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...
- Ludo est pas là pour nous aider ?
Quelqu'un l'a vu ?
- Hier soir, il avait de grands projets.
- Il a quitté la soirée bourré
en disant qu'il allait faire
le tour du monde.
- Il manque un bateau.
Ce crétin est réellement parti tout seul ?
école de voile Les Alizés. Laissez un message après le bip.
- C'est Ludo.
Je suis en pleine mer. Je t'envoie les coordonnées.
...
- C'est joli. - Hm.
On est beaux.
- C'est même incroyable.
On dirait deux vrais amoureux.
Ce Julien a du talent.
- Ca doit être le talent. C'est obligé.
Tom ! - Paul, je t'en supplie. Arrête.
Pour une fois qu'il veut parler, on va l'écouter sans stresser.
- Quoi ? Je le stresse ? - On l'encourage.
Même s'il veut devenir président de la République, on l'encourage.
- Même s'il veut être prof de yoga.
- C'est bien, prof de yoga. - Chut.
- Bon. Eh bien...
Ca fait drôle de vous voir là.
Tout d'abord,
merci de m'avoir toujours soutenu, même quand je partais en sucette.
- Tu plaisantes ? C'est normal. - Mon choix d'orientation
va peut-être vous surprendre.
Mais je suis soulagé de savoir ce que veux faire.
- C'est génial. On est super fiers de toi.
Hein, Paul ? - Oui,
bien sûr. C'est bien.
Et alors... tu veux faire quoi ?
- Rien.
- Mais rien comme...
rien ?
- Une année sabbatique.
J'ai fait sauter
un verrou. Il faut
prendre son temps.
C'est énorme,
le courage de ne rien faire.
- Le... courage de rien faire.
Ah !
Mais oui.
C'est une blague. Hein, Paul... Euh, Thomas. Tu plaisantes ?
- C'est bien.
Moi, je trouve ça
très courageux comme décision.
Comme on l'a dit,
on te soutient.
On l'a dit.
On l'encourage.
Téléphone.
- Ca va être compliqué, là.
Soler, j'écoute.
- Café ? - Oui.
- Oui, Erwan.
OK.
- Commandant. - Erwan, bonjour.
Alors ?
- Michel Lecomte, 55 ans, célibataire,
sans enfants. Un type incroyable. - Vous le connaissiez ?
- Non, mais c'était un navigateur reconnu.
Il a tout arrêté il y a 10 ans.
- Très bien, ce club.
J'ai failli y inscrire Thomas à notre arrivée à Montpellier.
- Une des meilleures écoles de voile de France.
- Ca lui aurait fait du bien.
Ici, tout le monde participe aux corvées, a un but,
de l'ambition... C'est important, l'ambition, non ?
- Bien sûr.
Environ 50 stagiaires, dont certains
se préparent à la Match Race.
Les confirmés sont bénévoles et apprennent aux plus jeunes.
- La Match Race ?
- Oui, la Match Race. Une régate sous forme de duels.
- Oui, bien sûr. Je le savais.
Bonjour.
Et la victime s'occupait seule des 50 stagiaires ?
- Non,
avec Julien Garnier, son ancien routeur.
Un partenaire de course qui trace l'itinéraire.
Il peut faire perdre ou gagner une course.
- Oui, je le savais. Karine, s'il vous plaît.
Merci.
- La victime était ici.
Un coup violent en pleine tempe, aux environs de minuit.
- Il a tenté de s'enfuir ? - Non,
il a été frappé par surprise.
- Il est resté là, face au meurtrier.
Il le connaissait.
Ce serait l'arme du crime ?
- Oui. Elle n'a pas d'empreinte.
- D'accord.
On sait pourquoi M. Lecomte
travaillait tard ?
- Oui, il y avait une fête,
hier soir.
- Incroyable. Vous avez vu ? Les élèves étaient jugés et notés.
Comme dans une compétition. - Les Alizés,
c'est l'élite de la voile. Ils ont formé des champions.
- 2, 3, 4 ! Allez, on se bouge !
- Ca ressemble
à un centre de loisirs, mais c'est une usine à champions.
Rien ne dépasse. On se croirait à l'armée.
Discipline de fer d'enfer. Qu'est-ce qu'ils font, eux ?
- On meurt en mer ! Respecte-la ou elle t'emporte !
- Anaïs Varzay, Ludovic Belko, 2 stagiaires.
C'est elle qui a trouvé le corps.
- D'accord. Allons-y.
- Tu fais chier ! - Me parle pas comme ça !
- Oh ! Du calme. C'est quoi,
le problème ?
- On a dû récupérer cet imbécile
en mer. - J'ai abusé, hier.
- Parti seul, ivre. Il a cassé le bateau.
- J'ai pas prévenu, c'est vrai.
