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Original subtitles

Voici la Hongrie…

telle que vous ne l'avez jamais vue.

Du ciel, nous révélerons une terre ancienne…

formée par le passé turbulent du continent.

Où les savoir-faire traditionnels et l'ingénierie innovante

définissent le futur de la nation.

Cette série vous fera découvrir l'Europe depuis les airs.

Avec des images tournées sur une année,

au gré du changement des saisons.

Vous saurez tout sur les cultures, l'histoire et les techniques

qui ont forgé la grandeur des nations européennes actuelles.

LA HONGRIE

La Hongrie est une nation ancienne

et enclavée d'Europe centrale.

Elle est entourée de sept pays européens,

dont l'Autriche à l'ouest,

et l'Ukraine à l'est.

La Hongrie est une contrée de plaines et de collines.

Deux rivières la parcourent :

la Tisza à l'est…

et le Danube,

le deuxième fleuve le plus long d'Europe.

En hiver,

les berges de ce grand fleuve se couvrent de blanc,

mais quand la température remonte,

elles se transforment en tapis de verdure.

Dans les villes, la couche de glace et de neige fond.

Le printemps arrive en Hongrie.

LE PRINTEMPS

Le joyau de la couronne hongroise est sa capitale historique, Budapest.

La vieille ville

attire quatre millions de touristes chaque année.

Au printemps, ils viennent ici

pour admirer l'immeuble du parlement du pays.

La plus grande synagogue d'Europe.

Et les vues spectaculaires

depuis le Bastion des Pêcheurs.

La population habite les bords du Danube

depuis plus de 6 000 ans.

Mais la ville moderne a un passé assez récent.

De nos jours, Budapest est une ville animée

qui compte environ trois millions d'habitants,

mais elle n'a été formée qu'il y a 140 ans,

quand la ville royale de Buda, la vieille cité romaine d'Óbuda

et le nœud commercial de Pest ont fusionnés pour former une ville.

À la même période,

un phénomène extraordinaire a commencé

sur les toits du centre ville.

Depuis les airs, les tuiles en céramique colorées

qui couvrent les toits des bâtiments historiques

offrent un spectacle à couper le souffle.

L'église gothique Saint-Ladislas à l'est de la ville…

le ministère des Finances hongrois…

l'église réformée Szilagyi Dezso…

et le sublime bâtiment de l'institut de géologie hongrois.

L'historien Gyorgy Merényi

est spécialisé dans l'étude de ces tuiles colorées et uniques.

Budapest est un endroit magnifique.

Les gens oublient de lever les yeux au quotidien,

mais je les encourage à le faire.

Les toits colorés de Budapest

doivent leur beauté à une tuile hongroise fabriquée par Zsolnay,

qui a développé une technique spéciale.

Ils utilisent une technique de cuisson et de vernissage unique

pour donner cette finition

qui peut supporter les rudes hivers hongrois

et égayer les toitures.

À vrai dire, cette technique de vernissage

rend la céramique plus résistante.

Et il y a une dimension esthétique.

On peut créer des immeubles ornés de magnifiques couleurs.

L'utilisation la plus spectaculaire de ces tuiles

est sur l'église Notre-Dame de l'Assomption au centre de Budapest.

Le premier roi et fondateur de la Hongrie, Étienne 1er,

aurait établi une église à cet endroit en 1015,

quand il a converti le peuple du paganisme au christianisme.

L'église actuelle a été construite au 15e siècle.

Puis restaurée à l'aide de 130 000

tuiles Zsolnay en 1896.

Les destins de Budapest et des tuiles Zsolnay sont entremêlés.

Alors que la ville s'agrandissait et que les immeubles embellissaient,

l'usine de tuiles grandissait aussi et s'enrichissait.

En 1914, Zsolnay était la plus grande compagnie du pays…

et aujourd'hui, 170 ans plus tard,

elle produit encore ces tuiles colorées.

L'usine Zsolnay est un des fleurons

de l'industrie hongroise.

La capitale hongroise

est gigantesque comparée aux autres centres urbains.

