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Original subtitles

...

Quelqu'un a du mal à respirer.

Sirène des pompiers.

...

- Monsieur ?

Monsieur ?

- Empoisonné.

- Marchal !

Monsieur ? Vous m'entendez ? Si vous m'entendez,

serrez-moi la main.

Dépêchez-vous ! Victime inconsciente !

- Vite, vite, vite !

...

- Tu as le teint très terne, en ce moment, ma chérie.

Et des cernes. Tu es sûre que ça va ?

On devrait faire les tisanes de Grégory. Il en a laissé plein.

Celle au rooibos. Tu veux que je te la prépare ?

- Non merci, ça va aller.

- Toujours aussi enjouée, le matin. Un vrai bonheur !

Ceci dit, ça ne dérangeait pas Grégory.

Il avait une attention de tous les instants avec toi.

Enfin tu es grande. Tu sais ce que tu fais.

- Voilà, c'est ça. Je te remercie, maman.

- On est libres, maintenant ! "Célib", comme ils disent !

On va pouvoir en faire, des choses ensemble, non ?

Presse-agrumes.

Téléphone.

- Pas le matin !

Oui, Erwan ?

OK, très bien, j'arrive.

Désolée, maman. C'est le boulot. - Je sais. Comme ton père.

Un nouveau cours de yoga a ouvert. On ira ensemble.

- On en reparle. Je vais prendre ma douche.

Bonjour. - Bonjour.

- Bonjour, commandant. - Bonjour, Erwan.

- Qu'est-ce qu'on a ?

- Identité de la victime : Xavier Martel.

Il aurait été empoisonné. - Empoisonné ?

Qu'est-ce qui vous fait dire ça ? Des signes physiques ?

- C'est plutôt inhabituel.

- Oui, je confirme,

comme pantalon, c'est plutôt inhabituel !

- La personne qui a pris en charge la victime, c'est Thomas.

- Thomas, mon fils ? - Je vais...

Je vais là-bas.

- Merci, Anthony.

...

- Il n'y avait personne, quand on est arrivés.

- Et pour Thomas ?

- On pensait que c'était un gars qui avait trop bu.

J'ai envoyé ton fils en première ligne,

histoire de le pousser un peu.

Je ne pouvais pas savoir.

Mais t'inquiète, je ne vais pas le lâcher.

Il va s'en remettre.

- Ca va ?

Tu sais, je...

Ce n'est jamais facile d'être confronté à la mort.

Qu'est-ce qui s'est passé ?

- Il a juste dit : "Empoisonné."

Et après, je ne sais plus. - Tom...

Ce n'est pas de ta faute. Tu ne pouvais rien faire pour lui.

- Même si on avait pu le sauver, je l'aurais laissé mourir !

- Non. - J'ai bloqué.

Je n'arrivais plus à penser. C'était le trou noir.

Vous aviez raison, je ne suis pas fait pour ce métier.

Je ne sais pas pour quoi je suis fait.

- Attends, laisse-le, laisse-le.

- Qu'est-ce qu'il fait là ? Il ne devait pas faire de terrain !

C'est dingue d'envoyer un gamin en première ligne !

- Excuse-moi, j'ai du boulot, encore.

- Bonjour. - Bonjour.

- Bonjour, commandant. - Bonjour, Inès.

- Xavier Martel, 45 ans, marié, père d'une fille de 17 ans,

dirigeant d'une exploitation viticole.

Une plainte a été déposée contre lui

pour une commande de vin primeur payée et non livrée.

On checke son téléphone, ses mails, ses comptes.

- OK, super. Merci.

Merci, Inès.

- On était mariés depuis 25 ans.

- C'était mon meilleur ami depuis le collège.

C'est moi qui lui ai présenté ma soeur.

- Mme Martel,

un concurrent aurait pu en vouloir à votre mari ?

- Sûrement pas.

On se connaît tous, dans le métier.

On est plus confrères que concurrents.

- Il avait des soucis particuliers ? - Non.

Enfin la situation financière était tendue, mais...

Comme chez beaucoup de gens.

- Ils ont beaucoup investi pour passer en biodynamie.

- Comment ça, "ils" ? Vous ne travaillez pas ici ?

- Non. J'habite une dépendance au bout du domaine.

Je suis commercial pour des piscines.

- OK.

Un restaurateur a porté plainte, récemment,

pour une livraison non reçue. - C'est une erreur du transporteur.

On est vigilants, avec nos allocations.

- Vous avez vu votre mari quand,

la dernière fois ? - Ce matin.

Tôt.

Il allait chez le médecin,

quand vous l'avez trouvé.

Il avait été malade toute la nuit.

