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...
- Salut, Clara.
- Ca va, Medhi ?
Pas trop nerveux pour ton 1er cours d'anatomie ?
- Non, non, ça va.
T'as pas croisé Quentin ?
- Quentin ? Non, pourquoi ?
- On est tombés en binômes ensemble ce matin.
Il devait m'aider à préparer la salle.
J'arrive pas à le joindre, il est à la bourre, comme d'hab.
Il a pas intérêt
à me planter. - C'est quoi, ce bordel ?
- Quentin !
...
- Vous venez à Montpellier ?
Vous êtes déjà à la gare, Annick ?
Il sera sûrement ravi
que vous veniez remplir son frigo.
Oh, pâlot, peut-être un peu.
Ou peut-être pas.
- Maman, t'as pas compris,
hier, au téléphone ? T'es envahissante,
je suis grand, c'est pas la peine de venir.
- Elle dit que ça passe très mal
à la gare, elle n'entend rien. - Raccrochez, capitaine.
Elle a très bien entendu.
- Je ne vous entends pas, je n'ai plus de piles
dans mes appareils. Annick ?!
Elle raccroche.
Ta mère est
maladroite, mais c'est que de l'amour.
- Je sais, mais j'ai juste envie qu'on me foute la paix.
- Je suis d'accord,
c'est injuste. - Quoi donc ?
- Que ta fille dont tu t'occupes tant
parte avec sa mère
sans demander ton avis, y a de quoi enrager.
T'es un super papa, un gendarme remarquable,
mais tu peux pas
être que ça. T'es jeune,
charmant, profite des beautés de ce monde.
- Je vous savais pas si philosophe. *Notification.
- Un corps a été retrouvé à la fac de médecine.
*... - J'y vais.
- Pas la peine. Marchal et Morel sont sur place avec le commandant.
- On vous avait pas prévenue ?
- C'est pas banal, comme scène de crime.
- Je confirme.
C'est par ici, chef.
- Bonjour.
- La victime s'appelle Quentin Brunel, 20 ans,
il commençait sa 2e année de médecine.
Tout a été nettoyé, ni traces ni empreintes.
Pareil dans la chambre froide d'où il a été sorti ce matin.
- La strangulation est nette.
Quoi d'autre ? - Son dernier cours
était vendredi après-midi.
- Il a pu passer le week-end dans la chambre froide.
On doit savoir où et quand il a été vu
pour la dernière fois.
- Je m'en occupe.
- Paul ?
Paul ?
T'as perdu quelque chose, Paul ?
- Euh, non. Non, non.
J'ai rien perdu,
j'ai trouvé ça. - Une soirée
d'intégration, samedi, pour les 2e année.
C'est pas pour les 1re année ? - L'intégration, non.
On sait comment ça se passe,
surtout en médecine.
- Un bizutage qui aurait dégénéré ?
- Possible.
"Organisée par la Corpo des Carabins".
J'irais bien faire un tour au Bureau des Etudiants.
- Je m'occupe de la doyenne. - Ton père
y est déjà. Tu le connais,
l'appel du terrain...
- Je sais, mais c'est insupportable.
Je passe l'info pour tout le monde
pour la soirée. - OK, à plus.
- La soirée d'intégration,
samedi, elle était organisée avec votre consentement ?
- C'est une tradition.
- Une tradition !
Le bizutage également ? - Cette pratique
est interdite et nous veillons... - Pardon de vous interrompre,
mais étiez-vous là ?
- Non, mais je vous assure... - Non, donc,
vous ne pouvez pas m'assurer qu'il n'y a pas eu de débordements.
- Je connais mes étudiants.
Ils n'ont pas pu faire une chose pareille.
C'est quelqu'un d'extérieur.
- Vous protégez vos élèves, je comprends.
En revanche,
j'aurai besoin de votre entière collaboration
sur cette enquête. - Mais bien sûr.
- Mais vous comprenez pas ? Quentin est mort, putain !
Vous protégez vos petits culs !
Vous êtes une bande de lâches !
Un par un... - Que se passe-t-il ?
- J'en ai rien à cirer
de votre omerta ! Je vais leur dire toute la vérité !
- C'est parfait. Le lieutenant Morel va prendre
votre déposition, mademoiselle ? - Caron.
Juliette Caron.
- Mlle Caron. Lieutenant ?
- On était ensemble depuis 6 mois.
Je suis la bibliothécaire et Quentin venait souvent ici.
C'était un bosseur.
Il avait choisi
cette faculté de médecine parce que...
c'était la plus ancienne de France.
- C'était une véritable vocation, donc ?
- Oui.
Il est d'une famille de médecins qui lui mettait la pression.
- Vous étiez au courant de cette soirée d'intégration ?
- Chaque rentrée, c'est pareil. Une minorité fait subir
un bizutage horrible aux 2e année.
- Les carabins de l'association ?
- Surtout Yoan Legoff,
le président du BDE, il est en 8e année,
c'est un pervers qui fait subir des trucs horribles.
- Il aurait pu s'en prendre à Quentin ?
- Je...
Je les ai vus se disputer jeudi.
- Vous savez pourquoi ?
- Non, je sais pas.
