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...
- Salut, Franck.
- Ca me fait plaisir de te voir.
- C'est vrai ? Si je te dis que moi, pas du tout...
- Quoi, les morts te mettent mal à l'aise ?
- Bizarrement, oui. Nous autres, les gens normaux,
on préfère les vivants. - Léa comprend ce que je lui dis.
- On essaie ?
- Oui... - Vas-y, balance.
- Le corps est très fragile. - Et pas fragile.
J'ai compris.
- Ouais...
Mais l'examen dentaire m'a posé problème.
La plupart des dents sont contuses au niveau du desmodonte.
Le ligament parodontal si tu préfères.
- Je préfère. Conclusion ?
- C'est bien Johanna Dupieux. - La datation ?
- 10 ans, ça me paraît cohérent
vu l'état des tissus. La seule blessure est à ce niveau.
Une série de micro fractures. - Un choc au crâne ?
- Oui. J'ai fait des prélèvements sous ses ongles. On les analyse.
- Tu donneras les conclusions à Léa, qui veut suivre le dossier...
- Attends, un dernier truc.
Tu remarques quelque chose ? - Non...
- Bah regarde.
- Bah non.
- Avec un corps vieux de 10 ans, ça se voit pas.
Elle ne porte pas de vêtements.
Ils étaient sous elle, roulés en boule.
Elle était nue quand on l'a tuée.
...
- OK, merci Franck.
Aucun moyen de savoir si elle a été violée.
- Chut...
- Comment vous vous sentez ?
- Ca fait 10 ans que j'étais préparé.
- Oui, mais être préparé et l'apprendre, c'est différent.
- Euh...
La question va vous paraître un peu gênante mais...
- Est-ce que tu sais si elle dormait nue, Johanna ?
- Euh...
Je ne rentrais pas dans sa chambre...
- T'aurais pu avoir une petite idée.
- Bah... L'appart était mal chauffé et elle a été tuée
en février. Je crois pas qu'elle dormait nue.
Elle était nue quand elle a été tuée ?
Je l'ai toujours connue célibataire.
Elle a jamais ramené personne à l'appart.
- Elle savait que tu rentrerais tard ce soir-là ?
- Oui, elle savait.
- Elle a pu ramener quelqu'un exceptionnellement ?
Le meurtrier savait qu'elle voulait changer de vie.
- Du nouveau à ce sujet ?
- Rien. Aucune idée de l'endroit où elle voulait aller.
- Elle a été tuée car elle voulait partir ou elle allait partir...
- PARCE QU'ON VOULAIT LA TUER.
- J'y retourne.
- On a bien vérifié l'alibi d'Erwan ce soir-là ?
- Oui, deux fois.
Il était à une fête à la fac.
Il est rentré avec une copine qui était là à l'arrivée de la police.
- Super.
Ca va, toi ? T'es bizarre depuis hier matin.
- Non, ça va.
- Bon, je rentre à la gendarmerie.
...
- Merci.
Ca va ? Excuse-moi.
Alors ? Toujours rien ?
- Rien sur sa destination mais je crois avoir trouvé
quelque chose. Son journal intime quand elle avait 16 ans.
Ecoutez ça. "J'aimerais me réveiller un matin
"et ne plus me sentir différente. Mais cette tache ne part pas.
"Je ne rêve pas de Brad Pitt,
"mais de Jennifer Aniston."
- Si elle avait été homosexuelle, je l'aurais su quand même.
- T'as toujours été à l'ouest avec les filles, mon chéri.
C'est vrai.
- C'est plus la peine que ma mère soit là.
- Elle a du mal avec la notion de silence, mais elle dérange pas.
- La disparition, je comprends, mais dans l'intérêt du service...
- Paul, Erwan !
- Annick... Vous avez un truc important
à nous dire. - Je me suis rappelée.
2 jours avant sa mort, Johanna et son père
ont déjeuné au restaurant Les Kantinières.
- Et c'est quoi, le rapport ?
...
- Ah oui, carrément !
- On est des amateurs, mais on prend notre travail au sérieux.
On a reconstitué les emplois du temps des proches de Johanna
le mois précédent sa mort. Et regardez...