- Il aurait pu croiser quelqu'un sur le domaine ?

- Peut-être Axelle Tran, la maître de chai.

- Maman ?

Qu'est-ce qui se passe ?

J'ai eu le restaurateur plaignant.

ont eu le même problème.

- A priori, sa femme n'était pas au courant.

- Merci, capitaine.

- Bonjour. - Vous êtes Axelle Tran ?

Lieutenant Lebellec.

- Vous êtes là pour M. Martel ? - Oui.

- Quelle tragédie.

- Vous aviez quel genre de rapports avec votre patron ?

- C'était quelqu'un de gentil, de droit.

- Il y a eu une plainte pour non livraison d'allocations.

- Je sais peut-être pourquoi. - Je vous écoute.

- J'ai découvert des incohérences

dans le volume du primeur mis en cuve.

Il manquait une centaine de litres, ce qui est énorme.

- On vous a volé du vin ?

- Oui.

- M. Martel était au courant ? - Bien sûr.

Il voulait que je garde ça pour moi.

Il voulait s'en occuper personnellement.

- Est-ce que c'est de l'Or Blanc ? - Ouais.

C'est la cuvée de l'année dernière.

Un vin blanc naturel sur un terreau exceptionnel.

La plus belle réussite de Xavier.

Vous voulez le goûter ? - Heu... Oui.

- Julie, pardon mais je suis obligé de te poser quelques questions.

Ton papa, tu l'as vu, ce matin ? - Non.

Il est passé, hier, au resto.

- Au resto ? - Celui où il m'a trouvé un stage.

- Tu travailles dans la restauration ?

- Pas vraiment.

Je voulais devenir sommelière

mais j'ai raté mon concours d'entrée à Bordeaux.

Du coup, j'apprends la restauration avec un chef tyrannique.

Le grand Marco Vasseur.

- C'est vrai que c'est compliqué

mais ton papa ne pouvait pas te trouver un patron plus sympa ?

- Ils se connaissaient depuis longtemps.

- Je peux t'accompagner chez ton patron ? Ca ne te dérange pas ?

OK.

- Ma chérie.

- Le Domaine du Clos est à deux doigts du dépôt de bilan.

- A cause de la biodynamie ?

- Non, pas du tout.

Même si la biodynamie, c'est n'importe quoi !

On fait du vin depuis Bacchus ! Le pinard, c'est le pinard !

Les problèmes ont commencé un an après.

- Le vol du vin

doit y être pour quelque chose.

- Si Xavier Martel a découvert qui pompait dans ses cuves...

- Il a pu aller lui demander des explications. Ca a mal tourné.

Non, c'est un empoisonnement. - Pas un coup de sang.

- Il paraît que vous avez eu des mots, hier,

avec M. Martel. - Si on veut.

- Hum ! Oh la vache !

C'est bon, hein ! Ca manque de sel, mais...

C'était quoi le sujet de la dispute ?

- Sa gamine n'est pas faite

pour ce boulot. - Tu me traites comme ton second

alors que je débute !

Je n'ai pas su faire une sauce qui se marie avec ton vin !

- C'est quoi, cette histoire de vin ?

- Ah, ça...

C'est le vin mystère de M. Marco qui ne veut rien dire à personne.

- Safran, citron vert.

C'est de l'Or Blanc des Martel. - OK.

Si je calcule bien... Vous faites 40 couverts par jour ?

Avec un verre par menu, ça fait...

- 6 bouteilles.

- L'allocation maximale annuelle est de 18 bouteilles.

D'où vous tenez ce vin ? - D'où ?

Erwan, s'il te plaît...

- Je peux ?

Tu savais

que c'était le vin de ton père ?

- Oui.

Un soir, je l'ai goûté, avec un serveur.

Je l'ai tout de suite reconnu.

J'ai aidé à faire l'assemblage, au domaine,

et j'ai un super palais.

- Alors tu as dit à ton père que son "copain"

servait l'Or Blanc dans des quantités impossibles.

C'est pour ça qu'ils se sont engueulés.

Tu as un sacré niveau, Julie. Vraiment.

Je ne comprends pas que tu n'aies pas été prise à Bordeaux.

- Il y a beaucoup d'appelés mais peu d'élus.

De toute façon, maintenant, c'est foutu.

Je vais rester au domaine

et poursuivre l'oeuvre de mon père.

- Vous connaissez bien le Domaine du Clos ?

D'après des témoins,

vous êtes souvent avec Xavier Martel.

- Et alors ? C'était un ami.

- Vous avez siphonné une cuve, sauf que Martel vous a démasqué.

- Non, je ne suis pas un voleur. - Comment vous avez eu ce vin ?

