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Bonjour, monsieur.
Bonjour. Je voudrais un single de Seville à Paris pour ce soir et une
couchette en seconde.
Pour ce soir, je n'ai plus rien.
D'ailleurs, il n'y a pas de single de Seville à Paris.
Je peux vous donner pour demain deux places jusqu'à Madrid et de là... un
single et une couchette jusqu'à Paris.
Très bien.
J'ai une malle et trois valises. Vous pourriez les faire prendre chez moi pour
les acheminer jusqu'à Paris ? Tout à fait possible.
Je vais m'en occuper. Bien.
Vous avez dit un peu miel ? Oui.
Où est-elle ? Elle est partie, monsieur.
Il y a longtemps ? À peine cinq minutes.
Venez.
Elle a saigné.
Ce n'est rien. C'est le nez.
Jetez ça au feu.
Elle est partie pieds nus.
Jetez tout ça.
Très bien.
Une petite culotte, monsieur.
Au feu.
C'est un peu mouillé. Elle a dû avoir peur.
Nous rentrons demain à Paris.
Préparez tout.
Tant mieux, monsieur. J'étais fatigué de ces steaks à l'huile.
Avant, je travaillais dans un restaurant.
Il y avait un vieil habitué, un Allemand, qui citait toujours une phrase
d'un philosophe de son pays.
Si tu vas avec les femmes, n'oublie pas le bâton.
Ce n'est pas drôle.
Albanco.
Ici aussi.
Encore un attentat.
Vite, enculez. On va être en retard.
Vous, c'est là.
On se retrouve à Madaïd.
Oui.
Merci.
Bonjour, monsieur.
Excusez-moi, monsieur, vous rentrez à Paris ? Oui, madame.
Je crois que nous habitons le même quartier.
Je vous ai rencontré plusieurs fois dans la rue.
J'habite rue Rembrandt, tout près du parc. Et moi, rue Murillo.
C'est un long voyage, mais c'est plus fort que moi. Je ne peux pas m'habituer
à l'avion.
Et en plus, aujourd'hui, vous prenez l'avion pour Bruxelles, et à cause de
deux jeunes gens très gentils, vous vous retrouvez dans le désert.
Excusez-moi, madame, je crois que vous occupez mon siège.
Je suis désolée. Je vous en prie, gardez-le si vous préférez.
Ça ne vous dérange pas ? Nullement.
Je dois voyager dans le sens de la marche, sinon j'ai mal à l'estomac.
Vous rentrez à Paris ? Oui, avec ma fille. Vous aussi ? Oui, moi aussi.
Je ne vous ai pas rencontré au palais de justice dans le bureau de mon cousin.
C'est très possible, je suis magistrat. Comment s'appelle votre cousin ?
Foucault. Edouard Foucault.
Je le connais très bien, c'est un esprit tout à fait remarquable. Je suis Vincent
Delargues. Et moi, Mathieu Faber. Très heureux. Il m'a souvent parlé de vous.
Conpermiso, signor.
Muchas gracias. Buen viaje.
Merci.
Monsieur, dame.
Non, non, je vous remercie. Ce n'est pas la peine.
Vous êtes français, vous aussi ? Oui, j'habite Paris.
Est-ce que vous n'étiez pas à la corrida dimanche dernier ? Si.
Impossible de me confondre avec un autre.
Vous voulez le monde ? Non, merci, je l'ai déjà lu.
J'ai trois minutes de retard.
C'est assez fréquent.
Tu n'as rien compris !
à Paris directement ? Non, je crois que je vais rester trois ou quatre jours à
ma fille.
Monsieur, pourquoi vous avez jeté de l'eau sur la dame ? Tais-toi, Isabelle.
C'est très mal élevé de poser des questions.
Non, non, madame.
Laissez-la.
Elle a raison.
Après tout, ce n'est pas un geste très habituel.
N'est-ce pas, monsieur Delargue ? Je l'ai dit que... Non, en effet, ce n'est
pas habituel.
même si cela ne tombe pas sur le coup de la loi. En tout cas, je peux vous
rassurer, je ne suis pas fou.
Vous n'avez absolument rien à craindre.
Sans vouloir me montrer trop indiscret, je donnerai volontiers quelque chose
pour connaître l'origine de votre geste.
Vous êtes bien curieux, monsieur.
Je suis professeur de psychologie.
Monsieur, vous enseignez à la Sorbonne ? Non, je donne des leçons particulières.
Je comprends.
Monsieur Faber, vous êtes un homme apparemment normal.
Votre cousin Edouard est un de mes amis.
Alors je suis sûr que votre geste a une explication, même si elle sort de l
'ordinaire.
Vous conviendrez qu'il vaut mieux arroser quelqu'un que de l'assassiner ?
Sans doute.
Cette femme était la pire des femmes, la pire de la terre.
Ma seule consolation, c'est de penser que quand elle mourra, Dieu ne lui
pardonnera pas.
Personnellement, votre cas m'intéresse beaucoup.
Moi aussi, sincèrement.
Si vous voulez, je peux essayer de vous raconter ce qui s'est passé.
On jugeait un groupe de terroristes.
J'ai oublié leur nom.
Moi, j'étais venu attendre mon cousin, comme je le fais souvent, à la fin de l
'audience.
Ah, bonjour.
Tu vas bien ? Ça va.
Vous prendrez un café, monsieur ? Hein ? Non, non, merci, mon petit, non. Alors,
ils ont été condamnés à mort ? Oh, penses-tu ! Le curé a eu huit ans et les
autres trois, c'est lamentable.
Mais à mon avis, le jury a été menacé. Mais c'est par qui ? Eh, par le Garej,
évidemment. Le Garej ? G-A-R-E-J, groupe armé révolutionnaire de l
'enfant Jésus.
Ah oui.
Oui, ceux qui ont commis cet attentat à l'église Saint-Damien.
Exactement. Il y a eu 15 morts.
Ah, dis donc, on déjeune chez toi, finalement ? Tout est prêt.
Allons-y.
Au revoir. Merci, mademoiselle.
Bonjour, Martin.
Bonjour, Jean-Foucault.
Bonjour.
Alors,
qu'est-ce qui se mijote ? Il y a d'abord des œufs brouillés aux truffes.
Ah, c'est excellent, ça.
Ensuite, un coco-omare.
Un coco-omare ? Ah, je suis sûr que je vais adorer ça. Tu permets que j'aille
jeter un coup d'œil ? J'aime bien voir les choses avant de les manger. Je t
'accompagne.
