All language subtitles for NAVARRO 12.2 Esclavage moderne youtube king 2 sing movie

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Original subtitles

Tiens ma boucle d'oreille, comme ça si on se perd, on se retrouve.

D'accord ?

L

'adresse de

mamie ? Je la prends, je parle mieux le français que toi, d'accord ? Et puis on

demandera notre chemin à quelqu'un.

Rattrapez ! Je fais le tour !

Sale gosse ! Où tu crois aller ?

Tu as trop frappé, maître.

C'est toi ? Oui, c'est moi.

Je croyais que tu étais parti bosser.

Pas bosser, travailler.

Mais pas tous les dimanches.

Tu vois, je suis allé faire les courses.

Qui tu croyais que c'était ? Je ne sais pas, un copain.

Il n'y a que toi et moi qui avons la clé. Tu ne l'as donnée à personne, non ?

Seulement à Bastien.

Mais je lui ai fait un double.

Pourquoi tu donnes mes clés à Bastien ? D'abord, qui c'est ce Bastien ? C'est un

copain. C'est qu'on fait un mémoire ensemble sur l'esclavage des enfants

dans le monde.

Lui, il enquête sur le terrain et moi, je me documente. Tout ça, ne me dis pas

qu'il est ce Bastien que tu donnes mes clés.

Il est sympa et il a deux ans de plus que moi.

Déjà qu'il est en retard.

Tu sais qu'il est champion de France de basket ? Et en plus, il est plus grand

que toi.

Et il est ton... Mon petit ami.

Moi, je dis mon fiancé, c'est plus rigolo.

Ça sent bon, là. Qu'est-ce que c'est ? Du poulet en tagine.

T'as pensé au citron confit ? Je n'oublie jamais les citrons confits.

Tu sais qu'il n'en a jamais mangé ? Eh bien, il ne connaît pas grand-chose de

ton Bastien.

Mais moi, j'aimerais bien connaître ce Bastien-là, à qui tu donnes mes clés, et

qui est ton fiancé.

C'est lui.

Qui touche pas à mon gigondas, hein ? Il ne boit pas, c'est un sportif.

Eh, tu veux que je t'aide, toi ? Allez, dégage.

Oh putain, j'ai failli la foutre en l'air.

T'as encore de bons réflexes.

Pourquoi elle traverse comme ça ? Celui-là, on va voir.

Dis-moi, qu'est-ce que tu fais là ?

Comment tu t'appelles ? Qu'est-ce qu'elle a ? Elle a froid.

Vous pouvez avoir faim, non ?

Vous n

'avez rien contre moi, rien, vous savez pourquoi ?

Parce que je suis un honnête homme, moi. Dégage, Kaupei, dégage ! Vous me filez

autant que vous voulez. Vous filerez quoi, un honnête homme ? Allez, ma

ceinture va montrer tout ce bousin pour rien. Ça fait des frais pour le

contribuable. C'est vous qui le dites ? Je n'aime pas des arnaqueurs.

Arrêtez avec ça, je n'arnaque personne.

La prochaine fois, je te démolis. La prochaine fois, je porte plainte.

Tu vas voir.

Tu vas voir. Aurélie !

C'est pas qu'il est fait de te provoquer ? Vous signez ici.

Vous

savez

que le gigonda, c'est le résultat du mélange d'une dizaine de cépages.

Le moule vedre, le syrah, le grenache.

Ça fait 20 ans que j'en bois, je ne le savais pas.

Vous avez une cave ici ? Oui, 30 étages plus bas.

Papa achète le vin primeur pas cher et il le laisse vieillir.

J'arrive dans les bonnes années, on dirait.

C'est de la chance.

C'est bon signe.

Navarro, j'écoute.

Bon, ben, j'arrive, hein.

Dommage, je le trouvais sympa, ton père.

Écoutez... C'était juste pour vous informer, patron.

Fallait pas vous déranger. Non, t'as bien fait. J'étais avec un emmerdeur. Tu

m'as rendu service.

Patron, patron.

Elle est avec les inspecteurs.

Je sais pas comment faire.

Patron, patron.

Bon dimanche.

Merci, Martin.

Merci beaucoup.

Écoute-moi.

Si tu me dis pas ton nom, si tu me dis pas d'où tu viens...

Je vais te refiler à une assistante sociale, elle va t'envoyer dans un avion

et t'ira n'importe où. Ne lui fais pas peur au clan fin.

Tu vois bien que tu lui fais peur là.

Elle ne comprend rien.

Au contraire qu'elle comprend très bien ce que je lui dis, oui.

Elle ne parle pas ? Non, pas un mot.

Elle est peut-être sourde.

Elle n'est pas sourde.

En tout cas, elle est muette.

Oui.

Ça y est patron, j'ai eu les services sociaux, il nous envoie quelqu'un demain

à la première.

Comment demain ? Qu'est-ce qu'on va faire ? Jusqu'à demain, on la met où ?

Aujourd'hui, c'est dimanche. En plus, il y a une manif à Nation.

Il n'y a pas de responsable dans les services.

Appelle Ben-Marie. Il a un appartement plus grand maintenant. Il va s'en

occuper.

C'est-à-dire, Ben-Marie, il est avec Boréli et il file le train à l'ICA au

paille. Pourquoi on a relâché l'ICA au paille ? Il a bien fallu.

Le juge considérait qu'on n'avait pas assez de preuves contre lui. Il était

extraordinaire. Il organise des tripots clandestins. Qu'est-ce qu'il lui faut de

plus ?

Combien de temps on va planquer devant l'Ikaopay pour faire plaisir au juge ?

Il n'y a qu'à planquer le juge, il verra si on n'a pas cette preuve.

Tchernobyl nous a donné l'adresse quand on est arrivé là-bas, il n'y avait plus

personne.

Tchernobyl ? Notre informateur, un russe.

Et vous ? Quoi, moi ? Je veux dire, et vous, vous ne pourriez pas vous en

occuper jusqu'à demain ? Je suis de service, patron.

Et puis, maman a passé une annonce.

de mariage, elle a plein de visites, je ne pense pas qu'elle va pouvoir s'en

occuper.

Les mecs ne vont pas être déçus, elle a mis qu'elle avait 20 ans.

32 ? Ben oui, elle refuse de vieillir, elle n'est pas la seule.

En tout cas, elle met trop de rouge à l'air.

Ecoute, tu vas venir avec moi.

Ma fille est très gentille, c'est une bonne babysitter, elle va s'occuper de

toi.

Elle est très gentille. Et puis ça va l'occuper, comme ça, elle pensera moins

au garçon.

Ah, déjà ? Quoi, déjà ? Non, non, rien, patron.

Regarde qui j'amène.

Qui c'est ? Je ne sais pas. On l'a trouvée dans un coin de rue, perdue. Je

ne savais pas comment faire.

Il n'y a qui la confiait.

Je t'ai emmené chez nous, j'ai bien fait, donc tu vas t'en occuper.

Oui, mais elle ne parle pas le français.

Alors, ni français, ni verlan.

J'ai même essayé l'arabe et l'espagnol.

Tu vois bien qu'elle est indienne.

Ou pakistanaise, peut-être.

En tout cas, on va l'installer ici.

Elle est petite, elle ne prendra pas de masse.

Je suis sûre que t'es pakistanaise.

Pakistanis ? Je vais téléphoner pour trouver un interprète.

Pour trouver un interprète le

dimanche.

Il parle quelle langue au Pakistan ? L'indien ? Lourdou.

D'où il sort, lui ?

Elle vous voit bien, ma robe de chambre ? Elle est peut-être un peu grande, non

? Ça va, comme vous voyez.

J'ai l'impression qu'elle doit tomber de sommeil, là.

Il y a des semaines qu'elle n'a pas dû dormir.

M'installe-la dans ta chambre, dans ton lit.

C'est que... Ah bon ? Alors où je vais l'installer ? Je ne vais quand même pas

la jeter dans un fauteuil, non ? De toute façon, je ne reste pas. Je ne sais

pas pourquoi.

Je suis un peu barbouillé. Je crois que c'est les citrons confits.

Alors, je vais vous dire, le tagine au citron confit de ma fille ne fait de mal

à personne.

C'est vrai que les olives étaient un peu salées, pour un sportif.

Et le gigondas, il n'était pas trop salé, non ? Parfait.

Il aurait été parfait avec des truffes.

La prochaine fois, vous les apporterez, alors.

Allez-y au lit.

Et tu lui trouveras des crayons de couleur, si tu en restes. Mais où il m

'en reste ? Le hors d'eau.

Une merveille.

60 étages pour aller chercher ton vin. 30 allers, 30 retours.

Même avec l'ascenseur, c'est long.

Vous n'avez qu'à pas le boire, hein.

