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Zulu
...
- Allez, Oslo, viens !
C'est bien, mon chien !
C'est bien ! C'est bien !
...
- Je mets du persil dedans ?
- Oui, un tout petit peu. - Eh bien moi, j'aime bien.
Le mélange cours de yoga, cours de cuisine, c'est original, j'adore.
- J'ajoute un peu d'huile de noix.
- De l'huile de noix ?
Moi, j'ai de l'huile pour pizza, et de l'huile d'olive.
- De l'huile d'olive, oui.
- Cette association, ça fait longtemps que tu es bénévole ?
- Pas mal.
J'ai pas eu une enfance facile.
Quand j'étais étudiant, je m'occupais de violences conjugales.
C'est comme ça que j'ai découvert le yoga.
Une prof à l'association offrait des cours aux femmes battues
pour les aider à reprendre confiance en elles.
Quand elle est partie,
j'ai fait comme elle.
On n'est pas mal.
- Oui ? Je viens de faire mon 1er guacamole.
Personne va me croire.
- Ce soir,
si un de tes enfants a pas son bac ?
- C'est forcément Thomas.
- S'il l'a pas, c'est pas dramatique.
Tu jettes pas ce qu'on a préparé.
Je suis sûr que t'en escapable. - Oui.
- Je suis persuadé depuis le début que tu vas l'avoir, ce bac.
Mais si, oh là là ! Si tu l'as pas, c'est pas grave.
Ce sera une année pour réfléchir à ce que tu veux faire.
Non, je te dis juste que je suis pas inquiet.
Non, non, si, si, je... Je suis là.
Tom, tu peux appeler maman et lui dire que pour ce soir,
je m'occupe de tout.
- Bonjour ! - Bonjour, commandant.
- Bonjour, Camille, Erwan.
Excusez-moi, Inès, il va me falloir un peu de temps.
Qu'est-ce qu'on a, Erwan ?
- Baptiste Lacroix, 59 ans, retrouvé mort
ce matin par sa femme au milieu de son exploitation truffière.
- Cause de la mort ? - Il a reçu un coup à la tête.
- On a quelque chose, là.
On dirait de la peinture.
Vous faites un prélèvement ?
Et la rigidité du corps,
il est mort hier en fin d'après-midi.
- On a trouvé ça dans sa poche.
Merci.
Des morceaux de sucre,
mais rien d'autre.
- Des traces de piqûre, de l'insuline.
Le sucre sert aux diabétiques
en cas de crise d'hypoglycémie.
Procédure habituelle, ratissage des alentours
pour trouver l'arme du crime, enquête de voisinage.
Je m'occupe de la famille, vous me tenez au courant ?
- OK, à plus tard !
- Je suis rentrée tard, hier soir.
Quand j'ai pas vu Baptiste,
j'ai pensé qu'il était près de ses arbres.
- Votre mari n'avait pas son portable sur lui.
- Baptiste fonctionnait à l'ancienne.
Il a jamais eu de portable. Après, je me suis endormie.
C'est quand j'ai vu revenir notre chien ce matin,
seul sans son maître...
Mon Dieu, et Julie !
- Julie ?
- Notre fille.
Comment je vais lui annoncer,
après ce qu'elle a déjà dû surmonter ?
- C'est-à-dire ?
- Elle a perdu l'usage de ses jambes après un accident de voiture,
il y a 2 ans. On a tout aménagé, y compris le laboratoire culinaire
pour qu'elle puisse travailler.
- Où puis-je la trouver ?
- Elle aide son mari à Montpellier.
Il se met à son compte.
- Ils habitent où ?
- Ici, de l'autre côté de la cour.
- Lacroix est mort ?
- Vous le connaissiez bien ?
- On devait s'associer. Son savoir-faire et nos méthodes,
on allait cartonner. - Vous ne vous en sortez pas seul ?
- Vous rigolez ? Vous savez combien je possède d'hectares de vignes,
d'oliviers et de chênes truffiers ?
C'est archi complémentaire.
On vient de perdre un grand monsieur de la truffe.
- Et vous n'avez rien vu ou entendu de particulier,
hier, en fin d'après-midi ?
- Non, mais je peux demander à mes gars.
- On va s'en charger, merci, M. Barsky.
- J'ai des bandes de vidéosurveillance,
si vous voulez. J'en ai mis
sur le chemin de nos propriétés. - Pourquoi tant de sécurité ?
- Si j'ai investi une blinde en matériel agricole dernier cri,
c'est pas pour qu'on me le fauche. Sans compter les truffes à 800E/Kg.
- Je veux bien voir ces vidéos.
Je viens les visionner dans 5mn. - Si vous voulez.
- Merci.