Bonjour, monsieur.
Bonjour, mademoiselle.
Vous êtes la nouvelle femme de chambre ? Oui, monsieur, je suis arrivée ce matin.
Comment vous appelez-vous ? Conchita. Vous êtes espagnole ? Oui, monsieur.
Vous parlez très bien le français.
J'habite en France depuis dix ans.
Excusez-moi.
Vraiment, cette jeune personne ne paraissait pas une domestique très
expérimentée.
Je parie que cette jeune fille est la même que celle que vous avez arrosée.
Oui, en effet.
Bravo, monsieur.
Très facile.
Un enfant de cinq, on l'aurait deviné.
Merci.
Les terroristes d'aujourd'hui sont fascinés par le danger, c'est clair.
Certains ont une motivation politique, mais la plupart aiment le risque, l
'exploit.
Tu verras que bientôt dans les journaux, on parlera d'eux en rubrique sportive.
Non, non, non.
Dans ce verre-ci, le vin rouge.
Très bien, mademoiselle.
Merci.
Pardon, je n'ai pas l'habitude.
La bande à Bonneau, c'est bien fini.
Ceux-là, au moins, avaient un idéal.
Avec des revolvers à barillets, ils ont terrorisé Paris pendant plusieurs jours.
Ils étaient désintéressés et généreux. Ah ouais, mais c'était tout de même des
gangsters.
Merci.
Elle n'a sûrement jamais travaillé de ses mains.
Tu as remarqué comme elles sont fines.
Vous désirez, monsieur ? Dites à Conchita de m'apporter une chartreuse.
Jaune ou verte ? Verte, c'est plus stimulant.
Et légèrement aphrodisiaque ? Vous êtes très cultivé, Martin.
Merci, monsieur.
Bonsoir, monsieur.
Non, non, non, attendez un instant.
Fermez la porte.
Venez ici.
Approchez-vous.
Je voulais vous demander, que faisiez-vous avant ? Je travaillais dans
un bureau, au téléphone, puis en province, dans le vestiaire d'un bar.
Mais je suis partie.
Pourquoi ? Je détestais l'ambiance.
Je suis élevée à l'ancienne façon, vous savez.
Je vais ouvrir le lit.
De quelle région êtes-vous ? Je suis andalouse, de Séville.
Ah, je connais l'Andalousie, j'aime beaucoup.
Ouais. Que fait votre père ? Mon père est mort.
Laissez ça.
Venez.
Je n'ai pas l'intention de vous traiter comme une domestique. D'ailleurs, vous n
'êtes pas une domestique.
Vous le voyez bien.
Asseyez-vous, je vous en prie.
Et votre mère habite Paris ? Oui, la banlieue.
Quelques fois, je me sens complètement perdue, vous savez.
Je peux pas m'y faire.
À quoi ? À tout, aux gens, à ce qui se passe.
C'est très difficile pour moi.
En plus, j'aime pas travailler.
Ah, bon.
Je travaille pour aider ma mère, qui passe son temps à l'église.
Autrement, moi, l'unique chose que j'aime, c'est la danse.
Vous êtes danseuse ? Malheureusement, on peut pas en vivre.
Et quel âge avez-vous ? 18 ans.
Qu'est-ce que vous pensez de moi ?
Je vous connais à peine.
Vous avez des cheveux soyeux.
Vous trouvez ? Faut que j'aille me coucher.
Mais attendez un instant.
J'ai quelque chose de sérieux à vous dire.
Mais enfin, où est Conchita ? Elle est partie, monsieur.
Partie ? Comment ça, partie ? Ce matin de bonne heure, sans demander d'argent,
sans explication.
Vous avez son adresse ? Non, monsieur.
Pourquoi ? Je l'ai trouvée par les petites annonces. Elle s'est présentée
avant-hier.
C'est tout.
Merci.
Dommage.
Merci.
Et ensuite,
que s'est-il passé ? Vous êtes sûr que je ne vous en eus pas ? Pas du tout, au
contraire.
Trois mois plus tard environ, je me rendais en Suisse pour mes affaires.
Je me trouvais dans un hôtel où je réside de temps en temps.
Monsieur, tu fais s'il vous plaît. Ah oui.
Non, je ne veux pas faire.
Je veux l'argent.
Mais je n'ai pas d'argent.
Nous avons besoin d'argent.
Tenez. Non, seulement 800 francs. 800 francs ?
Bonjour, monsieur.
Merci.
Merci, monsieur.
Bonjour. Bonjour.
Mais que faites-vous ici ? Je vous rapporte vos 800 francs. Comment ? Oui.
On vous a vus à l'hôtel hier soir et les jeunes gens sont des amis à moi.
On était en tournée ici et puis l'impressario est parti avec l'argent.
Gardez ces billets.
Non.
Si, si.
Gardez-les.
Je vous les rendrai dès que je pourrai.
Pourquoi êtes-vous partie de chez moi ? À cause de vous.
Mais qu'est-ce que j'ai fait ? Vous étiez trop caressant. Je l'ai senti,
alors j'ai préféré partir.
Je suis ici encore pour quelques jours.
Vous ne voulez pas rester avec moi ? Ça me plairait beaucoup, mais il faut que
je rentre.
Déjà ? Oui, ma mère m'attend.
Elle n'a pas de sous, alors je dois partir.
Merci.
Où habitez-vous à Paris ? 56 Bis, rue Louis Blanc, à Corbevoie.
Pardon, madame.
Connaîtriez-vous deux Espagnols habitants ici ? La porte, là.
Merci.
Monsieur ? Conchita est ici.
Ah, si.
Conchita !
Bonjour. Entrez.
Maman, c'est le monsieur qui nous a prêté de l'argent.
Ah, très bien. Je ne vous dérange pas ? Pas du tout.
Au contraire.
Débarrassez-vous.
Merci, madame.
Nous allions justement prendre un café.
Vous en voulez ? Avec plaisir.
Vous allez bien, Conchita ?
Oui, oui, très bien.
Ça se voit.
Monsieur, dès que possible, je vous rendrai l'argent du billet de Contita.
Les autres ont promis de le rendre, eux aussi.
Malheureusement, en ce moment, je n'ai pas d'argent. Et eux non plus.
Madame, ce n'est pas pressé.
Vous êtes bien rentrée, Louza ? Oui, grâce à vous.
Mes amis vous remercient beaucoup.
