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Zulu
...
- C'est quoi ce truc ?
Oh, merde !
- Mademoiselle.
Allô ? Oui, faites venir les secours.
Une femme s'est fait agresser.
Une branche craque.
Un téléphone sonne.
...
- Ah !
...
- Et hop ! Petit déj de princesse : viennoiseries, pain complet,
confiture et jus d'orange pressée.
- Et petite rose. - Evidemment.
- T'es mignon. Mais j'allais venir.
- Non. Pas d'effort.
- Je suis sortie de l'hôpital
depuis des semaines. Je suis en forme
et prête pour notre week-end. - Oh là là.
Tu n'imagines pas à quel point j'ai besoin
que tu sois en forme pour ce week-end.
Jingle de SMS.
- Sérieusement, les gars... - D'accord. Ils ont retrouvé
un corps à La Grande-Motte. A plus tard.
- Je te rejoins.
...
- Salut.
Salut. - Capitaine.
- Salut.
Léa n'est pas là ? - Non.
Elle est sur répondeur. Elle doit dormir encore.
- On a quoi, là ?
- Le meurtre a eu lieu vers 8h. Elle a reçu un coup mortel à la tempe.
- C'est qui ? - Manon Casal. Elle n'avait pas
de portable, mais elle avait ça.
- Elle était employée dans le plus gros hôtel de luxe de la région.
- Le matin, je cours par ici, car à cette heure-là, c'est calme.
- Pouvez-vous décrire la personne qui a fui ?
- Non. Je sais pas si c'était un homme ou une femme.
Demandez au cycliste.
- Quel cycliste ? - J'ai vu un cycliste partir
à la poursuite de l'agresseur.
- C'était de quel côté ? - Par là.
- On a peut-être un 2e témoin du meurtre, un cycliste.
On a retrouvé un vélo et ce casque
qui serait à lui. - C'est à Léa.
- Quoi ? - C'est le casque de Léa.
Un portable sonne.
...
Léa !
- Léa, Léa !
Léa, regarde-moi. Regarde-moi, je t'en supplie.
- Paul, elle est où ?
Comment elle va ? - Elle a pris un coup à la tête.
- Elle est solide. Elle va s'en sortir.
Tu as prévenu les enfants ? - Oui.
- Qu'est-ce qu'elle faisait là-bas ? - Elle devait s'entraîner.
D'après nos infos, elle a été témoin du meurtre
et elle a poursuivi le suspect.
- Il a fui après l'avoir assommée ? - J'imagine, oui.
- Paul... il faut trouver celui qui a fait ça.
Hein ?
Priorité absolue.
- C'est pas le moment, je te rappelle en fin de journée.
Tu te fais pas trop de souci ? - Ca va, merci.
- On est tous inquiets pour la commandante.
Le colonel m'a nommée
responsable de l'enquête.
Manon Casal, on en est où ? - On recherche ses proches.
- Et son boulot ?
- Inès et Célestin interrogent ses employeurs, M. et Mme Verdier,
à l'hôtel Villa Blanca.
- Ah ouais... ça claque, hein ?
- La saison commence
dans 3 mois. Faut accélérer le mouvement.
Je vous paie pas à rien faire.
- Les travaux, c'est une tannée.
J'ai voulu refaire moi-même ma salle de bains. Quelle erreur !
J'ai galéré.
Tu as déjà fait un joint de silicone ?
- Regarde-moi.
Sens-tu dans mon regard que tu peux me parler de tes travaux ?
- Si tu bouges... - Laisse tomber.
- C'est pour te détendre.
- Montez des chocolats dans la 103.
- Bien.
- Mme Verdier ?
Lieutenant Zaïdi, lieutenant... - Morel.
- Nous vous attendions.
Je vous emmène voir mon mari.
- Que puis-je faire ?
- Nous donner des infos.
- Manon travaillait ici depuis... - Un mois, je dirais.
- Oui.
- On venait de la former.
- Dans un hôtel de luxe, vous embauchez des débutants ?
- C'est difficile
de trouver des gens compétents,
des femmes de chambre.
Elle était volontaire.
- On embauche ceux qui sont motivés.
- Vous savez si elle avait
des soucis ?
- Un problème
avec un client ou un membre du personnel ?
- Pas à notre connaissance. - Non.
- Manon était logée à l'hôtel.
