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...
-Hé, c'est quoi, là-bas ?
-Attends, j'me rapproche.
...
-Et voilà, pancakes party. Qu'est-ce qu'on dit à maman ?
-Merci. -C'est cool.
-Vous avez l'air de bonne humeur, vous.
-Papa aussi nous fait des pancakes. Il a fait des progrès en cuisine.
-Oh, y a pas qu'en cuisine qu'il a fait des gros progrès.
Je crois qu'il vient te voir jouer au basket cet après-midi.
-C'est vrai ? Trop cool. Portable.
-Ah, quand on parle du loup.
Oui, Paul.
Je fais au plus vite. A tout de suite.
Bon, on a une urgence.
Bonne journée.
Et on débarrasse le petit déj.
-Ils se disputent moins, non ?
-Oh, recommence pas.
-Ils vont pas
se remettre ensemble, je sais. -C'est une fixette.
-Non, c'est un désir de réparation. C'est classique en psychanalyse.
-Ah ouais, quand même.
-Bonjour. -Salut.
-Bonjour, Lorène.
-Salut. -Bonjour.
-Aucune pièce d'identité ni téléphone.
-C'est peut-être
un suicide. -Je crois pas.
Il a été assommé.
-Ou alors, le corps a été roulé par la rivière, d'où la plaie.
-Le suicide par noyade, c'est féminin.
-Oui, c'est pas faux.
-Ca va, Marchal ? Vous me contredisez pas.
-Pourquoi je te contredirais ? C'est pertinent.
-OK.
Faites vite, c'est un noyé.
On doit le transférer à l'IML le plus rapidement possible.
-Oui, avec l'immersion,
le processus de décomposition s'accélère.
La paille dans les baskets, c'est pas courant.
Y a que des vignes par ici.
-Oui, vous avez raison.
Ca va aider. -J'adore.
Quand tu dis
que j'ai raison.
-C'était peut-être un éleveur, un véto, un cav...
-Un cavalier.
-C'est quoi, ces traces blanches ? Nancy, faites-moi un prélèvement.
-Attends, deux secondes, Nancy.
OK, merci.
Je te retrouve
à la gendarmerie. -Vous allez où ?
-Un truc à vérifier.
-Vous me faites
un rapport ?
...
Alors, c'est un meurtre ?
-Oui.
Il a été tué et jeté dans la rivière dans un 2e temps.
Il a reçu un coup violent, j'ignore avec quoi,
je n'ai trouvé
aucun résidu sur la plaie. -La mort
remonte à quand ? -A hier soir, entre 23h et 1h.
-Les traces blanches ?
-Un mélange de crème et de poudre fixative.
Du maquillage de spectacle. Portable.
-Pardon.
-Oui, Marchal.
-Oui, il s'appelle Ivan Kraus, directeur de cirque et clown.
*-Et d'où vous nous sortez ça ? -Association d'idées.
En venant, j'avais vu le chapiteau. La paille dans les chaussures,
*le maquillage blanc... -C'est parfait.
*C'était ça, le truc à vérifier ? -Voilà, c'est ça.
*-Paul.
Tu n'oublies pas que Thomas a un match de basket cet après-midi.
-Non, j'oublie pas.
*-Vas-y tout de suite. -Oui, commandant.
-Et tu as les enfants, ce soir.
-Bien, d'accord.
-Salut.
-T'inquiète pas, ça va aller. Moi aussi, au début,
ça m'a fait bizarre,
puis on s'habitue. -Toi, tu étais petite
quand tes parents
ont divorcé.
-C'est vrai. -Moi, de les voir séparés,
maintenant...
-T'es pas la seule à qui
ça arrive, 45 % des mariages finissent par un divorce.
-Et 1 sur 3, c'est à cause d'une tromperie.
Comme mes parents. -Ton père a trompé
ta mère ? -Oui.
-Allez voir, moi, je vais interroger sa femme.
-Oui, commandant. -Merci.
-Excusez-moi, je cherche
Mme Lydia Kraus. -Sous le chapiteau.
-Lydia Kraus ?
Commandant Soler. -Bonjour.
-Je suis désolée pour votre mari.
