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Merci.
Comment ça va ? Pas trop mal.
Votre jambe va se remettre. On a retiré un tas d'éclats d'obus.
Je vous les ai tous gardés.
Vous êtes la plus jolie fille que j'ai jamais rencontrée. Non, je crois pas du
tout. Tenez.
Est-ce que je pourrais avoir un baiser ? Non, je vais vous chercher du thé.
Ça me ferait pourtant beaucoup de bien.
Vraiment ?
Merci.
Ma belle infirmière, je n'arrive pas à dormir.
Qu'est-ce que vous êtes mignonne. N'importe qui, s'il vous plaît. Très
drôle, oui. Allez, tout le monde dort maintenant.
Où est le père ? Reste pas question.
Merci.
Est-ce qu'il y a ici quelqu'un de
Picton ? Picton ? Je ne sais pas.
Je serais heureux si je pouvais parler à quelqu'un de chez moi avant de mourir.
Est-ce qu'on a quelqu'un de Picton ? Pourquoi Picton ? C'est de là qu'il
vient. Au bord du lac Ontario, c'est bien ça ? C'est le patelin de ton
amoureux, ça, Picton.
Demandez-lui à quelle compagnie il appartient.
Troisième compagnie de fusiliers canadiens.
Troisième compagnie de fusiliers canadiens.
Est-ce qu'il connaît le capitaine McGann ? Un obule a atteint hier.
Il l'a réduit en miettes. Qu'est-ce qu'il a dit ? Il le connaît pas.
Anna, couchez-vous !
... ... ... ... ...
Non, grade, numéro, matricule.
Désolé, je les ai oubliés. Je crois que j'étais pilote.
On m'a trouvé dans les débris d'un avion au début de la guerre.
Vous vous rappelez où vous êtes né ? C'est un interrogatoire.
Vous devriez essayer de me figer, de me faire parler allemand, une langue que je
connais bien d'ailleurs.
Pourquoi ? Vous êtes allemand ? Non.
Comment savez-vous que vous n'êtes pas allemand si vous ne vous souvenez de
rien ? Mademoiselle, puis-je avoir un peu d'eau
?
Merci.
Je vous en prie.
Je me souviens de beaucoup de choses.
Je me souviens d'un jardin qui surflambait l'Atlantique.
Rien que des vagues à l'infini.
C'était votre jardin ? Peut-être le jardin de ma femme.
Vous étiez marié, alors ? Je crois, oui.
Mais on peut en dire autant d'un certain nombre d'Allemands.
Écoutez, il me reste à peine ça de poumon. Le reste de mes organes
se détraquent peu à peu. Qu'est-ce que ça pourrait bien changer si j'étais tout
en camant ? Je ne suis plus qu'un homme grillé, mon ami.
N'averez de vous n'être d'aucun secours.
Ça
va aller ?
Je sais que ces transports sont pénibles.
Je suis désolée.
Anna ! Jeanne ! Anna ! Anna ! Il barricade la dentelle au village
voisin. J'ai demandé au garçon de m'emmener. T'as pas un peu d'argent ?
Non. Au cas où je trouverai ta soie ? Non.
Je sais que t'en as. Sois sympa, allez.
Non. Oh, Luce, c'est la dernière fois, je te jure.
Elle a un cœur en or. Elle m'adore.
Je te rembourserai, c'est promis.
Tiens, compte pas sur moi pour te coûter quelque chose.
Apportez vite de l'eau, vite ! Jeanne ! Oh non ! N
'y allez pas ! N'avancez pas ! Arrêtez, restez là !
Et là, arrêtez ! Plus à pas ! Bougez plus ! Restez où vous êtes ! Surtout, n
'avancez pas !
Vous marchez sur un champ de mine ! Bien.
C'est bien.
Restez parfaitement immobile.
Et tout ira bien.
Mais qu'est-ce que vous foutez ? Nom de Dieu, vous vous rendez compte de ce que
vous faites ? C'était jeune.
Vous savez mal, vous avez besoin de quelque chose.
Oui. D'accord.
Ça va, tu tiens le coup ? On a l'impression que tu... On n'arrête pas
de le sortir et de le rentrer dans ce camion. Pourquoi ? Il est mourant.
Ça sert à quoi ? On ne peut quand même pas l'abandonner. Tu veux l'abandonner ?
Non, je ne parle pas de l'abandonner.
Ça va vous soulager.
Je suis une vraie malédiction.
Toutes les personnes qui m'aiment, toutes les personnes qui s'approchent de
moi, c'est moi qui suis maudite.
Quand il sera mort, je rejoindrai.
Mais cet endroit n'est pas sûr. Toute la région grouille de bandits, c'est plein
d'Allemands et je ne sais quoi encore.
C'est de la folie, je ne peux pas permettre ça. La guerre est finie, il ne
s'agit pas d'une désertion. Elle n'est pas terminée partout, il ne fallait pas
me prendre au mot.
Je comprends votre réaction, Anna. On est tous en état de choc. Mais
écoutez... J'ai besoin de morphine, beaucoup.
Et d'un pistolet.
Si vous arrive quelque chose, je ne me le pardonnerai jamais.
On se dirige vers Livorno.
Livorno, comme disent les Italiens.
On vous attendra avec impatience.
Merci. De rien.
Au revoir, Anna.
T'inquiète pas, Marguerite. Je vous rejoindrai.
Qu'est-ce que c'était que tout ce bouquin ? Vous battez contre des rats,
contre toute l'armée allemande ? Non.
J'étais en train de réparer les escaliers.
J'ai découvert une bibliothèque et les livres m'ont été très utiles.
Avant de trouver de nouveaux usages à tous ces livres, vous pourriez m'en lire
quelques-uns.
Je crois qu'ils sont tous en italien, mais je regarderai.
Et si je vous lisais votre livre ? Mon livre ?
Hérodote, oui, vous pourriez m'en lire un peu.
Ah, j'ai trouvé des prunes.
On a des prunes dans notre verger.
Tenez, on a un verger. Ah oui, Hérodote est le
père de l'histoire.
Vous le saviez ? Non, je ne sais rien du tout.
Je pense que... Je pense que c'est... C'est une prune.
Prune.
Sous-titres par Jean
Laflute
Une montagne incurvée comme le dos d'une femme.
Très bien.
Très bien.
Bonjour, bienvenue.
Bonsoir, madame.
Ravie de vous accueillir.
Merci, Jeffrey Clifton. Très heureux de vous rencontrer, messieurs. Nous voici
Dante d'Agostino.
Bonjour, enchanté. Quel avion super.
Merci. Je vous présente ma femme, Catherine. Je suis ravi de vous
connaître. Bonjour.
Et voilà, vos nouveaux élèves sont là. Bienvenue au Club International des
Sables. Très célèbre.
Pour le Club International des Sables. J'apporte les coupes.
Quel avion magnifique, tu as vu ? Oui, une vraie merveille.
Cadeau de mariage des parents de Catherine.
On l'appelle l'aigle du désert.
Bonjour, Jeffrey Clifton.
Olmacy.
On va enfin pouvoir envoyer mon vieux coucou à la ferraille maintenant.
Madame Clifton, permettez-moi de vous présenter le comte Olmacy.
Enchantée. Jeffrey m'a fait l'air votre monographie sur le désert m'a paru très
impressionnante. Merci.
Je tenais à rencontrer l'homme capable d'écrire tant de pages avec aussi peu d
'adjectifs. Je crois qu'une chose reste toujours ce qu'elle est même si on lui
ajoute des adjectifs.
Une grosse voiture, une voiture lente.
Une voiture avec chauffeur. Une voiture en panne.
C'est toujours une voiture.
Mais elle ne sert plus à grand chose.
Et l'amour ? L'amour romantique, l'amour platonique, l'amour fraternel, vial.
Ce sont des choses très différentes.
Moi, c'est l'amour conjugal que je préfère, l'amour absolu qu'on porte à sa
femme.
Là, je suis à court d'arguments.
Ce sont des touristes. N'importe quoi. Ils sont chaudement recommandés par la
Société Royale de Géographie. Elle est charmante et elle a tout lu. Et lui, c
'est un pilote exceptionnel. Nous n'avons pas besoin d'un autre pilote. Il
peut établir des relevés aériens de notre itinéraire.