Et moi aussi. Je vous en prie. C'était le plus aimable des hold-ups.
C'est votre père ?
Oui. Il est mort il y a six ans.
Il s'est suicidé.
C'est terrible.
Un brave homme. Mais à sa mort, il n'a rien laissé que de dette.
Je n'ai pas de pension.
Rien. Mais je ne sais rien faire.
C'est le problème des femmes qui ont une certaine éducation.
Elles passent toutes ces journées à l'église.
Il faut bien prier pour la pauvre âme de mon mari, n'est-ce pas ? On m'a proposé
une place de concierge.
Mais je suis trop fière pour ça.
J'aime mieux baisser les dalles de l'église que de balayer celles de la
porte.
Ma fille m'aide, mais je ne voudrais pas qu'elle travaille.
Pourquoi ? À cause des mauvais exemples. C'est effrayant, ce qu'on entend.
Si ma fille écoutait tout ce qu'on lui dit, il y a longtemps que je ne la
verrais plus.
Ne vous inquiétez pas, monsieur, pour cet argent.
Je vous le rendrai dès que je pourrai.
Vous savez, madame, c'est très peu de choses.
Et si vous êtes un peu gêlée en ce moment, tenez, acceptez-le.
C'est de bon cœur, monsieur.
Nous sommes dans un moment difficile, ma fille et moi. Je suis content de pouvoir
vous aider.
Il faut que je m'en aille.
Merci encore, monsieur.
Vous pouvez rester si vous voulez.
Au revoir, madame.
Venez avec moi.
Je ne suis pas une fille de ce genre-là.
Si c'est ce que vous cherchez avec moi, alors partez et ne revenez plus.
Je vous comprends très bien.
À part la danse, vous ne faites vraiment rien.
Je n'aime pas coutre. Je sais pas cuisiner.
Qu'est-ce que vous voulez que je fasse ?
Mais vous ne sortez jamais ? C'est idiot de se promener sans raison dans les
rues, surtout quand on n'a rien à acheter.
Je préfère rester couchée.
Vous pouvez me passer cette boîte sur la cheminée ?
Vous voulez un bonbon ? Oui.
Vous aurez du mal à le croire, j'étais fasciné.
Je suis retourné pendant un mois. Comment ? Je suis retourné presque tous
les jours.
Que dites-vous ? Attendons un instant.
C'est vous ? Bravo, Conchita.
Vous transpirez.
Au travail depuis une demi-heure.
Venez ici.
J'ai apporté du café et des biscuits.
C'est beau.
Bonjour, monsieur.
Bonjour. C'est un ami, El Morenito.
Je crois que nous nous sommes déjà rencontrés.
Oui, monsieur.
A Los Angeles.
A mañana.
A demain, Conchita.
Bonsoir. Nous répétons un numéro.
Je suis toute en sueur.
Excusez-moi.
Votre mère n'est pas là ? Non.
C
'est
pour vous.
Qu'est-ce que c'est ? Vous pouvez l'ouvrir ?
Trop beau ! C'est beau ! Donnez-le à ma mère, elle lui fera plaisir.
Oh
putain,
comme je suis bien quand je suis comme ça.
Venez vous asseoir, je vais vous chanter une chanson.
Ici ? Ouais.
Venez là.
Là.
Vous
avez
compris ? Non.
Venez là.
Ça veut dire ?
Quelqu'un nous écoute, non.
Tu veux que je te dise, dis.
Tu as un autre amant, non.
Tu veux que je le sois, oui.
Et c'est vrai ? C'est une chanson.
Les paroles ne sont pas de moi.
Je pense à vous tout le temps.
Moi aussi.
Conchita, c'est vous qui êtes devenue sur mes genoux.
C'est vous qui m'avez embrassé. Je vous ai embrassé pour vous remercier et parce
que je vous aime bien.
Vous, vous m'embrassez sans m'aimer.
Moi ? Oui, je sais bien ce que vous voulez.
Je vous amuse, je vous plais, comme ça, c'est tout.
Conchita... Vous pouvez faire tout ce que vous voulez avec les autres filles.
Je vous donnerai des noms si vous voulez.
Mais moi, c'est moi.
Ce que je voudrais, c'est bien différent.
Dites-moi.
La première fois où je vous ai vus, vous vous rappelez ? Oui.
J'ai été très frappée par vos yeux.
Je les ai trouvés très bons.
Et je suis sûre que je ne me suis pas trompée.
Tous les jours, je me demande qu'est-ce que je pourrais faire pour elle.
Et tout ce que je trouve.
Ah, bonjour.
Il y a longtemps que vous êtes là ? À à peine cinq minutes.
Bonjour, madame. Oh, restez, restez assis.
Oh, qu'est-ce que c'est que ça ? Oh, encore du café et des gâteaux.
Vraiment, vous nous gâtez.
Bon, je vais préparer tout ça.
Oh, monsieur, deux femmes seules sont si espossées.
Nous serions riches, ma fille et moi, si nous avions suivi les mauvais chemins.
Une chose est sûre, le péché...
Il n'a jamais passé la nuit ici.
Notre âme est plus droite que le doigt de Saint-Jean.
Quelquefois, je suis bien contente que Contita n'ait travaillé pas. Pourquoi
donc ? Quel mot on entend dans la rue ? Ce qui perd les jeunes filles, c'est les
conseils des femmes plus que ceux des hommes.
J'en connais qui ont les rossères à la main et les diables sous la jupe.
Venez par là.
Vous avez un amant ? Non.
C'est sûr ? Bien sûr.
Pourquoi êtes-vous comme ça ? Par peur de commettre un péché ? Non, ça m'est
égal. Par froideur, alors ? Non, monsieur.
Il y a tant de questions que je ne peux pas vous poser.
Mais si vous avez une raison, dites-la moi.
J'étais sûre que vous n'alliez pas le finir.
Mais c'est quoi ? Je suis Mosita.
Mosita ? Oui.
Je ne suis jamais allée avec un homme.
Madame, excusez-moi, Monsieur Faber voudrait vous voir.
Rendez-vous après à la maison. À tout à l'heure. D'accord.
Il vous attend chez lui, il m'a demandé de vous amener. Très bien.
Oui ? Monsieur, cette dame est là. Faites-la entrer.
Bonjour, madame.
Asseyez-vous, je vous en prie.
Voilà.
Vous me connaissez bien maintenant, je crois.
Oui, monsieur.
Et je suis sûr d'une chose, madame.
J'aime votre fille.
