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...
- Comment t'as pu me faire ça ?
- OK... Te faire quoi ?
- Avorter.
- Quoi ?
- T'es enceinte, tu me dis rien.
- Mais Greg... C'est un énorme malentendu.
C'est pas moi qui suis enceinte. C'est Alice qui était enceinte.
C'est Paul qui t'a dit ça ?
- Oui.
- Mais enfin, Greg, j'ai 2 grands enfants.
Tu me vois avec un bébé ?
- Oui. Si ça avait été vrai,
si t'avais vraiment été... Tu m'en aurais parlé ?
- Evidemment.
Mais j'ai plus envie de ça. Les couches, les biberons,
les nuits blanches, je veux pas retomber là-dedans.
- Tu veux quoi ?
- Légèreté, insouciance,
tendresse. Plus d'enfants, et surtout pas de prises de tête.
- J'ai envie de sérieux.
Si j'ai envie d'un enfant, on n'en parle pas ?
- Ecoute, Greg, je...
- Quoi, Léa ?
Cette conversation n'est pas assez "légère" ?
- On s'est jamais rien promis.
Téléphone. Excuse-moi. Soler, j'écoute.
Oui, Sabine.
OK, très bien. Où ça ?
J'arrive... Je suis désolée.
- Je sais, le boulot.
...
- Bonjour.
Bonjour. - Bonjour, commandant.
- Ca va ? - Très bien.
Merci. On a quoi ?
- Catherine Delo, 50 ans, directrice de l'institut botanique.
Son corps était dans la chambre froide.
- Y a une chambre froide à l'institut botanique ?
- Avant de numériser les plantes,
il faut les congeler pour tuer les insectes.
Y a 2 millions de plantes. - Erwan vous a briefée ?
- Non, je viens juste de le lire sur Internet, j'adore.
- La chambre froide est où ?
- Eh bien, elle est par là.
- C'était vers quelle heure ?
- 8h, 8h15.
- "Vérifier qu'il n'y a personne."
On ne peut pas l'ouvrir de l'intérieur ?
- C'est la porte d'une chambre froide de boucherie.
Le plan de numérisation a grillé le budget de l'année.
- Ils ont fait des économies, y compris sur la sécurité.
Après vous.
- Est-ce que la porte aurait pu se refermer sur la victime ?
- Non, je crois pas. Elle serait dans une autre position,
recroquevillée sur elle-même pour garder un peu de chaleur.
- Inutile de se fier à la rigidité cadavérique.
C'est peut-être un hasard.
La dernière fois qu'elle a été vue,
c'était vers 20h. Un bon créneau.
- Elle a été frappée.
- Il n'y a ni système de caméra,
ni vidéosurveillance, ni badge.
- Qui l'a trouvée ?
- L'homme de ménage.
C'est curieux. - Qu'est-ce qui vous perturbe ?
- Y a rien d'écrit.
Sur tout l'institut,
les sachets sont étiquetés, numérotés.
- Renseignez-vous
pour savoir ce que c'est.
Pourquoi y a rien dessus.
Où est Marchal ?
- Il interroge l'adjoint de la victime :
Igor Mavitch.
- Vous connaissiez bien votre patronne,
M. Mavitch ?
- Non, pas spécialement.
On avait des rapports de boulot, j'étais son bras droit.
- Sa mort a l'air de vous toucher.
- C'est la première fois
que quelqu'un meurt comme ça dans mon entourage.
J'arrive pas à le croire.
- Je comprends.
Catherine Delo était surnommée "le dragon".
Pourquoi ? - Comment vous savez ça ?
- J'ai eu l'occasion de la rencontrer l'an dernier.
- Elle avait un management dur. Elle aimait le travail bien fait.
- Y a-t-il un collaborateur avec lequel elle aurait été rigide ?
- Non. Elle a eu des mots avec le responsable
des jardins, hier. C'était fréquent.
- Pourquoi ? - C'était tendu entre les deux.
Elle l'avait mis au placard, l'année dernière.
C'était son bras droit
avant que j'arrive. - Hervé Chastain ?
- Oui.
- Je fais au plus vite, et j'arrive. - Léa ? Léa ? Attends !
J'ai une bonne nouvelle. J'ai une piste.
Hervé Chastain, le jardinier. - Tu l'as interrogé ?
- Je voulais d'abord faire un point. - Avec moi ?
- Oui. - Vas-y, je t'écoute.
- Tu sais, l'an dernier, tu es partie à Pâques avec les enfants.
- C'est un reproche ? - Non, c'est pas un reproche.
C'est pour situer le truc.