- Aucune trace de l'arme du crime, ni de la peinture qui correspond
à celle retrouvée sur Lacroix. - Le meurtrier a dû l'embarquer.
- On doit interroger la fille de la victime.
- Je m'occupe des bandes, tu vas parler à la fille.
- Et pourquoi je fais le pire boulot ?
- Le privilège de l'ancienneté. Tiens !
- Je te l'accorde, mais prends pas trop confiance.
- Baptiste était quelqu'un d'exceptionnel.
C'était comme un père pour moi.
- Et ?
- C'est moi qui conduisais la voiture quand on a eu l'accident...
- Qui m'a clouée dans ce fauteuil.
C'est pas de sa faute mais il culpabilise.
- Je comprends.
- Malgré tout, mes beaux-parents m'en ont jamais voulu.
On s'est tous beaucoup impliqués.
- Papa a tout fait pour nous : aménager la maison de ses mains,
nous offrir un travail à tous les deux.
- Vous avez vu votre père ?
- J'ai passé la journée à cuisiner.
- Et vous, vous l'avez vu ?
- J'étais à Montpellier au bureau, avec un fournisseur.
- (Fais chier, c'est pas possible !
- Ho ! T'étais où, toi ?
- Non mais c'est les résultats du bac !
On a une grosse
fête à organiser, mais le yoga est plus important.
Ca me gonfle, là ! - OK !
- C'est bon, je vais redescendre.
- Je te fais un topo ?
- Baptiste Lacroix, gérant du domaine, vice-président
du syndicat des trufficulteurs.
- J'ai quelque chose que tu ne sais pas.
Lacroix a retiré 3 000E en liquide avant-hier.
- 3 000E ? La vache !
- Oui, surtout que la veuve est au courant de rien.
On n'a pas retrouvé l'argent.
Ah, un petit mail d'Erwan.
Alors, sur les vidéos, il y a une femme qui remonte
le chemin du domaine Lacroix,
hier, vers 16h.
C'est Rosie Darieux une ancienne employée des Lacroix.
Attends.
Oh, bah dis donc !
Rosie Darieux a été déboutée aux prud'hommes contre Lacroix.
- Elle a porté plainte pour quoi ?
- Licenciement abusif. C'est un bon mobile
de dispute ça, non ? - Un double mobile :
1) D'avoir été virée à tort, 2) Pas d'indemnités, l'injustice n'a pas
été reconnue. - Ca fait trois.
- Je m'en occupe, merci.
- J'ai fini d'étudier les comptes de la société Lacroix.
Si on regarde de plus près, on voit que la compta était trafiquée.
- Il piochait dans la caisse ?
Plus les 3 000E qu'il a retirés sur son compte.
Que faisait-il de cet argent ?
- Je pense qu'il les a donnés à Rosie Darieux.
Comme par hasard, ce matin, elle a payé 6 mois de loyer en retard.
- Pourquoi lui aurait-il donné de l'argent mais pas d'indemnités ?
- On va demander à Rosie Darieux.
- Vous étiez au courant que Baptiste Lacroix détournait sa compta ?
- De quoi vous parlez ?
- Vous l'avez fait chanter pour 3 000E.
- J'étais pas au courant.
- Vous ne niez pas le chantage.
- C'est pas ce que vous croyez.
- On ne croit rien. On écoute, on analyse, on comprend.
- Ou pas. - Ca a à voir avec l'accident
de voiture de sa fille.
- Quel est le rapport ? - Ce matin-là,
Baptiste devait emmener sa fille.
Il a pas pu, c'est son gendre
qui s'y est collé à l'aube, mais il s'est endormi au volant.
- Si personne ne le sait, comment vous êtes au courant ?
- Parce que vous étiez avec Baptiste, ce matin-là.
Voire même toute la nuit, n'est-ce pas ?
- Vous lui avez fait du chantage au bout de 2 ans,
en menaçant de tout dévoiler.
- Je demandais de l'aide.
C'était ça ou je me retrouvais à la rue avec mon fils.
- Bonjour, Léa, ça va ? - Oui, et vous ?
- Ca va. - Alors ?
- Cause de la mort : traumatisme crânien.
Les particules de peinture bleu foncé confirment
que l'arme du crime est bien un objet métallique.
- Donc rien de nouveau. - Non.
- Et la prise de sang ? - La victime était bien diabétique,
mais prenait correctement son traitement.
- D'accord.
Les tests toxicologiques, éthyliques ?
- Rien, ils sont négatifs.
- D'après certains témoins,
il n'était pas dans son état normal.
- C'était pas dû à l'alcool, mais à ça.
- C'est pas à cause de ce coup que M. Lacroix est mort ?
- Si, tout à fait.
