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Original subtitles

...

Sirènes de police.

...

- Gendarmerie. Vous avez appelé ?

Gendarmerie !

- On dirait du sang.

- Vous nous avez appelés ?

- Gendarmerie. Vous nous entendez ?

...

- Marchal ? - Ouais.

- Bah, t'es pas malade ? - Non. C'était ouvert ?

- Oui, c'était ouvert. Tu prends un jour de congé.

Tu éteins ton portable, on s'inquiétait.

- Au point de venir chez moi ?

- Je trouve pas les P. -V. de Collard.

Tu les as emportés chez toi ?

- Merde. Pardon. Désolé.

- Paul, ça va ?

- Oui, oui...

C'est... C'est mon fils, Thomas.

Je suis inquiet pour lui.

Il a passé la nuit avec une copine de fac.

Elle rit.

- Et alors ? Il est grand, non ?

- Oui, mais il se demande s'il y a une histoire possible entre eux.

Il ne sait pas comment il va gérer la prochaine fois qu'il la verra.

- C'était bien entre eux ?

- Ouais, carrément. Super.

- T'es très proche de ton fils. Il te raconte vraiment tout.

- Ouais. Il l'aime bien. Il ne veut pas la blesser.

- Qu'il la laisse venir. Si elle ne dit rien non plus,

vous ferez comme si de rien n'était.

- Ouais, voilà...

Je vais faire ça... Enfin, je vais dire à Thomas de faire ça.

- Merci pour les P. -V.

Et surtout, tiens-moi au courant pour... Thomas.

- Bonjour, Marc.

J'ai eu des messages ? - Non, commandant.

- Bonjour, commandant. - C'est gentil, merci.

- Avec plaisir.

Le capitaine Marchal a posé sa journée ?

- Ah bon ? Je sais pas, j'ai pas vu le planning.

Ce cambriolage, avec ces traces de sang, ça a donné quoi ?

- A priori, rien n'a été volé.

- Bonjour, Sabine.

- Je préfère patienter.

- C'est l'arme que les cambrioleurs

ont abandonnée en partant. - Après s'être tirés dessus ?

Excusez-moi. Vous, vous y croyez ?

- Non. Il n'y a que les empreintes de la dame.

- On a tenté de la cambrioler et elle s'est défendue.

- C'est plus compliqué que ça. Elle s'appelle Denise Guillaumin.

- Comme Fabrice Guillaumin, le tueur en série ?

- Exact. C'est sa mère.

- Il y a un rapport entre le cambriolage et son fils ?

- On n'en sait rien, mais il est en prison.

- Les hôpitaux ont signalé des blessés par balle ?

- Non. - Vous me tenez au courant.

- Commandant ?

Le sang qu'on a retrouvé dans le garage de Denise Guillaumin,

on l'a analysé et on a un match.

La personne qui a saigné a 50% de son ADN

en commun avec Erwan.

- Quel Erwan ? - Notre Erwan.

- Erwan étant fils unique... - En tout cas, officiellement.

- C'est forcément le sang d'un de ses deux parents.

Ca n'a pas de sens. Il est au courant ?

- Pas encore. - Qu'est-ce qu'on a sur eux ?

- Pas grand-chose.

Ils sont divorcés et ils vivent en Bretagne.

- On a retrouvé le sang d'un des parents d'Erwan, chez la mère

d'un tueur en série. C'est ça ?

- On le prévient ? - Non.

On appelle d'abord les parents.

Marchal reporte ses congés. - Il a coupé son portable.

- Je l'appelle sur son fixe...

- D'accord...

Oui, M. Lebellec, c'est pour ça que je vous appelle.

Excusez-moi. Erwan est juste en train d'arriver.

Merci beaucoup, M. Lebellec. Bonne journée.

- Il est dans le Morbihan.

- Le numéro de ta mère ?

- Pourquoi vous localisez mes parents ?

- Tu sais qu'au cas où on contamine une scène de crime...

- Nos empreintes sont fichées.

- Et alors ? - On a retrouvé du sang

sur une scène de cambriolage à 30 minutes d'ici.

Ce sang a 50% d'ADN en commun avec le tien.

Messagerie...

- Il est arrivé quelque chose ?

- On a juste trouvé un peu de sang.

- On ratisse la zone.