Bref. Avec l'équipe,
on a géré un incendie ici, d'origine criminelle.
Et en arrivant,
l'homme de ménage a réussi à l'éteindre.
- Ton jardinier a été suspecté ?
- Il était seul ici. - Il avait un mobile ?
- Il était opposé à la numérisation
de l'herbier. - Pourquoi ?
- D'après Chastain, les manipulations
fragilisaient les plantes, et c'était pas bon
pour la réputation de l'institut. - Et alors ?
- Rien. On n'a pas pu continuer l'enquête.
- Comment ça ? Je...
- J'ai fait une petite erreur sur le procès-verbal.
Un vice de procédure.
Donc l'avocat a sauté dessus. Bim, non-lieu.
Dans la foulée,
Catherine Delo l'a rétrogradé aux jardins.
- Tu m'as caché ça un an ?
- Ca fait pas un an. - Oui, c'est bon !
- Vauvert était au courant. "Si t'as Vauvert, t'es couvert."
Ca se dit pas, je l'ai inventé.
Je vais interroger Chastain ?
- Fais comme ça.
Si tu pouvais éviter
un 2e vice de procédure...
- Léa ?
- Quoi, Paul ?
- Alice, ça va ?
Elle est bizarre.
Y a un truc avec Julien ou quoi ?
J'arrive pas à lui parler, elle est fuyante.
Appelle-la.
- Oui, oui. C'est fait.
- Quoi ?
- Je lui ai parlé. - Y a un problème ?
- Non, pas de problème.
Mais ce serait bien qu'on se parle.
On peut pas parler là.
Y a trop de monde. Hein ? Mais là, je vais chez le proc.
- Oui. En fait, c'est ça. Y a un problème.
- C'est votre faute, vous m'avez accusé sans preuve.
Ca a ruiné ma carrière.
- Sans ce non-lieu,
vous seriez en prison. - Non.
J'aurais prouvé mon innocence.
- Catherine Delo vous a pourtant écarté.
- Vous pensez qu'un an après, je me suis dit :
"Et si je la tuais ?"
- Son adjoint vous a vus vous engueuler hier.
- On s'est engueulés pour les problèmes de numérisation.
- Le fond du problème, c'était quoi ?
- Capitaine Marchal !
- Ah tiens, Mme Lecorbier.
- "Chastain". On s'est mariés.
On déjeune ? - Ah d'accord, je vois.
Sa mort ne vous a pas coupé l'appétit.
- J'analyse les plantes.
Nous avions peu de rapports.
C'était une femme
difficile d'accès.
Et le fait qu'elle brise la carrière de votre mari
n'a pas dû arranger vos rapports.
- On peut aller déjeuner ?
- Oui.
- Tous les employés s'accordent sur une chose.
Avant d'être surnommée "le dragon", elle était appréciée par tous.
- Un événement dans sa vie aurait pu changer ça ?
- Y a 5 ans, Catherine Delo devait se marier,
mais son fiancé l'a plantée.
A partir de là, elle est subitement devenue plus dure.
Elle s'est renfermée sur elle-même, n'avait plus confiance en personne.
- Vous pensez que ça peut avoir un rapport avec son meurtre ?
- Je ne sais pas, je creuse.
- Ah, vous creusez, vous aussi ?
C'est incroyable ce qu'on creuse dans cette brigade.
Cette plante, ça donne quoi ? - A l'institut, personne ne sait.
Franck est sur le coup. - Franck, le légiste ?
- Il a 2 passions : les humains morts et les plantes vivantes.
Il est pas du tout flippant.
J'ai quelque chose d'intéressant dans les e-mails de la victime.
"Tu t'en sortiras pas comme ça, t'as intérêt à m'écouter."
- Ca vient de qui ?
- C'est un e-mail de l'institut : hc arobase imb.com
"hc", c'est des initiales, ça.
Vous pouvez me rappeler le prénom du jardinier, M. Chastain ?
- Hervé Chastain.
- Je vous écoute, M. Chastain.
- J'ai écrit ça, mais j'étais en colère, c'était pas des menaces.
on s'y croirait.
Bon, et alors, c'était à propos de quoi, ces non-menaces ?
- Avant l'incendie, je travaillais sur une nouvelle technique
afin d'allonger la date de péremption de certains aliments.
J'avais découvert qu'en leur faisant subir un choc thermique,
on retardait l'apparition de moisissures.
- J'adore apprendre des nouvelles choses, mais ça nous mène où ?
- La semaine dernière,
je suis tombé sur un article scientifique.
Un groupe industriel a lancé
ce système de conservation.
- Ce serait votre découverte ? - Evidemment !
