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NETFLIX PRÉSENTE
AU DÉBUT DU XVe SIÈCLE
Où allez-vous ?
Vous rampez du mauvais côté.
Ce vent que vous sentez vient d'Angleterre.
L'Écosse est par là.
Mes seigneurs.
Mes excuses pour cette attente.
Je sais que le voyage a été long et éprouvant.
J'espère que vous savez que ces temps de troubles
me consument
jour et nuit.
J'ai appris
que ce fut une rude bataille contre les rebelles écossais.
Certes, Majesté.
Nous avons perdu 300 hommes.
- Amen. - Amen.
Mon bon Hotspur,
vous avez mené la charge. Y a-t-il des prisonniers ?
Maints.
- Sont-ils en route ? - Non.
Pourquoi ne pas les avoir menés directement à moi ?
Vous refusez de payer la rançon de Mortimer.
Parlez plus fort, mon garçon.
Je suis un vieil homme.
J'ai les oreilles bouchées.
Les Gallois retiennent le cousin Mortimer.
Pourquoi refuser de payer sa rançon ?
Car je refuse de croire qu'il a été fait prisonnier.
Mortimer est comme un traître.
Il a rallié les rebelles gallois.
Il a trahi l'Angleterre, il est désormais mon ennemi et donc le vôtre.
Partagez-vous mon précis, jeune Hotspur ?
Ce sont là les divagations d'un vieux démon fou.
Harry, je t'en prie, cesse.
Non, qu'il parle.
Je souhaite l'entendre.
- Majesté... - Vos divagations
sourdent tellement la malveillance
que vous avez perdu le nord,
derrière les remparts de votre monstrueux château.
Ma famille vous a servi, a aidé à votre ascension.
On combat pour vous, comme Mortimer.
Et tandis que vous bavez sur ce poulet,
lui croupit dans leurs geôles
où les sorcières galloises le mutilent.
Majesté,
veuillez excuser mon fils.
Il est exténué.
On est seulement venus quérir votre aide pour faire libérer Mortimer.
On vous a aidé, ainsi que l'Angleterre.
La guerre déchire plus que jamais nos terres.
Les Écossais tiennent bon. Les Gallois commencent. Et pour quoi ?
Pour quelle raison, croyez-vous, vieil homme ?
Qui imaginez-vous tenir responsable ?
Les poules ne volent pas.
J'en ai vu une
franchir une barrière en battant des ailes.
Vers sa liberté.
Les renards sont libres, eux aussi.
Il est vrai, Percy. J'ai une dette envers vous.
Envers votre famille, davantage encore.
Si les traîtres de prisonniers écossais
ne sont pas menés devant moi au plus vite,
je vous pendrai haut et court.
Est-ce bien compris, jeune Percy ?
Majesté, veuillez nous pardonner.
Quel garçon fielleux.
Il va me trahir. J'en suis certain.
Si seulement il était mon fils.
Hal.
Hal ?
- Qu'y a-t-il ? - Falstaff s'est blessé.
Oui. Regardez.
- Vous êtes entrés ? - La porte était entrouverte.
Point du tout.
Si. Elle était entrouverte.
Aucunement.
Comment aurait-on pu entrer sinon ?
M'accusez-vous de m'être fabriqué une clé secrète ?
Oui.
Falstaff s'est blessé, Hal. Pouvez-vous le soigner ?
Majesté.
Vous aurez une belle pièce en récompense.
Je n'en ai cure.
Votre loyauté d'ici jusqu'à Megiddo me suffira.
Elle est déjà acquise.
Quel piètre négociateur.
Tu gâches du bon vin.
- Je nettoie la plaie. - Donne.
Ça m'a l'air très chaud.
Allez-y.
Prince Henri.
Qui es-tu ?
On arrive de la cour. On aimerait une entrevue.
Mais encore ?
Je vous en prie, sire. En privé.
Au beau milieu d'Eastcheap ?
Je demande aux gens de se couvrir les oreilles ?
Je vous en prie.
Qu'y a-t-il ?
Votre père, Sa Majesté le roi...
Votre père, Sa Majesté Henri, est souffrant.
Il vous fait mander.
Je te suggère de rentrer au palais
et de lui dire que je n'ai cure de sa requête.
Je dois transmettre sa requête toutes affaires cessantes.
Dis-lui que je n'ai cure de ses affaires.
Madame. Il est l'heure de partir.
Pourquoi ?
Le jour s'est levé. Regardez. Dehors. Le soleil est haut.
Vous allez le rater.
Levez-vous. Vous devez partir.
À la bonne heure.
Levez les bras.
Fort bien.
Faites réparer cette porte.
Qu'y a-t-il ?
La visite à votre père.
Pars.
Si votre père est assez souffrant pour vous faire mander,
il faut lui rendre visite.
Mieux vaut le regret d'avoir obéi que de ne pas s'être déplacé.
Si votre père est souffrant, qu'importe vos sentiments,
vous devez aller le voir.
Mais
ce n'est pas tant par préoccupation de la santé de notre roi
que par crainte de l'ébriété dans laquelle vous risquez de sombrer
si vous faisiez fi de son appel
et qu'il mourait sans que vous ayez pu régler vos comptes.
Dans pareil état, je crains que vous ne m'en remontriez.
Faites-le.
Dussiez-vous ne jamais plus m'écouter.
Votre trésor est mis à rude épreuve,
je me demande si la plaie des Lollards
est à l'origine de cette suggestion d'accabler l'église d'un impôt
pour résoudre des problèmes auxquels l'église est étrangère.
Votre Majesté.
Henri, prince de Galles.
Mon fils.
Entre.
Je sens que ma vie touche à sa fin, et pourtant,
ma composition paraît plus robuste que la tienne.