Les Kantinières. - OK. En quoi c'est important ?
- Attendez...
J'ai vérifié. C'est tenu par deux femmes.
Y a leurs photos sur le site.
Deux jours avant sa mort, ils vont déjeuner
dans un restaurant lesbien.
Alors que personne ne connaissait son orientation sexuelle.
Tu dis qu'il n'y a pas de coïncidence dans ton métier ?
- Je vois de qui Erwan a hérité son sens de la déduction.
Bravo, beau boulot. C'est une chance
de vous avoir avec nous. T'avais raison.
- On y a déjeuné car elle nous avait commandé 300 verres à pied.
L'atelier allait mal et cette commande nous a aidés.
- Vous saviez qu'elles étaient proches de Johanna et en couple.
- Peut-être. Et alors ?
- Pour votre fille, vous ne saviez rien ?
- Elle connaissait des lesbiennes donc forcément elle l'était ?
- Je crois que vous étiez au courant de l'orientation
sexuelle de votre fille.
Pourquoi vous n'avez rien dit ?
- Ca regardait qui ?
- Vous saviez qu'elle voulait quitter Montpellier ?
- Non.
- Aurait-elle voulu partir car vous n'acceptiez pas son homosexualité ?
- Et on l'aurait tuée pour l'empêcher de partir ?
Mais elle nous aidait ! La preuve que tout allait bien !
- Dans son journal, elle raconte
comment vous l'avez changée de lycée après l'avoir
surprise avec une copine. - Vous pouvez pas nous reprocher ça.
- Je ne vous juge pas. Je sais que c'est dur.
Mais je veux des réponses.
...
- Ca a l'air de marcher.
Je devrais même pouvoir savoir à quelle table ils étaient.
- Johanna évoquait son orientation sexuelle avec son père ?
- Non, on n'en parlait pas.
C'était "on s'aime et on dit rien".
Ah, voilà.
Dupieux, résa pour deux. Table 11.
C'est juste là.
- Je comprends pas.
Même à ses amis les plus proches, elle ne disait rien.
Si sa famille savait, pourquoi continuer de se cacher ?
- Le parcours jusqu'au coming out est différent pour tout le monde.
Elle avait besoin d'être acceptée par ses parents.
- Et c'était pas le cas ? Elle l'a amené ici.
- Son père.
- Plus dur avec sa mère ?
- Oui. Deux mois avant sa mort, elle lui a dit
qu'elle aurait préféré avoir une fille morte plutôt que lesbienne.
- D'accord...
D'où son envie de partir. - Je sais pas.
J'étais pas dans le secret. Si ma mère m'avait dit ça,
j'aurais eu envie de prendre de la distance.
- Excusez-moi. Oui, Léa.
- "J'aurais préféré avoir une fille morte plutôt que lesbienne."
- J'aimais ma fille. Je voulais le meilleur pour elle.
- Moi aussi, j'aime mes enfants.
Et jamais je ne pourrais leur dire un truc pareil.
- Que vous puissiez sous-entendre que mon mari et moi...
- Pas votre mari, non.
On a retrouvé des fragments de peau sous ses ongles.
L'ADN est trop endommagé pour être identifié, mais c'est une femme.
- Je crois qu'on va en rester là.
- Ce sont vos mots. La question est légitime.
- C'est insultant.
- Vous êtes placée en garde à vue à partir de ce jour,
samedi 9 mai, à 16h07 pour le meurtre
de Johanna Dupieux.
- Juste une question.
- Pourquoi je suis pas étonné ?
D'accord, Annick. Venez. - Avez-vous gardé
des photos de l'époque où Johanna venait ?
- Comme je disais à vos collègues,
elle ne s'assumait pas assez pour être montrée en photo.
- Mais elle était là à ces soirées ?
- Certaines oui.
- Ca coûte rien d'essayer.
On peut voir les autres photos ? - Euh oui.
- Je rigolais, mais c'est vraiment ta mère qui t'a tout appris !
- Johanna aurait été avec une fille, nue, et sa mère les aurait vues ?
- Elle aurait pu lui annoncer son désir de vouloir
changer de vie et elles se seraient disputées.
