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Cris d'oiseau.
Appeau.
...
L'oiseau répond.
Appeau.
L'oiseau répond.
...
Appeau.
Bruissements et craquements.
...
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- Follow !
- FOLLOW ME !
- You gotta move fast,
no rest
before
the music sleeps !
...
- Mais t'es obligée
de le faire, ce don de moelle osseuse ?
- Ouais.
Faut que je le fasse.
C'est le seul moyen que j'ai trouvé pour me faire pardonner.
- Mais de quoi ?
T'avais 17 ans
et la leucémie de ton frère prenait toute la place.
- Oui, mais j'ai pas été là pour Swann.
- Je suis impressionné.
- Ils m'ont appelée, je pouvais pas fuir une 2e fois.
Je devais rentrer pour l'opération.
- Je comprends mieux
ton retour de Guyane. - J'avais beaucoup d'examens
à passer.
Pardon de ne t'avoir rien dit.
- C'est pas grave.
Tu n'es plus seule pour supporter ça.
- Garde-le pour toi, s'il te plaît. C'est trop douloureux.
- Bien sûr
que je le garde pour moi. - Merci.
- Julie Portal ? Bonjour, capitaine Mauriac.
- Bonjour. C'est juste là.
C'est horrible !
- Vous êtes sûre que c'était ici ?
- Oui, j'en suis certaine.
- Vous avez pas confondu avec autre chose ?
- Non. Il était là, je vous le jure !
Il y avait une couronne sur le tissu.
J'y comprends rien !
- Oui, Commandant ?
Je crois qu'on a un problème.
Ne venez pas tous les jours, Mme Portal !
On n'a rien trouvé en ratissant toute la zone.
Ce corps est nulle part.
- J'ai pas inventé !
- A part un logo et une vague description,
vous nous en avez peu dit.
- Je me suis pas attardée, par peur. J'ai bien entendu des pas.
- Vous avez eu si peur que vous avez mal vu.
Au revoir.
Vous me remettez ça
aux archives ? - Bien sûr. Tenez.
- Merci.
- Je viens signaler une disparition.
- De qui donc ?
- De mon mari. Fabrice Montoriol.
- Mme Montoriol, pourquoi attendre 5 jours
avant de nous signaler sa disparition ?
- Fabrice me trompe depuis des années.
Il disparaît souvent le week-end. Là, c'est un peu long.
- Oui. Bien sûr.
Vous ne l'avez donc pas revu
depuis samedi ? - Samedi matin.
Mais il est rentré samedi soir.
Je suis remontée à l'appartement après la fermeture des Terrasses,
mon restaurant. - J'avais fait le lien.
Vous avez eu votre étoile
en janvier, non ?
Félicitations.
Oui, enfin, bon...
Euh... Donc...
Pourquoi pensez-vous qu'il est rentré samedi soir ?
- Dimanche matin, son lit était défait.
Sa voiture n'était plus
dans le garage. - Son lit ?
Nous faisons chambre à part depuis des années.
- Très bien. Très bien...
Prenons votre déposition pour lancer l'avis
de recherche. - Commencez par les hôtels de luxe
et les casinos.
- Merci pour l'info. - Je vous en prie.
- C'est très... C'est vraiment bizarre...
- Et la personne avec qui j'étais lui dit :
"Et donc, vous étiez un ami ?" Elle frappe.
- Putain ! - Ca va ?
- Ouais.
- J'arrive. - C'est vrai...
- Je te crois pas. - On a montré la photo
de Fabrice Montoriol
à l'ornithologue ?
- Elle l'a pas identifié. - Elle doute.
- C'est peut-être
lui... - OU PAS.
- Et les comptes bancaires ? Le téléphone ?
- Vas-y. - Alors...
Aucun mouvement bancaire en 5 jours.
- Téléphone non localisé.
Soit il est éteint, soit sans carte.
- Donc soit il est mort...
- Soit il veut pas
qu'on le retrouve. - Oui,
c'est ce que j'allais dire. - Très bien.
Alors c'est une procédure de disparition inquiétante
classique.
Inès, que Célestin et Erwan aillent au restaurant,
pour se faire une idée. - Bien.
- Merci.
