All language subtitles for [Tout Doit Disparaitre] 1997

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Original subtitles

Jadis le jardinier fauchait, aujourd'hui il tond. Le bûcheron sciait, aujourd'hui

il tronçonne. La population lisait, aujourd'hui elle zappe.

Les amoureux s'écrivaient, aujourd'hui ils se téléphonent. Les chevaux

galopaient, aujourd'hui les voitures pullulent, les klaxons, les alarmes, les

perceuses, les tondeuses, les tronçonneuses, les voisins, les jeunes,

que sais-je. Bref, voilà le fléau numéro un de notre société, le bruit.

Ce bruit qui nous stresse, qui nous agresse, qui nous pollue. Ce bruit qu'il

faut combattre sans merci.

Mes amis, mes amis, mes amis.

Remercie-moi plutôt par quelques secondes de silence pur et total.

Merci.

Eh bien, mon petit berbe, tu bourgeonnes, hein ? Tu nous fais une

poussée d'acné juvénile.

Remarque, 13 ans, c'est l'âge, hein ? Attends, attends, attends, ne bouge pas,

je vais t'aider à faire péter tous ces petits boutons.

Attends. Voilà.

Attends, attends, attends, maman revient.

Madame Millard, ce col.

Bon, ben écoutez, je l'ai su depuis 48 heures, hein.

Qu'est-ce que vous voulez savoir ? Ben, commencez par le début. Qu'est-ce qu'ils

ont fait hier soir ? Ben, la tournée de Granduc, hein.

Limousine, langoustine, jesinti... Hé, position libertine. Ça va, j'ai compris.

Passez-le-moi.

Euh, là, maintenant ? Non, dans deux ans, tête de gland.

Oh, excuse-moi, ma petite Chantal. Je t'ai pas fait trop mal.

Prêt pour le show ? Oui, le public s'impatiente.

Mais la soie était inventée pour toi.

Douce, voluptueuse, silencieuse.

Il me va bien ton cadeau.

Merveilleusement bien.

Mais en fait, je crois que je te préfère sans.

Please ? Please ? Musique ? Ah non, non, non.

Rien que le bruissement de l'étoffe sur ta peau et le battement d'un odési.

Ah, je crois que je vous dérange.

Je suis désolé, c'est pas du tout dans mes habitudes de me rapprocher de mes

clients, seulement là... Non mais qui êtes-vous ? Qu'est-ce que vous foutez

ici ? Votre femme.

Rassurez-vous, elle sait tout.

Irène, ça va ? Tais-toi, écoute-moi bien, enfoiré de mes deux.

Tu vas quitter cette fosse blonde immédiatement. Et quand je dis

immédiatement, ça veut dire tout de suite.

Je ne veux même plus que tu la regardes.

Arrête de la regarder, je te dis.

Euh, oui, excuse-moi, chérie.

Et d'ici là, M. Colle a ordre de ne pas te lâcher d'une burne. M. Colle ? C'est

moi. Alors si tu désobéis ta femme chérie qui, je te le rappelle, possède l

'usine, la maison, les voitures, c'est la porte, le chômage sans indemnité, la

rue et le froid.

SDF, RMI, NPE, c'est clair ? Oui, mais enfin, chérie, je peux quand même...

Non, tu ne peux pas, pauvre imbécile.

Tu vas gentiment faire dodo avec M.

Colle qui ne te lâche plus jusqu'à l'avion.

Et d'ici là, tu mets tes valses en veilleuse.

Mais, allô, chérie ? Qu'est-ce qu'elle t'a dit ? Oh, rien, pratiquement rien.

Ah, je suis pas d'accord, elle vous a dit beaucoup de choses, au contraire.

Bon, et vous pouvez nous laisser tranquilles là, cinq minutes ! Bon, j'ai

rien à cacher à mademoiselle, hein. Vous n'avez pas honte de faire ce métier de

vos tours ? Ah, pas du tout.

J'adore la photo.

D'ailleurs, ça vous dirait pas de poser pour moi ? Alors, c'est non.

Remarquez, je comprends, ma femme est pareille, elle déteste.

Bon, tu l'éjectes, pas paradis, là, parce que... Oui, c'est vrai, et vous

avez compris, là-haut.

Allez, du balai.

Allez, hop ! Du balai ! Soyez raisonnable, sinon je rappelle ma

cliente. Alors ? Oui, parce que j'avais... Oui, remarque, autant éviter

la guerre ouverte, tu ne crois pas ? Surtout qu'un divorce, ça se cogite.

C'est rare de pouvoir être aussi près des sujets.

Non, s'il vous plaît, allez, on abrège. One more time. Non, s'il vous plaît,

allez, on y va, on abrège.

See you soon.

Léger contre-jour, regard haineux, superbe.

Bonjour, monsieur.

Merci.

Je vais aller jeter un petit coup d'œil sur les appareils photos.

Vous n'embarquez pas sans moi, hein ?

S'il vous plaît.

Je sais bien, mon petit Bernard.

Je sais bien, mais vous préparez quand même la démonstration pour les Coréens.

Séoul ? Parce que vous croyez que j'ai le temps d'aller à Séoul ? Je ne sais

pas, mais démerdez-vous pour les faire venir à Paris.

C'est pour vous.

C'est la dame là-bas qui me l'a donnée.

Merci.

C'est vous et la personne, il y a cinq semaines, à Deauville.

Elle a été faite aux 250 de chez Ingenieux.

Le louté des visages est magnifiquement nuancé. En même temps, la définition est

superbe.

Amiral Piquet, là.

On peut même lire l'heure sur la montre de l'amant fautif.

Moi, je vais jusqu'à distinguer la trotteuse.

Mais bon, je suis un professionnel.

Et ça, c'est Roselyne, ma femme.

Elle est belle, hein ? Vous en foutez.

Ah, c'est votre place ? Ah, d'accord, non, non, c'est bon, c'est bon, vous

dérangez.

Mademoiselle ? Merci bien.

Excusez-moi.

Excusez-moi.

Normalement, j'étais au fond, là, puisqu'il y a une personne qui avait une

jambe dans le plat, donc c'est pour ça l'hôtesse m'a... Il y a souvent des

places libres dans les avions, vous avez remarqué ? Pas spécialement, non.

Parce que les avions sont rarement pleins. Je ne sais pas, c'est peut-être

une question de pouvoir marquer.

C'est marrant ça.

Excusez-moi, le livre que vous avez, c'est l'auteur du livre, c'est moi.

Piche, Gérard Piche.

Non, parce que je suis un spécialiste du crime parfait.

Mes techniques sont très diverses, évidemment.

Ça va du poison empoisonné au noyau de pêche piégé, ou alors à tondeuse

infernale, ou carrément la noyade par pendaison.

Vous savez comment on m'appelle dans le métier ? L'orfèvre du dernier soupir. C

'est drôle, non ? Ouais, d'accord.

Vous avez raison, c'est peut-être pas très drôle.

Parce qu'à ce moment-là, j'ai...

J'ai pas le moral.

Comme j'ai pas le moral, j'essaye de garder l'espoir. Vous pourriez pas

garder le silence, ça m'arrangerait.

C'est un très bon polar.

Excusez-moi, je dis pas ça parce que c'est moi qui l'ai écrit, mais c'est

vraiment très très bien.

En fait, j'écris pour manger, quoi.

Je tue pour vivre, si vous voyez ce que je veux dire.

Encore un croissant.

Merci, ils sont délicieux.

Alors, vous avez aimé ? Beaucoup. C'est très efficace, l'étouffement de l'obèse

par un airbag.