- Vous pouvez nous montrer sa chambre ?
- Oui, bien sûr.
Un portable sonne.
...
- Allô ?
- Ah ouais.
Hmm... oui, oui.
OK. Merci, Franck. Bye-bye.
- Comment va Léa ? Elle s'est réveillée ?
- Pas encore. Elle est toujours à l'hôpital sous surveillance.
D'ailleurs,
pour ce week-end...
- On annule.
C'est mieux, tu dois être là pour ta famille. C'est normal.
- Oui. Franck m'a dit
qu'il avait comparé les blessures de Manon et de Léa.
Ce sont les mêmes résidus de bois.
De ton côté, du nouveau ? - Pas grand-chose.
- On n'a pas trouvé le portable de Manon, son auto n'est ni à l'hôtel
ni ici, donc je vais lancer un avis de recherche.
La PTS m'a rendu le portable de Léa.
Il n'y a aucune autre empreinte que celles de Léa dessus.
Ah... tu connais le code
de Léa ? - Evidemment.
- C'est pas évident.
- Le dernier appel que Léa a reçu hier soir était de Manon Casal.
- Elles se connaissaient. - On dirait.
- Elles auraient eu rendez-vous ? - Peut-être.
Si Léa connaît Manon, peut-être qu'elle connaît le meurtrier.
- Mme Soler, vous m'entendez ?
Mme Soler, vous m'entendez ?
- J'ai mal à la tête.
- Tu nous as fait peur. - Alors ?
Comment ça va ?
- Ah... coucou, mon amour.
J'ai mal à la tête.
Aïe ! Ca fait mal, votre truc, là. - Pouvez-vous dire votre prénom ?
- Léa.
(Qui c'est eux ?)
- Euh, Léa... en quelle année sommes-nous ?
- C'est important.
Réponds.
- En 1996. Voilà. Vous êtes tous contents ?
- On lui a dit
qu'elle était tombée à vélo,
pour ne pas la brusquer. - Elle n'a aucun souvenir ?
- De ces 25 dernières années, non. Elle reconnaît pas les enfants.
Elle est très amoureuse
de Paul. - Oh ! Quelles sont les chances
qu'elle recouvre la mémoire ? - Les médecins ne le savent pas.
- Il doit y avoir des traitements. - Non.
- On fait quoi ? - On attend.
Il faut être patient.
Tout peut lui revenir, comme ça, sans explication.
Elle n'a pas perdu
ses souvenirs, elle ne sait plus comment y accéder.
- C'est marrant, parce que je ne me vois pas porter du jaune.
Pourtant, c'est pas mal.
- Ta mère t'a apporté ces habits.
- Oh, putain. Paul, on m'a chouravé ma bague.
Oh...
- Quelle bague ? - Tu plaisantes ?
Arrête. Ma bague de fiançailles ! Ils vont m'entendre.
- Non.
Il faut qu'on parle. - Mais arrête
de t'inquiéter pour moi, mon amour. C'était un coup de rien du tout.
A force de t'inquiéter,
t'as pris un coup de vieux.
Au niveau des cheveux... - Ecoute-moi.
On est plus en 1996.
- Arrête avec tes blagues débiles.
- On est en 2021.
- Femme de chambre, vous dites ?
- Ca vous surprend ?
- Oui.
- Elle était graphiste à Montpellier.
- Elle adorait son métier.
Alors oui. Oui, ça nous surprend.
- Avait-elle des soucis au travail ?
- Je ne sais pas.
On se parlait peu ces derniers temps.
- Pour quelle raison ?
- Manon avait son caractère.
C'était pas facile tous les jours, avec elle.
- Quitter un boulot qu'on adore pour devenir femme de chambre ?
- Montpellier-La Grande-Motte, 30km. Y a mieux pour fuir.
- Y a qu'à trouver une bonne planque.
- Alors faut trouver quoi ou qui elle fuyait.
- Et comment elle connaissait Léa. - Léa risque pas de nous aider.
- Ca tombe mal.
Dire que j'ai dû annuler mon week-end avec Paul.
- Mais...
- Non. C'est pas du tout ce que je voulais dire.
Evidemment,
c'est terrible ce qui arrive
à Léa.
Mais avec Paul, y avait ce week-end
et c'était...
Voilà, quoi.