Maddox, on n'explore pas le désert du haut d'un avion. Si on pouvait le faire,
la vie serait très simple.
Contact.
Contact.
Faudrait que j'essaie de déplacer votre lit.
Je voudrais que vous puissiez admirer la vue.
C'est beau.
C'est ce qu'on voit du haut d'un monastère.
Je vois déjà très bien.
Mais comment ? Comment vous pouvez voir quelque chose ? Non, pas par la fenêtre.
Je ne supporte pas la lumière.
Je vois jusqu'aux confins du désert.
Je vous tourne sur le côté. Que j'explorais avant la guerre pour établir
des cartes et ce qu'il y a du sable dans mes yeux.
Vous trouvez du sable dans mes oreilles ? Il n'y a pas de sable. C'est votre
morphine qui vous fait ça.
Dans ce que je vois, il y a ma femme.
Est-ce que vous vous souvenez d'autre chose ? Je ne veux pas voir une
cigarette. Vous êtes fou.
Pourquoi tenez-vous tellement à me maintenir en vie ? Parce que je suis
infirmière.
Le roi soutint qu'il parviendrait à prouver de manière irréfutable que sa
femme était la plus belle qui fut.
Je te cacherai dans la chambre où nous dormons, dit Kandol.
Kandol.
Kandol.
Kandol.
Kandol dit à Giges que la reine accomplit chaque soir le même rituel.
Elle enlève ses vêtements et les dépose sur une chaise près de la porte de sa
chambre.
Et de l'endroit où tu te tiendras, tu pourras la contempler tout à loisir.
Et ce soir-là, les choses se passent comme le roi le lui a dit.
Elle se dirige vers la chaise et se dépouille de ses vêtements un par un
jusqu'à ce qu'elle soit nue, exposée au regard de Giges.
Elle est vraiment plus belle qu'il ne pouvait l'imaginer.
Mais à ce moment, la reine lève les yeux et aperçoit Giges dissimulée dans l
'ombre.
Elle ne dit rien, mais elle frissonne.
Et le jour suivant, elle fait venir au palais Giges et elle l'interroge.
Elle entend son explication et déclare ceci. On lui coupe la tête.
Elle lui dit, il te faut ou bien périr pour avoir vu ce que tu ne devais pas
voir, ou bien tuer mon mari parce qu'il m'a humiliée et devenir roi à
sa place.
Alors, Giges tue le roi, épouse la reine et reine sur la Lydie pendant 28 ans.
Fin.
Je fais tourner la bouteille ? D'Agostino
! Vous dormez ?
Bonjour. Anna ? Qu'est-ce que vous voulez ? J'ai rencontré votre amie
Marie.
Elle m'a suggéré de passer voir si vous n'aviez besoin de rien. Je crois que
vous et moi, on est voisins.
Ma maison se trouve à deux rues de la vôtre à Montréal.
Sur Cabot, au nord de Laurier.
Bonjour. Bonjour.
Pour vous, un cadeau que j'aurais aimé vous offrir moi, mais il vient de Marie.
Mon nom est David Caravaggio, mais personne ne m'appelle David.
On m'appelle Caravaggio, ça sonne tellement bizarre que tout le monde s'en
souvient.
Merde, soldat.
Laissez-moi faire.
Ils sont frais.
J'ai plus mangé d'eux depuis...
Vous avez remarqué qu'il y a des poules ? En Italie, on trouve des poules, mais
pas d'œufs. En Afrique, il y a toujours des œufs, mais jamais de poules. Qu'est
-ce qui les sépare ? Vous êtes allé en Afrique ? Oui, j'y suis allé.
Comme mon patient.
Écoutez, j'aimerais rester un peu de temps ici.
J'ai une mission à accomplir, je parle italien. Il reste dans le secteur des
partisans à désarmer.
On les embrasse et en même temps on essaie de les délester de leurs armes
pendant qu'on les tient dans nos bras.
Dans le temps, j'étais voleur, alors l'armée a pensé que c'était un boulot
pour moi.
Donc vous savez tirer au pistolet ? Non.
Vous avez un problème avec vos mains ? Non.
Laissez-moi regarder avant de vous laisser repartir.
Non, écoutez, il y a plein de places dans ce bâtiment, on peut y vivre sans
gêner l'un l'autre, je dormirai dans l'écurie.
Peu importe où je dors, de toute façon, je ne dors pas. Je ne sais pas ce que
Marie vous a dit sur moi, mais je n'ai besoin de personne. Je n'ai pas besoin
qu'on s'occupe de moi.
Il y a un homme au rez-de-chaussée.
Il nous a apporté des oeufs.
Il va peut-être rester.
Pourquoi ? Il sait pendre ? Il est canadien.
Pourquoi les gens sont-ils toujours si heureux quand ils tombent par hasard sur
un compatriote ?
Vous faisiez quoi à Montréal quand vous croisiez un homme dans la rue ? Vous l
'avez dit à venir vivre avec vous ? Il ne va pas vous déranger.
Il n'y a plus grand chose qui puisse me déranger.
Il y a la guerre.
Et le pays d'où l'on vient prend plus d'importance. Pourquoi ? Je déteste
cette idée.
Ça y est, ça tient.
Doucement.
Un petit coup de main ? Non, j'ai fini.
Alors, c'est vous, notre pickpocket canadien.
Je dirais voleur, je crois que c'est plus juste. J'ai appris que vous étiez
en Afrique.
Dans quel secteur ? Oh, un peu partout.
Un peu partout.
Moi j'ai essayé d'en explorer une petite partie et j'ai quand même échoué. Vous
nous abandonnez ? Oui.
Voilà qui va nous permettre d'échanger des souvenirs sur nos blessures de
guerre. Ah ben alors là je me sauve.
Elle a des blessures de guerre ? Je crois que toutes les personnes qu'elle
aime, une fausse compagnie en mourant.
Et vous comptez être l'exception ?
Là, vous prenez le problème à l'envers, mon vieux.
Au fait, Caravaggio, Anna croit que vous avez inventé
votre nom. Et vous avez oublié le vôtre.
Je lui ai dit que personne n'irait jamais inventer un nom aussi grotesque.
Et moi, je lui ai dit qu'on peut tout oublier, mais qu'on n'oublie jamais son
nom.
Qu'on tolmacie.
Est-ce que ce nom vous dit quelque chose ? Ou celui de Catherine Clifton ?
Pardon.
Combien vous l'avez payé ? Oh, bonjour.
Il ne voit jamais de femme étrangère dans ce marché.
Combien l'avez-vous payé ? 7, 8 livres, il me semble.
À quelle échoppe ? Pourquoi ? Il vous a roulé.
Mais ne vous en faites pas, on va le rapporter.
Je ne veux pas le rapporter.
Ce tapis ne vaut pas huit livres, croyez-moi, Madame Clifton.
Si, pour moi, si.
Vous avez marchandé ? Je n'aime pas marchander.
C'est leur faire offense.
Je ne crois pas, je crois plutôt que c'est vous qui t'offensez par moi.
Je me fais fort de vous l'obtenir à un meilleur prix.
Veuillez m'excuser si je vous parais un peu brusque.
Je n'ai pas l'habitude de faire des grâces.
Vous vous plaisez au Caire ? Vous avez visité les pyramides ? Excusez-moi.
Ou le Sphax ? Latitude, 25
degrés, 33 minutes.
Longitude, 25 degrés, 16 minutes.
Si on va plus loin que Koufra, on risque notre vie.
Non, je ne suis pas d'accord.
Vous, les Hongrois, vous n'êtes jamais d'accord.
Ah, bonsoir. Comment va votre charmante femme ? Très, très bien. Elle est tombée
amoureuse de la plomberie.
Elle s'en va nager dans la piscine de l'hôtel durant des heures, un vrai
poisson, pas croyable.
Ou elle est dans sa baignoire.
À vrai dire, elle attend à côté.
Seuls les hommes peuvent entrer dans ce bar.
Madame Clifton, veuillez nous pardonner, nous ne sommes pas habitués à la
compagnie des dames. Ce n'est rien, je lisais un livre passionnant.
Notre équipe est en deuil, ma chérie.
