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Trois mozzas...
- Je vous apporte du pain. - S'il vous plait ?
J'arrive.
Je peux pas servir ça, c'est de la pisse. Tu refais.
- Je peux vous régler ? - Oui.
Excusez-moi, il n'y a pas de papier toilette.
D'accord.
J'attends toujours pour la 6 !
Trois Arancinis à la 6 !
- Tomates mozza, on en est où ? - Je suis dessus !
Tu me refais ça !
On a dit à point, pas du carton.
Les desserts...
- Et voilà ! Bonjour ! - Bonjour.
Une table pour 2 ?
Par ici.
Je pose ça là, hein ?
Monsieur, vous faites quoi, là ?
On est fermés.
Je suis là pour l'annonce.
Chaud !
Ça va pas là !
- Laissez. Je vais le faire ! - Ça va, je peux !
OK.
Il est sympa, ton resto.
J'aime bien, le côté famille.
C'est pas comme les grosses machines.
- Non, mais... - Tu vois Le Meurice ?
Ouais ?
C'est bien, je dis pas, j'y ai passé 4 ans.
Mais franchement, ça a pas le même charme.
- Ici, on sent l'amour. - OK.
Vous avez bossé au Meurice ? Le palace ?
Ouais.
J'ai tout fait, moi. Brasseries,
bars, hôtels, clubs aussi un peu.
- Vous avez apporté un CV ? - Même la plonge pour dépanner, fait.
Je note votre numéro et appellerai pour les entretiens.
Pourquoi on essaie pas maintenant ?
Si ça marche, tu me gardes, si ça marche pas, tu me vires.
Comme ça, on perd pas de temps. On est fixés.
Abel.
Redis-moi ?
- Ella. - Ella.
Ma grand-mère était dingue de jazz, elle aussi. Elle adorait ça.
D'ailleurs, il y a que ça qui l'intéressait.
Du coup, on passait nos journées à fumer en écoutant des disques.
On se parlait pas. Mais on était bien.
Ici, t'as la 14 à la 11.
Ce soir, on a un anniversaire, faut pas bloquer le reste du service.
On fait des assiettes.
Là, t'as les boissons, le menu sur les ardoises.
Pas de formules le soir.
Les garçons, voici Abel, il fait un essai.
- Bonjour. - Salut.
Si t'as une question, tu demandes à Simon.
- Simon ? - Moi.
Là, c'est le pain, le sel, poivre et sauces. Je continue.
10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2 et l'as.
- De l'as à la cinq, c'est ton rang. - OK.
C'est ta priorité.
Les bières sont là, les softs, ici, le vin, c'est du côté des desserts.
T'as déjà fait une crème brûlée ?
Mon père.
- Bonjour. - Excusez-moi.
Tu voulais trouver quelqu'un rapidement ?
La prochaine fois, va falloir faire un effort.
Mettre une chemise, au moins.
C'est noté !
Pour la caisse ? Il y a un code ?
La caisse, je m'en occupe.
Pour les commandes ?
Tu les transmets en cuisine, je sors les additions.
Ça devrait aller, c'est pas le Meurice.
- Le café... - Du pain...
Bien sûr.
- Vous attendez toujours quelqu'un ? - Il va arriver.
- Tout se passe bien ? - Oui, merci.
- Le Perrier, c'est pour ? - C'est pour moi.
OK.
Merci, mesdemoiselles.
Passez une bonne soirée !
Mademoiselle !
Oui ?
- Les menus, s'il vous plait ? - Oui, bien sûr.
À ton avis, pourquoi la fille à la 5 a l'air triste ?
Quelle fille ?
La blonde, en rouge, bouche crispée.
Elle est à la deux. La cinq, c'est là.
En face, son meilleur pote.
Il lui parle encore des nanas qu'il se tape,
et il a pas remarqué qu'elle avait changé de coiffure.
Alors elle a l'air triste.
Tu les connais ?
Et eux ? Pourquoi ils s'engueulent ?
Ça pue l'histoire d'héritage, ça.
Tu fais jamais ça ? Imaginer la vie des gens ?