- Ma mère me l'aurait dit.

- Le cambriolage a eu lieu chez la mère

d'un tueur en série. - Fabrice Guillaumin ?

- Comment tu le sais ?

- Putain, c'est un cauchemar. Ca fait dix ans !

- Ca fait dix ans que quoi ?

- La 4e victime s'appelait Johanna Dupieux.

C'était ma meilleure amie, on habitait ensemble.

Ce soir-là, quand je suis rentré à la coloc',

il y avait personne et il y a avait de la musique classique à la radio.

- Comme pour les 3 1res victimes. - On vient de me briefer. Ca va ?

- Erwan avait signalé la disparition.

- Pas de corps, pas de traces de lutte, pas d'effraction.

Juste la porte ouverte et de la musique classique.

- Tes parents la connaissaient ?

- Ma mère, oui. Elle venait me voir pendant mes études.

Elle s'était prise d'affection pour Johanna.

Elle pensait qu'on était faits

l'un pour l'autre...

Fabrice Guillaumin a été arrêté,

mais il a jamais rien dit.

Pas un mot.

Mais on a retrouvé son ADN, sous les ongles des 3 1res victimes.

- Pour le meurtre de Johanna, il a été condamné aussi.

- Pour les jurés et pour la famille de Johanna, c'est lui, le tueur.

Mais vu qu'on n'a jamais trouvé de corps...

Certaines personnes ont pensé

qu'il fallait continuer de chercher.

- Certaines personnes dont votre mère ?

Au fond de vous, Erwan,

vous pensez vraiment qu'il a pu tuer Johanna ?

- Je sais pas. Il y a eu un procès,

il a été reconnu coupable. Il faut avancer, sinon...

Sinon on ne vit plus.

- Vous savez où on peut trouver votre mère dans la région ?

- Où, je sais pas, mais peut-être avec qui...

- Tu l'accompagnes ? - Ouais.

Un amant ? Elle est pleine de surprises, Mme Lebellec.

- Elle l'a rencontré sur le forum.

- Ca sonne ?

- Bonjour, Sylvain. C'est Erwan.

- Ca va, merci. Je cherche ma mère, elle est avec toi ?

- T'es à la maison ?

est sortie sans portable.

- D'accord. Pas grave. Je la rappellerai. Je te remercie.

- Ciao. - Il est pas en Bretagne.

Il est à 30 minutes d'ici.

- Qu'est-ce qu'il fout ici ? - Je vais aller vérifier.

- Je viens.

- OK.

...

Bonjour, on peut monter ?

Capitaine Marchal. Gendarmerie nationale.

Vous habitez ici ? - Ouais...

- Sylvain Jacquelin, vous connaissez ?

- C'est mon frère. - Vous l'hébergez ici.

C'est pas une question. On a localisé son portable.

Sylvain Jacquelin ?

- Oui. Il y a un problème ? Erwan ? Qu'est-ce que tu fais là ?

- Comment vous êtes là ? Il y a 20 minutes,

vous étiez en Bretagne...

Vous avez un moteur très puissant !

Annick Lebellec est ici ? - Tu surréagis, non ?

- Il ne m'entend pas ou quoi ?

C'est moi qui pose les questions. Annick Lebellec est ici ?

- On va tous se calmer.

- Je suis calme. Sinon, j'aurais fait comme ça. Annick !

Annick Lebellec !

- C'est bon. C'est bon...

Pas d'alerte enlèvement. Tout va bien, je suis là.

Erwan, qu'est-ce que tu fais là ?

- C'est à moi de te poser la question !

- Je connais le chemin... C'est invraisemblable !

Je me fais tirer dessus et c'est moi qu'on met en garde à vue.

- Bonjour.

M. Jacquelin, en salle d'interrogatoire.

Mme Lebellec. Commandant Soler. - Enchantée.

- Comment va votre bras ? - C'est superficiel.

J'ai été infirmière 35 ans. En revanche, si vous pouviez

dire à vos collègues qu'on faisait juste notre devoir.

- Et vous aviez une commission rogatoire pour faire ça ?

- On est allés dans le garage.

- C'est une propriété privée. Vous êtes policier ?

- Votre prénom, c'est Léa, c'est ça ?

- Exact. Vous risquez 3 ans de prison pour un cambriolage.