Même si la zone d'impact est bénigne, ça a formé un hématome
sous-dural. La victime a été sonnée, puis s'est sentie mieux.
- Ca pourrait expliquer l'attitude d'un homme ivre ?
- Il a dû être frappé entre 10h et 14h.
- Pas sur la scène de crime, donc on repart de zéro.
Je vous dis pas merci. Bonne journée, Franck.
- Bonne journée.
- Rosie Darieux était en formation Pôle emploi hier entre 10h
et 14h. Elle a pas pu tuer Baptiste Lacroix.
- D'après ses relevés bancaires, elle dit vrai.
Lacroix lui a jamais versé d'argent auparavant.
- Qu'est-ce qu'il trafiquait ?
- J'ai un truc ! - Qui colle avec le nouveau timing ?
- Baptiste Lacroix voulait mettre son véto
sur la délivrance d'un label qualité à un nouvel adhérent.
- Xavier Barsky.
- Oui. - Ca va à l'encontre
de la soi-disant association entre Lacroix et Barsky !
Bien, bravo, Erwan, tu creuses ?
- J'ai pas grand-chose, le syndicat a pas voulu me donner le dossier.
Ca prendra 24h.
- Moi, je dois y aller.
Soler m'a demandé de faire le tour des bars près de chez B. Lacroix
pour trouver d'où vient le sucre.
- SALUT !
- Je cherche mes clés
de bagnole.
Pardon,
je cherche mes clés de voiture.
- Vous cherchez quoi ?
- Mes clés de voiture. Je les perds jamais.
- Faut mettre un gros porte-clés.
- Oui, un mousqueton. - Oui.
- C'est hallucinant. Ca m'arrive jamais.
Non, c'est pas ça.
Du nouveau ? - Non.
La seule solution : Barsky nous aurait menés en bateau.
- J'y crois pas. Le vieux truffier qui se maque avec le nouveau riche,
ça colle pas. Bon, eh bah non !
Et Camille, des nouvelles ?
- Je l'ai eue au téléphone hier.
- Bien. Bah tant mieux. - Puisqu'on en est aux questions :
la mutation du commandant, vous avez des nouvelles ?
- Non, c'est pas à moi qu'elle va se confier.
- Bah si, au contraire. - Pourquoi ?
- Y a que vous qui puissiez la convaincre de rester.
- Moi ? - Oui.
- J'ai vu Soler et Marchal partir ensemble.
- Et ?
- Ca va pas si mal que ça entre eux. - Il a perdu ses clés de voiture.
- Je les ai.
- Tu prends sa voiture ? - C'est la plus confortable.
- Oh !
- J'ai abusé ?
- Bah... Non, c'est un véhicule de service.
- C'est ce que je me disais aussi.
- Inès, et le sucre, ça a donné quoi ?
- Euh, rien. Presque tous les cafés utilisent cette marque.
Aucun n'a vu Baptiste Lacroix, hier.
- OK !
- Comment Mme Lacroix pouvait ignorer que son mari trafiquait
les comptes de la société ? - Un homme sait cacher les choses.
- Ah oui ? - Pas moi, mais en général.
- Ne te justifie pas.
- Non, je...
- Et pour ce soir, c'est quoi, ton pronostic ?
Tu mises combien pour notre fils ?
- Arrête, on ne parie pas sur les résultats du bac de ses enfants.
- C'est une façon de parler. Sinon ?
- Sinon, mention bien pour Alice, rattrapage pour Thomas.
- J'en ai pas dormi de la nuit. - Tu t'es bien rattrapée ce matin.
- Pardon ?
- Non, rien. Tom t'a dit que j'avais préparé le repas ?
- J'ai profité de mon insomnie pour cuisiner.
- Tu t'es mise à la cuisine ?
- Tout le monde change. Enfin...
Presque !
Voilà ! - Quoi ?
- Chacun sa piste.
Moi, la veuve,
toi, Barsky. Alors, c'est par là, sur 3km, tout droit.
A ton rythme, 3/4 d'heure ?
- Facile. Merci !
- Attention aux sangliers !
- Oui, à plus tard !
...
- M. Barsky ? - Qui êtes-vous ?
Comment êtes-vous entré ici ? - Bon, ça va,
avec mon plus beau sourire.
Mais pas que. Avec ça aussi, capitaine Marchal.
- Adélaïde, je vous remercie.
- Je suis venu chercher une preuve de votre collaboration
avec Baptiste Lacroix. - On l'a juste évoquée.
- Ah bon ? D'accord.
- Baptiste, c'est un gars à l'ancienne.
Une parole, c'est une parole.
Je vous raccompagne, j'ai du travail.
- Ah oui, moi aussi, M. Barsky. Vous croyez quoi ?
Puisque vous avez du temps,
allons visiter vos truffières.
