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Voici la Grèce,
comme vous ne l'avez jamais vue, vue du ciel.
Nous allons vous montrer cette civilisation antique,
berceau de la culture européenne,
où les mythes et les légendes se heurtent au monde moderne
dans un vaste paysage fait de contrastes et de surprises.
Cette série
vous fera découvrir l'Europe depuis les airs.
Avec des images tournées sur une année,
au gré du changement des saisons,
vous saurez tout sur les cultures, l'histoire et les techniques
qui ont forgé la grandeur des nations européennes d'aujourd'hui.
LA GRÈCE
La Grèce est située au carrefour entre l'Europe, l'Asie et l'Afrique.
EUROPE GRÈCE ASIE AFRIQUE
C'est un pays aux deux visages…
un continent montagneux et un archipel
qui s'étend à travers la mer Égée.
La Grèce est colorée, spectaculaire et belle.
C'est le berceau de la démocratie,
de la philosophie occidentale,
du théâtre et des Jeux olympiques.
L'histoire de cette nation remonte avant même l'Histoire elle-même.
Chaque début d'année, tout le pays
subit une transformation dramatique.
Au nord, les gorges rocheuses se parent de verdure…
et les vallées luxuriantes à travers la nation
explosent dans un mélange chatoyant de floraisons colorées…
avec l'arrivée du printemps.
LE PRINTEMPS
À travers le pays,
les villes grecques se préparent pour une saison touristique intense.
Un emploi sur dix dépend des 33 millions de visiteurs
qui se rendent en Grèce chaque année.
Et sa capitale, Athènes, est la ville la plus touristique.
L'histoire de la cité grecque s'étend sur plus de 6 000 ans,
et elle abrite aujourd'hui plus de trois millions d'habitants.
ATHÈNES
Une vue aérienne révèle une structure antique
qui domine fièrement la capitale.
Il s'agit du Parthénon.
C'est un temple antique dédié à Athéna,
la déesse grecque de la sagesse.
Ce chef d'œuvre de construction, d'architecture et de sculpture
a été bâti il y a plus de 2 500 ans,
et domine fièrement Athènes depuis.
L'architecte Vasiliki Eleftheriou a la lourde tâche
de s'assurer de la pérennité du Parthénon.
ARCHITECTE
Ces monuments représentent notre héritage culturel
et nous nous devons de les entretenir
au mieux.
Le Parthénon a été endommagé par les guerres, il a été pillé…
et a subi des séismes.
Le fait qu'une grande partie soit encore debout témoigne
de son incroyable construction.
Vasiliki dirige un projet ambitieux
en remettant en place autant de pierres originales
que possible.
Des centaines de vieilles pierres doivent être réinstallées,
accompagnées de nouveaux blocs de marbre pour compléter les murs.
Aujourd'hui, son équipe travaille sur le fronton ouest,
la partie iconique de la structure.
La façade ouest du Parthénon est la plus célèbre.
C'est la partie qu'un visiteur voit en premier,
depuis sa construction jusqu'à aujourd'hui.
L'équipe fait face à des défis pour cette restauration pierre par pierre.
Cela commence par manœuvrer une grue de plusieurs tonnes
au milieu des colonnes antiques.
Cette procédure très spécifique
doit être effectuée très tôt chaque matin,
avant l'arrivée des premiers visiteurs.
Le nouveau bloc de marbre est conçu
de manière à imiter les irrégularités du bloc original.
C'est un travail de haute précision qui demande de la patience…
et installer parfaitement
un bloc aussi lourd est loin d'être facile.
Avec cet incroyable projet Vasiliki est admiratif
du talent de conception des Grecs anciens.
Pour nous qui travaillons
au plus près du monument, ce qui nous a épatés
c'est leur capacité à manipuler des blocs de marbre aussi imposants,
qui pesaient 12 tonnes afin de construire le Parthénon.
Déplacer les blocs n'est pas le seul défi rencontré par l'équipe.
Pour le Parthénon, les Grecs anciens
ont utilisé une série d'astuces visuelles
que Vasiliki doit reproduire.