C'est moderne, puis c'est silencieux. Et hygiénique.

Très important, l'hygiène dans un homicide.

Un bon homicide est un homicide propre.

Personnellement, je suis contre cette débauche d'hémoglobine, de sonde.

Dites, monsieur Piche, sur les 86 crimes que vous avez imaginés, combien de fois

on a retrouvé le coupable ?

Ah, jamais, monsieur.

Jamais ? Jamais.

Eh oui, avec moi, ce sont toujours des crimes sans assassin ou sans victime.

Vous voyez, je suis plus intéressée par les histoires d'amour.

Ça se voit peut-être pas, mais je suis un grand sentimental.

J'aime quand ça... Dites, ça vous dirait un petit tour aux toilettes ? Pardon ?

Allez.

Voilà, ça, c'est moi.

Toilettes hyper silencieuses.

Produit destiné à un grand avenir, avec 8 milliards d'êtres humains. Vous

imaginez le bruit.

Et là, vous avez vu ? Ah oui, trois étoiles. Oui, au guide sanitaire.

Et trois étoiles, c'est la légion d'honneur des lieux des ans.

Bon, maintenant, regardez mon invention.

La valve insonorisée à turbopression laser.

Moins de 5 décibels contre 15 chez la concurrence.

Alors, qu'est-ce qu'on dit ? On dit qu'on est impressionné.

On peut, oui.

Remarquez-moi le bruit, ça ne me dérange pas du tout.

Je trouve ça plutôt rassurant.

Vas-y, je vous en prie, essayez.

Pourquoi pas ? C'est moi qui vous invite.

Vous m'êtes sympathique, monsieur Piche.

Ça vous dirait d'écrire pour moi ? Vous voulez me commander un livre ?

Affirmatif.

On peut savoir quel genre ? Un roman policier.

J'ai même l'idée de départ, le décor, les personnages, tout.

Je croyais que vous étiez dans les toilettes.

Diversification américaine, ça vous dit quelque chose ? Je vais créer une

société d'édition, puis vous serez mon premier auteur.

Pourquoi pas ? J'ai toujours rêvé d'être le premier.

Vous savez pourquoi j'adore les livres ? Parce qu'ils sont silencieux.

Zéro décibel.

Remarquez, quand un livre fait du bruit, c'est plutôt bon signe.

Je ne plaisante pas, monsieur Fish.

Je ne plaisante pas.

À ce moment-là, vous préféreriez pas un sujet sentimental ? Parce que moi, j'en

ai un tout près. Non, je veux un crime parfait.

Ah oui, mais là, vous tombez mal.

Eh oui, j'ai tourné la page.

Eh oui, je viens d'écrire mon dernier livre noir, là.

Place à l'amour.

Oh, l'amour.

Allez, 75 000.

25 000 à la commande, 25 000 à la livraison.

Et 25 000 si le crime est vraiment parfait.

Combien vous avez dit ?

Ma chérie, tu es là ? Ah, Annie.

Vous savez où est Madame ? Elle ramasse de la vase pour les petits.

Je tiens à te présenter mes excuses.

J'ai eu tort.

D'ailleurs, j'ai quitté cette femme, ce n'était rien pour moi, tu sais.

C'était juste une passade.

Oui, ben passade ou pas, tu vas me virer cette petite secrétaire omissiliconnée

dès demain.

Et je te préviens, au prochain écart, si j'ose dire, c'est retour à la case

départ et sans un rond-vue. Pour une fois que je fais un faux pas, tu vas

quand même pas me... Oui, t'es aussi fidèle qu'un troupeau de poux. T'es

vraiment trop généré du gland, mon pauvre Robert.

Alors je suis obligée de prendre des mesures, tu comprends ? Je suis obligée,

tu m'y obliges.

Alors je t'ultimatomise, je te lyophilise, et si tu me fais un enfant

dans le dos, je te congèle Advitab de Bormann.

Oui, mais je me comprends.

Tiens, regarde ce que je t'ai ramené pour agrandir la famille.

Oui, mais il est malade, ton or qui sait à quoi contaminer toute sa santé.

Monsieur Piche ? Pardon ?

Vous êtes bien Gérard Piche ? Oui.

C'est M. Millard qui m'envoie.

Ah oui, d'accord. Oui, oui, oui.

Ben, venez.

Bonjour. Bonjour.

Ben, entrez.

Pardon. Excusez-moi.

Ben, vas-y.

Pardon, excusez-moi.

Oui, d'accord.

Excusez-moi, c'est un peu le vent des orbes, parce que j'ai travaillé toute la

nuit.

Pardon. Excusez-moi. Merci bien. Ah, voilà.

J'attendais ces documents avec une sorte de... Enfin, je suis content parce que

je vais pouvoir démarrer mon histoire. Parce que là, j'étais bloqué sur mes

starting blocks, comme on dit.

Tenez, merci.

Attendez, je vais vous demander de tenir le vase. Pardon.

Excusez-moi.

Je mets ça là.

D'accord.

Vous voulez boire quelque chose ? Non, merci. Un petit café ? Un petit café, d

'accord. Un petit café.

Euh... Euh... J'ai plus de café.

Un thé ? Un thé, d'accord.

J'ai plus de thé non plus.

C'est-à-dire que j'ai pas grand-chose. En fait, j'ai... J'ai rien.

C'est pas grave, il faut que j'y aille de toute façon.

Ah, merde.

Attendez, je dois vous donner le manuscrit de mon roman d'amour.

Attendez une seconde. D'accord.

C'est pour Monsieur Millard, il a dit qu'il m'aiderait pour la publication.

Vous écrivez aussi des romans d'amour ? Oui, oui, oui, c'est mon premier.

Mademoiselle ? Latour.

Ève Latour.

Au revoir.

Au revoir.

Allô, j'écoute.

Ça marche les affaires, Casanova de Medu. Ah, c'est toi, ma chérie.

Bon, alors c'est fait.

C'est-à-dire qu'elle est en retard ce matin.

Une heure, Robert, je te laisse une heure.

Justement, la voilà, quitte pas.

Mission accomplie, monsieur le directeur.

Dossier remis en main propre.

Ce garçon est charmant, d'ailleurs.

Bon, écoutez, mademoiselle Latour, cessons cette comédie.

Oubliez le passé et considérez que vous ne faites plus partie du personnel.

Vous terminez la journée et vous êtes libre.

Pardon ? Vous terminez la journée et vous passez à la comptabilité, compris ?

Arrête, Robert, c'est pas drôle. Je vous prie de me bouvoyer.

Tu plaisantes ? Pas du tout.

J'ai eu tort, certes, de mélanger travail et coucherie, je m'en excuse.

Coucherie ? Oui, coucherie. Bon, ben, vous toucherez votre indemnité de

licenciement. Par voie de conséquence, vous aurez droit au chômage. Vous pouvez

disposer.

Toi et moi, t'appelles ça une coucherie ? Vous pouvez disposer, mademoiselle

Latour.

Ça t'a plu ? Ok, maintenant que tu bosses sur l'exportation, ça t'évitera

de penser avec tes bourses.

Tu es drôle.

À ce soir, ma douce.

Ève ! Ève !

Dites-moi, mon petit Bernard.

Oui, monsieur Mila ? Vous avez quoi comme voiture ? Une Twingo Rose.

Pourquoi ?

Mon amour, c'est moi.

On n'a plus rien à se dire, Robert.

Oh si, si, si.

Tu vas pas me dire que t'as cru à ma petite scène ? J'aurais pas dit.

