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Original subtitles

...

Coup de feu.

- C'est là-bas, non ?

Y en a qui savent pas lire.

- Viens, on va voir.

- Va par là. Moi, je vais par là. - OK.

Elle hurle.

Au secours ! A l'aide !

...

Son téléphone sonne.

- Oui, Erwan ?

D'accord. Où ça ?

On se rejoint là-bas.

OK. A tout à l'heure.

Tu es dingue ! Qu'est-ce qui t'arrive ?

- C'est la cata.

Une canalisation a pété, dans mon immeuble.

- Tu as beaucoup de dégâts ? - Ouais.

J'avais de la flotte jusqu'aux chevilles.

- Je vois pas ce que je peux faire. Je suis pas plombière.

- Non, je sais bien.

Je me suis dit : "Je vais à l'hôtel ou..."

- Super. C'est bien, l'hôtel.

- Ouais, mais...

- Tu comptes pas venir ici ?

- Ah ! Je savais pas comment te le demander. Merci.

- Mais...

Prends la chambre d'Alice.

Fais comme chez toi.

Enfin pas trop non plus.

- Tu me connais.

- Je vais à l'étang du Méjean. On a un corps.

- Merci, hein !

...

- C'est par là. - D'accord, merci.

Merci.

Messieurs, bonjour. - Bonjour, commandant.

Mady De Vargue, 35 ans. Elle travaillait pour l'OFPN.

L'Office français de protection de la nature.

- Les flics de la nature ? - C'est réducteur.

La répression, c'est pas leur travail.

Ils font surtout de la prévention.

- On a des témoins ? - Les 2 employés de la réserve.

Ils ont entendu un coup de feu mais ils ont vu personne.

Ce serait la victime qui aurait tiré.

On a retrouvé son arme de service.

Elle avait de la poudre sur les mains.

- Elle a pu blesser son agresseur ?

- Célestin cherche des traces de sang.

- OK, donc elle se fait agresser. Elle se défend.

Dans la panique, elle tire. L'agresseur la pousse.

En tombant, sa tête percute le rocher.

Et ça ?

- Apparemment, c'était à elle. Du matériel de plongée.

- Très bien.

Je lance un appel à témoins.

- Bonjour. Commandant Tallec ?

Lieutenant Lebellec. Gendarmerie.

- C'est la première fois qu'un membre de mon groupe est tué.

Ca fait un choc. - Je comprends, oui.

Qu'est-ce qu'elle faisait ici ?

- Elle enquêtait sur une pollution volontaire.

Un cinglé a déversé un décapant toxique dans un étang.

Elle essayait de le coincer. - Vous étiez sur une piste ?

- Elle pensait que c'était une boîte ou un particulier peu scrupuleux.

En tout cas, cette enquête lui tenait à coeur.

Elle a insisté pour avoir le dossier.

- Vous savez pourquoi ?

- Mady était passionnée d'écologie.

Ces incivilités, ça la rendait malade.

- On va avoir besoin de ce dossier d'enquête.

- Comptez sur moi.

- On a retrouvé du matériel de plongée.

C'était lié à son enquête ?

- Je pense pas.

Pour les fouilles sous-marines, on fait appel à des plongeurs.

- Transférez le corps à l'IML. - Oui, commandant.

- Commandant ?

J'ai interrogé les responsables de la réserve.

Ils ont aucune explication concernant les produits déversés.

- D'accord.

Mady De Vargue a peut-être surpris

le ou les vandales qui ont empoisonné l'étang.

Elle a voulu les arrêter. Ca s'est mal passé.

Listez-moi les personnes impliquées dans des histoires de pollution.

- Bien, commandant.

- Autre chose ?

- On n'a trouvé aucune trace de sang.

Apparemment, l'agresseur n'a pas été blessé.

- Personne n'a remarqué de véhicule suspect aux alentours ?

- Il y a un observatoire à oiseaux, plus loin.

Là-bas, il y a plusieurs chemins.

L'agresseur a pu partir sans être vu.

- C'est trop tard pour établir des barrages.

Son téléphone sonne. Excusez-moi.

Oui, Sabine ?

Les dossiers viennent d'arriver.

- Je vous écoute.

le décapant était de fabrication artisanale.

C'était un truc à base de soude.

- On n'est pas sur un scandale à la "Erin Brockovich".

Et côté vie privée ?