- Dites à Erwan que je veux lui parler.

Merci.

Mon fils me l'avait dit, vous avez des yeux magnifiques.

On frappe à la porte. - Entrez.

- Denise Guillaumin nie toujours avoir tiré.

Mais c'est bien son arme, donnée par un codétenu de son fils.

- Vous avez la matinée pour consigner ses aveux.

- Elle est étonnante,

la maman d'Erwan. Lui qui est tellement carré.

- La matinée, Paul. - Ouais.

- Pourquoi t'avais pris ta journée ? Ca va ? Je te trouve très en forme.

Son téléphone sonne.

Excuse-moi.

- Toi, ça va ? T'as pas l'air...

- J'ai pas l'air quoi ? - Grégory, ça va ?

Ca fait combien de temps ? On n'est pas loin d'un an...

Ca doit être ses tisanes...

- Tu fermes la porte en sortant ?

- Comme c'est important de s'entendre avec son beau-père,

je me suis dit que j'allais donner

à Erwan l'audition de Jacquelin ?

- Ouais, c'est tellement important.

...

- Est-ce vous ou Mme Lebellec

qui êtes à l'initiative de ce cambriolage ?

- Initiative conjointe. C'est ton boss qui t'oblige à me vouvoyer ?

- C'est la procédure. - Hmm...

- Vous cherchiez quoi chez Mme Guillaumin ?

- Erwan, détends-toi, là. - Qu'est-ce que vous cherchiez ?

Il souffle.

- Les 3 1eres victimes de Fabrice Guillaumin

avaient toutes croisé sa mère. Une assistante sociale,

une banquière, une employée de mairie.

Il les a tuées pour sa maman.

- On ne refait pas le procès, là. Qu'est-ce que vous cherchiez ?

- Un lien entre Johanna et Denise Guillaumin...

Pourquoi son fils aurait tué Johanna ?

- C'est vague, un lien... - Nous, on est juste bénévoles.

On fait ce qu'on peut. C'est votre boulot.

- Fabrice Guillaumin a été jugé et condamné.

- C'est vrai, mais il n'a jamais avoué.

On cherche une preuve accablante.

Passe prendre l'apéro ce soir, ça fera plaisir à ta mère.

- Vous avez pris quelque chose là-bas ?

- Ta mère, oui. Une blessure au bras. Elle fait ça pour toi.

- Et toi ? - On est du même côté.

- Toi, tu t'amuses. Pour moi, la mort de Johanna,

c'est pas un jeu, tu vois ?

- Ma conviction, c'est que la disparation de Johanna

n'a rien à voir avec Fabrice Guillaumin.

- Ca a voir avec qui, alors ?

- N'importe qui a pu mettre de la musique classique en partant.

Vous n'avez jamais retrouvé Johanna parce qu'on vous a manipulés.

- Par le vrai coupable.

Personne n'avait une raison de la tuer.

- La tuer ? Peut-être qu'elle est enfermée dans une cave.

Ou elle a refait sa vie sur une île.

- Oui, avec Elvis Presley et John Lennon.

Je connais cette théorie.

C'est le 1er fait divers sur lequel vous enquêtez ?

- Tant qu'on a pas retrouvé le corps,

on doit continuer de chercher.

Vos sarcasmes ne me feront pas changer d'avis.

- Pourquoi n'être allée que maintenant chez les Guillaumin ?

- La maison est en vente. C'était le moment ou jamais.

Avant qu'elle ne se débarrasse de tout.

- Si elle avait eu des preuves, elle les aurait gardées ?

- Qui vous dit que j'ai pas trouvé ?

- Je vous écoute.

- D'accord. Mais j'ai une condition avant.

- Ah, c'est dommage !

On va devoir s'arrêter là. Ca s'est joué à pas grand-chose.

Je vais rappeler un de mes collègues

pour qu'il vous ramène en cellule. - Non, Paul...

C'est une petite condition. C'est tout.

Vous ne connaissiez pas Erwan à l'époque,

mais il a été brisé par la disparition de Johanna.

C'est pour lui que je fais ça. Ca fait 10 ans que j'attends ça.

- Paul ! Paul !

Tu peux fermer la porte ?

C'est toi qui as autorisé Erwan à interroger Sylvain ?