- Coucou.
- Salut.
- Bonjour.
Oh... putain.
- Quoi ?
- Comme j'ai morflé, maman !
- Hmm ?
- Oh, putain...
- Et...
Et alors, on est en 2021 ?
Et c'est chez moi ? Enfin... chez nous ?
- C'est ça.
Alice et Thomas sont tes enfants.
- Qu'as-tu donc ? - Je suis tombé
pendant une intervention.
- T'es gendarme ?
- Non. Pompier. Mais j'aimerais être gendarme, comme toi.
- C'est beau, ça.
Yes, super.
- Je suis heureuse que tu dises ça.
Tu dois être morte de faim. Je vais te servir quelque chose.
- Merci, maman.
Euh...
- Comment tu te sens, maman ?
- Non.
C'est le...
"Maman", ça me fait un peu bizarre, mais je vais m'y habituer.
J'ai un peu mal à la tête, mais ça va. Je vais m'asseoir.
Ah...
Tu fais quoi dans la vie, Alice ?
- Des études de droit pour devenir avocate.
- Ah ouais ! Ta grand-mère a dû être fière. Une avocate
dans la famille...
Une avocate, un gendarme et...
Un commandant, alors.
Et donc je suis
la chef de Paul ? C'est ça ? De votre père.
De papa,
en fait.
Il le vit bien ? Il est content ? Enfin, il le vit bien ?
A la maison, ça se passe bien ?
- Comment ça ?
- Eh bien, on arrive à faire la part des choses
entre le boulot, la famille ?
- Ben, comment dire ? En fait...
Papa... - Oui.
- Il ne va pas rentrer, ce soir. - Oui, voilà.
- Il a un match de rugby
avec des potes ? - Non. Juste que toi et papa,
vous n'habitez plus ensemble. - Ah bon ?
- Parce que vous êtes divorcés depuis 15 ans.
- Ca va pas, de lui balancer ça ? Le médecin a dit
de ne pas la brusquer et tu balances ta bombe.
- Tu préfères qu'on lui mente ? - On doit prendre soin d'elle.
- Elle allait bien voir qu'il n'y a aucune affaire de papa ici.
- Mais essaie de mettre les formes, la prochaine fois.
- Votre mère n'est pas avec vous ?
- Non. Elle est pas à l'intérieur ? - Non.
Léa ! - Où est-ce qu'elle a pu aller ?
- Bonjour, commandant. - Bonjour.
- Allô ? Vous m'entendez bien ? - Oui. Oui.
- Ca y est, je crois que c'est revenu.
- Bonjour.
- Bonjour, mon commandant. - Salut. Qu'est-ce que tu faisais ?
- J'étais en visio.
- Super.
Tu payes ta clope ? - Euh... ouais, bien sûr.
- Merci.
- Bonne journée.
- Oui.
C'est con de se les geler dehors pour fumer
au lieu d'aller dedans. Non ?
...
Oh ! Cette classe. "Commandant Soler" !
- Elle est là.
Je l'ai trouvée. - T'as pas du feu ?
- Non. Il est interdit de fumer ici.
- Où sont les espaces fumeurs ?
- Tout le bâtiment est non fumeur. - Depuis quand ?
- 2007. Et vous ne fumez plus.
- Je suis malade ? - Pas du tout.
- Je suis enceinte ? - Non.
- Pourquoi j'ai arrêté ? - Fumer tue.
- D'accord. Quel est ton prénom ? - Erwan.
Erwan Lebellec.
Je travaille sous vos ordres. - On va bien s'entendre.
Je dois envoyer un fax.
- Toute l'équipe est à fond sur l'affaire Manon Casal.
- Manon Casal ? Je connais pas. C'est Rudy Ferraud qui m'intéresse.
- Qui ça ?
- Le jeune qu'on a retrouvé mort ce matin,
à La Grande-Motte. - Ah... "ce matin".
En 96 ?
- Eh oui... eh oui. Et on est
en 2021.
Alors trouve-moi tout ce que tu peux sur Rudy Ferraud.
Je rigole, Hermann. C'est par où ?
- Ca va être pénible.
La commandante veut continuer son enquête de 1996.
- Le médecin ne s'est pas opposé
à son retour au travail.
96... faites-moi le topo.
- La victime était Rudy Ferraud. Suicide. Il était dépressif.
