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Original subtitles

...

-Lâchez-moi !

Halètements.

Cris.

...

...

-Pourquoi j'ai pas fait ça avant de partir de Lyon ? Paul.

Paul. -C'est quoi, ce bazar ?

-Je fais un grand ménage de printemps.

-On est en été.

-Comme dirait ta grand-mère : "Il n'y a plus de saisons."

-Tu la refais bien. -Mon Dieu, que c'est laid.

-C'est une photo de papa et toi. -Là, j'étais enceinte de toi.

-Vous êtes trop beaux. -Ton père a une drôle de tête.

-Tu ne vas pas les jeter ?

-Le principe du tri, c'est de jeter les vieilles choses.

-Ce n'est pas des vieilles choses. C'est des souvenirs.

-C'est bien que tu parles des souvenirs. Comment te dire...

On m'a parlé d'un psy spécialisé dans les troubles du sommeil.

On pourrait prendre rendez-vous.

-Je n'en ai pas envie.

-Papa m'a dit que tu avais du mal à t'endormir depuis la prise d'otage.

-J'en ai parlé à papa car tu exagères toujours.

-Je n'exagère pas. C'est peut-être la solution.

-Maman, je t'aime, mais tu veux toujours tout régler rapidement.

Et des fois... -"Parfois". Pas "des fois".

-Parfois, ce n'est pas aussi simple. Commence par penser à toi.

Tu n'écoutes pas quand on te parle. Tu regardes la télé en pleine nuit.

-Je vais très bien, Alice. Je vais très bien.

-C'est peut-être toi qui as besoin d'un psy.

Téléphone.

...

-Oui, Erwan ?

Très bien, j'arrive.

Euh... Alice, je... -Ouais. C'est bon.

-Bonjour, Camille. -Bonjour, commandant.

-C'est par où ? -A l'arrière.

-Merci.

Bonjour.

Monsieur, bonjour.

-Bonjour, commandant. -Bonjour, Erwan.

-Corinne Godard, 35 ans. Elle était commerciale dans une imprimerie.

Elle louait cette maison et y vivait seule.

-J'imagine que ce n'est pas un suicide vu que nous sommes là.

-Exact. Ses pieds effleuraient le tabouret.

-Alors que les pendus gagnent quelques centimètres post-mortem.

Qui a découvert le corps ? -C'est sa soeur. Eric l'interroge.

-J'ai essayé d'appeler Corinne hier soir, en vain.

Ce matin, je suis venue ici pour vérifier que ça allait.

-Votre soeur avait des tendances suicidaires ?

-Non.

La dépressive dans la famille, ça a toujours été moi.

J'ai fait une tentative de suicide il y a deux ans.

Je me suis ratée, mais...

Corinne était toujours là pour moi.

Que vais-je devenir, maintenant ?

-C'est quoi, ces traces ? On dirait du maquillage

ou de la graisse. -Ses ongles sont cassés.

Elle s'est débattue.

-Vu les indices, on est loin du suicide, effectivement.

-Le capitaine est d'accord.

-Il est là ?

-A l'intérieur. Il s'imprègne des lieux.

...

-La victime a quitté son copain, Bastien Leclerc, il y a trois mois.

-Comment il l'a vécu ?

-Mal. Bastien venait harceler Corinne Godard régulièrement.

-Erwan, occupez-vous de Bastien. Camille, surveillez Marchal.

Il se la joue médium. Je crains le pire.

A plus tard. -A PLUS TARD.

...

-C'est paumé, ce coin-là. -Vous parlez aux esprits ?

Je blague. Vous avez des pistes ? -Tu sais garder un secret ?

Je vais prendre ça comme un oui.

Corinne Godard n'a pas été tuée dans cette maison.

Tout est rangé, nickel.

-OK. Le GPS vous a indiqué la scène de crime ?

-Je dois vérifier sans être gêné. -Sans avoir Soler sur le dos.

-C'est violent dit ainsi, mais c'est l'idée.

-Je vous couvre. Je dirai que vous interrogez les voisins.

-Super. Demande à la scientifique d'inspecter la voiture.

-Le meurtrier l'aurait utilisée ? -Camille !

Je ne vais pas non plus tout te dire.

-Corinne est morte ?

-Ses voisins nous ont parlé de vos visites. Ca n'était pas romantique.

-Vous insinuez que je l'ai tuée ?

-Non, je relève des indices. Et là, vous harceliez la victime.

-Ca ne vous est jamais arrivé par amour ?

-Jamais.

-Ca n'a pas toujours été tendu entre nous.

Pendant deux ans, on s'est aimés.

-Qu'est-ce qui a mal tourné ? -Le boulot.

Cette boîte a pourri notre relation.

