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Zulu
...
...
-Et un petit pamplemousse pour ma petite puce.
-Merci.
-Bon, je cherche la suite. -Tu sais,
j'y crois pas une seconde, ils nous ont raconté n'importe quoi.
-Maman nous aurait menti ?
-Oui, elle a pas été mutée comme ça. Elle bosse bien.
A Lyon, le colonel avait besoin d'elle. Elle a demandé Montpellier.
-Pourquoi ? On était bien à Lyon. -Pourquoi ? Papa.
Elle est revenue pour lui. -On parle de maman.
-Elle peut vouloir le reconquérir 10 ans après.
Ce serait trop beau. -Non,
ce serait l'enfer.
Ils nous interdiraient des trucs. Heureusement, ils se détestent.
-Tu penses qu'à toi.
-Oeufs et bacon. -Hum !
Merci.
Sonnerie. -Ah !
...
Merde ! Oui, Léa !
Justement, le dossier d'évaluation pour...
*-Je l'ai déposé chez Olivier. -Super.
-Paul, je t'appelle pas pour ça. On a un corps, "Sel et Mer".
Marais salants à côté des Portes, tu vois ?
OK, à tout de suite !
Bonjour.
-Bonjour, commandant.
-Bonjour, Erwan. Qu'est-ce qu'on a ?
Un seul impact au niveau du thorax.
Le tissu est brûlé tout autour, tir à bout portant, arme de poing.
Vous avez trouvé quelque chose ? -Non, on quadrille la zone.
-Qui était la femme que j'ai vue ? -La belle-soeur de la victime.
Elle a découvert le corps et elle et son frère sont
propriétaires des salins.
-Couvrez le corps !
-Bonjour, monsieur.
Quand avez-vous vu votre femme pour la dernière fois ?
-Il y a 6h. Elle se levait pour son footing comme chaque matin.
-Et vous ?
-Moi, je me suis rendormi. -Jusqu'à quelle heure ?
-Je sais pas, moi.
Jusqu'à 7h, je crois.
-Nous devions voir notre expert-comptable à 9h.
-Ca ne vous a pas surpris de ne pas voir votre femme à 7h ?
-Qu'insinuez-vous ?
-Rien, madame. C'est vous qui avez découvert le corps ?
Vous n'avez pas prévenu votre frère ?
-Je vous ai appelé d'abord. Je pensais que c'était mieux.
-Et vous, vous faisiez quoi
pendant ce temps ?
-Répondez !
-Mon frère est sous le choc.
Respectez sa douleur. Ou j'appelle notre avocat ?
-Non, c'est pas
nécessaire.
-Vous savez, M. Delattre,
les premières 24 heures sont déterminantes,
alors on reprendra cet entretien
à la gendarmerie tout à l'heure. -Merci.
-La belle-soeur est au taquet. -Hum.
On ne va pas l'attaquer de front, on va la laisser décanter.
-Désolé, Thomas avait oublié ses affaires. J'ai dû retourner...
-Hop hop ! Vous vous ressemblez, tous les 2.
Tu oublies le dossier d'évaluation. -Oui, d'accord.
-A la maison, ils oublient rien. -Bravo.
Sinon tu me briefes, là ?
-Sylvie Delattre, 40 ans, femme du propriétaire, tuée par balle.
Aide Erwan à trouver l'arme du crime.
Amusez-vous bien ! -Ouais, merci.
-Alors Camille, on a quoi ? -Sylvie Brochant, épouse Delattre,
38 ans. Elle était pharmacienne à Paris. Il y a 3 ans, elle vient ici
et épouse Jacques Delattre. -De la famille ?
-Tous à Paris. Elle est isolée ici. -Et toujours pharmacienne ?
-Non, mais elle semblait investie dans les salins de son mari.
-Un café ? -Non, merci.
-"Sel et Mer",
c'est une belle société. Ce changement de vie est radical.
De la pharmacie parisienne aux salins de Camargue...
-L'amour. -Ah, l'amour !
J'y crois moyen. Enquêtez sur les Delattre, le frère et la soeur.
-OK. Et Marchal est où ?
-Il drague du côté des salins.
-Ah, d'accord.
-Merci. Bonne journée !
Au revoir !
-Alors ? -J'ai interrogé les sauniers.
Il n'y avait personne avant 7h30. -Et l'arme ?
-Les techniciens n'ont rien vu. -Mais pourquoi ils sont partis ?
Qui va draguer le bassin ? -Le commandant Soler ne peut rien.
La récolte de fleur de sel est brève. Entreprendre un dragage
ferait couler la boîte. -J'aime obéir à mon ex-femme.
-Il y a 100 000t de gros sel et des milliers de tonnes de fleur de sel,
des centaines de saisonniers et 45 millions de chiffre d'affaires.