- Sur un autre ton, je suis appareillée.
- Je ne travaillais plus au labo.
J'ai jamais publié mes travaux, y a quand même pas 36 solutions.
- C'est Catherine Delo qui vous les a volés.
- Oui. C'est ce que je pense, oui.
- Ah bah, merde alors.
- T'as bien fait de l'interroger, il t'a raconté n'importe quoi.
Tu t'es fait avoir. - Je savais qu'il mentait.
C'était une question de temps.
Bah oui.
On est d'accord qu'il vient de se trouver un mobile tout seul ?
- Et j'aime pas ça.
- Ah bon ? - Il est encore en colère
contre Catherine Delo. S'il l'avait tuée, il serait plus en colère.
- Oui, c'est pas faux.
On le laisse en garde à vue, et on creuse du côté de la découverte.
- Non, parce que son avocat... Téléphone.
Soler, j'écoute. Oui, Franck.
J'arrive tout de suite.
- Pourquoi non ?
- Parce que son avocat nous attend au tournant, cette fois.
Et j'aimerais bien qu'on évite une 2e erreur.
On vérifie son alibi.
Justement... Téléphone.
- Oui, papa... Euh, mon colonel.
Oui...
- On se parlera demain. Ou après-demain, c'est pas grave.
- Capitaine ! J'ai eu l'industriel qui va exploiter la technique
des moisissures. C'est bien Catherine Delo qui leur en a parlé.
- D'accord. Pourquoi tu fais cette tête ?
- C'était pas la révolution. Le labo était déjà
sur la technique.
Pourquoi une directrice d'institut prendrait le risque
de voler ces travaux ?
- Mmm...
De mon côté,
concernant l'alibi des Chastain, sa femme affirme qu'elle était
avec lui.
Quand le cul s'en mêle, les alibis s'en vont.
- C'est pas faux.
- Pourquoi ne pas avoir porté plainte pour vos travaux ?
- Qui m'aurait cru ? Vous ?
Pourquoi ma parole aurait plus compté maintenant ?
- Je comprends que vous vouliez qu'on trouve le responsable
de l'incendie, mais la priorité,
c'est de trouver l'assassin. - Comment vous aider ?
- Vous lui connaissiez des ennemis ? Des gens avec qui ça n'allait pas ?
- Vous saviez qu'elle était experte auprès des tribunaux ?
- Ah non.
Elle a fait condamner des industriels.
- Pour quelle raison ?
- Elle rédigeait des rapports déterminant si l'activité
des entreprises était polluante.
Ce genre de sanction, ça peut être très lourd.
- Bonjour, Franck. - Bonjour, Léa.
- Vous avez bonne mine. - Merci.
- Vous pouvez déterminer les causes de la mort ?
- Elle a succombé à un hémopéritoine sur une rupture de rate,
consécutif à un traumatisme costal gauche.
Y a un très bel hématome thoracique.
- D'accord.
Les autres hématomes sur le corps ? Le meurtrier s'est acharné ?
- Pour tenter de la réanimer. Je pense que c'est un accident.
- Personne n'a appelé les secours.
Et la plante qu'on a retrouvée sur elle,
on m'a dit que vous aviez des talents cachés.
- Elle est non répertoriée.
- Ca veut dire quoi ?
- Qu'elle n'est pas enregistrée.
C'est donc une plante inconnue. Y en a des milliers à découvrir.
Je vais me pencher sur son caryotype. Je vais bien trouver.
Elle est de la famille des graminées,
apparentée aux Astéracées, avec un génotype typique du Pérou.
- OK, vous m'en direz plus après.
Lieutenant Zaïdi, c'est Soler. Vous êtes où ?
- A l'institut botanique.
- La plante retrouvée sur la victime n'est pas répertoriée.
Si vous pouviez en savoir plus.
- Je vais voir Servane Chastain.
- C'est parfait, tenez-moi au courant.
- Donc, je vous disais...
- Merci, Franck.
- Vous êtes sûre ?
- Certaine. Je répertorie les nouvelles plantes.
Je la connaîtrais. - Elle aurait pu la réceptionner ?
- Oui, on me disait que le labo lui manquait.
- Pourquoi ce sachet n'était ni étiqueté, ni identifié ?
- Je ne sais pas.
Mais le process est clair :
arrivée de la plante, analyse, numérisation, herbier.
- Donc elle aurait récupéré le sachet à l'arrivée de la plante
avant l'analyse.
- Oui, elle l'avait sans doute gardée pour l'analyser plus tard.
Mais quel rapport ?
- Peut-être aucun. En revanche, il semble
que la victime était experte pour la justice.