- Mariée à Cédric De Vargue, chargé de TD à la fac.

- Vous prévenez Marchal ?

- Merci.

...

- J'arrive pas à le croire.

Qui a pu faire une chose pareille ?

- Est-ce que Mady vous a parlé de son enquête sur l'étang ?

- Cette histoire lui tenait à coeur.

Elle était même complètement obsédée.

- C'est-à-dire ?

- Elle travaillait dessus pendant son temps libre.

Elle passait des heures à son bureau.

- Il est où, son bureau ?

- Il est juste là.

- Je peux ? - Ouais.

- Dites-moi...

Est-ce que Mady a reçu des menaces,

récemment ?

- Je crois pas.

- Ce matin, vous l'avez trouvée nerveuse ?

- Impossible à dire.

Quand je suis parti donner mes cours à la fac,

elle avait déjà quitté la maison.

- Elle pratiquait la plongée ? - Non.

L'eau, c'était pas son truc.

- Il faudra que je prenne ça, en partant.

- Prenez tout ce que vous voulez.

- Je peux monter ?

- Allez-y.

On avait des projets d'enfant.

Ca aurait dû être sa chambre.

- Avec quoi vous décapez le parquet ?

- Un produit que Mady a fabriqué.

- C'est ça ? C'est ce produit ?

- Ouais.

- Les bidons noirs ?

Je peux en prendre un ? - Faites.

- Les personnes impliquées dans des histoires de décharge sauvage,

ça donne pas grand-chose. - Je sais qui a fait le coup.

- Erwan, un esprit si brillant dans un corps si...

- Si sensuel ?

Je viens d'avoir le labo.

Le décapant de Mady De Vargue est le même que celui du Méjean.

- C'est elle qui aurait empoisonné l'étang ?

- Il faut croire.

Ca colle pas avec son profil. C'est une amoureuse de la nature.

Dans ses dossiers, vous avez trouvé quelque chose ?

- Oui, un truc bizarre.

Regarde.

- Une réquisition auprès d'un opérateur téléphonique.

- Pour obtenir le bornage d'un portable prépayé.

Ca ne concerne aucune de ses affaires.

C'est une demande personnelle.

- C'est illégal.

- Pollution volontaire, réquisition illégale...

Ca commence à faire beaucoup.

- Ouais.

- Regardez ce qu'on a trouvé.

Voilà la carte des étangs trouvée chez Mady De Vargue,

et là, la zone de bornage du portable prépayé.

- La zone détourée par Mady correspond

à la zone de bornage.

- Comme si elle cherchait quelqu'un lié à ce portable.

- Attendez, attendez, attendez...

Ca voudrait dire

qu'elle aurait volontairement pollué l'étang

pour être chargée de l'enquête et pouvoir mener ses investigations ?

- Je me suis renseigné, pour le matériel de plongée.

Mady De Vargue l'avait bien loué

mais les bouteilles étaient encore pleines.

- Et donc ? - Et donc...

Ce que Mady cherchait dans l'étang est toujours dans l'étang.

- Bon...

Sans vouloir être pessimiste,

on a déjà ratissé la majeure partie de l'étang.

- Et alors ?

Tant qu'on n'a pas tout ratissé, on continue.

- Bien sûr.

Bien sûr.

- Célestin, regarde.

Qu'est-ce que c'est ?

Deux femmes du même âge mortes au même endroit...

On a peut-être affaire à un détraqué.

- Vous avez une idée de son identité ?

- D'habitude, c'est moi qui pose cette question.

Non, aucun papier d'identité, pas de portable.

Et vous, vos premières constatations ?

- Peu parlantes. Il faut attendre l'autopsie.

Vu l'état du corps, le décès remonte à une quinzaine de jours.

J'ai repéré une fracture sur le bras droit.

Je soupçonne une fracture au niveau des cervicales.

Ca laisse penser à une mort violente.

- Le meurtrier a voulu faire disparaître le corps.

Ses vêtements ont été lestés de pierres.

- Si c'est le cas, elle a été tuée dans les environs.

- Suivez-moi.

- Jusqu'au bout du monde, commandant.

- Qu'est-ce que vous faites ?

- Vous savez ce que c'est comme plume ?

- Non.

Pourquoi ? Je devrais ?

Je ne connais pas personnellement tous les oiseaux de cette réserve !

- C'est une plume de cygne.