- Pourquoi la fille n'aurait pas témoigné à sa disparition ?
- A nous de le découvrir. Encore faut-il que cette fille existe.
- Commandant, j'ai trouvé ça au restaurant.
Pardon, ma mère qui ne doit qu'observer, a trouvé ça.
La fille, c'est Dounia Chakri, l'employée des parents.
- Ces photos ont été prises 3 mois avant la mort de Johanna.
- Je la croyais en vie. Pas de raison de vous parler de ça.
- Ses parents la croyaient morte. Vous ne leur dites jamais rien.
- En me taisant, je pensais la protéger.
- C'est son assassin que vous avez protégé.
- J'espérais que ce serait une passade et qu'elle reviendrait.
- Vous l'aimiez.
Quand elle vous a dit
qu'elle partait, vous ne l'avez pas retenue ?
- Elle voulait que je parte avec elle.
Mais j'avais 21 ans.
Et je commençais un nouveau boulot.
Je pouvais pas tout plaquer.
- Vous vous êtes disputées ?
- Plusieurs fois, oui.
- Le soir du meurtre ? - Je l'ai pas vue.
- L'enveloppe avec l'adresse du garde-meubles.
- Je sais pas ce qu'il y avait dedans, j'ai pas menti.
- Vous n'avez pas eu la curiosité
de l'ouvrir ? - Bien sûr que si.
J'avais tellement peur qu'en l'ouvrant,
je sois... Je sais pas...
J'avais peur.
- Vous étiez en couple avec elle, le soir de sa disparition ?
- Pourquoi cette question ?
- Elle était nue quand elle a été tuée.
Apparemment elle était avec une amie très intime.
- C'était pas moi.
...
- Papa t'a ouvert ? T'es là depuis quelle heure ?
- Il m'a ouvert. Je suis là depuis un moment. Bonjour !
- Bonjour, mamie.
- C'est l'anniversaire de ta soeur.
Et si on doit compter sur ta mère...
Comment se passe la fac de bio ?
- Je fais ça pour être gendarme.
- La voie royale aurait été la fac de droit.
- Mais papa et maman ont dit que... - Pour ne pas que tu sois gendarme.
- Qu'est-ce que je dois faire ? - Epluche les carottes.
- Non, pour être gendarme. - Ah.
Ton grand-père dit que ce sont les engagements citoyens
qui font la différence.
- C'est-à-dire ? - Pompier volontaire.
Ca, ça marque un jury. Dis pas que c'est mon idée.
Et bien épluchées, les carottes.
- Le commandant est plutôt sur la mère et toi, sur Dounia.
- Non, je suis sur la mère aussi. - Ton obsession à ne jamais
être d'accord, c'est génétique ? - Je suis toujours d'accord !
Bah !
- Elle est innocente. Je peux le prouver.
- Bonjour, M. Dupieux. - Bonjour.
Le certificat d'authenticité des verres commandés.
Elle est restée à l'atelier jusqu'à 1h du matin pour terminer.
- Votre femme n'est pas souffleuse de verre. Pourquoi être restée ?
- C'est pas un alibi pour ma femme. C'est pour Dounia.
...
- Je vous en prie, asseyez-vous.
Donc si vous étiez à l'atelier avec Mlle Chakri
le soir de la mort de Johanna,
vous ne pouvez pas affirmer où se trouvait votre femme.
- Si, je sais où elle était.
- Où ça ?
- A l'atelier, avec Dounia et moi.
Elle nous aidait à mettre les verres dans les cartons.
Ma femme n'a pas tué Johanna.
- Pourquoi l'avoir laissée passer la nuit en garde à vue ?
- Parce que...
Parce que vous m'avez appris ce qu'elle avait dit à notre fille.
Je ne savais pas où Johanna voulait partir.
A cause de ça, elle est morte
en pensant qu'on l'aimait pas.
Ca fait 10 ans qu'on essaie de garder la tête hors de l'eau.
10 ans... Je suis pas sûr que notre couple survive à ça.
...
- Vous n'avez pas le droit de sortir du département.
- Au revoir. - Au revoir.
