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Zulu
...
Coup de sifflet.
...
-Je comprends pas
comment on a pu prendre cette raclée hier.
C'était le match à pas perdre.
-Elles ont été meilleures que nous, c'est tout.
-C'est ça, tu parles !
Où est la coach, là ? Elle revient pas ?
-Je vais la chercher.
C'est bon ?
Continue tes étirements.
Une femme crie.
Audrey !
Ca va ?
...
...
-A la semaine prochaine. Bisou, mon amour.
-Je suis plus un bébé, m'man.
-Tu vas nous en vouloir longtemps pour notre job de parents ?
-Vous avez refusé que le colonel me pardonne.
Bravo, les incorruptibles !
-Thomas, les choses sont plus difficiles qu'on le voudrait.
-Pour une fois, il fallait oublier vos grands principes.
-Il a raison, vous avez vraiment pas assuré.
Coups de sifflet.
-Bonjour. -Bonjour. C'est par là ?
-Bonjour. -Bonjour.
Bonjour, Camille. -Commandant.
Vous allez bien ? -J'ai connu mieux.
Alors, la victime...
-LUCIE VIDAL.
-Exactement, c'est elle.
Un star du rugby. Demie de mêlée
dans l'équipe de Montpellier.
La courroie de transmission. -Exact.
Mais... On l'a trouvée ici ?
-Il y a du sang dans les vestiaires.
Elle aurait été tuée là-bas puis déplacée ici.
-La position du corps
montre que l'assassin connaissait la victime.
Qui a découvert
le corps ?
-La coach Audrey Desnoyer.
Ses cris ont alerté la soigneuse Isabelle Munoz qui attend. Le topo.
-Merci, Camille.
Et la coach est où ?
-Dehors, avec Marchal. -Transférez
le corps à l'IML. Merci, Camille.
-Lucie Vidal, la fille d'Alain Vidal ? Oh là là !
Une figure du rugby. Il a porté l'équipe y a 15 ans.
-Et Lucie avait repris le flambeau.
Une fille réservée mais tout le monde l'adorait.
-Pas celui qui l'a tuée.
-Elle était un symbole pour nous. -Symbolisant quoi ?
-Le rugby féminin n'est reconnu que depuis 20 ans par la fédé.
Lucie donnait tout pour notre sport,
surtout dans son travail. -Elle faisait quoi ?
-Elle travaillait
chez Munoz, le propriétaire du club.
-Michel Munoz
jouait à l'époque avec Alain Vidal.
-Oui. On lui doit toutes beaucoup.
-Comment Lucie faisait-elle pour gérer le boulot en plus ?
-Munoz avait aménagé ses horaires. Il misait beaucoup sur elle.
-Et vous travaillez toutes à côté ? -Mm.
On a des étudiantes, une caissière, une prof.
Lucie se battait pour qu'on devienne pros
comme les hommes.
-Médecin, je m'occupe bénévolement de l'équipe pour aider mon frère.
-Michel Munoz, c'est ça ?
L'actionnaire principal du club.
C'est une affaire de famille, le rugby, chez vous.
-Très souvent, oui.
-Il a été constaté que Lucie Vidal a eu les cervicales brisées.
Quand l'avez-vous vue
pour la dernière fois ?
-Hier soir, dans les vestiaires, à la fin du match.
-Vous lui connaissez
des ennemis ? -Non.
-Une joueuse
de son talent
doit éveiller des jalousies.
-Non, vous vous trompez.
Tout le monde admirait Lucie.
Le talent de Lucie.
C'est forcément quelqu'un de l'extérieur.
C'est pas possible autrement.
Elle pleure.
...
-Ca va aller.
...
-Lucie était l'enfant chéri de la ville.
Demie de mêlée, comme son père. -La courroie de transmission
de l'équipe. -Tu t'intéresses au rugby ?
-J'ai toujours aimé le rugby. Décidément...
Le coupable était soit proche d'elle,
soit c'était un fan absolu.
-Donc 500 spectateurs, 500 suspects.
Un boulot
pour Erwan.
François Blondin, le copain de Lucie, arrive.
Je vais en savoir plus sur elle.
-Je dois passer à l'IML.
Il faut que tu parles à Thomas.