Beaucoup.
Je voudrais unir ma vie à la sienne.
Vous comprenez ? Vous voulez les pousser ?
Pour le moment, je ne peux pas.
Plus tard, peut-être.
Mais voici ce que je vous propose.
Monsieur, regardez-la.
Je vous propose de vivre avec elle ici.
Je ferai pour elle tout ce que je pourrai.
Vous me comprenez ? Oui, monsieur.
Enfin, c'est fini, les promenades dans tout l'appartement.
Naturellement, je m'occuperai aussi de vous.
Plus jamais.
Vous n'aurez à travailler ni l'une ni l'autre.
Je vous donne ceci en attendant.
Merci. Mais je compte sur vous pour une chose, madame.
Oui ? Je voudrais que vous m'aidiez.
Je voudrais que vous la conduisiez chez moi.
Vous pouvez faire ça ? Oui, je crois.
Alors ? Après-demain, vers 5 heures.
Qu'elle vienne ici avec vous.
Et rassurez-la.
Dites-lui que je suis sincère. Très bien.
Je compte absolument sur vous. Au revoir.
Au revoir.
C'est à qui, ça ? C'est à moi, monsieur.
C'est mon poste. Et alors ? Je voulais le prêter à mademoiselle.
On dit que c'est très abrutissant, mais de temps en temps, quand on est seul...
Non, non, non. Rapportez ça.
Bien, monsieur.
Attendez. C'est elle.
Entrez. Oui, qui a-t-il ? Une lettre pour vous, monsieur.
Merci. Au revoir, monsieur.
Au revoir.
Martin a arrêté les travaux.
Je crois que ce n'est plus la peine.
Monsieur, ce n'est pas surprenant.
Comment ? Ne faut jamais attendre au premier rendez-vous sérieux que d'une
femme. Pourquoi ? Parce qu'elle n'y vient pas.
Conchita !
Concierge !
Elle se repartit ? Oui, ce matin.
Seule ? Oui, je crois bien, toute seule.
Elle n'a rien dit, rien laissé pour moi ? Pas à moi, en tout cas.
Elle revient où ? Ça m'étonnerait.
Mais il est meuble.
Il faudra bien qu'elles reviennent chercher les meubles.
Non, c'était un meublé.
Tout ce qu'elles avaient, elles l'ont pris.
Qui sait où elles sont ? Merci.
Merci. Alors maintenant, qu'est-ce que tu vas faire ? Tu vas me répondre ?
Voilà, je n'ai envie de rien.
Ce couteau un peu.
Voyage ? Je ne t'ai jamais vu comme ça.
Ces deux derniers mois ont été désastreux.
Trouve quelqu'un.
Ça ne manque pas.
Aucune envie.
Je respecte trop l'amour.
pour faire gronder les arrières boutiques.
Je n'ai presque jamais possédé une femme sans l'aimer passionnément.
Les autres, je peux l'écouter sur mes doigts.
Garçon, s'il vous plaît.
Une mouche.
Celle-là, ça fait plusieurs jours que je lui cours après.
Et il a fallu qu'elle tombe dans votre verre.
Je vais le changer.
Une mouche comme moi.
Si elle revenait maintenant, je lui demanderais plus rien.
Je resterais près d'elle sans bouger.
Aussi longtemps que possible.
Tu sais, elle n'en voulait peut-être qu'à ton argent.
Mais non, mon argent.
Elle aurait pu m'en prendre beaucoup plus.
Mais elle le savait.
Allez, viens, va. On va déjeuner. Non, non, laisse.
Merci. J'ai un chapeau. Merci.
Mademoiselle, je vous ai déjà rencontrée, non ? Oui, monsieur, je
crois.
Alors, à demain.
Qu'est-ce que tu dis ? À demain pour déjeuner, comme convenu.
Mais qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui se passe ? Au revoir, mademoiselle.
Vous étiez là ? Je viens d'arriver, je prends mon service à midi.
Vous travaillez ici depuis quand ? Quatre jours.
Et pourquoi êtes-vous partie aussi sèchement ? Sans laisser d'adresse, sans
donner de nouvelles ? Vous le savez très bien.
Oh non, vous devez m'expliquer, absolument.
Mais il n'y a rien à expliquer.
Excusez-moi, pardon monsieur.
Ne bavardez pas avec les clients, il y a des gens qui attendent.
Mais pour la dernière fois, vous êtes ici pour vous occuper du vestiaire. Je
ne veux pas que vous bavardiez avec les clients.
Voilà, je suis libre. Comment libre ? Oui, je viens de me donner ma démission,
je ne travaille plus ici.
Ah bon, tant mieux.
On boit quelque chose ? Oui, où ? Ici.
Pourquoi avoir proposé ça à ma mère ? Quoi ? Comment quoi ? Vous vouliez qu
'elle me conduise chez vous.
Vous avez essayé de m'acheter, comme un meuble.
Moi, qui étais sur le point de me donner à vous.
Pourquoi vous avez réagi stupidement ? Vous avez pu venir me voir, me dire, je
ne suis pas quelqu'un qu'on peut acheter.
Au lieu de ça, qu'est-ce que vous avez fait ? Vous êtes parti.
Si vous m'aviez dit, voilà ce que je veux,
je vous le laisserai me donner.
Venez vous asseoir.
Où étiez-vous ? De quoi viviez-vous ? J'ai un peu travaillé. J'ai fait des
photos pour un magazine.
Une amie nous a recueillis, ma mère et moi, quelques temps, et puis on avait
votre argent.
Et après ? Après ? Vous croyez que je serais embarrassée ?
Vous croyez que sans vous, je ne peux pas vivre ? Votre argent, je n'en veux
pas.
Et puis, je peux vivre de rien, moi.
Mais pas comme vous.
Garçon. Qu'est-ce que vous prenez ? Un café au lait. Moi, une fine.
On ne sert pas à mademoiselle ici.
Comment ? Excusez-moi, monsieur, on ne sert pas à mademoiselle.
C'est drôle.
Pendant ces deux mois, quand je pensais à vous, j'étais furieuse. Je voulais
plus vous voir.
Et maintenant, vous êtes là, je me sens bien.
J'ai une maison à la campagne.
J'aimerais tant vous y emmener un jour.
À quel endroit ? C'est pas loin de Paris.
J'y vais presque jamais.
Mathieu, je serai votre maîtresse dans cette maison.
Quand ? Aujourd'hui ? Non, après-demain.