- Oui. L'entreprise Daguesseau, un habi...
- Oui ? Vous en avez trop dit, ou pas assez dit.
- Elle l'avait dans le nez.
Elle voulait le coincer.
- Ca faisait beaucoup de choses à gérer pour Alice.
C'est difficile ce qu'elle vit.
Et c'est dur d'en parler aussi.
Je crois qu'elle avait besoin de souffler avant de tout réexpliquer.
Mais ça n'a aucun rapport avec toi.
Ta fille t'aime.
Elle a confiance en toi.
- T'aurais dû m'en parler.
- Je sais. Je suis désolée.
- J'ai même pas été là à ce moment-là.
Comment c'est possible ?
- Elle a oublié la pilule un soir.
- Bon, et comment elle va ?
- Un peu dur, mais ça va aller.
Elle est courageuse, ta fille.
- Bah oui. Elle tient ça de sa mère.
- T'es con.
- Je repense à Greg.
Je lui ai dit que c'était toi. - Oui, je sais.
- Ca a été ?
- Bien. Ca nous a fait beaucoup rire.
- Et en vrai ?
Téléphone.
- Oui, Juan ?
Oui...
- Daguesseau cultive quoi, ici ?
- Maïs, sorgo, surtout des céréales fourragères.
Catherine Delo accusait Daguesseau de polluer les sols.
- Elle avait réussi à le faire condamner ?
- Oui et, avec un nouveau procès, il risquerait plus qu'une amende.
Ca pourrait être 6 mois
de fermeture.
- Je l'ai vue qu'une fois. Après, mon adjoint traitait avec elle.
Elle se pointait,
faisait ses prélèvements et rédigeait ses expertises.
Le juge statuait.
- Le prochain rapport aurait été difficile
à encaisser ? - Je paye une armée d'avocats.
C'est un bordel monstre au niveau
législation en termes de pollution. Aucun juge
n'ira au-delà d'une amende.
- L'utilisation de pesticides ne vous empêche pas de dormir.
- Même si je dépasse les quotas, j'utilise des pesticides légaux.
Si vous voulez fouiner,
faites-vous plaisir, j'ai du travail.
- Il est arrogant, non ? - Plutôt, oui.
- J'appelle Mauriac.
Oui, c'est Soler.
Vous avez quelque chose sur Daguesseau ? Il est insupportable.
- Le tribunal vient de m'envoyer
le dernier rapport d'expertise de Catherine Delo.
Elle est favorable.
- Vous en êtes sûre ?
- Je l'ai sous les yeux.
- Elle a justifié ?
- Que nenni.
- Le rapport d'expertise serait favorable.
Ca veut dire que la botaniste, juriste, écolo,
reconnue pour ses convictions,
aurait accepté un pot-de-vin de la part d'un industriel ?
Delo ne recommande pas de peine,
et elle autorise Daguesseau à étendre son exploitation.
- Vous me finissez la parcelle pour ce soir.
- Vous ne seriez pas déjà en train d'agrandir votre exploitation ?
- Le rapport n'a pas été rendu. - Exact.
Comment saviez-vous que Catherine Delo allait vous autoriser ?
Voyez-vous, M. Daguesseau,
il y a quelque chose qui nous étonne, tous les deux.
C'est ce lien
qui semblait exister entre vous,
l'industriel peu scrupuleux en matière d'écologie,
et la victime, Catherine Delo,
intransigeante, surnommée le dragon.
- Vous allez pas me coller ce meurtre sur le dos !
- Votre relation ressemble à un arrangement douteux.
- OK, on avait magouillé un petit arrangement.
C'est elle qui me l'a proposé.
- Que voulait-elle ?
- Créer un poste de responsable scientifique.
- Elle voulait venir travailler ici ?
- C'était pas pour elle, mais pour un type, Igor Mavitch.
- Vous pouvez interroger la jeune femme ?
- D'accord.
- Alors, Igor Mavitch ? - Niet.
Il a disparu. - Tu as lancé un avis de recherche ?
- J'ai même interrogé son équipe, personne ne sait.
Il a été embauché juste après que Chastain a été placardisé.
- On a quoi comme infos ?
Il a un CV long comme le bras. Il bossait à Moscou.
Depuis qu'il est arrivé ici, tout le monde était ravi de son travail.
- Alors pourquoi l'envoyer chez Daguesseau ?
Chastain d'abord, Mavitch ensuite. Delo éloignait tous ses adjoints.
- Tu penses qu'elle voulait lui voler ses idées ?
- Ce qui était un bon mobile de meurtre pour Chastain l'est aussi
pour Mavitch. - On peut rien faire de plus.
