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...
- Aérodrome du pic Saint-loup,
du planeur Fox Tango Victor. Demande autorisation d'atterrir.
William ?
Tu es là ?
...
- Salut, m'man. Je t'ai fait du café.
- T'as fini de déjeuner ? On déjeune pas ensemble ?
- Célestin veut que je sois à la brigade à 8h.
- Il est 7h30, t'as le temps.
- Il dit qu'être en avance, c'est déjà être en retard.
- N'importe quoi. C'est moi la boss, c'est moi qui décide : assieds-toi.
Merci !
Tu fais un stage à la brigade et on se voit jamais... C'est bon !
- C'est normal, je passe pas mal de temps avec Nour.
- Ah voilà ! Je me disais aussi...
C'est sérieux ? - Maman...
- Quoi ? Tu m'as toujours tout dit.
Ah ! T'es amoureux !
Je le vois dans tes yeux. - Oui, c'est sérieux.
- La distance t'inquiète pas ? Elle rentre sur Lille bientôt, non ?
- Dans un mois. On a le temps. Et Lille, c'est pas si loin.
- à l'autre bout de la France.
- On fera des allers-retours, et puis... on prendra des décisions.
- C'est-à-dire ? - Comme tu dis :
nul obstacle n'inquiète l'amour. - C'est que j'en dis, des conneries.
- Avec papa et Inès là-bas, ça sera déjà plus simple.
- Bien sûr ! Ca sera plus simple ! Téléphone.
Excuse-moi.
Quand on parle du loup... Lieutenant Zaïdi !
A quel aérodrome ? Très bien.
J'arrive.
Le devoir m'appelle.
- William Martel, 47 ans, propriétaire de l'aérodrome,
pilote de planeur et fondateur du club de vol à voile.
Tué hier entre 22h et minuit. - Je confirme.
L'arme du crime ?
- Une arme un peu inhabituelle.
- "Championnat de voltige 1989, William Martel".
Des empreintes ? - Effacées.
Pas de vidéosurveillance. N'importe qui peut entrer.
Il a été une star de la voltige, puis ingénieur en aéronautique,
puis licencié, puis il a hérité de cet aérodrome.
- A priori, on est face à un crime de circonstance.
Le tueur a improvisé. Autre chose ? - Divorcé depuis 10 ans,
père d'un ado de 17 ans. Son ex, Viviane Borras, tient un gîte.
Ils sont pas encore au courant. - Je m'en occupe. Merci, Inès.
- Vous travaillez ici depuis longtemps ?
- Un peu plus de cinq ans.
Mon mari est mécano. Moi, je suis passionnée de vol à voile.
Je passais tellement de temps ici que William m'a embauchée.
- Comment ça fonctionne, ici ? Pas juste grâce aux licences ?
- Non, y a la formation.
William avait l'agrégation pour délivrer des brevets de pilote.
- On offre aussi nos services aux agriculteurs,
pour pulvériser les insecticides.
C'est moi qui m'en occupe.
- Vous avez remarqué quelque chose, chez William, ces derniers temps ?
Un changement de comportement ? D'humeur ? Une dispute ?
- Vendredi, ça a chauffé avec une élève pilote.
- C'est-à-dire ?
- Elle devait passer son diplôme de voltige samedi,
mais William l'a reporté à hier. - Pourquoi ?
- Il devait passer le week-end avec son fils, Hugo.
- Ils se sont engueulés pour un changement de planning ?
Elle l'a passé, son examen ?
- J'en sais rien. J'étais chez mes parents, à La Grande-Motte.
- Je sais pas.
Je préparais les épandages, j'ai à peine croisé William.
- Paul.
- Commandant. - On arrête de se faire la gueule ?
J'en ai marre qu'on s'évite. - Oui...
- Reconnais que t'y as été fort.
- Oui, je reconnais, j'y ai été un peu fort.
Je te demande pardon.
- Euh... Je réfléchissais à tout ça, et... Je te l'ai déjà dit,
mais je suis sûre que tu ferais un excellent commandant.
Si tu le devenais, je serais fière de toi et très contente.
- C'est marrant, parce que j'y pense souvent.
Mais je sais pas par quel bout le prendre. C'est compliqué.
- Ca tombe bien, parce que la nouvelle est tombée hier soir.
