleil ardent un peu trop longtemps,

il risquent de perdre leur valeur.

Dans l'entrepôt, on prépare les tapis à être expédiés.

La Turquie exporte des tapis depuis le Moyen-Âge…

et cette industrie rapporte aujourd'hui

plus de 2 milliards d'euros par an.

Elle permet à Raziye et à sa famille de continuer

à surveiller les tapis jour et nuit.

Je viens ici chaque soir avec mon mari et mes fils.

On prend notre dîner ici et on dort dans les champs.

Pour moi, c'est le plus bel endroit de Dosemealti.

En septembre, ce paysage féerique de tissu disparaît…

et les tapis sont expédiés

pour être posés dans les salons du monde entier.

Les cultivateurs peuvent à nouveau préparer leurs champs

pour la prochaine récolte.

C'est la fin de l'été et tandis que les stations balnéaires

de la mer Noire et de la mer Égée se vident…

les forêts autour de Bolu explosent dans un éventail de tons ambrés…

cramoisis…

et sépia.

L'automne est là.

L'AUTOMNE

De la côte sauvage au nord de la Turquie…

aux plages cristallines du sud…

des pâturages vallonnés…

aux sommets découpés des montagnes,

les Turcs ont appris à s'adapter aux paysages vastes et variés.

Au début de l'automne, sur l'une des grandes chaînes de montagnes,

notre vue aérienne exclusive révèle un ancien mode de vie

qui n'a pas changé depuis plus d'un millénaire.

Dans le sud de la Turquie, un imposant croissant de pics rocheux

surgit brutalement de la côte méditerranéenne.

Ce sont les monts Taurus.

Avant l'arrivée de l'hiver, les hauts pentes des montagnes

offrent de la fraîcheur aux milliers de chèvres qui y paissent.

Elles appartiennent à l'une des dernières tribus nomades d'Europe.

Mahmoud, Songül et leurs enfants sont des Yörük Sarikeçili…

une tribu de nomades qui, avec leurs chèvres,

ont planté leurs tentes sur ces alpages depuis plus de mille ans.

On a toujours fait ça.

Ma mère s'occupait des animaux, mon père aussi.

Leurs parents s'occupaient des animaux.

Les Yörük Sarikeçili n'ont pas d'habitat permanent.

Ils utilisent ces montagnes comme base en période chaude…

et déménagent à plus basse altitude une fois que le froid de l'hiver

rend impossible la vie à cette altitude.

Deux fois par jour, Mahmoud quitte son camp avec ses chiens bergers…

pour trouver un nouveau pâturage pour ses 600 chèvres.

Mahmoud siffle ses ordres

tandis que les chiens courent pour garder les animaux ensemble.

Ils rassemblent les chèvres près des passages raides et irréguliers.

Nos caméras aériennes révèlent ce mode de vie unique

comme il n'a jamais été vu auparavant.

Chaque matin, on emmène les chèvres dans les pâturages.

Après trois ou quatre heures, on rentre chez nous.

Les animaux sont les biens les plus précieux de la famille…

donc Mahmoud ne peut pas se permettre de les perdre de vue.

Il doit les protéger jour et nuit des loups et des chiens sauvages

présents dans ces montagnes.

Tu fais la tête.

Je comprends les animaux,

et les animaux comprennent très bien ce que je dis.

Du matin au soir, on est avec les animaux.

Où qu'ils aillent, je les suis.

Après des heures de pâture,

Mahmoud revient chez lui avec ses chèvres satisfaites.

La culture nomade est un mode de vie sur le déclin.

Moins de 100 familles préservent ce style de vie.

Mais Mahmoud et Songül n'ont pas l'intention de s'installer.

La vie dans les montagnes est dure, mais c'est ce qu'on connaît,

c'est ainsi qu'on a grandi, c'est simple pour nous.

Je n'ai jamais envisagé de m'installer.

Peut-être quand je serai vieille

et que je ne pourrai plus courir après les chèvres.

Être Yörük, pour moi, c'est être libre.

Le long de la côte au nord de la Turquie,

des monastères au sommet de falaises…

et des maisons traditionnelles en pierre découpent le paysage.

Le climat chaud et humide crée les conditions idéales

pour produire l'une des boissons les plus consommées au monde.

Dans le nord-est de la Turquie,

les monts Kaçkar plongent abruptement dans la mer Noire.