Qu'est-ce qui t'a pris ?

- C'est une blague ?

Tu m'as donné l'autorisation. - Comment ça ?

Comment j'aurais autorisé un truc pareil ?

- Si tu passais moins de temps au téléphone...

- Et... donc ?

- C'est un phénomène, cette Mme Lebellec. Je l'aime bien.

- Ca ne m'étonne pas. - Elle aimerait observer l'enquête.

- Bien sûr. Je vais lui donner une médaille et mon bureau.

- Elle a besoin de passer du temps avec son fils.

Erwan ne la voit presque plus.

- Qu'ils partent en camping, hein ?

- Elle dit qu'elle a une preuve. Ca coûte quoi de l'écouter ?

- Ca a été jugé ! Tu vas pas t'y mettre aussi !

- On peut s'amuser...

- J'ai pas envie. J'ai beaucoup de travail !

- Quand elle aura posté sa preuve, on passera pour des cons.

- Vous avez la matinée. Mais ils seront poursuivis

pour le cambriolage.

...

- On est juste devant.

- Je suis Inès Zaïdi, lieutenant de gendarmerie.

Quelque chose est arrivée à votre mère cette nuit.

Des gens se sont introduits chez elle.

Des gens qui cherchent la vérité sur Johanna Dupieux.

Votre mère leur a tiré dessus.

Elle va être poursuivie pour tentative d'homicide.

- C'est quoi votre parfum ?

- C'est pas la 1re fois que des gens viennent voir votre mère.

Le seul moyen de la protéger, c'est d'avouer la vérité.

- Une odeur de pomme.

- Les gens auront leur réponse. Votre mère ne sera plus ennuyée.

- Ma mère n'aime pas les parfums sucrés.

Elle dit que ça fait mauvais genre.

- Fabrice...

votre mère a plus de 80 ans.

Vous pensez qu'elle va tenir encore combien de temps comme ça ?

- Je veux lui parler.

- J'ai l'autorisation de monter à bord ?

- Je leur ai dit. Tout est de ma faute.

Sylvain n'y est pour rien.

Fabrice Guillaumin a été décrit comme étant un homme impuissant.

Relation fusionnelle avec sa mère.

Il a tué des femmes à cause de sa mère...

- Annick, cette preuve.

- Deux secondes, je vous donne le contexte.

Chloé, comment s'appelle cette voile ?

- La grand-voile. - Tu peux aller me chercher

ce qu'il y a dans la pochette bleue sous la grand-voile ?

Johanna a disparu le 23 février 2010,

entre 23h30 et 00h30.

Le soir de l'anniversaire de Denise Guillaumin.

Avant de me faire tirer dessus, j'ai trouvé ce vieux téléphone

dans le garage chez Denise Guillaumin.

Regardez dans l'album photo, 23 février 2010.

- C'est verrouillé.

- Essayez la date de naissance du fils.

24/06.

...

- Allô ?

Ca va ?

Ils t'ont fait du mal ?

Ne t'inquiète pas. - T'es en garde à vue ?

- A mon âge, ça m'étonnerait qu'il me garde longtemps.

- T'inquiète pas, mon coeur. On a connu pire.

- Dis la vérité.

C'est toi qui décides. D'accord ?

- Moi aussi, je t'aime, mon chéri.

- Mme Guillaumin, vous avez tiré sur Annick Lebellec ?

- Oui.

- Mélanie Gardel, la 1re victime de votre fils,

vous l'aviez déjà rencontrée avant ?

- Oui.

- Ca s'était mal passé avec elle ? C'est pour ça qu'il l'a tuée ?

- Oui.

- Vous le lui avez demandé ?

- Non.

- Lorraine Valant. Flore Grandjean.

Les deux femmes qui ont été retrouvées dans la rivière,

avec elles aussi, ça s'est mal passé ?

- Oui. - Alors votre fils les a tuées.

- Oui. - C'est vous qui lui avez demandé ?

- Non.

- Johanna Dupieux. Vous l'avez rencontrée à quelle occasion ?

- Je ne l'ai jamais rencontrée.

- Alors, pourquoi votre fils l'a-t-il tuée ?

- Mais mon fils n'a pas tué Johanna Dupieux.

- J'en ai pour deux secondes.