Quand t'es sportif, ça buvait pas.

C'est un sportif amateur.

Amateur au final, oui. T'as vu comment il a fait ? Je me sens tout barbouillé.

Mou. Enfin ça, on est bien tous les deux, non ? Ouais ! Bon, on n'a besoin

de personne.

Si tu crois que j'ai pas compris,

t'as amené la petite ici uniquement pour avoir l'occasion de virer Bastien. Que c

'est vilain, mais que c'est vilain ! Que c'est vilain, ma fille ! Mais je l'aime

bien, moi ! Je l'aime bien, toi, comment il s'appelle ? Bastien ! J'aime bien

Bastien, c'est même mon préféré, je veux dire.

Il y en a eu tellement ? T'en as eu quelques-uns, oui. C'est vrai, il est

beau.

Enfin, il est beau, il a... C'est vrai, il a un petit jambes.

Il est élégant, il porte bien la robe de chambre.

Jaloux. Mais tu divagues, ma vieille.

Je vais te dire, Bastien, au moment où je te parle, il me manque.

Laisse-moi voir, là.

Laisse-moi voir.

Regarde.

On dirait des coups de fouet.

C'est des coups de fouet ?

Tous

les enfants du monde dessinent de la même façon, patron.

Ils ne dessinent pas, ils nous racontent une histoire.

Un homme qui frappe deux enfants.

Avec un bâton ou un fouet ? Exactement.

C'est ta maman, ça ? Comment ça s'apprivoiser ? Je vais faire les

photos.

C'est pour son dossier, j'aime autant les faire moi-même.

Alors, dépêchez-vous, elle doit passer une visite médicale.

Vous pouvez lui demander de sourire ? Souris, ma chérie.

Encore une ?

Ah ben Marie, dès que Blomeau aura ses photos, vérifie avec le consulat du

Pakistan pour savoir si la petite a bien été signalée comme disparue. Ok.

Faut que je te parle.

Oui.

J'en ai marre de Lika Opey. C'est une anglaise chinoise ce mec.

Ça sert à rien de l'arrêter.

Ce qu'il faudrait c'est pouvoir le prendre dans son fripou. Le problème c

'est qu'il ne reste jamais plus d'une semaine au même endroit. Alors une

semaine ça devrait te suffire non ? Il n'est pas plus intelligent que toi.

Ça se saurait non ? J'ai passé tout mon dimanche à le filer, j'en ai marre. Tu

devrais te faire surveiller l'attention.

Tu sais pourquoi je t'ai confié l'affaire d'Ikaopay ? Parce qu'il y a

une promotion à la clé.

On dirait que tu ne la veux pas cette promotion.

Non, je ne la veux pas cette promotion.

Parce qu'une promotion, ça veut dire que je vais être affecté dans un autre

service. Je sais que c'est ça que tu veux.

Mais moi, je veux rester ici.

Bon, alors on change la donne. Tu réussis l'affaire d'Ikaopay et il n'y a

pas de promotion. Ça te va comme ça ? Tu me le garantis ? Je te garantis.

C'est normal que tu mettes sur l'annonce que t'as 32 ans. T'imagines quand les

hommes arrivent au rendez-vous.

C'est eux qui sont déçus.

Je t'ai pas dit que t'étais vieille.

Mais non, mais t'as plus 20 ans.

Et tu peux en être fier, tu sais, il y a beaucoup d'hommes et de femmes qui ont

60 ans et qui recherchent l'âme sœur.

Tu devrais t'en rendre compte en allant tous les dimanches au Tango.

Oui, non, ce qu'il faut c'est que tu refasses une annonce.

Tu mets femme, 60 ans, esprit jeune.

Gai, j'irai mieux.

Aimant le cinéma, la littérature, le tango, cherche compagnon solide.

Tu l'es, solide ? Oui, oui.

Les hommes aiment bien faire croire que plus ils sont vieux, plus ils sont

solides. Et puis tu l'envoies.

Tu vas voir, ça va marcher, je te jure.

Je croise les doigts.

Je t'embrasse.

Oui, moi aussi, je t'aime.

Excusez-moi si t'es ma mère.

Moi, j'aurais mis 50.

J'aurais pas mis mon âge.

Ah non, mais c'est pas son âge.

Elle a 70 ans. Vous aussi.

Ça vous fait rire ? Alors, docteur.

Elle est en bonne santé malgré quelques séquelles de dénutrition. Par contre,

elle porte des cicatrices sur le dos.

On dirait... Oui, je sais, des coups de fouet. Oui, le cas se pose souvent.

Il y a beaucoup de maltraitance dans les familles étrangères qui emploient des

domestiques de cet âge.

Et pourquoi elle ne parle pas ? Elle n'a pas la langue coupée.

Je pense à une sorte d'aphasie temporaire.

Mécaniquement, rien ne l'empêche de parler, mais psychologiquement, il y a

un blocage. Et si je vous demande à quoi tiens ce blocage ? Je dirais la

souffrance, l'angoisse.

Et ça peut durer longtemps ? Il faut remplacer l'angoisse par la confiance.

Le malheur par un état plus proche du bonheur, lui redonner de la joie. Les

enfants... ont besoin d'être heureux pour se développer.

Bien sûr, notez, notez.

Malheureusement, on ne sait rien de ces parents, s'ils existent ou toujours.

Cet enfant n'est pas prêt de retrouver la tranquillité. Vous connaissez la

lourdeur des institutions, malgré les hommes et les femmes de bonne volonté

qui les composent ? Écoutez, docteur, vous ne m'apprenez rien, mais vous le

dites bien. Martin, est-ce que nous recevons souvent des plaintes de

domestiques maltraités, séquestrés, mal payés ?

Oui, ça arrive, patron.

Surtout des femmes qui racontent leur salaire de misère, leur condition de

travail. On est bien obligé de les informer que si leur plainte n'est pas

agréée par le tribunal, elles sont rapatriées d'office dans leur pays d

'origine.

Alors, forcément, elles hésitent.

Merci, maintenant.

Dès que ça arrive, tu me préviens, docteur.

Patron ! Ça me fait plaisir de travailler avec vous.

Qui a fait publier cette photo ? C'est vous, Blomé.

C'est vous qui avez pris la photo, ça peut être que vous.

Non, non, patron, c'est moi. C'était pour aller plus vite. Qu'est-ce que j'ai

fait de mal ? Mais tu l'as mise en danger, voilà ce que tu as fait de mal.

Avec notre adresse, en plus.

Non, mais c'est grave, Auclin.

Enfin, quel danger, patron ? Mais comment, quel danger ? C'est pas pour

rien si quelqu'un l'a fouettée.

Il va chercher à la retrouver pour éviter qu'elle ne parle, enfin.

C'est incroyable.

Il me demande d'aller plus vite, et puis il m'en donne pour les moyens.

Attends, il s'est pris d'affection, c'est normal.

Non, non, il fait un transfert. Depuis que Yolande se tape des mecs, il a

besoin d'une nouvelle petite fille.

Attends, attends, c'est sérieux ? Quel mec ? T'as toujours un wagon de retard.

C'est pour ça qu'il a les boules, le patron, tu vois pas ? Non, non, faut pas

tout mélanger.

Il a les boules parce que t'as fait une connerie.

Ouais, c'est logique.

Bravo la solidarité, bravo.

Patron, un appel.

C'est au sujet de l'annonce pour la petite.

Oui ? Écoutez, elle a 10-12 ans, elle est pakistanaise, c'est tout ce qu'on

sait d'elle. Vous êtes madame ? Florence Marchand.

Eh bien, vous allez donner vos coordonnées, nom, adresse, téléphone à

la personne que je vais vous passer.

C'est ça, je reprendrai contact avec vous.

Allô ? J'écoute.

Les emmerdes commencent.

Tu la sors d'où, cette petite ? J'aimerais bien le savoir.

Comment elle s'appelle ? Comment tu t'appelles ?

Pose-lui la question, toi.

Comment tu t'appelles ? Farah.

Eh bien, Farah, je vais aller te chercher un bon goûter.

Farah Barini.

Mais ça, allons.

Maintenant, tu vas pouvoir tout me dire.

Où sont tes parents ? Mamie.

Ta maman s'appelle Florence.

Viens, je vais te laisser un instant parce que je préfère pas la laisser à

bas seul dans l'usine.

Oui, mais t'as raison. L'usine, comme tu dis, c'est pas un endroit pour les

petites filles.

Tu vois pas, elle avait cette photo dans le journal et une femme a téléphoné.

Alors le temps de vérifier et je reviens la reprendre. Ça te va ? Non mais ça va,

tu peux me la laisser, ça me dérange pas.

De toute façon, même si je dois sortir faire une course, Nelly reste ici alors.