-Comment il a pu tomber dans la rivière ?
-Je suis là
pour faire la lumière
sur les circonstances de sa mort. -Il s'est suicidé ?
-Qu'est-ce qui vous faire dire ça ?
-Votre collègue a dit qu'il était dans la rivière, il a sauté
du pont ?
On n'aurait jamais dû
revenir ici, jamais.
-Comment ça, "revenir ici" ?
-Maman ?
Maman.
Maman.
-Commandant Léa Soler.
-Isabella Kraus.
Maman, reste pas là.
Elle a besoin de temps. -Oui, je comprends.
Mais c'est important
pour l'enquête.
-Quelle enquête ?
-Il semblerait que votre mari ait été assassiné.
-C'est pas possible.
Pourquoi ?
-Quand l'avez-vous vu pour la dernière fois ?
-Hier soir, vers 23h, quand il est parti pour sa balade.
-Il faisait un tour après le spectacle, pour se détendre.
-Vous ne vous êtes pas inquiétée
de ne pas le voir revenir ? -Non, je dormais dans ma caravane.
On avait chacun notre espace.
-Vous n'avez rien remarqué,
ces derniers temps ? -Non.
Non, rien du tout.
-Et vous, Isabella ?
-Moi ?
Non.
Non.
-Vous vous sentez mieux, M. Kraus ?
Venez, on va se mettre au calme.
Merci.
Que s'est-il passé ?
-J'en sais rien. -Vous devez bien vous souvenir ?
-Je sais pas, je sais pas.
-Vous avez bu depuis ce matin ? -Oui.
-C'est lui qui a foutu le feu avec une torche de jongleur.
-Oui, c'est moi.
Le fils aîné de la famille, le bon à rien.
-Il a pas sucé que des glaçons. -Ca va être dur pour la perquis'.
-Ah bon ? C'était...
-Oui, il a brûlé la caravane de la victime.
-Oui, maman, il a assuré. Il a même mis le panier
décisif.
-Génial, bravo !
-J'étais impressionné.
*C'était top.
-Je suis fière de lui, bravo !
Je vous aime. *-Je vais bosser.
-A demain, chéri.
*-Tu vas bosser
*ou chatter ? -Alice.
-Je débarrasse.
*-Ben oui, comme à la maison.
*-Xavier Kraus, des nouvelles ?
-Il cuve en cellule.
*Creuse du côté d'Isabella.
Mais ne l'interroge pas devant sa mère.
*-Bien, commandant.
-Oh, t'es relou.
*-Bisou.
-Bisou.
*-Bye. -Bonne nuit.
-Vous ne vous disputez plus trop, on dirait ?
-Ouais, c'est mieux.
-En fait, je comprends pas pourquoi vous vous êtes séparés.
Vous êtes hyper complices.
-Oui, mais être en couple,
c'est différent.
Ca n'a pas marché, c'est pas grave.
-Tu as trompé maman ?
-Pardon ?
-Quand un couple se sépare,
c'est souvent à cause
d'une tromperie.
-Ah, et c'est le mec
qui est infidèle, forcément. -Non.
Mais connaissant maman... -Ah ben, merci.
-C'est pas ça, mais...
-Non, y a rien
de tout ça.
Puis ça te regarde pas, c'est notre histoire.
-Non, ça a impacté sur notre vie, on a le droit de savoir.
Dis-moi au moins les grandes lignes.
-On s'est connus très jeunes.
Puis avec le temps, voilà, nos chemins se sont séparés.
-Ca, c'est des clichés, donne-moi
la vraie raison.
-Pff...
-C'est une tradition chez nous.
On brûle la caravane des morts.
-Oui, pour éviter
les épidémies.
Que faisiez-vous mardi entre 23h et 1h ?
-J'étais dans ma caravane,
je regardais la télé.
-Ce sont bien vos affaires personnelles ?
Un bracelet en cuir,
un téléphone.
Un porte-carte...
-Oui.
-Si vous étiez
dans votre caravane à Marsac, mardi soir,
entre 23h et 1h,
comment expliquer ce ticket de carte bleue
dans un bar de Montpellier,
à 0h44 ?
-C'est...