Ici, à Çamlihemsin, les rivières à gros débit

creusent de profondes vallées dans le paysage,

et la végétation luxuriante peint les pentes abruptes en vert profond.

Une vue aérienne révèle des centaines de jardins serrés

où pousse la même plante,

le thé.

L'industrie du thé est normalement associée à la Chine ou l'Inde,

mais les plantations turques

produisent plus d'un quart de million de tonnes de thé par an.

Mais étonnamment, presque tout le thé reste dans le pays.

La Turquie consomme plus de thé que n'importe quel autre pays du monde,

trois kilos de feuilles de thé par personne et par an.

Chaque maison ici a son propre jardin à thé

que l'on transmet de génération en génération.

Firdevs Çolak et ses sœurs ont récolté du thé dans la région

presque toute leur vie.

Tout ce qu'on voit ici, on l'a planté nous-mêmes.

Nos terres et nos jardins nous sont très chers.

Travailler avec la terre, c'est magnifique.

Travailler la terre permet de soulager le stress.

Il faut des années d'expérience pour cueillir le meilleur thé.

Les sœurs travaillent vite avec leurs cisailles

et ne choisissent que les plus jeunes feuilles en haut des plantes.

Elles doivent en cueillir autant que possible tôt le matin

quand les pousses sont encore jeunes et tendres.

On ne peut pas retarder la récolte, sinon le thé sera mauvais.

Il n'en restera rien.

Il faut le cueillir juste au bon moment, sinon c'est trop tard.

Notre vue aérienne unique nous montre Firdevs et sa famille

dispersés sur six hectares d'arbustes à thé.

Les femmes remplissent leurs sacs de feuilles de thé

jusqu'à ce qu'ils soient remplis.

Elles chargent ensuite les sacs de 40 kilos sur leur dos,

et se lancent dans la difficile ascension des pentes raides.

En bas dans la vallée, elles pèsent le thé frais…

et préparent les feuilles pour la vente aux grands distributeurs.

C'est la fin d'une longue journée.

Firdevs et sa famille ont fait leur part

pour satisfaire l'incroyable soif de thé de la Turquie.

Le thé le plus cher, le plus précieux, pousse ici à Çamlihemsin.

On l'adore. On en est fiers. Il nous donne en retour.

C'est une chose merveilleuse.

L'automne s'en va et un froid cinglant s'empare du pays.

Les collines, les terres rocailleuses…

et les lacs d'un bleu profond…

se transforment en déserts de glace et de neige.

L'hiver est arrivé.

L'HIVER

Au nord-est de la Turquie,

les changements de saison incitent les habitants à un autre mode de vie.

Dans certains endroits, les gens vont jusqu'à l'extrême.

La frontière orientale de la Turquie

est bordée par sa plus grande région montagneuse,

l'Anatolie orientale.

De plus près, on y voit aussi une des plus grandes étendues d'eau.

À plus de 1 500 mètres au-dessus du niveau de la mer,

on trouve le lac Çildir.

Les habitants dépendent du poisson du lac Çildir depuis 6 000 ans.

Mais alors que l'emprise de l'hiver se resserre…

le lac se recouvre d'une épaisse couche de glace…

et les pêcheurs échangent leur bateau pour des chevaux et des luges.

Parmi les pêcheurs ici,

un mari et sa femme, Atanur et Songül Dursun.

Cela fait plus de 40 ans que je pêche.

J'ai commencé à pêcher quand j'étais à l'école primaire.

J'y allais tout le temps avec mon père.

Quand j'étais petite, je ne connaissais rien à la pêche.

J'ai tout appris avec mon mari,

et maintenant, je pense que je sais mieux pêcher que lui.

Pendant huit mois, Atanur et Songül sont experts en pêche sur glace.

Il y a une semaine, ils ont creusé la glace

et posé leurs filets sous l'eau.

Puis ils ont fait un tas de neige au-dessus pour repérer l'endroit.

Aujourd'hui, il doivent casser la glace pour vérifier leurs filets.

Notre vue aérienne unique révèle le chemin prudent

qu'ils doivent suivre en évitant la glace fine.

Tomber dans l'eau à cette époque de l'année serait mortel.

Dans certaines parties du lac, il y a des eaux sombres,

des eaux qui ne gèlent pas.

Il faut dessiner une carte de la glace dans sa tête.

C'est un travail dangereux.

Finalement, ils arrivent aux filets.

Atanur doit utiliser toute son habileté

pour percer à travers plus d'un demi-mètre de glace.