Tu vas la revoir ta maman.

Et voilà !

J'ai de l'orange, pas de chocolat.

Bon, je vais voir cette femme et je reviens dans deux heures.

Au revoir, Farah.

Prends ton temps, hein.

Non, je ne me serre pas.

Tu ne bouges pas, hein. Je reviens.

Bonjour, je voudrais parler à ta maman. Qui es-tu ? Commissaire Navarro.

Je vous attendais.

Je n'arrive pas à y croire.

Ce n'est pas tous les jours que j'ai l'occasion d'apporter une bonne

nouvelle. Du moins, j'espère.

Entrez.

C'est pas tout ça, mais moi je me suis mise en retard.

Ginou, je te change les deux fûles, l'autre est presque vide.

J'arrive.

Bonjour madame.

Monsieur. Je viens chercher Farah, de la part de sa maman.

Pourquoi elle n'est pas venue elle-même ? Elle aurait bien voulu, elle ne peut

pas se déplacer.

Ah oui, mais moi, je ne sais pas si je peux.

Je vous le commissaire Navarro.

C'est lui qui m'envoie vous dire que sa mère l'attend.

Bonjour, Farah.

Je suis un ami de ta maman. Je termine chez elle.

Viens.

Bon, allez, vas-y, petite.

Et bonne chance.

Elle s'appelle Farah.

Farah Barahini, du nom de son père. Oui, c'est le nom qu'elle m'a donné.

Où est-elle ? Avec des amis, elle va bien.

C'est si soudain.

Excusez-moi, mais depuis le temps que j'attends ce moment, pourquoi vous ne l

'avez pas emmenée ? Ah, parce que je voulais être sûr, je voulais vérifier,

madame.

Elle doit avoir changé.

Une mère reconnaît toujours son enfant.

Il y a des détails qui ne trompent pas.

Le regard.

La bouche, un geste.

Elle a un grain de beauté sur l'homoplate droite, assez gros.

Et aucun doute, si elle m'a donné ce nom, c'est que c'est le sien.

Bien sûr que c'est elle.

C'est ma fille.

Je suis heureux pour vous, madame.

C'est tellement inattendu.

Depuis le temps.

Elle va avoir 13 ans dans un mois.

Et bien autant que vous êtes sans nouvelles.

Depuis plus de 10 ans.

J'ai eu quelques nouvelles par sa grand-mère, qui est une femme assez

gentille, mais c'était très rare.

J'ai reçu une photo, une fois en cachette, et puis plus rien jusqu'à l

'annonce de la mort de mon ancien mari l'année dernière.

Et son père avait disparu sans laisser d'adresse ? On s'est

rencontrés en fac, il était en médecine, moi j'étais en pharmacie.

J'étais très amoureuse, j'étais bête, je ne me suis pas méfiée.

Quand il a fini ses études, moi j'étais en plein examen, il m'a dit qu'il

partait huit jours avec Farah pour la présenter à sa famille.

Là non plus, je ne me suis pas méfiée.

Oh, ça n'aurait rien changé.

Aucune loi n'interdit un père de voyager avec sa fille.

J'ai tout essayé pour la récupérer.

Mais les accords sont inexistants avec le Pakistan.

Vous savez, c'est impossible de faire valoir les droits de la justice

française en dehors de nos frontières. Oui, je sais.

Avec l'Allemagne, c'est déjà difficile, alors qu'on est à 10 000 kilomètres de

distance. Mais dites-moi, sa grand-mère vous a écrit, donc elle avait votre

adresse ? Bien sûr.

Elle a dû la donner à Farah.

Préparez-vous.

Vous êtes une jolie petite fille, mais vous le concentrez vous-même.

Je peux l'avoir ? Ben, évidemment.

J'ai ma voiture, je vous conduis.

Ah, mais donnez-moi le temps de me changer, de me préparer.

Vous êtes très bien comme ça.

Une maman, c'est toujours joli.

Oh mais non, elle a dû rêver de moi.

Je ne veux pas la décevoir. Donnez-moi cinq minutes.

Elle vous attend.

Attends, à deux minutes près, ça ne se passait pas. Moi, j'étais avec le

livreur de bière.

Tu ne veux vraiment pas que je vienne ? Non, ça ira. Je préférerais être seule.

Elle ne comprendrait pas.

Passe-moi chez nous.

Moi, j'ai envie de venir.

Papa va te raconter une belle histoire et puis quand je vais revenir, tu auras

une vraie surprise.

Tu restes bien sèche-moi avec lui ? Oui.

Mais comment ça on est venu la chercher ? Mais qui est venu la chercher ? Mais c

'est toi qui... Mais c'est moi qui rien du tout ! Le type a dit à Nelly qu'il

venait de ta part.

Non, en contre-temps, on va remettre ça demain.

Enfin, pourquoi ? Qu'est-ce qui se passe ?

Une formalité, il faut que les services sociaux soient présents.

Et la personne en question n'est pas libre.

Avant demain.

L'administration.

Non, t'es mal.

Monsieur,

vous pouvez répéter ce que vous m'avez dit ? Je suis passé en vitrine pour

attraper un jambon et j'ai vu la Bentley.

J'ai regardé et...

J'aime les belles bagnoles.

Une Bentley, vous dites ? Je l'ai vue.

Vous aussi ? Un dernier modèle ? Et alors ? Vous vous souvenez de rien d

'autre ? Si, elle avait une immatriculation avec un CD.

Corps diplomatique.

Bleu nuit, très classe.

Je vois pas le rapport avec la petite.

Le type est descendu, il a été chez vous.

Il est revenu avec une petite fille, il la tenait par la main.

Le type ? J'ai pas fait gaffe, il était pas seul.

Il y avait son chauffeur.

Vous pourriez être plus précis, monsieur.

Il s'agit d'un rapte d'enfant.

Je ne demande pas mieux, mais c'est tout ce que j'ai vu.

C'est comme j'ai dit à l'inspecteur.

J'ai vu l'homme, j'ai vu la petite, j'ai vu la Bentley, et c'est la Bentley que j

'ai regardée.

Je peux retourner à la boucherie ? Oui, monsieur.

J'appelle la préfecture.

C'est ta faute, oncle, tu entends ? C'est toi qui l'as bousillé !

Le mec a vu sa photo avec l'adresse du commissariat dans le journal et il est

venu.

Et Martin l'a envoyé chez Ginoux.

Je ne savais pas, patron.

Personne n'a dit de ne pas le dire. Bon, toi, ça va, hein ? Ça va, ça va. La

question qu'il faut se poser maintenant, c'est qui peut s'intéresser à cette

petite fille ? Quel est l'enjeu ? Qu'est-ce qu'elle représente ? Il

parlait français, le mec ? Il avait un accent ? Oui, Nelly a dit qu'il avait un

léger accent et qu'il était très bien mis sur lui.

Il roulait en Bentley, bleu nué avec une plaque corps diplomatique.

J'ai appelé la préfecture. Il n'y a pas des centaines de Bentley avec le corps

diplomatique. Ils doivent nous rappeler.

Davaro, j'écoute.

Patron ? Oui, on a trouvé le corps d'une jeune fille morte, à coup de fouet.

C'est la petite Farah ? Non, c'est pas la même, j'ai vérifié, elle est plus

âgée.

Tout le bébé est avec moi, il est en train d'examiner.

J'arrive.

Ok.

Le fouet.

C'est vous qui l'aviez ? Ceinture.

c'est pas joli j'ai trouvé ça dans une poche un papier froissé avec une adresse

florence marchand ah c'est fou cette histoire-là

c'est la mère de la petite qu'on a récupérée au

La même boucle dorée que la petite Farah.

Dis-moi, quelle petite Farah ? Tu ne la connais pas.

Elle est probablement morte d'un arrêt cardiaque. Elle a été fouettée jusqu'au

sein. Comme Farah, des esclaves.

Ces gamines sont traitées comme des esclaves. Et quand elles se rebellent,

et qu'on les rattrape, on les fouette à mort. C'est pour ça qu'ils ont récupéré

cette petite, pour éviter qu'elle ne témoigne.

Et vous savez pourquoi ? Parce qu'il y en a d'autres.

Quel intérêt de faire ça.

La cruauté est le seul sentiment qui n'obéisse pas à l'intérêt.

C'est dingue.

Il faudra d'abord l'examiner avant de se

prononcer. On vient de me donner le nom du propriétaire de la Bentley, Ali

Aliman. Qu'est-ce que c'est sur lui ? Un mec important, un Pakistanais.

C'est où le Pakistan ? À côté de l'Inde, capitale Karachi.

Ah bon ? C'est dans le dixième, moi.

On sera plus précis quand quelqu'un l'aura autopsié.