- Vous êtes sérieux ? Michel Lecomte a été tué et vous vous disputez
pour ça ?
- Il aurait pas voulu qu'on baisse les bras.
- Non. Il voulait qu'on aille jusqu'au bout.
On doit continuer.
- Et surtout, ne rien nous cacher.
Il avait
des problèmes ? Des ennemis ?
- Non.
Tout le monde l'aimait bien. Un type exceptionnel.
- OK, merci.
Restez dans le coin, au besoin.
- C'est fou, ça. C'est toujours
des types exceptionnels. - Michel Lecomte, une idole.
Fouille son ordi. Moi, je gère les quartiers.
- Ca marche.
- Michel Lecomte, c'était une vraie star.
- Oui. Avant d'arrêter sa carrière subitement.
Ma mère a pleuré pendant 2 jours. - Non ?
- Vous connaissez pas ma mère, capitaine.
- Il y a 10 ans, pendant la Route du Rhum,
Michel Lecomte s'était dérouté...
- Pour aider Loïc Le Guen. Mais trop tard.
Ma mère a aussi pleuré.
Les marins plaisantent pas avec ça.
- Il a gagné la course
malgré tout.
Puis il a monté
l'école des Alizés et s'est consacré
à former de nouveaux champions.
"Une vie de passions", "aimé de tous"...
- J'ai un truc sur le site des Alizés.
"Discipline de fou, où est le loisir ?"
"C'est pas une école
mais un camp militaire"... Avis supprimés.
- Michel Lecomte ne faisait pas l'unanimité.
Téléphone.
...
- Oui, Camille ?
Je suis trop forte.
- Ca va ?
l'ordi de la victime et j'ai réussi.
le mot de passe ?
- Non, il y en avait pas.
- Eh ben, bravo.
J'ai un truc pour toi.
Lecomte gérait le site du club ?
- Oui, pourquoi ?
le contenu des avis
supprimés. - Attends.
Commentaires...
"Club de tortionnaires qui maltraitent nos enfants."
"Il faut porter plainte contre ce club."
Certains parents étaient très remontés.
- Vous connaissiez M. Lecomte depuis longtemps, M. Garnier ?
- Presque 30 ans, oui.
On a traversé tous les océans ensemble.
- Quand il a arrêté la compétition,
vous êtes venus ici. - Oui.
On était une équipe.
C'était avant tout mon meilleur ami.
Il est mort dans son bureau.
Quelle ironie.
- Pourquoi ?
- Il supportait pas d'être enfermé.
Son lieu de travail : la mer.
- Excusez-moi.
Soler, j'écoute.
Oui, Camille. Très bien, merci.
Si M. Lecomte détestait son bureau, qui gérait
l'administratif ?
- C'est moi, sous sa direction.
- Et les commentaires effacés ?
- Certains gamins pensent toujours qu'on est un club de loisirs.
- Oui, mais de là à effacer les avis des parents,
ça ne reflète pas l'éthique du club.
- On les a enlevés à cause d'un père un peu pénible.
- Pénible comment ? - Pénible.
Il nous accusait de maltraitance.
- Son nom ?
- Jean-Paul Arsan.
- Erwan a vérifié ?
Michel Lecomte avait bien rendez-vous avant-hier
avec Jean-Paul Arsan
au sujet de son fils. - Mais Léa... "harcèlement".
J'ai interrogé 2 jeunes. Ils ont pas été traumatisés, ici.
- Ils sont peut-être plus âgés. Cyril Arsan a 16 ans.
- Maintenant, les parents portent plainte contre les profs pour rien.
Alors oui, Michel Lecomte serrait la vis.
- Quoi qu'il en soit, on doit savoir ce qui s'est passé avec Cyril.
Ne prenons pas de risque. - OK, je vais mener l'enquête.
- Paul ? - Oui.
- On peut parler de Thomas ?
- On l'encourage, non ?
- Je m'y attendais.
Oui, on va l'encourager... à faire quelque chose.
Et rien, c'est pas quelque chose.
- S'il a besoin de ça,
on va pas le forcer.
C'est courageux. - Courageux ?
Paul, pas toi.
Ce qui est courageux, c'est...
d'essayer, de recommencer
et trouver sa voie. - On dirait ton père.
- Ne m'attaque pas sur ce terrain-là.
- Si on se pose jamais, comment on sait ce qu'on veut ?
- Il peut tout faire. Mais pas rien.
- S'il fait tout, c'est pas rien. - Arrête, Paul !
- Chut, calme-toi.
- Mais je suis calme.
Et qui lui a mis cette idée en tête ?
Pour ma part,
il est hors de question qu'il passe son année, vautré dans le canapé,
entre sa tablette et son téléphone. C'est clair ?
- Oui, et je suis accord.
- Han ! Tu m'énerves
quand tu fais ça.