-Vous travaillez chez Sud impress ?

-J'étais aussi commercial. Mais avec le numérique, les imprimeries

ferment.

-Et vous avez été licencié. -Il y a 6 mois. Depuis, je galère.

-Et votre ex travaillait encore là-bas.

-Corinne bossait comme une dingue pour une boîte

qui se foutait d'elle. Corinne ne récoltait que du stress.

-Vous espériez quoi ?

Qu'elle démissionne ?

-Je me suis comporté comme un con avec elle.

J'ai tout gâché.

Tout ce que je voulais, c'était que Corinne me donne une autre chance.

Pourquoi je l'aurais tuée ?

Elle tousse.

-Bonjour, Julie. Alors, le stage de Franck, ça se passe comment ?

-Ca se passe bien. Il m'a dit de traiter vos affaires en priorité.

-Je vous écoute.

-Des pétéchies confirment la mort par strangulation.

-Mais pas par pendaison ? -J'y viens.

J'ai inspecté l'os hyoïde. Il était fracturé de façon nette.

-Et l'heure de la mort ?

-Hier, vers 17h. Elle a été pendue peu de temps après.

-C'est de la graisse ?

Du maquillage ? -Les deux. Ca provient

d'un stick de camouflage. -Comme celui de l'armée ?

-Pas forcément. Ca se trouve facilement dans le commerce.

-OK. Vous embrasserez Franck. -Au revoir, commandant.

...

-Du nouveau ?

-A l'heure du décès, Bastien était à Uzès.

-A Uzès. C'est à combien de chez la victime, ça ?

80 kilomètres. -Il n'aurait

jamais pu pendre Corinne chez elle. D'après lui, son boulot

la stressait.

-Pourquoi ? -Sud impress

a été racheté l'an dernier par un groupe suédois.

-On rachète des entreprises en difficulté

et on réduit les coûts de production.

-Ils avaient fait ça en Belgique. -On va interroger ses collègues.

Où est Marchal ?

Quelqu'un sait où est Marchal ? -Oui.

Il mène une enquête de voisinage. -Une enquête de voisinage ?

C'est bien. Vous trouverez autre chose, la prochaine fois.

...

-Camille, j'ai besoin d'une équipe scientifique.

Je t'envoie l'adresse par SMS.

Doucement. Doucement.

...

-Qu'est-ce que tu m'as fait, là ? T'as pas vu que ça bavait ?

Pourquoi tu vas si vite ? -Oh là ! Oh là !

J'ai mal entendu, là.

On est en retard, et vous lui dites de prendre son temps ?

Tout le monde, là ! Claude n'a pas compris ce que j'attends de vous.

L'imprimerie, c'est le coeur

de Sud impress. Si vous prenez du retard, toute la chaîne en pâtit.

Et notre réputation. -Mais...

-La réputation de la boîte,

c'est mon boulot de la redresser.

Si vous avez un problème avec les cadences

imposées par Corinne, je trouve un autre contremaître.

Elle est où, Corinne ? -Elle ne viendra pas travailler.

-On l'a retrouvée pendue.

-Attendez, elle s'est suicidée ? -Non, on l'a tuée. Vous êtes ?

-David Vicaire, le manager. Que s'est-il passé exactement ?

-C'est pour le savoir qu'on est là. -Qui connaissait bien Corinne ?

-Euh... Flore, mon assistante.

-Elle est ici ? -Oui. Venez.

-Les gars, on y retourne ! On n'a pas de temps à perdre.

On a des délais à tenir.

-Son visage

ne me dit rien. Elle était peut-être avec les déguisés d'hier.

-Les déguisés ?

-Une entreprise qui se défoule dans les bois, genre Rambo.

Ils ont des caméras sur la tête.

-Des caméras comme ça ? -Ouais.

Vous l'avez trouvée où ? -Là.

Quelqu'un a dû la faire tomber. -En salopant ma cabane au passage.

J'ai cru que c'était eux qui revenaient. Vous m'en voulez ?

-Non, ça va. Mais si vous le ressortez

pour braquer autre chose que des petits lapins, je vous coffre.

-On est d'accord. -Allez, bonne journée.

-Voilà.

Son ordinateur.

-Merci. -Je n'y crois pas.

-Vous travaillez avec Corinne

depuis combien de temps ? -2 ans. J'ai été son assistante.

-Elle avait des ennemis ? -Non. Tout le monde l'aimait.

-D'après son petit ami, ce n'était pourtant pas le paradis.

Une idée ?

-Bastien Leclerc a mal encaissé son licenciement.

Mais la restructuration

se passe bien.

-Vous êtes le patron, c'est ça ?

-Non. Le patron me fait faire le sale boulot.

