Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
English
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
French
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
Découvrez la Finlande comme vous ne l'avez jamais vue.
Vous survolerez l'un des derniers réservoirs sauvages d'Europe
où le savoir-faire ancestral côtoie
d'astucieuses nouvelles technologies pour mieux apprivoiser la nature.
Cette série vous fera découvrir l'Europe depuis les airs.
Avec des images tournées sur une année,
au gré du changement des saisons,
vous saurez tout sur les cultures, l'histoire et les techniques
qui ont forgé la grandeur des nations européennes actuelles.
LA FINLANDE
La Finlande fait partie des pays les plus faiblement peuplés d'Europe.
Au nord, se trouve un désert arctique
limitrophe de la Norvège, de la Suède et de la Russie.
Les 5,5 millions de Finlandais vivent en majorité au sud du pays,
dans des villes proches de la capitale, Helsinki,
ainsi que dans des ports situés le long de la côte baltique.
NORVÈGE, SUÈDE, FINLANDE, RUSSIE
Le pays produit de l'acier, du papier et du bois de haute qualité.
Son industrie dépend des ports baltiques
pour 90 % de ses échanges avec le reste du monde.
La plupart de ces plaques tournantes font face à un défi unique.
La chute des températures…
et le gel de la mer…
lorsque l'hiver s'abat sur la Finlande.
L'HIVER
Pendant la moitié de l'année, la pointe nord de la mer Baltique
se pare d'un blanc éclatant en raison de son épaisse banquise.
En regardant de plus près, on découvre un mystère…
des sillons creusés dans la glace qui s'étirent jusqu'à un port.
Ce port, c'est Tornio.
C'est le port le plus au nord de la Finlande…
et une plaque tournante pour son industrie sidérurgique.
En hiver, les brise-glace, des navires à coque renforcée,
frayent un chemin aux cargos à travers la banquise.
Mais le danger se cache partout sur ces côtes
et les capitaines de cargo ont besoin d'être guidés vers le port.
Kaj Hahtonen est l'un des timoniers du port.
Son travail consiste à monter à bord des navires entrants
et à les gouverner en toute sécurité à travers les pièges de la glace.
Ces côtes sont les plus rocheuses et les moins profondes d'Europe.
Il faut naviguer avec beaucoup de prudence.
Kaj va guider le Bellaland, un navire long de 100 mètres,
jusqu'au port de Tornio.
Les 3 000 tonnes de calcaire à bord serviront à fabriquer de l'acier.
En été, il peut facilement rejoindre le navire à l'aide d'un bateau.
Mais en hiver, la banquise impose d'utiliser une super-machine
pour parcourir huit kilomètres. Un bateau propulsé par des hélices
appelé hydrocopter ou hydroglisseur.
Ses énormes hélices font glisser ses patins flottants sur la banquise
à l'aide d'un ancien moteur de voiture de 400 chevaux.
Kaj et son collègue Harlu évoluent sur la glace à 20 km/h.
Mais plus ils se rapprochent du navire,
plus la glace devient fragile.
Kaj doit donc finir le trajet à pied.
Précédé par un brise-glace, le Bellaland ne peut pas s'arrêter
car il risquerait de se retrouver coincé.
Vu du ciel, voici l'incroyable outil que Kaj utilise pour embarquer.
Avec sa rampe portable, il franchit la glace jusqu'au navire en marche.
Embarquer depuis la banquise n'est pas sans danger.
Chaque pas peut s'avérer fatal.
On est toujours submergés par l'adrénaline.
À huit kilomètres du port, la profondeur est de 11 mètres
et la température de l'eau est de zéro degré Celsius.
Kaj n'a pas le droit à l'erreur.
Bonjour.
Désormais à bord et en sécurité,
Kaj se dirige vers le pont pour assister le capitaine.
Bonjour, Capitaine.
Kaj n'est pas seulement tenu d'éviter les zones peu profondes
à l'approche du port.
Il doit aussi prendre assez d'élan pour ne pas être bloqué par la glace.
Lorsque les équipages n'ont pas l'habitude de ces conditions,
ils ont parfois peur d'utiliser la force pour lutter contre la glace.