Je n'y connais pas grand-chose,
mais ils ont l'air en forme, vos chênes.
C'est pas comme les vieux que vous avez fait arracher.
- Le principe de la réussite. On remplace les mauvais par les bons,
les vieux par les jeunes.
- Ils produisent des truffes en étant aussi jeunes ?
- Oui, les racines sont porteuses d'un champignon,
la "tuber melanosporum", la truffe noire du Périgord.
- Plus besoin d'attendre. Ils produisent plus, même, hein ?
M. Barsky, j'ai étudié vos chiffres, ça y va, le rendement !
- Oui, enfin pas tant que ça.
Mais on a du stock. - Du stock ?
Vous venez de vous installer ! Vous êtes super efficace.
Vous étiez où, hier, entre 10h et 14h ?
- J'étais chez des clients, vous pourrez vérifier.
Maintenant, je vous indique pas la sortie, c'est tout droit.
- Mme Lacroix, je commence sérieusement à m'interroger.
Vous n'étiez au courant ni du licenciement de Mme Rosie Darieux,
ni du dossier que montait votre mari contre M. Barsky,
ni de leur collaboration ?
- Baptiste nous épargnait les soucis.
- Il trafiquait les comptes de la société.
- Il a fait ça pour Julie.
- Vous pouvez développer ?
- Depuis que Julie a pris la place de Rosie Darieux,
les ventes ont baissé,
et les dépenses augmentaient.
Une partie de la récolte passe dans les essais de notre fille.
Pâtes de fruit, thé à la truffe.
- Ils se vendent mal ?
- Oui. Mais peu importe. Tant qu'elle est heureuse.
- Votre mari était prêt à sacrifier l'entreprise pour votre fille ?
Ca ne pouvait pas durer.
- Il aurait trouvé une solution. Il avait toujours une solution.
- La truffe du jour. Belle récolte.
- Oui.
Sauf que la récolte ne débute que dans 3 semaines.
Elles sont de la saison dernière. - Oui, je savais. Dans 3 semaines ?
C'est pareil pour tout le monde ?
Même avec les jeunes chênes ?
- C'est la saison qui compte.
Il faut des années
à un chêne truffier pour qu'il soit à son apogée.
- Je connais des chênes qui produisent à plein rendement.
- Ils viennent de Chine. Mais ils donnent de la fausse truffe.
- De la fausse truffe ? Ca existe ?
- En apparence, mais la chinoise n'a aucune saveur.
On lui injecte un arôme.
- C'est difficile de les différencier.
- C'est pour ça
que certains n'hésitent pas.
Seul un chien truffier les reconnaît.
- Si votre père avait eu connaissance de cette production,
il aurait réagi comment ? - Mal.
La "tuber indicum" transforme génétiquement les racines
qu'elle colonise, y compris les plantations alentour.
- OK. Votre chien, Bosco...
- Oslo.
- Il a un bon flair ?
- C'est un des meilleurs chiens truffiers de la région.
Pourquoi ?
- M. Barsky !
- J'y crois pas ! Encore vous ?
- Vous m'en faites faire, des kilomètres.
Je viens faire une petite expérience.
C'est incroyable quand même
que des champignons aussi précieux soient aussi moches.
- Je suis content de votre avis, vous me faites perdre mon temps.
- Pas du tout, au contraire, on va en gagner.
Là.
- Oslo ? Viens !
Assis ! Assis !
Oslo, touche !
Celle-ci vient du champ de Baptiste Lacroix, une "tuber melanosporum",
une truffe noire du Périgord.
Une vraie truffe. Mais vous le saviez.
Contrairement à celles-ci,
qui sont des truffes chinoises,
et qui viennent de chez vous. Baptiste Lacroix l'avait découvert.
- Je vais tout vous expliquer.
- Oui, mais pas ici, on va aller à la gendarmerie.
Vous avez une voiture ?
Il faudrait déposer le chien.
- Et même si Baptiste
l'avait découvert, j'avais aucune raison de le tuer.
La truffe chinoise n'a rien d'illégal.
- Elle le devient si vous injectez des arômes synthétiques
pour faire croire que c'est de la vraie.
Si Lacroix vous dénonçait, c'en était fini.
- D'où l'intérêt de nous associer.
- Vous pouvez développer, M. Barsky ?
- OK.
Quand Baptiste a découvert ce que je faisais, il s'est énervé.
- Vous avez réglé le problème à votre manière.
- J'ai pas eu besoin de le faire. Le lendemain, il est venu chez moi.
- Quel était son intérêt ?
- L'argent !
Il m'offrait sa respectabilité et sa réputation.
- En échange, il levait son véto, et vous décrochiez le label qualité.