Elle est très, très bizarre,
cette Magali Montoriol.
Tu vois ? Parce que...
En général, quand on signale une disparition,
on est affolé.
Mais elle, elle est sereine et indifférente.
- Ben... Elle a peut-être de bonnes raisons.
- Son mari la trompe, mais ça reste
le père de son fils.
- Tu dis de ne pas juger sur la première impression.
- Bon...
- Hé !
- Ca va bien, toi, hein ?
- Oui, oui, ça va.
On essaie de se donner une chance.
- Je suis contente.
Pour l'anniversaire de Thomas, t'as besoin
d'aide ? - Non merci.
Je gère, c'est sous contrôle. - Et le cadeau ?
- Merde...
- Je m'en occupe,
comme d'hab. C'est pas grave.
Il marmonne.
- Alors, t'en es où, niveau rencontres ?
- Je discute toujours avec Ondine. - Quoi ? La moche ?
Si elle met pas de photo, y a forcément une raison.
- Il y a des gens pudiques. - Je me méfie d'eux.
- En tout cas, avec elle, il se passe un truc.
- Faut que tu passes à une autre, que tu rencontres enfin l'amour,
celui qui habite chaque cellule de ton corps,
celui qui fait naître le feu intérieur.
- Dis donc, t'es un vrai romantique, toi !
- Romantique ?
Il rit.
...
- Votre patron
aurait pu partir
aussi longtemps sans prévenir ?
- Il se gêne pas, surtout envers sa femme.
- Il est infidèle ?
- Sous son nez, ça se fait pas.
Il rend la vie impossible
à Mme Montoriol.
- Ils s'entendent si mal que ça ? - En fait, il est jaloux.
Les gens viennent
pour son talent à elle.
Lui, il est personne.
Pas touche !
La chef est intraitable avec l'hygiène.
- J'ai les mains propres.
Les dents aussi, d'ailleurs. Dites-moi...
Magali Montoriol est très exigeante,
comme tout grand chef ?
- Y compris avec elle-même.
Tenez,
dimanche matin, elle a briqué toute la cuisine
de ses propres mains.
- Le jour de la disparition du mari ?
- C'est pas sa première
disparition.
Pardon, messieurs.
- Y a tout ce qu'il faut
pour commettre un meurtre, ici.
- Mais pour trouver des traces..
Bonjour !
- Qui s'occupe d'accueillir les clients ?
- M. Montoriol.
C'est sa manière d'exister.
Enfin, quand il daigne être là.
- Ces lunettes de myope sont à lui ?
- Oui.
Il déteste les porter. Mais il est obligé,
pour lire. - Pour conduire aussi ?
- Oui.
- Il a plusieurs paires ?
- Non, je crois pas.
Je lui en ai jamais vu d'autres,
en tout cas.
- C'est bizarre, non ?
Il serait donc
parti en voiture sans ses lunettes ?
- En effet, votre père
a fait sa valise.
- Il a pris son rasoir, des fringues.
Ses virées, c'est pas nouveau, vous savez.
- Comment vous vivez ça ?
"Ses virées", comme vous dites.
- C'est pour ma mère
que ça me chagrine.
Je dois aller travailler, je suis second.
- Très bien. Merci.
Activité en cuisine.
...
- Regarde... La couronne. On dirait le logo
décrit par J. Portal.
- Le corps était enveloppé dans une nappe du restaurant.
- Elle n'a pas reconnu Montoriol, mais elle n'a pas pu inventer
le logo.
- Pour toi, le corps dans la forêt, c'est Fabrice Montoriol ?
- Ben oui ! Il a disparu le jour où l'orthophoniste...
- L'ornithologue.
- Oui. Dit avoir vu ce fameux corps dans cette forêt, à Vigan,
enroulé dans une nappe de son restaurant.
C'est pas une hypothèse délirante.
- Non, non, non !
Mais ça reste une hypothèse.
- Il est parti avec une valise. - Ca prouve rien, une valise !
Le myope qui conduit sans lunettes, c'est plus compliqué, en revanche.
- C'est pas faux. - Tous pensent
qu'il est parti.
- On veut faire croire
à un départ volontaire.
- Qui ? Magali Montoriol ?