À l'œil nu, le Parthénon semble parfaitement carré…
mais, en réalité, il ne possède aucune ligne droite
ou d'angles droits.
C'est un chef d'œuvre en matière d'illusion d'optique.
Le secret de cette impression
vient du fait que le temple est en réalité bombé.
Les quatre coins tombent gracieusement.
Les colonnes extérieures ressortent au centre…
et penchent vers l'intérieur au milieu de la structure.
Ces illusions d'optique font que le Parthénon semble parfait
et sans défauts, à l'image d'Athéna.
Le fait qu'ils aient géré tous ces détails,
la symétrie et la répétition, nous laisse sans voix.
Après une heure d'ajustements…
l'équipe parvient à placer le nouveau bloc de marbre
dans son nouvel emplacement.
C'est un travail minutieux.
Les architectes estiment qu'il faudra 15 ans pour achever le travail.
Mais pour Vasiliki, chaque bloc est une petite victoire.
J'ai vraiment de la chance
de pouvoir faire un travail que j'aime et qui me satisfasse.
En dehors des villes animées,
l'agriculture domine la campagne au printemps.
Le climat permet de nourrir une grande variété de cultures,
des tomates en passant par le tabac.
La Grèce est des seuls producteurs de coton de l'Union européenne.
Et elle fait pousser plus de cent variétés d'olives.
Cette abondance de cultures permet des vues aériennes stupéfiantes.
Dans le nord,
une vaste chaîne de montagnes abrite une plaine fertile.
Ici, l'eau de pluie, qui ruisselle des montagnes
nourrit la terre et peint les champs
d'un patchwork unique formé de carrés roses au printemps.
C'est Véria, le pays des pêches.
Notre vue aérienne unique révèle un phénomène fugace au printemps.
Toute la vallée se pare d'un rose iridescent, à mesure que les pêchers
s'épanouissent pleinement.
PRODUCTEUR DE PÊCHES
Tasos Halkidis est l'un des 9 000 fermiers
qui cultivent les différents vergers dans la vallée.
J'aime beaucoup cet endroit,
parce que j'y suis né.
Alors quand le printemps arrive et que les arbres sont en fleurs,
pour nous, c'est le bonheur.
C'est une bénédiction.
L'éclosion printanière marque le début du travail pour Tasos.
Pour garantir la plus grosse récolte de pêches plus tard dans la saison,
toutes les branches sont élaguées, hormis les plus grosses.
Cela a pour conséquence de faire produire de plus gros fruits,
plutôt que de nouvelles feuilles.
Si chaque arbre n'est pas taillé, il peut produire de petits fruits
plus difficiles à vendre.
Tasos doit s'occuper de milliers de pêchers…
répartis sur plus de 60 hectares dans le nord de la Grèce.
Une vue aérienne révèle l'échelle d'une tâche aussi monumentale.
Le producteur se faufile à travers les méandres de son verger,
pour ne rater aucun arbre.
Après des heures, il s'attaque à la dernière rangée d'arbres.
Avec son équipe, les dernières branches sont élaguées.
On ne saura pas si le travail a payé
avant trois mois, quand les pêchers seront mûrs.
Au fil du printemps,
les pêchers en fleurs rose fuchsia du nord de la Grèce se transforment…
en hectares de fruits mûrs.
Les cueilleurs se rassemblent dès l'aurore.
Les propriétaires de la vallée récoltent tous leurs pêches.
La région de Véria exporte 500 000 tonnes de pêches
au reste de l'Europe chaque année.
On cultive des pêches
depuis tant d'années, parce que le climat est favorable.
C'est pourquoi on exporte des pêches de qualité dans le monde entier.
L'équipe a atteint son objectif…
et envoie sa récolte du jour au marché.
Pour les cueilleurs, c'est l'heure de fêter ça…
mais Tasos a hâte d'être au printemps prochain,
pour recommencer le même processus.
On fait la récolte
et il y a une continuité, c'est beau,
tout ce cycle est beau.
Bien sûr, j'aime les pêches,
car ce sont les plus savoureuses du monde.
Au-delà des vallées intérieures luxuriantes,
la Grèce possède le plus long littoral méditerranéen.