Oui. Qu'est-ce qu'il y a ? Je suis en réunion avec le préfet.

- La maman d'Erwan a raison. C'est pas Fabrice Guillaumin

qui a tué Johanna Dupieux. Il était avec sa mère, ce soir-là.

On a un assassin dans la nature depuis 10 ans.

- Tout ce qui a un lien avec Johanna Dupieux,

on le met sur la table, le reste repartira aux archives.

- OK. Si on récapitule. Il y a 10 ans, quelqu'un a maquillé

la disparition de Johanna Dupieux

en meurtre de Fabrice Guillaumin.

Tous les témoins de l'époque sont nos suspects.

Ce qui inclut Erwan, évidemment.

On doit tout revérifier.

Excusez-moi. Oui, Marchal.

- J'en ai rêvé de ces dossiers.

- Je crois qu'on avait dit avec les yeux.

- D'accord, très bien. - Voilà, merci.

- Ils sont chez les parents de Johanna.

On a du nouveau ? - La vidéo a été prise

le soir de la mort de Johanna. - De la disparition.

- De la disparition.

- Si elle était encore en vie,

pourquoi n'a-t-elle pas donné de nouvelles depuis 10 ans ?

Elle avait des problèmes ? - Moi, je sais pas...

C'est à lui qu'il faut demander.

- Annick, je peux te parler ?

- Qu'est-ce que j'ai dit encore ?

- Maman, je suis lieutenant de gendarmerie.

- Mais t'as connu Johanna !

- Tu crois que ça me fait plaisir ? J'essaie d'oublier !

- Oublier ? C'était ton amie. J'espère que tu n'oublieras jamais.

En revanche, essaie de comprendre ce qui est arrivé !

- La vérité ne ramènera pas Johanna.

- Et si elle était séquestrée dans une cave ?

- Arrête avec tes théories ! C'est insupportable.

- De toute façon, tu viens plus jamais me voir.

Qu'est-ce que ça peut te faire ?

- Justement, c'est parce que tu enquêtais sur Johanna.

Même ton mec, tu l'as rencontré sur le forum.

- Eh bah, voilà.

T'as pas accepté qu'il soit plus jeune que moi.

- C'est reparti.

- Depuis sa naissance, j'ai vu ma petite-fille que 3 fois.

- Je suis au travail.

- Et le président de la République et sa femme ?

La différence d'âge ne les empêche pas de s'aimer !

Ta chef m'a dit de rester tout le temps avec toi.

- Elle a dit en silence aussi, je crois.

...

- Oui, en fait... Je peux pas trop te parler.

Je suis au boulot, là. Je te laisse.

- Attendez-moi là. Alain, il y a des gens pour toi.

- OK. Je finis ça et j'arrive.

- Merci.

Il souffle.

- On n'a pas eu le temps de se parler.

- Non, j'ai eu plein de coups de fil, du coup...

- Tu voulais poser ta journée ?

- Oui, parce que j'ai des travaux... - Ah, c'est pour ça.

C'est quoi comme genre de travaux ?

- Euh... une piscine. - Une piscine ?

Sur la terrasse d'un immeuble ?

C'est Miami, chez toi.

- Carrément.

- Ecoute... - Tu sais...

- Vous vouliez me parler ?

- Oui, bonjour.

Capitaine Marchal et lieutenant Zaïdi.

On voulait vous parler au sujet de votre fille.

- Je vous écoute.

- On vient d'apprendre aujourd'hui

que Fabrice Guillaumin ne peut pas être l'assassin de Johanna.

- Mais il est en prison.

- Oui, mais pour les meurtres des 3 autres femmes.

Guillaumin n'a jamais croisé la route de Johanna.

- Ca fait 10 ans. On ne peut pas revivre ça une 2e fois !

- On veut vous poser des questions.

- Johanna travaillait ici, au moment de sa disparition.

- On a déjà raconté ça. - C'était une période compliquée.

- Elle vous aidait pour des licenciements ?

- On avait 3 employés, on ne pouvait en garder qu'un.

Elle était en master de droit. Elle nous a conseillés

sur les procédures.

- On pensait que la crise serait temporaire,

mais après ce qui est arrivé à Johanna...

Je sais même plus comment je dois dire.

On n'a jamais eu la force de réembaucher.

- Voici la liste des proches de Johanna.