Le moment est venu pour nous de considérer
la question...
de ma succession.
Tu ne seras pas roi.
Bien que mon fils aîné,
pour des raisons évidentes au vu de tous,
au fumet de tous,
tu n'hériteras point de la couronne.
Je ne la sollicite pas.
Ce privilège et cette responsabilité échoiront à ton frère Thomas.
Il est tendre, mais passionné.
Il mènera mon armée contre le nouveau félon Harry Percy.
Je pars du principe que cette nouvelle n'est ni une surprise ni une déception.
Mais il est de mon devoir en tant que roi
et en tant que père
de t'en informer de visu.
Quand combattras-tu ?
Je pars demain.
Combat en fin de semaine.
Nul besoin de combat.
Ne fais pas tiennes ces querelles.
J'ai déclaré
ce que je voulais te dire.
Laisse-nous.
- Votre Majesté. - Arrête.
- Votre Majesté. - Arrête.
Lord Dorset.
Vos hommes sont-ils prêts ?
Oui, sire.
Fort bien.
Exposez-moi vos préparatifs.
Monseigneur.
Que fais-tu ici ?
J'empêcherai cette dévastation.
Je viens l'arrêter.
C'est mon combat.
Il n'y en aura pas si j'ai mon mot à dire.
Toi. Approche.
Monseigneur.
Ta place n'est pas ici.
Va au camp rebelle, remettre ce message à Percy Hotspur.
Dis-lui que le prince Henri le met au défi de régler ça d'homme à homme.
On combattra à la place de nos armées.
Bien, monseigneur.
Pour qui vous prenez-vous ?
Je suis un moins-que-rien.
Je l'affronterai.
Et je le vaincrai.
Je n'en doute point, fils.
Mais ce n'est pas possible.
Le prince ne parle pas pour son père.
Tu es impatient de combattre, mon fils.
Et ça viendra.
Nous combattrons à tes côtés.
Nous les brûlerons.
Nous réduirons le règne d'Henri en cendres.
- Tu n'as rien à faire ici. - Tu ne connais pas la guerre.
- Si. - Non pas.
Tu as été embrigadé dans la folie de notre père,
dans des guerres qui peuvent être évitées.
Ces hommes ne sont pas nos ennemis. Ils le sont par la faute de notre père.
Pourquoi es-tu ici ?
Tu réprouves notre cause,
mais tu ne peux t'empêcher de m'éclipser.
Je ne cherche pas à m'attribuer tes mérites.
Mais à te sauver la vie.
Pardon, messeigneurs.
Notre héraut est rentré du camp rebelle.
Ils refusent l'offre du prince Henri.
Ils veulent se battre.
Où est Henri ?
Je veux l'affronter à la place de nos armées.
Son offre a été refusée.
Nous nous sommes ravisés.
J'ai dit non !
Pourquoi le roquet aboie-t-il ?
Où est le molosse ?
Qu'il en soit ainsi.
Me voilà face au fou débauché.
Ce combat est inutile, Percy.
Mon père va mourir. Vos griefs mourront avec lui.
Ne crains pas notre petit affrontement.
Je promets d'en finir vite.
Ton père
est un fléau pour l'Angleterre.
Je t'attends, molosse.
Un jour, ce sera ta tête,
jetée aux pieds d'un homme qui aurait pu être ton frère.
Suis-moi, Thomas, je te prie.
Éloigne-toi de ce champ.
Après que tu as volé son heaume ?
Voici ce dont on parlera demain.
Cette bataille était mienne.
Le haut fait de ma souveraineté.
On ne retiendra
que cette tête.
Cette foutue tête.
On y va.
John.
Va-t'en.
Vous devriez aller voir votre ami autrement bien nommé.
Il semble pris dans des affres.
Beale.
Hal a encore dégobillé.
Bonjour, mon ami.
J'ai souvent vu des hommes dans votre état.
J'ai moi-même souvent connu cet état.
On a beau se rengorger de courage et de bravoure,
rien n'entache l'âme plus durablement que de tuer.
Jamais je n'ai ressenti un si grand dégoût que victorieux, sur un champ de bataille.
Le frisson de la victoire s'estompe promptement.
Toujours remplacé à terme par l'horreur.
Jamais plus.
Tais-toi, vieil homme, je t'en conjure.
Cesse de parler.
Je ne cesserai jamais, Hal.
Jamais.
Au grand jamais.
Dehors.
Monseigneur.
Quelles affaires ?
Une affaire de la plus grande urgence.
Tu ferais mieux de te dépêcher.
Je vous en prie, monseigneur.
C'est votre père.
Il se meurt.
Je ne mordrai plus à l'hameçon.
Attendez dehors.
Nul doute,
votre père est à l'origine
de bien des conflits en ce royaume...
et je crains qu'en son absence s'ensuive le chaos.
L'Angleterre a besoin d'un roi, et m'est avis que vos sentiments
qui vous ont fait le désavouer
sont précisément ceux dont la gouvernance de ce royaume a besoin.
Vous devez devenir roi.
Pourquoi me dis-tu ça ?
Parle à Thomas.
Ne doit-il pas devenir ton roi ?
Je crains que ce soit impossible.
Votre frère a été tué au Pays de Galles.
Après que vous avez défait Percy Hotspur,
le jeune Thomas s'est précipité sur les champs occidentaux.
C'est là-bas qu'il a succombé.
On raconte qu'il a fait preuve d'une grande bravoure.
Où est-il ?
Où est le monstre ?
Où est le monstre ?
- Laissez-le. - Le roi doit se reposer.
- Ça viendra. - Il se meurt.
Partez.
Vous ressentez ce froid ?
Misérable.