-Il a du mal avec notre décision ?
-Passer devant le juge n'est jamais très gai. Donc...
-Tu n'es plus d'accord ?
-Je sais pas. J'ai pas eu le temps de me poser la question.
C'est allé trop vite.
Mais il a fait cette connerie
pour t'imiter. C'est important
que vous discutiez.
-D'accord. Je lui parlerai.
-OK.
Je compte sur toi ? -Oui.
A plus. -A plus.
-Que Lucie rentre pas de la nuit vous a pas inquiété ?
-Non, j'ai l'habitude des 3es mi-temps.
Les soirs de match, je m'endors souvent seul.
-Elle découchait souvent ? -Jamais.
-Elle avait des problèmes ?
-Non, elle était super heureuse,
récemment sélectionnée en équipe de France.
-Elle allait faire la Coupe du monde
comme son père ?
-C'était
la consécration de tellement d'efforts,
de sacrifices.
-Ca crée aussi des jalousies. -Oui, c'est possible.
Elle s'était accrochée avec une fille de l'équipe,
cette semaine. -Et vous savez avec qui ?
-Bonjour, Franck. -Bonjour, Léa.
-Alors ?
-Vu la rigidité du corps, elle est bien morte hier soir.
-Cervicales brisées ? -Sans bavure.
Elle s'est cognée en tombant, mais elle était déjà morte.
-D'accord.
Et qu'y avait-il de si urgent ? -Ca.
-Des hématomes.
Rien d'anormal, au rugby. -La forme des impacts est celle
de coups de poing,
sans aucun doute possible.
-Elle a été passée à tabac ? -Je pense.
-OK. Merci, Franck.
-Avec plaisir.
Propos mêlés.
...
-C'est quoi ce bazar ?
-Toute l'équipe est passée de témoin à suspecte.
-D'accord, OK.
Un peu de silence, s'il vous plaît !
...
Hé ! Un peu de discipline, quoi !
Je dois récupérer ma fille. Ce sera long ?
-Ah...
-On va tout faire pour vous faciliter la tâche.
Pour Lucie.
-Merci.
-On recoupe les témoignages des joueuses.
La plupart ont le même alibi :
la 3e mi-temps dans un bar du centre.
-Bon. Et Erwan ?
-Erwan a plusieurs témoins
qui ont vu Lucie s'engueuler avec Karine Levasseur.
-Tu vas nous la chercher ?
-Elle est pas venue
ce matin. -Je préviens Soler.
-Et les caméras ?
-Le meurtrier les a évitées, un habitué des lieux.
-Pourquoi Karine Levasseur
n'est-elle pas venue à l'entraînement ?
-Elle s'est blessée la semaine dernière. Pourquoi ?
-Elle était là, hier ?
-Oui, dans les gradins. C'était un match important. Pour...
-Sophie, envoyez une équipe
la chercher. -Marchal Express !
Livraison à domicile ! Karine Levasseur.
-Audrey,
j'ai rien fait !
-C'est à nous qu'il faut parler. -Article 63 du Code
de procédure pénale,
vous connaissez ?
-Euh... Oui, oui.
"Au début d'une garde à vue,
"la personne est en droit d'être assistée d'un avocat."
Et alors ?
-Nous avons toute un métier, à côté.
Maître Desnoyer.
Karine Levasseur est ma cliente.
Elle soupire.
-D'où tu sors la piste Levasseur ?
-Le copain de Lucie les a vues plusieurs fois
se frotter le bonnet. Je suis donc
allé chez elle. -Sans me prévenir.
Et je passe pour une imbécile.
Alors, au risque de me répéter, il y a des...
-PROCEDURES.
-A l'avenir, j'enverrai un recommandé.
-Tu l'as pas ramenée ici juste pour une engueulade.
Donc je t'écoute.
-Karine est demie d'ouverture.
-Comme la victime ? -Non.
Lucie est demie de mêlée.
T'y connais rien, en fait. -Si !
Il rit. Je confonds toujours !
-Ensemble, leurs 2 postes forment une charnière
entre les avants et les ailiers. Un binôme, comme nous ici.
-Si ça te fait plaisir...