Oh, c'est vrai ? Nous n'avons pas eu de chance avec les demandes de fonds pour
notre expédition.
Oh, et qu'allez-vous faire ? Une expédition plus modeste, ou bien on va
attendre un an. C'est un désastre. Et rappelez à nos familles que nous
existons encore.
Ah bon, vous êtes marié, Maddox ? Oui, je suis marié. Tout le monde l'est.
Sauf mon ami Olmacy.
Je m'en sens plus à l'aise. Pas toi, chérie.
On se sentait tous les deux vaguement gênés.
Portons un toast aux épouses absentes. Aux épouses absentes. Et aux épouses
présentes. Et aux épouses futures.
Merci. Excusez-moi, je peux ?
Pourquoi
m'avez-vous suivi hier ? Je vous demande pardon ? Après le marché, vous m'avez
suivi jusqu'à l'hôtel.
Parce que je me faisais du souci. Une femme dans ce quartier du Caire, une
européenne qui plus est, je me sentais obligé de le faire. Vous vous sentiez
obligé ? Parce que vous êtes la femme d'un membre de notre groupe.
Pourquoi vouloir me suivre ? M'accompagner, c'est très bien, mais me
suivre, c'est un côté prédateur.
Vous voulez bien vous relever ? Je prie de m'excuser, mais...
Excusez-moi.
Quel idiot.
C'est seulement quand vous bougez... Je suis vraiment stupide. Je porte très mal
la pression sur... Ça va mieux, là ? Je faisais un cauchemar horrible.
Anna ? Anna ? Est
-ce que ça va ? Laisse-moi tranquille.
Vous êtes amoureuse de lui, votre malheureux patient.
Vous le prenez pour un saint à cause de ses brûlures. Pour moi, ce n'est pas un
saint.
Je ne suis pas amoureuse de lui.
Je suis amoureuse de Fantôme.
Et lui aussi, il est amoureux de Fantôme.
Si je vous disais que c'est à lui que je dois ses mains... Comment il aurait pu ?
Je suis un de ces fantômes, il s'en rend même pas compte.
Je comprends pas ce que vous dites.
Demandez à votre sein qui il est.
Demandez-lui qui l'a tué.
Je vous en prie, arrêtez de rôder dans cette maison.
Moi, je ne crois pas qu'il ait oublié quoi que ce soit.
Quoi qu'il cherche à oublier.
Messieurs, buvons au cartographe.
Et un merci tout particulier à Jeffrey et Catherine.
Car sans les prouesses qu'ils ont accomplies, pour trouver des fonds, nous
ferions encore le pied de grue. Au puissant relation.
Est-ce que Catherine vous l'a dit ? Jeffrey est obligé de retourner au
Caire. Échange de bons procédés, je dois prendre des photos pour l'armée.
Ah, et quel genre de photographie ? Des portraits du général.
Le général et sa femme, le général et son chien, le général devant les
pyramides, le général qui prend l'air.
Et bien sûr, je me sentirai abandonné.
J'aurai enfin un aperçu de la vie nocturne du Caire. J'écrirai un guide
qui fera autorité sur ces barres malfamées.
Je voulais dire ces harems. On est bien dans le pays des harems, non ? On dit
des harems.
Au revoir, ma chérie.
Tu rejoins dans une semaine.
Clifton, bon voyage.
À vous aussi, bonne chance.
Content que l'argent soit arrivé.
Clifton ! Vous allez dire que ça ne me regarde pas.
Mais votre femme, vous trouvez opportun de la laisser ici ? Opportun ? Eh bien,
le désert est un drôle d'endroit. Pour une femme, c'est très dur.
Je me demande si ce n'est pas un peu trop pour elle.
C'est ridicule, Catherine adore le désert, elle me l'a dit hier.
Mais tout de même, vous vous rendez bien compte... J'ai connu Catherine quand
elle avait trois ans. On a été comme frères et sœurs avant d'être mari et
femme. Je crois que je sais ce qui est trop pour elle.
Et elle le sait elle-même.
Très bien, alors.
Pourquoi vous sentez-vous tous si menacés par une femme ?
J'ai fini par aimer ce petit claquement de l'ongle contre la seringue.
Arrêtez de jouer ! S'il vous plaît, arrêtez !
Je n'ai pas la clé de cette porte, vous...
Les Allemands sont venus ici. Les Allemands sont passés dans
toute la région, en laissant partout des mines.
Les pianos étaient leur cachette préférée. Ah, je vois.
Pardon.
Peut-être qu'on ne risque rien si on joue seulement du bac ? Il est allemand
? Quelque chose de drôle ? Non, c'est rien, excusez
-moi.
Je vous ai vu avant.
Je ne crois pas, non.
Regardez.
Vous voyez ? Touchez à ça, et il n'y a plus de bac.
Lieutenant ! Tout va bien, lieutenant.
Très bien, sergent.
Alors comme ça, vous entrez en contact avec les Italiens ? Oui, j'essaie de les
pousser à me remettre leurs armes. J'étais cambrioleur, alors on s'est dit
que c'était un boulot pour moi.
J'aime beaucoup les Italiens. Oui, les gens épatants. Il veut qu'on s'en aille
d'ici.
Il dit qu'il peut y avoir au moins une cinquantaine de mines.
Il me prend pour une folle parce que je l'ai rayonné.
Il est indien.
Il porte un turban. Alors c'est un sikh.
S'il porte un turban, c'est un sikh.
Je vais peut-être l'épouser. C'est vrai ? Voilà une décision soudaine.
Ma mère m'a toujours dit que je ferais apparaître mon mari en jouant du piano.
J'aimais mieux quand on était seulement tous les deux.
Pourquoi ils s'installent aussi ? Oui, avec le sergent Hardy.
On n'a que demandé un loyer.
Tous ces gens-là n'ont pas le travail à faire.
Si, ils doivent déminer toutes les routes de la région. C'est un très gros
travail à faire. Dans ce cas-là, on ne peut pas demander un loyer.
Non, on ne peut pas.
Je me pose une question. Qu'est-ce qui fait que quelqu'un comme vous décide de
vivre dans le désert?
Qu'est-ce que c'est, vous?
Vous vaquez vos occupations dans votre château, enfin, l'endroit où vous vivez,
et un beau jour, vous dites, je dois aller dans le désert, ou quoi?
J'ai un jour voyagé avec un guide qui me conduisait à Faya.
Il n'a rien dit pendant 9 heures.
Au bout de 9 heures, il a pointé le doigt vers l'horizon et il a dit, «
Faya, ça a été une bonne journée.
»
En
fait, vous chantez.
Quoi?
Vous chantez tout le temps.
Demandez à l'Auf.
Sous-titres par Jérémy Diaz
Sous-titrage
ST' 501
Sous-titrage FR ?
Qu'est-ce que c'est ? Vite, Berman ! Vite !
Mon
Dieu ! On dirait qu'il nage.
nage.
Ça va ? Oui.
Comment pourrait-on expliquer ça à quelqu'un qui ne connaît pas ce pays ?
Des sentiments qui, ici, semblent tout à fait normaux.
Je n'en sais rien, mon vieux.
Je n'en sais rien.
Attention, les gars !
Sortez
-les de là ! Sortez-les de la voiture ! Tu vas bien ? Oui, oui, ça va.
Doucement ! Aïe ! Oh, mon poignet !
Allez-y, n'hésitez pas.
Je reviendrai le plus vite possible.
Dans un jour et demi tout au plus.
Essaie d'obtenir un radiateur de rechange. On le rend en réserve si
jamais il y avait une panne.
Et un meilleur cric.
On s'est mal préparé.
Berman ? J'arrive.
Soyez prudents.
Oh, c'est pas vrai.
Allez, il faut tout décharger.
Moi, je reste là.
Jamais de la vie. C'est moi le responsable, je reste. N'en ai pas
question, ni toi, ni les autres. Si, j'insiste.
On peut pas tous monter, je sais pas manier une pelle, et je vais pas partir
les blessés.
C'est jamais qu'une nuit. Et puis, si je reste sur place, ça sera plus efficace
pour persuader mon mari d'abandonner ce qu'il est en train de faire et de venir
à notre secours.
Merci.
J'ai pensé que vous pourriez les mettre dans votre livre.