-Jacques Delattre et sa soeur en sont les actionnaires.
-Oui, c'est l'héritage paternel. -Et Sylvie ?
-Sylvie travaillait comme salariée, même pas en CDI.
Elle récoltait le sel avec les sauniers.
-Avec les quoi ? -Les sauniers,
les ouvriers des salins. -C'est joli, ça.
Donc la femme du patron, ex-pharmacienne, devient ouvrière,
alors que son mari et sa belle-soeur gagnent des millions.
Jacques Delattre va nous éclairer. Vous l'avez convoqué ?
-Oui, il vient à 14h. -Merci, Camille.
Très jolie, votre coupe de cheveux. -Merci.
-Hé oh !
Allez-y doucement, c'est de la fleur de sel.
-Ca devait pas être facile d'avoir la femme du patron dans l'équipe.
Vous deviez vous sentir surveillés. -C'est nous qui la surveillions.
-Comment ça ? -Elle faisait des crises bizarres.
-C'est-à-dire ?
-Un jour, on s'est abrités dans un camion à cause d'un orage
et elle s'est mise à étouffer, comme dans une crise d'asthme.
-Elle respirait mal.
-Oui, elle semblait affolée. Elle s'est calmée en voyant son mari.
-C'est plutôt une crise
de panique.
Elle était comment ?
-Je sais pas, en tout cas pas particulièrement stressée.
On nous a dit
de faire attention, que ça pouvait arriver n'importe quand.
-Erwan. -Hum ?
-Tu peux me remplacer 2mn ? -Là, tout de suite ?
-Oui, pas demain.
Ce bassin est tout petit.
-Vous avez une autre paire
de bottes ? -Oui.
-Alors la fleur de sel, c'est ça ? -Oui.
Mais on ne peut pas la récolter tout le temps,
juste en été et quelques heures
par jour.
-Vous travaillez ici depuis quand ? -Ca fait bien 40 ans.
Quand j'ai commencé, c'était le père de Jacques, le patron.
Jacques, lui, c'était le gamin. Il courait partout.
Il aimait se lever à l'aube,
récolter la fleur de sel avec nous. -Une passion.
-Regardez !
C'est beau, non ? -Oui.
-Sylvie aussi,
elle adorait ça. Elle nous parlait pendant des heures de la couleur
de l'eau qui change, alors que nous, depuis le temps...
-Elle travaillait bien ? -Et sans se plaindre.
Qu'il pleuve, qu'il vente, elle était toujours là.
Elle était saunier comme nous.
-Et Jacques ?
Enfin, je veux dire, elle et Jacques ?
-Je sais pas.
Ca me regarde pas, ça.
-Alors, Sylvie ?
Qu'avez-vous à nous raconter, hein ?
C'est quoi, cette cicatrice ? -Vous refaites toujours
l'examen.
-Je ne crois que ce que je vois. Bonjour, Franck.
-Justement, j'ai votre réponse concernant le calibre.
Un bon vieux 9mm. La balle a touché l'aorte thoracique. Fatal.
-L'heure ? -Entre 6 et 7 ce matin.
-Et c'est quoi, ça ? -Coup de couteau.
La lame s'était arrêtée près de la jugulaire. Elle aurait pu y passer.
-On peut le dater ? -3 ans.
-Pile au moment où elle s'installe ici.
Merci, Franck. -De rien.
-Alors ?
Des nouvelles ? -Oui. Sylvie s'est fait agresser
une 1re fois dans la pharmacie qui a été braquée.
Sa collègue a été tuée. -Ca explique ses crises de panique.
Un mélange de claustrophobie et de paranoïa.
-Pas étonnant. -Hum.
C'est long, 3 ans, pour un traumatisme.
-Mais le procès, c'était il y a un mois. Son mari était présent.
-Je lis que les braqueurs sont entrés dans la pharmacie,
que le 1er a sorti un couteau, le 2e, un revolver,
qu'ils étaient sous l'emprise de la drogue et que ça a dérapé.
-Sylvie voulait protéger Florence, sa collègue.
Elle a reçu un coup de couteau en pleine poitrine.
Ca a servi à rien.
Florence est morte dans ses bras.
-Vous avez assisté au procès ? -Oui.
-Vous pouvez m'en parler ?
-C'était très dur pour Sylvie.
Elle revivait les choses à travers le procès.
Chaque jour, c'était de plus en plus difficile.
Et un des braqueurs l'a accusée de faux témoignage.
C'était d'une violence !
Il lui criait dessus, lui disait qu'il avait pas de flingue
et qu'elle inventait tout ça pour se poser
en victime. Sylvie était dans tous ses états.
Elle a pas pu assister au verdict.