Mais à vue de nez, le décès remonte à plus de 24 heures. Non, Carlo, j'ai

besoin de tes conclusions.

Vite. Cette affaire me tient à cœur.

Je chôme pas en ce moment.

Tu es au courant de l'explosion de... Il s'agit de la vie d'une enfant et sans

doute d'autres enfants. Je suis prioritaire.

Écoute, Navarro, j'ai une nouvelle assistante très très bien qui

pourrait... Ne te fatigue pas, Carlo. Je veux que ce soit toi, personnellement,

qui t'occupe de cette affaire.

J'aime pas.

J'aime pas exercer mon métier sur des enfants, c'est pas nouveau, je te l'ai

souvent dit.

Je ne supporte pas qu'on fasse du mal à un enfant. Moi non plus, je ne supporte

pas qu'on fasse du mal à des gosses.

J'avale ma colère et je travaille.

Bon, je compte sur toi, hein.

Ouais.

Ali Ali Man est le principal intermédiaire du commerce extérieur

entre la France et le Pakistan.

C'est le père de Farah ? Non, le père de Farah était médecin à Karachi.

Il est mort l'année dernière dans un accident de voiture et sans doute après

cela, elle est tombée dans les pattes d'Aliman.

Continuons, c'est toi qui as les informations.

Aliman a 50 ans, il est très riche, il est d'une famille de notables

pakistanais, il a fait ses études à Cambridge.

Il est marié, il a plusieurs enfants et son aîné est à Paris avec lui.

C'est un diplomate ? Non, non, pas du tout. Sa plaque CD, c'est du bidon. Il s

'est fait donner ça par une ambassade. C'est pour faire important, pour se

garer, c'est tout. Mais patron, on ne peut quand même pas débarquer chez lui

comme ça à l'improviste. On s'en fera des vagues.

Il faut pourtant qu'on y jette un coup d'œil.

C'est impossible, à moins que vous ne vouliez qu'on se retrouve à la

circulation.

Il faut que je trouve le moyen d'aller chez cette ordure.

Il y a une mère à qui j'ai fait une promesse.

La barreau, il faut que je te parle de l'Ikaopei.

Tu sais que tu commences à me gonfler avec l'Ikaopei.

Ça avance, oui.

Pour le moment, il se tient à carreau.

Mais il y a peut-être un moyen.

Parlez vite.

Voilà. Ben, Marie, il se fait passer pour un ministre africain qui veut

flamber sans trop se faire remarquer pour blanchir du pognon.

Moi, je suis d'accord pour tout, mais tu connais la règle.

Ça marche, tu as les médailles. Ça marche pas, tu le payes très cher. La

maison est rancunière.

Qu'est-ce que je risque ? Si je gagne, je reste avec toi.

Si je perds, je reste avec toi.

Fais comme tu le sens, Borélie.

Où tu vas ? Mais quoi où je vais ? Non, comme ça.

Je rentre chez moi, Borélie.

Et la petite, tu l'as pas ramenée ? Eh non.

C'est rare de devoir te rendre récitôt.

Tu exagères, ça m'arrive quelquefois.

Bastien est là ? On travaillait ensemble quand t'es arrivé. Tu sais, sur l

'esclavage des enfants dans le monde. Je crois que lui, il travaillait sur le

terrain. Je sais pas que le terrain, c'était la chambre à coucher.

On dit lui de venir, faut que je lui parle.

Bon, n'aie pas peur, je vais pas le manger.

Peut-être, mais tu sais bien que t'es pas possible avec mes mecs. Oh, mes

mecs, écoute, on croirait que tu parles d'un bataillon.

Vraiment, je suis compréhensif, hein, trop d'ailleurs.

Dis-lui de venir, j'ai un truc à lui demander.

Bastien !

Bonjour.

Ma présence ne vous dérange pas dans votre travail, là, non ? Non, non, pas

du tout.

Très bien, alors faites une étude sur l'esclavage des enfants dans le monde.

Oui.

Alors expliquez-moi comment vous pouvez enquêter sur le terrain en France, il n

'y a pas d'esclavage.

Ah si, ça existe.

Très peu, je suis d'accord avec vous, mais ça existe.

Par exemple, il y a un véritable cas de trafic d'enfants à partir de certains

pays d'Afrique.

Les parents pauvres acceptent de se séparer de leurs enfants moyennant

quelques billets, en espérant aussi que les enfants auront une vie meilleure

ici, dans les familles de la bourgeoisie africaine.

Vous me suivez ? Mais la réalité, c'est que ces enfants, ils sortent pas.

Ils iront jamais à Tour Eiffel.

Ils iront jamais au Disney.

Ils sont en prison.

Travail 15 heures par jour, tous les jours, pour rien.

Vous croyez que ces pratiques existent dans la société pakistanaise ? J'en sais

rien. Mais c'est possible.

Vous pensez à la petite fille d'hier soir ? J'y ai pensé, moi aussi.

Écoutez, enlevez vos mains, là, des poches. Vous déformez ma robe de

chambre. Le tissu est solide. Oui, mais vous n'êtes pas soigneux.

Oui, mais j'ai froid.

Il a froid.

Oui, il a froid, il est barbouillé, il est... Notez qu'il n'y a pas que des cas

d'esclavage dans les pays du tiers-monde. Il y a des cas en Europe

aussi. Par exemple, celui d'une petite Portugaise, 13 ans, Angelica.

Et alors, contre ça, vous faites rien.

Indifférence du corps médical, des voisins, de la police.

Mais tu sais bien que c'est de l'esclavage invisible.

Qu'est-ce qu'il peut faire s'il n'y a pas de plainte ? Quand il trouve un

cadavre, il n'attend pas que le cadavre porte plainte. Il cherche le coupable. C

'est pareil.

C'est pas si facile. Comment voulez-vous prouver la séquestration ? Comment je

prouve la notion d'esclavage alors que le mot même a disparu de la loi

française ? Là, je peux te répondre.

Lui, il est sur le terrain. Moi, je suis dans la doc. Et j'ai trouvé un article

dans le code pénal de 94.

L'article 225-12.

Je peux même te le citer de mémoire.

Le fait.

D'abuser de la vulnérabilité d'une personne, de la mettre dans une

situation de dépendance, de la soumettre à des conditions de travail

incompatibles avec la dignité humaine, et punie de deux ans d'emprisonnement.

C'est l'article... 225.12.

225.12.

Et dis-moi, ça ne gêne pas un cours de droit pénal à ton père, non ? J'adore !

Non mais ce n'est pas possible, écoute, il m'a déchiré ma robe de chambre.

Enlevez vos mains !

Non mais il est con, quoi ! Enlevez vos mains ! Enlevez vos mains !

N

'aie pas peur, je vais pas te taper.

Tiens, mange.

C'est Leila qui l'a faite.

Faut que tu manges.

T'as rien mangé.

Tu sais, t'aurais pas dû essayer de te sauver. C'est pas bien.

Tu appartiens à l'imam.

Que Dieu le garde en vie.

Tu es notre bienfaiteur à tous.

Tu lui dois tout.

Martin, tu me l'enregistres.

Nom, prénom ? Nico Lalim.

Pas Nicolas, Nico Lalim. Non, non et non, j'ai pas envie de me faire passer

pour un ministre africain, antillais, suédois, ni rien du tout.

Mais attends, tu demandes simplement s'il y a une partie dans le coin.

Poker, blackjack... Je ne sais pas jouer à la belote. Qu'est-ce que tu me parles

de poker ? Mais attends, tu n'es pas obligé de savoir jouer. Toi, tu fais le

pigeon.

Tu m'as traité de pigeon, là ? Tu m'as traité de pigeon ? C'est moi que tu

traites de pigeon ? Tu me traites de pigeon ? Alors, je vais te dire une

chose. C'est que lui, il va se rendre compte que je n'ai pas une tête de

pigeon. Et que je n'ai pas une tête de ministre, ni d'Africain, ni de rien.

Mais attends, on va te faire un loupe d'enfer.

Tu demandes à Auclin. Voilà, demande à Auclin. Lui, c'est un flambeur. Mais

non, mais lui, il n'a pas une tête de pigeon.

C'était dans la voiture.

Ah, t'as volé la voiture d'un voleur, c'est bien ça.

On a retrouvé cette jeune fille morte.

Elle avait votre nom et votre adresse sur elle.

Non, je ne la connais pas.

Merci.

Elle portait la même boucle d'oreille que Farah.

Tout me laisse croire qu'elles se sont échappées ensemble avec l'intention de

vous retrouver.

Je n'arrive pas à croire qu'elle a été séquestrée et qu'elle est en esclavage.