Une heure après, Kaj a guidé le Bellaland jusqu'à Tornio
et le brise-glace poursuit doucement sa route.
Désormais, Kaj doit faire accoster le navire
mais des milliers de tonnes de glace lui barrent la route.
Notre vue aérienne dévoile de manière inédite
l'astuce que Kaj utilise pour se dégager.
Il commence par amarrer la proue du navire au quai
puis lance les moteurs à pleine puissance.
Il crée ainsi un courant qui éloigne doucement la glace.
Mais Kaj devra attendre que l'eau soit suffisamment dégagée
pour bien amarrer le navire avant son déchargement.
Lorsque le capitaine me fait une belle poignée de main,
je sais que j'ai bien fait mon travail.
Le navire a pu arriver au port en toute sécurité
et bien plus vite que si je n'avais pas été là.
Tornio dépend de ces énormes navires pour son industrie sidérurgique.
Mais ce port représente aussi la voie d'accès historique
vers la région la plus étendue et la plus septentrionale du pays,
la Laponie.
Connue pour abriter la maison du Père Noël,
la plus vaste région du pays se cache surtout au nord du cercle arctique
et vit dans l'obscurité totale pendant deux mois, chaque hiver.
Cette vaste région tentaculaire s'étire sur 100 000 km2.
En regardant plus en détail, on aperçoit une gigantesque étendue
de lacs gelés, de toundra, et de forêts de bouleau.
Mais cette zone sauvage n'est pas vide.
Elle est le foyer de l'un des animaux les plus appréciés au monde,
le renne.
La Finlande compte environ 200 000 rennes
mais, curieusement, ces animaux ne sont que partiellement sauvages.
Ils entretiennent une relation unique
avec l'un des derniers peuples indigènes d'Europe,
les Samis.
Nils-Matti Vasara est Sami. Il est gardien de troupeau,
comme son père
et son grand-père avant lui.
Notre peuple a toujours vécu sur ces terres.
Mes origines remontent à 600 ans.
En hiver, les températures peuvent tomber à moins 30 degrés.
Les chutes de neige ayant augmenté ces dernières années,
les rennes peinent de plus en plus à trouver de la nourriture.
Nils-Matti doit donc compléter l'alimentation de ses 1 000 rennes.
Aujourd'hui, il prépare de la paille et des granulés pour ses bêtes.
Mais avant de pouvoir les nourrir, il doit relever un défi de taille…
il doit les trouver.
Les rennes se déplacent constamment à la recherche de nourriture.
Nils-Matti sait que son troupeau va dans le sens opposé du vent,
appâté par l'odeur d'herbe fraîche.
À bord de sa motoneige, il se dirige vers une vallée
où il pense les trouver.
Je connais ces terres par cœur.
Je ne me sers pas encore des nouvelles technologies.
Elles ne sont pas aussi fiables que moi.
Les rennes sont exactement là où il l'avait prédit.
Ils affluent en entendant la motoneige arriver.
Les Samis ont toujours dépendu des rennes pour s'alimenter,
s'habiller et s'abriter.
Sans eux, la vie aurait été impossible à une telle latitude.
Nils-Matti répand la nourriture
et veille à ce que chaque renne ait sa part.
Il vérifie ensuite qu'il n'y a pas de retardataires.
Lorsqu'il est certain que le troupeau est au complet,
il dépose le reste de son chargement.
Rien ne vaut la vie avec les rennes.
Ils prennent le pas sur tout le reste.
C'est comme ça depuis que je suis né et ça le restera jusqu'à ma mort.
En Finlande, l'hiver peut durer jusqu'à sept mois.
Mais lorsque la douceur fait peu à peu son retour…
le paysage quitte son manteau blanc pour se parer de bleu et de vert.
Les cours d'eau se réveillent d'une longue hibernation…
lorsque le printemps fait son retour en Finlande.
LE PRINTEMPS
Dans les villes du sud, comme Turku, la cité la plus ancienne du pays,
Tampere, son centre industriel
et Helsinki, sa capitale en pleine expansion,
les températures plus clémentes poussent les Finlandais à ressortir.
Ce qui n'est pas sans créer de nouveaux défis.
Helsinki, la plus grande ville, compte 1,5 million d'habitants.