- Vous étiez avec Quentin à la fête ?
- Non.
Non.
C'était réservé aux étudiants.
Je lui avais dit de pas y aller, mais lui...
il se sentait obligé.
Je sais pas ce qui s'est passé,
mais à partir de 3h, il s'est forcément passé
quelque chose. - Pourquoi 3h ?
- Parce que c'est l'heure
où Quentin m'a envoyé un texto disant qu'il rentrait se coucher
et que tout allait bien.
- Bonjour, Franck.
- Bonjour.
- Ca va ?
- Oui.
Oui, pardon.
C'est...
C'est ce gamin, là, c'était moi, il y a 20 ans.
Etudiant, l'avenir devant lui.
Quel gâchis.
C'est tellement dur, médecine.
Chacun cherche un moyen de s'aérer la tête.
Moi, je disséquais des souris en cachette.
J'avais pas de copine.
- Mieux vaut ça que l'inverse.
Disséquer une copine
parce qu'on n'a pas de souris. - Oui.
- Et...
vous avez pu avancer ? - Oui. J'ai pas terminé.
Le corps ayant séjourné en chambre froide, c'est plus long.
Mais j'ai déjà quelques petites choses.
J'ai retrouvé des résidus de fibres textiles dans la plaie,
du chanvre. Et regardez là.
Ces hématomes, jaunes au centre, violets
et noirs sur le pourtour, ça date d'une semaine
avant la mort.
- D'accord.
Très bien. Merci, Franck. - Merci.
- Prenez soin de vous. - Egalement.
- Rassurez-moi, vous avez arrêté avec les souris ?
- Bonjour.
Bonjour.
Yann Legoff ?
- Yoan Legoff, ouais.
- Capitaine Marchal, j'ai des questions
sur la soirée de samedi et surtout sur le meurtre de Quentin Brunel.
- Je n'ai rien à voir avec ça, moi.
- OK. Il paraît que vous aimez les jeux dangereux,
à ce qu'on m'a rapporté.
Ah ben, d'accord.
Il paraît aussi que pousser les autres à bout,
c'est votre truc ? - Non plus.
Nos soirées sont bon enfant, et en tant que président,
je suis très vigilant. - Tant mieux. Super. Bravo.
Donc, je peux fouiller
un peu partout ?
Toute ma jeunesse.
Hum, hum, hum.
Euh... Ambiance bon enfant, vous disiez ?
- Hum, hum. - On doit pas avoir
la même notion.
Ah !
C'est du chanvre, ça.
Oui, c'est du chanvre. J'adore.
C'est doux, confortable, aussi, ça peut se fumer.
Mais non, c'est interdit.
Et puis, c'est très costaud.
Si vous projetez, une idée comme ça,
d'étrangler un 2e année, c'est ça
qu'il faut prendre.
Ah...
Bon, on va arrêter de s'amuser, hein ?
On a les vidéos de la soirée, on saura vite ce qui s'est passé.
Quelque chose à me dire
sur la dispute avec Quentin, jeudi ?
*Musique rythmée. *Ambiance de fête.
*... *...
- Ca me rappelle la fac. Je m'éclatais du matin au soir.
*... - Comment, capitaine ?
- Ca va, j'ai mes oreilles.
*... - Je vous ai pas entendue,
avec mes écouteurs. Et la musique. *...
*... - Ah ! Pardon.
Elle coupe le son.
Quand j'étais jeune, si tu cherchais quelqu'un
pour aller au bout de la "night",
c'était bibi !
- Bon, rien sur Quentin.
Je vois que des moines masqués qui dirigent les jeux
face à des 2e année.
*... *...
- Vidéo 4, 11e seconde.
Le moine qui vient d'enlever
sa tête de cochon pour boire un verre.
En arrière-plan. - Oui.
C'est Quentin !
Il faisait pas partie des bizuts.
- Au contraire, il était dans le camp des bourreaux.
- M. Legoff,
vous devez savoir que le bizutage est interdit par la loi.
- C'est une tradition chez nous.
C'est aussi un test pour savoir
qui aura les épaules. Rien de bien méchant.
- Ce n'est pas l'avis de tout le monde.
Mais bref,
comment un élève de 2e année peut devenir bizuteur ?
- Quentin, c'était un ambitieux.
Et un opportuniste.
Et donc il s'était rapproché du Bureau des Etudiants.
- Son bizutage à lui, c'était de voir
s'il accepterait son rôle
de bourreau ? - Hum.
Il était super motivé au début,
et 2 jours avant, il était moins chaud.
- D'où votre dispute. Mais vous l'avez convaincu, puisqu'il s'est
prêté au jeu ?
- Il s'est prêté au jeu, mais je sentais...
Il avait la tête ailleurs, en fait.
Y avait un truc qui le tracassait.
- Et donc ? - Et donc, les étudiants
bizutés par Quentin confirment
qu'il a été plutôt sympa avec eux.
Ca a même été le moins méchant de tous.
- Donc, on écarte une éventuelle vengeance ?
- En tout cas, ça avait pas l'air de l'éclater.
Ca colle avec l'idée qu'il avait la tête ailleurs.