Il y en a avec qui vous avez gardé le contact ?

- On a coupé les ponts avec ces gens.

- C'est beau ce que vous faites ici.

- Merci.

- Je peux vous poser une question, à propos de Johanna ?

Vous travailliez ici quand elle a disparu ?

- Ouais.

- 3 employées, il ne devait en rester qu'un...

Ca a dû être compliqué.

- C'était pas facile, non. - C'est Johanna qui décidait

qui restait ?

- Elle a sans doute donné son avis, mais c'est son père qui a choisi.

- Qui vous a choisie, vous.

Pourquoi vous ? Vous savez ?

- J'étais la plus jeune, la moins bien payée.

J'imagine que c'est pour ça.

- Vous pourriez m'aider à contacter vos anciens collègues ?

- Ta mère dit que Johanna aurait pu choisir de disparaître.

- Elle a pas choisi de disparaître.

- On peut au moins l'envisager.

Elle aurait pu avoir une double vie, par exemple ?

- Non.

- Tu as décrit Johanna comme "une personne secrète.

"Très douée pour le droit. Pas de relation amoureuse connue.

"Elle était très souvent absente

"de l'appartement". - Elle avait 24 ans.

Elle voulait être avocate. Ses projets étaient à Montpellier.

- T'as dit aussi qu'elle fréquentait le bar Rock Café.

C'était un peu son QG.

- Oui, elle allait là-bas pour découvrir des groupes de rock.

- Toi aussi, tu y allais ? - Non, j'étais pas très rock.

- Ce soir-là, tu dînais avec des amis.

D'autres endroits qu'elle aurait pu fréquenter ?

- Non. - Des amis à elle ?

- Non plus. - Tu réponds trop vite.

- Je ne peux pas être sur cette affaire.

Enquêteur et témoin à la fois... - Au contraire,

la perte d'une amie, ça peut être plus violent

que la perte d'un parent. Tu pourras jamais faire le deuil.

C'est ton métier, tu vois ça tous les jours !

Erwan, tu vas nous aider. D'accord ?

- Je conduis, comme ça tu passeras tes coups de fil.

- D'accord... J'ai pas envie que tu penses

que parce que je suis un mec, automatiquement...

- On dirait un élève qui a peur d'être collé.

Paul, ce qui s'est passé entre nous,

c'était bien, mais c'était rien. Détends-toi.

Respire. - Ca va, c'est bon.

Je... On en a parlé, c'est cool.

- Voilà. - C'est cool.

- C'est fait. On en a parlé.

- En revanche, on garde ça pour nous. C'est pas utile.

- Ben oui.

Enfin, sauf à Léa, bien sûr.

On est obligés de la tenir au courant.

- Je pense pas qu'on soit obligés.

Putain ! T'aimes bien me faire marcher, toi.

- A peine, capitaine... Ah, ça rime !

- Ca rime, ouais.

- Le bout du chou.

- C'était sa 1re bougie d'anniversaire. J'y étais pas.

Là, c'est ses 1ers pas sur la plage.

J'y étais pas non plus.

- C'est ta faute aussi, maman. Quand tu es dans la région,

tu ne me le dis même pas.

- Tu veux voir Erwan en panda géant ?

- Maman, s'il te plaît.

- Là, regarde. Un lendemain de fête.

Mon canapé s'en rappelle encore. - Montre.

Je savais pas que t'étais fan de ce genre de truc !

T'as changé. - Il a arrêté de sortir.

- Pour la peine, t'as droit au 1er cocktail.

- Attends, je vais t'aider. - Non, c'est bon.

- Tu ne m'as même pas demandé comment allait mon bras.

- J'ai eu très peur ce matin, maman.

- Tu te sens coupable d'avoir été absent le soir de la disparition.

Mais tu ne comprends pas que... - Tu fais tout ça pour moi.

Je sais, j'ai compris. - Erwan... Je suis sincère.

Ta vie, elle a changé ce soir-là.

T'es devenu très sérieux. Tu ne t'amuses plus.

Alors que t'étais pas le dernier à faire la fête.

En dehors de ton travail,

t'as rien construit.

J'ai l'impression que la vie passe et que tu la regardes.

Mais moi, je savais pas quoi faire pour t'aider.