La vue du ciel montre que son centre s'agglomère sur une petite péninsule
entourée de plus de 330 îles.
Les cinq principaux ponts de la ville
sont des goulets d'étranglement pour les routes menant au centre.
Les Finlandais ont trouvé la solution parfaite
pour vider la ville de ses voitures : un vaste réseau de tramway.
Comme un train, il peut transporter un grand nombre de personnes
mais, comme un bus, il se faufile dans les rues étroites de la ville.
Anssi Koponen est responsable
du bon fonctionnement des 11 lignes de tramway.
Il conduit un véhicule de maintenance spécialement équipé,
gentiment surnommé "tramway banane", en raison de sa couleur jaune.
Notre tramway de maintenance est rare.
On ne le trouve pas partout, surtout en hiver.
Ceux que l'on a, à Helsinki, sont uniques.
Anssi se dirige vers le centre-ville animé.
Les détritus se coincent facilement dans les rails enterrés…
cet ingénieux véhicule comporte donc de nombreuses brosses en-dessous.
Elles évacuent les débris, tels que les pièces ou les cailloux,
qui peuvent bloquer ou faire dérailler les trams.
Vu du ciel, le défi d'Anssi s'apparente à un jeu vidéo.
Il calcule son circuit pour éviter les gens,
les véhicules et les tramways lors de son nettoyage.
À bord de son tramway banane, Anssi déambule dans les rues étroites
et frôle les plus grands monuments de la ville d'Helsinki,
pour arriver au cœur de la nation, sur la place du Sénat.
Cette grande place a été construite pour les institutions du pays,
lorsque Helsinki en est devenue la capitale
et que le pays a été intégré à l'Empire russe en 1809.
Ces bâtiments néoclassiques abritent la cathédrale d'Helsinki,
la Bibliothèque nationale, l'Université d'Helsinki
et le Palais du gouvernement,
où la Finlande s'est déclarée indépendante
de la Russie en 1917.
Anssi atteint le bout de la péninsule
et arrive à l'imposant port d'Helsinki.
Ce quartier aux maisons colorées du début du XXe siècle
est l'un des coins les plus prisés de la ville.
Anssi attaque désormais la partie la plus délicate de sa tournée
en nettoyant Mannerheimintie, la rue la plus fréquentée d'Helsinki.
Sept lignes de tramway convergent sur cette rue.
Anssi doit attendre le bon moment
pour se faufiler au milieu du flux constant des tramways.
La rue la plus animée d'Helsinki abrite aussi
les plus beaux exemples d'architecture moderne,
comme Kiasma, le musée d'art contemporain,
ou l'impressionnante bibliothèque centrale
avec sa structure en forme de vagues faite à partir d'épicéas finlandais,
et le célèbre stade olympique construit en 1938.
Anssi et son tramway banane évitent le flux incessant des trams.
Il peut enfin retourner au dépôt
en sachant que cette capitale peut continuer à bouger grâce à lui.
C'est très agréable.
On sait que le travail est bien fait
et que les tramways roulent sans encombre.
On est heureux de ramener le tram au dépôt et de rentrer chez nous.
La plupart des Finlandais vivent dans des centres urbains animés
mais certains maintiennent un lien avec les étendues sauvages du pays.
Pour fuir la vie moderne, ils optent pour des chalets appelés mökki,
qui parsèment le paysage, notamment au bord des lacs,
dans l'est, très boisé, du pays.
Mais l'être humain n'est pas seul, sur ces lacs.
Le printemps est le moment choisi
pour faire l'un des inventaires les plus importants au monde.
Depuis le ciel, le sud-est de la Finlande
semble avoir été perforé par plus de 100 000 lacs.
Le plus grands de ces lacs est le lac Saimaa,
un labyrinthe sinueux creusé à la dernière période glaciaire.
Il offre l'un des paysages les plus pittoresques du pays.
Ses eaux abritent une faune et une flore très riches,
dont l'une des espèces les plus menacées au monde…
le phoque annelé du lac Saimaa.
Ils ne sont plus que 400 à l'état sauvage.
Il s'agit donc de l'un des phoques les plus rares au monde.
Jouni Koskela est scientifique et responsable de leur protection.