Fous rien. Le chômage, c'est bien.
- "Oui", ça va pas. "Non", ça va pas.
- Va pointer au chômage, Thomas.
- Ca va être compliqué.
Vous vous entraînez avec ça
pour la Match Race ?
- Vous vous y connaissez en course ?
- Moi, c'est plus l'America's Cup.
Sur mon canapé.
Ca va ?
Tu récupères de ta nuit ?
Avec Lecomte, c'était marche ou crève ?
- C'est ça, notre vie.
Pas le droit à l'erreur.
- Sinon, tu descends du tableau du classement des stagiaires.
Toi, t'étais premier
et d'un coup, t'es passé second derrière Anaïs.
Elle t'a battu à une course ?
- Non. Michel m'a retiré 10 points il y a 3 jours.
J'avais un rhum. Je pouvais plus faire
les tâches. - On vous évalue sur le ménage ?
- Ca fait partie de la formation. Faut être excellent partout.
- Celui qui a le plus de points gagne quoi ?
Une coupe ?
- Il peut devenir moniteur, ici.
- D'accord. Donc il y a une grosse compète entre stagiaires.
Seul Lecomte donnait les points ?
- Hm.
- Donc il a le pouvoir absolu sur vous.
- Bonjour, Valérie. Le petit, ça va ?
- Ca va, merci.
- Ah, commandant. - Oui, Sophie.
- Beaucoup d'infos sur Arsan. - Il est fiché ?
- Non, mais une main courante a été déposée contre lui par le lycée
de son fils. - Pour quoi ?
- Il a agressé un prof qui dénigrait Cyril.
- Faut pas toucher à son petit garçon.
Vu la personnalité de Lecomte, ça pourrait expliquer le conflit.
- Lecomte a mal réagi, Arsan insiste et ça dégénère.
Erwan est allé
les chercher.
Téléphone.
- Merci. - Ah, commandant.
C'est lui.
que les Arsan étaient à l'hôpital.
- Que s'est-il passé ?
de suicide après être parti
des Alizés. - OK, Erwan.
On y va ?
Tenez, M. Arsan. - Merci.
Visiblement, M. Lecomte a poussé votre fils à bout.
- C'est ce que j'ai cru.
J'avais envoyé Cyril aux Alizés pour l'endurcir.
- Méthode radicale.
Surtout avec la réputation de M. Lecomte.
- Je m'en veux. Ce stage était une erreur.
Mais la détresse de Cyril n'a rien à voir avec ça.
- Je suis tombé amoureux pendant le stage.
Je me suis fait jeter. - Pourquoi
t'en as pas parlé à ton père ? Il est si dur que ça ?
- Il y a des choses difficiles à dire.
- Tu aimes les garçons.
Ton père l'ignore. - Il l'a découvert avant-hier.
Il est tombé sur un texto de Lecomte.
- Lecomte lui conseillait de me parler,
de ne pas garder pour lui ce secret qui le bouffait.
- Ca doit être dur de voir un homme tenter de prendre
votre place de père. - Pas du tout.
Lecomte a été très bien.
C'est pour ça que j'ai voulu le voir.
- Pour le remercier ? - Il était triste
que Cyril ne lui ait pas parlé avant de faire...
ce qu'il a fait.
- C'est le garçon qui te plaisait qui t'a fait ça ?
- Oui.
- On veut pas mourir
pour rien. - Il voulait tout raconter
à mon père et aux autres.
J'ai eu peur, j'ai craqué.
- Il faut que je sache qui t'a poussé à bout ?
C'est important.
- Ludovic Belko.
- Ben, dis donc.
Il a un beau casier, le p'tit Ludo.
- Quels délits ? - Vols en tout genre.
Il y a un an, il était entré par effraction aux Alizés.
- Cambrioleur puis stagiaire ?
- Oui. Lecomte est intervenu pour qu'il fasse pas de prison.
- Il a dû effectuer
ses TIG au club ? - Oui, 12 mois
à apprendre la navigation avec Lecomte.
Mais pourquoi Lecomte a rendu service à un voleur
qu'il connaissait pas ?
- Lecomte a eu une jeunesse mouvementée.
Il a dû vouloir lui donner une 2e chance.
- Il a pas aimé qu'il s'en prenne à Cyril Arsan.
- C'est là qu'il a sanctionné
Belko.
Il a perdu l'espoir de devenir moniteur
et de sortir de son milieu.
- Ah, Paul. Vous avez logé Belko ?
- Il est au club. Je rejoins Erwan.
Léa, est-ce qu'on peut parler 2mn de Thomas ?
Calmement.
- Bien sûr. Pour info, je suis toujours calme, donc...
C'est bon, Paul.
- Je veux juste défendre son point de vue.
- Vas-y, je t'écoute calmement.
- Bon.