Mais qu'est-ce que vous attendez pour arrêter cet homme ? Nous ne pouvons rien

faire. Comment voulez-vous prouver la séquestration ? Nous sommes impuissants

devant ce genre de pratiques.

Et ça, on ne peut pas vérifier.

Vous savez, on ne peut pas dire qu'on rencontre une collaboration active du

côté de l'ambassade.

Monsieur Navarro, j'ai eu du mal, beaucoup de mal à refaire ma vie, après

qu'on m'ait enlevé Farah.

J'ai cru que j'allais mourir. J'ai fait une très longue dépression.

J'ai décidé de vivre, j'ai rencontré Thierry, j'ai un autre enfant, mais j'ai

jamais désespéré de retrouver ma fille.

Je me suis battue, j'ai écrit des lettres partout, mille lettres pour

rien.

Alors quand vous êtes venu avec la bonne nouvelle, moi j'y ai cru.

Maintenant j'ai plus de force, j'ai plus de ressort.

Commissaire, si vous pouvez pas la retrouver, moi je vais le faire.

Comment il s'appelle ce salaud ? Écoutez, je comprends vos sentiments,

mais ne vous mêlez pas de ça.

Faites-moi confiance, madame.

Je retrouverai Pharaon.

Des promesses.

Tout ça parce qu'il s'agit d'un diplomate ou un truc du genre.

Non, je n'ai plus confiance en vous, commissaire Navarro.

Je viens d'apprendre qu'Aliman a une sœur à Paris.

Professeur de lettres à la Sorbonne.

Je veux son adresse immédiatement.

Elle peut cacher des enfants pour protéger son frère.

C'est

sympa

de venir le voir.

Merci Bernadette, laissez-nous.

C'est mon avocat que j'ai demandé.

Moi je te propose mieux qu'un avocat, je te propose ta liberté.

Faut voir.

Tu t'es fait une grande réputation en piquant des voitures.

Si, si, si, une grande réputation. C'est surfait comme réputation.

J'en ai piqué une, mais c'était il y a longtemps.

Je te demande d'en piquer une autre.

Voilà, c'est ça ma proposition.

Pas question.

Je préfère attendre mon avocat.

C'est pas un piège, c'est un accord entre nous.

Mais ça reste verbal.

Je demande pas de signature.

Un système de sécurité inviolable.

Ça existe pas.

Ah bon ? T'as déjà piqué une Bentley ? Une Bentley ?

Et d'abord, c'est pour qui ? Parce que moi, une Bentley, des acheteurs, je n'en

ai pas.

On t'arrête maintenant.

Ça prend droit à l'essai.

Merde, il faut que je réfléchisse.

Je ne suis pas un spécialiste. Je risque gros.

Et tu risques quoi ta liberté pour une Bentley ? Carrosserie bleue nuit, modèle

de l'année.

J'aurais le droit de la conduire un peu.

J'arrive, monsieur.

Alors, Nikaopei.

C'est casino clandestin. Monsieur le préfet m'en parlait hier, justement.

Comment va sa femme ? Bien, très bien.

Vous savez qu'elle m'a quitté ? Vous me l'aviez dit, à l'époque, ça m'avait fait

beaucoup de peine, vraiment. Oui, moi aussi.

Pour un footballeur du PSG, le lendemain de leur match contre Nancy.

Enfin, c'est une femme d'une grande correction, elle a su se montrer

discrète et j'ai gardé d'excellentes relations avec son mari.

Vous les déplacez pour le Parc des Princes, il paraît qu'il les donne.

Non, merci, ça va.

C'est un gros poisson, ce Likaopei.

On le dit.

Non, mais vous n'imaginez pas la perte fiscale que représentent les jeux

clandestins. Des milliards.

Mais Borrelier, sur son dos, il ne le lâche pas et il lui prépare un

traquenard dans lequel il va tomber. Mais moi, je m'occupe d'autre chose.

D'autre chose ? En fait, c'est de cela que je voulais vous entretenir.

Oui, vous consacrez vos forces, votre intelligence, vos dons, si, si, à

retrouver une gamine. Mais en termes d'entreprise, est-ce rentable, Navarro ?

Rentable ? Oui, c'est un mot que je n'aime pas non plus, mais il a le mérite

d'être clair.

Si nos services ne rentabilisent pas les effectifs dont je dispose, nous allons

être déficitaires. Et si nous sommes déficitaires, le préfet n'a que deux

solutions.

Réduire les effectifs en restructurant ou augmenter la rentabilité. Alors qu

'est-ce qu'il faut faire ? Je ne vais quand même pas envoyer mes hommes

distribuer des PV dans les rues, non ? Combien vaut ce l'ICA ou paye ? Un demi

milliard de francs ? Un milliard ? Moi je préfère avoir un milliard dans ma

colonne crédit que dans ma colonne débit.

Excusez-moi de vous parler un peu vulgairement, monsieur le divisionnaire,

mais moi, j'ai pas fait comptable, j'ai fait flic.

Mais nous aussi, nous sommes redevables de l'argent du contribuable. Et le

contribuable se fiche de la petite Farah.

Le contribuable veut la tête de l'ICA au paye, parce que l'ICA au paye triche

avec son argent. On peut faire les deux.

Borrelli s'occupe de l'ICA au paye, moi je peux m'occuper de monsieur Haliman,

comme lui autorise l'article 225.12 du code pénal de 1994.

Le fait de soumettre une personne en abusant de sa vulnérabilité... C'est

bon, Navarro, c'est bon.

Vous êtes le seul être vivant que je connaisse à savoir le code pénal par

cœur.

Et nous n'avons aucune preuve de la culpabilité de M. Haliman.

Et culpabilité de quoi, je vous le demande ? M. Haliman est respecté.

Respecté ? Oui, il est très influent et bénéficie de protections diplomatiques.

Eh bien moi, je soupçonne cet homme respecté d'avoir séquestré une ou

plusieurs jeunes filles. Et je soupçonne ce grand notable d'être mêlé à la mort d

'une autre jeune fille.

Soupçon, soupçon, pourquoi pas rumeur pendant que vous y êtes ?

Non, oubliez-le d'ailleurs, on m'a laissé entendre qu'il allait retourner

dans son pays.

On a raison de plus pour agir plus vite.

Vous voulez ma peau Navarro, et vous allez la voir.

Parce que quand le préfet parle de restructuration, le premier restructuré,

ce sera moi.

Désolé, mais la vie et le bonheur d'une enfant de 12 ans passent avant un plan

de carrière.

Écoutez, passez l'affaire à Boréli et prenez l'Ikaopei.

C'est qu'un échange.

Navarro, je regrette une chose, c'est le jour où vous avez mis les pieds ici.

Vous êtes une calamité.

Vous m'aimez d'autant que ça.

J'aurais pu me tirer avec, mais c'est invendable.

Je ne suis pas dans ces réseaux, moi.

T'as profité un peu ? T'as roulé avec ? J'ai pas pu résister.

Belle bête, mais elle bouffe un peu d'huile. Il faudrait vérifier le joint

de culasse.

Je vous ai fait faire un double des clés de contact.

Non, non, regarde-la.

Ça pourrait te resservir.

Comment vous allez faire pour démarrer ? Tu vas encore m'aider.

Tu vas retourner dans la main-clé et tu vas me bousiller le contact.

Je veux des fils partout.

Mais salope pas, moi ! Non, mais c'est moi qui te le demande.

Bon, alors, chose promise, chose due.

Tu es libre.

Tout de suite ? Tu veux que je change d'avis ? C

'est bien Nicolas

Lime, le voleur de bagnoles ? Oui, il vient d'effectuer une mission pour nous.

Il va me permettre de faire tomber M.

Haliman.

Je ne veux pas en savoir plus, Navarro. Vous m'entendez ? Je ne veux pas en

savoir plus.

Vous ne m'avez rien dit, je n'ai rien vu.

Messieurs, je viens d'avertir monsieur le divisionnaire ici présent que nous

avons utilisé des méthodes illégales mais efficaces pour mettre en tôle un

aigrier qui fait travailler des enfants à coups de fouet. Voilà, maintenant on

est mouillés tous les deux.

On est Navarro, prêtez-moi votre côte pénale.

Patron, patron, monsieur Haliman vient de porter plainte au commissariat du

16ème pour le vol de sa voiture.

Très bien, là ça va être le moment de me couvrir, j'y vais.

Jamais Navarro, vous m'entendez ? Jamais je ne couvre l'illégalité.

Bon ben Marie, tu as les coordonnées de Haliman ?

M. Haliman, s'il vous plaît, commissaire Navarro, au sujet de sa voiture.

Nous avons retrouvé votre bain-clé, oui, par chance, sur la voie publique, une

vérification.

Oui, les plaques corps diplomatiques sont facilement repérables.