-Et vous, vous êtes resté ? -Oui.
Le meurtrier en a pris pour 20 ans et son complice, 15.
Mais ils ont fait appel.
*-M. Delattre, comment vous avez rencontré Sylvie ?
-Chez des amis.
J'ai tout de suite vu
qu'elle avait quelque chose de différent.
C'est ça qui m'a touché.
-Qu'entendez-vous par "différent" ?
-Sylvie avait peur de tout, avec ce qui lui était arrivé.
Ca la poursuivait et ça lui pourrissait
la vie.
-Troubles du stress post-traumatiques.
Elle était suivie pour ça ?
-Elle voulait l'aide de personne.
Même moi, je lui servais
de psy au début. Et l'année dernière, elle participait
à un groupe de paroles dans une association.
Elle y allait même 2 fois par semaine.
Et là, elle allait bien.
-Le nom de l'association ?
-"Et la vie après".
La vie après...
-Vous n'avez pas l'autorisation de faire ça.
-Ah bon ? -Vous massacrez ma production.
-Je cherche l'arme qui a servi à tuer votre belle-soeur.
Du sel, c'est plus important ? -Vous faites
votre travail, mais beaucoup d'argent est en jeu.
Rien ne nous ramènera Sylvie. Ca ne sert à rien.
Le sel a dû ronger les traces ADN.
-Vous êtes bien informée. Comment vous savez ça ?
-Cherchez plutôt le type qui a menacé Sylvie la semaine dernière.
Elle n'a rien dit à mon frère,
pour le ménager, mais ça devait être un des braqueurs.
-Pourquoi n'avoir rien dit ? -Ce matin, après avoir trouvé
son corps ? Vous avez
beau croire que je suis insensible, sachez que j'étais sous le choc.
-Une femme tuée par balle, déjà victime d'une tentative de meurtre.
-Et qui souffre de stress post-traumatique.
-Mariée à un homme plus âgé et héritière potentielle d'un domaine.
-Sa belle-soeur n'est pas émue de sa mort. Et l'arme du crime ?
-Ils cherchent toujours. -Vous le relayez, Marchal ?
-Oui, mais j'ai rendez-vous chez le psy.
-Vous avez des soucis ? -Non,
mais mon ex-femme est revenue s'installer
dans la région et je sais pas
comment gérer ça, donc je veux en parler.
-Monsieur a ses enfants une semaine sur deux et il se plaint.
-Tu vas me dire
pourquoi tu es revenue, Léa. Je veux avoir une explication.
-Ce n'est ni le moment, ni le lieu, alors respectez la hiérarchie
et tout ira bien.
-Mais j'ai rendez-vous
avec Myriam Lancelot, la psy
de "La vie après". -J'en ai marre
de vos initiatives personnelles. Je définis les priorités,
et les priorités actuelles, ce sont les braqueurs,
Nicolas Pernette et Tom Castagner. Pernette a même menacé Sylvie
pendant son procès.
-Ils sont en taule. Ils ont pas pu
engager un tueur et Christiane Delattre
nous balade.
-Pernette est en liberté surveillée sous bracelet électronique.
Il s'est rendu mardi dernier
à "Sel et Mer". -Oh, c'est ballot.
Bon travail, Camille. -Merci.
-On se concentre
sur Pernette.
-Il était aux Salins le matin du crime ?
-Non.
-Mais ça veut rien dire. Il peut avoir un complice.
Vous allez où, Marchal ? -Me faire soigner.
-La porte.
La porte.
-Je le disais. Depuis que mon ex-femme est revenue dans ma vie,
ça va pas.
Elle me stresse. -Merci, Jean-Louis,
et bravo, tu nous as dit plein de choses aujourd'hui.
-Merci. -Bien.
On se revoit tous demain matin.
-A demain !
-A demain !
-Bon courage !
Au revoir !
Merci de votre aide, docteur.
-Je vous en prie, vu les circonstances.
-Tous vos patients souffrent de stress post-traumatique ?
-Oui, à différents degrés. -C'est quoi, le profil type ?
-Ce sont souvent des femmes qui ont subi des violences conjugales,
d'anciens militaires. -A demain, docteur.
-Au revoir, Luc. -Au revoir.
Pas de tensions avec Sylvie dans le groupe ?
-L'état d'esprit est très positif. On partage, on libère la parole.
Sylvie aimait cette méthode. On voulait arrêter
ses médicaments, mais... -Elle a fait une rechute.
-Hé oui. Le procès a été tellement...
Tellement violent. Les symptômes sont revenus.
Peu après l'audience, elle se sentait à nouveau suivie.
-Suivie par qui ? -Elle ne savait pas.
Elle n'était même pas certaine.