Elle abrite plus de 6 000 îles,
et chacune offre des couleurs qui lui sont propres…
Le paysage lunaire blanc de l'île de Milos,
les lagons vert pâle de Crète…
le sable volcanique rouge de Santorin…
et les eaux turquoise de Céphalonie.
Au fil de l'année,
les touristes se pressent sur ses baies de sable fin…
pour profiter des rayons du soleil…
à mesure que l'été arrive en Grèce.
L'ÉTÉ
Voyager par bateau est central dans l'histoire de la Grèce.
Aujourd'hui, le pays a la plus grande marine marchande au monde…
et la plus grande flotte de pêche de l'Union européenne.
Cette obsession nationale pour l'eau
a engendré une des plus grandes réalisations techniques au monde.
Le Magne regroupe la partie sud de la Grèce.
Jadis, il fallait parcourir 700 km
pour contourner cette terre rocailleuse.
Mais en s'approchant, on découvre quelque chose d'extraordinaire…
une coupe toute droite à travers la partie fine de la péninsule.
Voici le canal de Corinthe,
une immense voie navigable construite par l'homme.
Les parois verticales font 79 mètres de haut…
c'est donc le canal le plus profond du monde.
Mais à certains endroits, la voie ne fait pas plus de 25 m de large.
Le canal est une artère vitale pour plus de 11 000 bateaux par an.
L'ingénieur Haris Saroglou inspecte le canal
pour s'assurer que les parois restent sûres et sans danger.
Le canal de Corinthe est très important,
car il mène au Péloponnèse.
Il est aussi au carrefour de la mer et de la terre.
Quand le canal a été achevé en 1893, les bateaux étaient plus petits.
Aujourd'hui, les skippers audacieux se faufilent sur des bateaux
qui touchent presque les parois escarpées.
Et leur passage
offre une des vues aériennes les plus spectaculaires de Grèce.
Le "Braemar", un énorme paquebot de près de 195 mètres de long,
est sur le point de traverser le canal de Corinthe.
Le navire pèse 24 344 tonnes.
C'est le plus gros bateau à tenter cette traversée.
Notre vue aérienne unique permet d'apprécier cette performance.
Naviguer dans ces conditions exige courage et talent.
Aux points les plus étroits,
il y a moins d'un mètre d'espace de chaque côté.
Quand les navires traversent le canal, ils réalisent un vœu
qui aura mis plus de 2 000 ans à se réaliser.
Les Grecs anciens voulaient un canal ici
en sachant que c'était un point stratégique.
Ils pourraient ainsi augmenter le commerce
et développer leur civilisation.
Néron, l'empereur romain,
a commencé à aménager le canal au 1er siècle.
Mais une immense partie restait à faire quand il est mort.
Après six kilomètres difficiles et stressants,
le "Braemar" atteint enfin l'autre côté…
et l'immense paquebot rejoint la pleine mer.
Aujourd'hui, une sculpture de Néron surplombe le canal…
Il s'agit du seul élément visible de l'effort des Romains.
Si Néron était encore vivant, il n'en reviendrait pas
de voir ces immenses bateaux traverser le canal.
Cette construction est un chef d'œuvre.
C'est une preuve de ce que le génie permet d'obtenir.
Les eaux transparentes entourant la côte grecque…
masquent des pitons rocheux très dangereux pour les marins.
Il y a des milliers d'épaves ici…
anciennes et modernes.
En 1980, le mauvais temps a laissé un bateau de 452 tonnes à Zante.
Mais d'autres éléments encombrent aussi les eaux grecques.
Comme beaucoup d'endroits en Méditerranée,
les fonds marins sont recouverts par la pollution.
La Méditerranée est principalement entourée de terres.
Des courants tourbillonnants balayent les déchets de l'océan
et les déposent dans les eaux
autour des bras de mer et des îles de la Méditerranée.
Comme ici, sur l'île de Leucade.
Leucade est un port typiquement grec.
Des bateaux de plaisance sont amarrés et des dauphins jouent dans l'eau.
Mais cette sérénité masque un problème déroutant,
qui menace sous la surface.
George Sarelakos mène un projet novateur
pour nettoyer l'île de ses déchets sous-marins.