On va laisser une équipe ici. - Si Mavitch vient cette nuit ?
- Exact. - Oui, t'as raison.
- Paul, j'ai un truc à te dire.
- Qu'est-ce que tu vas m'annoncer encore ? Thomas se marie ?
- Tu vas être en boucle ? Je me suis déjà excusée.
- En revanche, tu m'as pas caché
un petit détail ? - A propos de ?
- L'incendie, l'institut botanique.
- Vice de procédure donc.
- Dans le privé, t'es un véritable boulet,
tu m'as jamais fêté mon anniv.
Ou t'es toujours à la bourre. Mais un vice de procédure,
ça te ressemble pas. - Ca arrive même aux meilleurs.
Paul Marchal glisse tristement de son piédestal.
- Et Léa Soler a appelé Camille Barbier qui lui a confirmé
que le vice de procédure, c'était elle.
- Tu aurais fait comme moi ?
- Sauf qu'elle travaille plus là. Pourquoi la couvrir ?
- Je sais pas, c'est un réflexe.
- Pour l'anniversaire d'Alice,
chez toi, chez moi ? Ma mère veut aider.
- OK, j'adorerais que ce soit chez moi,
mais Grégory et ta mère, j'ai peur que ça fasse une grosse journée.
- Il y a des chances que Grégory ne soit pas là.
- Pourquoi ?
- Il a une formation.
- Sur les tisanes ?
- Sur les massages tantriques.
Donc chez toi ? Chez moi ? - Chez moi.
- Et le cadeau d'Alice,
je m'en occupe ? - Ca m'arrangerait.
- Tu peux rien me cacher.
- Salut, Thomas.
- C'est gentil, mais je préfère les chocolats.
- C'est pour ta mère.
C'est pour Léa.
- Je crois qu'elle a un truc, ce soir.
- Je sais... Je sais.
Si elle a un doute, tu lui diras que les fleurs viennent de moi.
A plus. - Tu restes pas ?
- Non, pas ce soir.
On a eu un petit souci de compréhension, ce matin.
Rien de grave.
- Tu sais, Greg, ma mère n'est pas trop pour les fleurs.
Les conversations en tête à tête, ça marche beaucoup mieux.
- Merci du conseil.
A plus !
- Salut...
- Bonjour, Inès ! - Bonjour, capitaine.
- Croissant ?
- Maupassant disait : "De toutes les passions,
"la gourmandise est sans doute la plus acceptable."
- Encore un qui avait pas de meuf.
- Des nouvelles de Mavitch ? - Juan a mis une surveillance
électronique
pour voir s'il allume son portable. - Moi, j'ai découvert du lourd.
- C'est-à-dire ?
- A l'institut botanique, il s'est survendu comme un scientifique.
J'ai appelé ses anciens employeurs. Il s'est fait virer de partout.
- Et Catherine Delo s'est rendu compte de rien.
C'est bizarre pour une scientifique de son calibre.
- On peut imaginer que Mavitch lui a fait croire que ses travaux
étaient pertinents.
- Comme voler ceux de Chastain.
- Bah oui, pourquoi pas ?
- Bah oui... Et Catherine Delo l'aurait compris.
- Quand Hervé Chastain est venu en réclamer la paternité.
- Mais oui.
- Mmm... Oh, c'est bon.
C'est gras, mais c'est bon.
- Catherine était au courant, et pourtant, elle vous a rien dit.
- C'est impossible. Pourquoi elle m'aurait caché que c'était Igor ?
- Peut-être était-elle sous le choc de ce que vous veniez de lui dire.
- Se laisser accuser sans broncher ? Non. Si elle était innocente,
elle l'aurait dit à Igor.
- Il aurait pu la menacer ?
- Catherine était pas le genre de femme à se laisser menacer.
Allez, j'y vais, j'ai du travail. - Oui, merci.
- Pourquoi elle a rien dit, alors ?
Oui, Sabine, c'est moi.
Je me demande s'il n'y aurait pas eu de fricotage entre Igor et Delo.
- J'ai quelque chose.
- Y a une porte, capitaine. - Non, commandant.
Le capitaine a sûrement des informations cruciales.
- "La" capitaine.
Suite aux suppositions de Marchal, j'ai mené ma petite enquête
sur Delo et Igor Mavitch. J'ai trouvé plusieurs choses.
Entre autres, des week-ends dans des Relais et Châteaux.
- Ils étaient amants ? - Depuis un an et demi.
- Avant qu'elle l'embauche.
- Ca a commencé 6 mois avant qu'il devienne son adjoint.