Le commandant de Castelnau prend sa retraite.
Si tu en as envie, je peux appuyer ta candidature.
- Ah bon ?
Merci pour l'info.
Je vais quand même réfléchir. - OK.
Et au sujet de l'enquête ? - L'enquête !
Je tiens une pistounette. - Une pistounette ?
- Une petite piste. Rien de fou, mais je suis sur le coup.
Emma Reno, une élève pilote, s'est engueulée vendredi
avec William Martel à propos de son brevet.
Il l'aurait reporté pour passer le week-end avec son fils Hugo.
On est en train de la localiser. - D'accord.
Et sur la victime ? - Un homme formidable, apprécié,
papa attentionné...
- Bon, je dois annoncer la nouvelle à la famille. On se tient au jus.
Je sais que le moment est mal choisi,
mais j'aurais des questions, Hugo.
Ce week-end, vous n'avez rien remarqué de particulier
chez votre papa ? Peut-être était-il plus tendu ? Bizarre ?
- Je l'ai pas vu cette semaine. Il a annulé au dernier moment.
- Et ça lui arrivait souvent, d'annuler comme ça ?
Mme Borras, quelque chose à dire ? - Ce qui est arrivé est terrible.
Ce serait vraiment malvenu de dire des choses sur...
- Le père de votre fils ? Qui plus est la victime...
J'ai besoin de transparence pour comprendre ce qui s'est passé,
et surtout
retrouver celui qui a fait ça.
- Disons que William n'a pas été un bon mari.
Ni un bon père depuis 17 ans. - Maman...
- Désolée, c'est la vérité.
Mon ex-mari
était absorbé par sa passion et son aérodrome, pas par sa famille.
- Il a fait des efforts.
On a passé des week-ends ensemble.
Il m'aidait à préparer mon mémoire de 3e année.
- 3e année de ? - Ecole d'ingé mécanique.
- Il vous a dit pourquoi il annulait ce week-end ?
- Il devait faire passer les examens des élèves pilotes.
Il s'est excusé.
- Oui, ça se confirme.
- Quoi donc ?
- La piste Emma Reno. Voici le bordereau d'évaluation des examens.
Tous les candidats ont réussi leur test, sauf elle.
Voilà ses erreurs éliminatoires.
William Martel l'a pas ratée. - Ca colle pas.
Regardez ce que William a fait en dernier sur son ordinateur hier,
à 22h12.
Pourquoi éditer son diplôme si elle a raté l'épreuve ?
- Oui, et vite.
Merci.
Colonel, on a un problème.
Emma Reno a quitté son hôtel et pris un train.
- J'envoie une patrouille l'intercepter.
- C'est déjà fait. - Je ne sers plus à rien, moi !
- "A un chef il faut des hommes, et aux hommes il faut un chef."
Proverbe africain.
Mais l'absence du mot "femme" dans cette locution m'incommode.
- Je l'aurais parié, capitaine !
Revenons à cette Emma Reno.
Tuer pour un diplôme, c'est un peu excessif, non ?
- Sauf si le diplôme est crucial,
ce qui était le cas pour "l'aspirant" Emma Reno.
- Une militaire ?
- Et pas qu'un peu : pilote de chasse pour l'armée de l'air.
- Et elle postule pour une place à la Patrouille de France...
- La crème du vol acrobatique. - Mais les places sont chères.
L'un des critères est justement le brevet de pilote de planeur.
Bon, si on résume...
- Pas de brevet, pas de Patrouille de France.
- Les recrutements étant rares, c'était maintenant ou jamais.
Avec cet échec, notre victime brisait le rêve d'Emma Reno.
- Et chez nous, on appelle ça un excellent mobile.
- Bon travail,
capitaine.
- Mlle Reno, on a trouvé cet original dans votre sac.
Vous étiez prête à tout pour avoir ce diplôme.
Jusqu'à vous introduire en douce dans le bureau de William.
Mais il vous a surprise, et ça a dégénéré.
- Non.
Je l'ai pas tué.
- Alors, pourquoi fuir ?
- Vous avez raison, je suis allée voir William hier soir.
Je voulais une seconde chance.
Mais il était pas dans son bureau.
Il était dans le hangar des avions. - Et alors ?