...
Qu'est-ce qu'elle fait ?
Mais non... - Léa ?
Enfin... commandant ! - Mme Lebellec.
- Vous relâchez Dounia ? - Elle ne l'a pas vue ce soir-là.
- Si Johanna était avec une autre femme, Dounia doit...
- On a demandé. Elle n'en a aucune idée.
- Vous lui avez pas demandé assez.
- La condition pour que vous puissiez observer l'enquête ?
- Que je dise pas un mot. Très bien.
Mon fils me le répète mais c'est plus fort que moi.
- Dounia protège quelqu'un, on est bien d'accord.
Elle ne peut pas quitter le département.
A nous de la faire parler.
Et vous faites quoi ? - Je me tais.
- C'est pas mal, ça.
- Je vais t'en trouver, moi, des éléments.
- J'ai un truc.
Dounia avait acheté les billets pour les Chiens fous.
- Mais elle a été retenue par le boulot et n'a pas pu y aller.
- Les deux billets ont été scannés.
- Je croyais que Johanna y avait été seule ?
- Moi aussi, mais elle a trouvé un plan B.
- Y avait plus de 400 personnes à ce concert.
- On n'a aucun nom et...
Ma mère vous a donné cette photo ?
- Elle s'étonnait qu'on n'en ait pas.
- Je peux t'en donner une récente. - Non, celle-là est parfaite.
Je l'ai partagée sur les réseaux sociaux
et les gens adorent. Ca fait un carton, ça like !
- Quoi ?
- C'était une blague. T'es Dounia et t'achètes une place pour ta copine.
- Elles étaient séparées. - Mais pas au lit.
Au dernier moment, t'annules et ta copine refile ta place.
- C'est probable qu'elle ait dit à qui elle en a fait profiter.
- Exactement. T'as trouvé une raison de réentendre Dounia.
- Le commandant vient juste de la libérer.
- Je vais être obligée de demander l'autre photo à ta mère.
- Quelle photo ? - Celle où t'avais 5 ans,
t'es tout nu dans la baignoire et tu joues avec...
- Je joue avec quoi ?
- Elle ne répond pas.
- La verrerie ? - Elle n'a pas été travailler.
- Prévenez Marchal qu'on doit la retrouver.
- Vous auriez pas vu ma mère ?
- L'urgence, c'est Dounia. - Oui, commandant.
- Colonel, j'ai besoin de réinterroger Mlle Chakri.
...
- J'arrive. J'y suis presque.
...
- Sylvain, c'est moi. Je vais avoir besoin de toi.
- C'était quand ? - Elle est partie
il y a 30-40 minutes. - Maman, c'est encore moi.
T'es où ? Rappelle-moi.
Je t'embrasse.
- Elle est toujours dedans ? - Oui.
Elle va dans le dernier endroit où Johanna a été vue.
- Je vais jeter un oeil. - Non, c'est moi.
Téléphone.
Il est infernal...
- T'as déjà été blessée avant-hier.
- T'as joué ici avec ton groupe.
Moi, personne ne me reconnaîtra.
...
- Vous cherchez quelqu'un ?
- Euh... Un jus de pomme s'il vous plaît.
...
Sylvain, il est 10h35, je suis dans les toilettes.
J'ai vu Dounia. Elle est avec...
...
- Alors ? Toujours rien ?
- Je l'ai rappelée 20 fois. Rien.
- Dounia a disparu aussi ? - Y a plus personne.
- Elles ont dû partir par là.
- Ta mère me disait que Dounia était avec quelqu'un.
Elle a pas fini sa phrase.
- Et quoi, elle les aurait suivies ?
C'était quoi votre plan ?
- Ce serait pas arrivé si tu l'avais pas relâchée !
- On n'avait aucun motif pour la garder !
- Elle est venue directement ici ! Elle avait rien à foutre dehors.
- Je vais demander les caméras. - Y en a pas.
- J'ai trouvé ça. - Le téléphone d'Annick.
- Dans la cuvette. C'est plus une filature, c'est un enlèvement.
- Entrez. - Dounia a éteint son téléphone.