Hal.
Tu dois être roi, Hal.
Je t'en prie.
Tu dois être roi, Hal.
Je ne sais pas ce que j'ai fait.
Pas ce que j'ai fait.
Vous ignorez ce qui vous arrivera.
Je vous propose ceci...
le répit le plus heureux...
la souffrance la plus effroyable.
Vous souffrirez l'indignité de me servir,
le fils rétif que vous honnissez tant.
Sachez que vous serez suppléés par un roi autrement différent.
Qu'est-ce que cela ?
Qui êtes-vous ?
Je suis moi.
Qui êtes-vous ?
Quel est votre dessein ?
Vous venez de m'en tirer.
Sortez de ce lit sur-le-champ.
Qui êtes-vous ?
Où est Hal ?
Ce logement et son contenu appartiennent au roi d'Angleterre.
Vous violez cette propriété, quittez les lieux sur-le-champ.
Quel roi d'Angleterre ?
Vive le roi Henri.
Roi Henri !
Le roi Venceslas de Bohême
offre ce présent au roi Henri d'Angleterre.
Longue vie en bonne santé.
Magnifique.
Vous devez tous savoir
que ma jeune sœur Philippa est avec nous.
La reine de Danemark.
Je la remercie, ainsi que son mari,
le bon roi Éric, d'avoir voyagé jusqu'ici.
Je souhaite t'offrir ce vase, ma chère.
Sa beauté reflète ta propre beauté, qui reflète celle de l'Angleterre.
Je vous remercie, sire.
Sa Sérénité, le doge de la république de Venise,
offre ce présent en votre honneur.
Ce serait un oiseau de Constantinople.
Un oiseau ? Mort, j'imagine.
Permettez, Majesté.
Des mécanismes artificiels des confins de la chrétienté.
Une merveille.
C'est pour mon cousin, Cambridge.
Parmi tous ceux présents, je te connais depuis le plus longtemps.
Plus longtemps même que je connais ma propre sœur.
On a été élevés ensemble. Tu es comme mon frère aîné.
Il est donc normal que cet oiseau magique te revienne.
Pourvu que ce ne soit pas de la magie noire impie.
De la part du dauphin, fils de Sa Majesté, Charles, roi de France.
Une balle.
Aucun message n'accompagne ce présent ?
Non, Majesté.
Je garderai ce présent.
Il m'est destiné.
Pour le garçon que j'étais.
Cette balle est une insulte envers vous et votre royaume.
Vous devez répondre.
Vous rappelez-vous à quoi je consacrais mon temps avant ?
Vous le passiez dans une privation réfléchie.
En beuveries et pitreries.
Cette plaisanterie ne recèle-t-elle nulle vérité ?
Si le dauphin cherche à me provoquer, pourquoi céder ?
On ne saurait vous taxer de mauvais caractère
si vous répondiez rudement à pareille insulte.
- Vous feriez montre de force. - J'apprécie ton ombrage,
mais ce n'est pas être fort que de m'affoler au moindre camouflet
tel un oiseau mécanique impie.
Il faut régler cela. C'est bien plus urgent.
Les luttes intestines nous ont rongés.
La guerre vide le trésor en grande partie.
Ces luttes doivent cesser.
Et cela se fera par la conciliation.
On pardonnera nos adversaires.
Et on paiera la rançon pour que Mortimer rentre du Pays de Galles.
Je rédigerai ces pardons de ma propre main.
Que l'on sache que ces sentiments sont les miens.
Que ces hommes sachent qu'ils étaient ennemis de mon père, pas de moi.
Assurément, Majesté.
Cette stratégie t'agrée ?
Un changement de régime facilite les grandes réformes.
Si vous souhaitez procéder ainsi,
alors, oui, Majesté,
c'est le moment idoine.
T'es-tu réconcilié avec notre père avant sa mort ?
Nulle réconciliation n'était possible.
Il a rendu ce royaume exsangue.
Son trépas apportera le calme.
Je ne parle pas du royaume.
Je parle de toi.
Je veux mettre un terme à ces troubles.
Repense à la table d'hier soir.
Aux visages des hommes présents.
Je ressens ce calme dont tu parles.
Ils sont favorables à ta cause.
Ils n'en oublient pas pour autant leurs propres royaumes.
Comprends-tu mes propos ?
Je suis partie depuis maintes années au Danemark.
Mais, quand j'étais à la cour, j'ai connu ses coulisses.
J'ai vu qu'inlassablement, personne n'exprime jamais le fond de sa pensée.
Fais des choix avisés, cher frère.
La revendication du roi de France
d'être le souverain légitime desdites terres.
La loi salique proscrit toute succession
si la couronne échoit à une femme.
Un pouvoir légué à une femme, par droit, ne saurait être transmis
à sa descendance.
La loi salique, propre aux terres franques
et attachée aux dites terres
n'est pas légalement liée ni affiliée, de fait, aux terres de France,
mais à celles des royaumes francs,
délimités par l'Elbe et la Saale.
J'avance donc, preuve à l'appui, que, selon la loi salique,
la souveraineté française a été usurpée, à trois reprises,
comme je le mets en lumière, les Français ont cité la loi
- pour empêcher une femme... - Avec respect.
Oui, Majesté ?
Cette histoire est absconse.
Je remets en question la prétendue revendication du roi de France
au trône sur lequel il siège.
Vraiment ?
Je ne saisis pas pourquoi vous me narrez ce récit.
Je cherche à appuyer votre revendication à la France
si d'aventure nous devions l'affronter.
Et vous estimez que ce sera bientôt le cas ?
Je...
Majesté,
dans un souci de préparation, j'estime sage...
De préparation ? Pour guerroyer contre la France,
nul besoin d'un vieux madrigal obscur.
