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Original subtitles

...

- Tu fais rentrer de l'eau. Ca entre d'un côté et ca sort de l'autre.

Faut pas avoir peur de secouer !

L'or, c'est un métal lourd !

Continue. Tout ce qui est léger, ça dégage.

Tiens, regarde !

Tu les vois, les paillettes ? C'est de l'or, ça !

Allez, on enlève la matière.

Refais entrer de l'eau.

Cri.

- Lucky !

...

- On garde le dos bien droit...

Voilà.

On relâche les bras.

On respire...

Chien tête en haut.

Les pieds bien joints.

Respire... Et on revient.

Tout doucement. On va terminer

par un om et trois shanti.

Om...

Toujours pas ?

- J'ai encore un peu de mal avec le côté spirituel du yoga.

- Terminons par une pensée positive. Vous vous souhaiteriez quoi ?

- Ca fait longtemps que je ne me suis pas penchée sur la question.

Un peu de calme, de paix, de sérénité,

de tranquillité, de stabilité... Oui, un peu tout ça.

C'est bizarre, d'ailleurs. - Pourquoi ?

- Avant, je trouvais la stabilité très anxiogène.

- La première étape, c'est d'accepter le changement.

- Et la 2e étape ? - Pardon ?

- La 2e étape, c'est quoi ?

- Trouver les bonnes personnes,

ou "la" bonne personne.

Elle est plus près qu'on ne le croit.

Même heure la semaine prochaine ? - Oui, Greg. Merci.

Bonjour... Bonjour, Camille.

- Bonjour, commandant.

Sylvain Théron, divorcé, un enfant. Il faisait un stage d'orpaillage.

On a trouvé son portefeuille.

- La rigidité commence à peine. La montre s'est cassée à 7 h 15...

On l'a frappé sur la tempe gauche. - Donc le meurtrier est droitier.

- C'est ça.

Où a-t-on retrouvé le corps ?

- Là, ici, dans les arbres.

- Le camp d'orpailleurs est plus haut.

On aurait pu le tuer par là...

Et avec le courant, le corps aurait dérivé jusqu'ici.

Occupez-vous des stagiaires. - OK.

...

- Qu'est-ce que c'est beau ! Vous habitez là toute l'année ?

- Oui.

C'est important, le cadre de vie. - Ca, c'est sûr.

Parlez-moi de Sylvain Théron. - Un brave type.

Il commençait à maîtriser.

A part ça, je ne connaissais pas sa vie.

C'était un mec plutôt solitaire.

- Non, merci.

Il avait déjà trouvé de l'or ? - Une paillette par-ci, par-là.

En France, on trouve très peu d'or.

Tout le monde vous le dira.

Sauf cas exceptionnel. Comme pour moi.

Ca n'arrive qu'une fois par siècle. - 3,8 g.

Il y a des gens qui viennent

de toute la région. Mon Lucky, c'est une star.

- J'ai toujours cru

en ma chance.

Mais c'est pas l'or qui nous fait bouffer.

C'est les stages,

la pub,

la réputation... 3,8 g.

- Ah oui ! - C'est pour ça

qu'on m'appelle "Lucky". - Sylvain Théron

avait quels rapports avec les gens ?

- Bonjour, bonsoir.

- Bonjour, c'est le matin. Bonsoir, c'est en fin de journée.

Et entre les deux ?

- La seule chose qui nous intéresse, c'est l'or.

- Le mythe.

- J'espère qu'il n'y aura pas d'autres meurtres.

Merci.

- Personne n'a rien vu.

- La carte postale est intacte. - Ils disent tous qu'il était sympa.

- Les alibis ?

- Toujours le même, pour tous. - "On était à la rivière."

- Et tout ça pour ramener 20 euros d'or,

à partager entre les stagiaires.

- Qui annonce le décès

à la famille ? Marchal ? Téléphone.

Camille ? Eh bien, je m'en occupe ! Merci !

Excusez-moi de vous poser

toutes ces questions, mais c'est important pour l'enquête.

J'imagine que votre ex-mari gagnait très bien sa vie.

- Non... Pas vraiment.

Il enchaînait les heures sup. - Il devait en faire beaucoup.

- Non. Il gagnait à peine plus que le Smic. Pourquoi ?