Nous avons pris des photos de la grotte.
On n'en a pas besoin.
Non, ça me ferait plaisir que vous les gardiez. Ce n'est vraiment pas
nécessaire. Je ne garde que des notes jetées en vrac.
Vos aquarelles sont trop belles. Je me sentirais redevable.
Merci.
Et il vous serait vraiment insupportable d'accepter d'être redevable de quelque
chose.
Il faut venir vous mettre à l'abri.
Je suis bien ici, merci.
Regardez là-bas.
Qu'est-ce que je dois regarder ? Vous voyez ce qui leur arrive, aux étoiles ?
C'est une vraie pagaille là-haut, j'essayais d'y mettre un peu d'or. Non,
non, là-bas.
Dans quelques minutes, il n'y aura plus d'étoiles.
L'air se remplit de sable.
Ça ne s'annonce pas très bien.
Non.
On va s'en sortir ? Oui.
Oui.
Absolument.
Oui, c'est rassurant, absolument ne l'est pas.
Je vais vous parler des vents du désert.
Il y a un vent tournoyant qui vient du sud du Maroc, le Hadjid.
contre lequel les fellahs se défendent avec des poignards.
Il y a aussi le... le Ghibli de Tunis. Le Ghibli. Le Ghibli, qui
roule et roule en grondant et provoque un... disons un état nerveux assez
étrange.
Ensuite, il y a le... le Harmatan, un vent rouge que les marins...
appelé l'Océan des Ténèbres.
Du sable rouge charrié par ce vent est arrivé jusque sur la côte sud de l
'Angleterre. Et il paraît qu'il a causé des averses si denses qu'on les a prises
pour du sang.
Faribole ! On a une maison sur cette côte. Il n'y est jamais, jamais tombé de
sang. Je ne raconte pas d'histoire.
Hérodote, votre cher ami, il en parle de ce vent.
Il parle également d'un autre vent, le Simoun,
qu'une nation entière a jugé tellement néfaste qu'elle lui a déclaré la guerre
et l'a affronté en ordre de bataille, avec l'armure sur le dos.
Et l'épée brandit vers le ciel.
Catherine, j'ai besoin de sortir de votre côté. Vite, il y a une voiture. Je
me sors.
Bien sûr.
Une idiote m'a endormi.
Mon Dieu, la fusée !
Nos traces de roues ont disparu. Maddox verra au compteur le chemin qu'il a
parcouru. Il fera vite demi-tour.
Puis-je vous demander, s'il vous plaît, de... de mettre vos peintures dans mon
livre ? J'aimerais les avoir. Ce serait pour moi un honneur.
Les autres ! Mon Dieu !
On s'est appris.
Il faut les sortir de là.
Vite, prenez l'autre appel.
J'aurais l'air d'une froussarde si je vous demande combien d'eau il nous
reste. Un peu dans notre bidon. Il y a aussi de l'eau dans le radiateur qu'on
peut boire.
Non, vous n'êtes pas froussarde, vous avez le sens des réalités.
Mon dieu ! Il y a aussi une plante.
Je n'en ai jamais vu, mais je crois que si on coupe un morceau de la taille d'un
cœur de cette plante, le lendemain, elle se remplit d'un liquide. C'est délicieux
! Ouvrez cette plante.
Découpez son cœur.
Ils sont là.
Voilà la portière.
Dégagez la vitre. J'ai des blagues là-bas.
Attention à vos mains.
Ça va bien, on est là.
Oui, oui, on arrive.
On est bon.
On est bon.
On est prêts.
Ça va, ça va, je l'attire. Elle est là, à sortir.
Allez.
Sous-titrage ST'
501
Catherine ! Lolo !
Jeffrey
n'est pas au cœur.
Il fait le clown, mais ce n'est pas un.
L'avion n'était pas un cadeau de mariage, il appartient au gouvernement
britannique.
Ils veulent des cartes aériennes de toute l'Afrique du Nord.
Je crois qu'il est en Éthiopie.
Au cas où vous compteriez sur son apparition soudaine.
Et votre mariage, c'est aussi une fiction ?
Non, le mariage n'est pas une fiction.
Dieu merci.
Dieu merci.
Maddox.
C'est Maddox.
Dans votre livre à cas, c'est moi ? Je pense que c'est moi.
Chapitre 1 Il se tenait au mépris des ordres municipaux à Califourchon sur le
canon Zamzama.
Je ne peux pas lire ce texte. Je n'y arrive pas, les mots se coincent dans ma
gorge. Parce que vous lisez trop vite.
Pas du tout. Il faut lire qu'il pligne avec lenteur. L'œil est toujours trop
impatient, pensez au mouvement de sa plume.
Écoutez, il se tenait, virgule, au mépris des ordres municipaux, virgule, à
Califourchon sur le canon Zamzama.
Au centre de sa plateforme de quoi déjà ? De sa plateforme de briques, en face
de la vieille Adjib Guerre. La maison des merveilles.
Virgule, comme les indigènes appellent le musée de Lahore.
Il y est toujours ce canon devant le musée. On l'a fabriqué avec des gobelets
et des coupes de métal réquisitionnées dans toutes les familles de la ville. On
a tout fait fondre.
Par la suite, on a tiré avec ce canon contre mon peuple.
Virgule.
Les indigènes.
Point.
Qu'est-ce qui vous contrarie au juste ? L'écrivain ou bien ce dont il parle ? Ce
qui me contrarie vraiment, cher ami, c'est que vous buvez tout mon lait
concentré. Et le vrai message de ce livre, même si je le lis lentement, c
'est que la seule solution pour l'Inde est d'être gouverné par les Anglais.
Anna, nous nous sommes découverts un plaisir commun, ce garçon et moi. Faire
des commentaires sur des livres. Non, le lait concentré, une invention
sensationnelle. Je vais chercher une autre boîte.
Moi non plus, je n'ai pas tellement aimé ce livre.
Il y a beaucoup trop d'hommes.
Beaucoup trop d'hommes.
Comme dans cette maison.
Vous l'aimez bien.
Votre voix change.
Non, elle ne change pas du tout.
De toute façon, je suis un différent homme.
Je ne crois pas que ce soit de l'indifférence.
Anna était en train de me dire que vous êtes indifférent à sa cuisine.
Je suis indifférent à toute cuisine, pas à celle de Anna en particulier.
Et les sandwichs au lait concentré, vous avez déjà essayé ? Très bon avec du sel.
C'est un plaisir de vous revoir.
Vous
n
'entrez pas ? Non, je rentre chez moi.
S'il vous plaît, entrez.
Madame Clifton.
Il me semble que vous avez toujours mon livre.
Merci.
Merci à tous.
J'ai encore du sable dans les cheveux.
Ça m'impressionne que tu saches coudre. C'est bien.
Tu couds très, très mal.
Et toi, tu ne couds pas du tout.
Une femme ne doit jamais apprendre à coudre. Et si elle sait coudre, elle ne
doit jamais l'avouer.
Ferme les yeux.
Ça ne va pas beaucoup m'aider.
Quand as-tu
été le plus heureux ? Maintenant.
Et quand as-tu été le moins heureux ? Maintenant.
Qu'est-ce que tu aimes ? Qu'est-ce que j'aime ? Dis tout.
L'eau, bien sûr.
Les poissons qui mangent.
Et l'hérisson.
J'adore l'hérisson.
Et quoi d'autre ? Viandox.
Je ne peux pas m'en passer.
Prendre des bains aussi.
Mais pas avec quelqu'un d'autre.
Les îles.
Ton écriture.
Je peux continuer toute la journée.
Continue toute la journée.
Mon mari.
Qu'est-ce que tu détestes le plus ?
Le mensonge.
Et toi, qu'est-ce que tu détestes le plus ?
Appartenir à quelqu'un.
Ou que quelqu'un m'appartienne.
Quand tu partiras, il faudra m'oublier.
Qui est-ce ? Vous ne me reconnaissez pas ? C'est vous ? Oh, quel gros bonhomme.
Oui.
C'est un diablotin que j'ai eu à Noël.
Une sorte de pétard.
C'est votre écriture, ça ? Oui, c'est la mienne.
Le 22 décembre.