Vous pouvez pas comprendre. -Ah si, je peux tout comprendre.
Mais il faut juste m'expliquer.
-Dans ma famille, le cirque, c'est pas une option,
c'est une obligation.
Ma soeur est trapéziste juste parce que mon père l'a décidé.
Pour moi, c'est pareil.
-Qu'est-ce que vous voulez dire ? -Un pote veut ouvrir un club
à Montpellier, il cherche un associé.
On avait rendez-vous.
-Vous vouliez arrêter
le cirque ?
Votre père le savait ?
-Peut-être.
Il était bizarre depuis un moment. Vous ne direz rien à ma mère ?
-C'est pas vraiment mon rôle, Xavier.
Parlez-lui, elle comprendra.
-Quoi donc, que j'allais les quitter,
les abandonner ?
Ma mère a déjà perdu un fils, vous savez.
-Vous aviez un frère ?
-Il est mort, il y a 10 ans.
-Dans quelles circonstances ?
-Noyé.
-Relâchez-le, il n'a rien fait !
Si on veut brûler la caravane, on la brûle !
-Calmez-vous. -Non !
-Si, restez calme.
Tout se passera bien.
-Je m'en occupe.
Mme Kraus, qu'est-ce qui vous arrive ?
-Vous nous soupçonnez,
vous n'interrogez que les gens du cirque.
Pas ceux du village.
Vous croyez qu'on est des sauvages,
qu'on se tue entre nous, c'est ça ?
-Non. C'est pas du tout ma vision des choses.
-On a fondé ce cirque il y a plus de 30 ans.
Cette compagnie,
c'est notre famille.
Ivan a formé
chaque personne qui travaille au cirque.
Aujourd'hui, ils sont tous orphelins.
-Je comprends.
Xavier vient de m'apprendre que vous aviez perdu un fils,
il y a 10 ans, à Marsac.
-C'est ma faute.
-Votre faute ?
-On a évité le village
pendant 10 ans.
C'est la 1re fois qu'on a replanté le chapiteau à cet endroit
depuis 10 ans.
Ivan était contre.
C'est moi qui voulais conjurer le sort,
qu'il oublie son chagrin.
Que la vie continue.
C'est ma faute ! -Non, c'est pas de votre faute.
Calmez-vous.
Chut.
-Ils avaient chacun
leur caravane ?
C'est bizarre.
-Mme Kraus dit que son mari aimait s'isoler pour préparer ses numéros.
-La bonne excuse.
-Aujourd'hui, plein de couples ne vivent pas sous le même toit.
-Quand on fait
chambre à part, pour moi, c'est qu'il y a un loup.
-Tenez, regardez ça.
-C'est sûrement Yanis Kraus.
Le fils qu'ils ont perdu.
Viens voir ce que j'ai trouvé.
-C'est quoi ?
-Je sais pas, c'était bien planqué. -On interroge sa femme ?
-Elle doit pas être au courant.
-Je vais les envoyer au labo.
-Tout est calciné.
-A la Scientifique, c'est des magiciens en restauration.
-OK, vas-y.
-Désolée de vous avoir dérangé, M. le maire,
mais j'ai quelques questions. -Pas de problème.
Puis je serais venu de moi-même
vous alerter, cette coïncidence est troublante.
-Oui. Les Kraus perdent leur fils à Marsac, il y a 10 ans,
et 10 plus tard, c'est au tour du père.
Alors, je cherche des explications. -La vie est parfois faite
de hasards tragiques. -Oui, comme cette coulée de boue
qui a emporté Yanis Kraus. -Il n'a pas été la seule victime.
Ca a été un épisode tragique pour notre commune, ça m'a hanté
pendant des années. -Que s'est-il passé ?
-Il avait beaucoup plu.
La rivière était chargée, mais rien d'alarmant.
-D'autant qu'un barrage protégeait la ville en amont.
-Mais ce soir-là, ça a été un déluge.
Le barrage a cédé et le torrent a tout emporté.
9 personnes sont mortes, dont Yanis.
-Et ils ne sont plus revenus au village pendant des années.
-Ca m'a surpris d'apprendre que M. Kraus revenait.