Mais non ! J'avais ma femme au téléphone, posée en direct live sur le

bureau. C'était pour elle, ce show.

Elle me met la pression, il a fallu que j'improvise un numéro.

Ça m'a rendu malade, mais il fallait qu'elle y croie, tu comprends ? J'ai

pleuré toute la journée. Oh non, ma pauvre.

C'est fini, t'inquiète pas, je suis là maintenant.

T'inquiète pas.

Bientôt tout ça appartiendra au passé.

T'as peur de ta femme.

Tu la quitteras jamais.

Tu ne me fais plus confiance.

J'en ai marre d'attendre, j'en ai marre d'être dans l'ombre, de t'aimer comme

ça. Chut.

Bientôt notre couple va éclore au grand jour.

Je te le promets.

J'ai un petit cadeau pour toi.

Les Aïnères italiennes.

Modèle unique.

Ça m'a coûté. Enfin bon, je te dirais.

On fait pas un petit frottifrontin ? Non, pas aujourd'hui, non.

Bah quand alors ? Bientôt.

Quand notre couple aura éclos au grand jour, mon amour.

Tiens, cadeau.

Eh oui, ce cristal de synthèse d'une épaisseur de 100 microns seulement peut

être utilisé soit en tant que surface vitrée isolante, comme ici, soit en tant

qu'insonorisant contrecollé sur des parois opaques, ou les deux, bien

évidemment. Voilà.

Écoutez ce silence.

Magnifique.

Pour vous.

Personnel. Ah, excusez-moi.

Oui ? Biche à l'appareil. J'ai terminé. Parfait. Je vous envoie ma secrétaire.

Ah, c'est vous. Oui, j'ai réussi à me libérer.

Très bien.

Vous voulez boire quelque chose ? Vos paroles. Allez-y, je vous écoute.

Bien.

L'action se déroule en trois temps.

Attirer, subjuguer, frapper.

Et voilà.

Terminé, plié, emballé.

Sa femme s'enfonce lentement, mais sûrement dans la vase, au beau milieu de

l'étang.

Ah, c'est... Non, c'est impressionnant. Et encore, ce n'est que le résumé de la

trame dramaturgique.

Vous verrez, le crime est sans faille.

Vraiment parfait.

Incontestable.

Pourtant, j'ai l'impression quand même, j'ai... Allez-y, j'ai réponse à tout.

Pourquoi endormir la victime par hypnose ? Pas de traces, pas d'indices, pas d

'indices, pas de pistes. Oui, bien sûr.

Oui, mais sinon, dormissement n'est pas efficient.

Au pire, il prépare le terrain avec une dose de drap total, une goutte de

nilium, ça docilise n'importe qui, vous savez.

Et pourquoi opter pour l'envasement ? Pas de coup, pas de trou, pas de trou,

pas de violence, pas de violence, pas d'assassin.

Le triptyque du meurtre réussi.

Pas de témoin, pas de trace, pas de corps.

J'ai pris en compte tous vos paramètres, géographiques, humains et relationnels.

Vous m'avez commandé un crime parfait ? Le voilà.

Une femme disparaît dans la vase en faisant son jardinage. Banal.

Génial.

Le cadavre est dans le vase ? Humour noir.

Bon, j'ai ça dans le détail et je vous tiens au courant.

Et je t'aime d'amour.

Pardon ? Oui,

mon roman sentimental.

Votre secrétaire vous a pas remis le manuscrit ? J'ai oublié. Je tâcherai de

le lire le plus rapidement possible.

Au fait, 25 000 francs.

Dernier versement après lecture.

Salut, Peach.

Je vous écoute.

Voilà, j'irai droit au but.

Je veux apprendre les bases de l'hypnose.

Pourquoi, M. Miller ? Miller.

Robert Miller, avec deux L.

Vous ne m'avez pas répondu.

Oui, en fait, c'est parce que c'est pour faire une farce.

Ah, vous pensez que l'hypnose n'est pas une chose sérieuse.

C'est-à-dire qu'en fait, je suis comme tout le monde.

J'y crois pas.

Alors pas du tout.

Vous disposez de combien de temps, M. Miller ? Mille...

Trois jours.

Je vais apprendre en trois jours.

C'est court.

Surtout si vous n'y croyez pas.

Je peux vous apprendre l'hypnose en accéléré, mais sous hypnose.

Mais sur moi, ça marchera pas.

Vous vous endormez, monsieur Milour.

Pourquoi vous endormez-vous ? J'ai même ma paupière qui est bloquée.

Mon position off.

Bien, détendez-vous. Vous êtes complètement détendu, totalement en

confiance. Cool.

Vous vous laissez guider par ma voix.

Cool.

Cool.

Je vais vous apprendre ce que vous voulez savoir, mais d'abord, vous allez

sortir votre carnet de chèques.

Cool.

Là.

Allez, écrivez. Cool.

Allez.

Cinq.

Zéro.

Zéro.

Zéro.

Encore un.

Oui ? Monsieur Piche ? Eve Latour.

J'ai lu Je t'aime d'amour, je voulais vous féliciter.

Ah, vous avez aimé ? C'est sublime.

Cette scène où Jean et Fanny sont séparés par la milice, c'est pathétique.

Et lorsque Jean attend Fanny au bord de la plage et qu'elle se précipite pour se

jeter dans ses bras, c'est très émouvant.

Oui, oui, oui. Et le moment magique où le volier s'éloigne sans elle, sans lui,

sans personne.

Ça vous a plu ? J'ai adoré le moindre mot.

Vous m'avez fait rêver, monsieur Piche.

J'en suis encore toute retournée.

C'est une histoire que je voulais écrire depuis longtemps et... Excusez-moi un

instant, ne quittez pas.

C'est moi, mon amour.

Qu'est-ce que tu veux ? J'allais sortir.

Dans deux jours, je t'emmène avec...

Avec le détective de ta femme pour se pavaner avec nous sur la gondole, non

merci. Le problème est quasiment réglé. Dans deux jours, monsieur Cole est au

chômage, ma femme ne bouge plus le petit doigt et moi je t'enlève. Tu lui pareras

jamais, Robert.

Deux jours.

Monsieur Piche, vous êtes toujours là ? Oui.

Je vous ai pas demandé, peut-être que je vous dérange en pleine création.

Ah non, non, non, je suis devant mon ordinateur là, mais une petite pause, ça

fait pas de mal.

Je vais vous laisser travailler.

À très bientôt peut-être et...

Encore bravo.

Merci beaucoup, au revoir.

Bon

anniversaire,

Irène.

Tu as sorti le grand jeu. Le grand jeu pour une grande dame.

On trinque les escarpins comme à notre nuit de noces.

Oui, comme à notre nuit de noces.

Tiens, chérie.

Allez-y, Jacques, ta peste.

Peste, chérie, peste.

Oui, mais je me comprends.

On le finira avant de passer à table.

À table ou à la casserole ?

Musique.

Musique.

Excuse-moi, mais la fatigue, l'alcool... Ne t'excuse pas, j'aime t'entendre rire.

Allez, passez la bouteille. T'es excellent, ce champ.

Oui, bois, ma chérie, bois.

Détends-toi.

Détends-toi.

Tu es détendu.

C'est marrant, j'avais jamais remarqué.

Quoi, ma chérie ? Bah...

T'as un œil plus petit que l'autre.

C'était vrai que t'as dit que t'as un œil plus petit que l'autre.

Bon, ben, ça va, ça va.

Oh, si t'es mauvais tout le temps, autant faire rire.