Ca ressemble pas
au Baptiste Lacroix décrit par ses proches.
Un homme droit dans ses bottes, amoureux de sa terre.
- Très intelligent.
Il n'avait pas que des problèmes de trésorerie,
il était surtout au bord du gouffre.
Sans moi, le domaine
de Lacroix en avait pour 6 mois, grand max.
- M. Lacroix était prêt à tout pour sauver sa famille.
La seule solution était de s'associer avec Barsky,
quitte à produire de la fausse truffe.
- Qu'il veuille protéger sa fille, OK, mais il a rien dit à sa femme.
- Il était taiseux.
Ceci dit, c'est bizarre qu'elle n'ait rien vu.
Je passe à la maison chercher les petits plats, je vous rejoins.
- Tes petits plats préparés avec amour !
- Et alors ?
- Rien, c'est bien.
T'es ailleurs, en ce moment ! - Non, je suis là.
- C'est le colonel ? - Non.
- Y autre chose, alors ? - Oui, c'est le colonel.
Et le départ de Camille,
le bac des enfants, l'éventuel départ des enfants.
- Bien sûr.
Paul, ils vont l'avoir, hein ?
- Oui, sûr !
- Paul ? Thomas aussi ?
- Les deux, sûr à 100%.
- A toute ! - Bisou !
C'est quoi ? - Du guacamole et du houmous.
Les enfants, j'ai fait du guacamole et du houmous !
- Super ! On n'a pas les résultats !
- Comme dans toute la région.
- Donne, je vais en manger, j'ai faim.
- Ca y est !
Mention très bien !
- Waouh ! Et toi ?
Alors ?
- Mention presque assez bien !
- Oui !
- J'ouvre le champagne ! - C'est qui, les bonshommes ?
- Qu'est-ce qu'on fait, dans ces cas-là ?
- On fait le haka ! - Allez, en place, maman !
Cris du haka.
...
- Vous nous cherchez ! - VOUS NOUS TROUVEZ !
- On est des Marchal ! - ON N'A JAMAIS MAL !
- On est des Soler ! - ON N'EN A PAS L'AIR !
- Oui ! On a notre bac !
- Viens, on va s'asseoir !
- On a le bac ! On a le bac ! On a le bac !
- Croissant ?
- Euh...
- Pourquoi t'hésites ?
- Si Vannier te voit, tu auras un speech sur la bouffe saine.
- Le bio, ça sert à rien.
- Y a des études très sérieuses
qui prouvent le contraire. - C'est dans la tête, regarde.
On peut lever la garde à vue de Barsky,
j'ai vérifié son alibi.
- Il a un lien avec le meurtre.
Sur le dossier que Lacroix a monté contre lui au syndicat,
c'est pas l'écriture de Baptiste Lacroix.
- Vu ton air réjoui,
ou tu sais à qui elle appartient, ou le croissant est une tuerie.
- A Flora Lacroix.
Et ton croissant est pas mal.
- Bonjour, bonjour !
- Bonjour, capitaine ! - Oh, des croissants !
- Vous en voulez un ? - Non, merci.
- Si j'insiste, capitaine. 100% bio, issus du commerce équitable.
Faut pas hésiter. - Dans ce cas !
- De temps en temps, je m'accorde autre chose que mon muesli soja.
C'est bon ?
On va interpeller Flora Lacroix ? Je vous laisse le sachet.
- A plus tard ! - A plus tard !
Mmm...
- Oui, tu fais quoi ?
- Je pense. - Tu veux pas le faire en marchant ?
Non ? Donc tu penses à quoi ?
- A la manière dont Marchal a démasqué Barsky.
C'était stylé, le coup du chien.
- C'est plutôt typique du capitaine.
- J'arrive, j'ai un truc à vérifier.
- "Un truc à vérifier" ?
J'ai dû faire un sale coup dans une vie antérieure.
- Désolée de vous déranger !
Est-ce qu'un chien pourrait suivre l'odeur de son maître ?
- Pourquoi pas ?
Il existe une technique qui s'appelle l'odorologie.
- Est-ce que je peux avoir un vêtement de Baptiste Lacroix ?
- Oui, je vous donne ça tout de suite.
Des idées, de l'initiative,
vous allez vous entendre avec le commandant.
- Merci, toubib. A charge de revanche.
- On a trouvé vos notes sur le dossier Barsky.
- D'accord.
J'ai menti. Mais pourquoi j'aurais tué Baptiste ?
- Pour l'arrêter.
En voulant trop protéger votre fille, il allait trop loin.
- Non, on a tout fait pour elle !
- Son mari aurait pu l'aider.
- C'est Antoine qui l'a mise dans un fauteuil roulant.
- Mais c'est un accident.