C'était confus. J'ai mis ça sur la réactivation de son stress.
Mais vu ce qui s'est passé, peut-être que c'était vrai.
-Ben... merci, docteur. -Je vous en prie.
-Une dernière chose. Puis-je avoir la liste des membres du groupe ?
-Oui, bien sûr. Suivez-moi ! -Oui.
-Thomas !
Thomas, tu as changé
depuis qu'on a déménagé. Tu n'es plus le même. Tu restes là à jouer
sur ta console ou a surfer sur Internet.
Avant, tu faisais du sport.
-Et merde !
Tu es encore là, toi ?
Tu appelles pas ta copine, Aglaé ? Fous-moi la paix !
-Tu es jaloux parce que j'ai
une amie et pas toi. -Je veux pas me faire des amis.
Je passerai mon bac et je rentrerai à Lyon.
-On n'a pas déménagé ici pour redéménager
dans l'autre sens. Tu te feras à ton nouvel environnement.
Et alors ton bac...
-J'ai aucun conseil à recevoir d'une gamine
qui pense que ses parents
vont se remettre ensemble, et de 2, tu peux sortir de ma chambre ?
Sifflement.
-Faites des gosses !
Surtout m'aidez pas pour les courses ! Où est ton frère ?
-Dans sa chambre, il joue à sa console.
Maman, tu as entendu parler des hikikomoris ?
-Des hiki quoi ? Ne me dis pas que tu t'es mise au japonais, Alice !
-Des milliers d'adolescents japonais
restent dans leur chambre des mois, voire des années.
-Ah, quand même. -Ils jouent
à leurs jeux vidéo, surfent sur Internet et parlent à personne.
-C'est terrible. Tu ranges les courses ?
-Maman, tu captes pas.
Thomas est comme les hikikomoris. -Tu exagères un peu. Thomas !
-Il est devenu un geek, et du geek à l'hikikomori, il n'y a qu'un pas.
-Ecoute, ma chérie...
Ne t'inquiète pas pour ton frère !
Vous mangez dans le salon, donc Thomas ne finira pas comme ça.
-Tu devrais en parler avec papa car chez lui, on mange où
et quand on veut,
si on passe l'aspirateur après. -Il m'énerve. Il m'énerve.
-On mange à quelle heure ?
-Bonsoir. -Bonsoir.
-Bonsoir. -Bonsoir.
-Bonsoir. -Bonsoir.
-Bonsoir.
-Bonsoir.
-Bonsoir.
...
-M. Pernette, Sylvie Delattre a été tuée hier matin.
-Non ?
-Hm hm, tuée à bout portant avec un Beretta.
-La même arme qui vous a servi à braquer
sa pharmacie il y a 3 ans. -Je n'avais pas d'arme.
Ca s'arrêtera jamais.
-Vous êtes allé chez "Sel et Mer" pour menacer Sylvie ?
-Je ne l'ai jamais menacée.
-Non ? Et au procès ?
-Oui, au procès, j'ai craqué, mais comprenez-moi, je suis innocent.
-C'est ce que disent les coupables.
-J'ai suivi l'autre gars, j'étais paumé à l'époque.
-C'était un braquage.
-J'avais pas imaginé ça. L'autre avait un couteau, mais moi, rien.
J'étais trop défoncé pour tenir un gun. J'ai dit ça à Mme Delattre.
-Continuez !
-J'ai été la voir aux Salins pour pas retourner en taule.
Je voulais qu'elle change son témoignage.
Le revolver, elle l'a inventé. Elle était en état de choc
et dans ce cas, l'imagination s'emballe.
-Vous avez demandé à Sylvie de revenir sur sa déclaration.
-Oui. Si j'étais pas armé, je prenais 5 ans au lieu de 15
et je voyais grandir mon fils.
-Et alors ?
-Elle m'a écouté. Elle m'a dit que oui peut-être, elle ne savait plus.
Elle m'a dit qu'elle en parlerait avec son avocat.
J'avais aucune raison de la buter.
Elle seule pouvait me sauver de ma merde.
Maintenant qu'elle est morte, je fais quoi ?
-Nous allons vérifier tout ça, M. Pernette.
Une dernière question. Avez-vous suivi Sylvie avant d'entrer
en contact avec elle ? -Non.
J'ai vu un article sur les Salins, j'ai su qu'elle habitait là.
J'y suis allé
et je l'ai vue. Elle travaillait sur les bassins avec les...
-Les sauniers. Ca s'appelle ainsi.
-Les ordres du commandant Soler...
-Merci, Marchal.
-Ca va, Erwan ? Tu vas rester à la gendarmerie aujourd'hui.
Oui, c'est Camille qui va y aller. Il marche, ce truc, ou quoi ?
Là, ça bipe.