C'est l'un des oiseaux les plus fidèles au monde.

Si l'un d'eux perd son partenaire, il se laisse mourir de chagrin.

C'est romantique, non ? - Très.

En même temps, la vie est courte. C'est pas mal d'en profiter, non ?

- Oui, évidemment, vu comme ça...

Vous avez vu ça ?

- Du sang séché.

- Il y en a là, aussi.

- Je vais le comparer à celui de notre victime.

- Célestin, alors ? On a identifié la 2e victime ?

- D'après la cellule d'identification criminelle,

le corps a été abîmé par l'eau

mais ils devraient y arriver.

- Tant qu'on ne l'aura pas identifiée,

on ne connaîtra pas le lien entre les 2 victimes.

- Si ce détraqué tue au hasard, leur seul lien, c'est le lieu.

- J'ai contacté les collègues de la région.

Y a aucune affaire similaire en cours.

- Je suis persuadée qu'elles se connaissaient.

- Mady s'inquiétait pour elle.

- Elle était sur le point de la retrouver

grâce au bornage de son téléphone.

- Et elle se fait tuer.

- Par le même meurtrier, de peur d'être démasqué.

Ca se tient.

- Il y a quand même un truc bizarre parce que Mady était flic.

Pourquoi elle a pas déclenché une enquête officielle ?

- C'est pas faux.

- Vous avez changé de gel douche ?

- Pardon ?

- Vous avez découché !

- Ah oui ! J'ai pas le choix, j'ai un dégât des eaux à l'appart.

- Du coup, vous créchez où ?

- Non...

Je...

Chez un ami d'ami.

Rire entendu. - Ouais, chez une maîtresse, quoi.

- Non !

- Le cachottier ! - Non, pas du tout.

Mais non !

Ca va ! Non !

En plus, tu la verrais...

Elle est gentille mais elle est pas gâtée par la nature.

Non, c'est vrai.

En plus, elle s'habille comme un sac.

Donc non, pas du tout.

- Oui ? - Colonel.

Mady a eu une altercation avec un certain Lartigue

qui a un terrain près des étangs.

- C'est qui, ce Lartigue ?

- D'après les affaires de Mady,

il voulait ouvrir un ball-trap en lisière de la réserve.

- Un ball-trap ? Mady devait être contente !

- Ben non.

Elle était carrément contre.

- Oui, c'est une expression.

- Ah ! Oui ! Oui, d'accord !

Elle avait fait un dossier

et elle allait trouver du biscuit contre lui.

- Alors...

"Irrégularités dans les demandes d'autorisation."

Parfait. On envoie Lebellec.

- Oui.

- M. Lartigue ?

Bonjour. Lieutenant Lebellec. Gendarmerie nationale.

- Qu'est-ce que vous voulez ?

- Est-ce que vous connaissez cette femme ?

- C'est une flic écolo qui est venue fouiner chez moi.

- Si mes renseignements sont bons, vous l'avez reçue assez virilement.

- Elle est venue m'emmerder. Je l'ai virée de chez moi.

- Vous l'avez revue, depuis ? - Non.

Mon projet est parfaitement légal.

- D'après votre casier judiciaire,

vous êtes du genre sanguin.

5 condamnations pour coups et blessures,

c'est pas rien.

- C'est du passé, tout ça. On a droit à l'erreur, non ?

- Vous étiez où ce matin, aux environs de 8h ?

- J'étais au marché. Tout le monde me connaît, là-bas.

- C'est pas l'enquête qui vous fait sourire comme ça.

- J'ai l'habitude de me faire draguer, mais là...

- Hou là ! Je regrette déjà d'avoir posé la question.

- Ca m'embête pour Erwan. - C'est-à-dire ?

- Eva me fait du rentre-dedans.

- Ca m'étonnerait ! Elle est folle amoureuse d'Erwan.

- Elle m'invite à boire des verres.

Je peux pas faire ça à un copain.

- Comment vous faites pour être aussi irrésistible ?

- Ben...

- Qu'est-ce que vous faites ?

On a l'identité de la 2e victime.

Ornella Andrès, ornithologue. Elle habitait près des étangs.

- Elle connaissait Mady De Vargue ?

- Je ne sais pas. Vous pourriez chercher.

En commençant par l'OFPN. - C'est ce que j'allais faire.

- Il y a un truc étrange.