Lorsqu'il fait beau, on aperçoit un ou deux phoques.
On en a même déjà vu cinq en une soirée.
La plupart de l'année, les phoques vivent au milieu de lac,
ce qui les rend quasi-invisibles.
Mais à chaque printemps, ils sortent brièvement de l'eau
pour profiter du soleil
et faire leur mue sur le rivage de ce gigantesque lac.
C'est la fenêtre idéale qui permet à Jouni de les compter
et de cartographier leurs emplacements.
En prenant de la hauteur, on voit toute l'étendue de sa tâche.
Le lac s'étire sur plus de 1 000 kilomètres carrés.
C'est environ la taille de la ville de Los Angeles.
Et les 400 phoques pourraient être n'importe où sur ses milliers d'îles
ou sur ses rochers éparpillés comme des confettis.
Après une heure de recherches, Jouni repère enfin un premier phoque.
Une petite tache grise sur un rocher, visible seulement par un œil aguerri.
Le pelage de cette espèce constitue un camouflage idéal
sur les rochers du lac couverts de lichen.
C'est l'une des trois seules espèces
de phoque au monde à vivre en eau douce.
Dès que je vois un phoque, je vis un moment époustouflant
car ils passent le plus clair de leur temps dans l'eau
et sont invisibles.
Jouni note l'emplacement du phoque à l'aide de son traceur GPS.
Le recensement des emplacements où bronzent les phoques est crucial
car ils permet de les protéger de toute construction immobilière.
Ces efforts et l'interdiction du matériel de pêche dangereux
ont triplé le nombre de phoques
depuis le début des mesures, dans les années 1980.
Les conservateurs constatent même un nombre record de naissances.
Jouni poursuit ses recherches.
Au bout de cinq heures, il aura trouvé deux autres phoques.
C'est un travail de longue haleine, mais Jouni sait que c'est important
pour les phoques du lac Saimaa et pour la fierté de la nation.
L'avenir des phoques du lac Saimaa dépend de nous, les Finlandais.
Si nous tenons vraiment à les sauver, alors il y aura bien plus de phoques
dans dix, vingt ou cinquante ans.
La partie arctique du pays s'apprête à vivre une longue journée.
Le soleil ne se couchera plus pendant 60 jours.
Dans la partie urbaine, au sud,
les habitants d'Helsinki se ruent vers ses plages
pour profiter de la chaleur tant attendue.
L'été est là.
L'ÉTÉ
La côte d'Helsinki représente plus que du farniente sous le soleil.
Pendant des siècles, elle a écrit l'histoire de la Finlande.
Au début du XVIIIe siècle, la Suède contrôlait la mer Baltique.
SUÈDE
Mais la Russie a disputé sa puissance avec sa flotte en pleine expansion.
RUSSIE
Sous domination suédoise et coincée entre les deux puissances,
Helsinki était une cible clé pour la Russie.
Voici Suomenlinna,
une forteresse insulaire construite par les Suédois en 1748
pour se protéger de la marine russe.
Depuis le ciel, nous voyons ses nombreux postes de défense,
qui s'étendent sur six îles interconnectées.
Grâce à ces remparts en étoile, la portée des canons était illimitée
et permettait de protéger l'accès à la baie abritée d'Helsinki.
Aujourd'hui, il s'agit d'une attraction touristique majeure.
Mais cette remarquable structure reste en partie active,
avec sa cale sèche.
Ce gigantesque chantier naval est l'un des plus anciens d'Europe.
La matinée est brumeuse en ce tout début d'été,
avec des températures toujours inférieures à dix degrés.
C'est un grand jour pour Jouni Wirta.
Avec son équipe, il a passé l'hiver ici,
à restaurer 16 navires.
Il est désormais temps d'inonder la cale
et de mettre les navires à l'eau dans le port d'Helsinki
pour la première fois de l'année.
C'est nous qui ouvrons la saison de navigation
donc on a quelque chose à fêter.
Dans cette cale vieille de 250 ans, tout se fait à la main.
Jouni et deux volontaires se servent de leurs muscles
pour tourner les roues qui ouvrent les valves…
et déversent des tonnes d'eau de mer dans cette cale historique.
Il aura fallu trois heures pour voir le premier des 16 navires flotter.