Il a 18 ans. A cet âge-là, on ignore
quelle voie choisir.
- Et les chiens font pas des chats. Tu lui as parlé
de ton année sabbatique
quand t'avais 19 ans, vautré sur une plage
à faire la bringue ? - Non, j'ai rencontré
des gens.
- Bon, je veux bien tout entendre,
mais que mon fils manque d'ambition,
c'est au-delà de mes forces. - Attends, Léa.
Fais-lui confiance. Moi, je me suis engagé dans l'armée.
- C'est ton père qui t'a obligé à le faire.
Tu t'en es bien sorti,
mais je voudrais que Thomas ait plus de...
- Quoi ?
- Ou moins.
Tu vois bien
ce que je veux dire.
- Oui.
Je vais lui parler ?
- Super.
- Rapide, j'ai à peine
raccroché.
- Excusez-moi ? - J'ai appelé les flics.
- Je viens voir Ludovic.
- Justement, oui.
- Que se passe-t-il ?
- Ludo a saccagé les vestiaires.
Je vous ai appelés.
- Il est parti ? - Non,
je l'ai enfermé dedans.
Voilà les renforts. - C'est mon supérieur.
- Par ici.
- T'es sûr de toi ?
- Je croyais
que c'était Garnier.
- Et alors ? T'allais le frapper ?
- Comme sur Lecomte ? Un meurtre, ça suffit pas ?
- De quoi vous parlez ? - Allez.
Attention.
Je résume : Michel Lecomte te donne une chance de t'en sortir
il y a un an.
Tout va bien jusqu'à ce qu'il te retire des points
suite à ton agression sur Cyril.
La suite ?
Pétage de plomb et meurtre. - Non !
- Ca t'a réjoui de passer à la 2e place ?
- Non. J'ai pas protesté, je le méritais.
J'ai eu une réaction débile. - Je confirme.
Limite homophobe. - Non ! J'ai juste dit
que j'étais pas ce genre de mec.
Je l'ai bousculé, c'était un réflexe.
J'aurais rien dit, et encore moins tué Michel.
- Bien sûr. Comme le vestiaire, tu l'as saccagé pour le fun.
Si tu préfères un interrogatoire à la gendarmerie, ça peut se faire.
Thierry.
Tu l'emmènes au commandant Soler ?
- Ce petit con
a tout pété.
- Touchez à rien.
- Pardon ?
- Il fouillait le casier d'Anaïs.
- Il a raison, touchez à rien. Venez.
- OK.
- Il cherchait quoi, à votre avis ?
- Aucune idée.
- Vous êtes l'adjoint du directeur et moniteur,
vous connaissez vos élèves. - Je m'occupe des débutants.
Les confirmés étaient gérés par Michel.
- D'accord.
Une hypothèse, comme ça.
Entre Ludovic et Anaïs, c'est tendu. Histoire d'amour ?
- Vous rigolez ? Ils sont là que pour la gagne.
C'est tout.
- Félicitations. Bravo, M. Belko.
Un an sans interpellation. Un record. Bravo.
Vous saviez que Michel Lecomte
avait eu une adolescence comme la vôtre ?
- Il m'en avait parlé.
- Quand il vous a aidé ?
- On avait aussi tendu la main à Michel.
- Oui, en effet. C'est ce qu'il voulait faire avec vous.
Mais votre attitude
ces derniers temps l'a déçu.
Ca a un rapport
avec la fouille du casier d'Anaïs ?
Vous cherchiez quoi ? - J'en sais rien.
Elle était bizarre avec Michel,
elle l'espionnait.
Je lui ai dit, il s'est énervé.
- Qu'a-t-il dit ?
- Que j'avais pas intérêt à foutre la merde au club.
Il s'était peut-être pas rendu compte,
mais je l'ai vue.
- Pourquoi ne pas avoir interrogé Anaïs ?
- C'est ce que j'ai fait. Mais elle m'a envoyé chier.
Et elle a quitté le club.
- Ce matin ?
- Oui.
- Oui, commandant.
Anaïs n'a emporté que ses papiers, son ordi
et son portable. - Personne ne sait où elle est ?
- Non, elle est
très secrète sur sa vie privée.
- Je lance un avis de recherche.
Belko avait raison alors ? Rien d'autre ?
- J'ai rien trouvé
dans ses affaires.
se brancher au wifi du club.
Donc si on retrouve
son adresse IP, on pourrait remonter jusqu'à son cloud.
On trouvera peut-être des documents.
- Je vous surprends, Erwan ?
Au boulot, retrouvons-la.
- L'adresse IP.
C'est son nom marital.
Elle l'a gardé après son divorce.
- Elle est divorcée ? Elle a 21 ans, cette fille.
- Il y a pas d'âge pour faire
un mauvais mariage.
sans réfléchir,
c'est une erreur.