- Un stage d'orpaillage coûte cher. Plus le quotidien :

les factures, le loyer...

Il vous aidait pour votre fils ?

- Oui. Il me versait

une pension alimentaire tous les mois. Notre fils est très malade.

Son père avait à coeur d'assurer pour lui.

Elliot, c'était toute sa vie. - Il a 15 ans, c'est ça ?

J'aimerais lui parler.

- Il est à l'hôpital. Je vais le chercher demain.

Je suis ambulancier. - Question très personnelle :

pourquoi vous êtes-vous séparés ? - Sylvain refusait l'idée

qu'Elliot puisse mourir avant nous.

Ce genre d'épreuve, ça soude un couple ou ça le fait exploser.

- J'imagine.

- Sylvain Théron a reçu un coup sur le lobe temporal gauche.

- Mort instantanée ? - Oui.

Il y a des éclats de galet dans la plaie.

L'assassin a dû en ramasser un.

- Ca sent la colère, ça.

Un crime passionnel ? - Circonstanciel, en tout cas.

- L'eau a dû effacer toutes les empreintes.

- Oui. Mais j'ai quelque chose qui peut vous intéresser.

Regardez tous ces hématomes,

des hématomes consécutifs à des coups. Ils ont environ 15 jours.

Il s'est sans doute battu. - Merci.

Je comprends l'admiration que vous porte le Cdt Soler.

- Léa Soler ? - Oui, bien sûr.

- D'accord...

Au revoir.

- Au revoir, Franck.

- Bonjour, madame.

Gendarmerie nationale. - C'est marqué dessus.

Au cas où on ne reconnaîtrait pas les voitures avec un gyrophare.

- Vous êtes au courant de ce qui s'est passé à la rivière ?

- Lucky est mon frangin.

- Vous connaissiez la victime ? - Sylvain ?

Il venait tous les jours.

- Vous pouvez

me parler de lui ? - Bien sûr.

Il aimait ses frites croustillantes et son steak saignant.

- Et ?

- Il ne prenait pas de dessert. Juste un café.

- A part le menu du jour, vous aviez d'autres sujets de conversation ?

- Bonjour. - Ah, Léa !

Ce serait bien que Thomas aille voir

le conseiller d'orientation.

- Toujours inquiet pour son avenir ? - De plus en plus.

- Si j'avais écouté le mien, je serais devenue hôtesse de l'air.

Je ne me voyais pas travailler toujours au même endroit.

- Tom a l'impression

que tout le monde sait déjà ce qu'il va faire dans sa vie.

- Commençons par lui dire que ce n'est pas le cas.

- Je lui ai dit. - C'est marrant.

Il a mon côté stressé, angoissé...

Tu te poses des questions

sur ta vie ? - Tu t'en poses, toi ?!

- Non... - Moi non plus.

- C'est parfait, alors.

Et la perquise ?

- Euh... RAS. Et toi,

l'ex-femme ? - Sa maison est truffée

de photos de son ex-mari.

- Donc on n'a pas de mobile. - Cherchons au camp d'orpailleurs.

Comment Théron peut s'offrir

un stage à 2 000 euros ?

- On va trouver la réponse dans sa vie, pas dans la rivière.

- Tu n'es jamais d'accord avec moi. - Non...

- Merci, capitaine.

- Avant-hier, Théron a échangé

9 000 euros en dollars australiens.

Il faisait des heures sup pour payer la pension alimentaire.

- Quelle pension ? Il n'a pas versé

un centime à son ex depuis le divorce.

- Vous êtes sûr ?

- OK. Merci, Erwan.

- Je n'ai jamais pu

compter sur Sylvain.

Quand on a diagnostiqué la maladie d'Elliot, c'est devenu pire.

Donc on a divorcé.

- Il n'y a aucune trace

de virements bancaires pour une pension alimentaire

sur les comptes de Sylvain.

- Je ne voulais pas que Marc le sache.

Lui, c'est tout le contraire de mon ex-mari.

Il est pragmatique, efficace... - Il n'aurait pas supporté

que Sylvain se dérobe à ses obligations ?

- C'était très tendu entre eux.

Il y a deux semaines, Sylvain m'a donné de l'argent.

Il avait même prévu d'emmener Elliot

en Australie. - D'où les dollars.

- Mon fils voyait son père comme un héros.