Et qu'est-ce qui se passe ? Une panne d'électricité ? Oui, monsieur.
C'est la centrale de Jubilly qui a sauté.
Un accident ? Non, un sabotage.
Bonsoir, Diane.
Bonsoir, monsieur.
Bonsoir, madame. J'ai allumé quelques bougies, j'espère que ça suffira.
Mais certainement.
Je vous prépare quelque chose à manger ? Non, non, ce n'est pas la peine, nous
avons dîner en route.
La chambre est prête ? Mais oui, monsieur.
Posez ça là.
Bonsoir, monsieur.
Bonsoir. Vous n'avez besoin de rien ? Non, non, non, bonsoir, rien. Bonsoir,
monsieur.
C'est qui, là ?
C'est une photo de ma femme.
Je ne savais pas que... Oui, il est mort il y a sept ans.
Je l'aimais beaucoup.
Et elle couchait ici ? Oui.
Alors je ne veux pas pas ici.
Conchita. Est-ce qu'il y a une autre chambre ? Oui, mais elle n'est pas
faite. Alors demande qu'on la fasse.
Très bien.
Adrienne ! Adrienne ! Oui, oui, monsieur.
Préparez la chambre du fond.
Tout de suite, monsieur.
Conchita, vous avez dit à votre mère que vous partiez avec moi ? Non, pourquoi ?
Elle peut s'inquiéter ou se mettre en colère.
Ma mère ? Oui. Si elle me voyait au milieu de la rue en train de racoler,
elle dirait « Que gratte ! » Vous avez vu comme elle est mignonne ? Monsieur ?
Oui ? Ce sera vite fait. Cinq minutes.
Très bien.
Elle ne compte pas, votre mère ? Non.
Pas du tout.
Je me suis élevée toute seule. Je fais exactement ce qui me plaît. Du matin au
soir. C'est comme ça.
Ah, Mathéo.
Je crois que je vais tomber.
Assez-toi.
Assez-toi, là.
Je t'aime, mais je suis presque éveillée.
Allonge-toi.
Veux-tu un peu d'eau ? Non, non, reste près de moi.
Oui.
Est-ce que tu m'aimeras longtemps ? Mais bien sûr.
Et quand je serai vieille, tout à fait vieille, tu m'aimeras encore ? Dis-le
-moi, même si ce n'est pas vrai, j'ai besoin que tu me le dises et que tu me
donnes des forces.
Je t'aimerai jusqu'à la fin.
Après toi, j'en aimerai pas d'autres.
Et si tu me quittes, je serai comme morte.
Tu sais, Mathéo, Je t'ai promis pour ce soir, mais je crois que j'aurai pas la
force.
Oui ? La chambre est prête, monsieur.
Merci, Adrien. Je vais emporter les valises. Oui.
Bonne nuit.
À demain.
Bonsoir, Diane.
Je ne vous dérangerai plus. Merci.
Enlève ça.
Est-ce que je peux m'arranger ? Oui, par là.
Conchita ? Oui, j'arrive.
La fenêtre.
Eh bien ? Ferme la fenêtre.
Mais personne ne peut nous voir.
Ça ne fait rien.
Tu as vu comme je suis belle ? Je te plais ? Ah oui, tu me plais.
Je te plais beaucoup.
Oui, pourquoi tu me demandes ça ? Non, tout à l'heure.
Ça ne me dit rien maintenant, c'est tout.
Ça ne te dit rien ? Non, pas maintenant.
Il y a trop longtemps, j'en ai assez.
J'étais plus patient que n'importe qui à ma place.
Je ne t'ai rien promis.
Comment ? Je ne te dois rien.
Rien du tout.
Fais attention, Conchita.
Tu te moques de moi depuis longtemps, mais je pourrais bien me lasser.
Et je ne supporterai pas tes manières éternellement.
Vraiment ? Je ne vous aimerai pas ce soir, Mathieu.
Ni ce soir, ni demain.
Ça suffit.
Enlève cette chemise.
T'as les bougies.
Viens dans mes bras.
N'aie pas peur.
Oh, ma conchita.
Tu m'as fait attendre longtemps.
Mais maintenant... Ne chante pas victoire trop tôt.
Ta peau est douce.
Et ton ventre... Mais qu'est-ce que c'est que ça ? Quoi ? C'est ce que je
sens là.
Enlève ça. Non.
Je vais te l'arracher, tu vas voir.
Laisse-moi, tu n'y arriveras pas.
On doit tuer.
Mais qu'est-ce que c'est que ça ? Laisse-moi.
Je me suis acharné pendant dix minutes, je me suis battu.
Il y avait tant de nœuds, tant de lacets, des conchitas qui résistaient,
rien à faire.
Impossible d'arracher cette chose.
Isabelle, retourne jouer dans le couloir avec le petit garçon. Mais non, je vais
écouter. Non, va jouer. Va. Non, non.
Mais je crois que j'étais très correct.
Il n'y avait rien dans ma description susceptible de... Non, bien sûr.
Mais les enfants aujourd'hui, vous savez... Mais continuez.
Je vous en prie. Oui.
Tu sais, Mathieu, ce que je fais, moi non plus, je ne l'aime pas.
Et toi, ce que tu aimes, c'est ce que je te refuse.
Ce n'est pas moi.
Il faut que tu attendes, c'est tout.
Ça viendra, petit à petit.
Tu sais que je suis à toi, et à toi seule, alors qu'est-ce que tu veux de
plus ? Dis.
Tu veux que j'aie une habite chez toi ?
Mademoiselle.
Merci,
gardez.
Il est donc dix minutes de retard.
Non, elle va venir.
Elle est allée voir sa mère.
Et comment ça se passe avec la mère ? Je lui envoie un peu d'argent.
Je la vois jamais.
Et tu es content avec ce que tu as ? Non.
Je voulais la posséder, bien sûr, mais quand elle est à côté de moi, je suis
comblé. Je n'en demande pas plus.
Tu ne pourrais vraiment pas te passer d'elle ? Non.
Vous vivez ensemble, tout le monde le sait. Pourquoi ne l'épouses-tu pas ? Si
je l'épousais, je serais définitivement désarmé.
Bonjour.
Bonjour, monsieur.
Bonjour.
Seyez-vous.
Alors, quoi de neuf ? Ça va très bien.
Est-ce que vous voulez boire ? Monsieur, la demoiselle est là.
Très heureux de vous revoir, mademoiselle.