Elle fait 10 fois la taille de n'importe quelle autre ville du pays,

dont Debrecen à l'est,

la deuxième ville du pays.

Miskolc, au nord, un pôle industriel historique

qui produit de l'acier et des produits chimiques.

Et Szeged, au sud, surnommée ville du soleil

pour ses températures douces et agréables.

Autrefois, la Hongrie comptait davantage de grandes villes…

mais en 1920, après sa défaite lors de la Premier Guerre mondiale,

le pays a perdu les deux tiers de ses anciens territoires.

Le Danube constitue sa frontière nord

avec le pays voisin : la Slovaquie.

De près, on découvre un pont

plus vieux encore que la frontière qu'il traverse.

Le pont Erzsebet.

Ce pont vieux de 120 ans ne peut supporter les lourdes charges

qui transitent entre la Hongrie et la Slovaquie.

Les ingénieurs construisent donc un pont innovant, 2 km en amont.

Le pont Monostror

est le pont le plus haut à traverser le Danube.

Un mât s'élève à 118 mètres,

32 câbles d'acier y sont attachés

et portent tout le poids de la route en contrebas.

Sa construction a coûté 117 millions d'euros

et il mesure 600 m de long.

Balázs Varga supervise la construction

de ce tout nouveau pont entre deux pays.

On construit rarement de nouveaux ponts sur le Danube.

D'autant plus que celui-ci relie deux pays.

La construction du pont a duré trois ans.

Aujourd'hui, alors que le gros du chantier est terminé,

Balázs doit tenter une expérience unique

avant de pouvoir ouvrir le pont au public.

Balázs a organisé une armada de camions de 31 tonnes

pour tester la résistance du pont à son maximum.

Cette expérience s'appuie sur 24 capteurs high-tech

intégrés dans la superstructure du pont.

Ils mesurent tout, de la tension des câbles

au mouvement de la route en contrebas.

Il commence par envoyer deux camions

pour vérifier que les capteurs fonctionnent.

Le premier test est un succès.

Place au test ultime.

Les 32 camions emprunteront le pont Monostor

en même temps.

Les premiers poids-lourds

avancent jusqu'à l'extrémité slovaque du pont.

En tout, les camions pèsent plus de 1 000 tonnes

alors qu'ils se mettent en position.

Une fois les derniers camions en place,

le pont porte ce lourd chargement sans problème.

Le test de Balázs est un succès,

le pont est prêt à accueillir les 30 000 véhicules

qui l'emprunteront au quotidien.

Je n'oublierai pas ce pont,

je reviendrai souvent.

J'espère un jour venir avec mes petits-enfants.

La Hongrie se targue d'avoir

l'expansion économique la plus rapide d'Europe.

La micro informatique et la production de moteurs

sont ses plus grandes exportations.

Mais ces puits traditionnels dans le parc national de Hortobágy

prouvent que la modernité n'a pas atteint

tout le pays.

À l'est, le pays est abrité par la chaîne des Carpates,

qui traversent la Slovaquie avoisinante,

l'Ukraine et la Roumanie.

Elles entourent une vaste prairie verdoyante

d'une superficie de plus de 90 000 km²,

la taille du Portugal.

Voici la grande plaine de Hongrie.

Une terre préhistorique inchangée depuis des millénaires.

Les humains y élèvent des animaux depuis 7 000 ans.

C'est l'équivalent européen de l'Ouest américain,

un paysage dompté par des gardiens de troupeaux à cheval.

De nos jours, il abrite les vaches les plus étranges au monde.

Il s'agit du bœuf gris de Hongrie,

une ancienne race de bétail.

Chaque animal peut peser une tonne

et mesurer 1,5 m de haut.

Ces vaches sont devenues le symbole de la Hongrie.

Mais cet animal iconique est en danger et menacé d'extinction.

L'éleveur écologiste Máté Csaba

est le gardien du bœuf gris de Hongrie.

Máté fait hiverner son bétail dans d'immenses étables,

pour veiller à ce que les veaux aient tous les soins nécessaires.