- D'où sortait-il tout cet argent ? - Il avait trouvé un filon.

- Un filon ? - Dans la rivière. Il y a de l'or.

- Théron vendait son or et donnait son cash à sa femme, pour son fils.

- N'importe quoi ! Il n'y a pas d'or en métropole.

- Ah bon ?

- En Guyane, oui. Mais pas ici.

La veuve a vu une pépite ? - Euh...

Non, je ne crois pas.

- Notre victime n'a rien déclaré. - Je n'ai pas toutes les réponses.

- Il n'y a pas d'or ! Un chercheur qui trouve un filon,

il s'en vante.

- OK, cet or est un mirage. On n'a pas tué Théron par hasard.

- Je te laisse avec ton mirage.

Je vais me concentrer sur le nouveau mari. La vraie réalité.

- On arrête là !

On verra ça demain.

- Oui... Hum, hum.

- Bonsoir.

- Commandant !

J'ai fait ma petite enquête :

le colonel n'a pas l'air de bluffer.

Il veut vous faire payer les dysfonctionnements

récents.

- De quoi on parle ? - Mutation.

- Ah oui, quand même.

Merci, capitaine... Enfin, Sophie. Ca reste entre nous, hein ?

- Evidemment.

Bruit de porte.

- Tu as parlé avec papa. Du coup, tu flippes.

- Thomas... - Tu vas me poser 4 000 questions.

- Je veux juste... - Quoi ?

- Que tu me prennes dans tes bras. Voilà, comme ça.

Voilà.

- Ca va, maman ?

- J'ai besoin d'être rassurée.

- Pourquoi ?

- Je suis fatiguée... Fatiguée.

Tout est compliqué en ce moment :

ma vie, le boulot, ta soeur, tes angoisses,

ton père...

J'aimerais que quelqu'un s'occupe de moi 5 minutes de temps en temps.

- Mais en vrai, ça va ?

- En vrai dans la vraie vie ?

Le colonel veut me faire muter.

- On sera deux.

- Comment ça ?

- A pas savoir ce qu'on va devenir. - Tu stresses encore ?

- Oui.

- Ca va aller, Thomas. Moi, je n'ai pas peur.

Tu sais pourquoi ? Parce que je vous ai, toi et ta soeur.

Et qu'on s'aime. C'est ça, le plus important.

On est une famille.

Ton père, ta soeur, moi, on croit en toi.

Aie confiance en toi, chéri.

- Le but, c'est de me faire pleurer ?

Ne dis rien à ton père. - Non.

- Promis ?

- Hum.

- 30 secondes. - Quoi ?

- C'est parti.

30 secondes collées à mon fils.

Je ne te dérange pas ? - Non.

- Juste 30 secondes.

Bonjour !

- Chut !

- Ce n'est pas

très réglementaire, tout ça. - Désolé, commandant.

J'attends sa mère.

Elle ne s'est pas réveillée.

- Micro-sieste et vitamine C, c'est le duo gagnant du jeune père.

- C'était la recette du capitaine Marchal ?

- Non ! Il me laissait tout gérer. Il n'était jamais fatigué.

Vous avez avancé sur l'affaire ? - Oui. Les orpailleurs,

c'est une communauté qui vit en vase clos.

- "Le silence est d'or."

Mais j'ai une petite idée pour récupérer des infos.

- Ah oui ? Et c'est quoi ?

- C'est une bonne idée.

Il faut un gendarme qui inspire confiance,

plutôt discret, passe-partout... - Vous êtes parfait !

- Moi ?! - Hum.

Vous piratez une identité

et vous vous inscrivez au stage.

- Ca peut marcher.

- Prenez ça comme des vacances.

Le grand air, la rivière...

Le camping... Ca va vous faire du bien.

Vous allez pouvoir souffler. Faites-moi confiance.

- Des vacances ?

Mais je n'ai jamais campé, moi.

- Ca va ?

- Je ne sais pas. On prend quoi pour une infiltration ?

- Toi ?!

- Oui. - Tu laisses tes affaires ici

et tu fais ton sac chez toi comme un civil.

- D'accord.

- Il paraît que le colonel est bloqué

sur les couacs qu'on a eus

dernièrement. - De simples erreurs de procédure.

- Il doit y avoir autre chose. - Le colonel n'a pas choisi Soler.