La France était l'aspiration de votre père.
S'il n'avait pas été embourbé dans les querelles,
il aurait assurément attaqué la France.
Et ensuite, Jérusalem.
Jérusalem ?
Jusqu'en Terre Sainte, c'est ça ?
Vraisemblablement pour piller le reste de la chrétienté au passage.
Je ne suis pas mon père, Monseigneur.
Je pensais que c'était bien clair.
Nous devons
pardonner à notre archevêque.
C'est loin
d'être un orateur inspiré.
Chose étrange,
je pensais que c'était un prérequis pour ce poste.
Pourquoi me parle-t-il de guerre contre la France ?
Nous assistons à une agitation
dont il faut se méfier.
J'applaudis votre retenue.
Après tant d'années de conflit,
vous vous révélez être bien plus que digne d'être roi.
Vous voulez être roi pour le peuple.
Pour ce faire, on doit s'assurer
que vous soyez bien conscient de l'état d'esprit du peuple.
Quel état d'esprit ?
Le fait que la France nous brocarde.
Partages-tu cet avis ?
Ce n'est que fantasmes.
Mais c'est le ressenti du peuple.
Où vas-tu ?
Répugnant.
On ne peut aller chez Hooper.
Mais si.
- Elle ne veut pas te voir. - Ça ira.
Tu n'es pas le bienvenu ici.
Sauf si c'est pour payer ta dette.
Je t'ai payée.
Une bribe de ce que tu me dois.
Et j'imagine que c'est le fruit d'un larcin.
Mensonges.
Et à ce qu'on dit, tu n'es pas très doué.
Mensonges.
Comment oses-tu me parler ainsi ?
Pourquoi tant de discourtoisie envers l'homme
le plus susceptible de te tirer hors de ce trou à rat ?
Ou auras-tu oublié.
Mes associations s'étendent aux plus hautes sphères du royaume.
Autant tourner ton insolence envers le roi.
Médite là-dessus.
Parles-tu de Hal ?
Où est-il ?
Où est Hal ?
Où est notre roi ?
Des semaines qu'il a disparu. Où est-il ?
C'est plutôt toi qui as été oublié.
Je dirais que ton badinage fugace avec les hautes sphères du royaume
s'est limité à son pot de chambre.
Tu n'as guère été plus qu'un vulgaire gardien de vomi de prince.
Ton caquet.
Médite là-dessus.
Sir John est en déveine.
Pas du tout.
Trouve quelqu'un pour payer ta dette.
Je ne l'épongerai pas.
Tête.
Il demande l'asile en échange de son récit.
Nul doute que ça peut s'arranger.
Alors que je m'efforce
d'encourager un vent nouveau à souffler dans ce royaume,
je n'ai aucun intérêt à provoquer les hostilités.
C'est un acte de guerre.
Nous partageons votre désir de paix, Majesté,
mais ignorer un acte d'agression aussi audacieux
sera vu comme une faiblesse.
Ce n'est pas un jeu. Il s'agit d'un assassin.
Me considérez-vous faible, juge en chef ?
Non, je parle du royaume.
- Ce que voit le royaume. - Ce que voit le royaume.
Dis-moi comment le royaume pourrait voir cela comme une lâcheté ?
Si l'animosité de la France à votre égard
est ancrée au point d'envoyer un assassin,
la rue le ressentira, ici comme là-bas.
Cela se saura.
Nous partageons vos inquiétudes. Mais l'harmonie ne suffit pas à la paix.
Elle requiert de la force et de la confiance.
Qualités qui ne peuvent émaner que de vous,
le roi.
Notre roi.
Notez ces mots...
adressés au roi Charles de France.
Votre assassin
est le prémisse d'un acte de guerre.
Si telle est votre intention,
exposez-le clairement et cessez
ces sournoiseries timorées dans lesquelles vous êtes engagé.
Si vous voulez la guerre,
envoyez tout le poids de votre armée.
Car un assassin lâche et solitaire
ne renversera pas ce roi Henri V d'Angleterre que vous sous-estimez tant.
Emplissez ça de boulets et envoyez-le en France.
Qui est-ce ?
Un Français.
Il souhaite vous parler en privé.
À quel sujet ?
Il ne l'a pas dit.
Je lui ai demandé, pourtant.
Mon roi m'a envoyé trouver des hommes dignes de confiance.
Il pense qu'un conciliabule peut être mené.
Quel conciliabule ?
Il pense qu'il faut discuter de votre nouveau roi d'Angleterre.
Il n'a rencontré que Lord Grey et moi-même.
On ignorait vers qui se tourner concernant cet échange.
On est tous conscients qu'il y a un problème.
La réputation de notre roi est mauvaise.
C'est ce que vous apprend le roi de France ?
N'est-il point reconnaissant
de la réaction modérée de notre jeune Henri face à sa provocation ?
Il jure ne rien savoir de cet assassin.
Il nie l'accusation.
Son complot n'a rien donné.
Normal qu'il s'en lave les mains.
Quelle qu'en soit l'origine,
ils ont exprimé leurs préoccupations
quant à la force d'âme de notre roi.
On peut se fier à cet émissaire, n'est-il pas, Cambridge ?
Je le crois.
Charles souhaite détrôner notre roi.
Le problème n'est pas la France.
Ce n'est qu'un rappel d'une démence plus générale.
Un garçon qui n'était qu'un cuistre aviné
dans le cloaque d'Eastcheap est désormais le roi.
Qu'adviendra-t-il de nous ?
Qu'adviendra-t-il quand des méfaits civils
seront pardonnés ?
- Que des traîtres... - Oui, Lord Grey,
votre préoccupation est légitime.