Mais à l'arrivée du printemps,

il doit mener son troupeau paître dans la plaine.

Nos caméras aériennes

permettent d'assister à cette sortie.

C'est le jour le plus dur pour le gardien de troupeau

car l'hiver, quand les veaux naissent,

il y a quatre murs et quatre enclos.

C'est assez fou pour eux

quand un matin ils doivent sortir du seul environnement

qu'ils ont connu pendant 4 mois.

Le bœuf gris de Hongrie

était un animal de trait,

il tirait les charrues pour cultiver la terre.

Quand les machines sont arrivées,

ces animaux incroyables ont failli disparaître à jamais.

En 1962, il n'en reste que 200.

De nos jours,

les écologistes font d'énormes efforts

pour faire revivre ces symboles du passé hongrois.

Ils espèrent aussi que leurs gènes anciens

pourront aider les races modernes à résister aux maladies.

Máté s'aventure dans la grande plaine,

conduisant le troupeau vers les pâturages d'été.

Mais il ne le fait pas seul.

Les assistants canins de Máté entourent le troupeau

pour s'assurer qu'aucune vache ne soit oubliée.

Ces chiens robustes sont des Mudis

et gardent les troupeaux de gris de Hongrie depuis des siècles.

Ils n'ont pas peur face à la taille impressionnante des vaches,

même s'ils sont 70 fois plus légers.

L'homme fait la moitié du boulot et le chien fait l'autre moitié.

Le Mudi danse agilement autour du troupeau

tout à restant à distance de leurs cornes impressionnantes.

Les cornes du bœuf gris de Hongrie

font une fois et demie la taille de leur crâne,

et mesure un mètre d'envergure.

Máté a conduit son troupeau vers les pâturages d'été.

Ses efforts contribuent à sauver cette race majestueuse

de l'extinction qui la menace.

Il y a maintenant plus de 3 000 bœufs gris de Hongrie

qui arpentent la plaine.

Tandis que les jours rallongent et que les températures montent,

les eaux de fonte venues des montagnes

qui alimentent le Danube cessent de couler.

Le niveau d'eau baisse.

L'été est arrivé en Hongrie.

L'ÉTÉ

Au 17e siècle, la monarchie autrichienne des Habsbourg

a repris le contrôle de la Hongrie à l'empire turc ottoman.

Ces luxueux palais décorés baroques

nous rappellent qu'ils ont régné sur le pays pendant 200 ans.

Le château royal de Gödöllo,

villégiature estivale de l'empereur Habsbourg.

Le palais Esterházy, appartenant à l'aristocratie terrienne

et surnommé "le Versailles hongrois".

Située au centre de l'Europe,

la Hongrie a toujours revêtu une importance stratégique

pour les empires en expansion et les envahisseurs.

Des châteaux médiévaux sont parsemés dans le pays

et défendent des positions clés.

L'un d'entre eux se distingue par sa forme allongée.

Le château de Szigliget.

Il était autrefois entouré par les eaux du lac avoisinant.

Cette forteresse suspendue a été construite au 13e siècle

et a résisté à 500 ans d'attaques incessantes.

Jusqu'en 1697 où il a brûlé entièrement.

Non pas à cause d'un envahisseur,

mais lorsque la foudre a frappé la tour

qui abritait la poudre à canon

en déclenchant un immense incendie.

Ces ruines sont tout ce qui reste

de cette place forte médiévale.

Balázs Szakonyi utilise des technologies du 21e siècle

pour découvrir les secrets du château de Szigliget.

Il espère pouvoir redonner au château son apparence d'autrefois.

Par ordinateur, en tout cas.

C'est dur de savoir

à quoi un bâtiment

où une pièce pouvait ressembler.

Nous n'avons pas de vieilles photos,

ni cartes, plans

ou descriptions du château.

Balázs et son équipe

créent une réplique exacte du château en 3D

pour enquêter sur sa configuration d'origine.

Pour ce faire, ils utilisent un scanner laser monté sur un trépied

pour prendre des mesures au millimètre près.