-Lucie a été sélectionnée en équipe de France,
pas Karine : résultats insuffisants.
-Donc Karine aurait été jalouse
au point de tuer Lucie ?
-Un mobile crédible.
-D'accord. Annonce le décès de sa fille à Mme Vidal.
-Mais non. -S'il te plaît,
j'ai un interrogatoire. Oui, je sais...
-3 condamnations pour cambriolage en bande organisée.
-Je faisais que mettre HS les systèmes d'alarme.
-C'est une participation directe.
-Je suis douée en électronique. C'est du passé, j'ai payé.
J'ai presque fini ma probatoire.
-D'où votre bracelet
électronique.
Où étiez-vous, après le match ?
-Je...
-Que reprochez-vous à ma cliente ?
-Une éventuelle jalousie envers Lucie Vidal
pour sa sélection.
-J'étais contente pour elle, elle la méritait !
Et avec ça, j'étais grillée d'avance !
-Pourquoi vous êtes-vous disputée ? -Si vous n'avez aucune preuve
justifiant une garde à vue,
nous vous laissons trouver le vrai coupable.
-Asseyez-vous, Maître.
Nous ne sommes ici
que dans le cadre d'un interrogatoire circonstancié.
Je vous en prie.
-Commandant.
-Merci.
-Je suis désolé, Mme Vidal.
Vous avez déjà vécu un drame il y a 10 ans
avec votre mari.
C'était un immense joueur,
fauché en pleine gloire.
-Si seulement il n'y avait pas eu cet accident de voiture !
-Il n'y a pas eu que l'accident.
Notre meilleur espoir qui tombe pour dopage...
C'est suite à ça que votre mari a sombré dans l'alcool ?
-Personne voulait lui pardonner.
On a vécu l'enfer.
-A l'époque, Lucie avait 12 ans. Comment elle a géré ça ?
-Son père était déjà mort pour elle quand il s'est tué.
Elle n'a plus jamais voulu en parler.
Elle n'a gardé de lui
que sa passion du rugby.
-Et vous, vous avez tenu comment ?
-Sans l'aide de l'ami d'Alain, j'ignore ce qu'on aurait fait.
-Michel Munoz ?
-S'il vous plaît,
retrouvez celui qui a fait ça à ma fille.
-Vous avez reçu un mail hier
stipulant que Lucie aurait donné à l'équipe adverse
la stratégie de jeu de votre équipe.
-Ouais. C'est pour ça que je l'ai chopée après le match.
-Puis battue à mort.
-Pas du tout ! Je l'ai bousculée, oui, mais elle s'est défendue.
Simple bagarre. -Qui t'a envoyé ce mail ?
-Adresse anonyme, style cybercafé. Ca ne vous a pas étonnée ?
-Non, j'ai pas fait gaffe.
J'étais folle de rage. J'avais confiance en elle.
-Lucie était devenue distraite.
On pensait que c'était à cause de sa sélection nationale.
-Alors qu'elle nous trahissait.
Elle en avait rien à foutre de nous.
Mais je l'aurais pas tuée pour ça.
-Ma cliente était avec nous au bar. Son bracelet est géolocalisé.
Vérifiez donc.
-Karine Levasseur n'a en effet pas quitté le bar
de la soirée.
-Quel intérêt avait Lucie à truquer le match ?
-L'argent. -Non.
Aucun enjeu financier dans le rugby féminin.
-Des parieurs sont prêts à miser sur n'importe quoi.
-Surtout pour un match capital du championnat.
-Je fais le tour des bookmakers en ligne.
-La télé s'intéresse qu'au championnat masculin.
Mais Lucie voulait
développer une chaîne de flux sur Internet.
Pour le rugby féminin. -Y avait un marché
à prendre.
Vous perdez votre meilleure joueuse et une précieuse collaboratrice,
M. Munoz.
-Je m'en fous de ça, Capitaine !
J'ai jamais eu d'enfants,
et Lucie, c'était comme ma fille.
-Et voyait-elle en vous le père qu'elle avait perdu ?
-Je sais pas.
On était différents, Alain et moi.
Pour lui, y avait que le rugby, il pensait pas à après.
-Oui, retraite misérable et pas de boulot.