Les trahisons en temps de guerre sont des enfantillages comparés à nos...
Trahison en tempé.
Les nouveaux amants sont anxieux et tendres.
Mais ils démolissent tout.
Parce que le cœur est un organe de feu.
Parce que le cœur est un organe de feu.
J'aime bien ça.
Je crois que c'est vrai.
Qui c'est, K ? K... signifie Catherine.
Dis que tu es malade.
Quoi ? Non.
Dis que tu es prise d'un malaise.
La chaleur.
Je n'arrive pas à travailler.
Ni à dormir.
J'arrive.
Je ne dors plus.
Je me réveille en criant au milieu de la nuit. Jeffrey croit que c'est à cause de
ce qui s'est passé dans le désert.
J'ai encore ton coup sur la langue.
Vous pouvez me la remplir, elle est vide.
J'essaie d'écrire.
Avec ton goût dans ma bouche.
Évanouis-toi.
Je te rattraperai.
Joyeux Noël à tous ! Joyeux Noël ! Oh, bonté divine ! Apportez une
chaise ! Non,
ça va aller.
Ça doit être cette chaleur épouvantable.
Ce n'est rien, ce n'est rien.
Êtes-vous enceinte ? Non, je crois que non. C'est si romantique. Quand j
'attendais Fiona, je m'évanouissais tout le temps. Ronnie me surnommait sa belle
évanouie. Je vais peut-être me mettre à l'ombre quelques instants.
Je vous accompagne. Non, ça va aller, merci.
Vous êtes chaud ?
Ah !
Vous avez vu Catherine ? Quoi ?
C'est moi, c'est Clifton.
Ah, non, je ne l'ai pas vue, désolé.
Oh, ma chérie, on vient de me dire.
Mon pauvre bébé, tu vas bien ? Je vais très bien. C'est la chaleur.
Lady Hampton dit que tu es peut-être enceinte.
C'est pas ça du tout. Ah bon ? J'ai chaud.
Beaucoup trop chaud.
Pas toi ? Oh, j'ai ouf.
Viens, je te ramène à la maison.
Pourquoi on ne rentrerait pas vraiment chez nous ? Tout m'oppresse.
J'ai tellement envie de boire un peu de verre, n'importe quoi de vert, de la
pluie. C'est Noël et tout est si...
Je suis prête à partir en Angleterre demain, si tu le veux.
Il va peut-être y avoir une guerre. On ne peut pas rentrer pour l'instant.
Oh, Jeffrey, tu as toujours adoré te déguiser.
C'est toi que j'ai toujours adoré.
Tu sens la pâte d'amande ? Tu as de la pâte d'amande dans les cheveux.
Il n'y a aucun doute, tu as le mal du pays.
Est-ce que c'est vous ? Quoi ? Si je vous dis
Mose ? Mose ? C'est quoi ça, Mose ? J'ai
changé, moi.
Alors pourquoi pas vous ?
J'ai entendu votre
respiration. Je crois que c'était la pluie.
Je meurs d'envie d'un peu de...
Je meurs de toute façon.
Mais j'aimerais sentir la pluie sur mon visage.
Le premier anniversaire de mariage, c'est les noces de quoi ? Je n'en sais
rien.
De papier, c'est ça.
Je n'en sais rien.
De papier.
De papier.
Oui, chérie, c'est moi. Écoute, je suis désolé, j'ai une mission imprévue.
Là, on ne boude pas, je reviens demain soir.
Si, je vais bouder et je ne bougerai pas jusqu'à ce que tu sois rentrée.
Promis ? Très bien, d'accord.
C'est pas demain, mon bébé. Je t'aime.
J'ignorais que tu partais en mission. Non, je ne pars pas.
Je voulais surprendre pour notre anniversaire.
Évidemment, elle a oublié.
Comment ça s'appelle le premier anniversaire de mariage ? Une osse de
coton ? De papier ? Premier anniversaire ? Je vous croyais mariés depuis une
éternité. On est amis depuis une éternité.
De très bons amis.
Elle pleurait toujours sur mon épaule la perte de ses fiancées, alors je lui ai
demandé de choisir mon épaule.
Un trait de génie.
Mousse, tu es là ? Oui.
Premier anniversaire, c'est les noces de coton ? Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a,
coton ? Premier anniversaire de mariage.
Le premier anniversaire de mariage, c'est les noces de papier ?
Arrêtez. Quoi ? Ici ? Oui, arrêtez-moi.
Ici ? Oui, Gary.
Bien, monsieur.
L'obscurité, c'est dans la vieille vie.
C'est quoi, cette musique ? Une chanson folklorique.
Arabe ? Non, non, hongroise.
Ma doïka me l'a chantée.
Quand j'étais enfant, autrefois, à Budapest.
C'est très beau.
De quoi ça parle ?
Zerlem veut dire amour.
C'est l'histoire d'un certain, d'un certain comte hongrois.
C'est un vagabond un peu farfelu.
Et depuis des années, il poursuit une sorte de quête à la recherche de Dieu
sait quoi.
Et un beau jour, il tombe sous le charme d'une mystérieuse anglaise très belle.
Une vraie harpie qui... qui le bat, qui le frappe, et il finit par devenir son
esclave. Il lui gousse arrêtement et il se prosterne.
Arrête ! Arrête ! Tu vois que tu n'arrêtes jamais de me frapper.
Crétin ! Crétin ! Et moi qui te croyais ! Tu devrais être mon esclave.
Je revendique cette homoplaque.
Je veux... Tourne-toi.
Je veux ça.
Cet endroit-là.
J'adore cet endroit. Comment il s'appelle ? Ça, c'est à moi.
Et je vais demander au roi la permission de l'appeler le détroit d'Holmacy.
Qu'est-ce que tu en dis ? Je croyais qu'on était contre la possession.
Je peux rester cette nuit.
Maddox est au courant, je crois.
Il parle sans arrêt d'Anna Karenin.
Sans doute sa façon à lui d'avoir un entretien de Mahom.
Bien à moi, ça me va comme entretien de Mahom.
Ici, c'est un monde différent, c'est ce que je me dis.
J'ai une vie différente.
Et je suis une femme différente.
Oui.
Oui, tu es une femme différente.
Oh, c'est ravissant. Qu'est-ce que c'est ? Bédé à coudre ? Oui, très ancien.
Rempli de safran.
Au cas où tu t'imaginerais que je te l'offre pour t'encourager à coudre.
Je n'ai pas envie de marchander.
Est-ce que tu m'as suivi jusqu'au marché ce jour-là ? Oui, bien sûr.
On va s'en sortir ? Oui.
Oui.
Absolument.
Sous-titrage
MFP.
Je croyais que vous n'alliez jamais vous réveiller.
Quoi ? Où vous avez trouvé ça ? Je l'ai libéré.
Ça s'appelle du pillage ce que vous faites. La musique appartient à tout le
monde. La vraie question est celle-ci. Qui a écrit cette chanson ? Irving
Berlin. Est-ce qu'il y a une chanson que vous ne connaissez pas ? Non, il chante
tout le temps.
Bonjour. Vous le savez, ça ? Vous chantez sans arrêt. On me l'a déjà dit,
oui.
Kip, lui aussi, il chante tout le temps.
Wang Wang Blues.
C'est incroyable.
Bonjour mademoiselle. Bonjour.
Vous m'avez sauvé la vie.
Je n'ai pas oublié.
Je croyais que vous étiez très très très grand et vous aviez l'air immense, un
peu comme un géant.
Et moi j'étais un enfant qui ne tenait pas sur ses pattes. Qui vacillait.
Qui vacillait.
Moi aussi j'avais les cheveux longs avant.
J'avais oublié qu'elle caressait de devoir les laver.
Tenez, essayez ça.
J'en ai trouvé une énorme jarre. C'est de l'huile d'olive.
Merci.
C'est pour quoi faire ? Les cheveux ? Oui, pour vos cheveux.
Il y avait un général qui portait un bandeau sur un œil en parfait état.
Cela incitait ses hommes à se battre pour lui avec plus d'énergie.
Je me dis parfois que je pourrais presque danser.
Que cachez-vous sous vos mitaines ?
Que
cachez-vous sous vos mitaines ?
Ils nous attendent, c'est urgent.