Et il y en a bien d'autres.
Il faut faire quelque chose.
Quelque chose sera fait.
Retirez-vous.
Tel est le fardeau d'un roi.
Il doit prendre des décisions
que des hommes moindres
refusent ou ne peuvent prendre.
Un roi est mis face à des dilemmes
que des hommes moindres ne rencontrent jamais au cours de leur vie.
Oh, qu'il n'en est autrement.
Mais les problèmes,
et là est mon expérience,
les problèmes laissés en suspens
ont coutume de se transformer en crises.
Vous avez l'occasion d'unir le pays, Hal.
Pour de bon.
Vos promesses ont revigoré les mentalités.
Or une promesse se doit d'être tenue.
Une promesse ne saurait être une fin en soi.
Nous sommes en guerre contre la France.
Deux fois, je lui ai accordé le bénéfice du doute.
Ce troisième affront ne restera pas impuni.
Et, par conséquent, pour faire sortir ces rats de Français,
je leur ferai savoir que nous sommes désormais en guerre.
Lord Grey.
Cambridge.
Je vous confierais de transmettre ce message à la France, au vu
de votre familiarité avec le destinataire.
Mais demain matin, vous aurez d'autres engagements.
Lesquels, Majesté ?
Demain, vous serez décapités.
Je vais vous envoyer en tant qu'éclaireurs en enfer
pour les innombrables Français
qui devront bientôt y trouver place.
Tu étais jadis mon ami.
Je suis votre ami,
cousin.
Sortez tous.
Maintenant.
Toi.
Reste.
Toi,
sors.
Je suis chez moi.
L'hôtesse peut rester.
Je ne me mettrai pas au garde-à-vous.
Et surtout pas pour sombrer dans la fange,
j'ai juré qu'on ne m'y prendrait plus.
Je reconnais t'avoir négligé, John.
Un chapitre de ma vie s'est ouvert avant que le précédent ne soit fermé.
Ces préoccupations ne regardent que moi.
Mais le fait que je ne les énonce
de vive voix que maintenant en dit long.
Cela révèle la solitude du poste que j'occupe.
Dans la situation actuelle, j'ai dû me reposer
sur des hommes dont je remets en cause la loyauté en permanence.
En permanence.
J'ai besoin de conseillers fiables.
Je suis ici, car tu es mon ami.
Un roi n'a pas d'amis.
Un roi n'a que
des sujets
et des ennemis.
Je suis navré de venir te voir
avec ce fardeau si funeste.
Hal.
Je viendrai avec vous.
Je ne demande qu'une faveur en retour.
Réglez mes comptes avec cette harpie.
Elle. Vous voulez bien ?
Bienvenue aux nouveaux arrivés.
Puisse notre force être commune, un seul esprit, affûté.
Ensemble,
nous ferons ployer la France.
Ensemble,
nous la mettrons à genoux.
Mes capitaines, à cette fin,
je vous présente un nouveau maréchal pour notre campagne.
Sir John Falstaff.
Nul besoin de conter son expérience au combat. Vous le connaissez.
Certains ont eu l'honneur de combattre à ses côtés.
D'autres ont entendu le récit de ses exploits.
J'ai chargé Sir John d'intégrer cette campagne
pour une raison vitale :
il respecte la guerre comme seul un homme qui a connu sa monstruosité le peut.
Il ne la désire point,
mais la considère avec la dure gravité
que vous devriez tous avoir.
Bienvenue
et merci,
messeigneurs.
Je vous salue.
Fort bien.
Es-tu prêt pour ce qui nous attend ?
Nul n'est jamais prêt pour ce qui nous attend.
Hue !
Vous estimez que Sir John est apte à commander
cette entreprise ?
John est un homme bon.
On combattra en mer ou en débarquant.
On le saura bien assez tôt.
Il faut vous reposer.
John.
Merci.
Pour quoi ?
Pour être là.
À mes côtés.
Ce n'est pas cher payé
pour me libérer de cette Hooper.
Reposez-vous aussi.
Débarquons prestement !
Vérifiez chaque bâtiment.
Aucun homme !
Aucun homme ici !
Aucun homme.
Il faut le prendre d'assaut.
Le sang coulera. On sacrifiera sûrement des vies.
Telle est la nature de la guerre. Sanglante et sans âme.
On ignore leurs réserves derrière ces remparts.
Ce siège pourrait prendre des mois,
des mois dont nous ne disposons pas.
Nombreux seront les hommes, ici,
qui mourront de faim et de maladie.
Sir John.
La guerre est
sanglante et sans âme.
L'archevêque est arrivé.
Vous ne pouvez vous contenter d'attendre ici qu'ils sortent.
C'est précisément la définition d'un siège.
Combien de temps cela prendrait-il ? Nul ne le sait.
C'est là aussi une caractéristique d'un siège.
- Je n'y enverrai pas mes hommes. - Pourquoi ?
Je refuse de les sacrifier si éhontément et sur de simples spéculations.
Pourquoi ne pas le contourner ?
S'ils tiennent à rester terrés, pourquoi ne pas contourner le château ?
Si rompu à l'art de la guerre.
Nous devons prendre cette ville.
Et implanter une garnison ici
pour notre approvisionnement d'Angleterre.
N'oubliez pas que j'ai garanti cette campagne.
J'ai des intérêts ici.
Et je serai entendu.
Pas aujourd'hui, Monseigneur.
Majesté.
Ils ont capitulé.
Notre débat semble avoir été en vain.
Comme les bêlements de l'archevêque.
Il cherche à nous ralentir.
Qui cherche à nous ralentir ?
On a appris que le dauphin est en route.
Il souhaite rencontrer Sa Majesté.
Et on ignore tout de son but ?