Il y a un problème...
- Pas de corps...
Pas de meurtre.
- Et tu veux envoyer
tout le barnum... - Enquête
pour homicide... - Et le mec revient tout bronzé...
- Après 15 jours passés sous les cocotiers.
- Vous avez fini, là ?
C'est vraiment une piste à suivre.
Arrêtez, un peu.
- Tu es tendue,
ma chérie. - Non, et ne m'infantilise pas.
- C'est ta brigade,
fais ce que tu veux. Je file. L'anniversaire de Thomas, demain ?
- A 19h. - Merci.
- En fait, je suis en panne.
Pour le cadeau de Thomas.
C'est la première fois.
- Laisse tomber !
Inès a eu une idée... Mais...
- Non, je ne veux pas synchroniser.
- Capitaine, bonjour.
- Bonjour, Erwan. - Du nouveau
sur Montoriol ?
- Oui : 3 jours avant sa disparition,
il a eu rendez-vous avec son avocat.
- J'imagine
que vous l'avez contacté. - Primo,
le restaurant appartient à M. Montoriol,
hérité de sa mère.
A l'époque, une simple auberge de campagne.
C'est la mère de Fabrice qui a formé Magali.
- Une histoire de transmission.
Maintenant, son fils la seconde.
- Deusio, Fabrice Montoriol allait demander le divorce.
- Et il allait récupérer le restaurant ?
- Il allait même liquider.
- En plus de tromper Magali,
il détruisait son oeuvre et l'héritage de son fils.
Sacré mobile ! Le commandant a apprécié ?
- La commandante. - La commandante.
Quelqu'un approche.
- Je viens signaler une disparition.
- La politesse est en option...
De qui donc ?
- De Fabrice Montoriol.
Je suis agent commercial
pour des vins AOC de la région. Je fournis Les Terrasses
notamment.
- F. Montoriol est une relation professionnelle ?
- Non. C'est mon amant.
Entre nous, ça a été le coup de foudre.
C'était... Electrique.
On allait se marier. Enfin, après le divorce.
Alors, quand il lui a annoncé,
l'autre a pas supporté.
- Qu'insinuez-vous, Mme Mattei ? - J'insinue pas, j'affirme.
C'est Magali Montoriol qui a fait le coup.
J'en suis sûre, j'ai tout entendu.
- Quel coup ? Nous sommes sur une disparition inquiétante.
- C'était samedi.
On s'est fait une soirée ciné-dîner-câlin.
Après, j'ai raccompagné Fabrice chez lui,
au restaurant.
- A quelle heure ?
- Vers 2 heures.
J'allais pour repartir,
et j'ai vu la lumière qui se rallumait
dans la cuisine.
Et ensuite, y a eu un bruit...
C'était terrible.
- Quel genre de bruit ?
- Elle criait. C'était insupportable.
Et ensuite, y a eu un silence,
un silence de mort.
- C'est quand même étrange,
avec ce que vous me racontez, de vous inquiéter que maintenant.
- Quand on n'est que la maîtresse, on peut rester sans nouvelles
pendant des jours. Mais là...
Là, c'est trop long. Il s'est passé quelque chose.
- La Routière est en priorité sur la voiture de Montoriol.
- Tu crois toujours au départ volontaire ?
- Comment le meurtrier aurait pu faire disparaître une bagnole ?
Ouais ! Pour la voiture, les collègues sont
sur une piste. Sur l'intranet,
les images sont intéressantes.
Il s'est fait flasher
près de Gallargues.
- Sa voiture !
- Ouais. Le lendemain de la disparition. Il était pressé.
- Le commandant le sait ? Elle a embarqué une équipe
pour une perquise des Terrasses.
- OK, je vais la rejoindre. Au fait,
ton rendez-vous au CHU ?
- Je vais être hospitalisée 48h,
j'aurai une anesthésie générale, etc.
- Ah ouais, ça va, pas trop peur ?
- Ca va. Ca va, ça va...
- Ben, t'es courageuse.
- Ouais.
- A plus.
- Ouais.
- Léa !
- Quoi ?
- T'as vu les images du radar ?