-J'ai réussi ma reconversion parce que j'ai anticipé.
-Qu'est-ce que j'ai aimé cette époque !
J'ai joué, vous savez ? J'étais ailier droit.
Ces mecs étaient des combattants passionnés
et des bons vivants.
-Je retrouve ce côté amateur dans le rugby féminin.
-Lucie avait bidonné le match
hier soir. -Pourquoi aurait-elle fait ça ?
-Pour se faire un peu d'argent, c'est juste une hypothèse.
-Une hypothèse débile ! Sonnerie.
-Elle a envoyé un mail hier à la fédé
pour refuser sa place en équipe de France.
-Quoi ?
-Non.
C'est pas possible.
-Cette sélection était tout pour elle.
Pourquoi aurait-elle refusé ? -Je sais pas.
Je vois mal le sélectionneur de l'équipe de France
la tuer pour ça.
-Mais je vois pas non plus une telle joueuse
balancer ses stratégies à l'adversaire.
-Pour la salir ainsi, il fallait méchamment lui en vouloir.
Je vais retourner
au stade.
Lucie a pu se confier à une copine
quant à son refus de rejoindre l'EDF.
Euh... EDF...
Equipe de France.
-Eh oui ! Evidemment, c'est pas l'électricité,
je suis pas si stupide.
Mais Audrey Desnoyer t'empêchera de leur parler.
-J'ai ma petite idée. -Oublie pas de parler à Thomas.
-Non ! T'inquiète...
-Et de fermer
la porte.
-Ils ont mis une porte, ici ?
-Ouais ! Coups de sifflet.
-Coucou !
T'es bien installée ?
*-Disons que je remplis
ton frigo.
*-Ah, d'accord ! Chips, gâteaux...
Ils en ont marre de mes petits plats ?
-Ils doivent manger des trucs
de leur âge. *-Maman, je t'ai pas fait venir
*pour ça. -Oui, je vais parler à Thomas.
-Oui, c'est mieux si ça vient de quelqu'un d'un peu extérieur.
-Merci pour moi !
Mais t'aurais pu t'en charger comme un adulte.
-(Putain, qu'ont-elles toutes avec ça ?)
*-Comment ?
-Que ce soit Léa ou moi, le message ne passe plus avec eux.
Ils te font confiance et te disent leurs secrets.
-Parce que j'ai ma méthode. Donc ce sera à ma manière.
*-D'accord.
Je te fais un bisou. A ce soir.
Je te laisse. OK ? Bisou.
-Alex !
Coup de sifflet.
-Maud ! Plus sur tes jambes !
Vous voulez quoi, encore ? -Je sais pas
si je vous préfère en avocate ou en coach.
Je viens poser une question. -Hors procédure ?
Je pourrais m'en servir au tribunal.
-Je veux bien répondre.
-Oui ? C'est gentil. Sans faire d'histoires.
-A une condition. -Tout ce que vous voulez.
Coup de sifflet.
Il souffle.
Oh !
Oh !
Ah !
Oh !
Hou ! Oh !
Il crie. Elles rient.
Il gémit.
Yah !
Rires.
Applaudissements.
Hou !
Ah...
C'est juste là...
Ah ! Pile, là.
-C'est pas grand-chose.
Il souffle.
-Attention, c'est froid.
-Ouais, c'est froid !
Rires.
-Drôles de manières pour un flic. -On le dit souvent.
-Lucie a triché pour faire perdre l'équipe ?
-J'ai pas le droit d'en parler.
Mais on pense qu'elle y est pour rien.
Merci.
-De rien.
-Bon ! Alors... Maintenant que j'ai gagné à la loyale...
Rires.
Si, quand même, j'ai gagné.
Pourquoi Lucie a-t-elle refusé sa place en équipe de France ?
La demoiselle qui est partie avec ma clavicule
n'a pas une idée ? -Ben...
Lucie était ailleurs, depuis quelque temps.
Si elle a renoncé à son rêve de toujours,
y a pas 36 solutions...
-Ouais, OK... Quelqu'un peut m'expliquer ?
-Une seule raison peut
transformer une femme
à ce point-là.
L'amour.
-Elle a refusé par amour pour son mec ?
Rires.
-Non. Pas lui. Un autre homme.