Je te retrouve ce soir ? Écoutez, vous, vous allez devoir rester à Tobrouk. Je
sais que ça ne vous arrange sûrement pas, mais les frilolins ont mis la main
sur nos cartes. Ils font entrer leurs espions au Caire grâce à nos cartes.
Bientôt, ce sera Romaine qui entrera au Caire grâce à nos cartes. Tout le désert
n'est qu'un putain.
de parcours fléché qu'on leur a offert.
On a dit à tous les étrangers qui passaient, bienvenue à la Société de
Géographie, prenez nos cartes. Le pauvre Maddox est devenu fou après ça. Vous
connaissiez Peter Maddox ? Oui. Un explorateur remarquable.
Merci Rachel.
Quand il a découvert qu'il avait été trahi par Olmachy, son meilleur ami, ça
l'a absolument détruit, la trahison de tout ça.
Sous-titrage ST' 501
Non ! Non !
David Caravaggio.
Non. Ce cliché a été pris au caire au quartier général britannique, en juillet
41.
Celui-ci également, en août 41.
Et celui-ci, en février 42.
Oui, c'est possible.
J'y étais pour acheter ou vendre quelque chose. Mes occupations m'amenaient
souvent au caire. Vous êtes Canadien, vous êtes un espion travaillant pour les
Alliés. Nom de code officiel, Moose.
Un moment, s'il vous plaît.
M. le maire, faites-moi la main.
Vous m'appelez un docteur ? Je suis malade. Je perds du sang.
Vous voulez un docteur ? Il n'y a pas de docteur.
Mais il y a une infirmière.
Laissez ça et prenez la soeur.
Ecoutez.
Donnez-moi un nom ou un code qu'on puisse tous sortir de cette salle.
Je ne peux pas réfléchir avec cette chaleur.
C'est trop chaud.
Je suis avec une fille ? Je suis marié, ma femme est à Tripoli.
Et voilà, une fille arrive, elle vous montre du doigt et on a tous les ennuis
possibles.
Je vais vous dire ce que j'ai l'intention de faire.
Voici votre infirmière.
Elle est musulmane, donc elle comprendra parfaitement.
Quelle est la punition du péché d'adultère ? On peut s'en tenir à ça.
Vous êtes marié, vous avez forniqué avec une autre femme.
Le châtiment ? Qu'est-ce que c'est ? C'est les mains qu'on coupe, n'est-ce
pas ? Où est-ce que c'est pour le voleur ? Qui peut répondre ? Vous le savez,
vous ? Vous avez grandi en Libye, c'est ça ? Ne me coupez pas les mains.
Où était-ce à Toronto ? Dites-moi.
Je vous explique.
Vous me donnez un nom pour chacun des doigts.
Peu importe lesquels.
J'obtiens quelque chose, vous gardez quelque chose.
J'essaye d'être raisonnable. Non, je ne vous en supplie pas, les doigts.
Les pouces, c'est des doigts.
C'est une taille, mais pas un doigt.
Il n'y a personne qui veut me répondre.
J'en ai assez de cette salle, j'en ai assez de cette chaleur, j'en ai assez de
ce téléphone.
Qu'est-ce que vous faites ? La Convention
de Genève. Vous n'avez pas le droit.
Approchez. Oui, vous.
Quel nom vous voulez ? Laissez-moi réfléchir.
Laissez-moi.
Je ne peux pas réfléchir, je vous en supplie, laissez-moi réfléchir.
Oh non, non, mon Dieu, non.
Quel nom vous voulez que je... Non, je les connais, bon sang, laissez-moi.
Allez-y. Oh non, non, pas ma main, faites pas ça. Qu'est-ce que vous
attendez ? Non, non, mon Dieu, non, je vous promets. Non, s'il vous plaît, non.
Pas ma main.
Non, mon Dieu, non.
Non, mon Dieu, faites pas ça.
Coupez pas les doigts.
Allez-y.
Il m'a coupé les pouces.
J'ai fini par le retrouver.
Je l'ai tué.
L'homme qui m'avait photographié, je l'ai retrouvé aussi. Ça m'a pris un an.
Il est mort.
Un troisième homme a permis aux Allemands de faire entrer leurs espions
au Caire.
Ça fait un bout de temps que je le cherche.
On ne peut pas passer par là, c'est impossible.
J'irai examiner les anciennes cartes établies par Bell. Si nous trouvons un
moyen de traverser cette... Nous pouvons aller en voiture tout droit jusqu'au
Caire. Cet itinéraire représente une réelle possibilité. Alors, le jeudi, tu
ne crois pas aux cartes de Belle parce que Belle était un idiot. Belle ne
savait pas tracer une carte, mais le vendredi, il est soudain infaillible.
Où sont les cartes de l'expédition ? Dans ma chambre.
Ces cartes appartiennent au gouvernement britannique. Il n'est pas question de
les laisser traîner pour que n'importe qui les voit.
Qu'est-ce qui te prend tout d'un coup ? Ne joue pas les naïfs. Une guerre se
prépare. Tu le sais bien.
Cette dépêche est arrivée ce matin.
Par ordre du gouvernement britannique, toutes les expéditions internationales
devront être interrompues à partir de mai 1939.
Qu'est-ce qu'ils en ont à faire de nos cartes ? Qu'est-ce qu'on trouve dans le
désert ? Des flèches, des lances.
Dans une guerre, si on possède le désert, on possède l'Afrique du Nord.
Posséder le désert ? Maddox ?
Je voudrais te demander, cet endroit qui est à la base de la gorge d'une femme,
tu sais, le creux, ici, est-ce que tu sais s'il a un
nom qui lui est propre ? Pour l'amour du ciel, mon vieux, essaie de te saisir.
C'est bon.
Désolé.
Je ne peux plus.
Je ne peux plus continuer.
Je ne peux plus continuer.
Je ne peux plus.
Je vais m'en aller maintenant.
Dis-moi au revoir ici.
Je ne suis pas d'accord.
T'imagines pas que je suis d'accord. Je ne le suis pas.
D'un moment à l'autre, il va le savoir. On va tomber sur des amis, ça va le
tuer. Non, ne recommence pas, je t'en prie.
Catherine, je tiens à ce que tu comprennes que tu ne
me manques pas encore.
Ça viendra.
Ça viendra.
J'ai l'impression que je suis en retard.
Ah, parfait.
Maintenant que nous voici au complet, je porte un toast au Club International des
Sables.
Puissent-ils redémarrer très vite ? Au Club International des Sables. Le Club
International des Sables.
Les ratés, les tarés, les fascistes et les crétins. Dieu bénisse chacun de
nous. Oh, pardon, il ne faut pas dire le mot international.
C'est un gros mot vraiment obscène.
Sa Majesté, Der Führer, il doute chez... Excusez-moi.
Où voulez-vous en venir ? Et les gens d'ici ne veulent pas de nous.
C'est tout à fait évident, les Égyptiens cherchent désespérément à se débarrasser
des colons.
Ce n'est pas vrai ? Fouade ! Les Égyptiens les plus éminents refusent le
titre de chevalier, ils le refusent même en suppliant à genoux.
Ce n'est pas vrai ? Ce n'est pas vrai, Sir Ronnie ? Assez de blabla.
Oh, j'ai inventé une nouvelle danse. Y a-t-il des abatteurs ? Elle s'appelle la
danse du détroit d'Olmachi.
Maddox ? Berman ?
Tu danses avec moi ? Doug.
Allez, viens, Doug.
Au bain-longer, d'abord.
Assieds-toi.
Ils jouent trop
lentement, mais ce sont les paroles originales. Celles d'avant la censure,
qui en a mis le plus propre.
Voilà une bonne chanson.
Pour vous, Madame Clifford. Arrête, tu la fermes ou tu rentres chez toi, tu es
complètement saoul. Assieds-toi.
Absolument, ferme-la, ferme-la.
Désolé, désolé, sincèrement désolé.
Je ne sais pas du tout ce qui m'est arrivé.
On n'est plus plein des excuses à tous.
À tout le monde.
Merci.
Pourquoi tu lui mettais la main autour du cou ?