- Oui, mais rien ne prouve
que c'est Montoriol au volant. - Tu crois
au témoignage de la maîtresse qui débarque comme une fleur ?
- Elle est la maîtresse, donc elle ment ? C'est méprisant...
- La maîtresse jalouse de l'épouse, c'est banal.
- On a vérifié, elle était bien avec lui ce soir-là,
donc... - Quel est ton scénar ?
- J'ai pas le temps ! - Allez !
- F. Montoriol veut divorcer.
En rentrant la nuit, il tombe sur sa femme.
Donc il lui annonce qu'il veut liquider le restaurant,
elle ne le supporte pas,
et paf, elle le tue !
- OK. Et pour le corps ?
- Elle l'enveloppe dans une nappe
qu'elle tire jusqu'à la voiture, va dans la forêt de Vigan,
où elle est surprise
par Julie Portal. Elle doit donc déplacer le corps.
- Or on n'a rien trouvé.
- On va le trouver, on est là pour ça.
- Non : tu es là pour ça.
Mais ça te pètera à la gueule.
- Pardon.
Alors ? - Ca s'annonce pas bien.
Des micro-taches de sang, probablement du sang animal.
- On lâche rien, il y a quelque chose quelque part.
Mme Montoriol,
pourquoi avoir récuré votre cuisine vous-même
dimanche, le matin même
de la disparition de votre mari ?
- J'aime maîtriser mon environnement de travail,
quel que soit le jour. - Et le fait
que votre mari demande le divorce, vous maîtrisez
aussi ? - Entre Fabrice et moi,
il n'y a plus rien. On reste ensemble pour Aubin.
Vos hommes peuvent-ils éviter
mon potager ?
C'est un conservatoire
de plantes menacées, vous n'avez pas le droit.
Mon avocat arrive.
- Vous avez bien fait de le contacter,
car vous allez en avoir besoin.
- Capitaine, tenez.
- Des pelles ?
Et pourquoi pas des petites cuillers ?
- La commandante pense qu'un corps
est caché en dessous.
- Recule encore. C'est bon, OK.
- Je m'occupe de ça.
- Hum... Bonjour.
Maître Rapin. Vous devez quitter ce jardin
classé potager remarquable.
- Notre commission rogatoire est aussi remarquable.
- Pour pénétrer ici, il faut aussi
une autorisation du Conservatoire du patrimoine régional.
Téléphone.
...
Oui, bonjour...
- Selon un témoin,
vous vous êtes disputée avec votre mari
cette nuit-là. - Emeline Mattei ?
- Pardon ?
- C'est Emeline Mattei.
- Vous la connaissez ? - Oui. Je la connais,
elle et les autres.
Les maîtresses de mon mari
sont toutes vulgaires et indiscrètes.
Que vous a raconté celle-ci ?
- Peu importe.
Vous aviez toutes les raisons d'en vouloir à votre mari.
Infidèle, il voulait divorcer, liquider le restaurant.
- Pour le divorce, j'aurais signé immédiatement.
Et pour le restaurant,
je peux toujours en ouvrir un autre.
Les investisseurs, ça se trouve.
- Quand même, Les Terrasses ont une valeur sentimentale,
pour vous.
Elles symbolisent vos débuts...
Votre belle-mère...
L'héritage pour votre fils.
Ca n'a pas de prix.
SMS.
- Je ne peux pas m'opposer aux décisions de Fabrice.
- Vous n'êtes pas du genre
à vous résigner.
Non, non. Bien au contraire.
Moi, je crois
que vous avez tué votre mari
et fait disparaître son corps.
- Tout ça ressemble à une enquête à charge.
- Oh, putain !
Non ! Ma jante ! - Tout le monde se viande
sur ce truc. - Ouais, mais bon...
Tu dois être Aubin.
On m'a dit que je te trouverais ici.
- Je viens fleurir la tombe de ma grand-mère.
- Elle est morte y a un mois.
- Tu l'aimais bien...
- Elle était formidable.
- Le resto, au départ, c'était elle, c'est ça ?
- C'est elle qui a tout appris à ma mère.
Quand elle est tombée malade, ma mère l'a soignée jusqu'au bout.
Seuls ma mère et moi apportons des fleurs.
