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Zulu
...
Martèlement régulier.
...
...
...
Le martèlement s'accélère.
...
...
-On arrive devant la billetterie, et il y avait plus de billet.
-Et alors ?
-On a filouté.
J'ai repéré des mecs qui poussaient
des caisses, on est allés les aider
à déménager le camion et on est rentrés.
-En backstage ?
-Oui, on a vu le concert de derrière.
C'est David Bowie. Je l'ai vu passer.
Je lui ai fait un petit signe.
Il m'a pas répondu, il m'a pas reconnu.
Trop bien. -Génial.
Tom, tu savais...
-Oui, j'ai entendu.
-Tu ferais jamais ça.
-Ca risque pas.
Je fais que réviser.
-Il a quoi ?
-L'adolescence.
Sonnerie de portable.
...
-Oui, Camille.
-Bonjour Stéphane.
Bonjour. -Commandant.
-On a pu identifier le corps ?
-Non, mais ça va pas être simple.
-Effectivement.
Bonjour.
Ca a été ravagé par les flammes.
Pas d'indice exploitable ?
-L'incendie a pris dans la nuit, on sait pas comment.
-Mais si, Camille, c'est criminel.
Regardez là.
Par terre.
Quelqu'un a jeté de l'essence.
Marchal est là ?
-Il est à la cathédrale.
Il a parlé aussi
de crime. -Intuition.
-Evidemment.
-On dirait une mise en scène.
C'est encore chaud.
-C'est quoi ?
-Jupe, robe...
-C'est un homme.
Martèlements.
...
-C'est interdit au public.
-J'ai un sésame.
Capitaine Marchal.
Vous faites quoi ?
-On rénove la cathédrale, ça fait déjà six mois.
On finit dans deux.
-Où est le contremaître ?
-Il y en a pas.
-Qui dirige le chantier ? -Ben, nous.
On est des Compagnons du devoir.
Yann, tailleur de pierre.
Je peux vous aider ? -Peut-être.
Un cabanon a brûlé sur la presqu'île.
On a trouvé un corps.
L'un de vous ?
-Non, le soir, on rentre à la Cayenne.
-C'est le bagne ?
-Non, la maison des Compagnons.
Le cabanon près de l'étang ?
-Oui. Vous connaissez ?
-On y a fait la fête
après la cérémonie. -La cérémonie ?
-D'adoption des nouveaux.
Après, on est allés à l'étang.
-Vous reconnaissez ceci ?
-C'est à Guillaume.
-Ttt ! Avec les yeux.
-C'était où ?
-Sur le mort.
-A plus tard.
Vous osez subtiliser un indice ?
-Non, puisque je le rapporte.
Et j'ai agi selon la procédure.
J'avais des gants,
et j'ai mis sous scellés.
-En polluant une scène de crime.
Ca faisait longtemps.
-Mais j'ai le nom du mort :
Guillaume Castel,
intronisé Compagnon hier.
Voilà.
-Quoi d'autre ?
-Il a pris une grosse cuite hier soir pour fêter ça.
-Et il a atterri là.
-Sauf qu'il aurait dû sortir,
réveillé par le feu.
-Sauf à être ivre mort.
-Ou juste mort.
C'est... -Un homicide.
-Guillaume Castel.
Trouvez des infos.
-Pourquoi ça a pas collé entre nous ?
-Commandant Soler.
J'ai appris pour Guillaume.
C'est terrible.
-Commandant Soler. Voici le capitaine Marchal.
-Pardon. Simon Valetta.
-Vous étiez hier à la cérémonie ?
-Oui, je la conduisais.
-Vous allez pouvoir nous expliquer en quoi ça consiste.
-Parce que vous faites pas
de sacrifice humain ?
-Nous formons des jeunes aux métiers traditionnels.
Pour devenir Compagnon, il faut être aspirant,
faire un tour de France et réaliser un travail.
-Castel avait 40 ans.
C'est pas trop vieux ?
-Rien ne l'interdit.
-Pourquoi postuler
aussi tard ? -Il fallait lui demander.
-Vous avez de l'humour.
-Toute décision est prise
collégialement.
-Vous brûlez les tuniques des aspirants, c'est ça ?