Elle lui a été imposée après une sanction.

Elle aurait menacé un homme qui battait sa femme.

La femme n'a pas porté plainte.

- Et le colonel n'a pas digéré qu'on lui impose Soler.

- Exactement.

- On va devoir se serrer les coudes. - Vous êtes au courant de quoi ?

- Qu'elle n'a plus droit

à l'erreur.

On sonne à la porte.

- M. Borie, bonjour ! Capitaine Marchal.

- Ma femme m'attend à l'hôpital. Vous voulez quoi ?

- Votre voisine vous a vu vous battre avec Sylvain Théron.

Vous faites de la boxe ?

Il a dû le sentir passer.

Vous pensiez qu'on ne serait pas au courant ?

- Du coup, j'ai le profil parfait de l'assassin : le mari jaloux.

- Exactement ! Vous avouez ? - Pourquoi j'aurais fait ça ?

- Ca dépend de ce que vous avez à lui reprocher.

Il n'y a que de photos de l'ex-mari. C'est à se demander

de qui Nathalie est amoureuse. - Enfoiré !

- Ca va pas ! Ho ! Nerveux et tendu, j'en étais sûr.

Il faut vous calmer.

Allez, au poste.

...

- Bonjour. Je viens pour le stage.

"Gold digger 31." Mon vrai nom, c'est Erwan.

- Carole. Bienvenue !

Comment tu as chopé la fièvre de l'or ?

- J'ai entendu parler de Lucky.

- Là-bas, c'est ta tente.

Je t'ai tout préparé.

T'as rien amené ?!

- Mon lit non plus.

- On va tout te prêter. Ca va te coûter plus cher.

- L'argent n'est pas un problème. Bon, je m'installe alors.

- Non, file à la rivière. Lucky t'attend.

Tiens.

Voilà. - Merci.

- Salut. - Bonjour.

- Marité. - Erwan.

- Le déjeuner, c'est chez moi,

en haut du village. C'est pas gratuit.

- Et le soir, c'est moi qui fais la popote.

On est une belle famille ! - C'est dingue, cette histoire.

On se croirait en plein far west. Il avait trouvé de l'or, le gars ?

- Occupe-toi de la rivière. C'est moins dangereux

que le far west.

- Merci, Mathieu. Je m'en occupe.

- C'est possible

de m'enlever ça ? - C'est une vraie question ?

Agression sur un dépositaire

de l'autorité de l'Etat... Non, je ne vais pas vous les enlever.

- C'est parti tout seul.

- Comme avec Sylvain Théron. - Je ne suis pas allé à la rivière.

- On reprend l'histoire à zéro.

- Parlez-moi de l'ex-mari de votre femme.

- Il est parti en laissant un gosse malade, une femme en pleurs.

Un matin, il arrive pour offrir un voyage à Elliot.

Je n'existais plus.

- Comment il a financé ce voyage ? - Je n'en sais rien.

- Il avait refait sa vie ?

- Peut-être.

Je l'ai croisé en ville il y a deux semaines avec une femme.

C'était bizarre.

- Pourquoi ?

- Quand je lui ai dit bonjour, il avait l'air super embêté.

- Elle ressemblait à quoi ?

- Entre 40 et 50, blonde, une tête de mort tatouée, genre pirate.

- Une pirate...

Vous étiez où, ce matin, à 7 h 17 ?

- A l'hôpital. Elliot a fait une crise

dans la nuit.

Bon, Nathalie m'attend.

- Je vais envoyer quelqu'un, et il pourra vérifier votre alibi.

Mathieu !

- C'est ça, les filles. Gardez votre mouvement.

Allez, vas-y ! Voilà, c'est ça.

Régulier. Très bien. On continue, on ne lâche pas.

Ah. Regarde.

Quand l'eau est à l'intérieur, tu entames un mouvement circulaire.

Vas-y ! - Tout va ressortir, là.

- Mais non. L'or est plus malin que toi.

- Ca vous a fait quoi, quand vous avez trouvé votre pépite ?

- Tout le monde se tutoie ici. - Euh... Ca t'a fait quoi ?

- L'émotion, je ne peux pas te la décrire.

Regarde. C'est pour ça qu'on est là.