Est-ce que je peux vous offrir un peu de champagne ? Non.
Excusez-moi.
J'aimerais bien que tu m'achètes une caméra 16 mm.
Oui, on peut y aller tout à l'heure. Il y a des très jolies choses, viens.
Je voudrais te demander une chose.
Oui ? Pourquoi tu veux absolument faire l'amour avec moi ? Pour être plus près
de toi.
Parce que je t'aime.
Moi aussi je t'aime.
Et pourtant je n'ai pas envie de faire l'amour avec toi.
Nous sommes ensemble.
Je viens dans tes bras, je te caresse, tu as mes jambes, ma bouche, mes seins.
Pourquoi tu veux en plus faire l'amour ? Parce que c'est normal, c'est naturel.
Tous les gens qui s'aiment font la même chose.
Alors, tu trouves que je ne suis pas normale ? Viens, allons-y.
Attends, je fais ma toilette et j'arrive.
Tu n'es pas fatiguée ? Non, au contraire. Je me sens très en forme ce
soir. Nous allons voir.
Tu n'as pas oublié, comme toutes les nuits. Je n'ai pas oublié.
Viens, je ne te fais rien.
C'est promis.
Mais oui.
Sinon, je m'en vais tout de suite, tu le sais. Viens ici.
Il faudrait que j'attende encore longtemps.
Si je te donnais tout ce que tu veux, tu ne m'aimerais plus.
Tu ne restes avec moi que pour mon argent.
Pour le confort que je t'apporte.
Je ne suis pas comme toi. L'argent se met égal, si j'en voulais.
Je saurais bien où en trouver.
Ou peut-être que je suis trop vieux.
Toi ? Au contraire.
Je déteste les jeunes.
Ils sont idiots.
J'aime les gens qui ont vécu.
Comme toi.
Il y a plusieurs façons de rendre un homme heureux.
Qu'est-ce que tu veux dire ? Tout en restant vierge.
Ah non ! Pourquoi tu me prends ?
Qu
'est-ce que tu ferais si je mourais la première ? Ce n'est pas possible.
Et pourquoi ? Je crois que je suis malade du cœur comme mon père.
Ne dis pas de bêtises.
En tout cas, attention.
Si tu prends une autre femme, je lui viendrai te tirer les pieds toute la
nuit.
Mais qu'est-ce qui se passe ?
Tu vois quelque chose ? Non, pas très bien.
Une voiture accidentée, un type couché par terre.
Écarte-toi.
Reste pas là.
Mais qu'est-ce que c'est ? Un attentat. Ou un règlement de compte.
Ce sera demain.
Ça m'a fait peur.
Ça m'a coupé l'envie de rester.
Mais hier, je t'ai eu plus longtemps.
Hier, c'était hier. Et aujourd'hui, c'est aujourd'hui !
Laisse-moi le temps de m'habituer à toi.
Non, va te...
Conchita, ouvre ! Je t'ai dénouvé, Conchita ! Écoute, je suis
en train de me sécher !
Qu'est-ce que vous faites là ? C'est moi qui lui ai dit d'entrer.
On l'a mis à la porte de son hôtel.
Il y a trois nuits qu'il couche ici.
Mais sois tranquille. On se couche, on se tourne, chacun de son côté,
exactement comme avec toi.
Allez, dehors.
Laisse-le.
Dehors ! Foutez le camp. Mais laisse-le ! Prenez vos affaires.
Je le savais depuis le début, depuis que je te connais.
Au fond, tu as le cœur dur et sec.
Tu sais, 620, moi, je m'en vais aussi.
Mais oui ! Eh, mais attends ! Allez ! Dehors, tous les deux.
Je te donne 10 minutes.
Sinon, on appelle la police et on embarque.
Je t'attends en bas.
Je t'ai assez vu, toi aussi.
10 minutes ! Tu m'entends ? Je serais partie avant, trop contente. Mais je te
préviens, inutile de me courir après, je ne reviendrai pas. Bouche !
Que Dieu t'entende.
Je ne veux plus jamais te voir.
Tu n'entends jamais.
Je n'en peux plus.
Un de ces jours, je vais aller la voir.
Quelle humiliation.
Ça m'intéresse.
Je ne dors plus, je ne fais rien.
Donne-moi une idée.
Je te l'ai dit, voyage, va au Brésil, tiens, va en Chine.
Va où tu voudras.
Ce que je voudrais, c'est que quelqu'un m'empêche d'aller la voir.
Toi, par exemple.
Moi ? Tu ne peux rien faire.
Mais je ne vois pas comment.
Même si je réussissais, tu serais le premier à venir me le reprocher. Non,
non.
Sûr ? Absolument sûr.
Je vais essayer.
Si, j'arrive.
Qui est là ? N
'ayez
pas peur, madame, nous sommes des amis.
Vous permettez ? Oui.
Voulez-vous venir, s'il vous plaît ?
Vous
êtes Incarnacion Perez ? Oui, monsieur.
C'est votre fille, Concepcion ? Oui, monsieur.
Vous avez 24 heures pour quitter la France. Comment ? Voici le mandat d
'expulsion. Vous êtes classe et indésirable par les services de sûreté.
Mais pourquoi ? Qu'est-ce que nous avons fait ?
Ça ne me regarde pas, moi je suis ici pour faire exécuter les ordres.
Voilà, vous avez jusqu'à demain matin.
Vous resterez absent longtemps, monsieur ? Je n'en sais rien. Peut-être huit
jours, peut-être un an ou deux. De toute façon, vous m'accompagnez, Martin.
Et où allez-vous ? C'est ce que nous allons savoir.
Maintenant, je ferme les yeux.
Faites-moi tourner sur place deux ou trois fois, Martin.
Où est la carte ? Juste devant vous, monsieur.
Singapour. Très bien, nous allons à Singapour. Préparez tout. Et quel temps
fait-il à Singapour en ce moment ? Que si ça peut foutre. Mais que ferons-nous
à Singapour à 3h de l'après-midi, monsieur ? La sieste.
Et vous n'êtes pas allé à Singapour ? Non, mais... Vous êtes allé à Séville.
Vous m'étonnez.
Mais non, vous saviez qu'elle était de Séville.
Vous avez changé d'avis, c'est très humain.
Au niveau de la conscience, nous savons bien que le hasard n'existe pas.
Ah, eh bien, oui.
Je suis allé à Séville.
À votre disposition, monsieur. Je viens tout de suite.