- Le gâteau est prêt. - Ouais, je prends.
Pour Elias !
Joyeux anniversaire,
Joyeux anniversaire,
- Joyeux anniversaire, Elias ! - Bonsoir, une table pour deux ?
Ella, ça va ? Pas trop crevée ?
Ça va. Et vous, les garçons ?
Ça va.
- Allez, bonne soirée. - Bonne soirée.
Bonne nuit.
J'ai appris à nager dans le froid dans la montagne.
- Pas le choix, sinon les muscles... - Bonsoir.
- Salut. - Ils s'engourdissent.
- T'en prends pas ? - Les pourboires, pour les employés.
Ah, t'es la patronne !
Moi aussi, mon oncle m'a baratiné pour que je récupère son garage.
Il m'a même forcé à passer un BEP mécanique.
- Essaye pas. - Quoi ?
De deviner ma vie en 30 secondes.
Si tu dois prendre le dernier métro, vas-y.
Pour demain, on dit pareil. 18 h - minuit.
Donc, t'es heureuse ?
- Je vais pas me plaindre. - Pourquoi pas ?
Tu m'offres une bière ?
- Et après, on y va. - Y a quelqu'un qui t'attend ?
Tu sais qu'on a découvert une 13e constellation ?
Ça fait des siècles que les astrologues essaient
de simplifier le truc, tu vois ?
Genre 12 mois, 12 signes.
Il en manquait un.
Ça décale tout.
- Tu fais quoi ? - Tiens.
J'ai découvert à 30 piges que j'étais vierge et pas lion. T'imagines ?
- Rien à voir. - T'arrêtes !
Merde !
T'avais une chance sur deux.
Rends-moi mon fric.
C'est le destin, ça.
OK, je te préviens,
sinon, je vais hurler.
Vas-y.
Si, si, je vais le faire.
Tu vois, ce que je me dis,
si tu réfléchis bien
à cette histoire de constellations,
la plupart des gens suivent le mauvais horoscope toute leur vie.
- Lâche-moi ! - Tu vois,
en fait,
ils se plantent complètement sur qui ils sont.
Tu comprends ?
On va où, là ?
Écoute,
je te propose un deal.
Tu viens avec moi, on partage 50-50.
Quoi ?
Tu peux repartir avec le triple de ce que je t'ai pris.
Minimum.
Tu te fous de moi, là ?
Tu vas me rendre mon fric tout de suite !
Tu vois ce qui est en train de se passer entre nous ?
- Ça, c'est un signe. - N'importe quoi !
Ça va, si tu restes avec moi, tout ira bien.
- N'aie pas peur. - J'ai pas peur.
- Hé, Abel ! - Ça va ?
- Hé, tu vas bien ? - Ça va ?
Hé, Miss ! Faut biper sa carte.
- Votre carte ? - Non, mais je suis avec lui.
Ici, c'est un établissement privé réservé aux membres.
- Abel, dis-lui qu'on est ensemble. - Tu la connais ?
Jamais vue.
Pour rentrer, la cotisation est de 80 euros l'année.
Euh...
Non, mais j'ai pas.
Je vous demande de sortir.
Voilà.
Pas de pièce d'identité non plus, j'imagine ?
Je me demande laquelle me coûte le plus cher.
- Vous prenez quel numéro ? - Trois jaune.
Monsieur, arrêtez !
- C'est de l'argent volé ! - 400...
500, et 520.
Tout le monde s'en tape ici.
Par exemple, lui, là-bas, tu vois, le grand ? Hulk.
Quoi qu'il perde, il revient blindé le jeudi.
- Merci, chef. - Personnel, merci.
À ton avis, son fric, il le sort d'où ?
Monsieur, bonjour.
- Marbella - Paris. 30 000 cash. - Je m'en fous de tes histoires.
En vous remerciant pour le personnel.
- Change. - 100 change.
40, 50, 100 pour les 100.
Ici, tu joues au punto banco.
Soit tu doubles, soit tu perds.
Banco, c'est la banque.
Ils prélèvent 5 %. La punt',
c'est tout dans la poche.