Mon père est pas venu une seule fois.
- A propos de lui,
en admettant qu'il soit parti de lui-même,
pourquoi serait-il allé à Marseille
ou ses environs ? - Je sais pas,
il a pas mal d'amis là-bas.
C'est tout.
- Attends, autre chose... Le matin de sa disparition,
t'étais où ?
- Aux halles, à Montpellier. - Vers quelle heure ?
- Je suis parti à 6h30,
comme d'hab. - Ce matin-là, t'as vu ta mère ?
- Oui. Elle...
Elle ouvrait la cuisine.
Pourquoi ?
- Merci.
Il s'éloigne.
- J'ai...
J'ai rarement vu un suspect aussi imperturbable
que cette femme.
- Ah ! Enfin un adversaire à ta taille !
- Oui. Mais je vais le fouiller, son potager.
Je vais le retourner ! - N'appelle pas
le Conservatoire du patrimoine.
C'est non.
On n'a pas l'ombre d'une preuve. Téléphone.
- Il faut donc trouver le corps.
- On va se mettre à dos
bien trop de gens.
...
- Pardon, c'est Paul. Oui ?
T'es sûr de toi ?
OK. Super. Génial. Merci.
Hum !
Magali Montoriol a un alibi, son fils :
à 6h30, elle était au restaurant.
- L'heure où l'ornithologue a vu le cadavre. Donc Magali
pouvait pas être en même temps dans la forêt de...
- Vigan. - Oui.
T'as un gros problème, là.
- Oui.
Je sais.
- Ah, tu vois !
Ca, c'est une bonne raison de disparaître.
- Qui avait
une bonne raison ?
- On a épluché les comptes du restaurant.
- Catastrophiques.
- Comment c'est possible ? Elle vient d'avoir une étoile.
Il faut réserver bien à l'avance. - Fabrice Montoriol
a pillé la caisse, pour ses besoins personnels.
- Ouais. Il a retiré
30 000 euros
sur le compte du resto.
- D'accord.
Donc le type met l'affaire en faillite
et disparaît avec la caisse.
Un grand classique. Comment j'ai pu me planter
à ce point ? J'ai été de parti pris
avec Magali Montoriol,
selon vous ?
D'accord. OK. Merci pour le soutien
psychologique.
Alors Fabrice est où ?
- Marseille, peut-être.
Je suis sur le coup.
- De Marseille, on peut aller n'importe où.
Célestin, c'est Soler. On arrête
la perquisition.
- OK. A vos ordres, Commandant.
Bon, les gars, s'il vous plaît !
On remballe.
Vous inquiétez pas, on va ranger. - J'espère bien.
- Attendez...
Cette veste, là...
C'est à qui ?
- C'est celle de M. Montoriol.
Je l'avais pas remarquée. - Elle était pas là, hier.
C'est son portable, ça ?
- Oui.
- Un myope qui part
sans ses lunettes, à la rigueur, mais pas sans son portable.
Célestin est formel, la veste n'était pas là-bas, hier.
- Donc quelqu'un est bien passé au restaurant entre-temps
déposer à l'accueil
la veste avec le portable.
- Sous notre nez, pour qu'on tombe dessus.
- Mm.
Elle frappe.
*Musique. Voix.
...
- Tada !
Alors, hein ?
C'est qui, la meilleure ? - Merci !
- C'est maman !
- Merci, c'est génial !
- Bon anniversaire. Y a pas si longtemps, t'étais
tout petit ! - Tu le dis à chaque fois.
- Je sais, t'es grand !
Conversations. *Musique.
...
- Un peu de jus...
Qui en veut ?
- On se calme, Inès. - Oh, ça va, on rigole !
...
- Ca fait bizarre, hein ?
- Chaque année, ça fait bizarre, ils ont un an de plus.
- Je parle pas de ça.
Jamais quelqu'un d'étranger à la famille
n'était venu
à un anniversaire. - WOUH !
- Wouh !!!
Il rit.
Inès savait pour l'anniversaire. Ils sont très proches, avec Thomas.
Pas le choix. - Eh oui...
- Et on essaie d'avancer, avec Inès.
- Aucun problème, Paul.
C'est juste que ça fait bizarre, c'est tout.