Personne n'a signalé sa disparition.

- Elle avait une soeur.

Kristel Delaigue.

- Faites des recherches sur elle.

On frappe à la porte. - Entrez.

- Merci.

Bonjour, docteur.

Capitaine Marchal. Gendarmerie. Je cherche Kristel Delaigue.

- Elle fait partie de nos patientes,

mais vous ne pourrez pas l'interroger.

- Pourquoi ?

- Elle ne parle plus.

- Qu'est-ce qui s'est passé ?

- Elle a perdu son fils de 2 ans. Une maladie orpheline.

Après l'enterrement, elle a fait une tentative de suicide.

On l'a sauvée de justesse.

Depuis, elle alterne entre conscience et aphasie.

Elle est là, avec son mari.

- D'accord.

Merci.

- Même si elle parle pas, elle sent ma présence.

Ca lui fait du bien.

- Il faut du courage pour vivre ce que vous vivez.

- J'ai pas le choix.

Je m'accroche.

J'essaie d'être là pour elle.

- M. Delaigue, je...

J'ai une nouvelle pénible à vous annoncer.

- Je vous écoute.

- On a retrouvé le corps de votre belle-soeur dans un étang.

- Ornella ?

- Ouais.

- Mais enfin, c'est...

C'est impossible ! Ornella est en Afrique.

- En Afrique ?

- Elle est partie il y a 3 semaines, pour sa thèse d'ornithologie.

- Elle est forcément revenue.

- On peut épargner ma femme ?

Elle supportera pas un drame de plus.

- Bien sûr. Vous pouvez compter sur moi.

Une dernière chose...

Est-ce que vous reconnaissez

cette femme ?

- Désolé, je vois pas qui c'est.

...

- Pour Cédric De Vargue, ça a donné quoi ?

- Il connaît pas d'Ornella Andrès. Il voit pas de lien avec sa femme.

- Si on m'avait pas dit qu'Ornella était ornithologue,

j'aurais deviné !

- Ah bon ? Pourquoi ?

- Non,

laisse tomber.

Je crois que j'ai trouvé le lien entre Mady et Ornella.

Regarde. - "Lartigue" ?

Ornella voulait déposer un recours contre l'installation du ball-trap.

On a vérifié l'alibi de Lartigue ? - Oui, mais c'est pas solide.

Personne l'a vu, sur le marché.

- C'est pour ça que je vais plus au marché. Il y a trop de monde.

Je préfère l'intimité des grandes surfaces.

- Merci.

- Le voilà, le lien.

- Je viens d'avoir le labo.

Le sang prélevé sur l'observatoire est bien celui d'Ornella Andrès.

- Elle a été tuée là-bas.

De notre côté, on a avancé aussi.

On commence à voir un lien entre les 2 victimes.

Allez-y, Erwan. - J'ai eu l'OFPN.

L'ornithologue leur a rendu visite pour s'opposer à Lartigue.

Elle a été reçue par Mady De Vargue.

- Lartigue ? Encore lui ?

On fait quoi ? On le convoque pour demain matin ?

- Il vaut mieux le surprendre, demain à la première heure.

Il pourra pas préparer sa réponse.

- Vous avez trouvé quelque chose dans l'ordinateur d'Ornella ?

- Je vais m'y mettre.

- Pas trop tard, hein ? Vous avez besoin de repos.

- Le repos ? C'est quoi ? - Mauvaise ambiance à la maison ?

- L'enfer. - A ce point ?

- J'héberge ma belle-soeur. C'est une plaie.

Même vous, elle vous rendrait dingue.

Y a pas une seconde où elle se tait.

Elle parle pour ne rien dire. Quand elle ne parle pas, elle rit !

- Ca fait du bien de rire, non ?

- Vous n'avez jamais entendu son rire.

- D'accord.

Elle finira bien par partir. - C'est pas sûr.

Ces gens-là, on sait quand ils arrivent,

on sait jamais quand ils partent.

S'ils partent !

- Elle a fini, super. On y va ?

- On va où ? - On rentre à la maison.

Ce soir, ce qui serait super sympa,

ce serait de se faire une raclette, rien que toi et moi.

On s'arrête chez le fromager avant d'arriver à la maison.

- Super. Vas-y. - Tu viens ?

- D'accord, j'y vais. OK.

- Putain...

- Léa ? Toi, c'est toujours le morbier ?