Ses proches n'ont pas été surpris.
- On va laisser Léa arriver à cette conclusion par elle-même.
Ca la tiendra éloignée
de l'enquête sur Manon Casal. Un portable sonne.
- Excusez-moi.
Oui, Inès ?
- J'ai cherché d'où Manon et la commandante pouvaient se connaître.
Et j'ai trouvé.
- Raconte. *-Manon
et Léa se sont connues à l'association de femmes battues.
- Manon était une victime ? *-Je crois.
Manon parlait souvent d'un certain Corentin.
- Son ami était violent ? *-Pas physiquement.
Elle parlait de harcèlements. Du coup, je vais à l'association
*pour en savoir plus. - A plus tard.
- Vous me tenez au courant.
- Da ! - Ah !
- Je me suis fait mal. - Oh... ne fais pas ça.
Ca va ?
- Toujours, quand je te vois. - Ah...
Pardon. Non... j'avais perdu l'habitude. Ca me fait bizarre.
- Pourquoi tu dis ça ?
- "Pourquoi" ?
Tu es la patronne. Plein de trucs ont changé.
- Je comprends pas.
- Avant, quand on était tous les 2 lieutenants, tu te marrais
de mes conneries, et maintenant, c'est plus pareil, t'es la boss.
Les ordres, les procédures, je les respecte, mais pas toujours.
- T'es con. Pourquoi tu fais ça ?
- Je ne sais pas. C'est une bonne question.
Pour t'agacer un peu.
- Non. Ca, c'est pas possible, Paul. Tu peux pas m'agacer.
Parce que moi,
j'adore ton humour débile, j'aime ton côté fou ingérable,
j'aime qu'on se balade
tous les deux à moto, j'aime quand on rit, quand tu me fais l'amour.
J'aime tout
chez toi, Paul. Tout.
- Alors, Léa, il faut que je te parle d'un truc.
- Oui, je sais.
Je sais parce que Thomas me l'a dit.
- Ah bon ? - Hmm... il m'a tout dit.
- Ah d'accord.
- Mais je comprends pas pourquoi
on est divorcés.
- Euh... parce qu'il y avait plein de raisons.
- Non. Il n'y a pas de raison, Paul, car tous les 2, c'est une évidence.
Tous les 2,
c'était toute la vie. Tu me l'as dit.
- Le capitaine Mauriac a dit que je pouvais vous aider.
- Non. Et arrêtez de me vouvoyez.
Tu peux me tutoyer.
- Euh, ouais.
Aucun soucis. Donne-moi ce dossier. - Eh bien, voilà.
C'est plus cool. On y va !
A plus ! - Oui.
- T'inquiète, ma grande. Avec Célestin, t'auras aucun pépin.
- (Putain...)
- Vous avez besoin de moi ? - Oui.
Laisse ouvert. J'étouffe ici.
- Vous êtes sûre ?
- Arrêtez de me vouvoyer.
C'est le rapport d'autopsie
dans l'affaire Ferraud. Je suis sûre que c'est pas un suicide.
- Vraiment ?
- Je le sais d'après la position du corps. Je l'ai appris à l'école.
- Et vous en avez parlé à quelqu'un sur les lieux ?
- J'ai oublié.
Comment je fais pour le prouver ? - En 2021, de nouvelles technologies
peuvent nous aider. - Genre ?
- Internet. Je vous montre.
Tapez des mots-clés et vous trouvez
ce que vous voulez. Vous, vous aimez le rock.
- Non, plutôt le grunge.
Genre Nirvana.
Oui, Nirvana. Erwan, arrête.
Si tu savais combien j'ai pleuré
à la mort de Kurt Cobain.
- Vous parlez de lui ?
Jeune,
je lui ressemblais.
- Absolument pas.
- Ben, si.
- Sinon, t'es qui, toi ?
- Dr Franck Marvaud, médecin légiste,
membre du club de pathologie de médecine légale. Proctologue.
- "Proctologue" ?
- Surtout légiste. - Tu vas m'aider.
- Oui, bien sûr. On a l'habitude
de résoudre des affaires ensemble. On fait un sacré duo toi et moi.
- Tu peux jeter un coup d'oeil ?
- Oui, devant un café.
Comme d'habitude. - Bien sûr.
- "Comme d'habitude."