- Il remplissait les réservoirs de celui qui sert pour l'épandage.
Il a flippé en me voyant. Il a planqué les bidons.
- C'était quoi, ces bidons ? - Aucune idée.
Mais il trafique un truc louche,
parce que c'est Mélanie qui s'occupe de ça d'habitude.
- Et vous avez fait quoi, alors ?
- J'ai sorti mon téléphone et je l'ai pris en photo.
Vous pouvez vérifier. Elle est dans mon téléphone.
- Admettons. Et ?
- J'ai menacé de le dénoncer s'il me donnait pas mon diplôme.
- Il a accepté ?
- Oui. En échange de mon silence. Je vous jure que c'est vrai.
- Et ensuite ?
- Ensuite, rien du tout.
J'avais eu ce que je voulais, alors, je suis partie.
Il était bien vivant.
- On va vérifier tout ça.
On vous garde au chaud avec nous.
- J'ai trouvé.
- Emma Reno n'a pas menti.
- J'ai jamais vu ces bidons. Ni ces étiquettes non plus.
- On envoie ça au labo et on fait des prélèvements dans les avions.
- Capitaine, on a le résultat de l'analyse graphologique.
Le diplôme d'Emma Reno a bien été signé de la main de Martel.
- Sa version tient donc la route. - Oui.
- On la libère ? - Oui.
Reste à savoir ce que faisait William avec ces bidons.
Qu'a dit le labo ? - Désherbant.
- Quel genre ?
- Du genre qui vous change un champ de lavande en terrain vague.
- On sait quel était le champ qui devait être aspergé ?
- L'employé de Mélanie nous a envoyé le planning des épandages.
Le prochain devait avoir lieu sur un vignoble près de l'aérodrome,
chez un certain...
Jacques Borras. - Borras ?
Comme Viviane Borras, l'ex-femme de la victime ?
- Jacques et Viviane Borras
sont frère et soeur. - Martel
voulait donc empoisonner les terres de son ex-beau-frère.
- Léa ! Léa !
- Oui, on se rappelle.
Non ! Je connais cette tête.
Celle de celui qui va mettre 3h à me révéler sa super info.
- Pas du tout. - Paul, s'te plaît.
- Même si ce que je te ramène là, c'est du lourd.
- Je t'écoute.
- Chez la victime, Célestin a découvert des baux.
William louait des terres à Jacques Borras depuis plus de 20 ans.
- Ca nous mène où ?
- Même après le divorce.
Le bail court pour encore 7 ans.
- Je savais que ce serait long. - Je suis allé voir
le notaire de William. Et devine quoi ?
Il allait tout... vendre. - Vendre ?
- L'aérodrome, les terres, tout.
Il avait déjà signé un compromis de vente avec une chaîne d'aérodromes.
- Et le bail rural gênait la vente définitive ?
- Voilà. Le projet de l'acquéreur était de moderniser, d'agrandir...
William a promis la jouissance de l'ensemble de ses terres.
- Il devait donc se débarrasser de son ex-beau-frère et de ses vignes.
- Et si Borras l'a compris... - C'est un excellent mobile.
- Jacques Borras ? - Oui ?
- Bonjour. Lieutenant Lebellec, gendarmerie nationale.
J'ai des questions au sujet de... - De mon beau-frère...
- Comment définiriez-vous vos relations ?
- Cordiales. On s'est toujours bien entendus.
Même après sa séparation avec ma soeur.
- Avec la vente de ce terrain, cette belle entente en a pris un coup ?
Vous saviez qu'il vous mettait dehors ?
- Il me l'a pas dit comme ça.
Il voulait cesser notre arrangement et récupérer mes terres.
- Oui, enfin... "Ses" terres.
Sans fournir d'explications ? - Non.
Il m'a juste proposé de l'argent. Mais je me suis pas
laissé faire. Ces vignes, là, c'est le travail de toute une vie.
J'ai dit à William qu'on règlerait ça au tribunal.
- De longs mois de procédure, ce qui ne l'arrangeait pas.
Il a donc trouvé une solution pour vous faire partir.
Elles sont malades depuis longtemps,
vos vignes ? - Quelques jours.
Un peu plus d'une semaine. - Suite à un épandage.