-Comme virer les gens pour réduire les coûts de production ?

-Ce n'est pas prévu.

-La dernière fois que vous avez vu Corinne Godard, c'était quand ?

-Hier, vers 16h, quand j'ai quitté le séminaire.

-Le séminaire ?

-On en fait un par mois. Karting, escalade, paintball...

C'est important pour la cohésion de l'entreprise.

-C'est Corinne

hier ?

-Oui.

*Putain, qu'est-ce que tu glandes, planqué là ?

*Ton équipe a besoin de toi.

*-Je vais tout donner !

*Je vais tout donner ! *-Go ! On n'est pas des losers !

-On a toutes les caméras ?

-Non, il manque celle de Corinne. Le capitaine l'a peut-être trouvée

près de la cabane. -"C'est évident.

"Mon ex-mari est un enquêteur exceptionnel."

C'est gentil. Merci. Tiens.

C'est la caméra de la victime. -Les enquêtes de voisinage paient.

-Elle est dans un sale état. -Je sais. On te fait confiance.

-La cabane est la scène de crime ? -Oui, mais on n'a rien trouvé.

La voiture de Corinne ? -Rien non plus.

Grâce à vous, on sait que Corinne a été tuée lors du séminaire.

-T'as entendu ? C'est un compliment personnel, "grâce à vous".

Où sont la lumière, les trompettes et les petits anges cul nu ?

Téléphone.

-Oui, j'écoute.

Je lui dis. David Vicaire vient d'arriver.

-OK. Merci.

-C'était marrant, les "culs nus". -Pas mal. Bon, la caméra...

-Voilà la liste des noms.

Tout le monde est parti à 16h.

Ca s'est très bien passé.

-L'ambiance était bonne. Bienvenue dans le monde des Bisounours.

80 % des meurtres sont commis par des proches.

Depuis le rachat de l'entreprise,

il semblerait que la pression des résultats ait créé des conflits

entre les salariés. Corinne avait des problèmes

avec l'un d'entre eux ? -Elle avait des relations tendues

avec notre contremaître,

Claude Mathieu. -Mathieu... Comme Flore Mathieu ?

-C'est son père. Il n'arrivait pas à produire assez vite pour Corinne.

-Ces relations tendues se traduisaient comment ?

-Ils ne se parlaient plus suite à un gros clash après l'accident.

-Quel accident ?

-Un ouvrier a été gravement blessé. Claude a reproché à Corinne

de mettre la pression

sur ses gars.

-Claude Mathieu n'est pas allé au séminaire.

-Non.

Il a eu un empêchement.

-Bonjour,

Erwan. -Salut, Alice. Tu veux ton livre ?

Ton père l'a laissé là.

-Merci. Papa est là ? -Non, il est sorti avec ta mère.

-Avec maman ? -Pour l'enquête.

Ce n'est pas parce qu'ils se sont embrassés que...

-Attends. Ils se sont embrassés ? Où ?

-Sur la bouche.

Enfin, c'était quand ton père a été libéré. C'était un baiser

de rien du tout. Attends, Alice ! Ecoute-moi !

Elle est compliquée, cette famille, quand même.

-On cherche monsieur Mathieu. -C'est là-bas.

-Par là-bas ? Merci. -Merci.

-Bonjour. -Ca va ? T'as l'air chiffon.

-Non, je n'ai pas l'air chiffon. Je suis un peu perturbée.

Pourquoi ma fille va toujours te voir quand elle a des problèmes ?

-Aujourd'hui, c'est à moi qu'elle parle. Demain, ce sera à toi.

-Quand ce n'est pas vers toi, c'est vers ses ex qu'elle se tourne.

On a conçu Alice tous les deux. -C'est clair.

-Quand elle a des problèmes, ce serait bien qu'on arrive

à les régler tous les deux. -Avec la prise d'otage,

j'ai eu pas mal de choses à gérer. -Moi aussi, Paul.

T'as failli mourir, mais on s'est tous impliqués, on a tous eu peur.

On était tous ensemble.

-On est d'accord que le baiser, c'était sous le coup de l'émotion ?

-Ben... évidemment. C'était... un vieux réflexe.

Tu poses des questions, parfois, toi !

Excusez-moi, on cherche M. Mathieu. -Il est là-haut.

-On y va ? -Ouais.

-Ca bloque. Va voir derrière.

-M. Mathieu ? Bonjour, commandant Soler. On peut se parler ?

-Je suis occupé.

-C'est la pause. -Voici le capitaine Marchal.

-Il y a dix ans, les rotatives tournaient à plein régime.

-Ca va mieux depuis le rachat de la société ?

-On triple les commandes, mais on n'embauche pas.