- Arrête. Avec un ordinateur, on va comprendre
comment Rudy Ferraud est tombé ? - Oui.
J'ai modélisé la position dans laquelle le corps a été retrouvé.
Et grâce à des algorithmes, - Des "alégorithmes" ?
- Non.
Bref, je pourrai vérifier les scénarios de chutes
en fonction des 3 hypothèses : accident, suicide, meurtre.
Tout ça avec une marge d'erreur de 0,02%.
C'est rien.
Voilà...
Bips.
...
Jingle.
Tu avais raison, Léa. Rudy Ferraud n'est pas tombé tout seul.
C'était un meurtre.
- Hmm...
- On a 2 meurtres
sur les bras : un cold case d'il y a 25 ans et un tout chaud.
- Le cold case va être confié
à une autre brigade. - Léa a appelé le proc et lui a dit
qu'elle était la mieux placée pour s'occuper du meurtre de Ferraud.
- T'es toujours têtue, toi.
- Alors, on en est où ?
- Manon et Léa étaient à l'association des femmes battues.
Manon cherchait à se séparer de Corentin Laval.
- L'association l'a aidée ? - Oui.
- Donc on écarte cette piste. - Non. J'ai interrogé ses collègues.
Et Manon s'était remise avec... - Son ex, Corentin.
- Je comprends pas.
- De quoi ? - Pourquoi les gens
se remettent avec leurs ex.
Quand c'est fini, c'est fini. - C'est pas si simple.
- C'est pas la réponse que j'attendais.
Manon a quitté Corentin 15 jours après.
- Si le type est jaloux et possessif, il a pu mal le prendre.
- Et se venger.
- Euh... y a un souci avec Léa.
J'y retourne. - Dis-moi, tu lui as dit
qu'on était ensemble ? - A qui ? Ah oui... euh, non.
Mais...
Mais le médecin a dit qu'il fallait y aller doucement.
Mais promis, je vais lui dire.
- Salut. Excuse-moi, tu n'as pas vu Hervé ?
- J'ai eu un message du colonel. - Ca craint d'avoir un père colonel.
"Léa, fais pas ci, fais pas ça !"
Blabla, la hiérarchie.
- Explique-moi ton numéro avec le proc.
- C'est pas
au commandant de demander au proc
de rouvrir l'enquête ? - Je dois prévenir la famille.
- Non. Je m'en suis occupée, papa.
Je gère avec Hervé, mais nul ne l'a vu.
- Qui ? - Hervé. Euh...
Ah oui... Hermann. - Erwan !
- Erwan !
- Cesse de prendre des initiatives.
- Je respecte les procédures,
contrairement aux autres. - D'accord.
T'as gagné, tu gardes ton enquête sur Rudy Ferraud,
Paul, sur Manon Casal,
mais avec Sabine comme appui pour vous superviser.
Et ne fais plus rien sans mon autorisation.
C'est compris ? - A vos ordres, mon colonel.
Rompez !
- Un écart et c'est la sanction.
- OK, papa.
- C'est marrant, de la retrouver comme ça.
Enfin, marrant, non...
C'est bizarre. - Ah ouais ?
Moi, je trouve ça très chi... pénible.
- Rudy avait perdu ses parents très jeune.
Il a été élevé par sa tante qui a un fils : Samuel.
- Je viendrais pas en vacances ici, c'est pourri.
Bonjour.
- Bonjour. - Gendarmerie nationale.
Germaine et Samuel ?
- Non. Je suis Victor Kopin. - Un ami.
- Et employé fidèle.
Bonjour. Samuel Ferraud. - C'est vous
qui nous avez appelés pour Rudy ? - C'est exact.
- Pourquoi ? - Nous avons rouvert
l'enquête.
D'après les derniers éléments, Rudy aurait été assassiné.
- Quoi ?
Qu'est-ce que vous dites ? - Maman, ça va ? Maman.
Victor, tu t'occupes d'elle ? - Oui.
- Ca va aller, maman.
Excusez ma mère, elle est fragile.
Vous dites que Rudy a été tué ? Je n'arrive pas à y croire.
- Nous comprenons que c'est un choc, mais nous avons des questions.
- 25 ans après ?
- Vous souvenez-vous d'une chose dont Rudy vous aurait parlé ?