- C'est lui qui me l'a vendu.

- Qui ça, "lui" ? Martel ?

- Il avait un besoin urgent de 8 000 euros en cash.

100 litres à moitié prix.

Je n'allais pas refuser.

- M. Martel se volait lui-même ? - On s'est engueulés

parce qu'il m'a demandé une rallonge.

Il avait besoin d'argent.

- Erwan est catégorique, Marco a joué franc-jeu.

Ca explique pourquoi certains n'ont pas été livrés.

- Plus assez de vin

et Martel avait encaissé toutes les allocations.

- Je ne crois pas à un mobile financier.

- Ah bon ? Et pourquoi ?

- C'est un empoisonnement, Léa.

- Et ?

- C'est affectif.

- Ah.

Ou financier.

On parle quand même d'une grosse somme.

- Tu ne lâches jamais, toi. - Non, jamais.

Revenons sur l'incident de ce matin.

- Quel incident ?

- Tu m'as dit que le capitaine des pompiers était un ami.

- Un ami ? Non, c'est un copain. Non, c'est une connaissance.

- Bref. Il t'avait promis que Thomas ne sortirait pas de la caserne.

- Il a cru bon de lui confier quelques responsabilités.

- Tu as quelque chose à voir là-dedans.

- Moi ? Non. Pourquoi tu penses ça ?

- Parce que je te connais.

- OK, oui, d'accord.

C'est moi qui lui ai demandé de le sortir.

Je voulais que Thomas soit confronté

aux réalités du métier. - J'ai du mal à te suivre.

Tu l'envoies à l'IML pour le dégoûter,

et là, tu l'envoies en première ligne !

Où est la logique ?

- Il n'y a pas de logique ! C'est Thomas qui m'a demandé ça.

Thomas a envie de s'émanciper. Téléphone.

- Notre rôle de parents, c'est de protéger notre fils.

- Tu ne réponds pas ? - Non, je ne réponds pas !

- On est aussi là pour les accompagner.

Il veut être pompier.

Tu ne vas pas le garder sous cloche pendant 40 ans !

- Mais...

- Ca va, Romain ? Ca va mieux, ta jambe ?

- Ca va mieux, merci, capitaine.

- Bonne récup'.

- Aucune trace des 8 000 euros. On ignore comment il les a dépensés

et pourquoi il avait besoin de plus.

- Il avait quoi dans les poches ?

- Un peu de monnaie, une carte Vitale,

des reçus de Carte Bleue et une pièce trouée.

- Voilà. Il y a un truc à vérifier.

- Qu'on vérifie ensemble, comme au bon vieux temps ?

- Ouais, enfin... Comme d'habitude, surtout !

Tu es sûr que ça va, toi ?

- Vous m'avez appelée ? - Commandant Soler.

Ca faisait longtemps.

Vous avez une mine pas possible.

C'était un compliment. - Ah.

Vous, en revanche, vous avez une mine cadavérique.

C'était au sujet de Xavier Martel, c'est ça ?

- Oui.

Il a été empoisonné à l'arsenic de soude.

C'est un fongicide pour traiter les vignes

interdit par l'Union européenne depuis 2001

pour sa toxicité. - Donc difficile d'en trouver.

- Absolument pas.

C'était un produit très répandu. Tout le monde en a encore.

- On peut savoir vers quelle heure il a été empoisonné,

grâce au bol alimentaire ? - Oui.

Xavier Martel a ingéré l'arsenic hier soir, entre 20h et minuit.

Il était dilué dans un alcool fort. Je pencherais pour du "jin".

D'ailleurs,

si ça vous dit, je vous préparerai le meilleur des "jin" tonic.

- Ah ! Du gin ! Je n'avais pas compris.

- La prononciation à l'anglaise m'agace un peu.

- D'accord.

Moi, je suis plutôt "mojito", à l'apéro.

On en reparle ? Hein ?

Xavier Martel a été empoisonné entre 20h et minuit.

Ca disculpe Marco Vasseur

qui travaillait au restaurant entre 17h et 2h du matin.

- Le beau-frère, Charles Bouvier,

était au cinéma une bonne partie de la nuit.

Ca a été confirmé.

- Il nous reste la veuve, qui n'a pas d'alibi.

Qui s'est couchée à 22h.

Mais, si mobile il y a, on ne l'a pas trouvé.

- Et voilà !

Le fameux duo Marchal-Lebellec est de retour !

- Le fameux duo ? De quoi parle-t-on ?

- Ce n'est pas un karaoké ! Le binôme.

Le binôme Marchal-Lebellec.

- Ah oui ! Le fameux binôme Marchal-Lebellec !

- La pièce trouée, le besoin de cash... On a pensé au jeu.