Non. Tu es comme une ramette, comme une albéaca, peu l'huile, peu l'eau. Tu
penses que tu es une petite fille, mais tu as beaucoup d'argent.
Tu es malade. Donne-lui quelque chose.
C'est beau, n'est-ce pas ? Franchement, monsieur, je ne m'y connais pas en
architecture.
À propos, Martin.
Oui, monsieur ? Vous êtes à mon service depuis plusieurs années, et cependant,
je ne sais rien de vous, je veux dire, de votre vie privée.
Il n'y a rien à savoir, monsieur.
Que pensez-vous des femmes ? Ce que je pense n'a aucun intérêt.
Merci, monsieur.
Si.
Si, moi, ça m'intéresse.
Eh bien, monsieur, j'ai un ami qui pourtant aime beaucoup les femmes.
Il prétend que ce sont des sacs d'excréments.
Pourquoi dire une chose pareille ? Ce n'est pas moi qui le dis.
Vous pouvez disposer, Martin.
Ce soir, je vous invite à dîner.
Bonsoir.
Monsieur, vous oubliez le sac.
Ah, non, non, non, je vais aller le chercher.
Bonsoir, monsieur. Bonsoir.
Mathieu ! Je ne peux pas le croire.
Conchita ! Et c'est bien toi ? Te retrouver de cette façon, c'est
incroyable. Tu savais que je t'assaisis ? Mais pas du tout. Si tu savais comme
je te regrettais.
Je croyais que tu ne m'aimais plus. Mais Conchita.
Pousse-toi un peu que je te vois. Mais vous, c'est ici.
Depuis longtemps ? Oui, depuis quelques jours. Ah, quelle misère dans la vie.
Vous savez, on nous a expulsés de France.
Expulsés ? Oui, la police.
Sans raison.
Trois jours pour venir d'Andaï. Et sans sans-sous.
Heureusement qu'Untida a trouvé un travail. Mathieu ! Bon, je vous laisse.
Vous avez sûrement beaucoup à dire.
À bientôt, Don Mathieu. À bientôt.
Mathieu ! Tu habites où ? J'ai loué une maison.
Tu as été trop dur.
Me jeter à la porte en pleine nuit.
Ta mère me dit que tu travailles ? Oui, là, à deux pas, dans une boîte qui s
'appelle Gurugu.
Je veux que tu viennes me voir danser, ce soir.
Oui. N'est-ce pas que tu viendras ? Mi amor, mi alma.
Donne-moi tes lèvres.
Tes poisses.
Quoi ? Après.
Pour l'instant, je peux te donner que ça.
Sous-titrage
MFP.
Allez ! C'est bon !
Tu aimes cette vie ? Beaucoup.
De toute façon, je n'en ai pas d'autres.
Et si je te proposais d'y aller avec moi ? De quitter tout ça ? Tu n'y penses
vraiment ? Oui.
Je partirai tout de suite, Mathéo.
Je suis si heureuse que tu sois revenu.
Avant, je me méfiais de toi.
Mais j'ai beaucoup changé, tu sais.
Je ne suis plus la même.
Tu verras bien.
Je sais qu'avant, j'étais un peu capricieuse. Je sais.
Mais je me suis calmée.
Moi aussi.
J'ai réfléchi.
Il faut que tu viennes me voir danser tous les soirs. Oui.
Maintenant que nous nous sommes retrouvés, on ne se quitte plus.
Viens, Fichaï.
Viens, je vais.
Où vas-tu ? Je monte me reposer là-haut parce qu'on nous oblige à dormir une
demi-heure.
Sinon, on a des rêves sur la scène.
Attends-moi.
C'est bon.
Don Matteo ? Oui ? Conchita m'a tant parlé de vous.
Enchanté. Asseyez-vous.
Merci.
Vous voulez prendre quelque chose, madame ? Non, merci.
Vous êtes une amie de Conchita ? Oh, je l'adore.
C'est un ange.
Ou pas aussi vieux qu'elle le dit.
Ah, elle dit que je suis très vieux. Comme ça.
Et aussi que vous êtes très bon.
Un peu innocent peut-être.
Maintenant qu'elle vous a dit qu'elle allait se reposer. Oui, elle se repose.
Pourquoi riez-vous ? C'est vous qui me faites rire.
Pourquoi ? Vous voulez savoir comment elle se repose ? Regardez.
Vous montez l'escalier tout droit et en haut vous trouverez la salle de repos.
Bonne chance !
C'est magnifique, bravo !
Qu'est-ce que vous faites ici ? Dors tout le monde ! Dors tout le monde !
Allez, fiez ! Allez, fiez ! Dors tout le
monde ! Et toi aussi ! Allez, fous-le ! Allez !
Suis-moi. Je ne partirai pas et tu ne me toucheras pas.
Alors ? Qu'est-ce que tu vas me
dire ? Toi qui mens si bien.
C'est toi qui m'accuses ? Regarde la porte. Tu la casses, tu fais fuir tout
le monde. Tais-toi. Je serai peut-être chassée à cause de toi.
Et puis c'est ma faute.
Oh, t'es trop bête.
Tu es bête.
C'est ça ton métier ? Oui.
et tu le savais.
Innocent, que des femmes dansent toutes nues pour les touristes, même les
enfants le savent.
Et toi, tu veux me faire croire que tu n'en savais rien. Eh bien, oui, moi, je
ne savais pas.
Un idiot.
Tout ce que tu fais, c'est par jalousie. Et puis, je me demande de quel droit,
parce que tu n'es pas mon père et tu n'es pas mon amant.
Non.
Si tu as quelqu'un, dis-le-moi.
Je te jure que je quitterai Célie demain.
Je ne suis à personne. Je suis à moi et je me garde, Mathéo. Je n'ai rien de
plus précieux que moi dans ma vie.
Et ces hommes ? Je ne les connais même pas.
Ils sont venus avec leur guide de l'hôtel et puis ils en vont demain à
Tangier. C'est tout ce que je sais, voilà.
Et puis regarde, regarde ça. C'est une chambre.
Regarde bien. Cherche un lit.
Je ne peux plus vivre de cette façon.
Il faut que tu me parles très franchement.
Même si c'est pour la dernière fois.
Si tu restes un jour de plus dans cet endroit, c'est fini entre nous.
Tu ne m'as jamais comprise.
Depuis un an, tu crois que tu me poursuis. Tu crois que je me refuse.
C'est le contraire. C'est moi qui t'aime. C'est moi qui te veux pour toute
la vie.