La cale bourdonne d'activité. Jouni et son équipe
effectuent les derniers préparatifs pour mettre les navires à la mer.
Les ouvriers se dépêchent de fixer les mâts.
Et grâce à notre vue aérienne unique,
nous voyons la hauteur à laquelle l'équipe doit monter
pour fixer ces énormes voiles.
Le gréement est la partie la plus importante du navire.
Donc, bien sûr, c'est agréable de voir le mat dressé,
de poser les voiles et les avirons, et de le voir bouger.
Tous les navires sont prêts,
mais Jouni n'a pas fini son travail.
Ses volontaires les plus musclés doivent tirer l'immense porte
de la cale, lourde de 100 tonnes, pour la mettre sur le côté.
Le premier navire peut désormais quitter les remparts de Suomenlinna…
en nous offrant les mêmes images que depuis 250 ans.
Jouni et son équipe
peuvent désormais fêter l'événement selon la tradition finlandaise.
Quand le travail est terminé,
on monte dans un bateau équipé d'un sauna.
On va dans le sauna et on prend parfois quelques bières.
En Finlande, l'amour des saunas existe depuis des siècles.
Les premières traces de ces pièces chauffées au feu de bois
remonte au XIIe siècle.
La Finlande compte désormais plus de trois millions de saunas,
soit au moins un pour deux personnes.
De nos jours, les habitants d'Helsinki
peuvent se rendre sur les quais pour accéder à un sauna unique.
Il pourrait s'agir du sauna le plus insolite qui soit.
Voici l'incroyable Helsinki Sky Sauna.
Il s'agit, en apparence, d'une grande roue ordinaire.
Mais depuis les airs, on voit qu'une cabine se démarque des autres.
Et pour cause, elle a été convertie en sauna.
Elle réchauffe ses occupants et les entraîne à 40 mètres de haut,
pour une vue incomparable sur la ville.
Katri Kahonen est responsable de cette structure inédite.
Grâce à elle, les clients profitent d'un sauna finlandais traditionnel.
Chaque matin, avant l'ouverture de la grande roue,
elle vérifie le mécanisme pour s'assurer que tout fonctionne
et remplace toute pièce qui lui semble abîmée.
À dix heures, une fois sa maintenance achevée,
la grande roue ouvre ses portes.
Matilda, Upi et Linnea
s'apprêtent à monter dans leur premier sauna aérien.
Katri vérifie qu'ils sont prêts pour le départ.
On se dit que le sauna est censé être sur la terre ferme
car il fonctionne avec un feu
et du bois, selon la tradition finlandaise.
Sa place est au sol.
Mais là, on s'est retrouvés à environ 30 ou 40 mètres de haut.
C'était assez incroyable.
Ce concept fou et très prisé
a été un défi de taille pour les ingénieurs.
Il aurait été impossible de tirer un câble
jusqu'à ce sauna énergivore
car il se serait emmêlé aussitôt.
Au lieu de cela, une ligne électrique
a été directement reliée à un essieu conçu à cette fin.
De là, un câble longe l'un des rayons jusqu'au cercle extérieur,
où un autre petit essieu permet à l'électricité
d'atteindre le sauna.
Cette conception ingénieuse leur a permis de créer
un sauna aérien exceptionnel.
Le sauna fait partie de notre culture
et les Finlandais sont d'un naturel assez timide.
Mais quand on va au sauna,
on est nu devant de parfaits inconnus
et ça nous amuse beaucoup.
Au fil de l'été,
les journées se rallongent dans les étendues boisées du pays.
La forêt occupe 72 % du territoire finlandais,
soit plus que tout autre pays en Europe.
C'est un secteur vital pour le pays,
puisque le bois représente 20 % des exports.
Il est utilisé pour tout. Pour les constructions,
mais aussi pour l'impression des magazines et des journaux.
Vu du ciel, le centre de la Finlande apparaît d'un vert éclatant
en raison de ses vastes forêts.
Mais le transport du bois abattu depuis des dépôts isolés
jusqu'aux scieries ou aux papeteries
représente un défi logistique colossal.
Les Finlandais ont trouvé une méthode ingénieuse
pour transporter leur précieuse ressource nationale.