Et puis... j'ai eu l'idée de cette enquête et du forum.

- Et voilà la suite !

- Qui veut des petites olives ? - Je mets ça là.

Pour toi.

Hop.

A la vôtre ! Et bienvenue à bord.

- Johanna coche des cases du profil des disparus volontaires.

En revanche, on n'a rien qui ressemble à une motivation.

- Maquiller une disparition en meurtre,

ça se tient psychologiquement ? - Pas vraiment.

Les disparus se gardent toujours une possibilité pour revenir.

- Donc, on est face à un homicide ou à un enlèvement.

On a avancé de ce côté-là ?

- Inès ?

- On contacte les personnes que Johanna a fréquentées.

Apparemment, aucun conflit.

- On n'a rien. - On a peut-être un truc.

On a appelé les anciens employés des parents de Johanna.

Ils se souviennent à peine l'avoir croisée.

- Et ?

- Dounia Chakri. L'unique employée des Dupieux.

Elle dit qu'elle était la plus jeune et la moins bien payée.

C'est pas vrai. Un était plus jeune et un autre moins bien payé.

- On peut se demander pourquoi Dounia Chakri a été choisie.

- Et pourquoi elle a menti.

Très bien, lieutenant. Continuez.

- Salut, maman.

- Tu veux pas rester dîner ?

- Non, merci.

- Tu viens à la plage ? - Oui, j'arrive.

C'est bizarre pour toi, mais Sylvain, c'est la meilleure chose

qui me soit arrivée depuis ton père.

- C'est ton dernier mot ?

- Oui et merci pour l'apéro.

- Comme tu veux. En tout cas, je suis prêt pour aller me baigner.

- Il avait le logo du groupe Les Chiens fous tatoué.

- Certain.

Le soir de sa disparition, Johanna allait les voir au Rock Café.

- Ca veut dire quoi, ça ? Que Sylvain connaissait Johanna ?

- Ca fait 5 ans qu'il ment à ma mère. Il a un lien avec elle.

- Il sait que vous avez vu son tatouage ?

- Vous ne faites rien. Vous rentrez chez vous.

On intervient demain matin.

Vous m'avez entendue ? C'est un ordre.

...

- Bonjour, ça va ? - Bien dormi ?

- Ca va. - T'as raté un coucher

de soleil magique ! - Ah bon ?

- Vous avez besoin de moi ?

- On va éplucher les hypothèses des membres du forum.

- Si je peux aider. - Je te laisse passer à l'avant.

- Pardon, madame. - Les femmes à l'arrière.

- Gendarmerie. Mains sur la tête !

- Oh, calmez-vous, là !

- On a des questions à lui poser.

- Comment t'as pu faire ça ? - Je fais ça pour toi.

- M. Jacquelin, vous êtes charpentier ?

Mais il y a 10 ans,

votre carrière aurait pu prendre une autre tournure ?

On a eu du mal à les trouver. C'est plutôt injuste parce que...

le batteur n'est jamais au centre des photos.

Il est toujours en arrière-plan.

- On se marrait avec des potes.

- Johanna assistait à un concert des Chiens fous,

le soir de sa disparition.

- Je ne connaissais pas tous les gens dans le public.

un forum de détectives privés,

Etrange coïncidence.

- OK. Je savais qu'elle était là, ce soir-là.

- Pourquoi vous n'en avez jamais parlé ?

Vous avez rejoint ce forum de peur qu'on remonte jusqu'à vous ?

- Je dirai plus rien, je veux un avocat.

- Vous avez tort. Ca ressemble à des aveux.

La cour d'assises décidera.

Vous allez être placé en détention provisoire,

pour le meurtre de Johanna Dupieux.

- Attendez.

- Il l'a pas tuée.

- T'es sûr de toi ? - D'après les témoignages,

Johanna a quitté le Rock Café à 23h30.

Les Chiens fous sont montés sur scène à 23h15.

Leur concert a duré jusqu'à 00h30.

Sylvain était sur scène quand Erwan

a signalé aux gendarmes la disparition de Johanna.

disent la même chose.

- J'étais en couple à l'époque.

J'allais pas dire aux gendarmes que je flirtais avec elle.

Ca aurait fait exploser mon couple.

- Et la mère d'Erwan, Annick.

Pourquoi vous ne lui avez jamais rien dit ?