- Yoan Legoff, t'en penses quoi ? - Il a quitté la soirée
à 1h du matin, sa petite amie confirme,
ils ont passé la nuit ensemble.
- Comme dirait Sabine,
"quand le cul s'en mêle, les alibis s'en vont."
OK, bon... Les hématomes relevés sur le corps
prouvent qu'il a été frappé
quelques jours avant sa mort. - C'est pas Legoff,
y a pas eu de coups, d'après les témoignages.
- OK, cherchons qui l'a agressé et pourquoi.
Qu'y a-t-il,
Paul ? - Quoi ?
- Qu'est-ce qui va pas ?
- Ca va. - Non, tu vas pas bien.
Dis pas que ça va, je le vois.
- J'ai des infos sur la perquise de la chambre de Quentin.
Quelqu'un est passé avant nous.
- Quelque chose a été volé ? - On ne sait pas encore.
Un petit café, Paul ?
- Ah ouais, avec plaisir.
On a fini ?
- J'en ai, du café, aussi.
Il suffisait de demander, en fait.
- Salut. - Bonjour.
- Erwan ? T'as eu accès
à la boîte mail de Quentin ? - Oui, regardez
ce que j'ai trouvé.
- Des menaces anonymes ! - Y en a des dizaines.
Toutes du mois dernier,
et ça s'est arrêté net il y a 3 semaines.
- C'est bizarre. Tu sais pourquoi ?
- Non. A vous de résoudre ce mystère, capitaine.
- On a la preuve que quelqu'un lui en voulait
bien avant la soirée. - Oui, pas de doute.
Et j'ai vu que 2 de ses amis avaient reçu les mêmes messages.
- Clara et Medhi, les 2 étudiants qui ont trouvé le corps.
OK, moi, je retourne à la fac. De ton côté, tu peux...
- Remonter la piste du harceleur.
- Oh là là ! Tu lis dans mes pensées.
- OK. "L'Arme fatale", le retour !
- Entrez.
- Bon appétit, commandant.
- Merci, Sabine.
- Alors là, non.
La moussaka en feuilleté,
j'étais pour, mais là...
- C'est juste une petite salade gourmande. Excusez-moi.
- C'est surtout un oxymore.
"Salade" et "gourmande", ça va pas ensemble.
Allez, limite
avec les gésiers,
du comté... - Et quoi d'autre ?
- Non, bon. Donc, j'ai étudié la vie de Quentin.
Comme tous les 2e année, il a fait son stage
à l'hôpital, au CHU de Montpellier.
- Et ? - Il y a un truc bizarre.
Même après son stage, il a continué à aller à l'hôpital
tous les jours. - Pour quoi faire ?
- Pour voir une patiente, Mme Girard.
- Un lien de parenté ou un lien personnel ?
- Non, justement, aucun.
- Vous étiez
à la soirée d'intégration ? - Oui, mais aucun souvenir.
- Pourquoi ? - Je bois jamais,
dès le premier jeu, je suis tombé K. -O.
- Et vous ?
- J'y étais, oui.
- Comment ça s'est passé avec Quentin ?
- Il nous zappait depuis qu'il traîne
avec ses nouveaux amis du BDE.
- Je m'intéresse aux menaces reçues par vous trois.
- Tous les autres du groupe les ont reçues.
- Quel groupe ?
- Le tutorat dirigé par Matthias, un dernière année qui nous aidait
pour l'examen de repêchage. - Pour passer en 2e année ?
Vous étiez combien dans ce groupe ?
- Une vingtaine. On a tous loupé de peu le concours
de la PACES. La fac nous a offert une dernière chance.
- Quel rapport avec les menaces ?
- Ca a commencé pendant le tutorat.
Mails, livres arrachés, polycopiés trafiqués,
casiers détruits...
- Pour nous faire échouer.
- Vous l'avez passé quand, le "repêche" ?
- Il y a 3 semaines.
- Et juste après, plus de menaces.
- Alors pourquoi s'attaquer aujourd'hui à Quentin ?
- Quentin et moi, on est les deux seuls qui ont réussi.
Les autres se sont plantés et...
vont s'orienter vers d'autres filières.
- Mais personne s'en est pris à vous ?
Vous avez les noms des membres du groupe ?
- On les connaît que de vue. On n'était pas amis,
mais concurrents.
Demandez à Matthias Ortiz.
- Eh ben, voilà.
Matthias Ortiz, très bien. Merci.
Vous pouvez y aller.
- Commandant ? - Ah ! J'essayais de vous joindre.
Quoi de neuf ? - Une infirmière m'a dit
que Quentin avait sympathisé avec Mme Girard
lors de son stage.
Il l'aimait bien. - Au point de venir tous les jours ?
- L'infirmière avait rarement vu un stagiaire
aussi dévoué. Mais le cas de Mme Girard est
un peu particulier. - D'accord. On y va ?
- 23,2 % des maladies nosocomiales sont attrapées en réanimation.
- On y va ?
Arrêtez avec ce gel, vous allez vous abîmer les mains.
- Ah bon ? - Ah...
Elle est dans le coma ?
- Elle est venue pour une infection pulmonaire,
puis son état s'est dégradé.
- Un coronavirus ? - Non, testée négatif.