Seulement qu'il désire vous rencontrer.
J'espère qu'il vient nous informer de la capitulation de son père.
Je conseille d'ignorer la nouvelle de sa venue et d'avancer.
Il faut profiter de leur confusion.
Sir John, votre avis.
Je n'ai jamais rencontré ce prince français.
J'ignore ses motivations.
Majesté.
Il est là.
Votre Majesté !
À votre petite victoire.
Vous vous demandez pourquoi je suis venu ?
Vous le demandez-vous ?
Je ne suis pas venu pour offrir notre capitulation
si c'est ce que vous espérez.
Je suis venu vous décrire
vos derniers jours,
les hurlements de vos hommes
dans leur lente agonie.
Et donc, roi d'Angleterre,
vous semblez si déterminé à vous emparer de la France
que je vais vous aider.
Je viderai votre corps de son sang
et l'enterrerai sous un arbre.
Un tout petit arbre français.
Très jeune, très petit.
À l'image de votre idée de venir ici.
Petit.
Peut-être que vos...
Vos testicules doivent être gros.
Géants, même.
Des testicules géants avec une queue toute petite.
Et le son des pleurs de vos femmes et de vos enfants
me berceront pour m'endormir.
M'avez-vous entendu ?
Oui.
C'était émouvant.
Sir John, veuillez m'accompagner.
Bonsoir.
Prépare les troupes.
Ne perds pas de temps.
Fuis !
Silence.
Bonjour, petit garçon.
N'aie pas peur.
Je veux que tu donnes un cadeau à ton roi.
Tu veux faire ça pour moi ?
Gentil garçon.
Doublez les gardes à 20 m cette nuit.
Relèves plus fréquentes.
Je les veux alertes.
Quiconque sera surpris à dormir aura les yeux arrachés.
Quiconque parlera aura la langue arrachée.
Et faites exécuter tous nos prisonniers français.
Empalez leurs cadavres sur des piques près de la rivière.
J'obéirai au premier ordre.
Le second,
je vous laisserai réaliser cette exécution de masse.
Que m'as-tu dit ?
Ce n'est pas vous.
Comment oses-tu me défier ?
- Réfléchissez-y bien. - Comment oses-tu ? Je suis le roi.
Où est le redoutable guerrier Falstaff
dont on m'a tant parlé ?
Tu ne dis mot depuis qu'on a débarqué.
Je suis mon propre tacticien,
commandant et conseiller.
Où est le redoutable guerrier Falstaff ?
Je ne parle que quand c'est nécessaire.
Par trop souvent, j'ai vu des guerriers
s'inventer des tâches
qui n'entraînent que vaine gloire et massacres.
Je ne suis pas ainsi.
Et nous menons la guerre que vous avez décidée.
Je t'étriperai de mes propres mains.
Ce n'est pas vous non plus.
Messieurs.
Lord Dorset, convoquez vos cavaliers les plus rapides.
Majesté.
Dartmouth !
Que puis-je pour vous ?
Dis-moi ce qu'il y a par-delà cette colline. Reviens vite.
On est en infériorité et mal placés.
Le terrain leur est favorable.
Notre besoin d'avancer nous désavantage.
Plus on attendra, plus leurs forces grandiront,
comme notre désavantage.
Nos archers sont bien supérieurs.
L'arbalète française ne fait pas le poids contre nos arcs.
Clairsemons leurs rangs de cette façon au premier assaut.
York est face à quatre lignes de chevaliers montés.
Nos archers peuvent les réduire de moitié.
Mais pas huit lignes.
Neuf. Dix. Plus.
Vous dites vrai, Majesté.
Attendre nous désavantage.
Il est possible que ce désavantage soit devenu insurmontable.
Nombre d'hommes sont déjà gravement malades
et affaiblis par la faim.
Que proposez-vous donc que l'on fasse ?
Je propose qu'on songe à faire demi-tour.
Ce n'est pas l'issue désirée,
mais pas plus que l'éviscération de notre armée.
Je rechigne à parler pour les autres,
mais mes craintes sont partagées, c'est sûr.
Qui est d'accord avec Lord Dorset ?
Vous pouvez remporter cette bataille.
Vraiment, Sir John ?
Et comment, précisément, Sir John ?
En combattant sans chevaux ni armures.
Grands dieux, gardez-nous de cet homme.
Leur défense avancée est une ligne de cavalerie.
Très profonde.
De chevaliers.
Tous à dos de cheval et en armure lourde.
Le terrain
est une cuvette,
à moitié détrempée.
Quand il pleuvra ce soir, c'est une certitude,
ce terrain deviendra un marécage.
Et avec leurs chevaux et armures,
ils seront coincés, ils tomberont
et se débattront tels des scarabées retournés.
Tout comme nous.
Pas si on s'allège,
sans chevaux ni armures.
Vitesse et mobilité seront notre avantage.
Et comment, Sir John, savez-vous qu'il pleuvra ce soir ?
J'ai mal au genou droit. Cela indique que la pluie n'est pas loin.
Majesté, faites cesser ces balivernes.
Leur première ligne devrait nous rencontrer dans la boue.
Comment procéder ?
Une petite attaque avancée.
Une fausse avancée.
Ils répliqueront.
On conserve notre poids et nos forces pour un preste assaut des flancs.
Ils ne sauraient être si aisément dupés par une fausse attaque.
Ils réagiront.
Si on bouge, ils nous rencontreront.
Nos soldats sont en infériorité numérique. Ils le savent.
Ils espéreront nous submerger, ils déplaceront toutes leurs forces,
qu'importe si on est peu nombreux.
Nos archers feront pleuvoir un chaos de flèches du ciel.
Ce chaos sera à votre avantage.