Un coup de foudre.
Une passion.
-Super,
merci.
Eh ben voilà !
Tu tombes bien ! J'ai trouvé qui a envoyé la stratégie
à l'équipe adverse.
Un gros parieur qui a raflé la mise.
-Ca serait pas le mec de Lucie, François Blandin ?
-Comment t'as deviné ? -Soler veut
que j'aille l'interpeler. -Ah ?
Ah, c'est... Cool.
-Pourquoi je l'aurais tuée ? Je l'aimais plus que tout.
-Et pour les paris, M. Blandin ?
Les bookmakers en ligne ont des obligations légales.
Il a été facile de remonter jusqu'à vous.
-Lucie voulait me quitter.
-Elle avait un autre homme dans sa vie ?
-Non. Si ça avait été le cas,
elle se serait pas gênée pour me le dire.
-Vous avez truqué le match pour de l'argent ?
-Non. Il pleure.
Je voulais qu'on pense que c'était elle qui avait parié.
J'ai agi comme un con. J'avais trop mal.
-En fait,
vous vouliez faire accuser Lucie
par simple vengeance, c'est ça ? -Pour que l'équipe la jette
comme elle m'avait jetée.
J'ai regretté tout de suite, mais trop tard.
En la voyant pas ce matin, j'ai cru qu'elle m'avait quitté
pour de bon,
pas qu'on l'avait tuée pour un putain de match perdu.
-Il aurait fallu y penser plus tôt, M. Blandin.
Elle sort.
François Blandin n'a pas d'alibi,
ni de vrai mobile, quoi.
-On oublie la piste de l'amant ?
-Lucie pouvait tromper son fiancé sans le lui dire
et le quitter quand même comme une vieille merde !
-D'accord.
Camille, on va éviter les suppositions gratuites
et étudier le concret,
le GPS, les fadettes, des indices sur l'amant supposé.
Bien... Il faudrait qu'on creuse aussi la piste Munoz,
l'actionnaire principal.
-Parce qu'elle a refusé d'intégrer l'EDF ?
-Elle le plante juste avant la consécration.
Adieu l'investissement.
-La tuer n'avait rien de rentable. -Il a pu juste péter les plombs.
-Mamie ? -Oui, mon chéri ?
-Papa t'a demandé de venir ?
Je vais donc avoir droit à une leçon de morale...
-Ai-je une tête à faire la morale ?
Tu crois que ton père était un génie, à ton âge ?
-Pour Thomas, papa avait la classe.
-La classe ?
Il a pas raconté toute l'histoire de la voiture volée !
A l'époque, il était pas très fier.
Son ami et lui n'ont jamais ramené la décapotable "empruntée".
Ils ont eu un accident dans un virage.
-Ca s'est terminé comment, ça ?
-Pour Paul, pas trop mal.
Il a travaillé pour payer les réparations.
Cette histoire lui a fait un électrochoc.
Il s'est juré de ne plus jamais recommencer ces âneries.
Puis il s'est engagé dans la gendarmerie.
-Et pour son pote ?
-Aux dernières nouvelles, il était
en prison. -Bon, OK.
Où veux-tu en venir, mamie ?
-Prendre conscience de ses erreurs pousse à faire les bons choix.
-Ca rappelle papa
avec son bouquet. -Ah oui ! C'est trop drôle.
Il est arrivé avec un bouquet pour l'anniversaire de maman,
mais avec un mois d"avance.
-Comment vous vous en souvenez ? Vous deviez être tout minots.
-Ah non...
C'était pour le dernier anniversaire
de maman. -Il lui offre encore des fleurs ?
-Bloqués dans la zone grise.
-T'étais pas au courant ? -Ben non.
Elle soupire.
-Bonjour.
-T'es à la bourre.
-Je sais, mais je t'ai pris un pain au chocolat et un bon café.
-Merci, j'ai mangé.
Mais c'est gentil.
-Bon.
Selon le greffe,
les comptes de la société de Munoz sont dans le rouge.
-Et ? -Je suis aussi passé
au cadastre, et regarde...
Sa société a acheté une maison il y a 6 mois.
-Pour organiser des événements sportifs ?
-Non. La propriété a disparu des comptes.