Vous avez compris que William
s'en était pris à vos vignes, et vous êtes allé régler le problème.
- N'importe quoi.
- Où étiez-vous hier entre 22h et minuit ?
- J'ai passé la soirée avec mes saisonniers.
Jusqu'à 1h. Demandez-leur.
- Ce sera fait.
- Je peux ? - Oui, allez-y.
- Ca va, Thomas ? Tu t'en sors avec les fadettes ?
- Oui. La victime passait son temps au téléphone. Pire que ma soeur.
C'est bizarre : il téléphonait tout le temps, sauf le week-end dernier.
Ni coups de fil, ni SMS. Rien. - T'as raison, c'est bizarre.
Il a disparu des radars.
Cherche ailleurs : mails, réseaux sociaux...
- Bon, la piste de l'ex-beau-frère, c'est mort.
Son alibi est confirmé.
Comment un passionné comme lui qui a dédié sa vie à son club
a pu vouloir tout abandonner ? - Il avait plus le choix.
- On a toujours le choix.
- Je continue... J'ai vérifié ses comptes en banque.
Celui de l'aérodrome
était équilibré parce que Martel s'endettait pour le renflouer.
Il pouvait plus rembourser ses crédits. Il devait vendre.
- Un vrai crève-coeur.
- Ca y est ! Je sais
où il était le week-end dernier. Ca allait pas si mal pour lui.
La photo était dans son cloud.
J'ai la date et l'heure de la prise de vue et les coordonnées GPS.
- Champion !
- Donc, samedi après-midi, Casablanca...
Bien joué, Thomas. - Merci.
- C'est qui ? Sa maîtresse ?
Tu t'y connais en maîtresses, non ? - Dis donc !
William Martel était célibataire. - C'est vrai. Lui l'était.
- Bon, ça, c'est fait. - OK, j'arrête.
- Il voulait garder secrète une escapade amoureuse au Maroc...
C'était une femme mariée ? - C'est possible.
On frappe. Entrez.
- L'aérodrome de Casablanca confirme que William et la femme brune
sont arrivés samedi et repartis dimanche matin à bord du planeur.
- Ils ont le nom de la femme ? - Oui.
Séverine Jourdan. Huissière de justice à Montpellier.
- Attendez... Un gars fauché part au Maroc avec une huissière ?
- On n'en sait pas plus.
- OK. Allez interroger cette huissière.
- Séverine Jourdan.
- Papa !
Je compte organiser un anniversaire surprise à maman ce week-end.
- Ce week-end ?
C'est quoi, cette famille où on fait tout à la dernière minute ?
Ce week-end, je peux pas, j'ai un truc.
- Je te parle de l'anniversaire de ta femme.
- C'est pas le moment.
- Le week-end prochain, ce sera trop tard.
- Me Jourdan, bonjour. Lieutenant Zaïdi, gendarmerie nationale.
- C'est urgent ?
- C'est à propos de votre relation avec William Martel.
- Ma relation ? Non, c'est un client qui avait besoin de mes services.
- Il vous a payée pour passer le week-end avec lui ?
- Il m'a embauchée pour homologuer un vol en planeur sans escale
entre Montpellier et Casablanca. Y a un problème avec ça ?
- Non. Enfin, peut-être... William Martel a été tué hier soir.
- Je suis désolée.
J'ai les papiers concernant ce vol dans mon bureau. Je vous les donne.
- Pourquoi il voulait homologuer ce vol ?
- Une telle distance en planeur en Europe relève du record.
- Comment il a fait ?
- Je l'ignore. Mais il a inventé un truc qui permet à son planeur
une autonomie de vol sans précédent.
- Je veux bien voir les papiers.
- Tu penses à quoi ? - A rien.
- Paul, je te connais. Qu'y a-t-il ?
- Un poste de commandant se libère.
A Castelnau. - Castelnau...
- Ca évite de déménager.
- Tu veux plus de ta mutation ?
- Non ! C'est pas ça... Comme ça, je serai pas loin des enfants.
- Qui t'a parlé de ce poste ?
- Léa, ce matin.
- J'ai l'impression que ça fait mille fois que je me répète...
Cette mutation est plus qu'un projet professionnel.
C'est un projet de vie, un nouveau départ ensemble, ailleurs.