- Après s'être fait licencier pour incompétence,
chose qu'il n'a jamais dû lui dire.
- Quand une place se libère, elle le fait entrer à l'institut,
et il vole les travaux de Chastain pour cacher son incompétence.
- Elle le découvre lorsque Chastain vient l'accuser,
mais elle préfère protéger Igor Mavitch.
- Sinon, il perdait son visa.
Le Quai d'Orsay rigole pas.
- Il aurait dû retourner à Moscou.
Elle aurait jamais supporté un 2d choc.
- Elle lui trouve un placard doré chez M. Daguesseau.
- Pourquoi il l'aurait tuée ? Pour quel mobile ?
- Il est pas clair. - Il vient de rallumer.
Il est à l'institut.
- C'est là que sont ses dernières recherches.
- Espérons qu'il va essayer de les embarquer.
OK.
...
- Igor Mavitch, gendarmerie !
- Coucou ! Laissez-moi deviner !
Vous n'avez rien fait, c'est un malentendu.
J'ai bon ?
- Je sais que les apparences sont contre moi.
- Voilà, j'avais presque bon. - J'aurais jamais tué Catherine.
Je l'aimais. - Elle aussi vous aimait.
Elle vous aimait tellement qu'elle a préféré cacher votre histoire.
- Elle a découvert que vous aviez utilisé les travaux de...
- Elle me l'avait pardonné.
Elle m'avait même trouvé un poste
ailleurs qu'à l'institut pour sauver notre couple.
- Vous étiez au courant ?
- Oui, évidemment. J'aurais été bien, là-bas.
On aurait pu enfin
vivre notre histoire.
- Vous aviez l'intention de faire quoi avec tout ça ?
- Partir loin.
- Utiliser les travaux des autres ?
- Hervé Chastain, il en fera d'autres, des découvertes.
Catherine avait décidé
de lui rendre son poste de directeur adjoint.
- Alors qu'elle l'avait mis au placard ?
- Elle avait compris qu'il avait pas mis le feu.
- Catherine Delo ne lui a pas donné le nom de l'incendiaire.
- Ni à personne d'autre, apparemment.
- Un incendie volontaire avec blessés,
ça va chercher dans les 5 ans. - C'est un bon mobile de meurtre.
Ca nous avance pas. - Reprenons à la base.
Pourquoi déclenche-t-on un incendie ?
- En général, c'est pour faire disparaître quelque chose.
Mais là, c'est un herbier. A part quelqu'un qui déteste la verdure...
- C'est pas si bête, ça.
Cette fameuse
plante dans sa poche,
si c'était ça le lien entre l'incendie et le meurtre ?
- Je vais parler avec Hervé.
- Tu l'appelles par son prénom ?
- C'est son prénom.
Catherine Delo n'est pas la seule victime.
Sa vie a aussi été brisée.
Ah, Léa !
Avec Thomas, ne prévois rien jeudi soir.
- Pourquoi ?
- Parce que je lui offre son premier tatouage.
- Quel tatouage ? - Le dragon.
- Quel dragon ? - Dans le dos.
- Mais quel dos ?
- Non, je plaisante.
Y a son groupe préféré qui passe en concert.
- Les Blue Parrots ? Je pourrai venir ?
- Si, mais pas là.
J'ai pris que 2 places.
- T'as déjà acheté les places ?
- Oui. - Pour de vrai ?
- Y a 3 mois.
J'ai fait des progrès. - C'est sûr. Paul ?
T'es vraiment un chouette papa.
- Alors, ça y est, je vais être innocenté officiellement.
- Quand on aura trouvé le vrai coupable.
- J'ai cherché pendant des semaines, j'ai rien trouvé.
Catherine morte, on saura jamais qui c'est.
- Votre confiance en nous fait plaisir à voir.
- C'est censé être drôle, ça ?
- C'est un peu trop tôt.
- Oui. - Bref, on a une piste.
J'aurais besoin de vos connaissances.
- Lesquelles ?
- Celles qui ont été détruites. - Sauf que les spécimens
qui ont été détruits étaient des découvertes de particuliers.
- De particuliers ?
- Je les appelle les "touristes tropicaux".
Ils nous ramènent tout et n'importe quoi.
Si c'était si simple, ça se saurait.
- C'est pas simple, mais pas impossible.
- Ca y est, je l'ai retrouvé.
- Tenez.
L'inventaire des plantes qui ont brûlé pendant l'incendie.
- Merci.
- Y a rien de spécial.
- Si.
Celle-là. "Graminée inconnue découverte par Balthazar Mercandier
"au Pérou."
- Bah oui, et... ?