- Ah oui. C'est beau ! Quand on pense à tout le chemin

qu'a dû faire ce petit caillou pour arriver jusqu'à nous...

- J'ai eu de la chance. J'aurais pu tomber

sur "l'or des fous", la pyrite. Il y en a partout dans la région.

- Il faut la foi pour continuer, avec ce meurtre.

- Sans la foi, je m'appellerais toujours Roger Lefort.

- Tu le connaissais, le gars qui est mort ?

- Oui... Il était comme toi, il voulait juste trouver de l'or.

- Ca lui en a mis un coup.

Il aimait bien Sylvain.

- Il est mort parce qu'il avait trouvé un bon filon ?

- Hé !

On ne tue pas pour ça. Nous, on est un groupe soudé.

- C'est de l'or, ça ?!

- Hé ! Pas mal pour un débutant ! - C'est que des paillettes.

- Tu pensais trouver une pépite ? Franchement, c'est pas mal.

- Bouge pas, Erwan, j'immortalise.

Une photo pour le groupe. On l'affichera au bar.

On dit

"selfie" ! - Selfie !

- Léa est avec l'ex-femme de la victime et son fils.

Elle a confirmé l'alibi de son compagnon. Retour de perquise ?

- Oui. J'ai tout checké sur Théron :

pas d'activités illicites...

- Le commandant a peut-être raison : l'or est la source des revenus.

- Tu as choisi ton camp : tu es du côté de Léa. Super !

- Non, je suis neutre.

- Camille,

tu as quelque chose sur une femme du style pirate ?

- Euh... Non. - Et les fadettes, on a quoi ?

- Et si vous acceptiez l'idée que vous vous trompez ?

- Quand vous dites que vous êtes neutre,

vous voulez dire neutre neutre ? Ou neutre un peu contre...

- Quand même.

- Elliot, j'aimerais que tu me parles de ton père.

- Mon père, c'était le meilleur.

C'était mon docteur. - Et aussi un grand rêveur, non ?

- Hum.

Il n'a pas supporté le quotidien,

les allers-retours entre ici et l'hôpital, la douleur...

- Il t'avait parlé

d'un voyage en Australie ? - Hum.

On regardait ensemble

des reportages sur les orpailleurs australiens.

- Il aurait pu t'offrir ce voyage grâce à l'or qu'il aurait trouvé ?

Il te l'a montré,

cet or ?

- Mieux que ça.

- C'est-à-dire ?

- Désolé, maman.

Papa m'avait fait promettre de ne rien dire.

- Je peux ?

Alors,

je t'écoute.

Qu'est-ce que tu as dit ? Ah, c'est bloqué là.

Qui avait raison ? C'est moi.

L'or... Excellent mobile.

- Je m'incline, tu avais raison.

Reste à trouver le meurtrier.

- C'est pas faux. - Où en est ton 007 ?

- Il tente de se fondre dans le décor.

- Erwan, en infiltration dans un campement d'orpailleurs...

- Il est très à l'aise.

- Erwan ?! - Oui, Erwan.

- Aucune trace d'aventures amoureuses concernant la victime.

- Même pas une femme pirate ?

- Non. En revanche, Théron recevait des appels

d'un autre stagiaire du camp : Vincent Planel.

- Ils passaient leur journée ensemble.

- Jusqu'à dix appels d'affilée. - C'est du harcèlement.

- Sachez-en plus sur ce Vincent Planel.

Ce serait bien de l'interroger. - Hum, hum.

- Un petit dernier ? - Non, ça va aller.

Je vais plutôt m'allonger.

- Allez, cul sec. Ca te fera oublier ton mal de dos.

Allez, les orpailleurs ! Solidaires avec le nouveau !

- C'est une belle recrue.

- Impressionnant, hein ? Vice-champion de France de batée.

On m'invite même à l'étranger.

- Grâce à Lucky, notre rivière est propre et les promoteurs

se tiennent à l'écart. A Lucky !

- A LUCKY !

- Tu comprends mieux, maintenant ?

Avant, personne ne me connaissait.

Maintenant, je suis le roi de l'or.

A la tienne. - Hé. Ne t'emballe pas, Erwan.

Tu as vu sa pépite ?

Faut une sacrée dose de chance pour trouver la même.

- Pas facile de leur parler.

- Tu es journaliste et tu es là pour le meurtre, c'est ça ?