Majesté, je vous en conjure, n'écoutons pas cette folie.
Quelle est sa véritable expérience ? Il a combattu pour Richard jadis.
Depuis lors, il n'a rien fait,
hormis chevaucher en bandes,
détrousser et torturer.
Je n'ai jamais détroussé personne qui ne le méritait pas.
S'il pleut ce soir,
nous combattrons demain.
Si tu as concocté ce plan gauche et bancal
pour me prouver ta valeur,
dis-le sans ambages.
Tout plan est bancal.
Et je vous l'ai dit, je n'évoque que ce que j'estime être vrai.
Je le sens dans ma chair.
Je le sens dans mon genou.
À la veille de cet affrontement, je...
j'ai peur de m'interroger, à dire vrai...
sur la raison de notre présence.
Mieux vaut découvrir cette réponse.
Nos hommes la méritent.
Ils vous ont confié leurs vies.
J'ignore tout des forces qui ont ourdi votre venue,
mais ces hommes ont besoin de vous,
comme vous, d'eux.
Ces hommes méritent votre confiance.
Si vous ne pouvez leur accorder,
alors, contez-leur un mensonge sublime.
Bien que tu croies cela impossible,
tu es mon ami.
Bonsoir, Hal.
Dormez bien.
Le vent souffle du nord.
La pluie arrive d'Angleterre.
Pourquoi ce plastron ? On combat sans armures.
La première ligne doit les attirer.
Ce ne saurait être toi.
C'était mon idée.
Un homme doit mener l'offensive pour qu'ils mordent à l'hameçon.
Mes hommes ont été réunis.
Et je ne peux, en mon âme et conscience,
les envoyer exécuter mon plan
sans patauger dans la boue avec eux.
Je combattrai à tes côtés.
C'est noble. Mais c'est impossible.
J'ai été formé à ça.
Je mourrai ici ou une bouteille à la main à Eastcheap.
Mais ici, j'en sortirai plus glorieux.
Vous avez encore des tâches à accomplir.
Vous combattrez.
Mais promettez-moi
de ne pas arriver trop tôt.
Qu'importe ce que vous verrez.
On doit d'abord tous les attirer. Tous.
Promettez-le-moi, Hal.
Triomphez, mon ami.
Vous vous dériderez alors assez pour boire avec moi.
S'il vous plaît.
Parlez anglais.
J'apprécie de parler anglais.
C'est simple et laid.
J'ai attendu toute la matinée,
toute la nuit
votre capitulation.
Bien des inquiétudes eussent été épargnées
si elle était survenue plus tôt.
- Vous ne parlez pas pour votre père. - Je parle pour mon père.
Vous ne parlez pas pour lui, je viens donc à vous.
Je ne suis pas venu capituler.
Trop de sang chrétien sera versé sur ce champ de bataille.
Voici ma proposition :
combattons vous et moi, d'homme à homme,
en lieu et place de nos armées.
Je perds, mes hommes partiront sans délai et pour toujours.
Vous aurez ma tête.
Je gagne,
la couronne du royaume me reviendra à la mort de votre père.
Votre réponse ?
Avez-vous peur, jeune Henri ?
Votre réponse ?
Avez-vous peur de cette bataille ?
Il n'y a aucune honte à avoir.
Sauvez vos hommes.
Sauvez vos propres hommes.
Vous êtes venu ici. Me voir, moi !
Capitulez devant moi !
Je ne le peux pas.
Dans ce cas,
faisons passer ce champ à la postérité.
Ce petit village d'Azincourt,
qui sera à jamais le symbole de votre disgrâce naïve.
Vous attendez un discours ?
Je n'en ai qu'un, et c'est le même que je donnerais
si nous n'étions pas prêts à guerroyer.
C'est le même que je donnerais si nous nous croisions dans la rue.
Je n'ai jamais aspiré qu'à une chose,
voir ce royaume uni sous la couronne anglaise.
Tous les hommes sont mortels. Nous le savons. Nous l'acceptons.
Si vous devez mourir aujourd'hui, alors, soit.
Moi, je mourrai demain.
Ou alors, l'inverse. Nulle importance.
Tant que vous savez, dans vos cœurs,
que vous êtes ce royaume uni.
Vous êtes l'Angleterre. Chacun d'entre vous. Le pays, c'est vous.
Tout comme l'espace entre vous.
Ne combattez pas pour vous, mais pour cet espace.
Comblez cet espace. Faites-en du tissu. De la masse.
Rendez-le impénétrable. Faites-le vôtre !
Faites-en l'Angleterre !
Faites-en l'Angleterre !
Allons, hommes illustres. Capitaines.
Allons, hommes illustres !
Pour le roi et Saint-George !
Archers.
Archers !
Archers.
Archers ! Maintenant !
Armez !
Décochez.
Halte !
Parés !
Décochez !
Avec moi !
Venez...
roi d'Angleterre.
Vive le roi.
Vive le roi.
Vive le roi.
Vive le roi.
Vive le roi.
- Vive le roi. - Vive le roi Henri.
Majesté.
Les prisonniers sont du petit peuple.
Nous ne pourrons les retenir si leur armée se regroupe.
Tuez-les tous.
Votre Majesté,
asseyez-vous à mes côtés.
Je vous en prie.
J'aime le contact du soleil sur ma peau, mais point trop.
Trop, c'est très dangereux.
La conversation qui va suivre
a déjà souvent eu lieu par le passé
et aura encore souvent lieu dans les siècles à venir
entre hommes orgueilleux et hommes de bonne raison.
J'espère que vous et moi sommes hommes de bonne raison.
Je suis, bien sûr, venu jusqu'ici pour capituler.