Essa Korhonen supervise une opération d'ampleur qui exploite
la puissance du vaste réseau de voies navigables du pays.
Il dirige la création de gigantesques trains de bois
qui feront parvenir, par flottaison, plus d'un million d'hectares de forêt
jusqu'aux scieries situées au bord du lac Saimaa.
Les chiens ne font pas des chats, c'est sûr.
Mon père était dans la gestion forestière.
Je suis tombé dans la marmite quand j'étais petit.
Aujourd'hui, Esa a du pain sur la planche.
Il crée un train de 12 000 tonnes qui devra parcourir 270 kilomètres
pour traverser ce lac sinueux.
Son gigantesque cargo doit pouvoir résister aux rudesses
du climat et de la nature finlandaises
pour ne pas mettre les scieries à l'arrêt.
Il y a de nombreux risques.
Ces trains contiennent des centaines de cargaisons de bois.
Au total, ça vaut plusieurs millions.
La construction d'un train est une opération complexe.
Une grosse chargeuse sort les premiers ballots de grume
et les lâche soigneusement dans l'eau.
Le capitaine du remorqueur aligne habilement
les plus petits ballots à pleins gaz.
Il est désormais temps pour l'équipe de flotteurs d'Esa
d'attacher les grumes à l'aide de câbles en acier.
Ces ouvriers hautement qualifiés doivent être prudents
pour éviter que le train ne se brise lors du voyage
et sème la pagaille plus loin, dans l'arrière-pays très fréquenté.
L'industrie forestière finlandaise est née sur les bords du lac Saimaa
car Saimaa nous offre des conditions de transport idéales
depuis toujours.
On tire profit de ces conditions
tout en respectant l'environnement.
Le gigantesque train d'Esa se déplace enfin.
Notre point de vue aérien unique
nous permet de voir la taille colossale du train,
qui s'étend sur près d'un kilomètre.
Elle est composée de 52 000 arbres regroupés au sein de 700 ballots.
Pendant les six prochains jours, l'équipe d'Esa travaillera 24h/24
pour guider le bois le long des voies navigables
et livrer des ballots aux scieries tout au long du chemin.
Malgré la demande croissante de bois,
la Finlande gère prudemment ses ressources
et voit la taille de ses forêts augmenter.
En livrant les grumes de cette manière
plutôt que par le rail ou les routes, elle réduit ses émissions
et s'inscrit dans l'optique durable de ce secteur.
Je travaille depuis environ 25 ans et je crois que le flottage du bois
jouera un rôle important à l'avenir.
Le crépuscule va bientôt s'abattre sur les longues journées d'été.
La nuit va revenir peu à peu, et le froid s'installera de nouveau.
Dans le nord de la Finlande,
la neiges et les gelées font leur première apparition.
Plus au sud,
les températures plus fraîches transforment les forêts décidues
en un camaïeu de rouge et d'or.
L'automne est arrivée.
L'AUTOMNE
La Finlande a de nombreux paysages immenses et variés
mais le plus spectaculaire se trouve au niveau de sa pointe sud.
Sa partie sud-ouest semble s'émietter
dans la mer Baltique en un paquet d'îles imposantes.
Mais les détails révèlent quelque chose d'extraordinaire.
Entre les grandes îles se cachent de nombreuses îles plus petites…
et entre ces dernières, on en retrouve bien d'autres encore,
agglutinées telles des galets sur une plage.
Ensemble, elles forment le plus grand chapelet d'îles
connu au monde, appelé archipel finlandais.
La variété des milieux naturels de l'archipel finlandais
est sans égale dans le monde entier.
Certaines îles sont vastes et boisées.
D'autres ne comptent aucun arbre.
Mais toutes offrent une immense diversité d'habitats
où prospèrent la vie sauvage terrestre et aquatique.
Katja Makinen est biologiste marin.
Elle vit et travaille dans cet environnement spectaculaire.
J'ai toujours vécu en bord de mer.
Je trouve très important
de vivre près de la nature et en communion avec elle.
C'est l'endroit parfait pour ça, non ?
Au début de l'automne, Katja et ses collègues
de l'Archipelago Research Institute
se penchent sur un phénomène surprenant
qui transforme l'eau autour des îles
en un kaléidoscope de couleurs.