- Tu m'en veux.
- Pas du tout. Pas du tout.
Je... - WOUH !
...
- Mais la prochaine fois,
préviens-moi, pour que je me prépare.
- Bien sûr. Pardon, j'aurais dû...
- Mais non. - Mais si, si.
Si tu veux, Inès, en ce moment,
elle a besoin de soutien.
- Donnez-moi
un O ! Donnez-moi un M ! - Voilà.
- Donnez-moi un A ! Donnez-moi un S !
"Thomas" ! - WOUH !
WOUH !
- Mais qui avait ce portable et l'a déposé à l'accueil
pour qu'on tombe dessus ?
- J'ai ma petite idée, Capitaine.
- Ah ?
- D'après le relevé,
le portable de Montoriol
a été borné pour la dernière fois à Montardier.
- C'est le village
de sa maîtresse. Ils étaient ensemble.
Sauf qu'il a borné à 2h du mat,
à l'heure où elle affirme avoir entendu la dispute.
- Il était encore chez elle ?
- Je crois pas, car c'est Emeline qui l'a appelé,
et de Montardier aussi.
Emeline Mattei était chez elle en train d'appeler la victime,
pas au restaurant, à 2h.
- Donc ça veut dire
que Fabrice Montoriol était déjà parti.
Et après, elle a vu
qu'il avait oublié sa veste et son portable.
- Puis les a déposés
pour faire accuser quelqu'un d'autre.
- Ouais, bonne hypothèse !
- Merci.
- Ca reste à vérifier. - Le Cne Mauriac
est partie chercher Emeline Mattei.
- Bien !
Bien.
- Bon ! On va arrêter le cinéma, Mme Mattei ?
Un faux témoignage, c'est très grave.
A l'heure de la "dispute", vous étiez chez vous.
- J'ai voulu vous aider.
- Ah ?
C'est pour ça que vous avez ramené la veste et le portable ?
- Je... J'ai pensé que si vous les trouviez,
vous comprendriez qu'il a pas pu partir.
- Vous croyez que ça aide,
de fabriquer de fausses preuves ?
- Magali peut pas s'en sortir, c'est pas possible...
- Pourquoi ce serait pas vous
qui auriez fait disparaître M. Montoriol ?
- Je l'aimais.
- Il m'aimait.
A la folie. - Ca, c'est pas sûr.
D'après son portable,
il aurait d'autres maîtresses.
Elle pleure.
- Je crois pas.
Il est mort, je vous dis.
Pour la dispute, c'est vrai.
Coup sur la table. - Mais vous n'étiez pas là.
- Carla a tout entendu. - L'employée du restaurant ?
- Oui. Quand je suis allée déposer le portable,
j'ai entendu Carla discuter avec Magali
de la dispute qu'elle avait entendue.
Elle lui a juré qu'elle dirait rien.
C'est elle !
- Que ce soit clair, Mme Mattei,
si vous mentez encore, je vous arrête pour obstruction.
- Cette pauvre fille raconte n'importe quoi.
- Vraiment ?
- Pourquoi je mentirais ?
- Pour protéger Magali à qui vous devez tout.
J'ai farfouillé
dans nos archives.
Votre nom apparaît dans des plaintes
que vous avez déposées.
Alors, oui, c'est une histoire bien triste,
mais somme toute assez classique.
Un mari violent,
des enfants en bas âge...
Pas de boulot.
En vous embauchant, Magali vous a sauvée.
D'où le retour d'ascenseur.
- Je suis sûre que Mme Montoriol a tué personne.
Vous avez entendu cette dispute, oui ou non ?
- J'allais partir après le service.
J'ai juste entendu
des cris,
j'ai rien vu.
- Et le lendemain matin, à votre retour, Magali était là ?
- Non. Je suis arrivée tôt,
et Magali est arrivée un peu après.
- Quelle heure ?
- Je sais pas.
Autour de 8 heures.
- Le témoignage de Carla contredit celui du fils.
Magali Montoriol pouvait être dans la forêt à 6h30
en train d'enterrer son mari.
- C'est un témoignage
à prendre avec prudence. - Comme celui d'un fils
tenté de mentir pour couvrir sa mère.