Ils ont également besoin d'images haute résolution

de tout le château pour leur reconstitution numérique.

Et la meilleure vue…

c'est depuis les airs.

Une fois que Balázs a fini cette observation aérienne,

il peut créer une maquette numérique du château dans son état actuel.

Mais il a encore du travail s'il veut recréer

la maquette du château au faîte de sa gloire.

Après trois mois d'enquêtes historiques intensives,

Balázs et son équipe

peuvent enfin révéler à quoi le château de Szigliget

ressemblait à son apogée.

Le résultat est spectaculaire.

La reconstitution informatique

révèle l'imposant édifice

que représentait le château pour tout envahisseur potentiel.

Les murs de pierre s'élevaient à plus de 18 m,

sur 1,5 m d'épaisseur.

Le donjon, le cœur du château,

avait les meilleures défenses sur la crête de la colline.

Il n'était accessible que via un jardin intérieur bien défendu.

Cette conception ingénieuse a permis au château de Szigliget

de survivre à des siècles de conflits en Hongrie.

C'est un vestige de notre histoire.

C'est très important de restaurer notre patrimoine historique,

car si on ignore notre passé,

si on est déconnectés de notre passé,

on n'a pas d'avenir.

Les vestiges du passé tumultueux de la Hongrie sont partout.

Voici la basilique d'Esztergom.

C'est ici même que l'un des pères fondateurs hongrois, Étienne 1er,

a été couronné il y a 1 000 ans.

Le château de Buda a été construit au 13e siècle

pour repousser les hordes d'envahisseurs mongols.

Ces monuments historiques sont entretenus et admirés.

Mais des vestiges d'un passé plus récent

sont eux laissés à l'abandon.

En 1945, à la fin de la Seconde Guerre mondiale,

la Hongrie a connu 40 ans d'occupation russe.

La fraîchement nommée république populaire de Hongrie

était sous le contrôle de Moscou.

À 95 km au sud-ouest de Budapest

se trouve une relique extraordinaire de l'époque.

Du ciel,

des immeubles gris semblent entourés de forêts.

Mais de près, la vue est extraordinaire,

la végétation a commencé à reprendre possession des structures.

C'est la base aérienne de Szentkirályszabadja,

près de Veszprém.

C'est l'une des bases militaires soviétiques

qui ont été abandonnées quand le rideau de fer hongrois est tombé

au début des années 1990.

Le photographe professionnel Lázsló Mészáros

s'évertue à récolter des données sur ces ruines.

Il faut visiter ces endroits.

C'est très important de connaître son histoire.

Mieux on connaît l'histoire,

plus on est à même de comprendre le présent.

Désormais, les arbres percent les toits des hangars

et les bâtiments abandonnés

sont difficiles d'accès.

László travaille avec Sándor Simon-Jójárt

qui connaît la base militaire mieux que personne.

Âgé de 71 ans,

Sándor a été le commandant de la base aérienne hongroise

et il est l'un des rares à connaître

ses endroits les plus secrets.

Je suis arrivé à la base aérienne de Szentkirályszabadja

en janvier 1972.

J'ai piloté tous les avions de la base.

Les habitants du coin surnomment Szentkirályszabadja

la Tchernobyl hongroise,

car elle a été abandonnée subitement.

Avec l'aide de Sándor, László a un aperçu de la vie

des soldats soviétiques postés ici.

Les troupes arrivaient de Russie avec leurs familles

et pouvaient vivre comme à la maison.

On trouve les vestiges d'un grand théâtre décoré,

couvert de graffitis.

L'armée avait aussi construit des magasins, restaurants et bars

ainsi qu'une bibliothèque pour entretenir le moral des troupes.

Ils avaient tout ce qui leur fallait.

Tout ce dont un civil pourrait avoir besoin.

Sándor termine sa visite.

László installe son appareil photo

et peut commencer à photographier les ruines.

Cette ville isolée a été habitée pendant 45 ans

jusqu'à la chute de l'Union soviétique en 1991.