Quoi ? Quoi ? Ce jeune homme, ce petit gamin, tu t'es accroché à son cou, tu t
'es grippé à lui, pour quoi faire ? C'est le prochain ? Tu vas l'entraîner
dans ta petite chambre secrète ? Où est-elle ? Elle est ici ? Arrête, je t
'en prie.
Je t'ai observé, je t'ai épié, partout, dans les gardes de parties, sur les
terrasses couvertes, aux courses de chevaux.
Comment peux-tu te tenir droite ? Comment peux-tu...
Encore sourire comme si ta vie n'avait pas chaviré.
Tu sais pourquoi ? Danse avec moi.
Non.
Danse avec moi.
Je veux te toucher.
Je veux ce qui m'appartient, je veux ce qui est à moi.
Tu crois que tu es le seul à ressentir quelque chose ? C'est ça que tu crois ?
Il faut aller dormir.
Vous voulez que j'y aille ?
Anna ?
Attendez-là un instant.
Ne regardez pas tout de suite.
Attendez.
Merci.
Si une nuit, je ne venais pas te voir, qu'est-ce que tu ferais
? J'essaierais de ne pas t'attendre.
Oui, mais s'il était très tard et que je n'étais pas venue te voir.
Alors je me dirais qu'il doit y avoir une raison.
Tu ne viendrais pas me chercher ?
Ça m'amène vraiment pas envie de venir te voir.
Tu sais ce que je me dis, moi ? Il passe toute sa journée à chercher.
Et la nuit, il veut être trouvé.
C'est vrai.
Je veux que tu me trouves.
J'ai envie d'être trouvé.
Je cherchais le lieutenant Singh. Il est en train de dormir.
Il m'en doit aller travailler.
Je vais lui dire.
Qu'est-ce que c'est ? C'est une mine ? Non, une bombe, tout près du viaduc.
Il doit vraiment y aller ? Pardon ? Si vous ne pouviez pas le trouver.
C'est urgent, pas aujourd'hui, pas ce matin.
Qu'est-ce qu'il y a ? On a besoin de moi ? Je le crains.
N'y va pas, j'ai peur.
C'est mon travail.
Je fais ça tous les jours.
Ardi, numéro de série, écoutez bien.
KKIP 2600.
KKIP 2600, c'est noté. J'apporte l'oxygène.
Qu'est-ce qui se passe ? Je ne peux pas voir, lieutenant.
Ça vient de la route.
Caporal ! Détend, sergent. Je ne sais pas ce qu'il fabrique.
Stoppez-les ! Arrêtez ! Arrêtez ! Arrêtez ! Arrêtez !
Qu'est-ce que c'est que ce putain de carnaval ? Le système s'est enclenché.
C'est pas possible.
Elle est armée.
Attendez, lieutenant.
J'arrive tout de suite.
Est-ce que vous voyez le percuteur ? Il faut le déconnecter. La pompe va se
réchauffer.
Arrêtez ! Arrêtez ! Arrêtez !
Arrêtez ! Tout ça ! Allez-vous-en ! Oui, lieutenant.
Tout ça, ça me met très en colère.
Oui, lieutenant.
Mais fermez vos gueules là-haut !
Vous
retrouvez la pince, lieutenant ?
Coupez
! Coupez le fil, vite ! Je ne sais pas lequel est le bon.
Choisir le bon hasard.
Choisir une boucle et la couper.
Spaulding ! Vite ! Il faut vers le haut pour le lieutenant ! Il est mort de
froid ! Allez ! C'est fini ! C'est fini ! C
'est fini, ouais !
Félicitations, lieutenant.
Kim ?
Il pleut.
Il pleut.
Kip, allez viens danser avec nous.
Plus tard.
Sous-titres par
Jérémy Diaz
La statue était piégée.
Il était en train d'installer le drapeau britannique en haut de cette statue et
elle a explosé, lieutenant.
Le sergent Hardy est monté, lieutenant, seulement pour rigoler.
Ça aurait dû être moi, c'est moi qui ai eu l'idée.
Non, ne regardez pas, lieutenant.
Qui est cette fille ? Sa fille est hancée, lieutenant.
Vous êtes sûr ? Il a été très discret.
Kip ? Kip, c'est moi.
Je suis vraiment triste de ce qui t'est arrivé.
Je peux te parler ? Kip ? Kip, pourquoi tu ne veux pas me parler ?
Il va y avoir des procès.
Les autorités veulent que je serve d'interprète.
Elles devraient pourtant savoir que je suis allergique aux tribunaux.
Alors voilà.
Je suis tombé sur ce convoi sanitaire.
Je cherchais de la morphine.
Là, une infirmière, Marie, m'a parlé de vous et d'Anna.
Elle m'a dit que vous étiez caché dans un monastère qui vous servait, disons,
de...
Refuge.
Elle m'a dit que vous veniez du désert, que vous étiez brûlé et que vous aviez
oublié votre nom.
Mais que vous connaissiez toutes les chansons du monde et qu'il n'y avait qu
'une chose que vous possédiez.
Un exemplaire d'Hérodote.
Il était rempli de lettres et de coupures de journaux.
J'ai compris que c'était vous.
Moi ?
Je vous ai vu écrire dans ce livre au Caire, à l'ambassade,
quand j'avais encore des pouces et vous un visage et un nom.
Je vois.
Avant que vous ne passiez à l'ennemi, avant que vous n'ayez permis à l'espion
de Rommel de traverser le désert jusqu'au quartier général britannique,
il a pris de superbes photos là-bas. J'ai vu les miennes dans la salle où on
m'a torturé à Tobrouk.
Alors, ça m'a un peu marqué.
Je devais retourner dans le désert. J'avais fait une promesse.
Tout le reste n'avait aucune importance pour moi. Qu'est-ce que vous dites ?
Tout le reste n'avait aucune importance pour moi.
Sachez que votre acte a eu des conséquences.
Cette fois, ça n'a pas été qu'une expédition. Le résultat, le voilà.
Si les Anglais n'avaient pas démasqué ce photographe, des milliers de personnes
seraient mortes.
Des milliers de personnes sont mortes, sauf que ce n'était pas les mêmes.
Oui, comme par exemple Maddox. Quoi ? Vous savez bien, il s'est tiré une balle
dans la tête, votre collègue, quand il s'est aperçu que vous étiez un espion.
Comment ? On a dit à Maddox que j'étais un espion ?
Non, je n'ai jamais été un espion.
C'est effrayant ce qui se passe. On dirait une chasse aux sorcières. Tous
ceux qui sont vaguement étrangers sont pris pour des espions. Fais attention à
toi. Oui.
Nos pays d'origine, c'était pas important.
Qu'on soit britannique, arabe, hongrois, allemand, on s'en moquait, on
travaillait à des choses plus grandes que ça.
Oui, tu as raison.
Je laisserai l'avion à l'oasis de Kufra, au cas où tu en aurais besoin.
Entendu.
Difficile de dire le temps que ça va durer.
On reviendra peut-être tous dans un mois ou deux.
Il faudra que j'apprenne à ne pas trop interpréter les choses.
Mon métier me pousse parfois à tirer des conclusions du moindre indice.
Au revoir, mon ami.
Il n'y a pas de Dieu.
Mais j'espère que quelqu'un veillera sur toi.
Au cas où tu chercherais encore, cet endroit s'appelle la fourchette
sternale.
Passe-nous voir dans le dorset quand cette histoire de fou sera terminée.
Tu ne viendras pas dans le Dorset.
Vraiment, vous ne saviez pas que Maddox était suicidé ?
Non.
Et vous n'avez pas tué les Clifton ?
Elle est morte.
Elle a cherché moi.
Peut-être... C'est peut-être moi qui l'ai tuée.
Sous-titres par
Jérémy Diaz
Mon Dieu, Catherine, qu'est-ce que tu fais là ? Je suis coincée, je ne peux
pas bouger.
Une surprise, il disait.
Ouvre les yeux, frère.
Ça fait, depuis le début, ça fait.
Il crie, je t'aime Catherine, je t'aime tellement.
Il est gravement blessé.
Il faut que je te sorte de là.
S'il te plaît, ne bouge pas.
Il faut que je te sorte de là.
Ça fait trop mal.
Je sais, ma chérie, je suis désolé.
Pourquoi m'as-tu haï à ce point ? Comment ?