- À toi de jouer. - Moi ?
Je sais pas.
Y a rien à savoir. Tiens.
Je te fais confiance.
Mais c'est important d'y croire.
Les jeux sont faits.
Rien ne va plus.
Punto 9.
Banco 7.
T'as doublé.
- Personnel. - Personnel, merci.
Mesdames, messieurs, faites vos jeux.
Encore.
20, 30, 40, 50, 100...
Les jeux sont faits.
Rien ne va plus.
Punto Zéro.
Jack au quatre. Punto huit.
Bravo !
Personnel, merci.
Mesdames, Messieurs, faites vos jeux.
Laisses-en pour Monsieur...
Les jeux sont faits.
Rien ne va plus.
Punto trois.
Banco six.
Punto cinq. Banco.
On fait quoi maintenant ?
50, 100...
C'est quoi égalité ?
L'égalité, c'est autre chose. C'est rare.
Mais tu multiplies ta mise par 8 si tu gagnes.
Faites vos jeux.
Quand punto et banco font la même somme.
C'est risqué.
Rien ne va plus !
Punto huit.
Banco huit. Égalité.
- Elle est sur un tapis volant... - Première fois ?
Quoi ? Ça se voit tant que ça ?
Ma première fois, c'était au casino, à Ouistreham.
C'était encore les francs.
Je suis arrivé avec 50, j'ai passé toute la soirée, j'ai fini à 6 200.
J'ai acheté des pompes à toute ma famille.
Et j'y suis retourné.
Et toi ?
Moi, c'est comme ça, de temps en temps. Pour m'amuser.
Je suis pas comme lui.
Allez, termine ton verre. On va les tabasser !
6 500...
8 000...
9 000.
9 450. On divise comment ?
50-50.
On va manger un bout ?
J'ai les crocs, moi.
Faut que je retourne au resto. Faut pas que mon père voie la caisse.
- Tu connais pas Forrest Gump ? - Non.
C'est quoi ?
Mais t'as jamais vu ça, avec Tom Hanks ?
- C'est un film ? - Oui !
Le mec, là, qui est complètement... Voilà... Il a pas de cerveau...
Et il devient un super-héros des États-Unis...
Il court tous les États-Unis, il joue au ping-pong...
Tu te fous de ma gueule, en fait ?
T'es con, fais pas ça ! Tu m'as mis 100 ans dans les dents !
Je comprends pas. Tu voulais être Forrest Gump ou être pilote ?
Faut savoir.
Moi, je voulais être champion. C'est tout.
Peu importe de quoi.
Ping-pong, basket,
pêche à la ligne, pétanque...
Les voitures, c'était simple. On avait tout avec le garage.
Mon cousin bidouillait.
Et moi, je pilotais.
On était des rois à cette époque.
Faut que tu voies ça.
Je sais pas.
Moi, les bagnoles...
Mon père regarde tous les dimanches à la télé. Je trouve ça chiant.
Je parle pas de ça, moi. Je parle d'une vraie course.
Ce que tu vois à la télé, c'est comme le poker, tu vois ?
On croirait un long dîner où on tire la gueule, on se fait chier.
Mais Demolition Derby, c'est comme le punto banco.
Ça va vite. Tu mords ou tu te fais mordre.
Si tu veux venir, faut demander gentiment.
Moi, je te demande ?
C'est toi qui m'invites, c'est toi qui demandes.
D'abord, t'enlèves ton maïs et peut-être que je t'amènerai.
- Par magie ! - Non !
Attends.
Elle était dans la salière.
Faut le mettre en salle. Le dimanche, avec les enfants.
OK, vous la voyez ?
Elle disparait, elle revient, hop !
C'est ça, le truc, un peu, non ?
- Trop fort. - Vous étiez au Meurice ?
Ouais.
Ça va, ils sont pas trop durs ?
On s'habitue.
C'était quand ?
Il y a 7 ans, 7 ans et demi.
Vous connaissez Julien Lancerre alors ?
Je me souviens pas de tout le monde, ça date !
C'est le premier maître d'hôtel, on l'oublie pas.