Quand on est au-dessus de la mer,
au niveau de la mer, on ignore ce qui se passe.
On peut se trouver dans une jolie petite crique,
dans un endroit idyllique sur une île et, en même temps,
le fond de l'eau est comme une décharge.
L'équipe de nettoyage a appris
la présence de filets de pêche laissés dans la mer
dans une crique abandonnée à dix kilomètres de là.
Une équipe de plongeurs va vérifier si c'est le cas.
Une fois sur place, ils plongent directement.
Un, deux !
Les plongeurs ne tardent pas
à découvrir le premier filet abandonné
et l'ampleur de la tâche qui les attend.
L'équipe découvre un grand nombre de dangers sous-marins,
des vieux filets de pêche, des pneus en caoutchouc…
des plastiques divers et des déchets métalliques.
La profondeur de l'eau est de 20 mètres,
soit un immeuble de cinq étages.
À chaque fois qu'on est au fond de la mer,
on a une vision différente de ce qui s'y passe.
Sous la surface,
les filets de pêche portent bien leur surnom de "filets de fantôme".
Ils peuvent très bien emprisonner et tuer des dauphins, des phoques,
et autres créatures, s'ils sont abandonnés.
L'équipe espère que nettoyer le fond de l'océan de ses débris
améliorera les écosystèmes sous-marins,
les stocks de poissons, et, au final, les économies locales.
Des sacs gonflables remontent sans peine les filets à la surface.
Les filets pèsent plus de deux tonnes et demie…
alors l'équipe utilise un treuil spécial et un gros bateau
pour enlever les filets fantômes de l'eau.
L'équipe revient fièrement au port, et décharge sa cargaison sur le quai.
En déposant les débris au sol…
l'échelle du problème apparaît au grand jour.
Les filets fantômes sont étendus, et recouvrent le quai.
Les nettoyeurs récupèrent aussi plein de métaux et 66 pneus.
Après des décennies de déchargement de détritus par les marins,
partout en Méditerranée, la Grèce prend des mesures concrètes
pour garantir des eaux propres pour les futures générations.
On fait partie de la nature.
On en fait partie et, par conséquent,
c'est important de la garder propre et protégée.
À mesure que l'année avance, l'air de l'île se rafraîchit,
les touristes se font rares et, au nord,
les gorges et les canyons du continent
subissent une sacrée transformation.
Une couverture orange et dorée enveloppe le paysage…
à l'approche de l'automne.
L'AUTOMNE
Les températures restent douces jusqu'à l'automne
et les Grecs adorent passer leur temps libre dehors.
Berceau des Jeux olympiques, la Grèce s'y connaît en sport d'extérieur.
Les sports nationaux sont le foot et le basket,
mais les sports extrêmes ont le vent en poupe.
Les falaises naturelles escarpées de la côte
sont l'endroit idéal pour se lancer en parapente.
Et l'eau calme et transparente est parfaite pour faire du kayak.
Mais la vie grecque moderne active
nous rappelle souvent la période classique.
Les ruines antiques parsèment la campagne.
Et sur un site, une équipe tente de raviver
et déterrer cette histoire.
Le Magne
a abrité de très puissantes cités-États de la Grèce antique…
Sparte, Corinthe, Argos,
et la partie des Jeux olympiques, Olympie.
OLYMPIE, CORINTHE, ARGOS, SPARTE
Mais cachée dans les collines à l'est,
se trouvent les restes circulaires d'un monument unique.
Voici le sanctuaire d'Asclépios…
où, dans l'Antiquité, les voyageurs malades venaient se faire soigner.
Ces ruines sont des vestiges de temples, d'hôpitaux,
et même d'un théâtre.
Le site était dédié à Asclépios, le dieu de la médecine,
Au cœur d'Épidaure,
une structure métallique moderne se trouve au pied
d'un des rares bâtiments circulaires de la Grèce antique.
C'est ici que l'archéologue Vassilis Lambrinoudakis
essaie de redonner vie à l'Histoire.
La Grèce antique fait partie de l'identité de la Grèce moderne.
Elle influence la pensée moderne et fait donc partie du monde moderne.