Détournement d'actif.
-La maison est vers Sète ? -Oui.
Voilà. D'après le GPS de Lucie,
elle y allait souvent.
-Ce serait une garçonnière et ils auraient été amants ?
-Le mentor et sa protégée dans le même lit.
Je préviens Soler.
-Je vais là-bas avec Marchal.
-Jamais j'aurais posé la main sur la fille de mon meilleur ami !
-Elle a passé du temps
dans cette maison. -J'y ai jamais foutu les pieds !
C'était pour elle. Ca lui rappelait son enfance.
-Comment ça ? -La maison appartenait à son père.
Anne Vidal l'avait vendue juste après l'accident.
Puis elle a été remise en vente. -Et Lucie vous l'a demandée ?
-Elle me remboursait un peu quand elle pouvait.
Je me fichais de l'argent.
-Elle ne voulait plus entendre parler de son père.
-Elle avait dû lui pardonner.
-Et que faisait-elle là-bas ? -Aucune idée.
Sa réconciliation avec son père
me suffisait.
...
-Wouah ! Ah oui, quand même !
Elle était plus que réconciliée avec son père.
C'est un vrai musée.
-Et elle a fait croire à sa mère
qu'elle avait tout jeté.
-Tout le monde avait condamné son père,
même elle, mais au fond, elle restait sa fille.
-Y a même
des tickets de matchs. Elle avait tout gardé.
-Ah !
Même les gélules
avec lesquelles son père s'est dopé.
De la DHEA.
-Hormone qui stimule
la production de testostérone. -Oui.
-Mais celles-ci n'ont pas pu appartenir à Alain Vidal.
-Pourquoi ?
Elles datent d'il y a 1 mois.
-Salut.
Maman ? Que fais-tu là ?
Un problème avec Thomas ?
-Pas du tout. -OK.
-J'ai bien raconté que tu n'étais pas un héros.
-Mais le problème de votre famille
n'est peut-être pas lui. -Qu'ai-je encore fait ?
-A part aimer encore ton ex-femme ? -Quoi ?
-T'as fait tout ce chemin pour me parler de Léa ?
-Tu lui offres
des fleurs, tu vas chez elle sans arrêt.
-Je prends soin d'elle car c'est la mère de mes enfants.
Et elle est pas bien, en ce moment, seule, fatiguée...
Elle est fragile. Voilà.
Tu me reproches pas d'être attentionné ?
Si ? -Elle est fragile
peut-être parce que tu ne la lâches pas.
-Non... -En 30 ans derrière un comptoir,
j'ai entendu des centaines d'histoires comme celle-là.
Léa ira bien quand tu seras clair
avec elle. -D'accord !
Tu me demandes d'être un salaud pour qu'elle aille mieux.
Merci, maman.
-Paul ! Franck affirme que Lucie n'a jamais pris de produits.
-Elle pouvait fournir d'autres joueuses.
-On va tracer la DHEA avec les numéros de série.
Viens voir 2 s. -Quoi ?
-Euh... Merci, Mathieu.
Bon appétit !
Comment va belle-maman, enfin ta mère ?
-Elle est venue te voir ?
-Non. Tu me promets de parler à Thomas et tu envoies ta mère
le faire à ta place !
-Un peu d'expérience peut être utile.
-Dès qu'elle s'immisce dans notre vie,
c'est le bordel ! -Oh !
Elle est venue à notre mariage !
-Quel rapport ?
-Pardon... -QUOI ?
-Hum...
-J'ai contacté l'Agence de lutte contre le dopage.
-Ils ont contrôlé l'équipe féminine de Montpellier ?
-La semaine dernière. Une joueuse était positive.
-Comment on a pu passer à côté ? -C'est la procédure.
L'AFLD laisse d'abord les fautifs préparer leur défense.
-Celle qui s'est fait choper est restée discrète. C'est qui ?
-Karine Levasseur.
Facile à rattraper, merci le bracelet électronique.
-Merci, Sophie. -Mm.
-Karine Levasseur.
-Oui...
-Tu t'en occupes ou tu vas envoyer ta mère ?
Hein ?
-Ouais, j'y suis, là.
-Mais Karine est partie y a 1 h !