-Vous pourriez nous indiquer l'endroit précis
où le corps de Yanis a été retrouvé ?
-Oui, bien sûr.
-Ivan Kraus était un patron très aimé,
un vrai père pour tous.
Mais il avait
un caractère difficile. -Mais c'est tabou, au cirque.
-Ses employés
obéissaient
sans moufter.
Et j'ai un retrait en liquide très suspect.
-Sur le compte
de la victime ? -5 000 euros, il y a une semaine.
-Personne n'était au courant et on n'a pas retrouvé l'argent.
-Creusez là-dessus.
Il faut enquêter
sur la mort de Yanis.
Erwan, vous vous en chargez.
-Oui, mon commandant.
-Eric, faites des recherches
sur le barrage.
Vérifiez s'il n'y a pas eu des failles.
-Seul ?
-Je dois vous tenir la main ?
-Non, mais je serais meilleur sur le terrain.
Lebellec est fort
en paperasse. -C'est vrai.
Vous allez donc pouvoir
vous améliorer.
...
-Qu'est-ce que tu fais ?
Tu vas t'entraîner ?
Il est hors de question que tu fasses ton numéro, ce soir.
-Alors, on annule tout et on tue le cirque ?
-On va jouer, mais ton frère et toi, vous êtes en deuil.
Tout le monde comprendra, d'accord ?
-Non, je serai là-haut ce soir.
-Bonjour.
Capitaine Marchal, j'ai des questions à vous poser.
-Pour quoi faire ? Et mon frère ?
-Il va être relâché.
-Tant mieux. Vous réalisez ce qu'on est en train de vivre ?
-Moi, j'essaie juste de trouver
qui a tué votre père.
Vous n'avez rien trouvé d'anormal, récemment ?
S'il était agité, s'il était en conflit.
-Je vous fais pas confiance.
-Je comprends, on se connaît pas.
Mais je suis plutôt
pas mauvais dans mon boulot.
Le meurtrier de votre père
court toujours, ça vous dérange pas ?
-Restez pas sous le trapèze.
-Sacrée responsabilité.
Moi, ça me ferait flipper.
-Il n'y a qu'en Xavier et moi qu'elle a confiance.
-Son frère, je peux comprendre. Vous, vous êtes dompteur, non ?
C'est arrivé quand, ça ?
-Il y a 4 mois, à Lille.
Il pleuvait des cordes, ça rend toujours les tigres très nerveux.
-Et vous êtes quand même obligé de faire votre numéro ?
-Le spectacle avant tout.
Et dans ce métier, si vous avez peur,
il faut arrêter.
-Voilà.
C'est en bas, sur le rocher,
qu'on a découvert le corps de Yanis après les inondations.
C'était terrible.
La famille
est arrivée avant qu'on ait pu évacuer le corps.
-Commandant ? Vous aviez raison, ça a dû se passer ici.
Vous m'envoyez une équipe ?
Bien, merci.
Reculez, M. le maire, vous êtes sur une scène de crime.
-Oui, bien sûr.
-Les techniciens ont trouvé l'ADN d'Ivan Kraus
sur le pont.
Il a donc été tué, puis poussé du pont pour tomber à l'endroit
où on a retrouvé son fils mort, il y a 10 ans.
-Donc le père avait rendez-vous avec le meurtrier
au même endroit, 10 ans plus tard,
pour se venger.
-Et si on avait tué Yanis afin de le faire passer pour une victime
de la catastrophe ? -Le crime parfait.
-La famille ne revient plus pendant X temps,
histoire d'oublier...
-10 ans plus tard, elle décide de revenir,
histoire d'exorciser.
-Et le fait de revenir sur les lieux a déclenché...
A fait surgir quelque chose
qui aurait trahi
le meurtrier.
-Quand la famille Kraus
est venue chercher Lydia, il y avait Isabella, Xavier,
et le dompteur de tigres, Manzoni. -Oui.
-Rien ne t'interpelle ?
-Manzoni.
Il a pris une grande place dans la famille.
Une sorte de fils de substitution. -Je vais creuser de ce côté.
-Et Isabella,
toujours rien ? -J'arrive à rien.