- "On", c'est Marchal ou Lebellec ?

- C'était une réflexion collégiale. - Donc vous disiez

que Xavier Martel jouait ?

- Et pas qu'un peu. Il s'est fait interdire de casino, il y a 2 ans.

- S'il avait recommencé à jouer,

il voulait du cash pour que ça ne se voie pas dans les comptes.

- Le vol dans les cuves, l'addiction au jeu...

Ca fait beaucoup de secrets, non ?

- Vous ne saviez pas que votre mari volait une partie de l'Or Blanc ?

- Pourquoi il aurait fait ça ?

- Un besoin urgent de cash, chez un ancien joueur...

- Ce n'est pas possible. Xavier n'aurait jamais replongé.

- Pourquoi ?

- Il avait promis.

A l'époque,

il a failli perdre les deux choses les plus importantes de sa vie.

Sa famille et son vin.

- Ouais.

Il y a 2 ans,

j'ai renfloué les comptes avec mes économies.

Jamais Xavier n'aurait pris le risque

de taper dans les caisses. - Le jeu, c'est une vraie maladie.

- Justement, il se soignait.

Depuis longtemps.

Il suivait une thérapie deux fois par semaine.

Dans un groupe de parole anonyme.

- Papa ! Tu as parlé à maman ? - Léa...

- Elle squatte chez moi !

- Et moi, je squatte chez Paul. - Vous avez un appartement !

- Je ne supporte pas d'être seul. - C'est tellement facile, ça.

- Pardon, je vais... - Non, non.

Entrez, lieutenant Zaïdi. Nous discutions de l'enquête.

- Ca fait 6 mois que le groupe de joueurs anonymes n'a pas vu Martel.

- Il a recommencé à jouer, alors ?

- Il est interdit de casino et il ne joue pas en ligne.

- Il reste les cercles clandestins

et les courses de chevaux. Je m'en charge !

- Non, papa... - Commandant ?

Une remarque sur ce que je peux ou ne peux pas faire ?

- Non, mon colonel.

- Merci.

- Merci, Inès. Fermez la porte en sortant. Merci.

- Capitaine Marchal ! Pourquoi on ne fait plus de nocturnes ?

Ca va ? - Bien.

On en reparle, du coup. - Ca marche.

- Quoi ? De quoi ? - Tu vois quelqu'un ?

- Je ne vois personne.

- Tu as décidé de ne plus profiter de la vie ?

- Hou là ! Eh ! Je profite, hein, OK ?

- Ah bon ? Tu profites ?

- Oui, je profite de la vie.

- Yes ! Je sais où était Martel au lieu d'être au groupe de parole.

J'ai le bornage de son téléphone. - OK. Où ?

- C'est écrit là.

Casino de la Grande Motte. - Impossible, il est interdit.

- Il a dû trouver un moyen d'entrer. - D'accord.

- Je préviens le colonel.

- Préviens le colonel.

- Voilà. Donc... Tu peux...

- OK, pardon.

Je t'ai fait un café. - Oh, merci.

- A plus.

- Messieurs, le directeur vous attend.

- Bonjour, monsieur.

Colonel Soler. J'ai des questions à vous poser.

Vous connaissez cet homme ?

- Je le reconnais, il vient régulièrement.

- Ah bon ? Pourtant, il était interdit de casino.

- Impossible ! Nous sommes stricts à ce sujet.

- Pas tant que ça, on dirait.

- Ce serait un coup à perdre notre licence.

- Qui s'occupe de ça ?

- Le préposé à l'entrée contrôle les pièces d'identité.

- Je voudrais voir les enregistrements vidéo

de jeudi soir. - Lesquels ? On en a une centaine.

- Ceux de l'accès à la salle de jeux.

- Je ne comprends pas.

- Ce préposé aux entrées travaille quels jours de la semaine ?

- Attendez, je vérifie.

Les lundis et jeudis, en soirée.

- Voilà pourquoi la victime venait ces deux jours-là.

Peut-être que...

Il lui glissait un billet ?

- Colonel, on a autre chose. Xavier Martel ne venait pas seul.

C'est Axelle Tran.

- Non, non, je vous assure, je ne vois pas.

- En revanche, nous, on a tout vu, sur la vidéo.

Comment vous acceptiez l'argent de Xavier Martel

pour fermer les yeux.

- Il y en a beaucoup, des joueurs interdits de casino

que vous laissez passer ? - Il n'y avait que lui.

Ca faisait 6 mois.

C'était trop tentant. Il me glissait un billet de 100.

Et voilà, quoi.

- Hier, il est venu avec une femme ? - Elle, je ne l'avais jamais vue.