Elle a eu une soudaine poussée de fièvre
et s'est enfoncée. L'équipe a fait
son maximum, maintenant, elle est stabilisée.
Les médecins attendent son réveil.
- Bonjour. Je viens de prendre mon service.
Vous enquêtez sur la mort de Quentin ?
- Oui.
Lieutenant Lebellec, commandant Soler.
Vous êtes ? - Maura Geoffrey.
Je sais pas si ça vous aidera, mais à sa dernière visite,
Quentin s'est battu. - Avec qui ?
- Bonjour. Je cherche...
(Ah, pardon. Je cherche Matthias Ortiz.)
(D'accord. Merci. Pardon, j'ai pas l'habitude.)
Matthias ? Matthias Ortiz ?
Alors, gendarmerie nationale.
- Vous enquêtez sur la mort de Quentin ?
- Voilà, oui. Clara et Medhi m'ont parlé de vous.
Le modèle.
L'élève brillant qui, en plus, donne de son temps aux autres.
C'est bien, c'est rare.
Bravo.
- Merci.
- Vous êtes à l'initiative du groupe de tutorat ?
- Oui.
L'entraide, c'est important aussi. - Oui.
Certains membres du groupe ont subi des harcèlements, vous le saviez ?
- Oui, j'étais au courant.
J'ai pas pu trouver qui c'était.
- Ca arrive souvent ?
- Non, mais...
les places en médecine sont chères,
certains se croient tout permis. - Oui, bien sûr.
Hum...
Et pour vous, y a pas un étudiant
qui serait plus suspect qu'un autre ?
- Un qui ne supporterait pas l'échec ?
- Pas un, non. Tous.
- Ah oui...
- L'échec, c'est toujours très compliqué à gérer.
- Vous connaissez le nom des étudiants du groupe ?
- Oui.
- Vous pourriez me les noter, là ?
...
Merci.
Je sais pas si vous ferez
un bon médecin, mais vous avez déjà l'écriture !
Merci.
- Vous allez enfin me dire ce que je fais là ?
- Bien sûr, M. Girard.
Connaissez-vous ce jeune homme ?
- Oui. C'est le stagiaire qui était dans le service
le jour où ma femme a...
- A fait son AVC ?
- Oui.
Ca a commencé, elle avait de la fièvre,
et d'un seul coup, elle s'est pas sentie bien,
je l'ai appelé... Je suis sûr que c'est de sa faute.
- Qu'est-ce qui vous fait dire ça ? - Quelques minutes
après qu'il se soit occupé de ma femme,
son état s'est dégradé, elle a failli mourir.
- Votre femme était déjà fragilisée, non ?
- C'est ce que m'a dit
l'hôpital, oui.
Mais je suis sûr qu'il s'est passé un truc pas normal.
C'est lui,
le premier qui est intervenu.
- Et vous l'avez agressé ?
- Ca, d'accord, j'aurais pas dû.
J'étais furieux, je voulais qu'il me dise la vérité.
Pourquoi ? Il a porté plainte contre moi ?
- Non.
Non, pas du tout.
Quentin Brunel a été assassiné ce week-end.
- Non ?
- D'après l'hôpital, il n'y a pas eu d'erreur. M. Girard est sûr
du contraire. - Tu le soupçonnes ?
- Il a un mobile, vu l'état de sa femme,
et il a pas d'alibi. - C'est pas faux.
- Girard dans une soirée étudiante, on le remarque !
- Pas faux non plus.
- Ca colle pas avec le mode opératoire.
Le coupable doit travailler à la fac.
- Tu penses à qui ? Ah oui !
Ton mystérieux harceleur qui a remis ça après 3 semaines de pause,
et que tu n'as toujours pas trouvé. - Pas "encore" trouvé !
Mais on est sur le coup, n'est-ce pas, Erwan ?
- Oui, il faut juste que j'arrive à contourner le VPN.
- Mais oui !
C'est ça.
- C'est quoi, le VPN ?
- Very Personal Number !
- Ou plutôt Very Portable Nanotechnology ?
- Je vous avais expliqué... - Ou...
- Virtual... - Private Network.
Un réseau privé qui brouille
les pistes. Si j'arrive à le contourner,
on saura qui a envoyé les e-mails. Je l'ai !
Elle est douée, mais je l'ai eue.
- Comment ça, elle ?
- C'est Juliette, sa petite amie, qui harcelait
Quentin.
- Pourquoi avoir harcelé Quentin et son groupe de rattrapage ?
Par jalousie ?
- Par amour.
C'est Quentin qui me l'a demandé.
Y avait que 2 places pour accéder à la 2e année
et ils étaient 20. L'échec était hors de question pour Quentin.
- Et il a eu l'idée de harceler les autres ?
- Oui.
Pour augmenter leur stress et les faire flancher.
- Pourquoi il ne s'en est pas
chargé tout seul ?
- Pour que la menace tombe
pendant qu'il était avec son groupe,
pour pas qu'il soit soupçonné.
- Son plan a marché. Peut-être qu'on lui a fait
payer ça.
- Pas étonnant qu'après ce sale coup,
Quentin se soit éloigné de ses amis Medhi et Clara.
- Il devait pas être très à l'aise. "Il n'y a rien de si timide..."