- Il n'allait pas bien. Mon cousin a toujours été compliqué.
Quand j'étais petit, à l'école, il y avait des problèmes.
Y a qu'à 18 ans
qu'il a trouvé sa voie. - En s'engageant dans l'armée ?
- L'armée, c'était toute sa vie.
Mais il s'est fait virer après s'être battu
avec un supérieur. - Pour quelle raison ?
- Je sais pas. Puis il a changé. Il disait qu'il avait plus de but.
On a toujours cru que c'était
pour ça qu'il s'était suicidé. - Ca pue, cette histoire
de bagarre à l'armée. - Ca fait 25 ans. Je vais chercher.
- Attends, je vibre.
Ca marche pas. - Essayez sans les gants.
- Essaie, toi.
Ca coûte combien un truc comme ça ? - Dans les 800.
- 800 francs ?
- Non. 800 euros. Ca fait dans les 5 000 francs.
- Non. Déconne ? - C'est le capitaine Marchal.
Il veut que vous le rejoigniez sur la plage où on vous a retrouvée.
- Ca, ça sent le tête-à-tête romantique. Tu crois pas ?
Je plaisante, Célestin. - Moi, c'est Erwan.
- C'est pareil. - Non.
- Toi qui connais un peu Paul, tu crois qu'il fréquente quelqu'un ?
- Aucune idée. On se dépêche, je dois vous déposer.
- On y va.
...
- Ah ! - Oh...
T'es con ou quoi ? Tu m'as fait super peur.
- C'est une méthode pour t'aider à retrouver la mémoire.
Je l'ai vu au ciné. - C'est débile.
J'ai mal à la tête.
- Enfin... je te retrouve. - Tu ne m'as jamais perdue.
- Je veux dire que du coup, tu m'engueules.
- Arrête avec ça. Je t'en supplie. Je ne t'engueule pas.
Faut arrêter. C'est difficile, pour moi, je suis complètement perdue.
Je sais pas ce qui m'arrive.
J'ai pas envie
d'être commandant, ni d'avoir des enfants.
J'ai pas envie qu'on se quitte. - OK. Léa...
- C'est compliqué.
- Léa, ce que tu traverses, c'est vertigineux, on en a conscience,
mais c'est qu'une traversée. Ca va finir par passer. Très vite.
Je te le promets.
Ca va aller. Et la Léa de 2021,
elle est extraordinaire.
Tout le monde te le dira. C'est vrai.
On ne vit pas l'histoire qu'on avait imaginée,
mais notre vie est belle quand même.
On est ensemble.
D'une certaine manière, on est ensemble et je suis toujours là.
- J'ai tellement peur. - Je sais.
Mais ça va aller.
- Promis ?
- Juré.
...
- Je suis pas tombée à vélo. On m'a agressée, Paul.
Pourquoi tu m'as menti ? - Pour te préserver.
Un détail te revient ?
- Non. Je sais même pas si c'est un homme, une femme...
- Déjà, on progresse, tu vois.
Bip.
C'est Inès, elle a localisé un suspect.
Je vais la rejoindre. Ca va aller.
- Inès est jolie. Tu es souvent avec elle.
Je pourrais être jalouse.
- Viens, je te dépose.
- Ben, oui.
- Rudy Ferraud, on en est où ? - J'ai parlé au service des armées.
Ferraud s'est battu avec François Gramont.
- Donc c'est à cause de lui que Rudy a été viré de l'armée
et qu'il n'a pas pu faire carrière. - Il aurait pu vouloir se venger.
- Et la dispute se serait retournée contre lui.
Possible. - Faut interroger Gramont.
- Convoque-le.
- Alors ?
- Corentin Laval travaille ici, il a une bonne situation.
J'ai creusé un peu et il y a un mois, il a eu des soucis au boulot.
- "Il y a un mois" ? C'est quand Manon l'a largué.
- Exact.
- Quels soucis il a eus ?
- Il a outrepassé ses fonctions pour avoir des fichiers confidentiels.
Il s'est pris un blâme et a été rétrogradé à un poste subalterne.
- Ca a dû l'énerver en plus de la rupture, vu son profil...
- Ca fait un mec dangereux qui peut déchaîner sa violence sur son ex.
- J'ai hâte de le rencontrer.
- Pas autant que moi.
- Morte ? Mais comment ? - Et Léa Soler ?