Il ne venait jamais accompagné.

- Ils sont repartis ensemble ? - Non.

Elle est partie vers 22h, comme une furie.

- Pourquoi ça ?

- A mon avis, il n'a pas voulu partager le jackpot.

- Quel jackpot ? - Il venait

de rafler la mise à la roulette. 7 000 euros.

- Il les a rejoués ? - Non. Il s'est rendu au bar.

- Il était quelle heure ? - Je dirais 23h.

- La question est : que sont devenus les 7 000 euros.

- La question, c'est surtout : qu'est-ce qui va m'arriver, à moi ?

- Vous allez chercher du boulot.

Votre carrière dans les casinos vient de s'arrêter.

- Xavier Martel aurait été empoisonné au bar du casino ?

- Le barman ne se souvient de rien et il n'y a pas de caméras.

- Axelle Tran aurait pu revenir empoisonner son verre.

- Pour récupérer les 7 000 euros ? Non, je n'y crois pas.

- En tout cas, elle nous a menti sur leur relation.

- Xavier Martel recommence à jouer il y a 6 mois.

- Il a besoin de liquide. Il monte son arnaque avec Vasseur.

- Qui lui rapporte 8 000 euros,

mais d'après le croupier, il aurait joué cinq fois plus.

- 40 000 euros, depuis qu'il s'est remis à jouer.

D'où il tenait cet argent ?

- C'est ce qu'on va découvrir.

Allez chercher Axelle Tran. Elle ne nous a pas tout dit.

- Elle devrait être dans les vignes mais personne ne l'a vue.

Elle sera peut-être chez elle.

- Ca fait combien de temps qu'elle travaille ici ?

- Depuis qu'elle a été embauchée, un an. Pourquoi ?

- C'est votre soeur qui l'a recrutée ?

- Non, c'est Xavier.

C'est une experte renommée.

D'après mon beau-frère, on a eu de la chance.

- Et vous, vous en pensez quoi ?

- Moi, rien. Je vends des piscines.

Pour la gestion du chai, je faisais confiance à Xavier.

- Même après avoir sacrifié vos économies

pour réparer ses erreurs, il y a 2 ans ?

- Depuis son sevrage, on pensait tous qu'il était guéri.

Que tout ça, c'était derrière nous.

Si seulement il s'était confié, on aurait peut-être pu l'aider.

- Ah oui, effectivement, c'est spartiate !

Elle ne peut pas se payer un appartement ?

- Elle tenait à rester sur le domaine.

Je peux vous demander un service ? - Dites toujours, on verra.

- Ce que vous découvrez sur Xavier, n'en parlez pas à Julie.

Elle a déjà beaucoup souffert.

- Vous l'aimez beaucoup, cette gamine, non ?

- J'ai toujours assumé mon célibat,

mais Julie, c'est un peu la fille que je n'ai jamais eue.

Téléphone. - Merci, M. Bouvier.

On va continuer seuls.

- Oui, Inès ?

Ne quitte pas, je te mets sur haut-parleur.

m'a révélé qu'il l'avait virée.

- Ca va me plaire !

- Elle manquait de fiabilité. Il s'est aperçu qu'elle jouait.

- Xavier Martel et Axelle Tran se sont rencontrés

à cause de leur addiction commune ?

- Au groupe de parole auquel Martel allait.

- Merci, Inès. A plus tard.

- Si on récapitule... Elle intègre un groupe de parole.

- Elle y rencontre Martel

qui accepte de l'embaucher malgré son passé. Qui la loge.

- Sauf qu'il replonge, et elle aussi puisqu'elle l'accompagne au casino.

- Classique.

Qu'est-ce que c'est que ça ?

Ce ne serait pas les 7 000 euros, ça ?

Ca fait un bon mobile,

pour une joueuse en manque de liquidités.

- Les statuts du Domaine du Clos. Ca vient du Registre des Sociétés.

- Qu'est-ce qu'elle pouvait bien chercher ?

Elle ne partira pas sans son argent.

Je vais appeler des renforts. Ils vont monter une planque ici.

Quelqu'un siffle.

- Bonne soirée.

Bonsoir.

- Je suis sur les comptes d'Axelle Tran.

Elle a fait de sérieux emprunts.

- Sans doute pour pouvoir jouer. A demain, capitaine.

- Non, je ne pense pas,

parce que là, c'est mis "équipements viticoles".

- Pourquoi elle aurait acheté du matériel ? Elle est salariée.

- Oh la vache !

Il faut prévenir, mon vieux !

- Ca ne va pas, hein ? - Ben... Ca dépend où tu vas.

Tu pars en infiltration chez les Barbapapa ?