- "... qu'une mauvaise conscience." Capitaine,
vous avez lu Pythagore !
Les grands esprits se rencontrent.
- On a retrouvé le portable de Quentin
dans une poubelle de la fac. On a extrait des messages,
regardez ce qu'il a reçu.
"T'es qu'une merde." "Tu finiras par le payer."
Très convivial. - Hum.
Et qui a envoyé ces mots doux ?
- Sa meilleure amie... ex-meilleure amie :
Clara.
- Clara.
- "Que les hommes et mes confrères m'accordent leur estime
"si je suis fidèle à mes promesses,
"que je sois déshonoré(e) et méprisé(e)..."
- "... si j'y manque."
- "Si j'y manque."
- C'est tiré du serment d'Hippocrate.
- Messages envoyés à Quentin, en plus de vos insultes par texto.
- Oui. J'ai eu la rage en découvrant
qu'il était responsable du harcèlement,
mais je m'en suis tenue à des textos.
- Vous avez compris comment ?
- J'ai surpris une conversation avec Juliette.
- Et pourquoi ne nous en avez-vous pas parlé ?
- Je sais pas.
C'était une connerie. - Hum.
Vous en avez parlé à quelqu'un d'autre ?
- Je suis allée lui dire qu'il était une merde,
qu'il méritait pas d'être
médecin. - Il a réagi comment ?
- Au début, il a rien dit.
Après, à la soirée, il est venu s'excuser.
Il m'a dit que j'avais raison,
qu'il avait été nul.
Et...
- Et ?
- Qu'il allait assumer et réparer toutes ses erreurs,
celles qu'il pouvait encore réparer.
- La petite Clara est rentrée chez elle en taxi, ce soir-là.
On a vérifié, le chauffeur a noté la course à minuit et quart,
ça ne peut pas être elle.
- Elle peut être ressortie.
Bon, admettons.
Quelle erreur Quentin voulait-il réparer ?
Hein ? Et s'il pensait à Mme Girard ?
Ca expliquerait ce besoin de venir tous les jours,
pour se racheter une conscience ?
- "Si, si, si..." On peut pas se satisfaire de suppositions,
il faut des preuves. - Oh ! Des preuves ?
Merde alors, j'y aurais pas pensé. - Commandant ?
- Mon colonel, je sais que la preuve est
dans le dossier médical de Mme Girard,
je vais finir par la trouver. - Tu devrais laisser les dossiers
et rentrer te reposer. - Excusez-moi, mais
vous êtes bien le colonel Soler ?
Parce que j'ai des souvenirs d'une petite fille
qui a grandi dans un salon où il y avait
des piles de dossiers. - Va-t'en.
- Que son père avait ramenés... - Va-t'en.
- A demain.
Sonnerie de portable.
...
Oui, Paul ? *-Coucou, Léa, c'est moi. Ca va ?
Je t'appelle parce qu'il est arrivé un tout petit truc à Thomas,
rassure-toi, tout va bien, tu vas rire...
- Vous êtes où ? *-Chez moi.
- J'arrive. *-Il s'est
peut-être un petit peu cassé la...
Il bredouille.
C'est bien, dis donc, elle l'a bien pris.
- Elle arrive, c'est ça ?
- Eh oui.
- Mais ça s'est passé où ?
Il a eu mal ? Y aura une opération, de la rééducation ?
- Ca, je sais pas, mais tu sais,
un plâtre, c'est minimum un mois.
- Comment il a fait ça ?
- L'accident bête :
il a glissé, est tombé et a raté une marche.
- C'est pas possible. Il nous les aura toutes faites.
- Avec la dose que lui ont donnée les pompiers,
il va se reposer un moment.
- Ca te dérange si je reste un peu ? - Non, pas du tout.
Tu bois quelque chose ? - Je veux bien un...
- Un petit verre de blanc ? - Je veux bien.
(Et toi, comment ça va ?) Il se passe quoi,
en ce moment ? Paul ? - Hum ?
- Ca fait 25 ans qu'on se connaît, je sais quand ça va ou pas.
- Je sais pas, c'est peut-être moi.
J'ai du mal à comprendre les relations, aujourd'hui, là.
J'ai l'impression qu'avec nous, c'était vachement plus simple.
- Tu penses à Inès, c'est ça ?
- Oui.
- Mais c'est forcément pas pareil.
Nous, c'était...
C'était une évidence. On a eu le coup de foudre.
Donc forcément, c'est plus simple.
- Ouais, c'était fou, hein ?
Je sais pas
si c'est les cheveux ou le vélo, mais t'es resplendissante.
- Ca doit être le vélo.
- Je vais m'y mettre. - Oui, parce que
la frange...
Je crois qu'il va faire sa nuit. - Oui.
- J'y vais, j'ai le dossier de Mme Girard.
- Hou là ! Courage.
- Tu lui dis de m'appeler quand il se réveille ?
- Oui, bien sûr.
- (Et...)
Pour Inès, ne lui mets pas la pression.
Laisse venir. - Ouais, je vais essayer.
- Bisou. - Merci, bisou.
...
On frappe. - Oui, entrez, Léa.
- Bonjour.