Mais c'est Léa qui décide. - Non, attends...
C'est juste une possibilité. Pas plus.
- Oui...
- Tu vas où, toi ?
- Tu vas me dire ça chaque matin ? - Pourquoi pas ?
T'es rentré tard, hier.
- Oui. J'ai bu un verre avec Nour et on est allés au ciné. Pourquoi ?
- Pour rien.
En fait, si.
Je fais un anniversaire surprise pour ta grand-mère ce week-end.
- Ce week-end là ? - Oui.
- On fait une sortie en mer avec papa, Alice, Nour et Inès.
- L'anniversaire de ta grand-mère, c'est une fois par an.
Elle a besoin de sentir qu'on est là pour elle. Elle est seule.
C'est compliqué avec mon père... - OK. Compte sur moi.
- Cache ta joie.
Il me reste à convaincre mon père.
Ca sera une autre histoire.
- Tu sais, maman...
C'est compliqué pour des enfants de voir leurs parents se séparer,
mais y a rien que tu puisses faire pour l'empêcher.
Je t'aime.
- Moi aussi.
- William Martel avait bien acheté des panneaux photovoltaïques.
- Il a fabriqué un planeur solaire. Ca te chiffonne ?
- Ca existe déjà. Et c'est pas suffisant pour faire un tel trajet.
L'huissière évoque une invention. Y a donc quelque chose en plus.
- Comme des batteries auto-régénérantes ?
- Oui, c'est une éventualité. Comment vous connaissez ça ?
- J'ai appelé l'INPI, l'organisme qui gère les dépôts de brevets.
William Martel en a déposé un pour des batteries de ce genre.
- Une batterie qui emmagasine l'énergie solaire
qui renouvelle sa charge en vol... Cette invention vaut de l'or.
- Comment un particulier pourrait-il fabriquer un truc pareil ?
...
- Je cherche le planeur de William Martel.
Avec les panneaux solaires. - Je connais pas ce planeur.
- Celui-là. Il a volé avec dimanche. Il doit bien être quelque part.
- Pas là. Vous avez regardé chez lui ?
- Oui. Il y est pas non plus.
Laissez un message.
- Marjo, c'est Inès. Ca fait un bail !
Je venais aux nouvelles et je voulais te parler d'un truc.
Rappelle-moi. Salut !
...
Le planeur était bien là.
Célestin,
je sais où la victime cachait son planeur, mais il a disparu.
- Voler un planeur ! Ca passe pas inaperçu.
- Le mobile est clair. On trouve le planeur,
on trouve le voleur et le tueur. - J'en suis pas si convaincue.
- Je comprends pas... La victime invente un truc révolutionnaire,
on le lui vole, puis on le tue. Que te faut-il de plus ?
- Primo, on ne sait pas quand le planeur a été volé.
Deuxio, l'invention est brevetée : le voleur ne peut rien en faire.
- Il le savait peut-être pas. - Je finis !
Tertio, si le projet de l'assassin était de voler le planeur,
il aurait pris la clé du cadenas, au lieu de le casser.
Ca a son importance. - William découvre
que son planeur a disparu.
Il confronte le coupable, une bagarre éclate, il se fait tuer.
Pour moi, le voleur est celui qui a tué William.
- Ramène-moi la preuve.
- Carrément ? OK.
- La PTS a relevé les traces de pneus
pour identifier le véhicule qui a enlevé le planeur.
- Cool !
Toi, ça va ? T'as des projets ?
Des envies ? Des rêves ? Comment ça se passe avec Marchal ?
- Je vais pas répondre à ça.
- Le silence est une fuite. Et la fuite n'est pas une solution.
Là, tu fuis, par exemple.
- Houhou !
Houhou !
Houston, on a un problème. On a perdu le lieutenant Lebellec.
- Il a pas pu garder ça pour lui. - Correctif, Houston.
On l'a récupéré, mais il délire. - William, son invention...
Il a pas pu la concevoir seul.
- Il faut chercher s'il a contacté des partenaires ou des associés.
- Son invention avait de la valeur pour l'industrie aéronautique.
C'est ça ! Il était ingénieur avant d'hériter de l'aérodrome !
C'est ça !
- Un problème ?
- Non. Alors ?
- Il devrait y avoir 6 remorques à planeur. T'en comptes combien ?