- C'est ma mère qui m'a acheté ça. Je dîne avec elle.

- Je ne ferai aucune réflexion

sur le fait que ta mère veuille encore t'habiller, à ton âge.

- C'est juste pour lui faire plaisir.

- C'est important de te faire plaisir à toi aussi.

- Oui, bon. A demain. Bonne soirée.

- Bonne soirée, mon petit bonbon.

- Ca va ?

- Le tribunal de l'inquisition, sérieux ?

- On est tes parents, c'est normal qu'on s'inquiète.

- Tu as vécu un truc fort.

- Ca va, je n'ai pas assuré, c'est tout.

- Ca n'a aucun rapport avec assurer ou pas.

C'est...

Quelqu'un est mort dans tes bras. - Vous en avez vus plein, des morts.

A l'IML, j'étais à l'aise, mais là...

J'ai bugué.

- Ce n'est pas comparable.

Ca nous arrive à tous de buguer.

- Arrêtez de me prendre pour un vase de Chine !

- Un quoi ? - De quoi tu parles ?

- Un truc fragile. C'est comme ça que vous me voyez.

- Pas du tout. - Pas du tout.

- Vous ne me croyez pas capable d'être gendarme ni pompier.

- Pas du tout. - Pas du tout, arrête.

- Si, c'est vrai. - Arrête, Thomas. Ca va, là.

- A force de me dire que je ne suis pas assez costaud,

j'ai dû finir par y croire. Donc merci !

- Un vase de Chine ?

- Bonjour. - Bonjour.

- Salut. - Ca va ?

Bonjour. - Bonjour.

- Capitaine, bonjour.

Alors, comme ça ? - C'est impeccable !

Mais c'est encore ta mère ou il y a quand même un peu de toi ?

- Disons que c'est un compromis.

- Alors disons que "vous" êtes sur la bonne voie.

Plus qu'à changer ce pantalon et ce sera parfait.

OK. Bon, on a du nouveau ?

- Alors... Oui.

Le matériel viticole était destiné à une parcelle

qu'elle devait racheter à Xavier Martel.

- Je croyais qu'elle n'avait pas d'argent.

- Elle devait la payer avec les gains des futures récoltes.

- Un crédit vendeur classique. C'est quoi le problème ?

- Comment Xavier Martel aurait pu lui vendre quoi que ce soit

vu que c'est sa femme et son beau-frère

qui sont propriétaires de l'exploitation ?

Lui, il était gérant.

- Axelle s'en est rendu compte en se procurant les statuts.

- Quand elle s'est aperçue que Xavier Martel lui avait menti,

elle a pu péter un câble.

Message.

- On va avoir des réponses parce que la planque a payé.

Axelle Tran a été interpelée.

Vous comptiez lui acheter des terres ?

- Cette parcelle, j'en rêvais.

J'aurais pu me poser. Xavier aurait profité de mes assemblages.

C'était gagnant-gagnant.

- Il vous a menée en bateau longtemps ?

- 6 mois. 6 mois où j'assurais tout le boulot à sa place.

- Il se servait de vous comme couverture.

- Il reculait la signature.

Il ne voulait pas que j'en parle à sa femme.

- Comme il ne venait plus au groupe de parole, vous avez compris.

- Ce n'était pas difficile de savoir où il était.

Alors oui, avant-hier, j'ai été au casino.

Pour lui parler.

- Il a réagi comment ?

- Comme un addict.

Il était ravi de me voir là.

Dans sa tête, il n'était plus tout seul à plonger.

Ca m'a rendue folle. Je lui ai dit ce que j'avais sur le coeur.

- D'où votre dispute.

Et les 7 000 euros

que vous cachiez,

c'est ce qu'il a gagné le soir-là ?

- Je l'ai attendu sur le parking.

- Pourquoi pas dans le casino ?

- Vous ne savez pas ce que c'est de lutter.

D'entendre le bruit de la roulette,

le claquement des jetons sur le tapis.

Depuis, je dors chez ma marraine pour éviter de craquer.

- Pour en revenir au soir du meurtre,

vous l'avez dépouillé, mais comment vous avez fait pour l'empoisonner ?

- Mais je ne l'ai pas tué !

Cet argent, il me l'a donné.

Je vous le jure.

Il voulait réparer ses conneries, avec moi, avec sa fille.

- Tu la crois coupable ? - Franchement ?

Non. Elle avait plus à perdre avec Xavier Martel mort que vivant.

Son boulot, son logement...

- Qui, alors ?

- Ouais, qui ?

On sait qu'il a joué 32 000 euros. 32 000 euros tombés du ciel.

S'il les devait à quelqu'un,

ce dernier a pu s'énerver.