-Je suis déçue.
Paul, je te croyais
plus performant.
-Léa.
-Oui ?
-Tu sais, quand tu as débarqué
subitement à la brigade... -Oui ?
-J'ai râlé,
au départ. -Non.
-Si, j'ai pas été très positif.
-Non. -Si.
-J'ai fait de l'antijeu. -Mais non.
-Si, c'est vrai. Mais finalement,
ça se passe pas si mal.
Je veux dire ici.
-Ah...
-Voilà. C'est tout.
Voilà, ben, je...
-La porte ! Paul ?
-T'en es où ?
-T'as pas fini ?
-Les rapports d'expertises du barrage depuis 30 ans.
Les rapports d'assurance,
les jugements rendus suite à la catastrophe.
On a 20 cartons, n'hésitez pas.
-Bon, Camille, tu prends lequel ?
-Isabella, vous n'avez pas tout dit.
-De quoi vous parlez ?
-J'en faisais souvent, moi aussi.
Surtout quand mes parents
se disputaient.
L'eczéma est très psychosomatique.
De ne rien dire vous ronge de l'intérieur, Isabella.
Si vous voulez protéger quelqu'un, sachez que ça ne sert à rien.
Le seul alibi de Manzoni est d'avoir passé la nuit avec vous.
Si vous nous mentez, ça ne tiendra pas longtemps.
-Personne ne vous l'a dit
parce que Léonard fait partie de la famille.
Avec mon père, ils ont eu une dispute,
il y a quelques jours.
Mais il l'a pas tué.
-A quel propos ?
-Léonard se plaignait de prendre trop de risques.
Mais mon père lui répétait
qu'il était à la place de Yanis.
-Comment ça ?
-Mon frère travaillait avec les fauves quand il est mort.
Il devait devenir dompteur.
Alors, mon père a confié le dressage à Léonard.
Il était soigneur.
-Où est le problème ?
-Un soigneur ne peut jamais
devenir dompteur, Léonard avait une chance inouïe.
Quand il faisait pas ce qu'il voulait, mon père s'énervait.
Il lui disait que "Yanis aurait eu le courage",
que "Yanis, il avait l'étoffe".
-Ils se sont disputés pour ça ?
-Non, mais mon père trouvait que les tigres étaient amorphes.
Il a même menacé
de faire venir un véto pour les examiner.
Léonard a explosé,
ils se sont empoignés.
-Enfin une interpellation ! Je fais que de la paperasse,
le Cdt Soler semble me trouve doué pour ça.
-Ca fait partie du métier.
-Dites-moi, ces derniers temps, vous clashez moins avec elle.
-Pardon ?
-Ca va mieux, non ?
-Oui, on s'entend mieux
car elle est plus souvent d'accord avec moi.
-Ah.
-Tu peux
amener le matos, s'il te plaît ?
On va monter la cage.
-Léonard Manzoni ?
Vous êtes
en garde à vue.
Plusieurs témoins vous ont vu agresser Ivan Kraus.
-On s'est accrochés. Avec l'adrénaline,
les risques de ce métier, mais je dois tout à Ivan.
-Comme un fils adoptif.
Mais c'est Yanis qui devait devenir dompteur, pas vous.
Votre père travaillait au montage du chapiteau, il est mort
quand vous aviez 16 ans, mais Kraus vous a gardé.
Et vous êtes devenu soigneur.
Mais vous rêviez de faire
*comme Yanis, de vous mesurer aux tigres.
-C'est pas lui.
-Pardon ?
-Cet homme n'est pas
le meurtrier.
-Commandant, on dirait Marchal, là. Il vous a contaminée ?
*-Yanis Kraus avait
*votre âge.
-Oui, je l'enviais.
Il avait tout. Une famille merveilleuse,
un destin parfait de dompteur, alors que moi...
-Alors, vous avez tué Yanis
il y a 10 ans, pour prendre sa place de fils auprès d'Ivan.
Mais Ivan a découvert la vérité.
Pour ne pas tout perdre, vous l'avez tué.
-C'est n'importe quoi.
-Où étiez-vous mardi soir ?
-Je n'ai pas tué...