Non, non, inutile d'envoyer quelque chose, ça ne servirait à rien.

Le contact a été fracturé, on l'a mis sur une dépanneuse, elle vous sera

livrée dans l'après-midi, à vos frais naturellement.

Eh bien d'accord, on marche comme ça, merci.

Ici. Je suis ici.

Je suis mal fichu. Pourquoi ? Parce que Boréli veut te faire passer pour un

Africain ? Alors ça, c'est ridicule.

Écoute, viens avec moi, ça va te changer les idées.

Apportez-la directement au concessionnaire. Merci, au revoir.

Monsieur, l'inspecteur m'a marré.

Michel, il va nous attendre.

Quelques formalités à remplir pour le rôle de votre voiture. Je suis son fils.

Veuillez me suivre, s'il vous plaît.

Merci.

Suivez-moi, messieurs.

Bienvenue, monsieur le commissaire.

Je suis navré de vous causer tout ce dérangement. Je vous en prie, je fais

mon métier.

Mettez-vous à l'aise.

Asseyez-vous.

J'ai déjà demandé, père.

Très bien.

Elle me paraît bien petite pour ce grand plateau. Elle est pleine de bonne

volonté.

Je suis son tuteur.

Thé, pâtisserie ? Thé.

Il est rare de voir un policier de votre rang se déplacer pour un vol de voiture.

Fut-elle une Bentley ? Il y aurait une autre raison ? Oui, je voudrais vous

parler de Farah Barahini.

Farah, vous dites ? Barahini.

Nous devions la remettre aux services sociaux quand vous l'avez enlevée.

Enlevée ? Mais personne n'a enlevé Farah, commissaire.

Mon chauffeur est simplement passé chez vous pour la prendre et tout s'est fait

selon les règles.

Excusez-moi, est-ce que je peux vous demander où sont les toilettes ?

Deuxième porte à gauche dans le couloir.

Elle s'est enfuie de chez vous ? Je suis responsable de cette fillette.

Et il se trouve qu'elle a fait une fugue.

Alors c'est clair, vous devez la remettre à sa mère.

Sa mère ? Son père est mort, sa mère est française.

Je n'étais pas au courant.

Farah m'a été confiée par sa grand-mère à Karachi.

Mais si cette femme prétend qu'elle est sa mère, elle le crie depuis dix ans.

Dans ce cas, qu'elle passe me voir.

Mais prévenez-la que je doute qu'elle ait toute sa raison.

Voyez-vous, commissaire, je sais qu'il y a des associations financées par des

groupes qui ont des intérêts contraires aux miens et qui se chargent de déverser

des rumeurs sur mon compte dans le but de me nuire.

Et je crains que cette femme n'en soit un des instruments.

Écoutez... Farah est en France, sa mère est en France.

La loi est claire à ce sujet.

S'il y a la moindre contestation, une empreinte génétique éclaircira cette

filiation.

Nous n'acceptons pas ces choses-là chez nous.

C'est contraire à notre moral.

Chez vous, sans doute. Mais ici, ce n'est pas exactement chez vous.

Dommage qu'elle ne soit pas là, vous l'auriez vu.

Elle doit être à l'école à cette heure-ci.

Non, merci.

Quelle école ? Je ne sais pas. Il y a une gouvernante pour s'occuper des

enfants.

Ne vous inquiétez pas, commissaire. Cette enfant est traitée comme si elle

était ma propre fille.

Un coup de fouet ? Je m'insultais, commissaire. J'ai vu les cicatrices.

Un docteur les a constatés aussi.

Cet enfant travaille chez vous comme domestique, mais vous la traitez comme

une esclave.

Domestique, ce n'est pas interdit, mais esclave.

Vous vous trompez d'époque, commissaire.

Voyez-vous, chez nous, il est d'usage dans les familles qui ont les moyens d

'employer beaucoup de personnel, ce qui permet de nourrir beaucoup de monde et

de conserver leur dignité à des gens qui ont eu moins de chance.

Je ne crois pas que ce soit une coutume de maintenir les enfants dans l

'ignorance, sans papier, sans argent, sans jamais sortir.

Vous avez des idées toutes faites sur nous.

Ces enfants s'emploient à des tâches domestiques, pourquoi pas ? Chez vous,

ils ne le font pas très bien.

Résultat, ils perdent leur repère, plongent dans la drogue et toute forme

de délinquance.

Vos journaux débordent de faits divers sur les enfants.

Nous avons des lois, M. Halimann. Ces enfants dont vous parlez sont

condamnables. Votre comportement aussi.

Vous connaissez ce jeune fille ? C'est une de vos compatriotes.

Jamais vue. Il lui est arrivé quelque chose ? Elle porte la même boue d

'oreille que Farah.

Tous les bijoux traditionnels se ressemblent.

Regardez encore mieux.

Inutile.

Je vous préviens, monsieur Hellman, si j'arrive à prouver que vous séquestrez

des enfants, vous tombez sur le coup de l'article 225.12 du code pénal.

Deux ans de prison.

Pour faire le bien.

Croyez-moi, je suis tranquille, vous n'aurez aucun motif.

Commissaire, nos cultures sont différentes.

Il n'y en a pas une qui soit meilleure que l'autre.

Simplement différente.

Je me méfie des cultures quand elles servent d'alibi à des comportements

contre nature.

Tout va bien, père.

La Bentley sera réparée pour après-demain.

Très bien.

Je voudrais voir Farah.

Farah est à l'école.

N'est-ce pas, Rhys ? Bien sûr.

Je me permets de vous laisser. Je dois préparer un examen.

Je vous raccompagne.

N'ayez pas peur de moi.

Vous savez bien que je ne vous fais pas de mal.

Prenez, c'est du chocolat.

Je vous en apporterai d'autres.

De quoi vous avez peur ? Si on vous a fait du mal, il faut me le dire.

Qui t'a fait ça ? Tchanal ? Mon père ? Oui.

Il a dit que j'avais aidé Farah à se sauver. Parce que Farah, elle fait à sa

mère. Sa mère est ici. Elle est à Paris.

Sa mère ? Et elle te l'a dit ? Non.

Tu sais où elle est ? Non.

Si tu sais où elle est, il faut me le dire.

Fais-moi confiance.

Rhys, tu n'as rien à faire ici.

Viens avec moi.

Et vous, remettez-vous au travail.

Patron, regardez.

Où tu as trouvé ça ? Dans un tiroir du bureau d'Aliman.

Je crois qu'il y a du sang, monsieur.

Bravo.

Martin, appelle Bloch.

Je passe chez lui.

C'est pour une étude comparative de sang.

Ensuite, je veux une planque en permanence devant l'appartement de

monsieur Aliman.

Ok, patron.

T'as plus mal au ventre, on dirait. C'est Boréli qui me donne la courante.

Pas mal, le truc des toilettes.

C'est vrai que t'aurais pu faire un Africain, finalement.

T'es un grand comédien.

Qui vous envoie ? Tchernobyl.

Pourquoi vous voulez jouer chez nous ? J'ai trop flambé, je suis interdit de

casino.

Vous jouez quoi ? Toutou, les dés, les cartes, du moment qu'il y a du pognon à

la clé.

Je vous préviens, chez nous, il n'y a pas de jetons, il n'y a pas de crédit,

il n'y a pas de chèque, il n'y a que du cash.

Ben, c'est parfait.

Le premier soir, je fixe le plafond, en cas de perte.

Combien ? Parce que je ne veux pas jouer des haricots, moi. Vous allez me

remercier quand vous serez sur la paille.

10 000.

Ah ben, c'est parfait.

Si je gagne, il y a un plafond ? Illimité.

Ah ben, c'est impeccable.

Et quand ? Regarde, parce qu'il faut que je me refasse, là, je suis en manque.

Mais oublie pas, Tchernobyl, ce con, il va tout faire foirer.

Lâchez-moi ! Lâchez-moi !

Bien, ben voilà, tu vois, là.

Je vois, oui, tu m'expliques ? Tu vois un profil génétique de comparaison

établi à partir des leucocytes contenus dans le sang de la victime et dans un

échantillon récolté sur le fouet.

Et ça correspond ? Ah ben, scientifiquement, il est établi que c

'est le fouet qui a frappé la victime, oui.

Par contre... Je n'irai pas jusqu'à dire que c'est le fouet qui a tué la victime.

Ça, c'est du domaine de la médecine légale. Arrête, on peut te sortir ton

parapluie. Bon, maintenant, passons aux empreintes digitales.

Alors, à gauche, celle du fouet. À droite, celle du briquet.

Je n'ai pas besoin de traduire. Tu vois tout seul que les empreintes digitales

se chevauchent parfaitement.