Tu te rappelles d'elle ?
- J'y comprends rien. Vous voulez quoi ?
- On s'est renseignés sur toi.
Ta relation avec Manon était un peu chaotique.
- Tu es possessif avec tes copines, tu les harcèles.
- N'importe quoi.
Quand j'aime, j'aime à fond. C'est tout.
Merde !
Vous voulez quoi ?
- Comment t'as vécu qu'elle te largue ?
- Vous vous trompez sur Manon. Elle m'a manipulé sur toute la ligne.
- Comment ? - Elle s'est servie
de mes codes perso pour accéder à des fichiers confidentiels.
C'est pour ça qu'elle s'est remise avec moi.
Après, elle m'a largué. - C'est vilain de balancer la faute
sur les autres quand ils peuvent pas se défendre.
- C'est la vérité. C'était pas moi le coupable.
- T'as voulu te venger de Manon.
- J'ai eu la haine, mais pas au point de la tuer.
La preuve, je l'ai pas dénoncée. - Non. C'est pas une preuve, ça.
- Non.
- Tu faisais quoi, ce matin, de 7h à 9h ?
- J'étais à la salle de sport avec 10 habitués. Allez vérifier.
- C'est ce qu'on va faire.
- Excusez-moi, M. Gramont. - Colonel Gramont.
- J'étudiais votre dossier. Waouh ! Sacrée carrière militaire !
Moi, c'est l'année 1996 qui m'intéresse.
- "1966" ? C'est loin.
- Ca dépend pour qui.
Vous étiez sergent à la caserne de Béziers.
- Hmm...
- Vous avez eu une dispute avec le 1re classe Rudy Ferraud.
Pourquoi ? - Vous êtes sérieuse ?
- J'ai pas l'air ?
- Je m'en souviens pas ? Ca devait être une broutille.
- Mais ça lui a coûté cher, car il a dit adieu à sa carrière militaire.
- Où voulez-vous
en venir ? - Après ce renvoi, Rudy est mort.
- Nous avions été informés de son suicide, à la caserne.
- Ah, vous voyez ! La mémoire vous revient.
Alors, Rudy Ferraud ne s'est pas suicidé, en fait.
Quelqu'un l'a tué.
Je me suis dit qu'il avait essayé de se venger,
que vous avez discuté, et que la discussion a mal tourné.
- Après son départ de la caserne, je ne l'ai plus revu.
C'est terminé ? Commandant... - Colonel...
Hmm...
- Alors ?
- Il nous ment, mais ce sera difficile
de le faire parler.
- Ma petite Léa, règle No 1...
Quand on s'attaque à un officier supérieur : avoir du biscuit.
- "Avoir du biscuit."
Eh oui.
Dis, papa, je suis un bon commandant ?
- Excellent commandant.
Mais comme lieutenant, tu as encore beaucoup de choses
à apprendre.
- Alors, ça fait quoi de retrouver la femme
qu'on a connue il y a 25 ans ?
- C'est troublant.
C'est très troublant.
Et toi... avec Sabine ? - De quoi vous parlez ?
- Tu lui as demandé si c'est elle Ondine ?
- Donc c'est pas vous. Je te l'avais dit.
- J'y travaille. - Tu y travailles de quoi ?
Pose-lui la question. - C'est pas si simple.
- Il sait pas y faire. Je vais m'en occuper.
- Sinon l'alibi
de Corentin Laval, on en est où ? - Il était bien au sport.
Des témoins ont confirmé. - Peut-être qu'il dit la vérité
concernant le piratage informatique.
Que cherchait Laval ? - Les fichiers piratés étaient
au CNAOP. - Conseil des origines personnelles.
- Manon a réglé
une facture à un labo
en Espagne pour un test ADN.
J'ai reçu les résultats.
- Ah...
Les parents de Manon sont pas ses parents biologiques ?
- Donc Manon recherchait ses origines.
- C'est ça. - Mais les Casal n'ont rien dit.
- Erwan est parti les réinterroger.
- OK. Très bien.
- Vous savez, capitaine,
depuis le temps qu'on collabore je commence à vous connaître.
Et j'ai remarqué que depuis quelques jours,
vous aviez une attitude... comment dire ?
Typique.
- "Typique" de quoi ?
- Typique.