Les dernières troupes russes ont quitté la Hongrie

en juin de la même année,

et Szentkirályszabadja est restée vide.

Tandis que l'été touche à sa fin, les rives du petit lac Balaton

passent du vert à l'or.

Le viaduc de Koröshegy se nimbe de brume

tandis que le temps se refroidit.

L'automne arrive en Hongrie.

L'AUTOMNE

Malgré la baisse des températures, les populaires thermes hongrois

restent ouverts pour tenir chaud aux habitants.

La culture thermale du pays

remonte aux 16e et 17e siècles,

sous l'influence de l'empire turc ottoman.

L'amour des Hongrois pour l'eau

ne se cantonne pas qu'aux thermes.

Même si la Hongrie n'a pas d'accès direct à la mer,

elle abrite l'un des lieux de pêches les plus incongrus au monde.

Le lac Bokod est situé à 75 km de Budapest.

Vue du ciel, sa forme anguleuse paraît artificielle.

Plus étrange encore, au bord du rivage,

on aperçoit des centaines de motifs

qui dépassent du rivage.

En zoomant sur ces images aériennes,

on constate que ces motifs sont des pontons et des maisons,

comme les villages flottants du Cambodge ou du Vietnam.

Ici, des rangées de cabanes

sont installées sur pilotis au-dessus de l'eau.

On y accède en empruntant

de frêles pontons de bois au-dessus de l'eau.

C'est le paradis des pêcheurs à la ligne.

Mais qu'est-ce qui les attire dans ce lac à la forme inhabituelle ?

Tibor Kovács est volontaire pour l'office de la pêche

à lac Bokod.

Une fois par mois, Tibor doit inspecter plus de 400 stands de pêche

et vérifier que les propriétaires respectent les règles.

Le moyen le plus rapide d'inspecter chaque cabane,

c'est par bateau.

Ça fait 47 ans

que je pêche et que j'ai un permis.

J'adore être sur l'eau.

C'est très important dans ma vie.

Depuis les airs,

nos caméras révèlent l'origine surprenante

de cet incroyable village flottant.

Ce lac de 160 hectares a été créé en 1961

pour refroidir la centrale à charbon voisine.

L'eau froide du lac était pompée par la centrale

pour refroidir la vapeur qui alimente les générateurs.

L'eau chaude était ensuite rejetée.

La température du lac pouvait ainsi augmenter de 10 degrés,

stimulant la croissance des poissons locaux.

Il y a beaucoup de gros poissons dans le lac,

c'est ce qui fait sa renommée nationale.

La plus grosse prise était un poisson-chat de 70 kg.

Les pêcheurs ont construit ces cabanes flottantes

pour que leurs lignes atteignent les eaux profondes

où se cachent les plus grosses prises.

De nos jours, la centrale est fermée

et la température de l'eau est revenue à la normale.

Mais lac Bokod a conservé sa réputation

de meilleure destination de pêche en Hongrie.

C'est désormais une réserve naturelle protégée.

Tibor vérifie les permis des pêcheurs

et vérifient qu'ils respectent les quotas de pêche imposés.

Tibor finit sa tournée tandis que le soleil se couche.

C'est à son tour de sortir sa canne et de profiter du site.

Dès que je vois l'eau,

ça me fait quelque chose.

C'est indescriptible. On déconnecte totalement.

La curieuse architecture hongroise

n'est pas cantonnée au lac Bokod.

Le bâtiment Balna à Budapest est un ancien hangar reconverti

qui comprend une étonnante extension en forme de baleine.

En amont de la rivière,

l'imposant hôtel Gellért est une merveille de l'Art nouveau

datant du tournant du 20e siècle.

Mais le bâtiment le plus bizarre de Hongrie

se trouve à l'ouest du pays.

L'ouest de la Hongrie est une région pittoresque

composée de villes historiques.

Mais de plus près,

on découvre une structure inhabituelle.

Elle semble prête à décoller.

Surnommée "la fusée",

cette incroyable tour ressemble à un lanceur Soyouz soviétique.