Voici la Tholos.
Son utilité exacte est incertaine, et depuis notre vue aérienne unique,
on peut voir la partie la plus mystérieuse de la structure.
Sous le sol original,
trois murs concentriques forment
un labyrinthe de couloirs souterrains sans lumière.
Les archéologues pensent qu'une fosse à serpents se trouvait au centre,
qui furent longtemps associés à Asclépios et à la médecine antique.
Au-dessus du sous-sol mystérieux, des écrivains décrivaient la Tholos
comme l'un des plus beaux bâtiments.
À son apogée, 26 colonnes entouraient la structure.
Elles étaient retenues
par un toit sculptural et décoré
qui était l'élément central de ce sanctuaire.
Vassilis participe au projet de reconstruction de la Tholos
en utilisant au maximum le marbre original.
Elle fut importante pour l'architecture grecque,
en créant une école pour les nouveaux architectes
parce que c'était un des bâtiments les plus élégants de l'Antiquité.
D'abord, ils doivent réassembler chaque colonne comme un puzzle géant.
L'équipe utilise des outils
semblables à ceux utilisés à l'époque.
Mais elle met en place chaque pièce de la Tholos avec un treuil,
un échafaudage et une grue.
Une fois les pièces placées sur le monument,
elles sont mesurées avec soin.
Notre travail est extrêmement méticuleux,
il faut le faire de sorte que chaque pierre s'assemble parfaitement.
L'ancien bloc se met en place au millimètre près.
C'est une réussite totale.
Mais restaurer un bâtiment aussi complexe implique de la patience.
L'équipe estime qu'il faudra des années pour terminer.
C'est une partie importante de notre identité,
pas qu'en Grèce,
mais de toute l'Europe, et du monde occidental.
Des collines rocheuses du continent aux plages immaculées des îles,
des cratères volcaniques
aux plus grandes forêts de palmiers d'Europe…
les Grecs ont appris à s'adapter
et à vivre au milieu d'un paysage très varié.
Un endroit en particulier résume cet état d'esprit.
Au centre de la Grèce continentale…
notre vue aérienne unique révèle quelque chose de remarquable…
un groupe de piliers colossaux
s'élève hors du sol comme des doigts en pierre géants.
En se rapprochant, une série de structures
est en équilibre précaire au-dessus de falaises escarpées.
Ce sont les monastères des Météores.
Ils forment l'un des complexes les plus extraordinaires au monde
de monastères orthodoxes chrétiens d'Orient.
D'en bas, il est difficile de les voir.
Mais une vue aérienne
révèle une solitude vertigineuse.
C'est un sanctuaire perché loin du monde extérieur.
À son apogée, il y avait plus de 20 monastères distincts,
coupés du sol.
Aujourd'hui, plus de 65 personnes y résident,
à travers six monastères au sommet de la montagne.
Quatre sont habités par des moines, et deux par des nonnes.
Les dévots vivent sur ces incroyables pitons en pierre
depuis près de mille ans.
Mais quelle est leur origine ?
Et pourquoi les premiers Chrétiens sont venus prier Dieu ici ?
Le géologue Markos Vaxevanopoulos
pense que l'histoire derrière les monastères des Météores
est liée à la géologie unique des pitons.
On a une sensation particulière en venant ici
et ce doit être ce qu'ont ressenti les gens
en débarquant ici.
Il y a 60 millions d'années,
se trouvait une plaque rocheuse géante issue d'un ancien fond marin.
Des millénaires de séisme et d'érosion du vent
ont laissé derrière eux les pitons qu'on connaît.
Mais cette érosion
a laissé autre chose dans la roche tendre : des grottes.
Notre vue aérienne révèle les grottes qui ont attiré une nouvelle religion
qui se propageait en Europe.
Ici aux Météores, il y a plein de grottes.
Les premiers moines sont restés dans ces grottes
et ils les ont agrandies
afin de pouvoir y rester.
Les nouveaux chrétiens y séjournaient pour y vivre reclus.
Ils consacraient leur vie à la prière,
complètement coupés du reste du monde.