Dis-donc, j'ai un coup de barre, moi. Oui, laisse-toi aller, ma chérie, laisse

-toi aller.

Au fait, depuis quand tu t'intéresses à l'hypnose ? L'hypnose ?

Ben oui, j'ai trouvé un bouquin sur l'hypnose dans ton truc là, pour ranger

les machins.

Non, non, ça doit être Annie, elle est bizarre des fois.

Regarde-moi bien, c'est ça ? Seule ma voix compte maintenant.

Tu es fatiguée.

Tu as passé une journée interminable.

Répète après moi, je décompresse.

Je décompresse.

Coule. Coule.

Laisse-toi aller, c'est ça, ma voix est ton amie, tes paupières sont lourdes,

très lourdes.

Tu fermes les yeux.

Bien, tu flottes dans du coton.

Ma voix est en ce lien avec la réalité qui disparaît, disparaît, disparaît.

Lève le bras droit.

Le droit.

Plus haut.

Très haut.

Le bras gauche.

Stop. Ouvre les yeux.

Ouvre.

Ça marche.

Ça marche.

Tu restes ici sans bouger.

Je reviens.

Tu dors toujours, mon amour ?

Baisse les bras.

Tiens ça.

Lève-toi.

Et toujours en symbiose avec ma voix.

Stop.

Ça va ? Ça va ?

Oui, très cool.

Tu vas me manquer, tu sais.

Tes regards tendres, tes mots si doux, tes petites attentions de tous les

jours.

Et moi, je vais te manquer.

Ah oui, Robert.

Oh, dommage.

Déjà, pour commencer, tu vas me rendre tes 10 briques d'audiums.

Voilà.

Maintenant, je vais te parler avec ce petit émetteur et tu vas m'obéir. Tu vas

voir, c'est très, très drôle.

Mais d'abord, tu vas enlever ta belle robe et passer ta salopette de

jardinage. Hein, ma limace ? Impossible.

Et pourquoi ?

Et tes bottes ? Les bottes, les bottes, les bottes... Les bottes

aussi.

Enfin, une salopette t'en a acheté une autre.

Non. C'est exprès.

Une robe à six plaques.

On avance.

J'en vais au jardin.

Eh bien, cool.

Bien, parfait.

Et avance vers l'étang.

Cool.

Tranquille, n'inquiète pas, je suis là.

Maintenant, tu vas t'engager sur le petit pont.

Reçu, tétard ? Cool.

J'aime quand tu es obéissant.

Très bien, tu es un cobaye parfait.

Tourne-toi.

Bouge plus.

Bien, tu m'entends ?

5 sur 5.

Bon, quand je te dirai top, tu sautes.

Bien reçu ? Oui, Robert.

Adieu, mon ex.

Et bonjour au crapaud.

Top.

Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce que tu fous, là ? Allô ? Qu'est-ce qui se

passe ? Réponds-moi ! Je flotte, Robert, je flotte.

Bah bouge, fais quelque chose, bouge ! Cooool... Bah c'est ça oui, cool, cool !

Mais je peux pas, c'est la robe ! Quoi la robe ? Fais mon golfier !

Il commence

pour aller tout seul.

C'est Millard, vous devez venir tout de suite, une urgence. Une urgence ? Mais

quelle urgence ? Il y a un problème à votre histoire, un gros problème.

Pour régler ça tout de suite. Ça peut pas attendre demain ? On est demain, il

est minuit et demi.

Je vous donne 30 minutes.

Bon bah j'arrive. Vous au moins vous êtes un bosseur.

Je comprends pas.

J'ai tout calculé, le volume, le poids, la masse.

Le coefficient de frottement d'une combinaison 100% coton.

La résistance moyenne de la vase en Europe occidentale.

Lesté par la boue qui s'infiltre dans les bottes, le corps disparaît en moins

de deux minutes. A priori je vois... Non mais a fortiori.

Qu'est-ce que vous faites si elle ne s'enfonce pas jusqu'au bout ? Qu'est-ce

que vous faites avec une femme endormie au milieu d'un lac ? Endormie, piche,

pas morte.

Faut en finir, faut l'achever, faut terminer le travail.

Bah alors, j'attends vos idées.

Le triptyque ? Oui, le triptyque, oui.

Pas de corps, pas de traces ? Pas de traces, pas de... Meurtre, oui, pas de

meurtre, oui, ça je sais.

Bah continuez.

Trois solutions.

Le feu, le béton, l'acide.

L'acide c'est dangereux à manipuler, le feu ça se remarque.

Je serai plus pour le béton.

Enfin, encore faut-il en trouver deux tonnes.

Et deux tonnes de béton, quoi qu'on en dise, c'est pas facile à trouver.

Et puis ça se prépare, il faut du béton à prise rapide.

Et béton français, pas mal pour ça. Je m'étais documenté pour écrire un...

Merci, Piche, ça va aller.

Excusez-moi pour le dérangement, mais j'aime résoudre les problèmes

rapidement. Oui.

Voilà. Si j'ai pas mes huit heures de nuitée, j'ai les paupières qui se

dilatent, vous savez.

Bon dimanche.

Monsieur Millard ? Monsieur Millard ? Monsieur Millard ? Excusez

-moi, le parc, la maison, les temps, c'est marrant, c'est comme dans mon

roman. Oui, un peu plus bourgeois, certes, et très ressemblant.

C'est possible, oui, et alors ? Fiction, réalité, j'ai comme un doute.

Oui, bon, et moi aussi, je suis très fatigué.

Allez, bonne nuit, Pi. C'est marrant, j'ai l'impression d'avoir été pigeonné

sur ce coup-là.

Vous vous êtes servi de moi ? Bon, vous avez été payé, alors foutez-moi la paix.

C'était ça votre soi-disant commande ? Un meurtre ? Un meurtre, tout de suite

les grands mots. Mais comment ça ? Moi je veux la vérité, toute la vérité.

Allez, je vous écoute.

Arrêtez de crier, je suis fragile.

J'arrêterai de crier quand vous me direz la vérité, je vous écoute. Ça va, ça va,

puis j'abandonne, j'abandonne.

De toute façon c'est beaucoup mieux comme ça.

Bon c'est vrai, j'ai essayé de tuer ma femme.

Elle me pourrit la vie depuis des années.

Mais j'ai pas pu aller jusqu'au bout, de toute façon j'ai pas les épaules pour ce

genre de choses.

J'ai essayé, mais j'ai pas pu.

Faut me comprendre.

Je sais plus où j'en suis, moi.

Puis je suis... Je suis fatigué de mentir, de faire semblant. Je me

dégoûte, puis je me dégoûte.

Je suis... Je suis un tueur à la dérive. Je suis qu'un monstre.

Faut pas m'abandonner.

Aidez-moi.

Elle doit être tranquillosée, la pauvre. Vous en faites pas les bains de boue,

elle adore ça.

Ça lui coûte une fortune en thalasso.

Ah bon ?

Quand vous m'avez téléphoné, je pensais que vous m'appeliez pour mon roman. Mon

roman ? Oui, sentimental.

Ah oui, je t'aime d'avance. Non, je t'aime d'amour. Vous l'avez pas lu ? J

'ai pas le moral, vous savez.

Je lis pas quand je suis déprimé, mais enfin, ça va mieux, je vous promets, je

lirai très vite.

Arrêtez de mentir, ça vous changera les idées. Allez, les pieds, levez les

pieds. Ouais.

Allez-y.

Attendez.

Allez, la jambe.

Poussez pas.

Allez, réveille-toi.

Allez, réveille-toi.