Oui. Par exemple,
j'ai remarqué que vous étiez dans la lune. Je vous ai vue rouler
vos cheveux autour du doigt. C'est comme ça que j'ai compris.
- Qu'as-tu compris ?
- J'ai compris qu'il se passait quelque chose.
Du coup, je me disais... Comment ça va, vous ?
La famille, les enfants,
le mari...
Pas de tentation amoureuse ?
Envie de vivre de nouvelles expériences ?
Ah...
Là, je vois que vous avez juste envie de me péter la mâchoire.
Donc je vais m'en aller.
Capitaine...
- Pff...
- Oui.
On a adopté Manon quand elle était bébé.
- Vous avez rien dit ?
- Adoptée ou pas, on est ses parents.
Quel rapport avec son meurtre ? - Manon cherchait ses origines.
Vous saviez ?
- Non.
Elle t'en a parlé, à toi ?
- Non.
A aucun moment.
- Merci de m'accorder ces quelques minutes, colonel.
- C'est normal.
- J'ai vérifié les relevés de téléphone de la caserne de Béziers.
Il s'avère qu'après son renvoi, vous l'avez appelé plusieurs fois.
J'aurais voulu savoir pourquoi vous nous avez menti.
- Ca n'a rien à voir avec la mort de Rudy.
Ca pourrait me porter préjudice encore aujourd'hui.
- Si ça n'a pas de rapport avec mon enquête, ça restera entre nous.
Vous avez ma parole d'officier.
- La vérité, c'est qu'avec Rudy, on était copains.
Cette bagarre était un coup monté.
- Vous avez mis en scène cette dispute ?
- Rudy voulait se faire virer sans avoir à terminer son service.
- Pourquoi ?
Sa famille dit que l'armée était toute sa vie.
- C'était vrai au début de son engagement
mais il a changé.
- Mais que s'est-il passé ? - Je ne sais pas.
Quand je l'ai appelé, c'était pour prendre de ses nouvelles.
Et il était très heureux,
prêt pour une nouvelle vie dans le civil.
- Merci, colonel.
- A demain.
- Je vais me désinscrire de l'application de rencontres.
- Ne fais pas ça. - Ca vaut mieux.
- Non. Elle veut te rencontrer. - Qui ça "elle" ?
- Il faut que je t'avoue quelque chose,
mais je dois lui parler d'abord. - A qui ?
- J'ai un rendez-vous urgent, là. Demain, je t'explique tout.
Tu me fais confiance ? - J'ai comme un doute, là.
- Si. Tu me fais confiance. A demain.
- Feu, feu ! - Je l'ai vu.
Ma mère n'a jamais voulu
m'acheter une console. Moi, j'ai pas fait la même connerie.
- C'est sûr. - Allez ! Bam !
- J'ai un vieux jeu qu'ils viennent de remastériser.
Ca va te rappeler quelque chose. - Tu veux dire que je suis vieille ?
Je rigole.
- Elle était plus cool quand elle avait 20 ans.
- Ne t'habitue pas trop, j'espère qu'elle va changer.
Comment tu te sens, ma chérie ?
- Méga bien.
- Léa...
- J'ai un peu mal à la tête, mais ça va passer.
- Léa !
- Je...
Je fais comme si ça allait, mais je suis paumée.
- C'est normal. Tu vas voir, les souvenirs vont revenir peu à peu.
- Et si ça revenait pas ?
J'ai l'impression d'avoir tellement changé, maman.
- Mais tout le monde change. - Non. Pas toi.
- Oh... - Non. T'es toujours aussi belle.
Je crois
que ce qui me fait le plus de mal, c'est le regard de Paul.
Je vois bien dans ses yeux qu'il ne m'aime plus.
- C'est plus compliqué que ça.
- T'as dû être contente
quand on s'est quittés. - Détrompe-toi.
J'ai appris à le connaître. Vous êtes séparés,
mais il t'aime encore. - Ah !
Tu penses qu'on peut remettre ça ? - C'est pas ce que j'ai dit.
- Tu l'as dit.
Je vais lui écrire une lettre d'amour avec des coeurs.
Où est le papier à lettre ? - "Le papier à lettre" ?
Dans ta chambre avec les trucs qui servent à rien.
- Ecrire une lettre ne sert à rien ?
- Maman, plus personne n'écrit de lettre.
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