C'est des très grosses équipes. Il peut se tromper.
Et moi, j'étais équipier.
Je bossais de nuit à la réception du linge.
On était plutôt en lien avec Madame Plisson.
Ma gouvernante, je m'en souviens.
Tu me remets du poulet, s'il te plait ?
- T'en reveux ? - Eh oui !
Salut.
- Bonne soirée. - Salut.
- Quoi ? - Non.
Ça arrive qu'une fois, la chance du débutant.
C'est pas que de la chance.
Il y a 2-3 trucs à connaitre.
Je peux t'apprendre, si tu veux.
Je rentre dormir.
Si c'est si facile, pourquoi t'es fauché ?
Tu crois qu'on joue pour le pognon ?
C'est un peu le principe, non ?
Tu crois que ceux que t'as vus hier, les Chinois, par exemple,
étaient là pour le fric ?
C'est toute leur vie qu'ils mettent sur la table.
Leurs boutiques, leurs loyers,
la bouffe de leurs mômes,
et quand ils perdent, ils reviennent.
Car plus t'es dans la merde,
plus t'as besoin de te refaire
et plus il y a d'adrénaline.
Toi aussi, tu as ressenti la décharge, hier.
Je t'ai vue.
La première chose, quand t'arrives,
c'est de repérer le mec le plus "black".
Y'en a toujours un qui se fait dépouiller et continue de s'enfoncer.
Tout ce que t'as à faire, c'est de le suivre et de miser à l'inverse.
Parce que, lui, il ira jusqu'au bout.
Faut toucher le fond pour ressusciter.
Après, il y a les séries. Ça revient par cycle.
Cinq fois punto, une fois banco,
sept fois punto, deux fois la banque, etc.
Les Chinoises notent tout.
Elles font des statistiques et y croient dur comme fer.
Mais le plus sûr, c'est de regarder la caisse du croupier.
Si elle est pleine, il gagne.
Donc, que la banque gagne.
Mise à l'inverse de la table.
1 600.
Si la caisse est vide,
les joueurs ont fait sauter la banque.
Alors, le croupier demande un arrosage.
Il prévient son chef de partie,
le chef de partie va chercher le banquier.
Chaque maison a son banquier.
C'est la différence entre un cercle et un casino.
Tous les matins, un particulier rachète les tables aux enchères.
Officiellement, n'importe qui peut participer.
Mais en réalité, c'est toujours le même.
Tu joues contre lui, pas contre l'établissement.
C'est ça, le tour de passe-passe.
Une association à but non lucratif.
Pas d'argent, pas de bénéfices, pas d'impôts.
Juste une petite réunion entre membres.
La police ferme les yeux et, parfois, la sécurité rappelle qui commande.
Plus c'est spectaculaire, mieux c'est.
Souvent, c'est orchestré.
Le type récupère un billet pour son numéro et disparaît.
La vraie menace vient d'ailleurs.
Les prêteuses. Les femmes dragons.
Elles prêtent qu'aux connaissances. Si tu leur rends pas,
toute ta famille au pays trinque pour toi.
Et il y a les rabatteurs.
Quand t'as plus rien, ils dépannent, proposent l'adresse d'une partie.
C'est pas ça qui manque dans le quartier.
Et si t'oublies de payer,
c'est Diako qui vient te chercher.
C'est le pire recouvreur de têtes de tout Paris.
Je vous amène la carte, un café.
Pardon, j'ai oublié.
- T'as foutu quoi ? T'étais où ? - Désolée.
C'est pas vrai !
- Merde ! - Oh, putain !
- Tu peux me passer... - Ouais, tiens.
Merci.
Ça va aller, excusez-moi.
Ça, faut que ça parte !
- Et Abel ? - Quoi, Abel ?
- Quoi, Abel ? - Bah, quoi ?
J'en sais rien, moi. Vous voulez régler ?
Il est quelle heure ?
Je dirais 19h03, vu qu'il était 19h00 il y a trois minutes.
250 pour monsieur.
80 pour vous, madame.
95.
Tout est réglé, faites vos jeux.