Il culpabilisait assez pour s'occuper d'elle.
- Il n'a pas su la sortir de sa dépression après l'accident.
Y a qu'avec nous qu'elle a relevé la tête.
On savait s'occuper de notre fille, pas lui !
- Inès est pas avec toi ? - Non, elle est sur un truc.
Alors, avec Mme Lacroix, ça a avancé ?
- Je pense pas qu'elle soit coupable.
Une chose est sûre : Flora et Baptiste Lacroix faisaient corps
autour de leur fille.
Du coup, je creuse sur la vie du gendre.
- Antoine Rosière ? Pourquoi ?
- Les Lacroix lui ont jamais pardonné l'accident.
- Vous avez trouvé quelque chose ?
- Il a contacté un artisan pour faire installer une cuisine
accessible aux personnes à mobilité réduite à Montpellier.
- Loin de chez ses beaux-parents qui ont aménagé le domaine.
- Les rapports entre les beaux-parents et le gendre
étaient loin d'être au beau fixe. - Je préviens Soler.
- Vous voilà prêts
à accueillir de nouveaux clients. - Oui.
- Votre beau-père en pensait quoi ?
Sans compter la cuisine prévue pour vous.
Et pourquoi une cuisine ?
Celle de chez vos parents ne vous plaît pas ?
- On voulait prendre notre indépendance.
- Votre père le savait ?
- Non. - Ca devait être compliqué
de lui annoncer. Il avait l'air très protecteur avec vous.
- Baptiste aurait flippé, mais on s'en serait sortis.
Julie est forte. Après l'accident, fallait l'aider pour tout.
Les soins, la moindre sortie.
Aujourd'hui, c'est différent.
On peut déplacer des montagnes.
- Excusez-moi, mais tous ces cartons,
vous comptiez vous installer ici ?
- Je voulais le dire à mes parents, mais c'était jamais le bon moment.
- Et après tout ce qu'ils avaient mis en place...
J'imagine qu'ils auraient pu prendre ça comme une trahison.
- De toute façon, c'est terminé.
Maintenant, on est coincés au domaine Lacroix.
- Pourquoi ? - On va pas laisser ta mère seule.
- Doucement !
Doucement !
OK ! Donc là, c'est pas du tout ce que je t'avais demandé.
Le chien pleure. - Un arrêt de bus ?
T'es gentil, mais c'est pas ce que je t'avais demandé !
Explique-moi pourquoi ton maître serait venu prendre le bus ?
Tu sais pas ? Moi non plus, je sais pas. J'abandonne.
Oui, j'abandonne.
Tu es doué pour les truffes, mais tu seras pas chien policier.
Désolée de te l'apprendre comme ça, mais c'est une réalité.
- Julie est au centre de tout. - Oui.
Et apparemment, elle rêvait d'indépendance.
- T'as le relevé téléphonique ?
- J'ai surtout étudié les textos.
Le matin du meurtre, Julie a commandé un taxi pour 10h,
en lui demandant de l'attendre à l'arrêt de bus.
- Comme si elle voulait pas qu'on la voie partir.
- C'est ça, mais elle s'est fait gauler.
- Comment tu sais ça ? - Le chien de la victime me l'a dit.
Vous me faites confiance ? Je vous expliquerai.
Ni vu, ni connu. - OK !
- OK, merci !
Bon ! Le chauffeur de taxi confirme.
Quand il est arrivé à l'arrêt de bus,
Julie était là avec son père. Il a annulé la course, le taxi est parti
mais j'ai quelque chose. Julie voulait se rendre
au CHU de Montpellier.
- Pourquoi aller à l'hôpital en cachette ?
- J'ai pas fini. D'après le relevé téléphonique de Julie,
elle appelait un certain Marc Bréval, chirurgien.
- C'est lui qui l'a opérée.
- C'est pas normal. Il l'a opérée il y a 2 ans ?
Un suivi, ça dure jamais aussi longtemps.
- Il l'a opérée il y a un peu plus qu'il y a 2 ans : le 2 juin.
J'ai une mémoire eidétique. - "D'étique" ?
- Photographique, je retiens tout ce que je vois.
- Sérieux ? Enorme !
En tout cas, ils devaient pas rester en contact, c'est sûr.
- Oui, et surtout, vu les heures d'appel.
7h43, 21h13,
et le portable de Bréval apparaît aussi sur le relevé.
- Une liaison peut-être : un médecin et sa jolie patiente.
- Une aventure, ça collait pas avec les projets de Baptiste
pour protéger sa fille.
Inès, tu t'occupes du chirurgien avec Erwan. Merci, Sophie.
- Je vous en prie.
- Pour l'histoire du chien, tu dis rien à Léa.
Ca serait pas bien de te la mettre à dos à peine arrivée.