On va pas vous piller comme ça pendant 100 ans. Laissez-moi faire.

Madame Millard, je suis actuellement en communication avec vous. Je vais compter

jusqu'à 3 et à mon top, vous ouvrirez les yeux. C'est très simple.

1, 2, 3, top ! C'est très simple.

Madame Millard, vous entendez ma voix. Je suis sûre que vous entendez ma voix.

Je vais compter jusqu'à 3.

1, 2, 3...

On est dans la merde jusqu'au cou. Oui, bah parlez pour vous.

Chérie, réveille-toi, chérie.

Allez, réveille-toi.

Réveille-toi.

Allez, réveille-toi.

Attendez. Ah non ! Chérie ?

Elle déconne, votre télécommande, là. Enfin, c'est vendu pour marcher une

borne, ça.

Vite, qui est loin, votre hypnotiseur ? Là, c'est pas grave, à cette heure-ci,

ça roule.

Vous allez la réveiller, là ? C'est plutôt lui qui va la réveiller.

Biche, encore merci.

Bonne nuit.

Oh mon dieu !

Oui. Les 48 heures sont passées.

Il n'y a plus que toi et moi, comme promis.

Tu m'as interrompu en plein rêve, Robert.

Eh bien, la réalité est encore plus douce.

Ce soir, chez moi, à 21h.

Chez toi et ta femme ? À 21h.

À ce soir, mon cœur.

Vous avez passé une bonne nuit ? Moi, j'ai pas fermé l'œil.

Ma femme est partie.

Vous comprenez, dans mon métier, on n'a pas d'horaires, alors elle en a eu marre

de passer cette soirée toute seule.

Elle m'a laissé que le frigo.

Mais qu'est-ce que vous foutez ici, vous ? Ben voilà, je voulais savoir.

Madame Millard, elle préfère les bains de boue ou les massages en béton ? Au

fait, compliment, vos sanitaires sont aussi silencieux qu'un ministre inculpé.

Vous savez que vous prenez bien la lumière ? Ou 200 avec votre femme dans

la brouette, dites donc.

Formidable, très présent.

D'ailleurs, évidemment, il y a un peu de grain à cause de l'agrandissement,

mais... Ça vous va bien, la brouette ? Ça vaut un genie ? 50 000, le

cliché, avec son négatif.

Un tirage semi-matte et velouté.

S'ouvrir, compris, enfin, c'est une affaire.

Ça va me coûter bonbon de reconquérir Rosely.

Bon, ben, ça va, j'ai compris.

Chez moi ce soir 18h, le temps de passer à la banque.

Bon, je vous laisse, j'ai d'autres clients à voir.

Monsieur Cole ? Oui.

Oh putain !

La couche marde ! La barre dans le bulbe !

Qui êtes-vous ? Qu'est-ce que vous me voulez ? Le café, avec ou sans sucre ?

Mais Naboo, il a essayé de me bétonner la gueule.

Et alors on vous aura jamais retrouvé, ni dans les fondations, ni dans le lac.

Me plomber pendant 15 ans de mariage, le cloporte.

Qu'est-ce que vous comptez faire maintenant ? Oeil pour oeil, béton pour

béton. On va l'atomiser.

Comment ça, on ? Vous avez travaillé pour lui, vous allez travailler pour

moi. Trouvez-moi une idée pour le faire disparaître, votre prix sera le mien. Ah

non mais il en est pas question là.

Combien vous a-t-il donné ? Combien à ma tête ? 50 000.

Cinq patates. Le fils de bouc.

Je vous en donne dix pour le même boulot, mais abouti, celui-là.

Non, mais vous délirez, là ! Non, mais personnellement, je ne peux pas... Oh,

personnellement, vous fermez votre gueule. Parce que personnellement, vous

n'êtes pas en position de refuser et que personnellement, ne m'obligez pas à être

désagréable. Bon, allez, terminez les conneries, vous vous démerdez avec votre

mari et vous m'oubliez, d'accord ? Qu'est-ce que vous faites, là ? Qu'est

-ce que vous faites ? Vous appelez qui, là ? Le troisième oeil.

Monsieur Cole ? Oui ?

Oui, vous pouvez venir chez monsieur... Monsieur comment ? Piche.

Monsieur Piche.

J'arrive.

Excusez-moi.

Ah, M. Millard, j'étais derrière la porte.

Vous avez entendu notre conversation ? Moi, pour 50 000, je vous offre de quoi

faire chanter M. Piche. Quoi ? Mais... Mais je vous sauve la vie et vous me

prenez en otage ? Fallait coopérer. Désolée, mais j'ai pas le choix.

Toute façon, ils bluffent. Vous allez les perdre, vos 50 000 balles.

Complicité de tentative de meurtre ? Mais la suite ? Mais quand je vous

récupère dans les fondations ? Fin du rouleau. Plus de péloche.

Désolé.

Je l'excuse, je sais pas que j'ai pas confiance, mais je préfère compter.

C'est bon, ça.

Alors, voilà le négatif.

Mais plus qu'un cliché.

Non ! Vous voulez voir les autres ? Bon, elles sont un peu moins bonnes, mais je

vous les fais quand même à 10 000. Normal, le travail nocturne, ça se paye.

Par malheur, je dois aller jusqu'au divorce.

Ça va vraiment douiller.

Voilà, alors.

Ah, bah tiens.

Vous dans le parc, vous près de la barque, vous et M.

Piche en train de transporter le corps.

Enfin, c'est simple, il y en a 24, ça fait 240 000 le tout.

Les négatifs.

Ah.

J'avais oublié.

Parfait. Vous voulez boire un verre ? Ah, mais toujours pendant le service.

Je suis drôle comme type, non ? J'aime les bons professionnels.

Et moi, les bons clients.

Vous savez, j'ai écrit quatre lettres à Roselyne.

Une où je me suis emmerdé à faire des rimes.

Des rimes avec Roselyne, c'est pas évident.

Oh, mais si, il y a bien... J'y ai pensé.

Glaçon ? Non, sec.

Vous voyez qu'elle a un amant ? À cette heure-là, je ne dois pas avoir l'équipe.

Vous permettez ? Oui, pas chaque.

Un coup de barre, M. Cole ?

On ne supporte pas le whisky.

La chaleur.

Les artistes supportent mal la chaleur.

Presque aussi mal que les assassins.

Elle n'a pas répondu.

Je pensais vraiment que ma femme a un amant.

C'est vous le professionnel, les cocus. Pas moi.

Avec tous mes dossiers, je n'ai pas le temps de balayer devant ma porte.

Tenez.

De rien.

Franchement.

Robert ? Robert ?

C

'est

moi.

Où tiens ? Tout près.

Je t'attends pour faire la fête dans mon jardin magique. Où ?

Tu as aimé le parcours ? Fleurs, robes, bijoux, qui se plaindraient ? Pourquoi

une telle mise en scène ? Pour fêter ma liberté.

Pour te prouver que les paroles font place aux actes.

Encore des promesses ? Viens.

Suis-moi.

Viens voir.

Qu'est-ce que c'est ? La collection de bonsaï de ma femme.

Impressionnant, hein ?

Regarde un peu ces petits troncs choyés, bichonnés.

Toutes ces petites feuilles hydratées goutte à goutte pour obtenir ce vert

inimitable.

C'est une vraie famille.

Je te présente Luc, Hubert.

Alors le bleu pour les garçons, le rose pour les filles, bien sûr.

Il y a Julie. Dis bonjour à la dame, Julie.

Comme elle est jolie, Julie.