C'est parole
contre parole, donc... - Mais Carla et Emeline : 2 femmes,
2 faux témoignages. En plus, la maîtresse
comme l'épouse avaient des raisons de le supprimer.
- J'entends. J'entends.
Euh... Inès, j'ai quelque chose à vous avouer.
J'ai eu vent ce matin de votre projet,
et je trouve ça très courageux.
Si vous avez besoin
de prendre quelques jours ou autre,
vous pouvez compter sur moi.
- Comment vous êtes au courant ?
C'est Paul qui vous en a parlé ? - Paul ?
Non, le capitaine Marchal n'y est pour rien.
Inès, vous faites partie de ma brigade,
je me pose des questions, j'obtiens des réponses, simplement.
Je vous remercie.
- Vous êtes sûr d'avoir vu votre mère
ce matin-là ? - J'allais aux halles à Montpellier.
- Vous y allez souvent ? - 1 jour sur 2.
- Vous protégez pas votre mère, là, ou vous-même ?
- Je mens pas. Dans la cuisine, y avait de la lumière.
C'était forcément elle.
- Ou bien Carla, non ?
Ou quelqu'un d'autre... - Je sais pas.
Je dirai plus rien.
- J'ai les factures émises par les commerçants des halles
au nom des Terrasses.
Bingo !
Elles sont toutes datées du 7, et pas du 8.
- Aubin y est donc allé la veille, pas le jour même.
Il a pas vu Magali
ce matin-là. - Mm. Voilà un bel alibi qui saute.
- Hop hop hop ! Je me charge d'appeler la commandante.
Vous allez supporter ?
- J'allais vous la passer. Je fais le numéro ?
- Merci.
Oui, Commandante. Sabine.
- Alors ?
- Une équipe va se mettre au travail.
Le colonel autorise la fouille du potager ?
- Il n'a pas eu le choix : Montoriol n'a plus d'alibi.
Engin de chantier. Erwan,
retournez ce potager
et trouvez ce corps. - Bien.
...
Téléphone.
...
- Oui, Paul ? T'es où ?
- Ben, à Marseille. Je buvais un coup sur la Canebière,
*pour me détendre. Non, je plaisante.
On a retrouvé la voiture de F. Montoriol,
garée sur le parking des ferries.
- Il aurait pris le ferry ?
*-Je sais pas.
J'attends le retour des bureaux de résa.
Y a le choix : Ajaccio, Rome,
*Tunis, Alger...
*S'il n'a pas pris un bateau de plaisance.
- Demande aux TIC d'analyser la voiture.
*OK ? - Oui, à vos ordres, mon Commandant.
*-A plus tard. - Ciao.
Pelle mécanique.
...
- Alors ?
- Rien. Y a rien en dessous, Commandant.
- C'est pas possible.
Vous avez cherché partout ?
- Partout. Y a pas de corps ici.
Le vent souffle.
...
Il rédige un SMS et l'envoie.
Il envoie.
- Je vous mets en relation
avec un lieutenant ? - Non, je veux le commandant !
- Elle n'est pas disponible. Elle rédige.
- Si. Je suis avocat !
- Baissez d'un ton ou je vous inculpe
pour outrage ! Voulez-vous voir
un lieutenant ou on en reste là ? - Votre commandant vient de saccager
un potager classé, sans raison.
- Je la connais ? - Elle doit répondre de ses actes !
- Je vous dis que le Cdt Soler est occupée pour le moment.
Si elle harcèle ma cliente,
nous déposerons plainte !
- Je le lui dirai, Maître.
- Ca va, Erwan ?
T'es tout pâle. - Ca va,
j'ai juste un peu mal au ventre. - OK.
- La terre dans le coffre
est la même argile qu'à la forêt de Vigan.
- Incroyable !
Donc Fabrice Montoriol n'était pas au volant,
mais dans le...
- Coffre. Probablement mort.
A moins qu'il y ait jeté ses baskets
après un footing en forêt. - Non.
Ma théorie, c'est que le meurtrier
a voulu enterrer le corps
lorsqu'il a été surpris
par l'ornithologue.
Et, dans la panique,
il a remis le corps dans le coffre, avec des particules de terre.