-De ceux qui ont été refusés.
-Vous ne savez pas grand-chose
sur Castel.
-Avec Guillaume, nos rapports
étaient compliqués. -Comment ?
-Il contestait l'autorité.
-La vôtre surtout ?
-Je comprends pas sa bascule.
Castel devient Compagnon
dès son retour en France.
En général, tu rentres pour une femme, de la famille.
Hein ?
Marchal !
-L'emblème des Compagnons est le même que les francs-maçons :
le compas et l'équerre.
Le roi Salomon serait un fondateur.
-Et d'où ça sort ?
-Ce petit livre, chiné.
-"Rites et coutumes
"des Compagnons du devoir".
-Ils se voient comme les héritiers des bâtisseurs des cathédrales.
-Il faut être modeste.
-Justement, leur art repose sur l'humilité.
Individuellement, ils sont rien,
et collectivement, ils font de belles choses.
-Dit celui
qui bosse perso.
Ils se croient encore au Moyen Age.
-Mais t'as pas...
Tu comprends rien à la noblesse des Compagnons.
Affligeant !
-Rien noté pendant ou après ?
-Non.
Sauf peut-être une aspirante, Zoé, qui a mal supporté
d'être recalée.
-Puisque M. Valetta semble avoir des problèmes avec les femmes,
demandez-lui de préciser.
-Elle nous a menacés.
J'ai pas pris ça au sérieux, mais maintenant...
-Menacés ?
-Vous ne savez pas ce qu'est l'adoption pour un aspirant.
La seule raison de vivre
pour certains.
-Pour le commandant.
-De la part ?
-Donne-le.
Je lui donnerai après.
-Il y a un mot ? -J'en vois pas.
-C'est pas son anniversaire.
-On peut rien recevoir en dehors ?
Bonjour, le romantisme !
Zoé a rejoint les Compagnons après son bac.
Il y a deux ans.
-Elle a dû enrager.
-Et a décidé de se venger en mettant le feu au cabanon.
-Absurde !
Il était pas à eux.
Elle aurait brûlé
la Cayenne.
-Castel a été reçu...
-Le coupable le savait dedans, c'est un meurtre.
-Mais t'as de quoi
argumenter ?
-On a jeté de l'essence.
Personne se balade avec un bidon d'essence au bord d'un étang.
-Arrêtons les hypothèses.
Allez chercher Zoé.
Et vous, chez les Compagnons.
Un bouquet ?
-Je vous explique.
Il y a un mot avec, Marchal le sait pas.
Il est beau.
-Euh oui, très beau.
-Ca veut dire :
"Vous me plaisez."
-D'accord.
Vous connaissez aussi
la psychologie
horticole !
-Zoé Lacazette ? -Oui.
-Suivez-nous.
-Je travaille.
-Nous aussi. -Un souci ?
-On l'emmène pour des vérifications.
Suivez-nous.
-Ca va, maman.
J'ai traîné dans des cafés, pour oublier qu'on m'avait jetée.
-Vous direz quels cafés.
-Si vous voulez.
Qu'y a-t-il ?
-Un incendie a eu lieu à Maguelone, avec un mort, Guillaume Castel.
-Guillaume ?
C'est pas possible.
-Hélas, si.
Le prévôt dit que vous les avez menacés.
-J'étais humiliée.
J'allais pas dire merci.
C'est pas moi, j'ai tué personne.
-Humiliée ?
-Valetta peut pas me saquer.
-Et Guillaume Castel ?
-Au début, ça allait, il m'apprenait plein de trucs.
Il m'avait défendue.
-Contre qui ?
-Valetta veut pas de femme Compagnon.
Guillaume était pour.
-Vous vous entendiez bien
juste au début ?
-Ensuite, il a changé, il est devenu plus distant.
Puis il m'a dit que
j'étais pas faite pour ça.
Personne voulait de moi.
-La victime était morte au moment de l'incendie.
-Poumons vides de fumée. -Et de gaz enflammés.
J'ai aussi analysé des cellules du foie.
Et il avait 2,5g d'alcool dans le sang, dose non fatale.
-Cause du décès ?
-Le pentobarbital.
-Le quoi ?