- On lance deux avis de recherche. Un pour Dounia et un pour Annick.
Merci, lieutenant. - Pardon, mais...
Pourquoi Dounia aurait enlevé la mère d'Erwan ?
- Dounia doit savoir avec qui était Johanna le soir de sa disparition.
Elle l'a vue ce matin pour se mettre d'accord sur une version.
- Dans les contacts en commun avec Johanna,
il y a Les Kantinières, le restaurant.
- Vérifiez les réseaux sociaux, les amis, les associations.
C'est par Dounia qu'on trouvera qui a tué Johanna.
Je préviens Marchal. - Entendu.
- Madame, vous étiez au Rock Café ce matin ?
- Il se passe quoi ? - Avez-vous été au Rock Café ?
- On est là depuis 9h. - Dounia est une amie à vous ?
- Oui, on l'a rencontrée par Johanna.
- Ma mère a disparu. Dounia doit savoir où elle est.
Pour votre mère, je ne sais pas, mais pour Dounia, demandons-lui.
Dounia ?
Y a des gens pour toi.
- Qu'est-ce qui se passe ?
- Vous coupez votre portable. - Je peux pas avoir 1h ?
Juste 1h avec mes amies ?
Pour faire le deuil d'une femme que j'ai aimée.
- Elle avait besoin de parler. - Annick Lebellec est où ?
- Je sais pas qui c'est. - Ma mère. Elle était au Rock Café.
- Mais je comprends pas, j'ai jamais...
- Vous avez bien été au Rock Café en sortant de garde à vue ?
- Qu'est-ce que t'allais faire là-bas ?
- Allez hop. - Va falloir nous suivre.
- Merci.
Annick Lebellec.
Elle vous a suivie
ce matin jusqu'au Rock Café. Depuis, plus de nouvelles.
- J'ai jamais vu cette femme de ma vie.
- Que faisiez-vous au Rock Café ? - Je vous ai dit...
Pour repenser à Johanna.
Elle y a passé sa dernière soirée.
- J'ai beaucoup de mal à vous croire.
- Je vous jure que je l'aimais.
- Sur ce point, tout le monde est d'accord.
La personne que vous avez vue ce matin au Rock Café,
est la même personne qui était avec Johanna
le soir de sa disparition, non ?
- C'est ce que j'ai cru.
Alors je l'ai appelée. On s'est vues
et je lui ai demandé. Je me suis trompée.
C'était pas elle, OK ? - Qui est cette personne ?
- Si je vous le dis, vous allez l'accuser.
- On va vérifier son alibi.
- Elle m'a donné sa parole.
- Ca vous rend complice.
- De quelqu'un qui n'a rien fait. - Ou qui l'a tuée.
Vous ne voulez pas me donner son nom car au fond de vous,
vous doutez de son innocence.
Quand on aime quelqu'un ou quand on a aimé quelqu'un,
on lui doit la vérité. C'est le minimum.
- Je veux un avocat.
- Elle a vidé sa messagerie, on ne peut rien récupérer.
- Johanna a été tuée. La mère d'un gendarme probablement enlevée
et elle préfère se taire. Je comprends pas.
- Peut-être qu'elle est convaincue. - C'est-à-dire ?
- Dounia aime trop la personne qu'elle protège pour imaginer
qu'elle ait fait du mal à Johanna. - Et la mère d'Erwan ?
- Aucune nouvelle depuis 3h.
- Marchal ? - Il voit les caméras du quartier.
- Merci.
- Je laisse traîner la demande d'avocat ?
- Il va lui conseiller de parler donc non.
Vous m'appelez dès qu'il arrive. - OK.
- 61 14. Il y a Elise Carnavalet.
- OK, elle, on l'a déjà.
mais j'ai pas le numéro.
du groupe.
- Ca fait 35 personnes qui étaient au concert ce soir-là.
- Les femmes, en priorité.
- On cherche un lien qu'il peut y avoir avec Dounia ou Johanna.
- Je continue sur le forum pour voir si on n'a pas d'autres noms.
- Je t'appelle dès qu'on a quelque chose.
- Oui.
Et Sylvain, je...