Voulez-vous quelque chose en retour ?
J'ai bien
une proposition à vous faire.
Prenez la main de ma fille, Catherine,
en mariage.
C'est très inhabituel,
mais les grands mouvements de l'histoire
trouvent fréquemment leur origine dans les menus détails de la famille.
À bien des égards, je n'ose évoquer
ma relation avec mon fils
et la vôtre avec votre père,
ce sont ces choses-là qui nous ont menés ici aujourd'hui.
Nous dirigeons des terres et des gens,
or, c'est la famille qui est notre raison d'être.
La famille
nous consume.
Mes condoléances
pour la perte de votre ami, Sir John.
Je sais combien il doit vous manquer.
Merci, William.
Ta loyauté m'a été un réconfort.
Vous vous êtes révélé être un roi des plus dignes.
Je dirais même que vous vous êtes révélé
être un des grands rois d'Angleterre.
Votre Majesté,
une foule s'est réunie.
J'entends ça.
Je m'interroge beaucoup sur bien des choses.
C'est bien normal
de réfléchir à un mariage avec une femme dont vous savez si peu.
Je ne me soumettrai pas à vous.
Vous devez gagner mon respect.
Je le comprends.
Vraiment ?
Oui.
Ressentez-vous de l'accomplissement ?
À quel sujet ?
À tous les sujets.
J'ai réalisé ce dont mon père a été incapable.
Unir ce royaume autour d'une cause commune.
Vous n'avez obtenu qu'un répit fugace.
Une unité forgée sous un faux prétexte ne prévaudra jamais.
Comment mon entreprise a-t-elle été façonnée faussement ?
- Pourquoi cette guerre contre la France ? - Provocation de votre père.
Comment vous a-t-il provoqué ?
Il a envoyé un assassin.
Il n'y a pas eu d'assassin.
Ni complot pour vous tuer.
Qu'en savez-vous ?
J'étais avec mon père quand il a reçu vos accusations.
Je sais que sa réaction était sincère.
Quelle a été sa réaction ?
Il a ri.
Il a dit que vous deviez être soûl.
Votre père est un fou.
Peut-être bien, mais il dit vrai.
Sa folie le rend sincère. Il ne dit que ce qu'il croit.
Il est aimé pour cela.
L'assassin a été envoyé par votre frère.
Mon frère était trop bête pour tramer un tel plan.
- Quelle était votre véritable raison ? - Il m'a envoyé une balle.
La balle qu'il m'a envoyée ?
Une balle ?
Il vous a envoyé une balle ?
Pourquoi douter de mes intentions ?
Le règne de votre père est illégitime. Le trône n'est pas à lui.
Toute monarchie est illégitime.
Vous êtes le fils d'un usurpateur.
Vous ne semblez avoir aucune explication pour vos décisions.
Vous avez versé le sang de nombres d'âmes chrétiennes, mais
je ne vois devant moi
qu'un jeune impudent prompt à l'agacement.
Facilement dupé.
Je dois vous laisser.
Doucement.
Nous devons nous assurer de savourer cette journée, mon ami.
Une foule s'est réunie en l'honneur de notre victoire.
Ces rares moments sont la raison d'être d'un roi, j'imagine.
Préoccupé que j'étais, j'ai omis de te demander si ta famille va bien.
Vos préoccupations ne sont pas des vétilles.
Tu as deux fils.
Oui.
Et...
ton épouse gère tes biens en ton absence.
Tout à fait.
Des moutons.
Pour la laine.
Comme mon père avant moi.
Combien de têtes ?
Au dernier comptage, environ 4 000. De la race Dorset.
Combien de terres ?
À dire vrai, je n'en
suis pas certain.
Mais de nombreux magnifiques hectares.
Quelles terres as-tu annexées en France ?
Arrête.
Maintenant qu'on a la France, combien de terres possèdes-tu ?
Ma foi.
Cela reste à déterminer.
Votre conquête est toute récente.
- Pourquoi cette question ? - Reste.
Reste là-haut.
Comment mon assassin est-il venu à toi ?
Je ne m'en souviens plus.
Remédie à cet oubli.
Tant de choses sont arrivées depuis.
Un événement aussi crucial
devrait aisément percer les brouillards du temps écoulé.
Bien entendu.
Que je me rappelle.
Était-ce dans la rue ?
Est-il venu à toi dans la rue ?
Oui. C'était dans la rue.
Il m'a abordé
de façon très étrange.
Majesté, je vous en prie, dites-moi ce qui vous préoccupe.
Reste là-haut.
Reste là-haut.
Savait-il ton nom ?
Je ne crois pas.
Comment a-t-il su qui tu étais ?
La mémoire me revient.
Il s'est livré aux gardes du palais,
l'affaire a été portée à mon attention, je suis allé le voir.
- Il ne t'a pas abordé dans la rue. - Non. Pas dans la rue. Pardonnez-moi.
J'ai été mandé à sa cellule.
Est-ce qu'un problème est survenu...
Hal ?
Oui. Un problème est survenu.
Et il vacille devant moi sur son tabouret ridicule
- et me toise. - Je ne comprends pas.
- Cesse cette comédie. - Je ne comprends vraiment pas.
Cesse cette putain de charade ! Arrête !
Je vous ai donné ce que vous vouliez, petit !
N'est-il pas ?
Vous vouliez la paix. N'est-ce pas ?
La paix est forgée ainsi.
Elle est forgée dans la victoire.
Écoutez.
C'est le bruit de la paix.
C'est le bruit de votre paix.
C'est le bruit de votre grandeur.
Je vous demande une chose...
de toujours me dire la vérité.
Toujours.
Me le promettez-vous ?
Oui.
Sous-titres : Luc Kenoufi
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