- Catherine portait une graminée
provenant du Pérou. Qui nous dit qu'il n'y a pas un 2e exemplaire ?
On peut vérifier ?
- Oui, bien sûr.
La dernière analyse a eu lieu avant-hier.
Attendez, c'est bizarre. Quoi ?
- La plante n'a pas été numérisée. - C'était à quelle heure ?
- 19h43.
- C'est juste avant le meurtre de Catherine Delo.
Y a moyen de savoir quelle plante c'était ?
- La plante a été envoyée par Balthazar Mercandier.
- Celui qui l'avait déjà envoyée ?
- Plante qui a brûlé l'an dernier. - Décidément.
Je suis sûr que c'est la clé de l'enquête.
Juan, peux-tu te renseigner sur un certain
Balthazar Mercandier,
lui demander des renseignements sur ce qu'il a envoyé à l'institut ?
J'ai trouvé notre plante.
Enfin, on...
On était deux.
Merci.
- Merci, M. Mercandier. Au revoir.
- Tu as trouvé ton Balthazar ? - Oui.
J'ai réussi.
Il est persuadé d'avoir fait la découverte du siècle.
- Rien que ça, avec une plante.
- On s'en sert comme herbicide naturel.
Vu que le glyphosate finira par être interdit.
- Un herbicide naturel, ce serait le graal.
- L'intérêt aurait été de la voler.
- Sauf si le meurtrier ne voulait pas que la plante soit exploitée.
- Notre plante est similaire à l'ambroisie.
- "Ambroisie", ça me dit quelque chose.
- Elle a posé beaucoup de problèmes
dans notre pays. Elle provoque de grandes crises d'asthme.
- On l'a pas éradiquée ? - Non, au contraire.
Elle s'est implantée en France avec la culture croissante du soja
et du tournesol. Elle provoquait de l'asthme chez les enfants.
Les autorités sanitaires
ont mis des années à réagir. - Merci. Vous êtes un passionné.
- J'aime bien. Un jour, je vous montrerai mon herbier.
- Votre herbier ?
- Oui. - Pourquoi pas ?
Vous devriez en parler à Marchal.
- Ah bon ?
- Il a 2 passions : les motos et les plantes.
- Ah oui. Les belles plantes.
- Voilà.
Si la plante avait été répertoriée...
- Un groupe industriel aurait pu découvrir ses propriétés herbicides
et se jeter dessus sans tenir compte des risques potentiels.
- Le temps que les autorités réagissent, elle se serait répandue
un peu partout.
- C'aurait été un drame identique à celui de l'ambroisie.
- Donc quelqu'un
avait conscience du danger, et a voulu la faire disparaître.
- La 1re fois avec l'incendie,
la 2e fois, quand Catherine Delo a voulu la numériser.
- Pourquoi elle-même ? C'est pas son taf.
- Peut-être a-t-elle voulu préserver le spécimen d'un nouvel accident.
En tout cas, le coupable était motivé à la faire disparaître.
- Mmm...
Imagine si Thomas ou Alice avait été victime de l'ambroisie.
On aurait été capables de tout.
- Ah oui.
Tu penses que le coupable a pu être touché personnellement
et a tout fait pour que ça se reproduise pas ?
- Oui, ça peut être une piste.
L'association des victimes de l'ambroisie est hyper active.
Interpellation
de l'Etat...
- Attends...
Regarde.
"La présidente pousse les adhérents
"à en planter dans les jardins du député."
- Salut !
- Salut, Thomas ! - C'est le jogging ?
- Ce soir, j'aimerais voir des potes.
- Pas de souci.
- Je pourrai dormir chez toi ?
- Oui, pourquoi ? - Je veux pas repasser chez maman.
On dîne ensemble ? - OK. Y a un souci à la maison ?
- Greg a déposé des fleurs "calumet de la paix".
C'est moi qui ai dû les mettre dans un vase.
- Mais ça marche pas, des fleurs, avec maman.
Eh non,
ce qu'elle aime, c'est les vraies discussions.
- Si tu le dis. Bon, à ce soir. - Bisou !
- Je suis dispo
pour un jogging. - Ah bon ?
OK, j'espère que tu as des bonnes baskets.
- Je m'accrocherai.
- Des familles touchées, y en a des dizaines.
Beaucoup ont perdu un enfant. - A cause de l'ambroisie ?
- On a averti les pouvoirs publics en vain.
Et maintenant,
regardez le désastre.
- Parmi les membres de votre association,
y a-t-il des partisans virulents ?
- Virulents, non. On est tous concernés.
On se bat peut-être contre des moulins à vent,
mais on continuera jusqu'au bout.