Célestin,
c'est ça ? - Oui. Je pensais pas
que ça sentait aussi bon à l'IML. Y a comme un parfum d'ambiance.
- Parfum ? Pas du tout.
Oui. Le dossier de Mme Girard...
Donc, a priori...
J'ai regardé, à première vue, tout est clean.
Les ordonnances, les actes médicaux.
- Et il aurait pu
être falsifié ? - Oui, possible.
Mais j'ai rien trouvé qui le prouve.
- Le commandant va être déçu.
Elle pense que Quentin aurait pu tenter de dissimuler
une erreur. - C'est peu probable.
- Comment ça ? - Dans un métier
où la vie des autres est en jeu, surtout quand on est stagiaire,
on ne prend pas d'initiatives, on obéit aux ordres.
- OK. Merci, Franck.
- Avec plaisir.
- En tout cas, ce parfum avec ces notes d'agrumes,
c'est un délice.
Je vais dire au commandant de venir plus souvent.
Y a un truc que je m'explique pas avec l'agenda de Quentin.
- C'est quoi ? - "Maman Faluche".
- "Rendez-vous maman Faluche." - Sa mère ne voit pas
de qui il s'agit.
Elle vit à Lille et il ne devait pas y aller.
- Attends, faluche...
"Faluches", je crois que c'était les coiffes traditionnelles
que portaient les étudiants jusque dans les années 60-70.
- Et alors ?
- Avec maman, c'est peut-être en lien avec la doyenne.
- Bah, oui. Hum, hum.
- "Maman Faluche."
Ouais, c'est ça.
Jusqu'en 1969 exactement.
- Ah oui ? - Hum.
- Donc, Mme la doyenne, Quentin n'a pas demandé à vous voir ?
- J'ai dit à votre collègue que j'en étais sûre,
il ne m'a jamais demandé de rendez-vous.
Du moins, rien dans mon planning.
- Je sens qu'il y a un "mais".
- Vous m'avez fait douter.
J'ai vérifié auprès de ma secrétaire.
- Et il est bien venu ?
- Oui. Il s'est présenté au bureau vendredi dernier.
Mais j'étais absente.
- Vous savez de quoi il voulait vous parler ?
- Non, mais ça semblait urgent.
Il a insisté pour obtenir un rendez-vous
au plus tard aujourd'hui.
- Pourquoi ? C'est un jour spécial ?
- C'est le jour des soutenances de thèses.
- Commandant ? - Oui.
- On a les résultats pour la datation de la mort,
ça va pas vous plaire. Il est mort entre 1h et 2h du matin.
- Impossible. Il était à la fête à 3h.
- La science n'est pas d'accord. - On peut pas
l'avoir vu sur les vidéos
après 2h s'il était déjà mort.
Non, mais c'est ça !
En fait, c'est pas lui
qu'on a vu, c'est son costume. N'importe qui
pouvait le porter. - Et le SMS
envoyé à Juliette à 3h ?
- N'importe qui a pu l'envoyer.
Aujourd'hui, il suffit d'avoir un pouce.
- Donc, si Quentin a été tué entre 1h et 2h du matin,
ça veut dire qu'après 2h,
c'est son meurtrier qui portait son déguisement.
Allez, les gars, on y va !
On frappe. Oui, entrez.
- Qu'y a-t-il ? - Intervention sur un braquage.
Merci, papa. Tu sais
où est Paul ? - Oui. Il furète à la fac,
il vient de me prévenir.
- On avait un débrief à faire... - Eh bien, débriefons
tous les deux. Je t'écoute.
- Alors, on est sur l'affaire Quentin Brunel.
- Quentin Brunel. - On récapitule.
Le tueur fait tout pour brouiller les pistes.
- Il a mis le corps au frigo pour fausser l'autopsie.
- Donc il s'y connaît en médecine. - Oui.
Il s'est fait passer pour Quentin à la soirée grâce au costume,
et a envoyé un texto à sa copine pour la rassurer.
- Sans oublier que Quentin voulait
voir la doyenne, pour lui dire quelque chose d'important.
- Peut-être pour dénoncer quelqu'un. - Sans doute.
Et il détenait quelque chose
que le meurtrier a cherché dans sa chambre.
- Alors, imaginons que tout cela ait un rapport avec Mme Girard.
Pourquoi en parler à la doyenne
et pas au directeur de l'hôpital ? On entre.
- Allez-y, entrez. - Pardon, commandant.
- Je vous en prie, capitaine. - Colonel.
J'ai le planning de l'hôpital,
le jour où Mme Girard a frôlé la mort,
l'interne de garde, c'était
Yoan Legoff. - Le président du BDE !
- Ben voilà !
- Il travaille aujourd'hui... - Occupez-vous-en.
Merci, capitaine.
- Bon, on a terminé ?
- Euh... Et maman ? - Maman ?
Ah ! "Pas de nouvelles,
"bonnes nouvelles".
Il sort. - Quelle tête de mule.
- M. Legoff ?
Capitaine Mauriac, suivez-nous, s'il vous plaît.
- Pourquoi ? J'ai pas tué Quentin, j'étais déjà
parti de la soirée. - Mais votre alibi ne tient plus.