Donc, OK ? - OK !
- Mme Lacroix, je souhaiterais voir votre fille.
- Pourquoi, vous allez la soupçonner ?
- Laisse, maman ! - Rebonjour, Julie.
Arrêt de bus, 10h, hier.
- De quoi elle parle ?
- Que s'est-il passé ?
- Papa voulait me ramener "en sécurité", comme il a dit.
- Pourquoi tu ne me l'as pas dit ?
- Que ma dernière conversation avec papa avait été une dispute ?
- Encore moins lui expliquer votre lien avec Marc Bréval.
- Mais c'est son chirurgien.
- Nous allons continuer cette conversation à la gendarmerie.
- Julie refuse de parler de sa liaison avec Marc Bréval.
- Après son père, elle risque de perdre son mari.
J'ai le sentiment qu'on fait fausse route.
- Moi aussi. D'après ce que j'ai compris,
Antoine et Julie forment un couple heureux.
Son accident, sa dépression, sa culpabilité à lui,
ça aurait pu péter le couple. - Mais ça l'a renforcé.
Je vois mal Julie tout envoyer balader pour une aventure.
- J'ai ma petite idée. Ah tiens ! Hé !
Eh bien voilà !
- Quoi ? Vous voulez mon café ? - Mes clés de voiture !
- Ah ça ? On m'a dit que je pouvais.
- On t'aura mal informée. Merci ! - De rien.
- Clé, mousqueton...
Et hop, "in the pocket" !
Comme ça, on ne pourra plus les barboter.
Allez, file !
- Et sinon, vous avez un porte-clés pour le double
qui est à l'accueil ?
- Elle va me plaire, elle.
- Bonjour, Thomas, ça va ?
- Bonjour !
- Je peux me mettre là ? - Oui.
T'es qui, toi, en fait ?
- Thomas, le fils de Paul Marchal et de Léa Soler.
Mon père m'a dit de me mettre ici pour mieux me concentrer.
- C'est toi qui as eu ton bac ? Félicitations !
T'es pas avec tes copains en train de faire la fête ?
- C'est déjà fait, on a fait une super teuf, un truc de ouf.
Ca va, je récupère vite.
Je viens pour écrire des lettres de motivation à des ONG.
J'aimerais devenir volontaire. - J'adore !
Et t'écris à qui ? Tu veux des idées ? J'ai plein de copines...
- Inès, t'es prête, on y va ? Bravo, Thomas, pour ton bac.
- Merci. - Je dois y aller,
on en reparle. Salut, Thomas !
- Salut, Thomas. Bravo pour ton bac. - Il est mignon, lui.
- Je savais pas que tu faisais du baby-sitting. Je cherche quelqu'un
pour garder ma fille.
- J'ai envie de l'aider. - Il a un très beau projet, oui.
- T'es lourd ! Les clés de voiture, c'est moi qui conduis.
- Julie Lacroix, je l'ai opérée.
- Vous aviez rendez-vous avec elle avant-hier matin ?
- Elle n'est pas venue, nous avons reprogrammé un rendez-vous.
- Vous en aviez beaucoup, des visites de contrôle ?
- Non, l'état de Julie est stable.
- Vous n'aviez aucune raison de vous téléphoner autant.
Surtout sur les portables. - Le secret médical, ça vous parle ?
- Quand il s'agit d'un meurtre, non. - Elle n'est pas morte.
- Vous avez eu une violente altercation avant-hier
avec le père de Julie. - Il est venu vous demander
de laisser sa fille tranquille,
la discussion a dégénéré. - Secret médical.
- Non, ça marche pas. Baptiste Lacroix n'était pas votre patient.
- Que fait-il là ?
- On a besoin de comprendre. Asseyez-vous.
- Julie, tout va bien.
- Marc et moi, c'est une belle histoire d'espoir.
Il va m'opérer.
- Comment ça ?
- Personne ne doit être au courant. Ni ma mère, ni mon mari.
S'ils savent, ils m'en empêcheront.
- Mais pourquoi ?
- L'opération comporte un risque. - De devenir tétraplégique.
Personne ne me laissera faire.
C'est quoi un risque, par rapport au rêve de pouvoir marcher ?
- Votre père avait découvert votre projet.
- Il a pas compris.
Il disait qu'il n'en était pas question.
Que tout allait bien parce que je m'étais adaptée.
- Sauf que vous ne voulez pas juste vous adapter.
Baptiste Lacroix est venu vous voir pour vous empêcher d'opérer Julie.
- Oui, mais j'ai refusé de l'écouter.
Mais... C'est pas contre moi qu'il était le plus en colère.
- Contre qui alors ?
- Contre son gendre.