-Erwan, t'es sûr de toi ?
Le logiciel aussi ?
OK, je te rappelle.
Lequel est le casier de Karine ?
-Perquisition ?
-Servez-moi donc de témoin. Côté procédure, on sera nickel.
Elle soupire.
-Le 21.
-Merci.
...
-C'est un brouilleur d'ondes.
Je l'ai fabriqué pour un système d'alarme.
Mon bracelet fonctionne sur la même fréquence.
-Et vous avez pu l'enlever
sans déclencher l'alerte.
-C'est la 1re fois.
Mon spécialiste de la fertilité est en dehors de la zone.
-Une future maman qui se dope ?
-J'ai jamais rien pris ! -L'AFLD a un autre avis.
-Quelqu'un a pu diluer les gélules
*dans une boisson. On a déposé
*un recours. *-Sans nous le dire ?
-Ma cliente n'est encore accusée de rien
officiellement. -Si,
de meurtre.
En ôtant son bracelet,
elle a fait sauter son alibi. Et elle a un mobile.
Vous avez pu croire que c'était Lucie qui vous droguait.
-Non ! Quand je lui ai raconté, elle est devenue folle de rage !
-Le dopage, le mensonge, elle a grandi avec.
Elle ne vous a pas crue.
-Si, elle était folle de rage parce qu'elle m'a crue.
Elle m'avait promis de m'aider
à prouver mon innocence.
*Elle sort.
-Donc Lucie Vidal a cru son amie Karine Levasseur.
Mais cette histoire de dopage lui a rappelé celle de son père.
-Et elle s'est dit
qu'il avait aussi été drogué à son insu.
-Elle a pu trouver la preuve de l'innocence de son père
dans les souvenirs conservés à la maison des salins.
-On l'a passée au peigne fin. -Sans savoir ce que vous cherchiez.
Retournes-y avec la bonne personne.
-Il faudrait réinterroger l'ami de la famille.
-Qui, Munoz ? -Mm.
-Pourquoi ? Il a un alibi en béton.
-Pour le meurtre, pas pour le dopage y a 8 jours.
Sa boîte avait beaucoup à perdre.
Et Karine et Lucie...
La charnière.
-La charnière.
-Alors, d'abord,
Lucie est ma maîtresse, puis je drogue les filles.
-Et si Lucie avait découvert
que vous aviez fait pareil à son père ?
-A mon meilleur ami ?
-A cause de la charnière, M. Munoz.
-Pardon ?
-Vous étiez demi d'ouverture, Alain Vidal demi de mêlée.
Sans Vidal, vous pouviez perdre votre place nationale.
-Ecoutez...
Alain arrivait pas à remonter depuis sa blessure.
Je lui ai juste donné un petit coup de pouce.
Ca devait pas finir comme ça.
-Et c'est pour ça que Lucie a refusé sa sélection
en équipe de France ?
Elle avait découvert la vérité et voulait se venger.
-J'ai un retour sur les flacons de DHEA.
-Achat en ligne ?
-Mieux que ça :
ils viennent du stock de l'hôpital de Montpellier.
-Fonce à l'hôpital pour trouver qui les a piqués.
-Ah, l'hôpital ! Pardon.
Attends...
Tu vas voir.
Ca va te donner du courage.
Allez !
-Merci.
...
-Lucie avait tout gardé ?
-Elle a jamais cessé d'admirer son père.
Elle a fini par lui pardonner.
-Pourquoi elle m'a rien dit ?
-Je pense qu'elle comptait le faire.
Elle attendait d'abord
de prouver qu'Alain Vidal avait été dopé
sans le savoir.
Il se remettait d'une blessure. Tout le monde l'a cru coupable.
-Je sais pas...
Elle pleure. On se dit
qu'un sportif professionnel
est prêt à tout pour revenir au top.
-Ouais.
-Même moi, j'ai douté.
-Oui, mais... Ne vous reprochez rien.
Est-ce que, parmi tous ces souvenirs,
y a quelque chose qui vous paraît étrange ?
-Comment ça ?
-Justement, je sais pas.
J'ai besoin de votre aide.
-Peut-être cette photo, là.
Elle était chez moi.
Elle a rien à faire ici.