Forcément, on prend des risques.

-Vous parlez de l'accident de Jimmy Lecame ?

-Jimmy n'avait pas eu de pause depuis 6h. Il s'est pris les mains

dans les blanchets. Ca lui en a coûté une. A 22 ans.

-Vous teniez Corinne Godard pour responsable ?

-Oui, je lui en veux encore.

Mais si j'avais dû tuer tous ceux avec qui je me suis accroché...

Il tousse.

... -Ca va ?

Vous voulez de l'eau ? -Non, merci.

-Son petit air souffreteux pour nous apitoyer... je ne le sens pas.

-Moi, je pense que c'est un type intègre, incapable de tuer.

-Tu m'as fait peur, j'ai cru qu'on allait être d'accord.

-Mais je pense qu'il ne nous a pas tout dit sur l'accident.

-Là, je suis d'accord. -Je te dépose ?

-Non, j'ai un truc à vérifier. Je vais fouiller dans la vie

de Claude Mathieu. -Tu ne supportes pas d'avoir tort.

Tu fais comment pour rentrer ? -Je suis grand, merci.

-Corinne a fait des recherches sur Vicaire et est allée

sur le site de l'inspection du travail. Un rapport avec son ex ?

-Ou avec Jimmy Lecame.

On a quoi sur Vicaire ? -Alors...

Déjà, il n'est pas fiché. J'ai déjà fouillé.

Voilà. David Vicaire.

Marié depuis 12 ans, père de 2 enfants. Gendre idéal.

Professionnellement, c'est un tueur de masse.

-Ah bon ?

-Il est employé par une société de conseil. En 5 ans, il a dégraissé

six entreprises.

Téléphone.

-Lieutenant Barbier, j'écoute.

J'arrive. Flore Mathieu à l'accueil.

-Je voudrais modifier le témoignage de mon père,

Claude Mathieu. -Rien que ça ?

-Papa a dit qu'il n'avait pas d'alibi. C'est faux. Il a passé

l'après-midi dans un bar. -Pourquoi il nous l'a caché ?

-Ca faisait plus de dix ans qu'il n'avait pas touché à un verre.

-OK, je comprends. Qu'est-ce qui l'a fait replonger ?

-Trop de pression au boulot. Si M. Vicaire apprend que papa a bu,

il va le harceler.

-M. Vicaire harcèle beaucoup

ses employés ?

-Ne vous inquiétez pas. Tout ce que vous direz restera entre nous.

-David Vicaire se fait passer pour le bon samaritain,

mais en réalité, c'est un monstre. Il dresse les salariés les uns

contre les autres. -Pourquoi dites-vous ça ?

-Les séminaires, ce n'est pas pour resserrer les liens entre nous.

C'est pour repérer les plus forts. -La sélection naturelle.

Le management à l'américaine version Far West.

-David Vicaire ment quand il prétend qu'il n'y aura

aucun licenciement ?

-J'ai vu passer un mail, un jour, en copie. Sa vraie mission,

c'est de licencier un tiers du personnel, minimum.

-Corinne le savait ? -Je lui avais dit.

Ce n'est pas très pro, mais elle savait garder un secret.

-Vous avez ce mail ? -Non.

Il a disparu de ma boîte mail.

Vicaire a dû l'effacer après lecture. Personne n'est au courant.

-Corinne en pensait quoi ? -Ca la révoltait.

Elle s'apprêtait à tenter une action.

-D'où les recherches sur l'inspection du travail.

-Donc Corinne jouait un double jeu. Pourtant, elle s'est disputée

avec votre père. -Oui.

Je lui ai demandé. -Qu'a-t-elle dit ?

-Qu'ils faisaient semblant. Corinne devait se rapprocher de Vicaire

pour le dénoncer.

-Elle avait réussi ? -Oui. Son dossier était en béton.

-Non, Camille, je viens d'arriver.

Si le dossier monté contre Vicaire est là, je le trouverai. Je sais.

Attends, je te rappelle.

Un objet tombe.

Ne bougez plus.

Vous êtes Delphine Godard ? Gendarmerie de Montpellier.

-Que faites-vous là ? -J'enquête. Et vous ?

-Je prends des vêtements pour l'enterrement de ma soeur.

-Vous n'auriez pas vu un dossier ?

-Quel dossier ? -Une chemise, un classeur

avec le nom de David Vicaire. -David Vicaire ?

-Ca va ?

Vous vous sentez bien ?

Vous le connaissiez ?

-C'est à cause de lui que j'ai voulu me suicider.

-Delphine Godard a été licenciée à la restructuration de la boîte.

-Par Vicaire. Elle tente de se tuer juste après.