- Sauf qu'un mort ne rembourse pas ses dettes.

- Ouais.

- Xavier Martel conduisait l'exploitation à sa perte.

C'est une bonne raison pour sa veuve.

Tu crois toujours à ton mobile affectif ?

- Qu'est-ce qu'elle entendait

par "réparer les conneries avec sa fille" ?

J'ai peut-être une petite idée.

- Les fameuses intuitions de Marchal ?

- Non, c'est un truc nouveau. Ca s'appelle les déductions.

- Cet assemblage est presque aussi bien

que celui de l'année dernière.

Bravo.

- Ah ! Tu as perpétué la magie de l'Or Blanc ?

C'est ce que ton père aurait voulu.

Mais pas toi.

Non, toi, tu voulais vivre ton rêve.

Intégrer l'école de Bordeaux pour devenir sommelière.

- Elle espérait tellement.

- Tu n'as pas cherché à savoir où tu avais échoué

pour te préparer pour l'année prochaine ?

Moi, c'est ce que j'aurais fait.

Du coup,

j'ai appelé le directeur de l'école de Bordeaux.

- Mais pourquoi ?

- Il était triste que tu n'aies pas pu entrer dans l'école

malgré ton 17 de moyenne.

Tout ça parce que ton père ne pouvait pas financer

les frais de scolarité.

- On avait mis de côté presque 35 000 euros !

- Ca, tu le savais puisque tu as appelé l'école.

- Je ne comprends pas.

- Tu ne comprends pas quoi ?

Il avait dépensé tout l'argent de mes études.

Il avait tout joué.

- Pourquoi tu ne m'en as pas parlé ?

- Pour qu'on soit deux à souffrir ?

- Mais j'aurais pu... - Tu aurais pu quoi ?

Papa t'avait déjà brisée il y a 2 ans.

Et là, tu n'as même pas vu qu'il avait replongé !

- Il m'avait promis. - Et tu l'as cru ?

Je voulais te protéger, maman.

Il n'y avait pas d'autre issue.

- Qu'est-ce que tu essaies de dire ?

- Que c'est moi la coupable. J'ai tué mon père.

Message.

- Julie maintient ses aveux.

- Pourtant, elle est innocente.

- Elle n'a pas du tout le profil de la meurtrière de sang-froid.

- Elle était au restaurant entre 17h et minuit et demi.

Elle protège quelqu'un. Tiens, je n'ai pas envie de café.

- Elle protège sa mère. - Une femme fragile

qui pète un plomb quand elle découvre la vérité ?

- En même temps,

dans une famille, on se protège mutuellement.

- C'est comme ça que ça devrait se passer, je suis d'accord.

Mais aucune mère ne laisserait son enfant s'accuser à sa place.

- Mais on n'a qu'elle pour comprendre.

Je continue avec Julie ? Tu interroges la maman ?

- On fait comme ça.

Paul, tu as des nouvelles

de Thomas ?

- Non, pas récemment.

Tu en as, toi ? - Non.

- Il va bien.

- Du sucre ?

Voilà.

- Ma Julie,

elle a dû gérer l'addiction de son père

et puis elle a dû me gérer, moi.

Tout ça m'a tellement minée.

Mais je me soigne.

- C'est pour ça que votre mari ne vous a pas parlé

des problèmes du domaine ?

- C'est aussi pour ça que Charles est resté vivre avec nous.

Parce que j'étais incapable de m'occuper de ma propre fille.

- On fait toutes comme on peut.

Ce n'est pas facile d'être maman.

Excusez-moi, Mme Martel, mais...

En dehors de votre traitement,

il vous arrive de prendre des somnifères ?

Avant-hier soir, vous en aviez pris ?

Vous vous souvenez vers quelle heure ?

- Vers 22h.

Pourquoi ?

- Je n'ai pas le droit de vous en dire plus.

...

- Ce n'est pas facile, hein, de protéger quelqu'un qu'on aime ?

C'est un rôle que tu connais par coeur.

Dans un meurtre, il y a le mobile et il y a les preuves.

- Des aveux, ce n'est pas plus important ?

- S'ils ne sont pas établis, ils ne valent rien.

Donne-moi une preuve que tu as tué ton père.

Bon, alors...

Je vais te raconter comment je crois que ça s'est passé.

Tu es rentrée chez toi après ton service. Il était 1h.

Tu t'es crue seule, dans la nuit, au calme.

Et tu as aperçu quelqu'un.

La question, c'est : "Qui ?"

- On protège quelqu'un qu'on aime, quelqu'un en qui on a confiance,

quelqu'un à qui on doit quelque chose.

- Qui a passé sa vie à s'occuper de Julie à la place de ses parents.