- Mes copines mariées
jeunes sont toutes divorcées. - D'accord.
Sinon, son nom de jeune fille, c'est quoi ?
- Le Guen.
Son père est le navigateur que la victime a essayé de sauver
il y a 10 ans.
- Excusez-moi.
Anaïs, vous connaissez son nom de jeune fille ?
Le Guen, ça vous parle ?
- Les doutes de Ludovic Belko se confirment.
Anaïs n'était pas là pour apprendre à naviguer.
- C'est pas lui. Tant mieux.
- Pourquoi,
"tant mieux" ? - Je le trouve attachant.
Il fait des conneries, mais il a de vrais regrets.
Il a envie de se battre.
Je connais bien ce genre de profil.
- Tout ça ?
- Hm.
- Je l'interroge, tu le cernes...
- J'ai un don pour ça. On en parle ?
- Merci, ça va.
C'est curieux...
après Lecomte, tous les hommes se reconnaissent
en ce Ludovic Belko. - C'est normal.
Quand t'as eu une 2e chance, tu veux en donner une aussi.
- Sois tranquille, ton protégé a sûrement un alibi sans le savoir.
- Ah bon ?
- Oh, une carte maritime avec une croix rouge dessus.
J'adore.
C'est ici qu'on a retrouvé Ludovic.
Pour être au large sans voile, il était forcément loin des côtes
au moment du meurtre.
- Donc il nous reste Anaïs.
Je pense que Lecomte a découvert son identité.
Elle l'a tué. Pourquoi ?
- Pourquoi elle s'est enfuie ? Pourquoi elle est introuvable ?
- Tu sais quoi ? J'attaque.
- Non, tu vas faire ton rapport
et tu vas recadrer
un certain...
- Thomas. Je le savais, ça. J'allais le faire.
- Aucune trace d'Anaïs Varzay.
- Bon, résumons.
Anaïs termine ses études de journalisme
et postule à France 3 Marseille
en annonçant
un super scoop.
- Elle va aux Alizés. - Le scoop concerne
Lecomte. - Et son père,
Loïc Le Guen. - Pour qu'elle cache
son identité, il a dû se passer quelque chose entre Lecomte
et Le Guen. Erwan,
et l'ordinateur d'Anaïs ? - J'aurai accès
au cloud que demain matin. - OK.
- On boit un petit verre ?
- Je dois aller chercher Lynette. Mais oui.
- Super.
Camille ? - Hein ?
- Un verre ? - Non, je vois
quelqu'un, ce soir. - Ah.
- Désolée.
- Bonne soirée, alors.
- Bonne soirée.
- Dis-moi, pour l'année prochaine, t'es sûr que tu veux rien faire ?
- Oh non.
C'était trop beau.
- On a rien contre, c'est pas le sujet.
Mais il est pas question que tu restes un an
vautré dans le canapé, avec ta tablette et ton téléphone.
- Maman ?
Maman ?
Sors de ta cachette, papa a tout dit.
Il rit.
- C'est très drôle, ça. Même s'il va falloir ramer
pour la convaincre. - Mais de quoi ?
J'ai 18 ans, je vous demande rien.
Je vais travailler cet été pour payer
mon billet d'avion... - Un... Pour aller où ?
- Je sais pas.
J'ai vu un reportage sur une asso
au Boutan qui apprend aux gens à prévenir les maladies.
- Tu veux aller bosser dans une ONG ?
- J'aimerais bien.
Je me suis dit que moi aussi, j'aimerais être utile.
- C'est une super bonne idée.
- Oui ?
- Carrément, bien sûr.
T'es pas le 1er à partir
pour te prouver des trucs...
Mais c'est génial.
Je suis fier de toi.
Bonne idée.
Le Boutan, c'est loin, mais c'est bien.
Oui, vraiment.
C'est bien de faire des trucs pour les autres,
de pas rester individualiste. Bravo.
C'est bien, ça.
- C'est ouvert.
- Alors ?
- Candidature enregistrée.
- Je peux voir les photos ?
- Tiens.
- Ah ouais.
Je m'attendais pas
à autant de...
Ils sont pas traumatisés ?
- Je les ai pas forcés.
- Ah bon ?
- Le baiser,
je l'ai pas demandé.
- Ah.
Ils veulent que tu sois pris à Montpellier.
- C'est clair.
Ton père l'a aussi fait pour lui.
- Ma mère a rien dit ? - Ta mère, je sais pas.
J'ai photographié beaucoup de couples.
Chez ton père, c'est pas photoshopé.
Bon, moi, je suis très fatigué. J'ai envie de me reposer.
- Merde...
- Ca va ?
- J'ai fait une connerie, je crois.
- Vous êtes tombé du lit ?
- Non.
Je venais aux nouvelles.