Merci. Maintenant, j'ai la preuve qu'il a fouetté la victime jusqu'au sang.

Oui, mais il pourra toujours nier que le fouet lui appartient. Il dira que le

briquet n'est pas à lui. Non, non, pas le briquet. Il y a ses initiales dessus.

A.A. Ali Haliman.

Oui. Ou André Agassi. N'importe qui peut porter ses initiales. Bon, écoute, ça n

'est qu'une étude comparative. Tu peux t'en servir comme preuve, mais elle ne

doit pas être la seule preuve. Ça va, ça va. Tu as raison. Continue. Ne te

brouille pas sur tout.

C'est toi le policier.

Comment va ta femme ? Ah ben, c'est merveilleux. Elle fait mentir la

science. Elle va mieux.

C'est magnifique.

Quand la science se trompe, non.

Ça y est.

C'est Bonnard, j'ai l'adresse et tout, il va falloir que je trouve 10 000

balles. Attends, comment on va trouver ça ? Ah ben, qui c'est lui ? Oui, c'est

Tchernobyl, ton ami.

Mon ami ? T'as tout enregistré, c'est bon ? Ouais, tout a été comme ça. Un

vrai joueur professionnel.

Il y a des jours, je me dis que j'ai raté ma vocation.

Pourquoi il boude ? Il boude parce qu'il est très intelligent.

Il sait qu'on va le mettre au trou pour pas qu'il avertisse l'ICAO Pay.

Il a compris que l'ICAO Pay croit que c'est lui qui t'a recommandé.

Gros nuage au-dessus de la tête, Chernobyl.

Qu'est-ce que vous bouffez ? C'est jambon-beurre. Ton

poulet est poissé sous un... Je

trouvais ce briquet.

Je pensais que plutôt que de le remettre aux objets trouvés, vous deviez savoir à

qui vous l'avez vendu. Il y a des initiales.

Je vais vérifier dans notre fichier client.

En effet, c'est le client de Gaucho et Paulier qui l'a fait graver ici.

Nous allons l'avertir.

Je vais prendre votre nom, je suis sûre que notre client sera à se montrer

reconnaissant. J'y tiens beaucoup, mais pas pour la récompense, mais pour que

vous preniez mon nom, commissaire Navarro.

Je comprends mieux que vous l'ayez rapporté à un commissaire.

Et pour qu'il n'y ait pas d'équivoque, j'aimerais que vous me donniez un reçu

avec le nom de votre client.

Monsieur Haliman, oui, oui, bien sûr. Tant faire les choses en règle.

C'est la seule chose à faire.

Pourquoi ne pas la renvoyer au pays, tout simplement ? Gris, j'ai payé cet

enfant à sa grand-mère.

Je n'ai pas à la lui rendre.

Elle a essayé de retrouver sa mère, ce n'est pas un crime.

Toi, tu dis ça, et moi je dis qu'elle m'a dénoncé à la police.

Après tout ce qu'on a fait pour elle, c'est un crime d'ingratitude.

Je ne savais pas que sa mère était française et qu'elle vivait à Paris.

C'est sa grand-mère qui a dû le lui dire.

Mais ce n'est pas très honnête de sa part.

On ne roule pas à l'Imane.

Et toi, tu n'as pas à dire ce qui doit être fait.

Plus tard, tu me remercieras, comme j'ai remercié mon père.

C'est le patron qui l'a dit.

Oh putain, vous vous rendez pas compte ? Je viens de risquer ma vie pour avoir l

'adresse d'un tripot clandestin.

Mais qu'est-ce qu'il y a au clin ?

Il paraît que je dois faire une planque devant chez Aliman.

Qu'est-ce qu'il y a alors ? Ben alors, rester dans une voiture à rien foutre,

moi, ça me rend malade, ça me fout le bourdon.

Il faut se soigner, mais il faut y aller.

Patron, je vais avoir besoin de 10 000 balles.

Demande à Waltz.

Qui est mon thermos ? Un café ? Non, non, non, pas de café, pas de café.

Ça me file les palpitations.

Fume-moi un coup de rouge, plutôt.

Non, attends, je vais pas te filer un coup de rouge.

Tu t'endors quand tu vois du rouge, ça te réussit pas, tu le sais bien.

T'as peut-être raison, je vieillis.

Tu trouves que j'ai vieilli ? Non, pas trop. De toute façon, t'as grossi, ça

efface les rides.

Ça fait combien de temps qu'on travaille ensemble ? Dix ans.

Oh putain, dix ans.

Dix ans.

Ça me fout un coup derrière les oreilles.

Et à propos d'oreilles, tu vois bien, toi ? Non, parce que moi, j'ai l

'impression que je ne vois plus que d'un oeil. Quand j'ouvre le plébois, je vois

la fille, mais juste le haut.

Tu penses à ta retraite ? Je ne peux pas te deviner.

Non, je déconne, mais moi, les voitures, j'en peux plus d'attendre. J'ai mal au

dos, j'ai mal partout.

Arthrose ou arthrite ? Ah bon, ce n'est pas pareil ? Non.

Parce que moi, c'est la cervicale et les épaules, et puis le bras aussi, quand

je... Arthrose.

Alors, c'est pire, ça, non ? Ben, vous êtes oublié.

Il faut que tu penses à ta retraite.

Oh, écoute, tu fais de la peine, tiens, je vais quand même te servir un coup de

rouge, parce que vu dans l'état où tu es... Joseph, tu me files le

bourdon. Tu sais, ça ? On a quoi, 5 ans d'écart ? Ah oui, mais moi, je suis...

Je suis pas vieux, je porte pas de lunettes, j'ai pas de palpitations et j

'ai pas d'arthrose.

Cherchez l'erreur.

Je vais pas me faire me taire.

C'est eux.

La Jaguar.

Alimane vient de quitter sa résidence, patron.

Dès qu'il s'arrête, vous m'appelez en me donnant votre position.

Je ne promets rien parce que c'est Auclin qui conduit.

On appelle ça un copain.

Ok.

Putain, disons.

Eh ouais dis-le moi.

de nous débarrasser de Farah.

Mais après ce que tu m'as dit, j'estime qu'il est temps que tu fasses l'épreuve.

Quoi ? Tu sais très bien ce que je veux dire.

Non ? Cette petite est un danger pour nous tous.

Elle s'est enfuie avec Dunia. Elle a vu ce qui lui est arrivé.

Qu'est-ce qui lui est arrivé ? Oui, un hôtel particulier.

Douze rues de Poitiers.

Ok, j'arrive.

Le journal m'a dit qu'elle était en congé.

En congé, oui, en long.

En très long congé.

Vous me faites peur.

Maintenant, Farah va se mettre à parler.

Elle va vouloir venger Dunia.

Qu'est-ce qu'elle avait fait, Dunia ? Ce ne sont pas tes affaires. Fais ce que je

te dis.

Ne me demandez pas ça. Je ne pourrai pas.

C'est moi qui décide de ce que tu dois faire.

Mais ça, c'est trop.

Je ne peux plus.

On vit en France.

Et alors ? Nous sommes qui nous sommes, où que nous soyons.

Vous vous servez de notre culture et de nos coutumes quand ça vous arrange. Tais

-toi !

Mais qu'est-ce qu'il fait ?

Ne

t'inquiète pas, je te ferai pas de mal.

Va voir ce qui se passe.

Pourquoi ce revolver ? On est chez nous, non ?

Qu'est-ce qu'il y a encore ? De quel droit ? Du droit des enfants à vivre

libre. Blommé, voyez là-haut.

Mais c'est du harcèlement ! Cet hôtel particulier est à vous ? Parfaitement.

Je l'ai acheté.

J'ai fait des travaux pour y vivre. C'est pas interdit de faire des travaux.

René ! Oh, ça va ?

Ah, t'as raison, je vieillis.

T'es blessé ? Non.

Lui non plus, le coup est parti tout seul.

Ah, le bruit.

Eh, mon frère, tu t'es fait avoir.

Tout va bien, patron.

Il est solide.

Et les autres ? Ils se sont enfuis par la porte de service.

Alimane, je vous arrête.

Pour séquestration et meurtre.

Quoi ? J'ai toutes les preuves.

Un fouet avec vos empreintes et le sang de la victime.

Et bientôt les témoignages de la petite Farah et de votre propre fils.

Emmenez-le à l'usine.

Je ne vous le pardonnerai jamais.

Groue-toi !

Groue

-toi, il est marrant le patron. Il aurait pris le coup que j'ai pris, il

serait encore par terre.

La différence, c'est qu'il n'aurait pas pris le coup que tu as pris.

On appelle ça un copain. Tu es mon copain.

Tu n

'as plus de raison d

'avoir peur.

On leur a échappé.

Tu as l'adresse ?