Merci de tout ce que tu as fait pour Johanna et...
pour ma mère.
- T'inquiète.
Merci, c'est sympa de dire ça.
- Je crois que moi aussi, j'étais amoureux de Johanna...
J'étais comme toi.
qu'on n'avait pas compris !
Avec ton tatouage, j'avais un avantage.
- Pourquoi tu dis ça ?
- Bah vu qu'elle avait la phobie des chiens.
C'est la 1re chose qu'elle disait et après,
Tu te souviens plus ?
- Sa cicatrice sur la cuisse.
- Je rappelle tout le monde et je te dis si j'ai du nouveau.
- Elle demandait le signe astral.
- Avec son accent du sud.
on se rappelle.
...
- Je peux avoir les clés de la voiture ?
- Tu vas où ? - Je reviens tout de suite.
- Non, je n'ai pas de nouvelles de maman,
mais on se voit ce soir à l'anniversaire.
Non plus mais on est sur le pont. Le capitaine Marchal...
- C'est au bras qu'elle s'est fait mordre.
- Je vous rappelle, Lebellec est dans mon bureau.
- Johanna trouvait l'astrologie ridicule.
Et elle n'avait pas d'accent.
- Expliquez-moi calmement.
- Sylvain Jacquelin ment. A moi, à ma mère, à tout le monde.
Pourquoi il dit qu'elle venait après ses concerts ?
Pourquoi il dit qu'il était tombé amoureux d'elle ?
Je sais pas qui est ce type mais il a jamais rencontré Johanna.
...
- Sylvain était sur scène au moment de sa disparition.
- Je dis pas qu'il l'a tuée mais qu'il ment. Il ne la connaît pas.
- Elle était à tous ses concerts. - Ils ont pu se croiser.
- T'es pas le mieux placé pour avoir des doutes sur Sylvain.
- Il ment, je le sais !
- Mais dans quel intérêt ?
- Peut-être le même que Dounia.
Elle ne veut pas nous dire avec qui elle était.
- Sylvain protégerait quelqu'un ?
- Peut-être que c'est juste un pare-feu
pour pas qu'on découvre la vraie raison.
- Ta mère aurait rien vu ? - C'est à lui qu'il faut demander !
Ma mère a disparu. Faites-moi confiance.
Y a un truc qui va pas. - OK.
Sabine va éplucher le passé de Sylvain
et celui des membres du groupe. Si le meurtrier a un lien
avec Dounia et Sylvain, on le trouvera.
Allez chercher Sylvain. - OK.
- Chloé ?
- Salut. - Sylvain est pas là ?
- Il est parti il y a plus d'1h.
T'as des nouvelles de ta mère ?
- Il ne répond pas. Vous pouvez essayer d'appeler ?
Peut-être qu'il vous répondra. - Oui...
...
- Alors ?
- Il répond pas non plus.
- Je comprends rien.
T'étais sur scène, t'as pas pu tuer Johanna.
- Arrête, Annick. Fais pas semblant.
Dans les toilettes, t'as tout entendu.
- J'ai rien entendu. T'étais dehors, ça pouvait pas être toi
dans les toilettes avec Dounia.
Pourquoi tu fais ça ?
- Pour te protéger.
- Me protéger ? - Et gagner du temps.
Tu pourras dire que tu savais rien.
- Mais je sais rien !
- Allô ?
J'étais parti voir si Annick était chez les parents de Johanna.
Non, elle y était pas.
OK...
Dis-leur que je serai là dans 20 minutes.
Je te mens depuis le jour où je t'ai rencontrée, tu sais ?
- Détache-moi. Dis-moi que tu es innocent.
- Ton fils et son chef m'attendent au bateau.
Je suis désolé, c'est fini. Je voulais pas te faire de mal.
- Qu'est-ce qui est fini ?
Parle-moi, Sylvain. - Non. Sinon tu seras complice.
- S'il te plaît...
- Tu veux vraiment savoir ?
- Il vient de borner sur la côte. Il se dirige vers le port.
- OK. Je préviens Marchal.
Envoie des renforts, je le sens pas, là.
- Après la mort de Johanna, vous êtes régulièrement
allée voir les Chiens fous. Vous étiez fan ?