- J'ai trouvé des documents dans le cloud d'Anaïs,
dont celui-ci. - Un témoignage de Lecomte
à la fédération de voile. - Un compte-rendu
du sauvetage du père d'Anaïs datant d'il y a 10 ans.
- Ca nous mène où ? - Lecomte dit
que quand il est arrivé, le gilet de sauvetage de Le Guen flottait.
Un gilet standard, orange et noir.
- Orange, noir, bleu,
rouge... - Or, pour cette course,
Le Guen avait un autre gilet décoré par sa fille.
- Mais non ?
Comment personne ne s'en est rendu compte ?
- Anaïs était la seule au courant.
- Elle a découvert que Lecomte avait menti pendant 10 ans ?
Il a jamais tenté de sauver son père.
- La vengeance est
le meilleur mobile. - Julien Garnier, l'adjoint,
était son routeur. Il connaît la vérité.
- Je m'en occupe. Je vais aussi récupérer Ludovic Belko
et le ramener au club. - Oui, d'accord.
- D'accord quoi ?
- Vous vouliez éviter le commandant.
- Hm.
- C'est mes affaires !
- Et celles d'Anaïs. Vous êtes exclus.
- Vous les mettez dehors ? - Je refuse
qu'il salissent la réputation du club.
- J'ai rien fait,
moi ! Michel aurait pas accepté ça.
Il aurait compris. - Ah oui ?
Il aurait compris que tu prennes
un bateau, bourré ?
C'est fini, ça.
- Non, laissez-lui
le temps
de faire son deuil.
- Sinon ?
- Sinon... je vous embarque
devant tous vos clients. Bonne pub, ça.
On va parler du faux sauvetage de Le Guen.
C'est bon,
rentre tes affaires.
- Michel a jamais pu s'approcher du bateau de Le Guen.
Trop de houle, le bateau commençait à couler.
- Pourquoi vous avez menti ? - Il aurait dû attendre les secours.
- Et vous auriez perdu la course.
- Quel rapport avec le meurtre ? Personne ne savait pour Le Guen.
- Si.
La fille de Le Guen.
Anaïs Varzay.
- D'accord. Tant pis, merci. Au revoir.
- On n'avance pas. J'ai tout fait : famille, gares...
- Si elle a tué Lecomte,
elle a peut-être
quitté le pays.
- Ca va ?
- Quand doit-on s'affoler quand un bébé fait de la fièvre ?
- En dessous de 39 degrés, si elle mange,
faut pas trop s'inquiéter. - Ma mère me donnait des bains...
- Il faut aérer la chambre et pas trop la couvrir.
- Je peux demander à ma mère pour...
- En body ?
- Même en couche.
- OK, super. Merci.
- Waouh.
- "Waouh", quoi ? - J'ai réussi.
- A quoi ? - A devenir
invisible. - Tu veux
parler de tes enfants ?
- J'ai pas d'enfants, mais j'ai
des neveux. - Des neveux ?
C'est nouveau, ça. Merci, capitaine.
J'appelle sa mère.
- Tu peux pas tout avoir.
- Avoir quoi ?
- Etre celle qui a toujours mieux à faire
et demander à Erwan de toujours te regarder.
- Pardon ? - Désolée, mais...
Tu souffles le chaud et le froid.
T'as encore refusé le verre, hier.
- Oui, vous avez raison, capitaine.
En attendant, moi, j'étais occupée, hier soir.
- Pardon ? - Hm ?
- Quoi ? - Rien.
- OK.
Téléphone.
...
- Mais non... 17 fois, aujourd'hui.
- Tu comptes m'éviter encore longtemps ?
Il va falloir aller plus loin
pour pas que je te retrouve.
Au Boutan,
par exemple. - T'as vu ? Super projet.
- Pas du tout. Tu devais recadrer Thomas,
pas l'envoyer se faire tuer
en Afrique.
- Le Boutan, c'est en Asie.
Au sud de la chaîne de l'Himalaya. - Je suis nulle en géographie.
- C'est quoi, ces clichés
avec l'Afrique ? - Rien. C'est pas le sujet.
Des ONG, il y en a partout, même à Montpellier. Voilà.
S'il a envie d'aider les gens, il y a Emmaus, l'abbé Pierre...
Erwan.
Erwan cherche une baby-sitter pour Lynette.
- Léa, excuse-moi, mais il faut couper le cordon.
Je l'envoie nulle part, moi.
Pour que Tom arrive à se trouver, il faut que tu le lâches.
C'est un jeune homme, il a grandi. Il est posé.
Je le trouve réfléchi.
Il a mûri, ton fils.
- Notre fils.
- Oui.
Ce sera moins facile que pour Alice,
mais il trouvera sa voie. Faisons-lui confiance.
- Géniale, l'infirmière.
C'est cool.