- 5.
- Aucune effraction, contrairement à l'atelier de William.
- Donc, celui qui a volé la remorque avait les clés.
- Bingo !
Seules deux personnes ont un trousseau.
William et Mélanie, son employée.
- Colonel. - Lieutenant.
- Le mois dernier, Martel s'est rendu plusieurs fois à Toulouse.
- C'est très intéressant... En quoi ça nous concerne ?
- Toulouse, le fief de l'aéronautique.
- Et où voulez-vous en venir ?
- William a parlé de son invention aux constructeurs aéronautiques.
- Ils étaient intéressés ? - Mieux que ça.
L'un d'eux a fait un prototype de sa batterie.
- Ils font des planeurs, à Toulouse ?
- Non. Il voulait adapter la batterie à l'aviation civile.
Il fallait des garanties que la batterie était viable.
- Des garanties... D'où le vol à Casablanca.
C'était le test du prototype.
Il lui fallait un huissier pour homologuer le trajet.
- Et c'est pas fini. En cas de succès,
William Martel allait diriger la production de sa batterie.
- Il avait accepté ?
- Oui. Il devait commencer dans 3 mois. Belle revanche :
après avoir été licencié de l'industrie aéronautique,
il revenait par la grande porte. - Il voulait vendre l'aérodrome
pour changer de vie.
- Vous pensez à quoi ? - Et si on lui avait volé
son précieux planeur pour l'empêcher de partir ?
- Mélanie, dites-moi...
Où avez-vous planqué le planeur de William ?
- De quoi vous parlez ?
- C'est marrant... Depuis notre 1re rencontre,
j'ai l'impression que vous nous cachez quelque chose.
Maintenant, je sais quoi.
Vous possédez
une clé du hangar. Vous avez pu facilement subtiliser une remorque.
Vous êtes du métier :
vous avez compris la valeur de son invention.
Que s'est-il passé ? Vous avez voulu le doubler ?
- Non.
- Maman ! Pardon, commandant...
- Ton honneur est sauf, nous sommes seuls.
- Comment obtient-on l'identité d'un contact
si le numéro est prépayé ?
- Explique-moi. - Regarde.
Un numéro revient souvent,
mais il appartient à aucun contact qu'on connaît.
D'après l'opérateur, c'est impossible de savoir qui c'est.
Comment on fait ? - On utilise la méthode de ton père.
Regarde.
07, 38...
Je suis fière de toi, mon ange. - Merci.
Téléphone.
...
- Vous répondez pas ? - Rien d'important.
...
- Permettez ?
Je connais ce numéro.
Ici le meilleur enquêteur d'Occitanie,
- Paul ?
- J'utilisais ce portable pour mes communications avec William.
- En secret de votre mari.
Et depuis quand votre amitié s'est transformée en relation ?
- Depuis un an. Tout s'est fait naturellement.
On avait tant de points communs.
- Mais William allait partir. Il réglait ses petites affaires
pour aller vers un nouvel avenir dont vous ne faisiez pas partie.
- Vous vous trompez. Avec William, c'était du sérieux.
J'allais quitter Brice pour le suivre à Toulouse.
- Votre mari le savait ?
- Je lui ai annoncé le week-end dernier que je le quittais.
- Comment il a réagi ? - Pas très bien.
- Il aurait pu faire une grosse bêtise ?
Pourquoi vous nous avez rien dit ?
- Je connais Brice depuis toujours. Je suis plus amoureuse de lui,
mais je veux pas qu'il termine en prison.
Téléphone.
- Salut, Marjo. Ca va ? Merci de me rappeler.
Ouais, j'en ai pour 2 secondes.
T'as repris le cabinet de ton père, à Lille, c'est bien ça ?
Eh bien je connais une nana hyper douée étudiante en droit
qui cherche un stage pour l'année prochaine. Et j'ai pensé à toi.
Non ?
Tu vois : connexion. C'est elle, il faut que tu la prennes.
Elle est géniale.
Ouais, je peux t'envoyer son CV.
En revanche, lui dis pas que c'est moi qui t'ai parlé d'elle.
Elle aime pas le piston.
Génial !
Oui, elle s'appelle Alice Marchal.
Ouais. Super, je t'envoie ça tout de suite.