-Pression, intimidation. Ceux qui tiennent le coup gardent leur job.

-Les autres sont virés ou tentent de se tuer.

-Pourquoi Corinne n'a rien dit à sa soeur ?

-Pour ne pas la miner.

-Corinne a dû vouloir se venger. -Et elle a monté ce dossier.

-Elle ne le gardait pas chez elle. -Elle l'aurait gardé à son bureau ?

C'est un peu risqué. Demain matin, vous allez à Sud impress. OK ?

-OK. -Des nouvelles de Marchal ?

Ah, je suis bête. Une enquête de voisinage, non ?

Bonne soirée. -Au revoir.

-Bonne soirée. -Ca passe pas, ça.

-C'est moi.

Salut.

-Que fais-tu là ? Je suis seul. -Je sais.

-Maman... -Elle va bosser tard.

-Tu fais quoi ?

-Je vais faire à manger. Ca va nous donner l'occasion de discuter

entre hommes. Si je fais une omelette, ça va ?

-Tu veux parler de quoi ?

-De ton rôle auprès de ta soeur et de ta mère.

La prise d'otage les a fragilisées. J'ai besoin que tu les épaules.

-En faisant une omelette ?

-Ouais, par exemple. Mais aussi en t'occupant de la vaisselle,

en triant correctement le linge. Ce serait un bon début, ça.

-Trier le linge ? Sérieux ? -Quoi, "sérieux" ?

Ce n'est pas super viril, mais s'occuper du linge,

ce n'est pas rabaissant pour un homme.

-A mon âge, tu t'occupais du linge ?

-Ah... ben... -Ah non, il n'y avait pas d'eau

au Moyen Age. -C'est petit.

-Comme se servir dans le frigo de son ex. Maman est au courant ?

-Non, sinon tu penses bien qu'elle me remet à la circulation illico.

-Peut-être que ça te remettrait les idées en place.

Depuis quand tu t'occupes de maman ? Ca fait dix ans

qu'on sait vivre sans toi.

-Tom, je sais que j'ai commis des erreurs,

mais il y a un truc que j'ai compris depuis quelque temps.

C'est vachement important, la famille. Voilà.

-Si tu le dis. -Oui, je le dis. Et...

-Tu trouves quelque chose ? -Rien dans le bureau de Corinne.

-Erwan !

Dans le bureau de Vicaire.

Allez, on remballe.

...

-Vous cherchez Claude ?

-Ouais, mais il n'est pas dans son casier.

Jimmy ? -Celui qui ne jouera plus de piano.

-Ne dis pas ça. Django Reinhardt jouait de la guitare

avec deux doigts en moins.

-Ouais, mais c'était sa passion. Moi, c'est l'imprimerie.

-C'est pas faux. Et t'as déjà repris le travail ?

-Claude me forme pour être contremaître. Les machines,

c'est terminé.

-Et tu t'entends bien avec lui ?

-Je ne dirai pas de saloperies sur Claude.

Laissez tomber.

Téléphone.

...

-Ouais, Camille ?

D'accord.

Je gère. Bye.

A plus tard.

-OK. Tu mets 60g à la roule en F2 et tu vas vérifier le réassort

en F3.

-M. Vicaire, suivez-moi. -Attendez,

pour quel motif ? -Pour répondre du meurtre

de Corinne Godard.

Une porte s'ouvre et se referme.

-T'as veillé toute la nuit ou t'as réussi à dormir ?

-Je suis loin de la grasse mat',

mais j'ai réussi à dormir 6h.

-Ca va mieux depuis que papa a dit

qu'il ne partait plus, non ? -Oui. Tu sais pour lui et maman ?

-Quoi ? -Ils se sont embrassés.

-N'importe quoi. Papa et maman ? -Oui. Erwan a gaffé.

-Ca expliquerait pas mal de choses. -Maman qui est distraite.

-Papa qui se rapproche. Ils sont ensemble, mais pas vraiment.

-Ca voudrait dire qu'ils sont restés bloqués dans la zone grise.

-Ah, Valérie !

Tu peux demander au légiste qu'il analyse ça ?

-Il est censé s'occuper des morts. -Et tu es censée m'obéir.

-Soler ne va pas m'engueuler ?

-Non. Quoi ? Tu veux un ordre de mission ?

-Puisque vous en parlez... -Sérieux ?

Oui, si tu veux.

-Il n'y a rien là-dedans qui explique la mort de Corinne Godard.

-Vicaire a peut-être détruit les pièces compromettantes.

-Et il aurait gardé

le reste du dossier ? Ce type n'est pas stupide.

-Dans ce dossier, ça ne parle que de l'accident de Jimmy Lecame.

-Il manque son témoignage à lui. Elle ne l'aurait pas convaincu ?