On se retrouve à la maison. Bisous.

Paul sifflote.

...

Waouh !

Ailes papillon !

J'adore ! Il est bien, ce Tancarville.

C'est quoi la marque ?

Merci pour la lessive.

C'est quoi ? C'est lavande, que tu mets, toi ?

Ca sent meilleur que le morbier ! T'imagines !

Une lessive au morbier !

Ca existe pas.

...

- Ah, Lartigue !

Petit cachottier !

M. Lartigue ?

- Encore vous ?

- J'ai encore quelques questions.

- Pourquoi vous venez encore m'emmerder ?

- Est-ce que vous connaissez cette femme ?

- Non.

Vous allez m'en montrer une par jour ?

- Dans sa messagerie, il y a des menaces de votre part.

Par exemple :

"Une balle perdue est vite arrivée."

- OK, je la connaissais. Et alors ? - Et alors ?

2 opposantes à votre projet sont retrouvées assassinées !

Vous avez fait plusieurs incursions dans la réserve

quand Ornella Andrès a disparu.

- Ca prouve quoi ?

Vous avez interrogé le type qui s'est frité avec Ornella ?

- Pardon ?

- On peut dormir tranquilles,

la gendarmerie fait bien son boulot !

- De qui vous parlez, M. Lartigue ?

- J'ai vu un type bizarre rôder ici avant de se clasher avec la gamine.

- Vous êtes sûr de vous ? - Elle était sur son observatoire.

Vu ses gestes, il lui chantait pas la sérénade.

- Vous pourriez me donner son signalement ?

- Je dirais la quarantaine. Il portait un pull vert.

Le reste, j'en sais rien.

- Hé ! Coucou ! - Coucou !

- Hou là là ! C'est joli !

- Merci.

Ca va ? Tu as bien dormi ? - Oui, merci. Et toi ?

- Très bien.

Tu veux un café ? - Oui, je veux bien.

Merci.

- Un jus d'orange ?

- S'il te plaît.

Merci beaucoup.

Il va faire une belle journée.

- Oui, j'ai l'impression.

Quelqu'un entre.

Merde !

- Coucou, chéri.

- Salut, papa.

Du linge repassé, ça peut être que toi.

- Bon...

Du coup, tu déjeunes avec nous.

- Sûrement pas. Je vais vous laisser entre vous, faire n'importe quoi.

- Oui, Franck ? - Merci d'être venue si vite.

J'ai terminé l'autopsie d'Ornella Andrès. On a un souci.

- C'est-à-dire ?

- Elle est morte d'une malformation cardiaque.

Elle a pas été assassinée.

- Merde !

...

Vu les fractures,

elle devait se tenir comme ça, dos aux marches.

Elle prend des photos.

La crise cardiaque survient. Du coup, elle tombe en arrière.

- Oh putain ! - Oh purée !

Cervicales brisées.

- La fracture au bras doit être due aux marches.

- Pourquoi son corps a été dissimulé ?

- Peut-être qu'Ornella n'était pas seule.

Sa crise a été provoquée

par une émotion forte, comme après une dispute.

- Mais alors...

Pourquoi celui ou celle qui était là

a pas prévenu les secours ?

- Peut-être qu'il ou elle avait quelque chose à se reprocher,

ou n'avait rien à faire ici et il fallait pas que ça se sache.

C'est des suppositions, hein. - On sait bien.

- Maman ? Qu'est-ce qui se passe ?

- Ton père a égaré ses clés. Je viens les lui rendre.

- Donne-les-moi, si tu veux. - Quand on parle du loup...

- Bonjour, Léa. Comment allez-vous ?

- Eloïse, je vous présente Annie, ma mère.

La femme de mon père. - Annie, bonjour.

- Vous êtes ?

- Une amie.

Eloïse est une amie.

- C'est important, les amitiés.

- Maman ! Maman !

Et la clé ?

- Je vais vous laisser travailler.

Vous avez une journée chargée.

A ce soir.

- Oui, à ce soir.

Léa...

- Non, pas maintenant.

- Vous en êtes où de l'ordinateur d'Ornella Andrès ?

- Je checke les photos.

Y a que des oiseaux, des oiseaux et toujours des oiseaux.

- Elle était ornithologue.

Ceci explique cela. - J'en ai ma claque des oiseaux.

- J'ai de quoi vous distraire.