Oh, elle a fait bobo, Julie.

Et Anaïs.

Pareil, Anaïs.

Charlotte, Émilie. Qu'est-ce qu'elle m'a plu.

Mais putain, arrête ! Les garçons aussi, hop ! Et trois fois, c'est vainqueur !

Et moi, ça va être aussi ! Ça fait dix ans que j'attends ça, dix ans, tu

comprends ? Tu me crois, maintenant ? Mais ta femme, elle est où ? En voyage ?

Je l'ai assassinée.

Tu sais ? Je l'ai hypnotisée, droguée, bétonnée.

Exit, Madame Miller.

Et quelle est la suite du programme, Monsieur Miller ? Je pense qu'on a juste

le temps de faire l'amour avant le retour du dragon.

Bienvenue dans mon territoire secret que personne n'a jamais foulé du pied et où

aucun bruit ne nous dérangera.

Mon intimité isolée, insonorisée, où seuls les battements de nos cœurs

résonneront en parfaite harmonie.

Aubert.

Téléphone, Robert.

C'est peut-être ta femme.

Ça m'étonnerait.

Attends.

Oui ? Non, je peux rien vous dire, M. Millard.

Non, mais je peux juste vous dire qu'on risque gros, vous et moi.

Oui, je suis actuellement dans une cabine, là, dans la banlieue Nord.

Oui, oui, oui, il faut venir immédiatement.

Attendez. L'adresse. L'adresse, il faut noter l'adresse. Notez l'adresse, nom de

Dieu ! Ça va comme ça ?

C'est bien.

Je t'en fais une tête, t'es vraiment ta femme ? Mais non, c'est le boulot, c'est

les Coréens.

Une demande d'urgence, si j'y vais pas, je rate l'affaire.

Mais je sais pas, moi, prends un bain, j'en ai pour une heure. Détends-toi

tranquille. Je peux venir avec toi, je t'attends dans la voiture.

Tout est déjà assez compliqué comme ça, il vaut mieux que j'y aille seul.

Tu m'attends, j'en ai pour une heure.

Tranquillement, juste une heure.

Bon, mes clés, t'as pas vu mes clés ? Tu les as pas oubliées dans la pièce du

haut ? Peut-être, une heure.

Alors, qu'est-ce qu'il se passe ? Comme dirait un de mes personnages, on patauge

dans le délictueux.

On sombre dans le réprimé.

En amont, on est dans la mouise, Milard. Il faut vite en sortir, et tout de

suite. Non mais je comprends rien, pisse-malade, rien du tout. Quel

réprimé, quelle délinquance ? J'ai descendu le détective.

Monsieur Cole ? Et alors ? Il a tout vu, tout photographié. Il voulait vous faire

chanter. Oui, bon, enfin, je l'avais payé. J'avais filé 25 briques.

Ouais, mais là, il aura pas le temps d'en profiter, je l'ai déconnecté. Vous

savez, ce genre de type, ça lâche jamais sa proie. Il vous faisait chanter, et

moi aussi.

Comment vous l'avez tué ?

En douceur. C'est-à-dire ? Broyé dans sa voiture.

Parfait.

Broyé, broyé ? J'aurais voulu être là.

Bon, et moi, pourquoi vous me dérangez ? Il faut déplacer le bloc de ferraille de

la presse. Alors, il y a bien une grue, mais j'ai un problème avec les grues

depuis que je suis tout petit. Non, mais, Piche, vous me faites... Bon,

ben, c'est où, là ? Euh... À gauche.

Enfin, il est venu jusqu'ici sans se méfier. Bah oui, comme vous.

Hein ? Non, rien.

Bon, bah il est où, ce bloc ? Euh, par là, je crois.

Irène. Ah, Satan bouche un coin de me voir péter la forme.

Allez, roulez, jeunesse.

Recule doucement.

Recule ! C'est Irène.

C'est... Elle est gentille.

Allez ! Elle a menacé de me donner au flic pour complicité de tentative de

meurtre sur sa personne.

J'ai rien pu faire.

Continue ! Encore ! Encore, tout droit, continue

! Non, non, non, non, non ! Chéri, que...

Non mais chérie, tu vas quand même pas me... Mais si, je vais vous comprimer

tous les deux, absolument.

Quoi ? Mais attendez, moi j'étais pas prévue, madame ! Ouais, pas de témoin,

pas de corps, pas de corps, pas de meurtre, c'est de vous, désolé.

Non mais chérie, c'est un malentendu, tu sais, je vais t'expliquer. Nadal, rien

du tout, non, c'est une peau de couille, t'as voulu me cimenter, et moi je te

fonds dans la masse ! Non, non, non, chérie, non ! Madame, laissez-moi

descendre, s'il vous plaît ! Madame !

Robert, arrête, fais quelque chose.

Qu'est-ce que tu fais là, toi ? Toujours prête à faire des heures suppes, la

poupée gonflable.

Et bien comme ça, la famille est au grand complet.

Mais c'est vrai, mademoiselle, qu'est-ce que vous faites là ? Non, chérie,

pardonne-moi.

Chérie, je t'aime comme au premier jour. J'ai fait une erreur avec cette petite

conne, là.

C'est elle qui a voulu que je t'élimine. Robert.

Ta gueule, je négocie. Oui, ben vous vous expliquerez dans l'au-delà.

Allez, bon voyage, tout le monde.

Non, non !

Je suis le plus petit.

Je suis le plus petit. À moi.

Non, laissez-moi.

On ne pousse plus.

Le tour de malaise n'est pas fini. Elle est en voiture.

Non.

Non, s'il vous plaît.

Madame Millard, arrêtez, arrêtez. Ce n'est pas un crime parfait.

J'ai vu le flash. Vous, en photo, avec ce fusil à la main, vous en prenez pour

15 ans. Madame Millard, s'il vous plaît.

Bien, sors-moi de là.

Je veux vivre.

Alors, mon petit Bobby, tu flippes ? Tu fais de la burne ? Irène, je suis

innocent, je t'aime.

C'est pas moi, c'est eux. Quoi ? Alors comme ça, tu te fous d'elles ? Bon,

complètement, alors de A jusqu'à Z.

C'était purement sexuel, mais alors... Et encore, de la charité sexuelle, tu

sais. Robert,

t'es pas mal prouvé que tu te fous d'elles ? Comment ? Comment ? Étrangle

-la, tends-lui le cou.

Tu veux pas faire ça ? Bon alors, qu'est-ce que t'attends ? Tu m'excuses,

Eve. Faut m'excuser, mais... Qu'est-ce que vous faites ? Laissez-moi ! Ça

suffit ! Lâche-le, toi ! Vilaine ! Sors de là, toi !

Oui, chérie.

Vous deux, vous mouftez pas, compris ? Oui, d'accord.

Vous restez là ! D'accord, vous énervez pas.

C'est mal.

Ça fait circuler le sang. Allez à la maison.

Il a voulu me tuer. Ne vous inquiétez pas, je maîtrise la situation.

Attendez, madame, vous avez oublié quelque chose ? Madame ? Attendez.

On a bien fait de parler, ça a crevé l'abcès. Maintenant on est quitte.

Oui, sans rancune.

Mais plus de coups bas.

Non, fidélité, confiance.

On efface tout et... Et on recommence.

Je n'ai pas pu la retenir, c'est elle.

Un coup de folie mesquin le temps que je revienne des toilettes, c'était trop

tard.

Bon, bah je vais vous laisser alors, passez une bonne nuit.

Si ça ne vous ennuie pas, ça m'embête un peu de vous demander ça.