-Vous étiez où ?
-J'ai peur.
Depuis ça, pour moi, c'est un supplice d'entrer dans la cage.
Les tigres le sentent.
Ca devenait trop dangereux, alors, j'ai commencé à les droguer.
Ivan avait des doutes,
c'est pour ça qu'on s'est engueulés,
mais je vous jure que je l'ai pas tué.
J'étais avec le type qui me vend les produits.
J'ai si honte.
De toute façon, je veux arrêter.
-Rien n'est jamais définitif. Vous avez subi un traumatisme,
vous vous relèverez.
Puis vous avez Isabella.
-Elle va penser
que je suis lâche. -Règle numéro 1 avec les femmes :
ne jamais penser
*à leur place, on se trompe toujours.
-On n'aura pas fini avant demain. -Mais si.
-T'aimes faire ça ? -Ca me dérange pas.
-Les trucs chiants,
toi, tu kiffes. -C'est pour ça que je t'aime bien.
-Moi, le boulot administratif,
je déteste. -Sauf maire.
La propriété de Michel Huard, elle est quand même pas mal.
Il a un truc somptueux au milieu des vignes.
-Sérieux ? -Ben oui.
-Bon, je vous laisse.
Bonne soirée.
Bonsoir.
-Fait chaud pour la saison.
Le raisin sera bon, encore, cette année.
-Un verre de blanc, s'il vous plaît.
Dites, je cherche à investir dans le coin.
La grande maison en haut du coteau, elle est à vendre ?
La vue doit être magnifique.
-Imprenable. Mais elle n'est pas à vendre,
c'est la maison du maire. -Mais c'est...
C'est cossu pour le maire
d'un petit village.
C'est un bien de famille, un héritage ?
-Non, Michel vient d'une famille pauvre.
Je le connais
depuis la classe élémentaire.
Non, c'était une ruine et il a tout fait rénover.
-Récemment, alors.
-Ca fait déjà 15 ans.
Mais le chantier a duré longtemps. -C'était avant les inondations ?
-Bien avant.
Dites... vous savez qu'il y a eu des morts ici.
-Oui.
-Le barrage a rompu,
il y a eu 9 morts dont 2 enfants, vous vous rendez compte ?
-Mais sur un barrage, il y a des contrôles, non ?
-Oh, ne parlez pas de ça ici. D'ailleurs, la fille de Joseph,
Joseph, c'est celui qui est mort avec son chien,
elle a voulu porter plainte, mais elle pouvait pas payer d'avocat.
Et les autres, c'était une famille entière, des campeurs.
Alors, vous pensez bien que personne pose de questions, ici.
-D'accord.
-Mais quand même,
c'est pas normal.
-Je suis d'accord, c'est pas normal.
-Marchal est sûr que la clé
est là. -Surprise !
-Non, encore des pizzas ?
-Quoi ? C'est bon.
-Je suis allergique
aux glutens. -C'était vrai ?
-J'ai un truc.
-Vas-y, balance.
-Les rapports sont quasiment identiques d'année en année.
Ils ont photocopié les dossiers et ne faisaient plus de contrôles.
-Ben, bravo.
-Balèze.
-Vous doutiez de moi, hein ?
-Ah non. -Non, non, non.
-Tu veux du feu ?
-Thomas, attention, tu ressembles de plus en plus à ton père.
Ne commence jamais
la cigarette. -J'ai pas les moyens.
-Bon, privé de sortie.
-Quoi ? -Je plaisante.
Bon, t'as déjà fait les identités remarquables ?
-On a fait ça au collège.
-Ah ouais, quand même. Vous faites ça de plus en plus tôt.
-Bon, laisse tomber.
-Laisse-moi le temps de me remettre dans le bain,
c'était pas hier.
Alors...
-Pourquoi vous vous êtes quittés avec papa ?
-"Soit la tangente T..."
Euh... Je ne sais plus.
-C'est toi qui l'as quitté. -Oui.
-Tu sais pourquoi.
-C'est une histoire de grands, Thomas.
-J'ai 16 ans. -C'est pas faux.
C'est des histoires
d'adultes, voilà.
Pourquoi tu me demandes ça ?