- Ecoutez, vous vous trompez, je vous le jure.
- Vous étiez bien de garde, le jour où Mme Girard a eu son accident ?
- Oui, c'est quoi, le rapport ?
- Le 16 au matin, vous étiez bien responsable
des stagiaires ? - Justement, non.
J'ai été malade, j'ai appelé l'hôpital
pour qu'on me remplace. Demandez-leur.
- Qui vous a remplacé ? - Je sais pas !
Un interne qui était disponible.
Demandez-leur. - Je vais le faire, M. Legoff.
Et changez de ton.
- Paul ?
- Ah ! Colonel. Désolé, j'ai raté le débrief.
- C'est pas grave.
T'étais sur le terrain, c'est plus important.
- Ouais.. On en est où, du coup ?
- On s'est trompés de suspect.
Le capitaine Mauriac cherche les internes de garde
le jour où Quentin a commis son erreur médicale,
et le lieutenant... - ... se repasse
la soirée, image par image,
pour savoir qui portait le costume de Quentin.
- Il faut croiser avec les noms
des doctorants qui passent leur soutenance.
Regardez.
- Ca peut avoir un rapport ?
- Quentin voulait parler à la doyenne
avant les soutenances, je me dis que le coupable
a essayé de l'en empêcher. - Il est
gaucher ! Le coupable est gaucher.
Regardez. Quentin était bien
droitier ? Là, sur la vidéo, l'individu
au masque de cochon inscrit les points du jeu en écrivant...
- Avec sa main gauche. - J'ai un gaucher... Ouais !
Il soutient sa thèse aujourd'hui !
- Un chasseur.
- "Au moment d'être admis à exercer la médecine..."
Quelqu'un entre.
- Bonjour.
Claquement de porte. - "Je... Je promets..."
- Ah oui, déjà !
- "Et je jure d'être fidèle aux lois de l'honneur..."
- Pardon, j'interromps la cérémonie. Murmures.
C'est beau. On m'avait parlé de cette pièce,
c'est joli. C'est chargé mais ça a son charme.
C'est ballot. Ca s'est joué à pas grand-chose.
A quoi... A ça. - Que faites-vous ?!
- Matthias Ortiz,
à compter de ce jour, mardi 27 octobre, 14h,
je vous place en garde à vue pour le meurtre de Quentin Brunel.
Suivez-moi. - C'est pas vrai.
Protestations du public.
...
- Asseyez-vous, monsieur.
- C'est n'importe quoi, maman. Je te jure, n'importe quoi.
Brouhaha.
...
- Bien, M. Ortiz, on récapitule.
Vous étiez de garde quand Mme Girard a fait
son AVC. - Je vous l'ai déjà dit.
- Et vous vous êtes occupé d'elle. - Oui, c'est moi
qui l'ai sauvée.
- Eh bien, voyez-vous, M. Ortiz,
j'ai l'intime conviction que Quentin et vous
avez commis ce jour-là une erreur médicale.
- Attendez...
Qu'est-ce que vous racontez, là ?
Vous avez quoi, comme preuve ?
- C'est intéressant,
cette question.
Peut-être celle que vous avez cherchée dans la chambre
de Quentin, après son meurtre ?
S'il vous plaît.
Oui, Paul, c'est Léa. Je suis sûre que Matthias a fait chou blanc
chez Quentin. Donc, une preuve se balade dans la nature.
OK. Tu me tiens au courant ?
Oui, super. Merci.
- Bonjour. - Capitaine Marchal.
Je pense que vous pouvez m'aider.
- Oui, dites-moi. - Vous nous avez dit
que Quentin aimait se réfugier ici, que c'était un peu
sa 2e maison. - Oui, il venait souvent.
- Son appartement a été fouillé, donc on cherchait quelque chose,
quelque chose que Quentin a peut-être
caché ailleurs, peut-être ici.
Vous auriez peut-être une idée de l'endroit ?
- La bibliothèque est immense et j'étais pas toujours
derrière lui. - Oui, mais...
- Je suis désolée.
- Bon...
Bon, ben, merci.
- Attendez.
Quentin m'a demandé un truc bizarre, la semaine dernière.
- Ah bon ? Quoi ?
- Suivez-moi. - Oui.
- Ce sont des objets rares, de collection.
- Tout le monde y a accès ? - Non, c'est sur demande
et moi seule ai la clé.
- OK. Quentin s'en est servi ?
- Oui.
Il voulait lire ce vieux livre.
- Je peux ?
- Oui. Attention, c'est fragile.
- Oui.
Tenez.
Bingo.
- Merci.
M. Ortiz, je vais vous demander de signer ce document :
c'est une prolongation de votre garde à vue.
En vous remerciant.
Bien, alors...
Docteur Ortiz...
Pardon, excusez-moi,
Matthias Ortiz, voici l'ordonnance retrouvée dans le dossier
de Mme Girard, sur laquelle il est écrit : 20 mg d'antibiotiques.
Vous confirmez ? - Hum.
- Très bien.
Et voici une autre ordonnance, retrouvée
à la bibliothèque, l'endroit préféré de Quentin,
datée du même jour, pour la même personne,
signée de votre main et sur laquelle il est écrit :
"200 mg d'antibiotiques", une dose
qui aurait pu tuer votre patiente, on est d'accord ?