Désolée, je connais pas.
-Un barbiturique qui sert à euthanasier les animaux.
On le trouve facilement
sur Internet.
-Un produit véto. -Oui.
Le feu, c'est après.
-Merci. -Gardez-le.
-C'est gentil, merci.
...
-Je suis intendante.
-Comment je dois vous appeler :
Mme Guibodeau, Isabelle, la Mère ?
-Vous avez révisé ! -Oui.
-"Mme Guibodeau".
"La Mère", ça fait lapins. -Lapins ?
-Ce sont les novices.
-Et Guillaume Castel vous appelait comment ?
-"Isabelle".
Je l'aimais bien, comme tout le monde.
-Il fréquentait qui ?
-Yann, tailleur aussi.
-Yann Flocoeur.
La déco, c'est pas fou.
Il aimait bourlinguer.
-Il a beaucoup voyagé.
En Afrique surtout,
et aux Philippines.
Il avait bâti une école.
Un type bien.
-Pourquoi devenir compagnon à 40 ans ?
Vous le savez ?
-Après une crise,
il devait se retrouver.
-Quel genre de crise ?
-Il disait avoir perdu beaucoup de temps.
Il voulait laisser une trace.
D'où la sculpture.
-Il aimait les nourritures
terrestres ? -Pardon ?
-Il avait une copine ?
-C'était sa vie privée.
-Ah...
J'ai trouvé la muse de notre Michel-Ange.
-Vous connaissez ces photos ?
-Pas du tout.
Prises en douce.
-Qu'y avait-il
entre vous ?
-Il a voulu coucher ?
-Non, il était pas comme ça.
-Alors, pourquoi avait-il ces photos ?
-Vous n'avez jamais senti
son obsession ?
-Il photographiait peut-être d'autres filles. Cherchez.
-On a cherché, c'est notre job.
Il n'y a que vous. Et il y a des études au fusain.
-Je comprends rien.
Avec moi,
il se comportait bien. Je l'ai pas tué.
-Qu'y a-t-il ?
-Récemment, le prévôt l'a engueulé super fort.
-M. Valetta ?
-A quel sujet ?
-Je sais pas.
S'il a vu ça, il a dû croire à une liaison.
Il veut pas de ça à la Cayenne.
-Guillaume a dit quoi ? -Je sais pas.
Tous les deux adoraient se chercher.
-Je trouve ça joli.
Mais vraiment.
Castel a pu flasher sur Zoé.
-C'est un flash artistique.
Elle l'inspirait, il la dessinait, la photographiait.
-C'est si étrange ?
-Non, non. Certains préfèrent les fleurs.
Ils en offrent, parfois même en glissant un mot.
Voilà.
Castel aimait les jeunes.
-Surtout Zoé, hein.
Mais alors, pourquoi s'éloigner soudain d'elle ?
-Il a peut-être senti que c'était une cause perdue.
Un fantasme.
-Sans lui en parler ?
Valetta dit que Castel avait un franc-parler.
-Contre l'ordre.
-Ca me rappelle quelqu'un. -Non. Je le savais.
J'aime l'ordre. -Ah oui ?
Où est ma clé que je te demande tous les jours ?
-Je me vois bien en prévôt et toi en Mère.
-Quelle mère ?
-C'est celle qui s'occupe de l'intendance des Compagnons.
C'est une direction bicéphale.
Un peu comme nous.
-Non, je commande et tu désobéis, c'est différent.
-Ah oui. Oui.
Pourquoi se bouffaient-ils le nez ?
-T'es encore là ?
-Ben je...
OK. Je pensais qu'on parlait.
Pour une fois qu'on avait le temps.
-C'était mon ami.
C'est vrai.
-Que pensez-vous de Valetta ?
-Il voit le travail, pas la philosophie.
-Quelle philosophie ?
-"Ni s'asservir ni se servir, mais servir."
C'est no... leur devise.
-Respect, échange.
Sans ça, tout cela n'est qu'un tas de pierres.
-Castel y adhérait ?
-Oui, son chef-d'oeuvre
l'aurait prouvé. -Le travail à rendre
avant l'adoption.
-Non, un défi :
la statue de Castel ou du prévôt décorerait une chapelle.