-Il perd l'usage de sa main et il lâche l'affaire ? Ca ne colle pas.

-Ou alors, il a obtenu une compensation.

-Il va devenir contremaître. -La voilà, la raison.

-C'est bon, ça. On bosse bien ensemble.

-Comme d'hab. -Comme d'hab.

Je m'occupe de Jimmy, tu vois pour Vicaire.

-On ne bosse déjà plus ensemble. -Si, mais chacun de son côté.

Comme d'hab, quoi.

-C'est ridicule. Pourquoi j'aurais tué Corinne ?

-Pour ça, par exemple. -C'est quoi, ça ?

-Le dossier de Corinne Godard qui était dans votre bureau.

-Si c'est à cause de ça que je suis ici, on m'a piégé.

-Vous piéger ? Le piégeur piégé.

Quand comptiez-vous parler du plan de restructuration

de Sud impress ?

-Ce n'est pas joli joli.

-C'est fait pour être efficace.

Cela évitera la fermeture de l'entreprise.

-Mmh... la politique du pire. On élimine les plus faibles.

-J'ai sauvé des jobs. -Pas celui de Delphine Godard.

-Corinne. -Non, Delphine, sa soeur.

Vous l'avez licenciée il y a 2 ans. Elle a tenté de se suicider après.

-Ca ne vous dit rien ? -Non, rien.

En 2 ans, je vois des centaines de salariés.

-Elle ne vous a pas oublié. Corinne a sûrement monté ce dossier

pour venger sa soeur. Qu'en dites-vous ?

-Foutez-moi la paix. Je n'ai plus rien à vous dire.

-Corinne Godard, tu lui en voulais pour ton accident.

-Ben... non. Pourquoi ? -Le contremaître a dit

que c'est elle qui imposait des cadences d'enfer.

-Seul Claude croit ça, ici. -Et alors ? C'était vrai ?

-Claude se sent coupable. C'est lui que Corinne pressait.

-Un bon contremaître est censé protéger ses gars.

-C'est ce que Claude fait. Ca, c'était juste un accident.

-Ah, donc ta promotion est arrivée juste après ça. T'as vendu ton âme

à Méphisto-Vicaire. En échange de quoi d'autre ?

-Rien. Personne ne peut me reprocher d'avoir accepté.

Il y a des accidents plus graves. Je n'allais pas attendre de me tuer

à l'atelier.

-Pourtant, Corinne Godard voulait appeler l'inspection du travail.

Il ne manquait que ton témoignage. -Elle me l'a jamais demandé.

Il y a 2 semaines, elle m'a dit que j'avais raison, que mon accident

n'était pas lié aux cadences.

-Elle voulait lâcher l'affaire ? -Ouais.

-Contre Vicaire, on n'a pas de quoi justifier une garde à vue.

-Si. Le labo a récupéré quelques images dans la caméra

de Corinne Godard. Il n'y a pas le son, mais on comprend sans.

-T'as la vidéo du meurtre ?

-Corinne et Vicaire étaient amants.

-Corinne Godard et moi, ça a été un vrai coup de foudre.

Ce n'était pas prévu.

Je suis marié. Je n'avais jamais trompé ma femme.

-Ceux qui se font choper, c'est toujours la première fois.

-Il y a quand même quelque chose qui m'échappe.

Comment ça a pu arriver après ce que vous avez fait à sa soeur ?

-Ce que j'ai fait à sa soeur ? Vous avez gobé la version

de Delphine Godard ?

-C'est ici. Il y a eu un bourrage. Je pensais avoir appuyé

sur le bouton d'arrêt, mais quand j'ai voulu

retirer le papier, ma main s'est prise

dans les blanchets. Mon nerf a été sectionné. On n'a rien pu faire.

-Le bouton d'arrêt, ce n'est pas un réflexe ?

-Ben ouais, mais j'ai dû oublier puisque ça s'est remis en route.

-Il était défectueux ?

-Il n'y a rien dans les carnets d'entretien.

-Lesquels ?

-C'est là qu'on consigne les rapports de contrôle.

-Ces contrôles ont lieu souvent ? -Tous les jours.

Dès qu'il y a une anomalie, on appelle le prestataire. Tenez.

-Merci.

Quand a eu lieu votre accident ? -Le 2 mars.

-Il n'y a rien qui est noté au 2 mars.

Mais la page du 27 février a été arrachée.

-Ce n'est pas normal, ça. -Qui s'occupe des contrôles ?

-Le contremaître. -Claude Mathieu ?

-Je vous en prie, asseyez-vous.

M. Vicaire nous a livré une autre version de votre licenciement.

-Il est ici ? -Oui.