Matthias,
que s'est-il exactement passé avec Mme Girard ?
- Quand elle a fait sa montée de fièvre,
Quentin m'a appelé pour savoir quoi faire.
J'étais occupé sur un autre cas et j'ai signé
l'ordonnance à la va-vite, sans faire attention.
- Quentin n'avait pas l'expérience requise pour voir l'erreur.
- Dès que j'ai su,
j'ai repris le cas en main,
on lui a évité le pire. - Mais le mal était fait.
Quentin a voulu se dénoncer, quitte à vous faire plonger.
- Entre futurs médecins,
on se devait d'être solidaires.
A la soirée, il a rien voulu entendre.
Vous savez pas ce que c'est.
Vous pouvez pas comprendre.
Médecine, c'est 10 ans !
10 ans de travail,
de sacrifices,
de rythme acharné.
J'ai pas eu le choix.
- On en reparle demain. - OK, ça marche.
- Erwan ? - Oui ?
- Bonne nouvelle : Mme Girard est sortie du coma.
- C'est super. Merci pour l'info, capitaine.
Vous voulez me dire autre chose ?
- Oui !
J'ai bien réfléchi... - Ca n'a aucun rapport
avec la discussion d'hier ? - Evidemment, aucun.
Même si, d'après le proverbe,
"Si un ami peine à se lancer,
"propulse-le."
- Je ne l'ai jamais entendu. - Parce que
vous n'avez pas grandi en Picardie.
Bon, on s'égare.
Je pense que c'est le bon moment pour dire adieu à la solitude.
- Je vous ai vue venir gros comme un crevettier.
- Expression très courante !
Pourquoi tu n'essaierais pas...
- Pas les sites de rencontres ! - Pourquoi ?
Ca marche bien. J'ai rencontré Arnaud comme ça.
- Quoi ? Y a 25 ans ?
- Mais c'est pas le sujet.
Pour provoquer une belle rencontre, parfois, faut pousser le destin,
prendre des risques.
Essaie, qu'est-ce que t'as à perdre ?
- D'accord, je vais y réfléchir.
- Merci, lieutenant.
- Ah, Paul ? T'as des nouvelles de notre fils ?
- De Thomas ? - Ben non, l'autre.
Rires.
- Il va bien, je l'ai eu, il y a 1 h.
Tu vas t'entraîner ?
- Mais non... Comment t'as deviné ?
- Ben, tu...
Et alors moi, du coup,
je me suis dit que ça serait pas mal, assez utile,
que tu portes ça, en plus, pour te protéger,
ce serait parfait. - C'est quoi ?
- Regarde.
- Qu'est-ce que c'est ? - C'est un plastron.
- Ah ! Un plastron. - Attends.
Vas-y, mets le bras. - Je le mets maintenant ?
- Tu vas faire du vélo, là ? - OK.
- Ouais, faut le mettre. - Pas de souci.
Je vais pas avoir chaud avec ça ?
- C'est ajouré de partout, c'est fait pour.
- D'accord. - Attends.
Yes.
La...
ceinture.
Attends.
Ca...
Voilà, nickel !
Impeccable, ça.
- Ca fait pas un peu beaucoup ?
- En matière de sécurité,
c'est jamais trop. - OK.
- Et ne bouge pas.
Ton petit bol, ça sert à rien. Ca,
c'est un casque. - Non...
- Si.
- C'est une blague ? - Non, ça, c'est un casque.
- OK.
Me voilà parée pour le pic Saint-Loup.
- Le ? - Le pic Saint-Loup.
- Tu m'intéresses, là, parce que moi, j'ai mon vélo.
- N'importe quoi. - Si, on parie ?
- Allez. Change-toi, je t'attends.
Rires.
Sonnerie. - Ah ! C'est Thomas.
Ouais, Thomas ! Ca va ? *-Nickel. Et toi ?
- Ouais, nickel. Julien et Alice sont là ?
*-Non, pas encore, mais quelqu'un d'autre est arrivé.
- Quoi ? *-Je passe en mode vidéo.
Ouais. Il passe en vidéo.
Ah, en vidéo. On lui fait... - Ouais.
- Ouais !
Attends, 2 secondes, j'ai une surprise.
T'as déjà vu Robocop
en vrai ?
Attention, 3, 4 ! - Tada !
Alors ? Il peut plus rien m'arriver.
Je peux tomber 10 fois dans un ravin !
Tout va bien. *-Je vois ça.
*Moi aussi, j'ai une surprise, OK ?
- OK.
*-Bien accrochés ? - Oui.
*-Surprise !
- Mais non...
Rires.
- Qu'est-ce que tu fais là ? *-Je suis rentrée.
- Tu parles d'une surprise ! T'es arrivée quand ? Ca va ?
*-Ouais. - Qu'est-ce que c'est... ? Sérieux.
Ca fait plaisir, c'est sûr.
C'est dingue, ça.
Du coup, t'es à l'appart,
alors, voilà. Bon, je plie tout ici et j'arrive.
*-Ouais, je t'attends. - Bisou.
*-Bisou, fais vite.
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