-On peut la voir ?
-Personne ne devait la voir avant la semaine prochaine.
-Que s'est-il passé ?
-Vandalisme.
Mauvais joueur, le prévôt.
-J'en sais rien. Il pouvait pas
perdre la face.
-Perdre un défi, il y a pire.
-Pas pour nous.
On devait tous voter à main levée, et s'il perdait, il était destitué.
C'est la règle.
-Oh là là !
Belle pièce à conviction.
-Un peu encombrante !
-Bon, Zoé a pas tué Castel.
Elle dansait dans un bar.
4 personnes l'ont vue.
-Tout le monde semble dire que Valetta aime le pouvoir.
Une destitution l'aurait humilié.
-Le prévôt a fait l'objet de plaintes d'anciens Compagnons.
-Quel genre de plaintes ?
-Brimades, violences.
Et certains
ont même abandonné.
-Ah oui ?
-Donc, Valetta est violent et en mauvais termes avec Castel.
-Oui...
Et la statue vandalisée
a pu tout déclencher.
Castel menace de tout dire, Valetta le tue.
Tu t'occupes de lui ?
-Toi qui aimes les machos, viens, il va te plaire.
-C'est ridicule. -Pas tant que ça.
Il découvre sa statue
saccagée...
-Menace de parler.
-Vous avez du culot.
J'ai pas détruit cette statue.
Il m'inquiétait pas.
J'allais le battre.
-Ah oui ?
Et pourquoi ?
-Il était malade.
-Ah ben tiens !
Et d'où vous sortez cette info ?
C'est nouveau.
-Il le cachait.
En l'observant, j'ai bien vu que ses doigts tremblaient.
-Qu'avait-il ? -Aucune idée.
Mais un sculpteur a besoin de ses mains.
J'ai voulu m'effacer.
-En renonçant au concours ?
-Je le lui ai proposé. Même si ça semblait
important pour lui.
Il a refusé.
-Par dignité.
-Tout ce qu'il voulait, c'était sculpter.
-Après la cérémonie,
vous étiez où ? -Avec moi.
Toute la nuit.
Elle frappe. -Oui.
Deux visites en moins de 24h, quelle chance !
-Attention, je peux ruiner votre soirée.
En autopsiant Castel,
vous n'avez rien noté d'étrange ?
Des traces d'arthrose ?
-Non, aucune déformation osseuse.
-Il était malade, mais j'ignore ce qu'il avait.
-Là, ça va être compliqué, les tissus sont très endommagés.
Oui, OK...
Je peux essayer.
Après tout,
j'ai pas de vie !
-Merci. Je vous avais prévenu,
en même temps.
Bonsoir. Enfin, bon courage.
-Egalement.
-On plie bagage ?
-Il faut bien. -Salut.
-Salut.
J'ai pas le droit de rester. -Ah oui.
-Que voulez-vous ?
-Rien de spécial, je fouine.
C'est ma spécialité.
Et obtenir des infos
sur Isabelle Guibodeau.
Elle et Valetta,
vous saviez ?
-Le prévôt ? -Oui.
-La blague !
-Ca vous étonne qu'elle ait eu une aventure ?
-Pas avec Guillaume.
-Elle avait une liaison avec Castel ?
Il fallait le dire.
-C'était il y a longtemps.
-Et récemment ?
-Vu la tête que tirait la Mère, il avait dû la plaquer.
-OK, merci.
Bonne chance.
-Merci.
-Pff...
C'est pas possible.
-Quoi ? C'est encore ton jules ?
-Non, il est à Cuba, ça risque pas.
-Cuba ? Ca doit être sympa.
-Et il s'appelle David, pas Jules.
-La Havane, les mojitos, les danseuses de rumba...
C'est chouette.
-En deux jours, à part le papier peint de sa chambre,
il va rien voir.
-Mais il est steward, il partira souvent et loin.
-Je sais. On va donc officialiser.
En couple, ils tournent moins.
-T'es sérieuse ?
Vous êtes ensemble depuis 6 mois.
Tu t'emballes, là.
-A un moment,
il faut se lancer.
-Euh, il y a un nouveau mort ?
-Non.
J'y vais, moi. -Salut.