Je n'aimais que toi, Mathéo.
D'abord parce que tu es beau.
Tu as des yeux tendres et brillants.
Si tu savais combien de nuits j'ai pensé à tes yeux.
Oh, j'étais folle.
Et puis parce que j'aime le bonheur et que je sais que tu vas me le donner.
Je te donnerai tout.
Tu n'as qu'à me le demander.
Je ne veux pas grand-chose, tu sais.
Petite maison, à moi.
Et un peu d'argent si j'arrête de danser. À Séville ? Ouais.
C'est fait.
Quand tu voudras.
Moi, tout ce que je peux faire, c'est t'aimer comme une folle.
Et puis être intacte.
C'est à toi maintenant.
Tu as peur des voleurs de nuit ? J'ai peur de personne.
Même pas de toi, Matteo.
Viens voir là-haut.
Ta mère va venir s'installer ici.
Dans quelle chambre vas-tu la mettre ? Ma mère ? Ma mère n'habitera jamais ici.
Rien que toi et moi.
Bon, ça aussi.
Qu'est-ce que c'est ? Les titres de propriété.
Oh, Matteo ! C'était tout ce que je voulais.
Il n'y a plus d'obstacles entre toi et moi.
Et je peux te recevoir en secret.
À minuit.
Ce soir ? Quoi ? Non.
Demain soir.
À minuit.
Bonsoir, Conchita.
Bonsoir, Matteo.
C'est bien, tu es à l'heure.
Je t'attendais.
Embrasse ma main.
Embrasse le bas de ma robe et mon pied.
Voilà, c'est bien.
Maintenant, va-t'en.
Qu'est-ce que tu dis ? Je dis maintenant, va-t'en.
Tu ris ? Tu me fais rire.
Je n'en peux plus. Regarde-moi, Mathéo.
Regarde comme je suis contente. Je suis libre de
toi. Libre pour toute ma vie. Tu as compris ? Ouvre-moi.
Essaye avec les dents, alors.
Reste encore un peu. Il y a encore beaucoup de choses à te dire.
Mais Théo,
j'ai horreur de toi.
Quand ta peau s'approche de ma peau, ça me dégoûte. J'ai envie de vomir.
Tu comprends ? J'ai essayé de m'échapper, mais toujours tu me
reprends, tu me retrouves. Et de nouveau tes mains qui me touchent, tes bras qui
me serrent, ta bouche qui m'embrasse.
Tu ne sauras jamais ce que je sentais quand tu m'obligeais à entrer dans ton
lit. La nuit, je crachais après chacun de tes baisers.
J'ai prié Dieu pour que tu meurs.
Après que je t'aurais ruiné. Oui, voilà, j'ai tout dit. Tu peux partir
maintenant. Allez, va-t'en.
Mais va-t'en, Matteo.
Tu ne veux pas t'en aller.
Alors reste et regarde.
Marito.
Le voilà, mon amant.
Il est beau, hein ? Il est jeune.
Viens.
Prends ça.
Là.
Tu veux rester ? Ben voilà.
Si tu veux regarder, regarde.
Je savais que tu reviendrais.
Bonsoir.
Vamos.
La guitare est à moi.
Je joue à qui me plaît.
Levante las manos.
Sigue pa'lante.
Sigue pa'lante. Pa'lante. Pa'lante. Y no vuelva en la cabeza que le monto vos es.
Et dans les combats d'hier, il y avait de 200 à 300 victimes, surtout entre les
civils. Le virus B, T, X s'approche de Barcelone, où ils vont prendre des
mesures d'urgence.
Ce virus, que les meilleurs spécialistes n'ont pas pu neutraliser, a causé 25
victimes.
Après ce qui s'est passé entre nous hier soir, j'étais venue voir comment tu
étais mort.
Déjà froid.
Je pensais que tu m'aimais davantage et que tu serais tuée pendant la nuit.
J'ai quelque chose à te dire, mais pas ici.
Mathéo, je vais t'expliquer ce qui s'est passé la nuit dernière.
Où vas-tu ?
Mathéo,
c'est que tu ne connais pas les femmes.
Tu crois que parce que tu m'as offert une maison, tu as tous les droits sur
moi ? Mais non ! Tu ne m'écoutes pas ?
Il ne mourra jamais.
Ecoute-moi.
La scène d'hier, c'était une comédie, tu comprends ? Je ne te dirai rien.
Non.
Ecoute-moi, écoute-moi.
Elle m'a dit, tu n'es pas mon amant. Pas du tout. D'ailleurs, il n'aime pas les
femmes, tu sais.
J'ai fait semblant, lui aussi, c'est tout.
Maintenant, je sais que tu m'aimes.
Je suis toujours vierge.
Tiens la clé.
Tiens, pour toi.
Pour que tu viennes quand tu voudras.
Vous reconnaîtrez que cette correction, elle l'avait bien cherchée.
Cela se passait hier matin.
Voilà.
C'est terminé maintenant.
Vous connaissez maintenant toute l'histoire.
Et vous comprenez pourquoi j'ai parlé de la tuer.
Certes.
communique une information qui fait état d'une étrange alliance.
Plusieurs organisations internationales d'extrême-gauche, pour la plupart bien
connues du public, le POP, la PRI, le GRIF et le RUT, se sont brusquement
associées pour lancer une vaste campagne d'attentats sous la direction et l
'autorité du GARJ, groupe armé révolutionnaire de l'enfant Jésus.
Ces attentats, parfaitement gratuits et inexplicables, sont destinés à provoquer
dans notre société la plus totale confusion.
Il semble que plusieurs groupes terroristes d'extrême droite, en
particulier le PAF et le STIC, vont relever le défi de l'extrême gauche et
se lancer à leur tour dans l'action, collaborant à cette entreprise de
subversion complète et définitive.
L'archevêque de Sienne, Mgr Fiesol, est toujours dans le coma.
Une des balles qu'il a reçues lors de l'attentat de la semaine dernière a
frappé la carotte.
Ce qu'il y a de grave dans ce cas, c'est que bien que la respiration par la
trachée artère reste normale, le cerveau est pratiquement mort.
Mgr Fiesol peut rester ainsi vivant-mort pendant des mois.
La protestation des cardinaux de la curie romaine a eu un effet considérable
et le Parti communiste lui-même a publié un texte qui condamne vigoureusement l
'odieux attentat.
Et maintenant, pour nous changer un peu les idées, cédons la place à la musique.
Merci.
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