- Ma cliente répondra si les questions sont
précises et factuelles.
- Bien ! Alors...
Quel était votre lien avec le batteur
du groupe, M. Sylvain Jacquelin ?
- Je ne lui ai jamais parlé.
- La personne qui a tué Johanna était au concert des Chiens fous.
Pour être précise et factuelle, avez-vous recroisé au concert
suivant une ou plusieurs personnes
qui avaient connu Johanna ?
- Vous êtes innocente.
Vous devez penser à vous.
- J'y suis allée avec une fille.
- La même fille que vous avez vue ce matin ?
Et dont vous vous obstinez à taire le nom ?
- C'est une fille bien.
Elle aimait Johanna.
Elle aurait jamais pu lui faire du mal.
- Depuis 10 ans, vous avez cru que Johanna était encore en vie,
mais la vérité, c'est qu'elle est morte. Elle a été tuée.
Assassinée. En gardant le silence,
vous vous rendez complice de son meurtrier ou de sa meurtrière !
Elle souffle.
- Quand vous m'avez dit que Johanna était nue,
j'ai pensé qu'elle était avec elle.
- Ce matin, vous êtes allée la voir pour lui poser la question ?
Qu'est-ce qu'elle vous a répondu ?
- Qu'elle y était pour rien.
- Vous l'avez crue ?
- Je sais plus... Je sais plus.
Elle pleure. - Dounia.
Regardez-moi. On a besoin de savoir qui est cette personne.
Faite-le pour Johanna.
- Ah.
- Toujours rien ?
- Non. Vous non plus, j'imagine.
- Vous aviez besoin de moi ?
- Où est ma mère ?
- Comment ça ?
- T'as jamais connu Johanna ! Où est ma mère ?
- Erwan.
- Tu fais quoi ?
- Lâchez-ça. - J'ai tué Johanna.
- T'étais sur scène ce soir-là.
- Foutez-moi le camp ! - Où est ma mère ?
- C'est moi qui vais tirer !
- Non, qu'est-ce que tu fais ?
- Arrête !
Fais attention.
Téléphone. Toi aussi !
- Décroche, Paul.
- Erwan ne répond pas.
- Messagerie, putain. - Et les renforts ?
- Moins de 5 minutes.
- Décroche, décroche.
...
- Sylvain, lâche ça.
- Je sais ce que je fais.
- S'il te plaît ! - Réveille-toi.
... J'ai tué Johanna...
Elle ne voulait pas de moi. - Non !
Attendez !
- Retourne dans la voiture, t'étais d'accord !
- Pour te prévenir, pas pour te suicider !
- Arrête ! - Lâche-moi !
- Eloigne-toi !
- Même si tu tires, je dirai tout.
...
- Oui.
- C'est Chloé qui était la maîtresse de Johanna.
- Sylvain, lâche ça.
- Hé !
- Sylvain...
Je dirai la vérité.
Moi aussi, je la dirai. S'il te plaît...
Il pleure.
...
- C'était pas votre frère,
qui était amoureux de Johanna, mais c'était vous.
Et c'est pour vous voir qu'elle allait aux concerts, c'est ça ?
- Oui.
Quand Dounia et Johanna ont rompu,
elle s'est consolée avec moi.
Je voulais partir avec elle.
Mais Johanna, c'était Dounia qu'elle aimait.
Elle préférait partir seule que de partir avec moi.
Elle ne voulait même pas m'écouter. Ca m'a rendue folle.
Alors, j'ai pris la lampe de chevet...
Je voulais juste qu'elle m'aime, moi.
Je ne supportais pas qu'elle me quitte.
- Comment vous étiez au courant pour le box ?
- Je l'avais aidée avec les cartons.
- Et la musique classique ?
- Pour faire croire à un meurtre de Fabrice Guillaumin.
A l'époque, c'était partout dans les journaux.
- Dounia vous a appelée et... - Quand j'ai vu son numéro,
j'ai su qu'elle avait compris. J'aurais jamais dû y aller.
J'aurais jamais dû prévenir mon frère.
J'aurais dû comprendre que tout était fini.