Merci, je t'embrasse. A bientôt.
- Où en est-on avec l'alibi de Brice Carron ?
- Il était chez ses parents jusqu'à 21h30. Il serait rentré chez lui
seulement après minuit, ce qui lui laissait le temps
de tuer William. - Désolé de troubler la fête,
mais un truc colle pas.
Les traces de pneus ne matchent pas avec le véhicule de Brice Carron.
- Il a pu en prendre un autre, et on le soupçonne du meurtre de William,
pas du vol du planeur. - Léa...
- Maréchal... Merci.
Au sujet du vol du planeur, on en est où ?
- Notre seule piste, c'est les traces d'un 4X4.
- Un 4X4 ?
J'en ai vu un dans les PV.
- Il est allé chercher
le véhicule en question ? - Oui.
On se concentre sur Brice Carron ? - Très bien, commandant.
- M. Caron,
à compter de ce jour, 14h20, vous êtes placé en garde à vue.
- C'est quoi ces conneries ? - Votre femme allait vous quitter
pour William Martel. C'est un bon mobile de meurtre.
- C'est n'importe quoi.
J'ai pas tué William. Je suis innocent.
- Bingo !
C'est marrant, je le savais.
Bon, va falloir vous expliquer, maintenant.
- OK. C'est bien ça. Merci, capitaine.
On a retrouvé le planeur de William chez votre complice,
Jacques Borras. Il a avoué.
Il a accepté de vous aider car lui aussi en voulait à William.
Mais vous, vous avez poussé la vengeance jusqu'au meurtre.
- J'ai pas tué William.
Je vous jure. Le planeur, c'est moi qui ai eu l'idée de le voler.
J'avais aidé William à monter son projet,
je savais combien il y tenait. - Votre femme vous quitte,
vous vous vengez... Oeil pour oeil. - C'était puéril.
Je sais. J'ai pas réfléchi aux conséquences.
Je savais pas que William se ferait tuer.
- Vous n'avez pas d'alibi entre 21h30 et minuit.
Vous avez pu revenir ici. - Non...
- Je picolais à La Grande-Motte. Dans un bar, jusqu'à la fermeture.
- Quel bar ? - Le Téquila Sunrise.
- C'est où ? - Rue F. Mistral.
- Vous avez bu quoi ?
- J'ai bu... beaucoup de trucs.
- On va vérifier ça.
- Oui ? OK. Vous êtes sûr ? Très bien. Merci, lieutenant.
Bon, l'alibi de Brice Caron a été confirmé.
- Ha ! Tu t'es plantée ! - Si on va par là,
toi aussi.
Impressionnant, ce planeur. Que dit-il ?
- Il y avait des documents dans le cockpit du planeur.
La copie du dépôt du brevet au nom de William Martel
et tous les plans de la fabrication des batteries.
Qu'y a-t-il ?
- J'ai déjà vu ces plans.
Mais oui !
- C'est moi,
qui fait ça, d'habitude.
- Hugo,
il y avait des plans, là, hier. - Vous les voulez ?
- S'il vous plaît.
Merci.
C'est vous qui avez conçu ça ?
- Ca fait des mois que je bosse dessus.
- C'était le mémoire de votre 3e année ?
- Ca peut m'ouvrir les portes du MIT de Boston.
Un projet de batteries à alimentation solaire.
- Qui s'autoalimentent pendant leur utilisation.
- Exactement.
Vous êtes forte pour comprendre ça en un coup d'oeil.
- Regardez ça.
- Vous avez trouvé ça où ? - Dans le planeur de votre père.
Avec le dépôt d'un brevet à son nom
pour des batteries auto-régénérantes.
- Il aurait jamais pu me faire ça.
Il a pas pu voler mon projet.
Il s'est servi de moi ?
Moi, comme un con, je lui ai tout expliqué...
Il s'intéressait enfin à moi !
- Je suis désolée, Hugo.
- C'est pas possible.
- Toc ! Toc ! - Alors ?
- C'est pas Hugo. On a vérifié son alibi.
Il a passé la soirée et la nuit chez un copain.
La famille a confirmé. - J'en étais sûre.
Il ignorait que son père lui avait volé son invention.
- Comment un père peut faire ça à son gamin ?