-Nous devions gagner ce championnat et Karine n'était pas en forme.
-Vous ne pouviez pas la remplacer au lieu de la droguer à son insu ?
-C'est ce que je voulais, mais Lucie a refusé.
Elle défendait son binôme bec et ongles.
-L'histoire d'Alain Vidal n'a pas suffi ?
Vous avez risqué la vie de Karine pour éviter la faillite ?
-Vous comprenez pas.
Toute une région attend de moi des résultats.
J'ai pas le droit à l'erreur.
Mais dites-moi, M. Munoz,
votre soeur Stéphanie
travaille bien à l'hôpital ?
-20 beaux garçons !
Tu me cherches un amant ?
-Non... Non.
-Je blague. -Oui, j'ai du mal...
C'est l'équipe
de Montpellier y a 15 ans. -D'accord. Et ?
-Et...
Je t'aide.
Alain Vidal, Michel Munoz, et leur soigneuse, Stéphanie.
-Soler va l'interroger.
-Sérieux ? -Ouais.
C'est Stéphanie
qui a volé la DHEA
à l'hôpital.
Marchal-Soler, 1 à 1, la balle au centre.
-On n'a aucune preuve.
-Pas de preuve directe. Et ça, c'est qu'un indice de plus.
-Comment Lucie a récupéré les produits piqués à l'hôpital ?
-Ils étaient peut-être à l'infirmerie du stade.
-Non, elle est commune à tous les soigneurs.
Ces produits,
tu les gardes sous clé, bien planqués.
Sophie ?
Tu peux vérifier un truc dans le GPS de notre victime ?
-Mm.
-Y a 3 jours, Lucie était garée devant chez Stéphanie Munoz,
aux alentours de 22 h.
-Une urgence ?
-Non, j'ai vérifié.
Stéphanie était en train de travailler à l'hôpital.
Vous voulez connaître mon hypothèse ?
Lucie savait que Stéphanie Munoz était absente.
Elle en a profité pour entrer chez elle.
Mais elle s'est aperçue
qu'il y avait un système de surveillance.
Alors elle a contacté quelqu'un qui s'y connaît très bien
pour faire taire les alarmes.
Tu avais utilisé ton brouilleur avant hier, non ?
-Lucie a dit qu'elle pouvait prouver mon innocence.
J'ai enlevé mon bracelet et je l'ai rejointe.
-Pourquoi tu m'as rien dit ?
-Te dire quoi ?
Que j'ai fait sauter une alarme pour un cambriolage ?
Oui,
je veux qu'on arrête le meurtrier de Lucie.
Mais je veux pas retourner en taule.
-Mon frère ne m'a jamais forcée à le faire.
Seulement, le rugby, il n'a que ça.
Si sa boîte coule,
Dieu sait comment ça pourrait finir.
-Comme pour Alain Vidal.
-Je suis médecin.
Je n'ai jamais risqué la vie de personne,
surtout pas celle de Karine.
J'ai fait les dosages avec précaution.
-Ces explications n'ont pas dû convaincre Lucie.
Elle allait vous dénoncer, il fallait la faire taire.
-J'étais prête à tomber pour mon frère.
A tout avouer.
Mais non...
C'est à Michel qu'elle en voulait.
Je pouvais pas la laisser faire.
Vous ne réalisez pas la pression
que mon frère a sur les épaules.
L'opprobre,
la honte...
Il aurait été rejeté.
J'ai vu ce qui est arrivé à Alain.
-Et 15 ans plus tard,
vous tuez sa fille pour arranger les choses.
-Elle était comme folle.
Je me suis juste défendue.
Quand je me suis relevée,
elle ne bougeait plus.
J'ai paniqué. J'ai caché le corps sans réfléchir.
Elle avait cette expression sur le visage...
Elle pleure.
...
...
Conversations, rires.
...
-Dans combien de temps vont-ils finir ensemble ?
-De qui vous parlez ?
-Ben... Erwan et Camille.
-Oh non !
-Si, c'est évident.
Elle, elle sait pas encore
qu'elle l'aime...
-Je pense pas pouvoir gérer un couple à la brigade.
-Ils sont mignons.
...
Sous-titrage MFP.
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