J'ai eu beau lui dire qu'il n'était pas au courant, il a rien écouté.
- Pourquoi ? Papa aimait Antoine comme son fils.
- Baptiste hurlait
qu'Antoine avait déjà tué sa fille une 1re fois,
qu'il allait réussir, mais qu'il ne le laisserait pas faire.
Je suis désolé, Julie.
- On sait que Baptiste
était avec Bréval de 11h30 à midi.
- Donc entre 12h et 14h, il a très bien pu rendre visite
à Antoine de Rosière. - Sauf que ce dernier a un alibi,
il bossait avec un fournisseur.
- Il a pu s'absenter quelques instants
et rejoindre M. Lacroix dans un couloir, à l'extérieur,
dans une rue, n'importe où. - Inès et Erwan vont y retourner.
- Non, je vais m'en occuper.
Appelez le fournisseur pour qu'il vous confirme qu'Antoine Rosière
est parti à un moment.
- Du sucre ?
- Oui. Du sucre.
Du sucre qui vient du café d'en face.
- Je ne comprends pas.
- Avant-hier, vers 13h, votre beau-père a fait un malaise.
Vous ne voyez toujours pas ? - Non.
- M. Lacroix semblait étourdi, alors, le patron du bar
lui a offert un verre d'eau et du sucre.
- Je vous l'ai dit, j'ai été toute la journée avec mon fournisseur.
- Je sais. Sauf les quelques instants où vous êtes sorti
pour rejoindre votre beau-père à l'extérieur.
On a une équipe sur place.
Ils analysent la rampe bleue
légèrement effritée sur laquelle votre beau-père s'est cogné.
- Elle est jolie, cette photo.
- Elle date de quand ?
- Un an avant l'accident.
- A l'époque où tout allait bien.
Antoine,
si vous avez quelque chose à dire, c'est maintenant.
- Il m'a attrapé par les épaules.
Puis...
Je me suis retourné, je... Je l'ai poussé.
Je l'ai juste poussé.
Comment je pouvais savoir, il est même pas tombé dans les pommes.
- Que s'est-il passé exactement ?
- Il était comme fou.
Il est venu me parler de l'opération de Julie.
Et moi, j'étais pas au courant.
Il l'a toujours enfermée dans son handicap.
Je lui ai dit que moi, je la soutiendrais.
- Il avait peur que sa fille risque encore sa vie.
- Ce type que je respectais, il m'a traité d'assassin.
- Difficile à encaisser. Surtout après tous vos sacrifices.
- C'est pas une histoire de sacrifices !
Quand je suis avec elle, je suis bien, je suis heureux.
C'est pas par culpabilité, c'est parce que je l'aime.
- M. Lacroix aussi aimait sa fille.
A sa manière.
- Bonsoir, Cindy. - Bonsoir !
- T'es en retard ! Je suis fatiguée, j'aimerais rentrer chez moi.
- Faire du yoga ?
- Tu deviens lourd. Et à force, tu vas me donner des idées.
Si j'étais toi, j'arrêterais.
- Si je t'avais donné la raison du rendez-vous, tu serais pas venue.
- Tu sais donner envie !
- Tu sais, Alice et Tom vont partir quelques mois, quelques années,
je voudrais qu'ils aient un point d'ancrage quelque part.
Qu'ils aient un endroit où ils se sentent en sécurité.
J'ai pas envie que ma famille soit disséminée
aux 4 coins de la France. - On ne choisit pas toujours.
- Je vais m'arranger pour que tu restes
à Montpellier. - Tu veux en venir où ?
- On était bien, hier ?
- Mais c'est toujours bien quand on est tous les 4 !
- T'as pas envie de perdre ça ? - Non.
- T'es prête à faire ce qu'il faut pour rester ?
- Mais c'est trop tard, Paul.
Je vais recevoir un ordre de médiation,
c'est comme si j'étais déjà partie.
Le colonel à cette heure ?
Il rentre
dans mon bureau ! - Ah oui !
- Commandant ! - Colonel !
- Capitaine ! Me voilà, c'est quoi, l'urgence ?
- Je vous en prie.
- Mon colonel, nous avons pris conscience que c'était gênant
pour la brigade,
pour l'éthique professionnelle, et tout et tout !
Comme pour beaucoup de couples,
on a cru pouvoir tourner la page, alors que tout reste à écrire.
On a compris que notre lien était indestructible,
et Léa et moi, on s'aime à nouveau.
- C'est pour cette raison que Léa et moi, nous allons nous pacser.
Et comme ce Pacs va bloquer forcément la mutation de Léa,
c'était normal de vous informer en premier.
Je suis fatiguée. Je vais rentrer, je vais prendre une douche.
- On se voit demain ? - Oui, peut-être !
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