J'ai passé une nuit affreuse, je suis très angoissée.

Je voudrais, vous pourriez dormir chez moi ce soir, si ça ne vous ennuie pas ?

Ah bah c'est-à-dire, oui.

Bien sûr, il n'y a pas de problème. Si ça peut vous rendre service.

Merci. Oui, ce sera avec grand plaisir.

Je peux vous rendre ce petit service.

Merci.

C'est vraiment délicieux ces croissants.

Vous ne trouvez pas que la forme des croissants est plutôt originale ? C'est

vrai, c'est rigolo cet arrondi. J'aimerais bien connaître l'inventeur du

croissant. Ça fait de l'appétit, ça fait plaisir à voir.

D'ailleurs, à part votre goût prononcé pour les croissants et votre talent d

'auteur romantique, je ne connais rien de vous.

Oh, talent, talent.

Je ne sais pas, 86 romans policiers, un seul roman d'amour délaissé en plus,

pourquoi ? Je suis douée pour les crimes, c'est comme ça.

Pas du tout ! Ça te fait pour...

Pour le rêve, pour l'exotisme, le romantisme.

Je l'ai envoyé à tous les éditeurs de Paris et personne n'en veut. Mais il

faut persévérer, il faut continuer.

Votre histoire d'amour, elle est fabuleuse. Vous avez un style unique.

Vous n'êtes pas du tout l'auteur de ces romans de gare.

Je suis sûre que vous êtes quelqu'un de formidable, de sensible.

Oui.

Sensuel. Exact.

Un vrai bési.

Pardon. Et des motifs aussi.

Je suis désolé.

Merde.

Vraiment, je... C'est pas grave.

En fait, vous êtes quelqu'un de rare.

Je peux vous demander quelque chose de très personnel ? Bien sûr.

J'aimerais bien vous embrasser.

C'est vrai ? Sur la bouche, si c'était possible.

Tu es là ? Allô, c'est moi.

Je suis sûr que tu filtres.

Réponds-moi, tu sais que je vais te dire... Excusez-moi, j'ai...

J'ai l'habitude d'être très directe avec les femmes.

J'espère que vous n'êtes pas choquées.

Oui, c'est encore moi. Allez, décroche.

Chérie, qu'est-ce que tu fais ? J'ai plombé cette salope.

Attends, t'as pris tes anxiolytiques ? Deux fois, j'en ai pris. Allez, allez,

allez. On a dit que c'était du passé. Pas de rancune.

Ça sert à rien de ressasser tout ça. Allez, calme-toi. Viens là.

C'est mes bébés.

Je t'en achèterai de nouveaux, encore plus petits, des bons Zayna.

Un tout petit bonsaï. Un tout petit petit petit. Tout neuf, mignon.

Garanti, je veux qu'il soit garanti, de première main et verte si possible.

Garanti, je te promets. Je te laisserai plus toute seule, c'est fini maintenant.

Robert.

Oui ma colombe. Tu sais ce qui me ferait plaisir ? Ordonne mon trésor.

Oh, mais tu vas dire que je suis bête.

Mais non ma chérie.

Une peluche ? Bouge pas, j'y vais.

Une grosse peluche ? Une gros...

C'est moi, Robert.

Je te ramène ta voiture.

Allez, il faut qu'on se parle. J'ai les clés.

Elle est garée où ? Juste devant.

Merci pour le service.

Au revoir.

Alors,

ça, c

'est vous en pleine action. Et puis ça, c'est lui dans la ferraille.

Vous les prenez ? Un mari pratiquement transformé en César géant, ça se paye,

surtout en 1824, non ? Je vous dis que mon mari n'est pas dedans.

Oh, vous voulez que je refasse mon infrarouge pour qu'on voit bien les os

broyés ? Je vous préviens, ça sera moins contraste, mais ça sera plus cher.

Merde.

Écoutez, cette nuit, j'ai découvert que Roselyne avait un amant, 1m85, 12

de QI, mais une droite d'enfer.

Alors c'est vraiment pas le moment de me faire chier.

Roselyne. C'est ma femme.

Bien fait pour ta gueule.

Qu'est-ce qu'il fait là, lui, encore ? J'étais en train de dire à Madame que...

On est pas morts ? D'or.

Bon ben, je vais faire le point, moi.

Chérie, ça te va ? Il est magnifique.

Et si doux.

Le mien aussi, il touche.

Tu...

Tu es fatiguée ? Non, je pense à cette ignoble garce qui a bousillé notre

couple et massacré mes petits.

Moi aussi, je pense à ce dangereux psychopathe qui ne mérite même pas de

respirer un pot d'échappement.

Merci.

C'est parti.

Qu'est-ce qui se passe ? Bouge pas.

Guêpe africaine.

Elle se jette sur tout ce qui bouge, sa piqûre est mortelle.

Qu'est-ce qu'on va faire ? Attends, je vais trouver, je vais trouver.

Trois minutes.

Tu vas pas bouger pendant trois minutes.

Tu la vois ?

dessus du rideau.

Qu'est-ce qu'elle fait ? Elle nous regarde.

J'ai peur.

J'ai ces fourmis.

Tu les fais patienter 45 secondes.

Voilà, je crois que c'est terminé. Qu'est-ce qui se passe ? Ils ont tenté

de nous tuer.

Qui ça ? Robert et sa femme.

Quoi ? Picure tropicale, collection crime noir, numéro 34.

Crotale du désert pour l'homme, guêpe africaine pour la femme. Mon crime était

parfait. Ils sont complètement malades.

Heureusement qu'on a affaire à des amateurs.

Bon, ça c'est encore un éditeur qui dit non sans avoir lu.

C'est Love Story a été refusé 18 fois.

18 fois ?

Tu es sûr qu'ils vont partir en vacances, ils ont réservé ? Oui, ils ont

pris leur billet.

Et nous, qu'est-ce qu'on fait ? Écoute, j'ai bien réfléchi.

Toute cette violence, toute cette jalousie, toute cette haine, on est allé

trop loin.

Oui, tu te dégonfles. Mais non, il faut agir en adulte.

Invite-le à dîner tant que tu y es.

Et pourquoi pas ? Il faut tourner la page, il faut que tout redevienne comme

avant.

Pas comme avant, comme avant avant.

Je préfère l'option meurtre.

La science le jouait sur le dernier set.

Ok. Tu gagnes, on digne.

Tu perds, on tue.

En moins service.

T'es prête, ma belle ? Prête à tourner la page ? Absolument.

T'as bien réfléchi ?

On n'a pas d'autre solution, non ? Alors allons-y.

On y va.

Attends, j'ai oublié les fleurs.

Excusez-moi, je sais que vous attendez du monde, mais j'en ai pour deux

minutes. Je vous en prie, allez-y.

Je peux ? Bien sûr.

Évidemment, le point n'est pas parfait, mais 20 mètres, vous savez ce que c'est.

Alors ? Vous savez, M. Goll, tout ça, c'est du passé.

Oui, mais...

Double tentative de meurtre, ça lui passait à cent mille. Monsieur Cole,

croyez ce que dit ma femme.

Vous savez pour qui on a organisé cette petite fête ce soir ? Pour eux.

Exactement. C'est pour ça que vous pouvez ranger vos appareils, vous

détendre et déguster une petite coupe de champagne pendant que je vous fais votre

dernier chèque. Un chèque, vous venez de me dire que... Et votre prime de

licenciement, monsieur Cole.

Incluant votre protection sociale, vos congés payés, vos cotisations retraites.

Chéri, tu sers notre ami pendant que je fais le dernier chèque.