Haute de 152 mètres,

elle domine la colline de Dalos, au-dessus de la ville de Sopron.

Bien que bâtie dans les années 1970, à l'apogée de la conquête spatiale,

c'est un relais de communications vital pour le pays.

Elle transmet la télé,

le téléphone et internet dans le nord-ouest de la Hongrie

sur une zone plus grande que Londres.

Aujourd'hui, l'ingénieur László Piros et son équipe

doivent installer une nouvelle antenne sur la fusée,

une antenne destinée

à transmettre des données financières importantes.

Cette antenne symbolise Sopron.

C'est un élément important de l'infrastructure nationale.

Depuis les années 1970, elle fournit des télécommunications

et de la radiodiffusion.

László prend l'ascenseur interne

pour installer la nouvelle antenne sur le plateforme.

Mais cette nouvelle pièce de 30 kg ne rentre pas dans la cabine.

Les ingénieurs doivent utiliser des cordes pour la hisser à la main.

Chaque bourrasque

menace l'antenne de frapper la tour.

La forme de fusée de la tour

est rendue possible grâce à une merveille d'ingénierie.

La plupart des relais de transmission ont des câbles d'acier

qui les empêchent de tomber,

comme des cordes sur une tente.

Mais pas la tour de Sopron.

Elle a six pieds immenses plantés dans la colline.

Ces fondations de béton

profondes de huit mètres dans la roche,

maintiennent la tour en position verticale.

C'est une bonne nouvelle pour László,

car à 150 m de haut,

la tour peut vous donner des sueurs froides.

Mon premier jour de boulot, j'ai eu du mal.

Ça fait partie du boulot de s'habituer au vide.

Il vaut mieux éviter d'avoir le vertige.

L'équipe parvient à accrocher l'antenne

et à la mettre en marche.

Elle peut désormais jouer son rôle et mettre la Hongrie

en première ligne du monde numérique.

Tandis que le temps se rafraîchit…

de la glace se forme sur le Danube.

Les eaux étincelantes et poissonneuses du lac Bokod gèlent.

L'hiver est là.

L'HIVER

La région qui s'étend à l'ouest du Danube

est appelée Transdanubie.

Elle comprend de jolis villages et des fermes traditionnelles.

Les toits de ces bâtiments historiques

sont faits de chaume, un matériau de construction durable

qui les maintient au chaud et au sec.

C'est un matériau qui ne peut être récolté

qu'au cœur de l'hiver

dans le lac le plus grand d'Europe.

Depuis les nuages,

la Hongrie apparaît telle une cicatrice bleue.

Voici le lac Balaton,

une immense étendue d'eau de la taille d'une grande ville.

Quand on zoome, on découvre une surprise.

Le paysage à côté du lac

semble avoir la texture du papier bulle.

De plus près, on découvre un paysage presque extraterrestre.

Des centaines de cônes géométriques

à perte de vue.

Il s'agit de roseaux fraîchement cueillis

et utilisés pour couvrir les maisons et fermes traditionnelles hongroises.

Il ne peut être cueilli qu'en hiver.

Car le reste de l'année,

les roselières sont trop humides pour être empruntées.

Mais le froid fait geler le sol

et permet un bref créneau pour la récolte hivernale.

Cette année, c'est à Zsófia Lovász

de diriger l'équipe dans cette moisson aquatique.

On ramasse les roseaux en hiver,

car en général, il gèle dans notre pays,

et c'est plus facile à moissonner sur de la glace.

C'est le dernier jour de la récolte

et l'équipe se retrouve dès le lever du soleil.

Ils doivent profiter de cette dernière opportunité

car une fois la glace fondue, le sol sera trop meuble,

surtout pour leur véhicule spécial.

Cette machine unique utilise six roues de 1,4 m chacune.

Elles répartissent les dix tonnes de la machine

et lui permettent d'avancer dans les roselières marécageuses.

Notre vue aérienne

révèle l'ampleur de la tâche qui leur incombe.

Ces marécages partent dans toutes les directions,

sur plus de 22 km².

Ils doivent trouver les roseaux

de la qualité voulue pour fabriquer le chaume.