Les jeux sont faits et rien ne va plus.
Punto six.
Banco un. Punto.
Faites vos jeux.
Les jeux sont faits et rien ne va plus.
Punto six. Banco huit.
Banco.
Faites vos jeux.
Les jeux sont faits et rien ne va plus.
Punto sept.
Dublin ?
Ouais, Dublin.
La bière, la cornemuse, la pluie. C'est le paradis pour moi.
Je sais pas. Si je partais en cavale, j'irais plus loin.
Où ?
Je sais pas, au Mexique.
Qu'est-ce que tu veux y foutre ?
C'est l'endroit parfait pour disparaitre. Non ?
Pourquoi tu veux disparaître ?
Je suis pas d'accord, moi.
Toi, t'as le droit, mais pas moi ?
J'allais revenir.
Ouais, c'est ça !
Embrasse-moi !
Crapule !
Tu vois le petit gars là-bas ? Le renoi ?
La dernière fois que je l'ai sorti, il boitait.
T'as pris combien ?
Tiens.
Magne-toi !
- Tu montes dans la 5. - OK.
- On parie tout sur la 5. - Quoi ?
Tu mises tout sur moi. Quitte ou double.
Je compte sur toi, j'en ai besoin.
Tu me regardes tout le temps.
- Ouais. - Tu promets ?
Pardon.
Allez !
On vous entend pas ! Allez !
Allez !
Allez, Abel !
Allez !
Arrête-toi !
- Laisse-le. Laisse-le ! - Abel !
Tu regardes quoi comme ça ?
Y'a rien à voir. C'est fini. Terminé.
Ça change rien pour moi que t'aies perdu.
Ça change rien ?
Je m'en fous.
Si tu t'en fous, alors t'y crois pas. Tu le dis toi-même.
Non, mais c'est pas grave. On va se refaire.
Non, mais y'a pas de "on".
Y'a plus de "on".
Rentre chez toi.
T'attends quoi, là ?
T'as un travail. T'as une vie.
Pourquoi tu restes collée derrière moi comme un chien ?
Dégage.
- Casse-toi. Allez. - Allez, laisse-la tranquille.
Elle te plaît ?
Tu veux la baiser ?
Vas-y, ça me dérange pas.
- Allez, montre-lui. - Ça va pas ?
Arrête !
Elle en redemande tout le temps.
Casse-toi !
Bon, allez...
C'est bon ? Ça va mieux ?
Espèce d'enculé.
C'est quoi, ça ?
L'argent des paris ?
Quels paris ? Y'a pas de paris.
T'as vu où on était ?
"On va se refaire." "Quitte ou double."
Hé ! C'est lui qui t'a fait.
Y'avait pas de paris ?
Pourquoi t'as fait ça ?
Pour 300 balles, t'as fait exprès de perdre la course ?
Pour 300 balles ?
Tu veux que je parte pour les récupérer derrière mon dos ?
Si t'en as besoin, demande, je te le donne.
Demande-les-moi,
et je te les donne.
Moi, si vous en voulez pas, je le prends.
Bonjour.
Bonjour.
Vous restez déjeuner ?
Non. Je vais y aller.
Je vous fais un café.
- Il est prêt. Ça dérange pas. - Non, merci.
Suivez-moi, je vais vous chercher mon fils.
C'est par Internet, c'est ça ?
C'est moi qui l'ai poussé à s'inscrire.
Sinon, il resterait au fond de son garage à bosser.
Bon, enchanté, mademoiselle.
- Au revoir. - Revenez quand vous voulez.
Vous êtes chez vous, ici.
Ça va ?
Tu veux que je te raccompagne ?
Non.
- Non. - Mais elle est dédicacée.
C'est Amsterdam 1957.
C'est le rêve pour un collectionneur.
Bon, je vous la fais moitié prix : 250.
Tournez-vous.
Combien pour le manteau ?
Hé, machin ! Réveille-toi !
Allez, réveille-toi !
Abel m'a dit que je pouvais rester.
Je m'en fous, tu dégages !
- Je lui ai filé 100 balles ! - C'est chez moi, je décide !