- Il y a 5 ans, je pensais toujours à Johanna et...

c'est con, mais tant qu'on n'a pas retrouvé son corps.

Alors, je me suis inscrit sur le forum.

J'ai rencontré Annick et je suis tombé amoureux. Vraiment.

C'était pas prévu comme ça.

- Et vous étiez encore en couple à ce moment-là ?

- Oui, c'est pour Annick que je l'ai quittée.

Mais le temps que j'arrange tout ça...

Annick n'aurait pas compris que je lui dise la vérité.

- Bon. Retour à la case départ.

- Oui.

- Mais bien sûr que j'aurais compris.

- J'avais tellement peur de te perdre. Désolé.

- Je me demandais pourquoi tu t'intéressais au cas de Johanna.

- Avec toi, ça faisait une 2e raison de continuer.

- On va trouver ce qui est arrivé à Johanna.

- Je t'aime tellement.

- Je peux vous ramener au bateau, s'il le faut.

- A condition que les gendarmes fassent leur travail,

au lieu de régler des comptes.

- Erwan a fait son boulot. Il avait pas le choix.

- Rentre au bateau, toi.

Tant que je suis autorisée à observer,

moi, je reste là.

- Mlle Chakri, vous êtes au courant que le mensonge par omission

est considéré comme un faux témoignage ?

Vous nous prenez pour des clowns ?

- Vous n'étiez ni la plus jeune ni la moins bien payée.

- J'ai pas dit que j'étais sûre.

Johanna et moi étions devenues amies, ça a peut-être joué.

Je comprends pas. Je suis censée vous dire quoi ?

- C'est la facture d'un bouquet

de fleurs que vous avez envoyé à Johanna,

le jour où vos collègues ont été virés.

- Pour la remercier, oui.

- Vous avez fait joint un message. Vous pouvez le lire ?

- "Merci de m'avoir sauvée.

"Ton secret sera en sécurité avec moi".

- Elle vous a aidée parce que vous la faisiez chanter.

- On était amies. - C'était quoi, son secret ?

- Je peux pas.

- Vous allez être placée en garde à vue et mise en examen.

- Pour meurtre.

- Elle est pas morte, Johanna !

C'est ça, son secret. Elle voulait changer de vie.

Je peux même vous le prouver.

Elle m'a laissé une enveloppe avant de disparaître.

En cas de nécessité absolue.

- Pourquoi se serait-elle confiée à Dounia ?

- Parce qu'elles ne se connaissaient pas si bien que ça.

- Moi, j'aurais tout fait pour la retenir.

- Pourquoi tout abandonner du jour au lendemain ?

Tout allait bien pour elle. Il faut une sacrée motivation.

- Le labo confirme. L'enveloppe a bien été scellée

il y a 10 ans,

avec la salive de Johanna. Elle n'a jamais été ouverte.

- Erwan. - Commandant.

- En France, disparaître est un droit.

- Oui, je sais. - Si Johanna a laissé un moyen

de la joindre, c'est moi qui vais l'appeler.

D'accord ?

- Hein ?

Désolé.

- Donc, c'est moi qui l'appellerai.

On doit savoir si tout se passe bien pour elle,

mais si elle décide de ne pas renouer avec son passé,

je ne pourrai rien dire.

Et vous devrez l'accepter. On est bien d'accord ?

- Oui, on est bien d'accord.

...

- C'est l'adresse d'un garde-meubles.

Avec un numéro de box inscrit derrière.

- Box 200.

...

- Le box est au nom de Johanna Dupieux.

- Il y a eu des visites ?

- Aucune, depuis 10 ans.

- Qui paye les loyers ?

- On reçoit un paiement, une fois par an, en liquide.

- Le mandat de perquisition.

- Je suis sûre que le box est fermé. Prends la pince-monseigneur.

- Tenez. C'est là où il y a la croix.

- D'accord. Merci. - On vous l'emprunte.

- Si ce box est son assurance retour,

on va savoir où et pourquoi elle est partie.

- Elle y a laissé un moyen de la contacter ?

- Vu ce qu'elle a dit à Dounia, oui, c'est probable.

...

- On y est. Erwan.

...

Erwan, s'il vous plaît.

Elle tousse.

...

Ah, putain !

...

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