On va d'abord chez ma tante.

Adresse de la sœur d'Aliman, la prof de lettres, une seconde.

Elle s'appelle Benazir Arakan, 171ème de Victor Hugo.

Madame Benazir Arakan ? Oui ?

Commissaire Navarro.

Je voudrais parler à la sœur de M.

Haliman. C'est moi. Entrez.

Une jeune fille de 18 ans a été fouettée à mort. Elle travaillait chez votre

frère. Ou plutôt, elle lui servait d'esclave.

C'est incroyable.

Il est tellement traditionnaliste.

Comme si on pouvait ne jamais bouger dans un monde qui n'arrête pas de

bouger.

Comment peut-on se figer dans le temps ? Oh, pas réaction. Le progrès a toujours

fait peur.

Il provoque des réactions de repli.

Et pourtant, mon pays est un beau pays.

Et les gens y sont beaux.

Parce que quelques aberrations subsistent. Ne croyez pas que ce n'est

pas un pays moderne.

J'en suis sûr. Je ne porte pas de jugement, madame. Je me contente de

poursuivre les criminels d'où qu'ils soient.

Il y a longtemps que vous ne voyez plus votre frère ? Plus de sept ans.

On ne se parle plus.

Il ne m'a jamais pardonné mon indépendance.

Et son fils, Rhys ? Oh, Rhys.

C'est un faible.

Il obéit à son père.

Par lâcheté, j'imagine. C'est un tel confort de ne pas se rebeller.

Martin, Grillon.

Lise tes poches.

Joseph. Je veux parler à mon avocat. Ah ben, on n'a pas le téléphone, on l'a

coupé, c'est dommage.

Il y a combien là-dedans ? Dix mille francs.

Faut fisquer.

Martin, pas de reçu.

Vous n'avez pas le droit.

Ah ben, je sais bien, je sais bien.

Tu perds.

Vous êtes des voleurs.

Oh là là, fais le taire ou je suis un malheur.

Taisez-vous.

Elle n'étonnera toujours pas.

T'as vu ? Ouais, ouais.

Au Chernobyl, j'ai déballonné d'un coup.

Il est complètement craqué, il pleure. J'ai beaucoup de peine, mais on le

laissera là, tant qu'on n'aura pas coincé les carottes.

Quand ? Dès que tu veux. Regarde, j'ai le pognon.

Cigarette ? Non.

Vous auriez fait un bon musulman.

Son père doit lui interdire de me voir, par peur de la contagion.

Pourtant, il vient de prendre la défense d'une petite fille de 12 ans, que son

père précisément a maltraitée. Gris ?

Je suis heureuse qu'il se soit affranchi.

Enfin ! J'ai tout lieu de penser qu'il va venir ici.

Maintenant ? Je ne vois pas chez qui d'autre il pourrait aller.

Chez un copain peut-être ? Pour y cacher une petite fille de 12 ans ? Non, croyez

-moi.

Maintenant, vous êtes sa seule alliée.

C'est la

petite

fille que tu as arrachée à ton père ?

Deux mille, deux mille.

On pose le pognon sur la table, ça servira pour les offres de la police.

Voleur ! J'aime ton humour, toi. Allez, grouillez-vous ! Mets en l'air tout le

monde !

Ça

y est, Ginou ? Tu me l'appelles jolie ?

Qu'est-ce que c'est que cette merveille ? Mais d'où elle sort ? On n'allait tout

de même pas rendre une sauvageonne à sa mère.

Je vais te poser encore une question un peu désagréable. Pas beaucoup, mais un

peu. Ne l'embête pas.

Je suis obligé.

On y va ?

C'est tellement soudain, il va falloir qu'il s'habitue.

Je ne vous ai pas assez remercié.

Mais si, mais si.

Mais vous ne bougez plus maintenant.

Prêt ? Attention.

Hop, souriez.

Oh putain, non, je n'avais dit pas dans mon bureau.

Excusez-nous, patron, je sais, mais comme on est là tous les trois en

souvenir de l'affaire du Kaopai, vous nous en faites une ? Comment on fait, là

? Vous regardez là et puis vous appuyez là.

Merci. Merci, patron. Navarro, tu m'avais promis.

Alors, qu'est-ce que je t'avais promis ? De ne pas demander de promotion pour l

'affaire Les Caopays.

Et Valse a demandé une promotion. Alors, moi, je risque de me retrouver

commissaire comme toi.

C'est pas mal, non ? Encore une autre, au cas où.

Une pour ma mère.

Oui, c'est sa mère.

Voilà. Commissaire, ça veut dire que je vais devoir partir d'ici. Moi, je veux

pas partir d'ici.

Attends, c'est pas encore fait.

Mais souris.

Moi je l'ai prévenu, je préfère donner ma démission.

Mais souris, elle pense à moi.

Je ne peux pas. Mais souris.

Avec les dents.

Allez, il est bien là.

Voilà. J'aurais jamais cru Borelli capable de ce qu'il a fait.

J'ai préparé un dossier pour qu'il puisse bénéficier d'une promotion.

Avec ses antécédents, il risque de passer commissaire. En tout cas, j

'appuierai pour qu'il le soit.

Il ne manque plus que votre avis et une petite signature.

Eh bien voilà.

La vie défavorable ? Enfin, c'est dingue ! Je ne m'attendais pas à ça de vous,

Navarro. C'est de la jalousie.

Exactement. Je ne peux pas l'imaginer loin de moi trop longtemps, ça me rend

dingue.

Pardonnez-moi, père, mais c'est votre fils que vous avez devant vous.

Pas un militaire, pas un ministre, pas un chef d'État.

Alors pourquoi ?

Pourquoi vous avez montré plus d'affection à ces imbéciles corrompus qu

'à votre propre fils ? J'ai aimé mon fils.

Où est-il ? Ici, à vos côtés.

Maintenant, vous avez confondu les galons du militaire avec l'affection, l

'argent avec la tendresse, le pouvoir avec l'amour.

Vous avez frappé votre fils.

Vous avez frappé votre femme.

Vous avez frappé d'innocentes victimes de votre système.

Qui es-tu, toi, pour me donner des leçons ?

Un homme.

Oui.

Peut-être n'ai-je pas été un père idéal.

Mais j'ai été un père.

J'ai voulu transmettre ce que mon père m'avait laissé en héritage.

Sa rigueur, son savoir.

Au nom du bien, que de violences absurdes, de punitions injustes.

Je veux bien tout recevoir. Ne rien perdre des traditions.

Mes pères.

Plutôt que de me soumettre par la terreur, la véritable éducation aurait

été de me les faire aimer ces traditions, par l'exemple.

Trop tard.

Vois-tu, j'ai oublié que la vie, l'argent, le pouvoir

échappent à l'homme qui les possède.

T'es toute seule ? Bastien n'est pas là ? Non, il est allé chez ses parents dans

la vaisselle. Ah bon ? On l'est préparé à ma venue.

Ils sont sympas de nous recevoir, hein ? En attendant que... En attendant quoi ?

Qu'on se marie.

T'es pas contre ? Non, mais en attendant, vous auriez pu vous installer

ici, non ? Tu sais très bien que tu supportes aucun autre homme ici.

Eh, c'est vrai.

Ici, ça a toujours été un sanctuaire. Il faudra que je m'habitue un jour à ton

départ, non ?

Toi, tu as autre chose, hein ? Oui.

T'es triste ? Ben oui.

C'est à cause de la petite Farah ? Un peu.

Ben, je m'étais habitué à elle.

Faut pas être triste.

Elle a retrouvé sa mère et un foyer.

Et c'est plus une enfant maltraitée.

Et toi, tu es une enfant maltraitée ? Des fois.

Tu me trouves trop sévère, rétro, mariaque.

Ça t'arrive, hein ?

Là, je vais essayer de m'arranger.

Mais non, t'es parfait comme ça.

Tu sais, elle me manque, cette petite Farah.

Parle, va.

C'est ça qui te tracasse. Je l'ai vue tout de suite. C'est vrai.

Elle me manque.

Je vais être habituel.

Un transfert ? Oui, et un jour ou l'autre, tu vas t'en aller, toi, le plus

tard possible, mais tu t'en iras.

J'aimerais bien, rentrant le soir, retrouver un petit bout de chou comme ça

de 10-12 ans qui se donne dans mes bras.

Quand tu seras parti, il n'y aura plus rien ici.

Oh, c'est pas demain la veille, hein ? Dis-moi, tu me vis toujours jaloux,

jaloux, mais toi, tu serais jaloux si j'aimais quelqu'un d'autre ? Bon, je

ferais avec.

Assure-toi, toute ma vie, tu seras ma préférée.

J'espère bien.

Sous-titrage MFP.

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