- Juste un peu, le temps que... - Tu te casses !
J'ai mis 300.
Je suis arrivé à 300, j'ai tout perdu, il me restait 85.
85, bon, je peux pas jouer.
Je suis allé à table du Hold'em.
Je suis remonté à 100, j'ai repris un jeton...
Tu les as niqués ?
- Tes 300 ? - Plus, t'es fou ? J'étais à 1 400.
Ça va.
J'ai montré mon fils ?
Regarde ses yeux, comme il est beau.
Regarde. Là, il est mal coiffé, mais...
C'est mon fils, mais il est beau. Il me manque, un truc de fou.
Abel, faut qu'on arrête.
J'ai réussi à le voir, mais...
- La beauté ! - T'as vu, il est beau ?
Hé !
- Hé ! - Oui ?
Tire pas la gueule. Je savais pas que t'avais peur des clebs.
Je l'ai dépanné, c'est tout.
- Zat ! - Oui ?
- T'as misé l'Amour du risque, toi ? - Bien sûr !
Je te sens bien !
Abel, tu m'écoutes.
On va se faire virer de l'appart.
Ils vont envoyer les huissiers, je ferai quoi ?
Non, t'inquiète pas, on est bons. Hier, je me suis refait.
Punto-banco, un truc de dingue !
Bientôt, on va au Mexique.
- Vas-y, pousse, pousse ! - Allez !
Abel...
Putain, c'est pas possible !
- T'as gagné ! - J'étais avec lui, je t'avais dit.
C'est pas comme à Deauville. Deauville, c'est tout petit.
Tu veux quelque chose ?
Les jeux sont faits.
- Rien ne va plus. - Je me casse.
Vas-y.
Non, t'as pas compris. Je pars.
Je gagnerai peut-être alors.
T'as dit quoi, là ?
Il a raison, Romain. Tu me portes l'œil.
Je te porte l'œil ?
J'en suis là à cause de toi !
De moi ?
- T'es un corbeau... - Ta gueule !
Putain, c'est une mangeuse de crâne, je te jure.
Va t'occuper de ton fils !
Donne les cartes.
Les cartes.
Bah, fais-le. Sers-les !
- Calmez-vous, s'il vous plaît. - Je suis calme.
C'est bon, assis-toi.
T'es avec elle ou la serveuse qui te donne des jetons ?
- Chef. - Donne-moi ces jetons !
Lâchez-moi !
Lâche-moi ! Tu me parles, maintenant ? Ça y est ?
Lâchez-moi !
Tu laisses faire ?
C'est bon, j'y vais !
Marquez vos jeux.
Rien ne va plus.
Banco.
Je sais pas quoi te dire.
Tu vas aller où ? Chez ton père ?
Ça te regarde pas.
Ella, je te jure.
C'est fini, c'est terminé.
Écoute-moi, s'il te plaît.
Non.
Je te promets, cette fois, c'est bon.
On part, on va où tu veux, au Mexique, où tu veux. J'arrête.
Tu fous le camp.
Désolée, vous êtes interdit ministériel, vous pouvez pas rentrer.
Vous pourriez revérifier ? S'il vous plaît ?
Vous êtes fiché. Je peux rien faire.
Alors ?
Vous lui dites que je l'aime ?
Il vous aime.
Je t'aime.
Je me suis jamais senti aussi libre de ma vie ! Je suis...
Bien !
Ça, c'est grâce à elle.
Quoi, grâce à moi ?
Que j'ai décroché.
Non, il l'a fait tout seul.
Maintenant, il faut tenir.
Voilà. 15 euros, les gars.
Laisse, c'est pour moi.
- Non, arrête ! - Si, si !
Soit pas débile, je te les ai prêtés.
J'ai une grande nouvelle.
On veut que tu sois notre témoin.
Arrête tes conneries !
Rigole pas, je suis sérieux.
Je veux t'épouser.
Tu crois pas qu'il faut me demander d'abord ?
- Lève-toi, là. - Dis-lui que j'ai jamais fait ça.