Il y a un bruit. -Attendez !
-Ma puce, tu es pas en cours ? -Non, papa, je dois te parler.
C'est grave. -Je t'écoute.
-Tu connais les hikikomoris ? -Les kiki quoi ?
-Je vais t'expliquer.
-C'est quoi, ça ?
-J'ai tracé les trajets empruntés par Sylvie Delattre.
Là, c'est le parking de l'hôpital et je vais récupérer les archives.
-Pour faire quoi ?
-Si elle était suivie, je trouverai quelque chose. J'ai besoin d'aide.
-Compte pas sur moi. Où est Marchal ?
Je peux vous parler, capitaine ? -Oui, qu'y a-t-il ?
-Euh...
-C'est bon, ma puce, vas-y, je m'en occupe.
-OK, merci. Bonjour, Erwan.
-Bonjour. -Au revoir, Erwan.
-Au revoir, Alice. L'arme que j'ai trouvée
est celle qui a tué Sylvie Delattre.
-Tu as un nom ? -Luc Reynart.
-Reynart, oui.
Vous allez où, là ? Capitaine !
-On en est où sur cette histoire de filature ?
-C'est long.
-Et laborieux et ingrat. -Erwan, fais pas cette tête-là !
-Le sel m'a rongé la peau.
C'est corrosif. 250g de sel suffisent
pour se suicider.
-Allons bon !
Sonnerie.
-J'écoute ? *-Passe-moi Léa, s'il te plaît.
-Je vous la passe.
-Marchal, vous faites quoi ? *-J'ai une info.
-On vous écoute. *-Luc Reynart est
un des participants au groupe de parole de Myriam Lancelot,
*"La vie après". -Le profil ?
-Ancien légionnaire. Il a un casier pour faits de violence
*sur la voie publique et il habiterait
*à la lisière des marais salants. -Alors allons le cueillir !
-Non, quelque chose cloche.
*Reynart est un militaire. Il aurait gardé son flingue sur lui.
*Le profil du tueur, c'est
amateur, il tire à bout portant, il jette
son flingue.
-Mais il peut avoir dérapé
*sous le coup d'une émotion forte.
-OK, Camille, Erwan, allez le chercher !
-OK.
-Merci, Marchal. *-De rien.
*Attends, Léa, Alice est venue me parler des hikikomoris.
-Oui, mais quand elle parle de son frère, elle exagère.
A plus tard. *-Non, elle a raison
*de s'inquiéter. -Je t'écoute, Paul.
Il est déraciné. *-Et avec un père toujours absent.
S'ils sont venus, c'est pour te voir, Paul.
-Mais ils me voient.
-En dînant dans vos chambres, vous renouerez pas le contact.
-Je les ai 1 week-end sur 2 depuis 10 ans, je les ai pas vus grandir,
mes mômes. Toi, tu arrives comme ça. C'est pas facile pour moi.
-De quoi tu parles, Paul ? Un dîner en famille autour d'une table,
c'est la base, merde ! -Hum hum !
On va devoir avoir une petite explication, vous, moi
et le capitaine Marchal. Vous me suivez ?
-Oui, mon colonel. Tu as entendu ? Tu ramènes ta fraise.
-On est si bien chez vous ! -Hé oui.
-Depuis votre arrivée, commandant Soler, nous avons dû faire face
à des couacs dans le fonctionnement de l'équipe.
C'était difficile avant que vous ne preniez
le commandement et ça ne s'est pas arrangé.
La discussion est saine dans une équipe,
mais le débat n'a pas sa place dans une brigade.
La hiérarchie est sacrée dans la gendarmerie.
En d'autres termes,
arrêtez de vous bouffer le nez !
Vos disputes perturbent
l'organisation.
Je sais que vous avez été mariés, mais vous devez laisser
vos histoires personnelles de côté, au travail.
Je ne veux pas d'un seul conflit supplémentaire.
Marchal, vous obéissez
aux ordres.
Vos arguties font perdre du temps et de l'énergie à tout le monde.
Et Soler,
vous ne devez pas laisser vos ressentis personnels
impacter votre gestion de l'équipe.
Ne m'obligez pas à vous sanctionner, hm ?
-Bien, mon colonel. -Bien, mon colonel.
-Tu es content ?
Si je reprends la clope, c'est à cause de toi.
C'est toujours à cause de toi.
La porte !
-Je checke l'intérieur, tu fais le tour ?
...
-Luc Reynart, vous êtes
en garde à vue à compter de 14h48.
-Ah oui ? -Lâchez ça, monsieur !
-On ne peut plus
prendre de photos ?
-Suivez-nous ! -Lâchez-moi, je vous suis !
-Pourquoi alliez-vous au groupe de parole ?
-16 avril 2010.