Alice qui part peut-être à Rennes, Thomas au Boutan,
le colonel
qui veut me muter en Guyane...
A Noël, avec un peu de chance, tu vas te retrouver tout seul
devant ta télé. Cool, non ?
Vibreur.
Soler, j'écoute.
- Où, là ?
elle veut vous parler.
- J'arrive.
- Je me suis cachée, je savais pas quoi faire.
Je devais réfléchir.
- Pendant 24 heures ? Vous avez réfléchi à votre défense
pour le meurtre
de Michel Lecomte ?
- On me soupçonne ?
- Soupçonner, non. Suspecter, oui.
Tout est contre vous, Anaïs.
De votre arrivée aux Alizés jusqu'au faux reportage.
- Je m'étais inscrite pour ça. Je voulais le dénoncer.
Enfin, au début.
- Pourquoi avoir changé d'avis ?
- Après quelques semaines passées près de Michel,
j'ai compris qu'il était loyal. - Vous vous attendiez à quoi ?
A tomber sur un sale type sans scrupules
qui aurait abandonné votre père ?
- Oui, un peu.
Il avait juste commis une erreur.
Michel était dur, mais il était bourré de qualités humaines.
Il s'en voulait depuis 10 ans.
- Vous lui avez dit qui vous étiez ?
- Il y a 3 jours.
Il a été ému.
Il m'a demandé pardon.
J'ai lâché le reportage. Je voulais pas le détruire.
Ca aurait pas ramené mon père.
- Pourquoi ne pas avoir raconté tout ça ?
- J'ai eu peur que le meurtrier s'en prenne à moi.
- Il y aurait un lien entre le meurtre et votre reportage ?
- Je sais pas. Mais quelqu'un est derrière tout ça.
Je suis venue
au club après avoir reçu un SMS anonyme
disant que Michel mentait depuis 10 ans.
- Vous l'avez reçu quand ?
- Il y a 6 mois.
- T'as bien tracé le portable qui a envoyé un SMS
à Anaïs ? - Hm, il est
sur le parking.
- Bon.
Faut un mandat pour fouiller chaque voiture.
Vrombissement.
- Attends.
il se déplace.
...
- Pourquoi Garnier a tout balancé à Anaïs ?
Ca aurait pu être la fin des Alizés.
- Non, c'était la fin de Lecomte.
Garnier aurait pu récupérer le club.
- Voyant que son plan ne fonctionnait pas,
il a tué son ami pour devenir calife à la place du calife ?
Ca colle pas.
- Ca me manquait, ça. On s'était pas encore pris la tête
sur cette enquête.
Qui a pu tuer Lecomte ?
- Peut-être Anaïs.
T'as acheté son histoire de pardon un peu vite.
- On la garde, le temps de vérifier.
- Vérifier quoi ? Sa culpabilité ?
- Elle est assez intelligente pour accepter qu'un homme
a le droit de faire une erreur.
Elle me touche, cette gamine. Alors, je sais...
Toi, t'as Ludovic Belko, et moi, j'ai Anaïs Varzay.
- OK, 2 suspects, 2 convictions. Du Soler et Marchal bien classique.
- A tel point
que je sais comment ça va finir.
- Ah ?
- J'aurai raison.
- On verra.
- J'ai jamais envoyé de SMS à Anaïs. Je l'ai connu au club.
- Quelqu'un aura utilisé
votre portable à votre insu...
- Des téléphones, j'en perds souvent.
J'utilise des prépayés.
Pourquoi je l'aurais tué ?
- Pour récupérer le club.
- Tout était à Michel. J'avais aucune part dans l'entreprise.
- Michel Lecomte aurait pu laisser un testament.
- Non. Même si c'était le cas, pourquoi le tuer ?
Sans Michel,
les Alizés, c'était rien.
- L'héritage, c'est ça.
- Hein ? Quoi ?
- Lecomte n'avait pas d'enfants, que des héritiers spirituels.
- Je comprends rien.
- Tu peux chercher si Lecomte avait vu un avocat ou un notaire
ces 2 dernières semaines ?
Et dire à Léa qu'en effet,
c'est sûrement Garnier, le coupable.
- Garnier n'a pas de mobile. Marchal n'avait pas tort.
Ce serait Anaïs Varzay, la coupable.
- Ah bon ? - Ben oui.
Je dois l'interroger à nouveau.
- Marchal vient de partir avec elle.
- Pourquoi il a fait ça ? - Il la croit innocente.
- Il m'énerve
quand il fait ça !
- Lecomte vous demandait de faire quoi pendant le stage ?
En dehors des heures de cours ?
- S'occuper des tâches quotidiennes.
La vaisselle, l'entretien... - Oui, c'est le concept des Alizés.
- Non, je pensais
à un job différent. L'administratif, par exemple.