- Si tu peux m'aider et tenir ta langue,

je mettrai ton nom dans le journal.

Vincent Planel avait quel genre de rapports

avec Sylvain Théron ?

- Moi, ma préf', c'est...

celle-là.

- Je ne me reconnais pas. - Tu es incroyable sur cette photo.

Quoi ? - Tu me vois telle que je suis.

On l'envoie ?

- Le père de ta copine est OK pour les tirer gratuitement ?

C'est parti. - Plus qu'à attendre une semaine.

Le père de ta copine s'appelle "Papa" ?!

- Quoi ?

Non...

Non, non, non, non.

C'est pas possible... Stop !

Arrête-toi !

Oh, merde.

- Tu viens de tout envoyer à ton père.

- Marchal vous rejoint

le plus rapidement possible, Erwan.

- C'est quoi, ça ?

- Ca va, Paul ?

Paul ?

Ca va ? - Hein ? Oui, super !

- Ta veste.

- Dis à Camille de me rejoindre au camp. J'ai un truc à faire.

- Bien sûr. Ca va ? - Oui, super !

Alice, c'est ton père. Rappelle-moi tout de suite.

- Comment tu as su que j'étais ici ? - Je suis gendarme, Alice.

Ta petite histoire avec Julien, je suis au courant.

- Je t'ai envoyé ces photos par erreur.

- Non, c'est un appel à l'aide.

- Carrément ?

- C'est quoi, ces tatouages, Alice ?

- Parce que mon corps t'appartient ?

- Arrête.

- Tu es venu pour l'état des lieux, non ? Regarde. Ca te plaît ?

C'était

du maquillage.

- D'accord, j'ai un peu sur-réagi.

- Surtout que tu es tatoué.

- Tu ne nous dis plus rien. - Vous me fliquez tout le temps.

- On pense au pire. - Je suis amoureuse.

- Ah.

Tu vas emménager avec lui ?

- Tu tiens ça

des services secrets ? - Je déménage en ville pour toi.

Et toi, tu m'abandonnes.

- On en discute ce soir ? - Hum.

- Et tu ne dis rien à maman. - Je sais pas.

- Allez. A ce soir.

Il soupire.

- Tu ne fais jamais de pause, toi ? - L'or n'attend pas.

Tu me prends pour un fou ? - On l'est tous un peu.

- Tu vois cette ligne d'eau ?

C'est la "Gold line".

Le courant suit la diagonale.

Quand la rivière s'assèche, les cailloux sont coincés ici.

- Pile dans le coin où un type s'est fait tuer hier.

Il paraît que tu ne l'aimais pas.

- T'es flic ou quoi ? - Lui, non. Mais moi, oui.

Vincent Planel ?

- Oui. - Mon supérieur vous attend.

Vous, vous restez avec moi. J'ai des questions à vous poser.

Alors ?

- D'après Lily, Planel s'est engueulé avec Théron.

- Lily ?

C'est un bon plan, l'infiltration.

- Vous avez un truc sur lui ? - Marchal a de quoi le faire parler.

Ca ne va pas ?

- J'ai mal partout... Je suis trempé toute la journée...

On dort au milieu des araignées...

On partage les douches...

- Et dire que tu es arrivé seulement ce matin.

Allez, courage ! A toute. - A toute.

- Faites comme chez vous !

- Merci.

Vous êtes criblé de dettes.

Les huissiers vous ont tout pris.

Vous vivez là à l'année.

- Oui, et alors ?

- Rien. Ca m'arrange. Ca ne fait qu'un endroit à perquisitionner.

Ca, c'est de l'espionnage. Mais la personne que vous suivez est morte.

- Je peux tout vous expliquer.

- Avec plaisir. Mais on va le faire avec ma cheffe.

- Suivez-moi, M. Planel.

- Je joue au poker. Des fois, je gagne...

- "Parfois."

Excusez-moi, c'est un réflexe. Je vous écoute, M Planel.

- "Parfois", je gagne. Souvent, je perds.

- Et Sylvain Théron jouait au poker, aussi ?

- Non, je ne crois pas.

Il y a quelques jours, on a bu ensemble, un peu trop.

Sylvain s'est vanté d'avoir trouvé de l'or.

J'ai vu rouge. - Pourquoi ?