Je vais prendre soin de toi, travailler,
même au SMIC, je m'en fous.
On aura une maison, jardin,
grande cuisine,
des enfants.
Mais pas de chien.
C'est vrai ?
- Ouais. - Ouais ?
Je vais me marier !
Félicitations, je crois que c'est ça qu'on dit.
Merci.
Viens, on se pose deux minutes.
Hé, je me pose pas, cousin ! Moi, j'avance !
J'avance tout droit !
En marche ! En avant !
Viens là.
Touche jamais à ça ! Tu vas te blesser !
C'est pas moi, la mariée !
Toi, t'es l'amour de ma vie, toi !
T'es l'amour de ma vie, toi ! Va te faire foutre !
Je vais te niquer !
Salut, chef !
Je vous déclare...
Maintenant, Monsieur le Maire vous déclare
mari et femme ! Bande d'enfoirés !
Et je vous emmerde !
Oh, c'est quoi ce bordel, là ? C'est pas fini ?
- Il va se marier ! - Pardon.
- Il se marie, c'est moi le maire ! - Ta gueule !
Vos gueules ! Barrez-vous, là !
On va tous en chier, mon frère...
- Fais voir la bouteille ! - Je vous allume ?
Arrête. Désolé !
- Hé, il est bourré, désolé ! - Je suis pas bourré !
Oh, ça fait quoi, là ?
Ah, fils de pute ! Ah !
Lâche-moi !
Arrête ! Arrête, s'il te plait ! Il a rien à voir ! Diako !
Je te rembourse !
Je te demande juste deux jours ! Je te jure, je te rends tout !
- S'il te plait ? - C'est ta copine ?
Ella, c'est ça ?
Demain. Demain, t'as ma parole. Demain, je te rembourse.
C'est quoi, ça ?
C'était quoi, ça ?
Assis-toi.
Allez, lève-toi.
Salut, papa.
Je viens pour récupérer mes parts.
L'argent de maman avec lequel t'as ouvert le restaurant.
J'ai le droit à la moitié.
C'est Abel qui t'a demandé ça ?
C'est pour moi. Je partirai pas d'ici sans.
Ella !
Ella !
Fais pas ça !
Pas les chéquiers !
Ella !
Tu peux encore t'arrêter ! C'est pas trop tard.
Parle-nous !
- Parle-nous ! - Laisse-moi sortir !
Tu vas la laisser continuer ? Ça fait des mois que ça te rend malade !
Ça va ?
On a trois chèques ? C'est ça ?
- Oui. - Ça fait 2 000 euros par chèque.
Le premier, t'y vas, tu changes en jetons.
Tu gardes les jetons, tu vas au bar. Tu bois un verre, t'attends.
Surtout, t'attends. D'accord ?
Après, pareil avec le deuxième. T'y vas,
tu changes à nouveau, tu gardes les jetons,
tu vas fumer une clope, je sais pas, mais...
Tu joues pas surtout. OK ?
Le troisième, c'est pareil.
Quand t'as le compte, tu cash tes jetons et tu sors.
Hé, tu m'écoutes ?
- Quoi ? - Chèques, jetons, liquide.
D'accord ? Chèques, jetons, liquide.
Ouais, je sais...
Bon, allez...
Ça va ?
Je vais juste la chercher.
Allez, s'il te plait.
- Laisse passer les clients, Abel. - Tu me connais ?
Attends. Laisse-moi juste... Je vais juste... Juste, je l'appelle.
Ouvre la porte, je l'appelle, elle sort.
OK ?
Arrête tes conneries ! Qu'est-ce que tu fais ?
C'est quoi, le problème ?
- Non, tout va bien. - Tu regardes quoi ? Tu veux jouer ?
Mais va jouer ! C'est quoi le souci ?
Tranquille, je te respecte, respecte les gens.
Je respecte rien du tout ! Vas-y, laisse-moi passer, putain !
Je vais la chercher et je sors !
- C'est bon ! - Tu t'es fait interdire tout seul.
On y va.
Allez, Abel.
Tu vas m'attendre ici.
Hors de question.