Ou la compta. - Non, aucun rapport avec le club
de navigation.
- Moi, si.
Il m'a montré
comment il préparait la saison. Quels fournisseurs contacter...
- T'as tout vu ?
- Oui.
- Ca t'a pas étonné ?
- Non, je pensais que c'était pour garder un oeil sur moi.
Pourquoi sinon ?
Téléphone.
...
- Excusez-moi, c'est le bureau.
Oui.
- Lecomte est allé chez le notaire il y a 2 semaines
pour léguer son club...
- A Ludovic.
Ca donne un mobile à Garnier.
- Oui. Léa le sait ?
- Non, je vais la prévenir.
- Tu lui dis bien :
"Paul avait raison, même s'il s'était trompé".
- "C'est celui qui dit qui y est" ?
- Non, c'est nul, ça.
que vous avez un problème ?
- Non, pas du tout, c'est pas un problème.
On s'amuse juste entre nous.
Ca a toujours été comme ça.
On aime bien ça.
Paul, je t'entends plus. Allô ?
- Oui, allô ?
- Ca doit être la mauvaise foi qui brouille les ondes.
Allô ? Allô ?
- Bien sûr. Ca, c'est facile.
Dib'... P... aul ?
- Je rêve ?
Putain, elle me raccroche au...
au nez.
- Oui, Michel Lecomte, votre ami depuis 30 ans.
Je sais, je sais.
Pourtant, j'ai l'impression qu'il vous considérait plutôt
comme un salarié ou un assistant, mais pas comme son meilleur ami.
- C'est faux, on était comme des frères.
- Pourtant, c'était lui, le préféré.
Tout tournait autour de ses victoires.
15 ans de courses ensemble. La gloire pour M. Lecomte.
Et vous, vous restiez dans l'ombre.
- C'est le rôle du routeur. - Ca aussi, je sais.
Un poste indispensable.
Vous n'étiez rien l'un sans l'autre.
Il y a 10 ans,
d'autres écuries ont dû vous contacter.
- J'aurais pu aller n'importe où, mais je suis resté fidèle à Michel.
- Hm.
Au point de couvrir la mort de Le Guen ?
- Ca s'appelle l'amitié.
- Admettons.
Donc vous l'avez suivi aux Alizés,
mais là encore, rien n'a changé.
Vous étiez un simple salarié,
l'éternel second qui sert la soupe à la star.
En espérant qu'un jour, M. Lecomte vous lègue le club.
Alors ?
Il a préféré donner sa chance à la génération montante,
en la personne de Ludovic Belko.
Après 30 ans de bons et loyaux services,
il avait plus besoin de vous. Alors il vous a jeté.
Abandonné.
Et ça, M. Garnier...
ça s'appelle la trahison.
- Michel m'avait prévenu qu'il allait arrêter.
Il m'a fait venir, avant-hier soir, pour me parler du club...
J'ai cru qu'il allait me donner la direction.
Quel con. - Non.
Juste naïf.
- J'ai toujours protégé Michel.
J'ai tout donné.
J'ai tout sacrifié pour lui.
Je n'ai eu ni famille ni autre boulot.
Qu'est-ce que j'allais devenir ?
- Vous auriez pu garder votre place au club.
- Et devenir l'adjoint d'un gamin ?
Jamais.
- Il est à vous.
- Je voulais m'excuser.
J'ai été nul.
J'ai réagi comme un gros bourrin.
- C'est pas grave, je t'en veux pas.
A moi de faire attention
à ce que je dis.
C'est pas ta faute. C'est comme ça.
- T'es doué pour la navigation. Si tu veux continuer,
t'es le bienvenu.
Vous inquiétez pas, ça ira.
Faites-moi confiance.
- Vous vous rendez pas bien compte.
Le Boutan, c'est loin. Très loin.
OK, il a besoin de réfléchir, mais aller loin
pour aller loin, c'est pas une solution.
- En même temps, il veut pas refaire sa vie là-bas.
- Thomas et moi, on a jamais été séparés
plus de 15 jours. - A un moment,
faut bien se lancer. - Seul, au Boutan ?
Pourquoi vous riez ?
- Vous êtes une maman poule ?
- C'est pas vrai, Greg. Je suis une maman.
- Hm. Respirez, ouvrez les épaules.
- Je suis pas tendue.
Vous avez pas d'enfants, vous pouvez pas comprendre.
- Léa ? - Oui.
- On enchaîne, là.
Vous avez vu l'expo Picasso au musée Fabre ?
- Il y a un rapport avec le Boutan ?
- Aucun.
Je suis passé devant, ce matin. On pourrait y aller.
- Je suis désolée, j'ai pas bien compris.
- Tous les deux.
Ensemble. - J'ai bien compris, en fait.
- Ils font des nocturnes, le jeudi.
Faut bien se lancer.
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