Il va tout vous régler.

Bon, merci. Je vous accompagne.

Bon, ben merci pour tout.

Et puis bon retour. Merci.

Au fait, votre femme va bien ? Ah, je vous ai pas dit.

Son amant et elle, mort sur le coup.

Une peine sèche en ULM à 1500 mètres d'altitude.

Ça ne pardonne pas. C'est affreux.

Oui, c'est...

Collection crime noir numéro 67.

Oui, pour moi aussi, c'est du passé.

Monsieur Cole. Oui.

Entrez bien.

Je me disais aussi.

Bon, ben moi, je vous remonte un cadeau.

Vas-y.

Des allumettes ? J'ai honte.

Oh, des bougies flottantes.

C'est pour vos dîners d'amoureux.

Alors, moi.

Un tambour, mon rêve. Allez-y, jouez.

Je peux ? Bien sûr.

Allons-y.

Un tambour visuel.

Amuse l'œil sans agresser l'oreille.

C'est poétique.

Magique. Qu'est-ce que c'est ? Oh, ça c'est de la joie à l'état pur.

Vous permettez ?

C'est amusant cette idée de Noël en plein mois de juillet. Oui, assez

marrant, hein ? Attention, c'est parti.

C'est la chanson silencieuse.

On fantasme.

Ma quête, mon graal ! Et pour finir le clou de mon kit Noël sans décivel,

regardez, enfin plutôt écoutez.

Bouchon en velours de plastique synthétique avec pré-vidange des vapeurs

de fermentation.

La fête, oui, mais en silence.

Buvons, mes amis, buvons.

Une coupe.

Deux coupes.

Après deux coupes, chérie ?

Trois coupes.

Trois. Quatre coupes.

Il y en a là-dedans.

Buvons, mes amis, buvons.

Buvons aux sentiments qui unissent les hommes et les femmes.

J'aime les sentiments car ils sont silencieux.

Aimons-nous en silence.

Oublions le passé bruyant.

Oublions les décibels de la rancune. Je porte ce toast au calme des corps et à l

'harmonie des âmes. À nous.

S'il vous plaît. Dans les yeux.

Venez, Eve, je vais vous montrer quelque chose.

Au fait, vos fleurs sont magnifiques.

L'odeur capituse des plantes exotiques.

Beau discours.

Merci. Je suis content de vous voir à nouveau... Épanoui, vous pouvez le dire.

En fait, puisqu'on est entre hommes, je peux vous l'avouer maintenant, cette

relation extra-conjugale me pesait.

Mensonges, hôtels, promesses impossibles à tenir, ce n'était pas pour moi.

D'autant que vous avez une femme vraiment... Forte. Oui, on peut le dire.

Rare et forte.

D'ailleurs, je n'aime pas les faibles, ils sont généralement bruyants.

C'est vrai.

Le faible a tendance à crier.

Je vous ai cru faible.

J'ai eu tort.

Je vous ai cru fort.

J'avais raison.

Mes nouveaux

bébés. Ils sont superbes.

Ils sont encore un peu jeunes, mais d'ici quelques mois, je tente les

premiers accouplements.

Vous m'en mettrez un de côté ? Bien sûr, ma chérie, vous êtes si mignonne. C'est

gentil. On peut dire qu'on vous forme un beau couple, Gérard et vous.

Vous ne m'en voulez pas trop ? Pas du tout. Au contraire, toute cette histoire

nous a rapprochés, Robert et moi. Il est beaucoup plus calme, il est plus doux,

il est plus... Il est moins... Tant mieux.

Oui, tant mieux.

Alors comme ça, vous partez au soleil, vous faire dorer l'épiderme.

Exact, nous partons tous les deux 15 jours sur les îles.

Sur les îles ? C'est pas un peu bruyant, les îles ? Avec tous ces cocotiers, ces

vagues, ces touristes... Ah non, mais là, y a pas de touristes.

Juste la mère, ma femme et moi.

Votre femme ? Monsieur Cole ne vous a pas dit ? Non.

Gérard m'a demandé en mariage. Et alors ? Elle a dit oui, regarde, elle a déjà

la bague.

C'est vrai.

J'ai dit oui.

Nous allons nous unir au soleil.

Félicitations, n'est-ce pas, chérie ? À propos, je vais voir où en est la dinde.

Au fait, vous savez comment Robert m'a demandé un mariage ? En murmurant ? Non.

En hésitant ? Non. En écrivant ? Non.

En dété... Ah, d'accord.

Oui, oui.

Nettoyez !

Alors les bonnes choses ont une fin. Merci beaucoup Irene.

Et rentrez bien.

Et rentrez bien. D'accord, vous aussi.

Merci encore.

Rentrez bien. Merci, et puis bonne soirée.

Et toi, t'as embarqué la télécommande ? Parfait.

Je n'ai jamais passé de Noël aussi excitant.

Bouquet final dans deux minutes.

Approche, ici on verra bien.

Tiens.

C'est pour moi ? Qu'est-ce que c'est ? Un petit cadeau pour qu'on continue de

bien s'entendre.

En or ? Je peux les essayer ? Tu n'auras pas de meilleure occasion.

Combien ? Comment ? Combien de temps

? Quinze secondes. Dans quinze secondes, ils vont passer de Caribe en Cessna.

S'il l'a, mon amour, s'il l'a. Tu me comprends.

C'est vrai qu'on se retrouve.

Embrasse-moi et remets tes boules caisses.

Et voilà !

Bombardardement,

classique mais efficace.

Ils doivent être en train de fêter leur victoire.

Autant qu'ils en profitent.

Une histoire de rien du tout Comme il en existe beaucoup

Notre amour qu'on croyait petit A grandi quand

tu es parti Grandit comme une déchirure

Comme une blessure, mais pourquoi ? Pourquoi ?

Pas de regrets ? Pas de remords non plus.

On va prendre une lampe de poche.

Mais attends, les bougies seront plus romantiques. Ah oui.

C'est des bougies de nos amis.

Tu trouves pas qu'elles sentent bizarre, ces fleurs ? Oui, oui, c'est vrai, elles

sentent un peu le...

Tu

vois, mon amour, rien de volgaz.

Voilà. Bon voyage.

Merci.

Mademoiselle. Bonjour.

Merci.

Excusez-moi. C'est pas grave.

Madame. Bon, merci.

Tu veux cet avion, vite ! Mon premier est amoureux, amoureux. Mon

premier est amoureux.

Mon deuxième, mon deuxième ne veut plus Ne veut plus faire des choses à mon

premier Tant qu'il sera marié, marié à mon troisième Mon troisième qui

veut garder mon premier à ses côtés Mon tout en a marre de toutes ces

salades Qui créent des histoires à cette charade Mon tout est

malheureux pour ne plus l'être Et bien mon tout doit

disparaître.

Mon premier a fait appel à mon deuxième pour lui faire la vie belle

et sans problème. Mon deuxième s'était pris bien malgré lui.

Où j'ai de mon troisième qui est si joli Là où ça se complique, c'est quand mon

quatrième Sort son Instamatic pour filmer la scène Mon tout est

malheureux et pour ne plus l'être Eh bien mon tout doit

disparaître

Et bien y'en a pas, pas le plus petit espoir Que ça finisse dans la joie Un

pour tous, tous pourris, c'est la vie Tout le monde il est beau, mais pas

gentil Mon tout sera malheureux, bien fait pour eux Et pour ne plus l

'être, mon tout doit disparaître Et pour ne plus l'être, mon tout doit

disparaître

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