Depuis les nuages,
on voit le bleu de la mer Baltique se parer de tourbillons turquoise.
Les spirales de couleur enveloppent les îles comme de la barbe à papa
et semblent même les relier entre elles.
Ces tourbillons sont créés par une efflorescence algale.
Cette plante microscopique apparaît soudainement en grand nombre
lorsque la mer est chaude et calme.
Ce phénomène est dû à l'écoulement des engrais des terres agricoles.
Pour Katja, cela n'a rien de réjouissant.
Cela engendre une prolifération des algues
qui peut ensuite donner lieu à une efflorescence algale nuisible.
Quand les algues meurent en automne, elles peuvent nuire à la vie marine.
Katja va donc prélever des échantillons pour évaluer
l'ampleur de l'impact qu'a eu l'efflorescence, cette année.
La santé de l'archipel finlandais mérite d'être défendue.
Elle abrite des espèces uniques en Finlande.
Katja et son équipe en ont fini pour aujourd'hui.
Ils cherchent à sensibiliser les gens aux dangers de ces efflorescences
dans l'espoir d'éviter que ce problème coloré
ne finisse par s'aggraver.
On est heureux de voir que nos efforts ont un impact positif
sur l'état de la mer.
Mais il reste encore beaucoup de travail.
À environ 1 000 kilomètres de là, en Laponie,
les températures négatives ont posé un voile glacé sur le paysage.
Cette vaste région arbore de nouveau un blanc quasi-uniforme.
Mais en y regardant de plus près, on remarque des motifs étranges,
qui ressemblent à des lignes droites et à des courbes.
C'est le plus grand centre d'essais du monde pour les pneus hiver.
Ses 30 circuits sont surnommés White Hell, ou l'Enfer blanc.
Nokian Tyres a ouvert ce gigantesque centre d'essais
afin de continuer à perfectionner ses pneus hiver,
l'innovation qu'elle a créée en 1934 en renforçant la bande de roulement
pour la faire adhérer à la neige.
Le très aguerri Petri Paananen est l'un des pilotes d'essai du centre.
Lui et son équipe cherchent à réinventer
ce concept vieux de 80 ans
pour l'adapter au monde moderne et à ses changements constants.
La vente de véhicules électriques a explosé en Europe.
On estime qu'ils représenteront 100 % des ventes dans 15 ans.
Ces véhicules sont un défi majeur pour les fabricants de pneus.
Ils sont souvent plus lourds
que les voitures thermiques
en raison du poids des cellules de leurs batteries.
Les véhicules électriques ont aussi une puissance instantanée.
Ce sont des conditions éprouvantes pour le pneu.
Le poids des voitures électriques accroît leur élan dans les virages.
Si on ajoute à ça la puissance de leurs moteurs,
ils ne peuvent que glisser et déraper dans les virages enneigés
avec des pneus hiver traditionnels.
Si les pneus ne sont pas performants sur la neige ou le verglas,
on rencontre souvent des survirages
et on se sent en danger.
Le travail de Petri consiste à tester les derniers modèles des ingénieurs
et de remédier à ces problèmes sur les circuits ardus de White Hell.
La dimension humaine est capitale dans mon travail
car il est impossible de mesurer ou de déterminer
le moment où l'on atteint les limites de l'adhérence.
Sur ce circuit sinueux, les pneus retiennent le poids du véhicule
dans les virages, y compris lorsque Petri accélère.
Il est crucial de trouver les pneus qui conviennent aux gens
qui habitent ici et subissent le climat finlandais…
afin qu'ils puissent surmonter tous les obstacles de Dame Nature.
Petri et son équipe espèrent que le temps passé sur ces circuits
permettra aux véhicules électriques d'affronter toutes sortes de météo.
En Finlande, les extrêmes côtoient
la beauté sauvage aux frontières de l'Europe.
Ses habitants se sont pleinement acclimatés
à la vie dans le Grand Nord.
Passionnés de nouvelles technologies
mais soucieux de protéger la nature et leurs traditions séculaires,
ils ont fait de la Finlande un pays à la pointe de l'innovation.
Traduit par : Laetitia Lauzeral
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.