Explosion d'une mine artisanale à l'est de Kaboul.
Ca vous marque aussi là-dedans.
-Vous reconnaissez cette arme ?
-J'avais un pistolet de ce type. On me l'a volé il y a 15 jours.
-C'est incroyable, ça tombe bien, car c'est bien l'arme qui a tué
Sylvie Delattre.
-J'ai fait une déclaration de vol il y a 2 semaines.
-Vous avez voulu vous protéger. -C'est pas le cas.
-Quelle était la nature de votre relation
avec Sylvie Delattre ?
Modèle ? Muse ?
Maîtresse ?
-Je réponds pas, c'est ma vie privée.
-C'est une enquête criminelle et vous êtes en garde à vue,
alors quelle était votre relation avec Sylvie ?
Une amitié entre traumatisés, pas de quoi rendre jaloux son mari ?
Ce serait ballot, avec tout ce qu'il a enduré et supporté.
Les crises, les névroses,
les peurs, les angoisses.
Tous les conjoints n'ont pas le même courage.
Votre femme vous a quitté combien de temps
après les premiers symptômes ? -Tous les coups sont permis.
-M. Reynart, la situation est la suivante.
Vous n'avez pas d'alibi, vous étiez
secrètement proche de la victime, l'arme du crime vous appartenait
et Sylvie se sentait suivie. Nous avons tous les ingrédients
du crime passionnel, alors si vous voulez parler, c'est maintenant,
car si nous découvrons
que c'est vous qui suiviez Sylvie, je ne suis pas sûre
que le procureur aura très envie de discuter avec vous.
-Maman, j'ai une bonne nouvelle.
Thomas a lâché sa console.
Bisous, à ce soir !
-Et voilà ! Maman fera la gueule. -Non, pas du tout,
elle sera super contente pour toi. Yah !
Allez, tu vas t'acclimater ! C'est normal que ça prenne du temps.
Tu vas te faire des copains. Regarde ta soeur !
Elle en a et c'était pas gagné. -Ca, c'est sûr.
-En tout cas, je suis content que vous soyez là. Vous m'avez manqué.
Je vais en profiter, OK ?
Ca bosse, ma puce ? -Toujours.
-Tu veux pas faire des paniers ?
-Yvon, bonjour. Erwan, Camille. Alors, vous en êtes où ?
-Ca avance. On a encore
le Break qui suit Sylvie.
-L'immatriculation est pas lisible. -Fouillez les rues adjacentes !
Il y a toujours un parano qui installe
une caméra sur son portail. -OK.
C'est la rue empruntée
par Sylvie pour aller à l'hôpital. -Un pote a découvert comme ça
que sa nana le trompait.
Il l'a vue embrasser son meilleur ami.
-Waouh ! L'hallu. Ah, regardez, là !
Deux caméras pour le prix d'une. -OK, foncez, Camille !
-OK, ça marche.
-Erwan, vous savez
comment faire parler Reynart ? Vous reprendrez l'interrogatoire.
-Ah bon ? -Oui, allez-y, je vous regarde !
Vous méritez bien, après tout ce que vous avez dragué.
-Le commandant Soler est débordé ?
-Ca...
C'est votre Beretta.
J'ai passé 2 jours à gratter dans la saumure pour le trouver,
alors je vous garantis que j'ai pas envie de rigoler, là.
Vous êtes atteint
de stress post-traumatique. Une saloperie, ce syndrome.
Ca rend parano. On se sent tout le temps en danger
et on peut même devenir violent. -Non, je m'en suis sorti.
Je vais mieux, demandez
à ma psy !
-Un militaire qui se fait voler son arme,
c'est pas commun.
J'ai ici une déclaration
de vol au nom de Luc Reynart. C'est bien vous ?
On vous a volé votre Beretta qui était dans votre véhicule.
Ce vol aurait eu lieu quand vous preniez de l'essence
le 6 septembre vers 18h30,
mais à cette heure-ci,
vous photographiiez ceci
dans les marais. C'est pratique, les métadonnées, il y a la date,
l'heure et les coordonnées GPS.
Vous êtes dans une mauvaise
posture, M. Reynart.
*Ce serait bien de me dire la vérité.
-J'ai donné le Beretta à Sylvie. Je sais, c'était une grosse connerie.
-Pourquoi avoir fait ça ?
-Depuis le procès, elle avait peur à nouveau.
Elle me disait qu'avoir l'arme avec elle,
ça la rassurait. J'aurais pas dû l'écouter.
Je pouvais pas lui dire non.
-Parce que vous l'aimiez ?
-Oui. Oui, je l'aimais.
*Quand elle m'a dit qu'elle voulait quitter son mari, j'ai espéré.
*On était très proches.