- Ce salaud aurait dû le dire pour partager avec nous !

- Donc vous l'avez espionné pour tenter de trouver son filon.

- Mais je n'ai pas réussi.

- Et alors vous l'avez tué.

- Je n'ai pas tué Sylvain ! Je ne sais pas qui a pu faire ça.

- D'accord. Admettons.

J'aimerais comprendre

comment Sylvain Théron a pu vendre son or, sans rien dire à personne

et sans le déclarer.

Vous avez une idée ?

- On peut vendre son or au black pour éviter de payer les taxes.

- Qui s'occupe de ça ?

- Marité Lefort...

La soeur de Lucky.

- Vous êtes encore là, capitaine ? - Je te fais honte ?

- On n'est pas censés se parler. - On dit que je t'interroge.

C'est un vrai paparazzi, le Vincent Planel.

- La victime échangeait des paquets avec Marité en échange de cash ?

- Oui. Moi, j'ai retrouvé ma pirate. On a peut-être le suspect numéro 1.

- S'ils trafiquaient ensemble, ça a pu mal tourner.

Je ne sais rien, monsieur ! Je suis en stage, moi !

- On a eu du bol. Tu es bon en comédie, toi.

J'ai eu une info du parquet : Sylvain Théron a été cité

comme témoin, l'année dernière, pour une affaire de vol.

- Un vol de quoi ? - De bijoux. Il travaillait

chez un joaillier, et des bagues ont disparu.

- Il a pu les écouler auprès de Marité.

- Il faut qu'on en sache un peu plus sur elle.

- OK. - Au boulot, James Bond.

- La fièvre de l'or, tu l'as vue en grand, mon petit Erwan !

Un petit café ? - Un jus d'orange, plutôt.

Regarde

ce que j'ai ramassé depuis ce matin.

- Hé ! Avec toutes ces paillettes, tu ne dois pas être loin du gramme.

- Tu pourrais me les acheter ?

- Ca vaut pas le coup,

tu en as pour 20 euros. - Dommage, j'avais besoin de cash.

Sinon j'ai une bague...

- Non, mais tu me prends pour qui ?!

- Pardon, je croyais que...

- Je ne suis pas un fourgue !

- Désolé. Téléphone.

Oui, ma chérie ?

- "Ma chérie" ? Tout va bien ?

Tu me manques.

- Vous ne pouvez pas parler ? - Excuse-moi.

(C'est ça.

(Si Théron a écoulé les bijoux volés, c'est pas ici.)

- Si ! J'ai les résultats d'analyse de la pépite, Erwan.

- Ce sont des scellés.

- Il n'y a pas d'or dans cette rivière.

On a trouvé des résidus de cuivre et d'argent.

- C'est pas normal. - Non.

Théron a fait fondre les bijoux. On avait raison tous les deux.

- Moi, je sais reconnaître quand j'ai tort.

- Toi ?!

Ca, c'est une surprise absolue !

- On peut

- Oui, si Marité s'en est aperçue...

Je l'interpelle ?

- Non ! Non, surtout pas !

Officiellement, je vous ai mis en congé.

- Pourquoi ?

une infiltration.

- On arrive, Erwan.

- OK.

- Bonjour ! Tu en fais une tronche.

- Je vais devoir partir.

- Ton reportage est fini ? - Oui...

- Marité, on a soif ! - Il faut que je te dise un truc,

Lily.

- Toi aussi, tu me plais bien.

Regarde. J'ai pris plein de selfies

de nous deux...

- Ca a été pris quand, ça ? - Avant qu'on retrouve le corps.

- Gendarmerie nationale !

- Marité Lefort,

suivez-nous.

- Il est où, Lucky ? Je croyais qu'il n'avait pas bougé.

- J'en sais rien.

- J'ai rien fait !

J'ai rien fait ! - Mort aux vaches !

- On embarque tout le monde !

- "Mort aux vaches" ?!

- C'est le premier truc qui m'est venu.

- Vous devenez fou, Lebellec ?

- Au moment du meurtre,

Lucky et Carole n'étaient pas avec les autres.

- Ils se couvrent ? - Mettez-moi en cellule

avec Lucky, avant la fin

de mes congés. - Justement !

Euh...

Désolée pour ce petit mensonge.

- C'est pas grave. L'infiltration, j'aime bien.