La vie des premiers moines et ermites
ressemble à celle des premiers hommes des cavernes.
Quand ces hommes ont commencé à y vivre,
ils vivaient dans les mêmes conditions
et tentaient d'atteindre leurs limites,
peut-être pour se rapprocher de Dieu.
Aujourd'hui, une grotte chrétienne abandonnée est décorée.
Ces offrandes viennent des gens du coin,
et sont amenées chaque année comme porte-bonheur,
une tradition qui remonte à plus de 300 ans.
Plus tard, au 15e siècle,
une vague différente de chrétiens est arrivée aux Météores.
L'Empire ottoman musulman a envahi la Grèce…
et les chrétiens, par peur d'être persécutés, ont fui en montagne.
Au lieu des grottes, ils ont trouvé ces monastères reculés
au sommet de pitons rocheux
et les ont remplis de trésors religieux.
Sous l'Empire ottoman,
ces rochers géants ont fourni une sécurité,
et s'approcher de ces monastères était très difficile.
En vivant à 550 mètres d'altitude, les moines étaient en sécurité.
Pour atteindre les monastères, il fallait escalader des échelles,
qui étaient levées quand les moines se sentaient menacés.
Mais une vie aussi isolée n'est pas sans difficultés.
Tout ce qui servait à construire les monastères passait par ses échelles,
ou était acheminé via des cordes.
Les moines utilisent encore des poulies et des cordes
pour déplacer des marchandises.
Ils utilisent des filets comme ascenseurs
et des funiculaires pour aller d'un monastère perché
à un autre.
J'adore cet endroit. Je suis bluffé à chaque fois.
Je comprends très bien le sentiment des premiers hommes
qui sont arrivés ici.
Même si on n'est pas moine, on ressent la grandeur de la nature.
À mesure que l'année s'écoule,
les changements saisonniers à travers le pays sont subtils.
La température baisse
et les monastères des Météores se couvrent d'un manteau blanc.
Mais dans la douceur du sud,
les premières pluies depuis des mois abreuvent la terre
et les collines jaunies par la sécheresse revivent
et se parent de vert
avec l'arrivée de l'hiver.
L'HIVER
La Grèce est un pays de juxtaposition.
Dans les villes côtières du nord du Péloponnèse…
les amateurs de plage s'éclatent toute l'année, même en hiver.
Mais en cette saison, ils ont une autre option.
Un train relie les plages à la poudreuse…
d'une station de ski d'altitude.
Mais pour accéder aux pistes abruptes,
il faut prendre un train spécial.
Le train Odontotos serpente sans effort à travers les canyons
et les gorges du nord du Péloponnèse
avec plus de 700 mètres de dénivelé.
La station de ski au sommet
dépend des visiteurs au pied des montagnes.
Dimitrios Giannopoulos a pour tâche de garder cette ligne vitale ouverte.
Conduire ce train a quelque chose de spécial.
Chaque train est unique
et celui-ci se conduit de façon particulière.
Le train commence
son trajet de 22 km depuis la gare de la plage…
en direction des montagnes.
Il peut transporter plus d'une centaine de passagers,
et notre vue aérienne nous permet de les suivre
à travers des paysages parmi les plus romantiques du pays.
Rien que le décor naturel vous laisse sans voix.
Les voies, les tunnels traversés,
la rivière sous les rails, les arbres verts,
chaque saison a sa beauté propre.
Cette ligne ferroviaire historique a été ouverte en 1896,
et fonctionne depuis plus de 120 ans.
Les rails ne font que 75 cm de largeur,
soit bien moins que la norme européenne.
Cela permet au train de passer à travers des tunnels étroits
et à traverser directement des falaises escarpées.
C'est un énorme avantage dans cette partie très montagneuse.
Ce joli parcours à travers la gorge attire randonneurs et touristes
qui cherchent une route facile à travers les falaises.
Mais Dimitrios et ses passagers en profitent en toute facilité,
alors que le train entame sa première côte.
La première partie du trajet est assez douce,
sans côte pendant cinq kilomètres.
Une fois en plein cœur de la gorge,
les montagnes et les falaises apparaissent,
sans oublier la rivière.