Tu comprends pas que tu as rendu tout le monde fou de rage.
Chut.
Ne parle pas.
Tu parles tellement de langues et tu ne veux jamais parler.
Tu portes le dé à coudre.
Bien sûr.
Espèce d'idiot.
Je le porte toujours, je l'ai toujours porté.
Je t'ai toujours aimé.
Je sais.
Excuse-moi.
Je vais faire un feu.
Tu as sorti Jeffrey de l'avion ? Oui, sois tranquille.
C'est bien, merci.
Écoute-moi, Catherine.
Tu t'es brisé la cheville.
Je vais essayer de te faire un bandage.
Je crois que tu as aussi un poignet cassé.
Peut-être plusieurs côtes, ce qui explique que tu as mal quand tu
respires.
Je vais devoir marcher jusqu'à El Tadj.
À moins qu'avec tout le trafic qu'il y a dans le désert en ce moment, je ne tombe
sur une armée ou sur une autre.
Et puis je reviendrai, et tu seras tiré d'affaire.
Tu me le promets.
Je ne voudrais pas mourir ici.
Je ne veux pas mourir dans le désert.
J'ai toujours voulu un enterrement plutôt fastueux.
Avec des quantiques bien précis.
Et je sais exactement où je veux t'enterrer.
Dans le jardin où j'ai passé mon enfance.
Avec vue sur la mer.
Alors promets-moi que tu reviendras me chercher.
Je te le promets.
Je reviendrai te chercher.
Je te le promets.
Je t'abandonnerai jamais.
Tu as une bonne provision d'eau.
Et des réserves de nourriture.
Je vais tout mettre près de toi.
Et un bon livre.
Ne gaspille pas la lumière.
Tu peux enterrer Jeffrey ? Je sais
qu'il est mort.
Désolé, Catherine.
Je sais.
Toutes les nuits, j'ai découpé mon cœur.
Mais au matin, il était plein à nouveau.
Mon amour.
Mon amour.
Je vais m'arrêter à midi.
Trois jours de marche à l'aller, lui avais-je dit.
Et ensuite, trois heures pour revenir avec une voiture.
Surtout, ne bouge pas de là.
Je reviendrai.
Je reviendrai.
Il arrive du désert, lieutenant.
Bonjour.
Eh bien, vous venez d'où, s'il vous plaît ?
Il est arrivé un accident.
Il faudrait qu'un médecin...
Viens avec moi.
Je dois emprunter cette voiture.
Je vous paierai, bien sûr. J'ai aussi besoin de morphine.
Je peux voir vos papiers, monsieur ? Pardon ? Je voudrais seulement voir une
pièce d'identité.
J'ai du mal à me faire comprendre. Excusez-moi, je vous prie.
Je ne peux pas... J'ai marché.
Une femme est blessée. Elle attend non loin du Guelph-Cabir.
Dans une grotte, la grotte des nageurs. J'appartiens à la Société Royale de
Géographie. Bien.
Est-ce que je peux vous demander votre nom ?
Comte Laszlo Olmacy.
Olmacy ? Vous pouvez épeler, s'il vous plaît. Dites, vous allez m'écouter ? D
'après toi, ça correspond à quelle nationalité ? Une femme va mourir.
Ma femme va mourir. Je suis à bout de force.
J'ai marché... J'ai marché pendant trois jours entiers.
Je n'ai pas envie d'épler mon nom, mais il y a une seule chose que je veux, c
'est cette voiture. Vous me semblez agité, alors vous devriez vous asseoir.
Je vais contacter le QG.
Non, non, c'est inutile.
Inutile d'appeler qui que ce soit.
Vite, donnez-moi... Donnez-moi cette foutue bagnole !
Je vous en supplie ! Une femme va mourir ! Écoute, Fritz, si je t'entends encore
prononcer un seul mot, compte sur moi pour te flanquer une raclée ! Fritz ?
Mais qu'est-ce que vous dites ? Je ne suis pas Allemand ! Ton nom est
Allemand, non ? Controdukt von Bismarck ! C'est pas irlandais, ça ! Je vous en
supplie ! Vous devez m'écouter ! Catherine !
Excusez-moi, moi aussi j'ai besoin d'aller aux toilettes. Ça va falloir
attendre. C'est urgent.
Sergent ! Sergent ! Le Fritz veut aller aux chiottes.
Il dit que c'est urgent.
Où est-ce qu'on va, s'il vous plaît ? Vers le nord, vers la côte, à Benghazi.
On y est presque.
On trouvera un bateau pour rentrer chez toi.
Ça va, tu peux y aller.
Allez, emmène-le, toi.
Je n'ai pas arrêté de marcher dans ce train toute la journée.
La porte est bloquée.
Alors oui, elle est morte à cause de moi.
Parce que je l'aimais.
Parce que... Parce que mon nom ne
convenait pas.
Et vous n'êtes jamais retourné à la grotte ? Si, j'y suis retourné.
J'ai tenu ma promesse.
J'ai bénéficié de l'aide des Allemands.
Nous avons fait un marché.
Je détenais les cartes de l'expédition.
Et comme les Anglais avaient fait de moi leur ennemi, j'ai donné à leur ennemi
nos cartes.
Alors je suis reparti vers le désert, vers Catherine, dans l'avion anglais de
Maddox, avec du carburant allemand.
À mon arrivée en Italie, on a écrit sur ma feuille de soin, à la place du nom,
le patient anglais.
C'est amusant, non ? Au bout du compte, je suis devenu anglais.
Quand arrive le matin, l'effet du poison s'atténue.
Que de sombres nuits.
J'avais l'intention de vous tuer.
Vous ne pouvez pas me tuer.
Je suis mort depuis des années.
Non, je ne peux plus vous tuer maintenant.
Nous sommes affectés ailleurs, au nord de Florence.
Tu sais ce que je me suis dit hier ? Oui, hier.
Ton patient est hardi.
Il représente tout ce qui m'a fait aimer l'Angleterre.
Et je ne peux même pas dire pourquoi.
On n'a pratiquement jamais eu de conversation personnelle.
Et on a traversé ensemble des épreuves terribles.
Oui, des épreuves terribles.
Quand on pense qu'il avait une fiancée au village, est-ce que tu imagines ? Et
nous, on... Mais pas une fois, il ne m'a demandé si j'étais bon au cricket ou au
kamasutra ou...
Je ne sais même pas de quoi je parle.
Tu l'aimais.
Catherine. Je suis toujours là.
Oui, je l'espère bien.
Ne vous faites pas trop d'illusions.
Le peu d'air qui entre dans mes poumons.
10 minutes de jour en jour.
C'est bien comme ça.
C'est très bien.
J'ai eu un entretien avec Caravaggio, mon chargé de recherche.
Il m'affirme qu'il y a un fantôme dans le monastère.
Je peux le rejoindre ?
C'est le jeune homme.
Je
retournerai
toujours dans cette église.
Vous regardez nos fresques.
Je retournerai toujours dans cette église.
Alors on se retrouvera un jour.
Les épreuves.
Mon amour, je t'attends.
Combien de temps dure une journée dans l'obscurité ? Ou une semaine ?
Le
feu s'est éteint maintenant, et j'ai horriblement, horriblement froid.
Je devrais me traîner jusque dehors.
Mais alors le soleil me brûlerait.
Peut-être que je gaspille la lumière pour regarder les peintures et pour
écrire ces mots.
Nous mourrons.
Nous mourrons.
Nous mourrons riches de nos amants, de nos familles, des saveurs que nous avons
goûtées, des corps que nous avons étreints et explorés comme des rivières.
Des peurs où nous nous sommes réfugiés, comme dans cette maudite grotte.
Je veux que tout cela soit inscrit sur mon corps.
Nous sommes les vrais pays, et non pas ces frontières tracées sur des cartes
portant le nom d'hommes puissants.
Je sais que tu viendras et que tu m'emporteras dans le palais des vents.
Tout ce que je voulais, c'était me promener dans ce lieu avec toi, avec
tes amis, dans un monde sans cartes.
La lampe s'est éteinte et maintenant j'écris.
Anna ? Voici Julia.
Elle va vous emmener à Florence.
Non, je peux monter à l'arrière.
...
non non
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