Qu'est-ce...
-Je trouve rien sur la Mère.
Même pas un PV. -Hmm !
-Rien sur Isabelle Guibodeau.
-Attends...
Elle a touché cette statuette pendant que Marchal l'interrogeait.
Envoie pour empreintes.
-OK.
Elle gratte quelques accords.
...
Tapement du ballon.
...
... Accords en rythme.
... ...
-C'est quoi, ça ?
...
-Tom, attends papa !
-C'est quoi ?
-Tu sais pas ?
-Non. Toi, si ?
-Hmm, papa me l'a dit
quand il est passé.
Ca date de l'été avant qu'il rencontre maman.
Il avait un pote voiturier à Cannes.
Un soir, ils ont emprunté une Ford Mustang pour frimer.
-Volée plutôt. Ca craint.
-A ça près, notre père était guitariste mi-hippie mi-délinquant.
-Coucou. -Coucou, papa.
-Qui a fait ça ?
-Nous. -C'est mignon.
-Je dois te parler. -Je t'écoute.
-Alors... Sonnerie.
... -Oh...
Je dois décrocher.
...
Oui, Sophie.
-La statuette porte les empreintes de Guibodeau.
*Mais il y a un souci.
Elle s'appelle Salmon et est recherchée pour meurtre.
...
-En 2015, vous avez tué votre mari.
-C'est une manie,
de tuer vos amants ?
-Pourquoi tuer Castel ?
Vous étiez jalouse de Zoé ?
*Il va falloir parler.
-Oui, Léa.
J'ai passé la nuit sur Castel.
Compliqué vu son état.
Il avait une sclérose latérale amyotrophique.
-Et en français ?
-Il souffrait d'une maladie neurodégénérative, type Charcot.
-Il allait finir paralysé.
-Avant de mourir par asphyxie générale.
-J'ai lu le dossier d'Isabelle Salmon.
Elle a tué son mari qui la battait depuis dix ans.
-Si c'est pas elle, pourquoi elle se tait ?
-Elle a essayé de se sortir de tout ça.
-Par un crime.
-Elle s'est sortie de cette spirale de violence, voilà l'essentiel.
-Quel rapport elle a aux hommes ?
-Compliqué, j'imagine.
Elle doit être méfiante. -Exact.
Elle s'amourache de Castel.
Il est gentil, attentionné, lui redonne confiance,
et soudain, il rompt.
-Réveillant l'image de l'homme bourreau.
S'il lui a caché
sa maladie... -Elle s'emporte et le tue.
-Mais il y a un truc qui cloche.
On t'annonce
que t'es condamné, tu fais quoi ?
-Je vais vers mes proches pour sauver ce qui peut l'être.
-Lui reste à la Cayenne
et repousse celle qui l'aime.
-Oui. -Je sais comment
la faire parler.
-Il faut pas traîner maintenant.
-M. Valetta ?
-Quoi encore ?
J'ai un alibi. -D'une meurtrière.
Elle a dû tuer Castel. Votre alibi est le sien.
Vous devenez son complice.
Vous connaissiez
son passé ? -Oui.
Je lui ai donné
une 2de chance.
Elle a simplement tué son bourreau.
Ici, elle a recommencé sa vie.
-Et elle vous a couvert.
-Je lui ai rien demandé, elle m'a surpris.
-Vous l'avez pas démentie.
Castel a rompu.
-Il changeait d'avis sans raison.
-Sans raison ?
-Il a longtemps insisté pour que j'intègre des femmes.
Et puis il s'est rangé à mon avis sur Zoé, qui était sa préférée.
-Valetta a parlé.
Inutile de le couvrir.
Racontez-moi
Castel et vous.
-Il a rompu comme ça.
Il m'a juste dit que c'était fini.
Il m'avait ramenée à la vie.
C'est comme si on m'avait coupé l'oxygène.
Mais je l'ai pas tué, ni défiguré sa statue.
-Vous avez cru être trompée ?
-Bien sûr, oui.
-Qu'avez-vous fait ?
Vous l'avez espionné ?
-Je l'ai suivi.
Et j'ai vu cette femme.
Ils avaient l'air de bien se connaître.