-On n'en a jamais parlé.
Puis vous avez l'air de vous aimer.
-Ta soeur t'a mis ça dans la tête ? -Non.
-S'aimer et vivre ensemble, c'est pas la même chose.
-Donc, vous vous aimez toujours.
-Oui, évidemment... Non, non !
C'est pas ça, c'est...
On s'apprécie, voilà.
Puis l'arrivée des enfants dans un couple, c'est pas facile.
-Donc, c'est de notre faute.
-Mais pas du tout, j'ai jamais dit ça.
-Si, un peu. -Ben non.
A un moment, on n'avait plus la même vision des choses.
Ce qui compte, c'est ce qui se passe aujourd'hui.
On a trouvé
un équilibre.
Tu comprends ?
-Vous parlez de quoi ?
-DE RIEN.
-D'accord.
-Bon, on le fait, ce truc ?
-Hm, hm !
Le rapport de la Scientifique.
-Ah, merci.
Camille, on a le rapport.
C'est les documents brûlés.
C'est quoi, ce charabia ? -Fais voir.
Regarde : "S.O. Hydro" et là : "Confidentiel".
-Marchal avait raison. -Merci.
-Ivan possédait un dossier confidentiel
de la S.O. Hydro, des pièces sensibles,
négociées très cher.
-D'où les 5 000 euros. -Y avait quoi dans ce dossier ?
-S.O. Hydro faisait les contrôles du barrage et d'après les rapports,
des microfissures ont été signalées 5 ans avant la catastrophe.
-Puis tous les rapports concluent à une installation aux normes.
-Des rapports identiques.
-La S.O. Hydro ne contrôle plus le barrage.
-Alors que la commune la paye pour le faire.
-Le maire et le patron de S.O. Hydro empochent l'argent
et la propriété
prend forme.
On a notre mobile. Comment Kraus a eu
ce dossier ?
-Et qui savait ?
-Repassez les fadettes d'Ivan Kraus aux alentours de la date du retrait
et recoupez-les avec celles
des anciens employés de la S.O. Hydro
et nous aurons l'informateur.
-J'aimerais vous voir, Marchal.
-Maintenant ?
OK.
-Oui.
-J'ai une bonne nouvelle.
Votre demande de mutation va bientôt passer
en commission. -Déjà ?
-Oui, je sais que ça a traîné,
mais vous prenez sur vous, ça finira par payer.
J'ai appuyé votre dossier,
tout le monde comprend que votre situation est pénible.
Etre aux ordres
de son ex-femme, on imagine tous que c'est l'enfer.
Je vous tiens informé.
Ca va ?
Vous n'avez pas l'air enchanté. -Si, si. Merci.
-Ivan Kraus possède un dossier pouvant rendre justice à son fils.
Sauf qu'il découvre
quelque chose. -Quoi ?
-Y a prescription. -Oui.
Parce qu'on est plus de 10 ans après les faits.
-Alors, il menace le maire de révéler ses magouilles.
Il veut le voir sur le pont. -Où Yanis avait été retrouvé.
-Commandant, j'ai croisé les listes et j'ai un nom : Nicolas Vigant.
Il a souvent appelé Kraus
la semaine avant sa mort, employé à S.O. Hydro de 2000 à 2007.
-Convoquez-le. Nous, on s'occupe de Michel Huard.
-Il n'est pas là.
-Où peut-on le trouver ? -Mais je ne sais pas !
Il a disparu depuis ce matin, je suis très inquiète.
Michel a l'air perdu depuis quelques jours.
Il n'arrive plus
à dormir.
Je l'ai même vu pleurer.
Vous allez le retrouver, hein ?
-Oui, c'est vrai.
Il m'a donné 5 000 euros.
-C'était quoi,
le deal ?
-Il y a 3 semaines, Ivan Kraus est allé dans un restaurant
et il est tombé sur le maire qui déjeunait avec son beau-frère,
le P.-D.G d'un groupe de BTP qui possède la S.O. Hydro.
-Kraus le connaissait ? -Il l'avait vu
pendant le procès, qui a abouti à un non-lieu.
Pour Kraus, c'était le type qui avait tué son fils.