Je comprends pas.
Même si le divorce se passe mal, tu protèges tes enfants, non ?
- C'est la base.
Si t'avais vu dans quel état il était.
- J'imagine ta réaction si j'avais fait ça à Thomas ou Alice...
- Toi ? On peut même pas imaginer ça une seconde.
Toi, t'es le vrai papa.
- Oh...
- Mais si ça avait été le cas, c'est vrai que...
Que j'aurais pu te tuer, Paul.
C'est ça ? Vas-y. - Je reviens.
- Bien sûr...
Putain...
- Que se passe-t-il ?
- Ah ! Madame Borras...
Le vin que vous servez à vos clients,
c'est celui que produit votre frère ?
- Oui. C'est pas illégal. - Non, bien sûr !
Par contre, tuer quelqu'un...
Je me suis renseigné auprès de votre frère.
Quand vous avez besoin, vous allez vous servir sur l'exploitation.
Ce vin était entreposé dans la grange.
Vous êtes allée le chercher lundi, le jour du meurtre.
- Où voulez-vous en venir ? - Dans la grange,
il y avait le planeur de William. Vous n'avez pas pu ne pas le voir.
- Et alors ?
- Vous n'avez pas trouvé bizarre que le planeur de votre ex-mari
soit entreposé dans la grange de votre frère ?
Moi, à votre place, j'y aurais jeté un oeil.
C'est ce que vous avez fait.
Et vous avez vu les plans conçus par votre fils.
- J'ai passé la soirée ici avec mes clients.
- Oui, alibi bien utile.
Mais on a réinterrogé vos employés.
Personne ne vous a croisée pendant une bonne trentaine de minutes.
Et d'ici à l'aérodrome, le trajet prend 8mn.
Vous aviez le temps d'y aller, de tuer William et de revenir.
- Maman, de quoi il parle ?
- Quand j'ai vu les plans,
et surtout le dépôt de brevet au nom de William,
j'ai compris ce qu'il avait fait à notre fils.
- Votre frère vous avait tout raconté ?
- Après le service du soir, je tenais plus.
Alors, je suis allée trouver William.
- Que s'est-il passé ?
- J'étais tellement en colère contre lui...
Je lui ai dit que je savais tout,
et qu'il devrait avoir honte d'avoir fait ça à son fils.
- Il a réagi comment ?
- Quand il a compris que j'avais vu le planeur,
il s'est transformé, il était en rage.
Il voulait savoir où il était, où je l'avais caché.
- Il pensait que c'était vous qui l'aviez volé.
- Il s'est jeté sur moi, et j'ai eu peur.
J'ai attrapé ce que je pouvais...
Je croyais vraiment
qu'il allait m'étrangler. Alors, j'ai frappé.
De toutes mes forces.
Je voulais pas le tuer.
Je voulais...
Je voulais juste protéger mon fils.
- Je vous crois, Mme Borras.
Je vous crois.
- Bonne soirée, commandant. Bon anniversaire à votre mère.
- Merci. Thomas m'a dit que vous aviez dû annuler un week-end.
Je suis désolée. - C'est rien, on a pu reporter.
Du coup, on aura un week-end de 4 jours. Thomas et Alice sont ravis.
- Super. En fait, vous arrivez toujours à vos fins, c'est ça ?
- Pardon ?
- Laissez tomber. - Vraiment ?
Si y a un malentendu, dites-le. J'essaie de faire au mieux, moi.
- Y a aucun malentendu, Inès. Soyez tranquille.
J'ai parfaitement compris votre petit manège.
- Petit manège ?
- Alice m'a parlé d'un grand cabinet d'avocats prêt à l'accueillir
pour son stage. A Lille. Marrant, la coïncidence, non ?
- Oui, mais c'est une coïncidence. - Tout comme votre cousine Nour
qui tombe amoureuse de mon fils avant de repartir sur Lille ?
- Je contrôle pas les coups de foudre.
- Paul ne quittera pas la région sans ses enfants.
Si Alice et Thomas partent aussi, il a plus d'arguments pour rester.
- Attendez, Léa...
Vous m'accusez sans preuves, ça m'étonne de vous.
- Arrêtez-vous, Inès, avant qu'il ne soit trop tard.
Je vous laisserai pas faire.
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