Ils ont trouvé les roseaux adéquats et se mettent au travail.

Leur travail est important.

Non seulement ils fournissent un matériau de construction vital,

mais maintiennent aussi un écosystème important pour la faune.

Le plus important dans ce travail, c'est de préserver la zone

pour veiller à la qualité de l'eau du lac Balaton.

Une heure suffit pour remplir le camion de roseaux.

Mais le travail de l'équipe n'est pas terminé.

Une gerbe à la fois, ils empilent les roseaux

en forme de cônes appelés meulons.

Cet empilement permet à l'air de circuler

pour que chaque tige de roseau sèche entièrement.

C'est une fois sèches qu'on peut les utiliser.

C'est un travail difficile, mais à la fin de la journée,

Zsófia et l'équipe ont transformé le paysage.

Ces roseaux serviront bientôt à couvrir

des centaines de maisons dans la région

et dans toute l'Europe.

J'adore mon travail.

Depuis toute petite, je rêve de travailler à lac Balaton.

Je contribue à conserver la beauté actuelle de cet endroit.

L'immensité du lac Balaton

est une particularité de la Hongrie,

mais une autre icône nationale se cache au cœur de la capitale.

Si vous observez Budapest de près,

pour remarquerez une chose extraordinaire.

Un château impressionnant qui semble entouré

de ce qui ressemble à des douves.

Ce château n'a que 120 ans.

C'est un bâtiment construit pour célébrer

le fondement de la nation.

Nos vues aériennes

dévoilent que ces douves sont en fait un plan d'eau.

En hiver, il subit une transformation miraculeuse

tandis que les eaux scintillantes se changent en glace…

que les canots et pagaies sont remplacés par des patins.

C'est la plus grande patinoire d'Europe.

Y patiner fait partie des plus anciennes traditions de la ville

et remonte à plus de 150 ans.

C'est une immense fierté pour les habitants de Budapest.

Mais récemment,

les hivers plus courts et chauds empêchent

la glace de rester gelée tout l'hiver.

C'est Jeno Gyorgy qui doit lutter contre les éléments

et maintenir la patinoire géante de Budapest

en parfait état.

Oui, je suis le roi de la glace.

La surface doit être la meilleure possible.

Le travail de Jeno commence tous les matins,

bien avant que le soleil ne se lève.

La surface est rayée et abîmée

par les milliers de gens qui ont patiné dessus la veille.

L'équipe doit gommer ces imperfections.

Ils utilisent une machine spéciale,

appelée Zamboni pour lisser la glace.

Les Zambonis sont courantes sur les patinoires de hockey.

Mais cette couche de glace

fait huit fois la taille d'une patinoire traditionnelle

et Jeno doit donc utiliser deux machines.

Chaque matin, l'équipe se livre à ce ballet sur glace

pendant que la ville dort et que le soleil se lève.

Ils veulent obtenir la meilleure glace au monde,

aussi lisse qu'un miroir.

La qualité de la glace est importante

à la fois pour les invités et pour nous-mêmes.

Il y a moins d'accident quand la glace est de bonne qualité.

La nouvelle glace est parfaite.

C'est le moment d'ouvrir les portes.

Dès l'ouverture,

une multitude de patineurs arrivent sur la glace.

Cet endroit merveilleux rassemble toute la ville.

Les enfants y prennent leurs premières leçons.

Les adolescents y organisent leurs premiers rendez-vous.

Et les anciens peuvent montrer leurs talents.

Ils patinent sur un lieu

qui n'a pas changé depuis 150 ans.

C'est un lieu qui rassemble les générations.

Parmi les patineurs,

certains ont plus de 90 ans,

certains enfants ont à peine deux ans.

L'amitié, l'amour…

Tout peut arriver, ici.

La Hongrie est un pays historique

forgé au fil des empires.

Son paysage millénaire maintient les liens avec le passé…

tandis que ses habitants sont déterminés à embrasser la modernité…

pour en faire l'un des pays les plus dynamiques d'Europe.

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