Charles Bouvier devait protéger sa famille

par n'importe quel moyen.

- Il nous a sorti son alibi en bois du cinéma.

Pourquoi on est passés à côté de ça ?

- Parce qu'on n'avait pas de mobile.

- Vous êtes sûre de votre coup ?

C'est violent de confronter Julie à Charles Bouvier.

- Oui, je sais, mais...

On n'a aucune preuve contre lui. Elle, elle s'obstine à s'accuser.

On n'a pas le choix.

Je sais, ce n'est pas très drôle.

Excusez-moi de vous poser la question,

mais les choses que vous portez, c'est homologué ?

- Je ne sais pas. C'est juste pour changer un peu.

- C'est votre mère, derrière ?

Non, je veux dire derrière tout ça.

- Oui. Oui, oui.

Elle vit chez moi. Elle s'installe un peu plus chaque jour.

- Je comprends. J'ai le même problème.

- Ma mère m'a demandé si vous aviez des conseils pour le yoga.

- Non, il n'y a plus de yoga.

Il n'y en a plus.

- Julie, pourquoi tu fais ça ?

Tu ne peux pas t'accuser. - Arrête.

Arrête. Je sais ce que je dis. - Mon petit coeur.

Tu comptes tellement pour moi.

Ton père vous détruisait.

Je ne pouvais pas le laisser faire.

- Cet après-midi-là,

je suis allé le voir pour essayer de lui parler.

Xavier m'a dit que...

Que j'étais un parasite.

Que je voulais lui voler Julie.

Lui prendre sa place de père.

Qu'il m'en empêcherait.

- Vous ne supportiez plus de voir celles que vous aimiez souffrir,

alors vous avez donné rendez-vous

à votre beau-frère

au bar du casino,

et vous avez versé l'arsenic dans son verre.

...

- Quand je suis rentrée du restaurant, avant-hier soir,

j'ai vu mon oncle et mon père revenir ensemble.

Je n'ai pas fait attention. J'étais crevée.

C'est le lendemain matin,

quand...

Quand on m'a appris la mort de papa,

que je me suis dit que c'était bizarre.

Ils ne sortent jamais ensemble, d'habitude.

Je ne voulais pas y croire.

Je n'aurais rien dû dire à mon oncle

pour l'argent des études.

J'ai été le mobile du meurtre de mon père.

- Non, non. Il ne faut pas dire ça, Julie.

Il y a plein de raisons différentes.

L'addiction, l'amour, la protection.

Mais pas vous. Vous ne pouvez pas penser ça.

- Comment on vit, après ?

- Je sais que c'est difficile à entendre, aujourd'hui, mais...

Il n'y a que le temps qui pourra vous aider.

- Maillots de bain et tongs toute l'année, ça va, pour vous !

30 degrés ?

Nous, il pleut.

Ah non ! Le yoga, c'est fini.

Ah ouais, non ! Trop de yoga. Trop de courgettes, trop de tout.

Les enfants ? Thomas, c'est un peu compliqué.

Je te raconterai, Isa. J'ai Paul dans le jardin.

Je t'embrasse. Embrasse Mathilde. Bisous !

- Ca va ? - Qu'est-ce que tu fais, encore ?

Le coup de la pizza, c'est marrant une fois mais après,

ça devient lassant.

- Je sais que ce qui te remonte le moral, c'est une pizza.

- C'est Thomas qui a besoin qu'on lui remonte le moral,

pas moi.

Pourquoi tu n'es pas avec lui ? - Il est avec ses potes.

- Je suis fatiguée, Paul.

Je suis fatiguée de nos disputes, de nos réconciliations.

C'est comme quand on était mariés. On n'a jamais su communiquer.

J'ai besoin qu'on échange entre adultes responsables.

J'ai besoin de parler au père de mes enfants.

- Je pensais bien faire. - Tu ne peux pas penser bien faire

quand tu envoies Thomas en première ligne sans mon accord.

- Thomas était opposé à tout ça. Il en a marre qu'on le couve.

- Ben ouais.

Je couve mon fils. Oh là là ! Ce n'est pas bien, ce que je fais.

Une maman qui protège son fils, vraiment, c'est...

- OK. Bon, tu reconnais que j'avais raison ?

- Mais on s'en fout ! On s'en fout qui a raison !

On n'est pas dans une cour d'école. Il faut qu'on grandisse.

- Chacun ses contradictions.

Moi, je suis trop gamin. Grégory était trop adulte.

En fait, tu sais quoi ? Tu es une éternelle insatisfaite.

Tiens, elle est pile comme tu aimes.

- (Pardon, ce n'est pas ce que je voulais dire.)

...

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