*Mais finalement, elle voulait pas de moi. Je lui ai juste servi
de révélateur pour quitter Jacques, et Jacques, de médicament
pour se remettre
de son agression.
Au fond, elle nous utilisait autant l'un que l'autre.
-Homme médicament, révélateur... Ca fait des ravages, la psy.
-D'ailleurs j'étais quoi pour toi, moi ?
On n'en a jamais parlé.
-Paul, c'est hors sujet, surtout après ce qu'on s'est pris hier.
Il dit qu'on s'engueule toujours, alors qu'on s'engueule jamais.
-Oui.
-Bon, notre suspect numéro 1 est innocent.
Tu proposes quoi ? -J'irais bien réinterroger le mari.
Reynart a dit qu'elle voulait le quitter.
-Delattre se fait passer pour le mari parfait, aimant, protecteur,
mais quand elle a peur d'être suivie, elle lui dit rien.
C'est bizarre, cette histoire. -Sauf si elle pensait que c'est lui
qui la faisait suivre.
...
-On peut se parler ?
-Bonjour. M. Delattre, depuis quelque temps, votre femme
avait l'impression d'être suivie,
vous le saviez ? -Non.
-Elle ne vous a rien dit ?
-Elle avait peur de t'inquiéter. -Mais elle vous disait tout.
Vous étiez son psy. Elle comptait
sur vous pour la protéger, non ?
-Elle ne voulait pas le décevoir. Jacques était ravi de ses progrès.
Une rechute l'aurait
affecté. -Une rechute ?
Qu'est-ce qui vous fait penser que sa surveillance était pas réelle ?
-Ecoutez, Sylvie était très fragile, limite paranoïaque.
-Elle a été assassinée, alors elle était pas si parano que ça.
Elle avait une arme. -Ecoutez...
-Mme Delattre, votre frère est assez grand pour me répondre,
non ? Si.
Donc vous saviez que Sylvie avait une arme en sa possession ?
-Non.
-Pourtant elle vous disait tout.
-Erwan, viens voir, l'oeil de Moscou a parlé !
Alors, voilà notre Break et une belle plaque d'immatriculation.
-Fais voir !
Alors...
Devine à qui est cette voiture ? -A Luc Reynart ?
-André Clément. Tu sais où il travaille ?
-Non. -Chez "Sel et Mer".
Sonnerie.
-Oui, ma chérie, ça va ?
-On a réussi. Thomas ne deviendra pas un hikikomori.
*-Bon, c'est une bonne nouvelle. Ma puce, je dois te laisser
parce que je suis au boulot. Bisous.
André ! Il faut qu'on parle.
-C'est pas moi. -Je sais pas, ça.
Vous suiviez Sylvie. -Je sais. J'ai rien contre elle.
Je l'aimais bien. -Alors pourquoi l'avoir suivie ?
-Si je le dis, je suis viré. -Alors vous ferez de la prison
pour meurtre. Qui vous payait ?
-Christiane, la frangine.
-Pourquoi ? -Pour savoir
si Sylvie trompait Jacques. -Et ?
-Il y avait bien quelque chose avec un type qui vivait dans une cahute.
-Oui, Reynart. -Oui.
C'était juste un ami. Ils s'engueulaient...
-Attendez, Christiane vous demande d'espionner sa belle-soeur
et vous le faites ? -Je bosse ici depuis 40 ans.
On obéit à la patronne. -Quelles étaient les relations
entre les 2 femmes ? -Je sais pas.
-Ah bon ? Pourtant vos collègues ont assisté à une grosse dispute
entre elles et vous y étiez.
-Sylvie voulait changer les choses.
Elle voulait qu'on ait des pauses, des soins si on avait mal au dos.
-Christiane était contre.
Avoir la femme du patron du côté des employés, ça le fait pas.
André,
dites-moi, entre le frère et la soeur, le vrai boss, c'est qui ?
Vos filatures, vous les avez notées quelque part ?
-Oui. -Alors je veux les notes.
*Pourquoi la faire suivre ?
-Jacques lui avait proposé de rentrer dans le capital.
Je voulais m'assurer de sa sincérité avec mon frère.
-Vous deviez pas aimer qu'elle s'implique dans vos affaires.
"Sel et Mer",
une entreprise familiale. -Sylvie était dans la famille.
-Oui, et elle était bénéficiaire sur le testament de Jacques
et en cas de décès de votre frère, vous étiez à 50-50.
J'imagine que cette perspective ne vous enchantait pas.
-Vos insinuations sont vaines.
*La marche de l'entreprise n'intéressait pas Sylvie
et elle avait refusé de prendre des parts dans la société.
C'est pour ça que j'ai cessé de la faire suivre.