Une histoire de 5 000E disparus dans la caisse.

-Je venais de divorcer. J'avais des crédits que je devais rembourser.

-Hmm...

Vicaire aurait pu porter plainte, mais il vous a licenciée

pour faute lourde.

Pour le remercier, vous l'accusez de vous avoir poussée au suicide ?

-J'avais honte.

Je ne savais pas quoi dire.

-Le problème, c'est que pendant deux ans, votre soeur a ruminé

sa haine contre Vicaire et qu'elle a voulu se venger.

Ca fait 15 jours que vous n'apparaissez plus dans la liste

d'appels de votre soeur. Elle a découvert vos mensonges ?

-Corinne ne voulait plus me parler. Ca me faisait tant de mal.

Perdre une jambe, c'est affreux, mais perdre sa soeur

sans avoir pu se réconcilier avec elle, c'est encore pire.

-Donc Vicaire n'a aucun lien avec la tentative de suicide de Delphine

et il offre une promotion à Jimmy Lecame.

-On s'est plantés sur le côté froid. Il est peut-être altruiste.

-Je n'irais pas jusque-là. Il pouvait virer Claude Mathieu

et le remplacer par Jimmy.

Et Delphine Godard n'a pas eu d'indemnités.

-Comment Corinne a pu l'aimer ?

-C'est le coup de foudre. Je pense qu'il a été honnête.

Le romantisme n'a jamais tué personne.

-D'accord. Admettons la passion subite. Je ne pense pas

que Corinne ait lâché l'affaire avec l'inspection du travail

pour ça.

Qu'est-ce qu'il y a ? -Je suis d'accord avec toi.

T'as une idée ? -Plein.

Reste à savoir quelle est la bonne. -Ca, c'est très simple.

C'est toujours celle dont tu ne veux pas me parler. Je t'écoute.

-Claude Mathieu. -Tu veux encore l'interroger ?

-Pas moi. Il faut l'attaquer avec quelqu'un qui ne lui a pas parlé.

Eric.

Je vais briefer Eric.

-Et la porte, t'y arriveras pas. Non, t'y arriveras jamais.

-Qu'est-ce que vous me voulez ?

J'ai du travail.

-Parlons de la rotative sur laquelle travaillait Jimmy Lecame.

Le 27 février,

vous avez appelé la maintenance car la machine avait un problème.

-Qui vous a dit ça ?

-Le technicien que vous avez eu. Il ne pouvait pas intervenir

avant deux semaines. -Je ne m'en souviens pas.

-Lui, si. Pourtant, la rotative fonctionnait dès le lendemain.

Comment vous expliquez ça ?

Vous avez bidouillé une réparation.

Jimmy a perdu sa main à cause de ça.

-Je ne vois pas où vous voulez en venir.

-Au meurtre de Corinne Godard.

Elle avait découvert votre intervention foireuse.

Elle a compris que les cadences n'étaient pas liées à l'accident.

Vous avez pris le risque de faire travailler Jimmy sur cette machine.

-Je ne pouvais pas me passer d'une rotative pendant deux semaines.

Et les cadences qu'on nous impose ont tout à voir avec ça.

-Vous avez mis le dossier trafiqué dans le bureau de Vicaire.

-Pourquoi j'aurais fait ça ? -Pour le faire accuser du meurtre

de Corinne à votre place.

Il tousse.

...

-D'accord. D'accord.

Vous avez raison. Je l'ai tué. Je veux signer des aveux complets

tout de suite.

-Bon, ce n'est pas lui. -Je sais pourquoi il s'accuse.

-Pourquoi ?

-J'ai un truc à vérifier. -Un truc à vérifier ?

J'ai aussi un truc à vérifier.

T'aimes quand on travaille ensemble.

Quand on fait front ensemble. On devrait faire pareil avec Alice.

Je lui ai dit d'aller voir un psy. Rajoutes-en une couche. Merci.

-Quoi ? Un psy ? Ca sort d'où ? Tu m'en as parlé ? Quand ?

-Qu'y a-t-il ?

Alice a besoin d'aide. -Je ne suis pas d'accord.

Ca va la braquer et ça va aggraver le problème.

-J'aggrave le problème ? Et tu fais quoi ? Rien.

-Elle a besoin qu'on l'écoute,

qu'on soit là, toi et moi.

-Qu'on l'écoute et qu'on soit là ? Qui voulait partir à Braggville ?

-Par rapport à l'enquête... -On s'est tout dit.

Dis au commandant Soler qu'elle ne m'appelle pas. Je m'absente.

-Dites à Marchal qu'il est dessaisi de l'enquête.

Attention à vos doigts.

-J'ai votre réponse.