- Pour Lucky, vous êtes sûr ? - Oui.

- OK. On y va, alors.

...

- Qu'est-ce qu'ils lui veulent,

à ma soeur ? - Ils ne m'ont rien dit.

- De toute façon, ils ont que dalle.

Elle n'a rien fait.

- Tu crois que c'est pour le meurtre de Sylvain Théron ?

Tu sais qui a tué Sylvain ?

- Elle ne pouvait pas être à la rivière.

A cette heure-là, elle était au bar.

- Dis-leur, si ça peut l'aider.

- Rappelle-toi ce que je t'ai dit.

Il faut toujours croire en sa chance.

- Toi, tu sors.

- Lucky ne lâche rien.

- Je m'en doutais.

Pourquoi Carole ou lui

aurait tué Sylvain Théron ?

- Je ne sais pas.

- C'est quoi, cette pépite ? - C'est celle que Théron a offerte

à son fils. Pourquoi ?

- Une pépite, même fausse,

ça ferait rêver n'importe quel orpailleur.

Ce truc fait au moins 20 g.

- 20 g...

Soit 5 fois plus

que le record de Lucky, c'est ça ?

- Oui.

- Si ça se savait, il aurait perdu tout ce qu'il avait construit.

- Il serait redevenu Roger Lefort.

- Un simple ramasseur de cailloux qui s'invente une vie.

Ca se tient. Mais on fait comment ?

- J'ai une idée pour le faire craquer.

...

Carole Berthot, vous êtes en garde à vue.

- Qu'est-ce que tu as fait ?

Il est où, Lucky ? Qu'est-ce que tu lui as fait ?

- Tu t'es bien foutu de moi.

- Je suis désolé, Lily. J'ai essayé de te le dire...

- Ne te fatigue pas, va.

- M. Lefort. - Lucky.

- S'il vous plaît.

- Qu'est-ce qu'elle fait là ?

- Votre compagne est accusée de meurtre, ou de complicité.

Tout dépendra de ce que vous nous raconterez.

Marité a avoué qu'elle vendait au black

l'or de Sylvain Théron.

- C'est elle qui vous a parlé de la taille des pépites ?

- Non.

Le type qui achète est venu me voir.

Un filon pareil...

Il n'en revenait pas.

- Vous non plus, vous n'y avez pas cru. Donc vous êtes allé voir

Sylvain Théron

pour lui demander d'où venait cet or.

- Ce petit con m'a envoyé balader.

Il voulait juste écouler son stock discrètement.

- Et vous ne vouliez pas de magouilles.

- J'ai toujours été honnête.

Même dans les moments les plus durs.

Je sais qu'on se moque souvent de moi.

Mais les vrais orpailleurs m'aiment pour ce que je suis.

Et je ne tiens pas à les décevoir.

- Sylvain s'est moqué

de vous, de votre record.

Et vous ne pouviez pas le laisser se balader

avec ces énormes pépites.

- Je n'ai pas réfléchi. Je voulais juste qu'il se taise.

Vous ne pouvez pas savoir ce que c'est que de tout perdre.

J'en ai trop bavé pour devenir quelqu'un,

dans un monde où il n'y a pas de place pour moi.

...

- Coucou, ma puce.

- Euh...

Papa, je...

Je sais qu'avec maman, vous vous donnez beaucoup de mal

pour qu'on reste une famille.

Mais il faut que je te dise que...

- Que quoi ? - Que je t'aime.

- Moi aussi, je t'aime.

Bon.

Julien a l'air de faire des super photos. Il nous les montrera ?

- Maman et les tatouages...

- Maman s'intéresse à ta vie, et Julien fait partie de ta vie.

Alors, vous avez visité des apparts ?

- Oui.

- Et ?

- Et on a arrêté de chercher.

- Pourquoi ?

- Parce que c'est trop tôt.

Les photos,

ça lui tient à coeur.

Il aimerait bien entrer dans une école d'arts appliqués.

- Super.

- Les photos qu'on a faites, c'est pour son dossier de candidature.

Sauf que le concours d'entrée n'est pas facile.

Et s'il n'est pas admis, il a un plan B dans une autre école.

- Bien. - A Rennes.

- A Rennes, en Bretagne ?

- Et je partirais avec lui.

- Bon.

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