- Vous auriez la liste de vos adhérents ?
- Je vous l'ai préparée. Même si je comprends pas pourquoi.
- Ah oui,
y a des centaines de noms.
- Quand je vous dis qu'on est tous touchés.
Autant de vies brisées. - Vous avez des liens avec un membre
de l'institut botanique de Montpellier ?
- Pas que je sache. - Si !
Mais vous le savez pas.
- Au revoir ! - Salut !
- Ah, capitaine !
Alors, ce coupable, vous l'avez trouvé ?
- Oui. Et on avait raison. C'est la même personne qui a mis le feu,
et qui a tué Catherine Delo avant-hier.
- J'en étais sûr.
Je vais être innocenté.
- Mmm...
- Qu'est-ce qui se passe ?
- "Lecorbier".
Votre nom
de jeune fille.
Votre soeur a été une des 1res victimes
de l'ambroisie.
- Les derniers mois, elle pouvait plus respirer.
Elle avait tellement mal.
- Mais ça a rien à voir avec l'enquête, ça.
- Quand elle est morte, je suis morte avec elle.
Mes parents s'en sont jamais remis. - Vous vous êtes promis
de tout faire pour que ça ne recommence pas.
- Je suis désolée.
- Qu'est-ce que t'as fait ?
- J'allais me dénoncer.
Mais il y a eu le vice de procédure.
Et le non-lieu.
- Et vous avez pensé que la vie reprendrait son cours ?
- Il était trop tard pour faire machine arrière.
On aurait fini par oublier.
- Sauf qu'il y a eu la 2e expédition de Mercandier au Pérou,
et la plante a réapparu.
- Le cauchemar a recommencé.
Avant-hier soir,
quand Hervé s'est endormi sur le canapé...
- Vous êtes allée à l'institut
parce que Catherine Delo serait seule.
- Oui. Je lui ai tout avoué.
Je lui ai expliqué qu'il fallait faire disparaître cette plante.
Qu'elle pouvait tuer des innocents.
Je lui ai raconté pour ma soeur. - Elle n'a rien
voulu savoir ? Détruire une plante était contraire à son éthique.
- Elle m'a regardée avec mépris.
numériser la plante elle-même
pour éviter un accident.
- Vous avez décidé de l'en empêcher.
- Je l'ai agrippée, je voulais la convaincre.
Elle m'a repoussée.
Et là, elle s'est cognée.
- Elle a commencé à suffoquer.
C'était affreux.
Je voulais pas tout ça.
Je voulais juste que ma soeur ne soit pas morte pour rien.
- T'es déjà là ?
- Je pensais que j'aurais eu droit à un petit message aujourd'hui.
- Désolée, j'ai pas eu 5mn à moi.
- Arrête, Léa, on trouve toujours le temps d'envoyer un message.
- Greg, je... - Ecoute, Léa.
Je sais pas ce que tu ressens pour moi,
mais moi, je t'aime.
Ca fait des années
que ça m'était pas arrivé.
- Moi, tu sais,
je suis un peu un diesel dans le sentiment.
- Tu me reproches quoi ? D'aller trop vite ?
- Je te reproche rien. C'est pas toi, le problème.
- On va où si on ne peut pas faire des projets ensemble ?
- Euh...
Je sais pas ce que je veux, mais je sais ce que je veux pas.
Je veux pas de la routine, du quotidien. J'ai peur de ça.
Je veux pas me lever
tous les matins avec toi.
J'ai pas envie d'avoir des comptes à rendre si je veux voir ma copine.
Je peux pas. Je sais pas faire.
Je peux pas.
- Tu m'as donné tes clés de maison, tu m'as présenté tes enfants...
- Oh, la vache. T'as une sacrée foulée !
- Vous vous débrouillez pas mal. - Tu parles !
Bon.
Vu la raclée que tu m'as mise, tu peux me tutoyer,
et prendre la douche.
- Merci à toi, mais ton fils t'attend.
- Non, mais moi,
je prends 2s. A mon âge, on n'est pas loin de la crise cardiaque.
- Arrête. T'es dans la fleur de l'âge.
- Vas-y, j'irai après.
- Vraiment, j'ai tout mon temps.
- Moi aussi.
- Bah... On a tous les deux notre temps. Alors.
- Tu veux quoi, exactement ?
- Que tu me surprennes.
Qu'on fasse des trucs à la dernière minute, qu'on prévoie rien,
qu'on s'autorise tout.
- Quand on s'est rencontrés, tu voulais de la stabilité.
Tu devrais te demander après quoi tu cours.
Ou plutôt après qui.
La porte claque.
...
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