De le voir avec le maire...
-Il a compris. -Il est venu à la mairie.
Je travaille aux services techniques, j'ai tout entendu.
Je lui ai donné un rendez-vous en dehors du village.
-Et vous lui avez
tout balancé.
Que la S.O. Hydro avait abandonné les contrôles techniques
et détourné les fonds, c'est ça ?
-C'était fait grossièrement.
La société qui a rénové la villa du maire est une filiale du groupe.
Kraus a voulu des preuves.
-Et vous êtes intervenu.
-A l'époque, j'ai gardé des documents accablants.
Mais ça n'a jamais intéressé personne, sauf Kraus.
J'étais content que ça sorte enfin.
-Et content d'empocher 5 000 euros en liquide.
-Je peux bien gagner un peu d'argent en révélant la vérité.
-Oui, on devrait vous décorer.
-Pensez ce que vous voulez.
Quand j'ai su qu'il avait été tué, je me suis dit que c'était lié.
Alors, j'ai envoyé des photocopies à sa veuve.
-A Lydia ?
Quand ? -Je l'ai posté
il y a 2 jours. -Merde.
-Où est-ce qu'il peut être ? -Il a peut-être fait une connerie.
Portable. -Ah, pardon.
Oui, Camille.
Ah, merde.
Vous avez prévenu Marchal ? Bon, j'y vais.
Restez là, je vais au cirque. -OK.
-Ordure. -Aidez-moi !
-Lydia, faites pas ça.
-Si, il a tué mon fils
et mon mari !
-Vos enfants
ont besoin
de vous.
-Non, je vais finir le boulot !
-Lydia, du calme.
On va discuter.
-Vous approchez pas !
Vous approchez pas.
Je vais le buter.
-Pardon.
J'ai fait une erreur. -Fallait y penser avant !
Vous avez causé la mort de tous ces gens pour de l'argent !
-Je croyais que ces contrôles ne servaient à rien, j'étais fou.
Je suis allé au rendez-vous, sur le pont,
il m'attendait.
Je voulais lui donner de l'argent,
mais il voulait me tuer !
-C'est tout ce que tu mérites.
-Lydia, on a toutes les preuves.
Il ira en prison.
Allez, c'est fini.
C'est fini, Lydia.
...
-Maman, c'est nous !
-Salut.
-Coucou.
-Ca va ? -Oui.
-Mon ange.
-Et bisou,
moi, non ?
-A plus.
-Au revoir, ma puce.
-Ciao. -Bon week-end.
-Bon week-end.
-Bon week-end. Tu veux boire quelque chose ?
-Comment ?
-Tu bois
quelque chose ? -Oui, avec plaisir.
-Assieds-toi.
-Merci.
-Du blanc ? -Oui, comme toi.
Merci.
A nous.
-A notre collaboration.
-Il y a un truc qui me chiffonne.
-Oui ? -Non, c'est rien.
J'ai des trous de mémoire.
-Et tu te demandes
pourquoi on a divorcé, c'est ça ? -Oui.
-Ben, moi aussi.
Alors, j'ai réfléchi. -Et ?
-Et en fait, je crois que quand les enfants sont arrivés...
-C'est clair.
Pour moi, ça a été dur.
-Je confirme.
-Toi, tu étais lionne,
ou louve, ou un peu les deux.
Du coup,
j'ai manqué de temps.
-De temps ? Pourtant je t'en ai laissé.
-Et d'espace aussi, en fait.
-D'espace.
-Ben ouais.
Faut toujours faire à ta façon, pas évident de trouver sa place.
-C'est facile de rejeter la faute sur les autres.
-Non, mais excuse-moi, il faut toujours tout faire à ta manière.
-Tu dis que je suis psychorigide ?
-Non. -Si ! Alors, prends ta place.
Prends-la !
-Mais je... -Je dois penser pour 2.
-Pardon ?
-Tu oublies toujours tout. -Oh, ça va.
-Les places
de concert de ton fils
qu'il attendait depuis 6 mois, par exemple !
-Ca va ! Et toi, t'oublies jamais rien ?
-Jamais !
Sous-titrage MFP.
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