J'ai repensé à votre problème avec Eva.

Allez au rendez-vous avec votre petite copine.

- Carrément ! C'est une super idée !

Mais je suis célibataire.

- Vous ? Célibataire ?

Quel gâchis pour la gent féminine !

Je vous ai parlé de ma belle-soeur ?

- Non. - Elle est formidable.

Très à l'écoute. Beaucoup de sensibilité.

Une élégance discrète.

Un rire cristallin.

Un vrai point de vue sur les choses.

- On dirait moi !

- Je vous arrange un rendez-vous. - Vendu, moldue !

- On s'y remet ?

- Là, y a pas d'oiseau. - Il y a un homme.

- Le fameux pull vert.

- Heu...

L'homme en vert qui s'est disputé avec Ornella,

c'est Cédric De Vargue, le mari de Mady.

- Je croyais qu'il la connaissait pas.

- C'est ce qu'il a dit.

- Léa, je...

- J'ai étudié les comptes bancaires de l'ornithologue.

Il y a des nuits d'hôtel à Frontignan, près de son domicile.

- Quand on va à l'hôtel vers chez soi, c'est rarement seul.

- Elle avait peut-être une liaison avec Cédric De Vargue.

Quand est-il arrivé à la fac, le matin du meurtre de sa femme ?

- Vous interrogez le réceptionniste de l'hôtel ?

- Très bien.

- Bonjour. - Bonjour.

- C'est la gendarmerie nationale.

Est-ce que vous reconnaissez cette femme ?

- Tout à fait.

Elle vient régulièrement.

- Seule ou accompagnée ?

- C'est assez délicat. Je ne sais pas si je peux.

- J'enquête sur sa mort.

- Elle retrouvait une personne dont elle semblait très amoureuse.

- Cet homme ?

- Non.

Pas du tout. Une femme.

Assez jolie, la trentaine.

- Elle ?

- Oui, c'est bien elle.

- Selon vous, elles étaient plus que des amies ?

- Ca fait aucun doute.

Ca a pas plu à ce monsieur, d'ailleurs.

- Il les a vues ensemble ?

- Un matin, il est venu.

Il a pas dit un mot mais il est reparti fou de rage.

- Bon, M. De Vargue...

Pourquoi m'avoir dit que vous ne connaissiez pas Ornella Andrès ?

- Je sais pas. Un réflexe idiot.

- Vous saviez qu'elle était la maîtresse de votre femme.

Ouais.

Le crime passionnel, c'est un classique.

- Jamais j'aurais fait de mal à Mady.

- Et à Ornella ? - Quoi, Ornella ?

Elle est en Afrique. - Ca sert à rien de mentir.

On a retrouvé son corps.

- Pardon ?

Ornella est morte ?

- Vous êtes allé à l'observatoire

pour la dissuader de revoir votre femme.

Ornella a eu une attaque cardiaque.

Vous avez paniqué.

Si votre femme apprenait la vérité, vous la perdiez.

- C'est faux.

Quand je suis parti, Ornella était vivante.

- Elle s'inquiète du silence d'Ornella

et décide de faire des recherches dans l'étang du Méjean.

Vous la suivez

pour la dissuader de plonger.

Le ton monte.

Vous la poussez sur un rocher. - Non !

Hier matin, j'étais à la fac de médecine.

- Ouais... Et non.

Suivez-moi.

D'après votre emploi du temps,

vous aviez cours à 9h.

Vous êtes arrivé avec 30 mn de retard.

Eh oui, on s'est renseignés.

Ca vous laissait le temps de passer à l'étang.

- Mais pas du tout.

Quand j'ai découvert que Mady me trompait,

j'ai cru devenir dingue.

J'ai compris qu'elle aimait Ornella.

Que je pourrais rien faire contre ça.

- Ah oui ? Comme ça, tranquille ?

- Je voulais le bonheur de Mady.

La veille de sa mort,

elle m'a parlé de la disparition d'Ornella.

Je lui ai promis de l'aider.

Elle m'a demandé d'aller voir Kristel Delaigue.

C'est la soeur d'Ornella.

Elle espérait qu'elle me dise où était sa soeur.

- Mme Delaigue ne parle plus.

- Sa tablette était à côté d'elle.

J'ai fouillé dedans.

- Vous avez trouvé quelque chose ?

- Des photos d'Ornella

à Dakar.