- Aucune réservation de ferry au nom de Montoriol.
- Logique. - Mais ça n'explique pas
pourquoi elle a tardé à signaler la disparition.
- Elle a attendu le jour de fermeture
pour amener discrètement la voiture à Marseille
afin de faire croire à une fuite,
et revenir je ne sais comment.
- Mais sans corps, on ne peut toujours pas le prouver.
- Et en plus, si elle l'a enterré entre Montpellier et Marseille,
on ne le retrouvera jamais. - Oh, alors là...
C'est...
C'est sans compter sur Soler et Marchal.
Elle a pas le cul sorti des ronces. - Cette expression...
Où a-t-elle pu enterrer ce corps ?
- Est-ce que ça te dit d'aller boire un verre, ce soir ?
- J'ai plein de paperasse en retard.
- Tout va bien ?
- Tu as parlé à Léa du don de moelle osseuse ?
- Bien sûr que non. - Comment elle a eu l'info ?
- Elle a pu accéder à ton dossier.
- Impossible, c'est une info confidentielle.
- Mais je te jure, c'est pas moi !
Elle part au dépôt ?
- Demain matin.
- Célestin, viens voir.
Qu'est-ce que tu vois,
là ?
- Une éraflure. - De quoi ?
- De trottoir. - Non. Un pieu.
Est-ce que t'aimes les devinettes ? - Ouais.
- Euh... Où cacher un cadavre où personne n'aura jamais l'idée
d'aller le chercher ? - Euh...
- Indice : c'est un lieu où t'es allongé et où tout le monde
est hyper silencieux, autour.
- Euh...
- Eh ! Rires.
- Un train-couchette.
- Non.
- Magali a fait resceller la dalle de la tombe de sa grand-mère
2 jours après la disparition de Fabrice.
- Quelle coïncidence !
- En espérant que... - Capitaine !
On a retrouvé le cadavre de Montoriol
enveloppé dans une nappe,
un couteau planté dans le corps.
- On a retrouvé le corps de votre mari, Magali.
- Quand Fabrice est rentré de sa soirée avec l'autre,
il m'a jeté à la figure qu'il allait vendre
Les Terrasses.
- L'idée a dû être insupportable pour vous.
Trop d'investissements, de souvenirs...
De sacrifices.
- Il voulait détruire le travail de 3 générations
par pure jalousie.
Il jubilait.
C'était insupportable.
- Dans un accès de colère, vous avez saisi le couteau.
Et après ?
- J'ai tout nettoyé.
J'ai mis Fabrice dans le coffre de sa voiture.
Il était tellement lourd...
Et j'ai pensé à la forêt de Vigan.
- Sauf que, là-bas, quelqu'un vous a surpris
et a contrarié vos plans.
Comment avez-vous eu l'idée,
pour le cimetière ?
- C'est comme en cuisine,
quand on trouve l'ingrédient qui manque,
c'est comme une évidence.
Ma belle-mère vient
de mourir.
La tombe était encore ouverte, j'ai juste eu la dalle à déplacer.
- Maman !
- Doucement, doucement !
- (Je te demande pardon.
...
(Ca va aller.)
La voiture démarre.
Elle soupire.
- C'est typiquement le genre de situation
que je déteste.
- Elle a de la ressource,
tu verras au procès. - Ouais.
En tout cas, t'as fini par l'avoir, comme d'habitude. Bravo !
- T'es pressé de partir, toi ! - Salut, Inès.
- A demain. - Salut.
- La direction des ressources humaines,
s'il vous plaît.
Bonsoir, c'est le Lt Inès Zaïdi.
J'aurais voulu savoir si quelqu'un avait fait une demande d'accès
à mon dossier personnel. Mm...
Et vous pouvez pas me dire qui c'est ?
D'accord.
Et c'était quand ?
"Le 5,
"à 19h24."
Ben... Oui, c'était tout.
Merci. Au revoir.
Elle soupire. Alors...
...
Ben oui, Inès, voilà, t'es complètement parano...
Bien sûr qu'elle a fait la demande.
Téléphone.
Allô ?
Paul. *-C'est moi.
*Ca va ?
*C'est moi !
*Inès ?
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