C'est un traitement contre le cancer du poumon.

-De la chimio ?

-Non. C'est prescrit en phase terminale.

-C'est efficace ? -Ca améliore la qualité de vie.

Ca se saurait si ça guérissait le cancer.

-C'est vrai. Donne tout ça à Soler. -Ah, c'est elle qui... ?

-Non. C'est à un de nos suspects dans l'affaire Sud impress.

-L'imprimerie ? Jusqu'aux années 80,

ils mettaient du plomb et du cobalt dans l'encre. C'était cancérigène.

-D'accord. Merci, Julie. A plus.

-Je vous en prie.

-C'est ce mail de l'inspection

du travail au sujet de l'accident de Jimmy qui a fait avouer Mathieu.

-Rien ne l'accuse dans ce document. -Quelque chose a dû lui faire peur.

-Le mail était adressé à Vicaire. -A Vicaire

et à son assistante, Flore Mathieu.

-Claude Mathieu a vu le nom de sa fille.

-Elle déteste Vicaire, elle veut sauver le boulot de son père,

et Claude Mathieu s'est aperçu que Flore procurait des documents

confidentiels à Corinne.

-C'est Flore qui a dû enlever les éléments le concernant.

-Pff !

-De la part du légiste. -Merci.

-Quel est le lien avec le meurtre ? -En défendant Vicaire

et en accusant Claude Mathieu de l'accident, Corinne a trahi Flore.

-Claude Mathieu réalise que sa fille a un bon mobile.

-On a une belle hypothèse, mais zéro preuve.

-Je vais devoir la jouer

à la Marchal. A plus tard. -A PLUS TARD.

-Qu'est-ce qu'on fout ici ?

J'ai tout avoué. -Je sais. Flore Mathieu !

-Papa ! Qu'est-ce qui se passe ?

-Votre père a tué Corinne Godard. -Ce n'est pas possible.

-Vous jouez à quoi ?

-Je vous donne l'occasion de faire les adieux à votre fille.

-Des adieux ? De quoi vous parlez ?

-Vous ne lui avez rien dit ? -C'est dégueulasse.

-Vous ne m'avez pas laissé le choix.

-Je suis malade, ma chérie. Je suis très malade.

-Pourquoi tu ne m'as rien dit ?

-Je ne savais pas comment te le dire. Je l'ai su il y a un mois.

Ca m'a rendu fou. C'est tombé sur Corinne. Je suis désolé.

-On doit y aller.

-Mon père n'a rien fait ! -Tais-toi, Flore.

Laisse-nous. -C'est moi.

C'est moi qui ai tué Corinne Godard.

Pardon.

J'ai vu Corinne et David s'embrasser dans la cabane.

J'ai compris que j'étais seule pour sauver la tête de mon père.

-C'est pour ça que vous aviez besoin du dossier de Corinne.

-J'ai voulu m'expliquer avec elle, mais elle n'a rien voulu entendre.

Elle m'a dit que Vicaire était un type bien.

Qu'il essayait juste de faire son boulot.

Elle m'a ressorti tout le baratin de ce salaud.

On s'est battues.

Je lui ai couru après et...

-Et ensuite ?

-Je ne voulais pas la tuer.

J'ai voulu me dénoncer,

mais je ne pouvais pas abandonner papa. J'ai eu l'idée

de faire croire à un suicide.

-Vous vous rendez compte de ce que vous avez fait ?

-Corinne était mon amie et elle nous a trahis. Mon père, moi,

et tous les employés. Des familles allaient être détruites

par cette restructuration.

Vous comprenez ?

-Vous avez tué quelqu'un, Flore.

Et... euh...

Vous ne pourrez pas accompagner votre père en fin de vie,

alors ne me demandez pas

de comprendre.

S'il vous plaît.

-Mademoiselle, venez.

-Bonsoir.

Pourquoi vous êtes là, vous ? -Je leur ai dit de venir.

Ca va ?

On va manger une pizza. -"On" ?

-Nous. Tous les quatre.

-J'ai un dossier à finir. -Ca attendra demain.

Ca va nous faire du bien. Ca va te faire du bien.

-C'est à quelle occasion ?

-Non. On est une famille. Les familles, ça mange à la pizzeria.

-En plus, ils font des tiramisus. -En plus.

-S'ils font des tiramisus... -On y va ensemble ?

-Bien sûr, ma chérie. -C'est bon, ça. Yes !

Toi, plus Pepperoni ? Non, Margherita. Calzone !

-Tu joues à quoi ?

-De quoi tu parles ? -On n'est plus une famille.

-Arrête... -Je n'aime pas les entre-deux.

-Tom, enfin...

Rho... c'est compliqué.

Sous-titrage MFP.

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