-Où se sont-ils vus ?
-Au bar de Zoé.
-Que voulez-vous
encore à Zoé ? -Je viens pour vous.
-Que puis-je faire ?
-Me parler de votre ancien ami d'école.
Merci Internet.
Ca fait plus de 20 ans,
Guillaume Castel.
Allez...
-T'inquiète pas.
-Du nouveau ?
-Hmm...
On a brisé le visage.
-Oui, on voit que ça.
-Celui qui a fait ça
l'a reconnue. -Psychologue !
-Cette statue
représentait Zoé.
-En découvrant ma grossesse, il s'est volatilisé.
On avait 18 ans.
Il rêvait de voyager, et rester à Aix
était trop dur pour lui.
-Vous l'avez revu ?
-Il y a quelques mois.
-Que voulait-il ?
-Voir sa fille.
Il s'en voulait
d'être parti.
Classique.
Je m'en fichais.
Il avait choisi.
-M. Lacazette savait
que Castel était le père de Zoé ?
-Oui, on se cache rien.
Son retour le perturbait. Il avait peur qu'il prenne Zoé.
Surtout que c'est tendu entre eux. -Pourquoi ?
-Zoé est passionnée de sculpture.
Après le bac, elle voulait étudier à Florence.
Mais on pouvait pas lui payer.
Avec les dettes qu'on avait, c'était pas possible.
Alors, elle a voulu rentrer
chez les Compagnons.
-Votre mari savait que Castel était sculpteur ?
-Bien sûr.
Ce lui donnait l'impression que Zoé était plus proche de Guillaume.
Il le vivait mal.
-Mal comment ?
Au point de saccager une statue,
par exemple ?
Que faisait votre mari le soir du meurtre ?
-Je n'en sais rien.
Il est sorti de nuit, et est rentré au petit matin.
-Camille, Castel avait souscrit une assurance-vie, devine pour qui.
-Bernard Lacazette.
-M. Lacazette.
-Ca va pas !
-Suivez-nous.
-Vous saviez pour l'assurance-vie ?
-Comment je l'aurais su ?
-Vous en êtes le bénéficiaire.
Félicitations.
75 000 euros !
C'est toujours bon à prendre.
-Enfin, j'ai pas tué Castel.
-Vous le détestiez
assez pour briser sa statue.
-Représentant Zoé.
Qui est sa fille.
-C'est ma fille !
Je l'ai élevée ! -Très bien.
Vous avez disjoncté, comme là ?
-Ca m'a rendu fou. -Et Castel
a réagi comment ?
-Mal.
On s'est expliqués.
Ca va vous paraître bizarre.
Il m'a remercié d'avoir élevé Zoé.
Il m'a offert de l'argent.
-Bizarre, en effet.
-C'est la vérité.
Il trouvait Zoé trop fragile et trop talentueuse
pour être Compagnon.
Il voulait trouver de l'argent
pour qu'elle étudie la sculpture en Italie.
-Il a tenu parole, en échange de sa vie.
-Pourquoi il m'a rien dit ?
-Pour te préserver.
-D'où son intérêt pour moi.
Il m'écoutait, me donnait des conseils.
-Pour rattraper
le temps perdu.
-Vous le saviez
malade ?
-Il faut le dire.
-Non.
Mais il a fait un malaise.
Je l'ai trouvé dans sa chambre, allongé par terre.
-Qu'avez-vous fait ? -Rien.
Yann est arrivé.
-Yann Flocoeur ? -Oui.
Il a pris le relais.
Et ils m'ont demandé de les laisser seuls.
-Et ensuite ?
-Ils ont parlé.
Puis Yann m'a demandé de rien dire à personne.
-Alors ?
-Je cherche où sont
les outils de Castel.
Les Compagnons les gardent
avec eux.
Et ils ont disparu.
-On a fouillé
la remise ? -La remise ?
-Celle à côté de la cathédrale.
-Viens là-bas avec moi.
Ca te sortirait d'ici.
-Proposition
indécente ?
Je te taquine.
-Ah... mais je savais.
Castel aura voulu léguer ses outils à Zoé.
-Hmm...
Tu ferais ça
pour ta fille ?
-Bien sûr, pour lui offrir quelque chose
de personnel.