- Ca fait longtemps que votre frère vous protège ?
- Depuis que j'ai fait une tentative de suicide. Il y a 5 ans.
Il avait rien demandé.
Je pensais pas qu'il se sacrifierait pour moi.
Vraiment...
- Je peux plus te faire confiance après ça.
Mais tu m'as aimée, quand même ?
- Evidemment.
Bien sûr que je t'aime. T'es devenue toute ma vie.
- Il faut y aller.
- Moi aussi, je t'ai aimé.
- Au revoir.
Bah alors ?
Tu dis pas au revoir ?
- Si, je... Bien sûr...
Euh... Au revoir.
- A demain, sauf si t'es en congé.
- Non, je serai là demain. - Cool.
- Bon anniversaire ! - Je peux t'aider, maman.
C'est magnifique ce que tu as fait. - Fais-moi de la place.
Oh ! - Attends, je m'en occupe.
- Laisse ! - Ca va ?
- C'est l'anniversaire de ta fille, c'est pas le moment.
- Vous avez choisi ? - Tu veux quoi, maman ?
- Je vais prendre un bol végétarien.
- La même chose, s'il vous plaît.
Super. Merci. - Merci.
- Santé alors.
- Santé.
- Maman, j'aurais dû t'écouter. Tu avais raison.
J'essaye d'oublier la mort de Johanna...
- Non. C'est moi qui aurais dû.
T'avais raison pour Sylvain.
Mais bon... On voit bien que les vérités qu'on veut.
- Je suis désolé.
- Tu sais quoi ?
Je regrette rien.
Ca choquera peut-être, mais je ne le renierai pas.
J'ai été heureuse avec lui.
Après le divorce, je pensais plus que ce serait possible pour moi.
Mais ce qui est important, c'est nous deux.
- C'est nous trois, même.
Demain, je vais chercher Linette
pour les vacances.
Tu pourrais rester un peu avec nous.
- Ou plus.
- Oui...
Elle rit.
On verra... Ca te dit ?
- Ouais !
- Coucou, chérie. Ca va ?
- Ca va.
- Tu sais,
je suis au courant. Maman m'a dit.
- Désolée de ne pas t'en avoir parlé.
- Non, t'as pas à être désolée.
En tout cas, je veux que tu saches que je serais toujours là.
Toujours.
Et... je serai à la place que tu voudras.
- Papa... Merci.
- Je veux pas gâcher ton anniversaire.
Viens là ! Elle rit.
- Je suis une grande fille. - Je sais !
- Super belle, cette robe.
- Merci. - Dommage qu'elle te boudine.
- T'as arrêté la fac de bio pour faire l'école du rire ? Pas mal !
- Je dois m'incliner.
- Ca m'a manqué.
- Maman !
Il arrive quand, papa ? - Il ne viendra pas. Je le quitte.
- Qu'est-ce que tu racontes ?
- Il m'avait promis de prendre sa retraite. Hier,
il m'annonce qu'il reste un an de plus.
Alors ce sera sans moi.
- Qu'est-ce que tu racontes ?
Tu plaisantes ? - Drôle de plaisanterie.
Hmm ?
- Ca fait 14 ans que tu me reproches d'avoir quitté Paul.
"Le mariage, c'est sacré. On divorce pas dans la famille."
Et là, en 24h, tu décides de quitter papa ?
- On va y aller... - C'était pas le moment.
- Y a un moment pour l'hypocrisie ?
- Tu veux parler d'hypocrisie ? Parlons-en. J'ai appelé Grégory.
Tu sais ce qu'il m'a dit ?
Qu'il préférait ne pas venir parce que tu l'avais quitté.
Il a rajouté que le seul but de votre relation
était de te prouver que tu pouvais refaire ta vie sans Paul.
Tu ne l'as jamais oublié. C'est Grégory qui le dit, pas moi.
- S'il te plaît...
- Qui avait raison, il y a 14 ans, de te dire de ne pas le quitter ?
Parce que Paul est ce qu'il est,
mais c'est le seul capable de t'apporter ce dont tu as besoin.
Alors, ce verre, il est où ?
Hein ?
...
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