-Comment ça, elle a refusé ? Qui peut refuser ça ?
Jacques était
au courant de cette filature ?
-Non, et ça le blesserait de le savoir. Ne lui dites rien !
-Elle ment. Elle couvre son frère depuis le départ
et j'ignore pourquoi. -Dans le carnet
où le saunier notait ses filatures, je vois que Sylvie allait
dans des agences immobilières.
-Donc elle cherchait un appartement.
Donc Christiane savait que Sylvie voulait quitter son frère.
-Elle aurait prévenu Delattre ? -Oui.
Il tient sa femme sous sa coupe depuis leur rencontre,
il ne veut pas qu'elle vole de ses propres ailes. J'y vais.
-Ils sont énervants, tous les deux.
...
-Monsieur Delattre !
Que s'est-il passé avec Sylvie ?
Qu'avez-vous ressenti quand vous avez compris
qu'elle voulait partir ? De l'incompréhension ?
De la colère ?
Alors vous avez fouillé dans ses affaires pour tenter de comprendre.
Vous avez trouvé le Beretta.
-Et je l'ai pris.
Je voulais mourir, me tirer une balle dans la tête devant elle
pour qu'elle réalise ce qu'elle m'avait fait.
Alors je l'ai attendue sur le chemin,
j'ai pris l'arme,
je l'ai mise sur ma tempe et j'ai armé.
-Et elle vous en a empêché ? -On s'est battus,
mais le coup est parti tout seul.
Mais je l'aimais, moi ! Je voulais pas la tuer !
-Qu'avez-vous mis là-dedans ?
-Vous savez qu'au Japon...
Le sel est un élément purificateur ?
Les gens s'en aspergent pour éloigner
le mauvais esprit.
Ha ! -M. Delattre.
Commandant Soler, unité de réanimation, "Sel et Mer"
pour empoisonnement au sel. Vite !
M. Delattre, accrochez-vous !
-Je voulais pas la tuer. -Je sais. Chut !
Ca va, mon ange ? -Ca va.
-Tu as passé une bonne journée ? -Oui.
-Tu étais où ? -J'ai été faire un basket.
-Tu pourrais prévenir. -Tu as enfin quitté ta chambre ?
C'est bien, bravo ! -Ca va, je suis pas taré, non plus.
-Ne stigmatise pas les hikikomoris, ça arrive à des jeunes très bien,
voire même aux plus intelligents. C'est pour ça qu'on passe à côté.
-Alice, c'est bon.
Mettez la table et surveillez le four, j'ai une course à faire.
-Tu vois, ils vont se remettre ensemble.
-Je la connais, cette tête. -Quelle tête ?
-La même
que lors de la finale de la Coupe d'Europe.
-Bon, abrège ! Qu'y a-t-il ? -Pourquoi tu es revenue, Léa ?
Pourquoi j'ai eu aucune explication ?
Tu arrives avec ton système et on doit faire avec ?
-Waouh ! Tu es lourd. Franchement. Bonne soirée, Paul !
-Tu as honte ?
J'ai entendu dire que c'était pas une récompense,
cette mutation. -Tu t'es renseigné sur moi ?
-Oui, tu me dis rien.
-La vérité, c'est que j'ai merdé à Lyon.
-Un peu ?
-J'avais pas envie d'y penser, d'en parler,
et surtout pas avec toi. -Pourquoi ?
Que s'est-il passé ?
-J'étais sur une affaire, une femme victime de violences conjugales.
Elle était fracassée, j'ai voulu la défendre et j'ai été trop loin
avec le mari. -Tu te l'es payé, quoi.
-Disons que je l'ai un peu bousculé, verbalement.
-Un peu ou... ?
-Ca s'est passé devant des témoins. Le type était un manipulateur,
il a porté plainte.
Il a dit qu'il était victime de violences policières.
Le colonel a dû me sanctionner, j'avais dépassé la ligne jaune,
motif : "perte de contrôle". La mutation, c'était la suite logique.
-Le colonel t'aimait bien.
Tu aurais pu être mutée à Vesoul. -Non, c'est moi qui l'ai voulu.
J'ai pensé que tu verrais plus les enfants, mais je n'imaginais pas
qu'on travaillerait ensemble. J'ai demandé Castelnau.
-Castelnau ? -Castelnau.
Ca te dit quelque chose ?
C'est là où exerce le lieutenant Pavar,
mon prédécesseur, ton ex-supérieur hiérarchique.
Tu comprends toujours pas ? Le commandant Pavar en a eu
tellement marre de l'ingérable capitaine Marchal
qu'il m'a piqué mon poste. -Mais non.
-Et si. -C'est pas vrai ?
OK.
On fait quoi, maintenant ?
-Je sais pas.
Sous-titrage MFP.
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