Un bijou, c'est bien.
Elle penserait à moi.
-Et une guitare ?
-Je vois que Léa a parlé.
Rien dans son casier.
-Et on n'a pas le droit de fouiller les autres.
-Fais gaffe ! -Putain.
Méthode Marchal.
D'autres casiers
pourraient s'ouvrir par hasard.
-Dis, puisqu'on est dans les confidences...
Le bouquet, c'était qui ?
-Je te le dirai pas.
Mais ça te ferait du bien d'avoir quelqu'un à qui offrir des fleurs.
Pas Soler, évidemment.
-Ah... j'ai trouvé.
-A qui est ce casier
qui était ouvert ? Flocoeur.
-Oui...
-On a fait fausse route. Castel s'est suicidé.
-Se sentant condamné, il a quitté Isabelle.
Je le comprends.
Il avait pas envie de finir paralysé.
-En cas de suicide,
l'assurance était caduque.
Donc, il a camouflé son suicide en incendie.
-Qui a mis
le feu ?
-La personne
qui l'a aidé lors du malaise.
-Yann Flocoeur.
Le seul en qui
il avait confiance.
-Il avait intérêt.
Pour faire ça,
il faut être motivé.
-Ou alors...
Ou alors...
Un serment.
-Je rêve, c'est...
-Il traînait sur ton bureau.
Je te croyais ordonné.
Il est écrit ici que les nouveaux adoptés
prêtent serment
et se jurent aide jusque dans la...
-La mort. -Mort.
Ma clé. -Pardon ?
-Ma clé. Ma clé !
-Oui, je...
-Pas de bras pas de chocolat.
Bonjour.
-Vous vous plaisez ici.
-Dans une autre vie.
-Le capitaine aime trop la loi pour se plier au serment
des Compagnons.
-Vous avez mis le feu.
-Castel était un Compagnon.
Il a demandé votre aide.
-Je devais l'aider.
Toute cette souffrance pour rien.
Le corps qui se dégrade.
Puis la tête qui lâche.
-Guillaume voulait pas.
-Je devais l'aider
à cause du serment.
Un Compagnon,
c''est un frère.
Je devais.
-Vous ne pensez pas que cet incendie est accidentel ?
-On aurait foncé tête baissée
sur une fausse piste ?
-Pour que Zoé réalise son rêve, il nous faut classer l'affaire.
-Et pour Guibodeau ?
-Je parlerai au procureur.
J'invoquerai des circonstances atténuantes, on verra bien.
-Une entorse au règlement ?
-Quelqu'un aurait-il une mauvaise influence sur moi ?
-Hou !
-Rage of a bull.
Standing alone.
Hush, hush ! She's beautiful.
She goes.
Hush, hush !
She's beautiful when she moves.
...
Hush, hush !
She's beautiful. She goes.
Hush, hush !
She's beautiful when she moves.
...
-Tu fais quoi ? -Je viens te dire au revoir.
-Au revoir ? -Ben oui.
-Euh... Alice adore ses cours de guitare.
C'est une super idée.
-Merci.
-J'espère que Thomas
sera pas jaloux. -Non.
-Je le trouve bizarre.
Tu te souviens...
Il voulait chanter du rock.
-Je me souviens, il a massacré les Floyd, les Stones.
-Enfin, il avait 9 ans.
-Oui.
-Si on lui proposait des cours ?
-De ?
-Guitare ou autre chose.
-Il est grand, il peut demander.
-J'en suis pas si sûre.
-Je le connais. -Non.
Commandant Soler. *-Navré.
Votre fils a fait un excès de vitesse dans un véhicule volé.
-Euh... j'arrive.
J'arrive.
J'arrive. -Qu'y a-t-il ?
-Thomas a volé une voiture. Thomas a volé une voiture.
Je te l'ai dit que je le trouvais bizarre.
Et moi, je fais la belle.
-Attends, je suis là.
Je suis là.
-OK... On y va. -Oui.
GWTG : "Follow me".
-Leave no one behind.
...
Follow the fire inside you.
...
Oh, follow...
Follow me.
You gotta follow...
Follow me. You gotta move.
Sous-titrage MFP.
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