- Des photos récentes ?

- La dernière remontait à 3 jours. - Elle était morte, il y a 3 jours.

- Mme Delaigue ?

Vous avez eu des nouvelles de votre soeur, récemment ?

Elle est en Afrique, en ce moment ?

- Elle va venir aujourd'hui.

- Désolée, capitaine.

Mme Delaigue est beaucoup trop fragile.

Elle est confuse.

- Est-ce que vous me permettez d'emprunter votre tablette ?

- Elle va venir aujourd'hui.

- Allez-y.

- Je vous remercie, Mme Delaigue.

- Léa, je peux te parler ?

- Les photos d'Ornella prises à Dakar

sont des montages.

- D'accord.

On sait qui les a envoyées ? - On a une petite idée, oui.

- Pourquoi lui faire croire que sa soeur est toujours en vie ?

- Pour éviter le choc de trop, la tentative de suicide.

- Evidemment.

Et qui est prêt à tout pour la protéger ?

- Paul est en route.

- Je suis désolé de t'avoir mise dans une telle situation.

- C'est pas à moi que tu dois parler.

- M. Delaigue ?

- Tu vas où ? - Juste là.

- Comment va votre femme ? - Elle recommence à parler.

- Tant mieux.

Parlez-moi des photos d'Ornella en Afrique.

Celles que vous avez envoyées.

- C'était...

C'était pour protéger Kristel.

- Vous étiez au courant de la mort de sa soeur.

- Pas si fort !

- Chéri, où tu vas ? - Je suis là. Je suis juste là.

Je suis à côté, ne t'inquiète pas.

Je suis passé chez Ornella.

Elle n'y était pas. Je suis allé à l'observatoire.

- Elle était morte ?

- Ouais.

J'ai voulu appeler les secours, mais c'était trop tard.

Et...

Et j'ai pensé à ma femme.

Au choc qu'elle aurait en apprenant la nouvelle.

- Alors vous avez caché le corps et vous avez inventé ce voyage.

- On se remettra jamais de la mort de notre enfant.

Jamais.

Mais sans Kristel, je suis plus rien.

Alors oui...

C'est fou, ce que j'ai fait, mais j'ai pas réfléchi.

- Et pour Mady ?

- Je connais pas cette femme.

J'ai plus rien à vous dire.

...

- Si vous ne connaissiez pas Mady De Vargue,

pourquoi vous a-t-elle appelé, il y a 3 jours ?

- C'est impossible.

- Nous venons de recevoir vos relevés téléphoniques.

Le GPS de votre voiture indique

que vous étiez à l'étang du Méjean, hier matin.

M. Delaigue, il est temps de nous dire la vérité.

- Mady m'a contacté.

Elle cherchait Ornella.

Elle avait peur qu'il lui soit arrivé quelque chose.

- Elle vous a fait part de ses recherches,

de son intention de plonger dans l'étang.

Vous avez eu peur qu'elle trouve le corps d'Ornella.

- Non.

Je voulais juste lui parler.

Je lui ai dit ce qui s'était passé.

Elle refusait de me croire.

Elle pensait que j'avais tué Ornella.

Alors...

Elle est devenue folle. Elle a sorti son arme.

Moi, j'ai paniqué.

Je l'ai poussée.

Elle est tombée contre un rocher.

Sa tête a...

Je voulais tuer personne, moi.

Je voulais juste protéger Kristel.

- Tu es encore là ? Tu devais pas retrouver Eva ?

- Si, et Célestin aussi.

Depuis qu'Eva l'a invité à un apéro,

il s'incruste à tous nos rendez-vous.

- Mon petit doigt me dit que ce soir,

Célestin vous laissera en amoureux.

J'ai fait d'une pierre deux coups. Vous êtes tranquilles et moi aussi.

- C'est-à-dire ? - J'ai organisé un rencard

entre Célestin et ma belle-soeur.

- Génial !

- Et encore,

tu ne sais pas tout.

Bonne soirée !

- Bonne soirée, capitaine.

- Encore une sans rien marqué dessus.

un message pour le futur,

au soi-même du futur !

Tu as une voiture volante ou bien ?

j'ai jamais été aussi heureux.

c'est la femme de ta vie.

pour la garder. OK ?

...

- Qu'est-ce qu'il fait froid !

Coucou, c'est moi.

Ca va ?

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