La partie la plus dure du travail est de casser la glace.

On a parfois tellement froid qu'on a l'impression qu'on va geler.

Une fois le trou percé, ils vont sortir le premier filet.

Celui-là est vide.

Mais Atanur et Songül savent qu'avoir plusieurs filets

est la clé du succès dans cet environnement.

Atanur et Songül sortent le dernier filet en retenant leur souffle.

Leur connaissance du lac et leur habileté sont payantes.

Ce filet est rempli de poisson frais.

Pour un étranger, la vie près de ce lac en Turquie peut sembler dure.

Mais pour Atanur et Songül, c'est plus qu'un travail.

C'est une partie de leur culture

qu'ils n'échangeraient pour rien au monde.

Le jour suivant ma rencontre avec ma femme, on s'est enfui sur un bateau.

On s'est tenu la première fois la main sur un bateau.

Sur un bateau.

C'est pourquoi on aime tellement pêcher.

Le paysage turc est clairsemé de vestiges du passé.

Les merveilles gréco-arabes du mont Nemrut

subissent des hivers rigoureux.

Plus à l'ouest, les tombeaux en pierre de Lycie…

et la cité grecque d'Éphèse sont baignés de soleil toute l'année.

Parmi tous ces sites, un site ancien se démarque

comme étant peut-être le plus étrange d'Europe.

Dans la Turquie occidentale, de mystérieuses tâches blanches

parsèment le paysage hivernal, mais ce n'est pas de la neige.

Une vue plus rapprochée révèle une ville antique

nichée près d'une des plus grandes plaques.

C'est la cité grecque antique de Hiérapolis.

Notre vue aérienne montre d'un côté

des thermes communaux,

un théâtre somptueux

et des milliers de tombeaux très élaborés.

De l'autre, un paysage mystique de piscines minérales d'un blanc pur…

débordantes d'une eau de source volcanique chaude.

Quelle était cette étrange cité à deux facettes ?

L'archéologue Coskun Dasbacak

étudie le passé antique de la Turquie depuis plus de 30 ans.

Avec son collègue, Arif,

ils découvrent les secrets de ce mystérieux site antique.

C'est tout à fait unique et envoûtant de découvrir deux merveilles,

côte à côte, l'une faite par l'homme, l'autre par la nature.

Les habitants appelaient cette colline d'un blanc éclatant

"Pamukkale", ce qui veut dire la forteresse de coton.

Une eau chaude, riche en minéraux, émerge ici de la terre

de 17 sources volcaniques.

Elles laissent derrière elles un dépôt blanc appelé travertin…

dont l'ampleur ne peut vraiment être appréciée que d'en haut.

Une vue du ciel de Pamukkale révèle des cascades pétrifiées…

des bâtiments entiers figés dans le temps par cette force naturelle.

Mais Pamukkale n'est pas la seule merveille naturelle du site.

Il y a un autre secret, beaucoup plus sombre, caché ici.

C'est la porte des Enfers,

peut-être le site de sacrifice d'animaux le plus inhabituel.

On tenait ici des cérémonies religieuses

en honneur à Pluton, dieu des Enfers.

Les fondateurs de Hiérapolis

ont construit ce temple sur une cheminée volcanique fumante

au deuxième siècle.

Une caverne à l'intérieur du temple se remplissait de gaz toxiques

et une foule avide regardaient les prêtres y emmener des taureaux.

Les taureaux mouraient à cause des vapeurs,

mais les prêtres en ressortaient indemnes, retenant leur souffle.

Aujourd'hui encore, les gaz qui remplissent cette caverne

sont visibles à la surface de l'eau qui coule de là.

Cet apparent miracle a rendu Hiérapolis célèbre,

et la ville s'est enrichie grâce à ça.

Aujourd'hui, les visiteurs du monde entier

viennent ici découvrir cette terre antique

où des phénomènes naturels ont donné naissance à cette apparente magie.

La vue me coupe le souffle chaque fois que je la regarde.

Mes enfants et mes petits-enfants

continueront à être émerveillés par cette vue.

La Turquie est la fenêtre de l'Europe sur l'Est,

une terre qui relie non seulement des continents,

mais aussi le temps,

où se mêlent des pratiques anciennes et des innovations modernes

à travers des paysages fantastiques et des cultures variées.

Elle regarde fièrement vers son passé et avec enthousiasme vers son futur

pour créer la grande nation qu'on connaît aujourd'hui.

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