Mais pour gravir les pentes raides menant à la station de ski au sommet,
le petit train a une arme secrète.
Le train Odontotos peut franchir les pentes les plus abruptes…
grâce à un système ingénieux.
Un 3e rail central est constitué de milliers de petites dents…
et des roues dentées spéciales s'accrochent à celui-ci
comme les rouages d'une jolie montre suisse.
Les passagers viennent du monde entier.
J'ai rencontré des gens de partout,
des quatre coins du monde.
Ils rêvaient de venir en Grèce
et, entre autres, de visiter ce petit train.
Après juste une heure,
le train arrive à la gare au pied de la station de ski…
et les passagers se dirigent vers les pistes.
Mais après un bref arrêt,
Dimitrios est prêt à repartir.
Je ne m'en lasse jamais.
Chaque matin, je suis vraiment heureux de faire ce trajet.
Le paysage grec regorge de sites légendaires
qui ont connu des milliers d'hiver.
Cnossos, le palais du mythique roi Minos
et qui abriterait le labyrinthe du Minotaure,
Delphes, où les Grecs venaient consulter l'Oracle
et découvrir leur avenir…
et Olympie, berceau des Jeux olympiques.
Mais il existe un lieu légendaire en Grèce continentale
qui éclipse tous les autres…
le mont Olympe.
En hiver, un épais manteau de neige couvre la montagne
et notre vue aérienne unique
révèle un des décors les plus majestueux et préservé du pays.
Le mont Olympe est un des plus hauts sommets d'Europe.
Il culmine à plus de trois kilomètres au-dessus de la mer.
Un paysage de mythes et de légendes,
patrie des dieux.
L'énorme montagne s'étend sur plus de 500 km²…
avec 52 pics surélevés et des gorges profondes.
Mais en observant de près, on découvre un lieu extraordinaire…
un bâtiment esseulé au beau milieu d'une épaisse couche de neige.
À près de 2 700 mètres,
ce chalet isolé est situé juste en-dessous du mont Olympe.
C'est un refuge pour les grimpeurs et les montagnards…
qui doit être entretenu et alimenté en vivres
avant que la saison d'escalade ne commence en mai.
La neige hivernale est presque impénétrable…
mais Lazaros Botelis et son équipe
savent que leur travail est vital…
pour que le refuge soit prêt à être utilisé au printemps.
Cela fait partie de la vie en montagne.
Si vous y travaillez, il faut marcher pour s'y rendre.
Aujourd'hui, Lazaros et son équipe
font leur périple annuel pour aller nettoyer la maison des dieux.
Près de 10 000 personnes par an tentent d'escalader le mont Olympe.
Mais seuls Lazaros et son équipe le font en hiver.
Cette saison est très froide.
Il peut faire très fois sur l'Olympe.
La plus basse température que j'ai connue
était d'environ - 30°C.
L'équipe met environ six heures pour atteindre le refuge.
Notre vue aérienne unique révèle l'ampleur du travail de Lazaros.
Il doit nettoyer les panneaux solaires,
qui fournissent toute l'énergie dans le refuge,
et s'assurer que tout est prêt pour les alpinistes
attendus au printemps.
Ici, on est au-dessus des nuages,
c'est une sensation indescriptible.
Le refuge a été construit pour s'abriter du mauvais temps
et rester dans la montagne pendant la nuit et, grâce à Lazaros,
il reste ouvert pour sauver quiconque en a besoin.
Le travail de l'équipe est terminé.
S'il faut six heures pour monter, il en faut moins pour redescendre.
La montagne est comme un aimant.
Quand l'homme cherche un être suprême, peu importe sa religion,
il cherche généralement les hauts sommets.
La Grèce est un pays où se croisent histoire et légendes,
une terre sacrée chargée d'histoire,
mêlant icônes et innovations.
Avec ses milliers d'îles, avec chacune sa personnalité,
elle forme une société diversifiée qui repousse les limites,
tout en préservant son histoire et en protégeant son avenir.
Les paysages et le climat variés permettent de cultiver une culture
qui a inspiré le monde occidental
et a engendré la grande nation européenne qu'on connaît aujourd'hui.
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