C'est des mecs dangereux, t'as vu, non ?
Je m'en fous.
- Je viens avec toi. - Non, tu viens pas avec moi.
À l'intérieur, tu peux pas m'aider. C'est dehors que j'ai besoin de toi.
OK ?
Écoute, si je suis pas revenu d'ici 1 h, appelle les keufs.
Un cercle clandestin, ça les intéresse toujours.
Pourquoi une heure ? Tu payes et tu reviens.
On sait jamais ce qui peut se passer avec eux.
Je fais au plus vite.
Je fais au plus vite.
No.
Je veux juste voir Abel !
- Je veux juste voir Abel ! - No. I said no.
Hé !
Get out !
Get out !
Je sais qu'il est là !
Abel !
Hé !
Tu touches plus à la caisse, je tape les commandes.
T'apportes les cartes, tu débarrasses, tu coupes le pain.
Et c'est tout. OK ?
OK.
Merci.
Allez, on y va.
J'en ai marre. Je commence à fatiguer.
- Ça va être un garçon. - Ah, vous croyez ?
Et pourquoi ça ?
Tiens.
Je vais le faire.
Court ou long ?
Bon, bonne journée.
Il est pas ici, je vous jure.
Je sais pas où il est.
Il a disparu.
Il m'a laissée tomber.
Eh bien, tu me le retrouves.
Abech ? Je connais pas.
- Abel est où ? - Moi, je sais pas. Tu sais ?
- Excusez-moi, vous connaissez Abel ? - No.
- Monsieur Abel ? - M. Abel, oui.
Il est pas là... Je sais pas.
Vous avez vu cet homme ?
Bonsoir, vous avez vu cet homme ?
Explique-moi.
Il faut que tu m'aides.
Je l'ai cherché partout. Dis-moi juste si tu l'as revu.
Tu crois que t'es la première à lui courir après ?
De toute façon, y'en a que pour lui.
Il est ici ?
Laissez-moi tranquille avec vos histoires.
Il est ici ?
Sors de chez moi.
- Nacim, s'il te plait... - Sors !
J'ai perdu... J'ai perdu mon appartement, ma voiture.
J'ai vendu mes meubles.
Je sais plus quoi faire. J'ai besoin d'aide.
C'est pour ça que je suis là aujourd'hui.
Je sais plus quoi faire. Le midi,
je vais au café, je joue, je joue, je perds.
Et puis, ça s'arrête pas.
Pour moi, c'est une histoire sans fin. J'ai honte.
J'ai honte d'être arrivé là.
D'avoir plus rien.
Il y a un vieux proverbe chez moi
qui dit que quand le fiasco, quand la catastrophe est générale,
elle devient plus supportable.
En fait, ça me console,
l'idée qu'il y a d'autres gens qui vivent la même chose que moi.
Merci pour ton témoignage. Merci beaucoup.
Je crois qu'il y a une nouvelle parmi nous.
Est-ce que tu veux te présenter, s'il te plait ?
Je m'appelle Camille,
je suis dépendante.
Ça fait huit jours que c'est fini.
Bonjour, Camille. Bravo.
Comment te sens-tu ?
Seule.
D'autres partages ?
Jane, vous me connaissez tous.
Donc, abstinente depuis cinq ans, maintenant.
J'ai envie de t'embrasser.
Attends.
C'est sympa chez toi.
- Tu fais des travaux ? - Je suis vraiment désolée.
Regarde bien.
Pardon. Pardon.
Franck,
il va encore falloir aller voir Madame ?
Ça marchera plus.
J'espère pour toi qu'elle va changer d'avis.
Fouillez-le. Vous lui prenez tout.
À partir de maintenant, je t'appelle là-dessus.
- Je croyais qu'après, c'était fini. - Prends !
C'est moi qui décide quand c'est fini.
Ma chérie...
Tu peux dire qu'on est fermés, je veux plus.
Restaurant Fédor, j'écoute.
Allô ?
Allô ?
- J'ai retrouvé Abel. - Il est où ?
Si je vous le dis, après, c'est terminé.
On avait un accord.
Je veux votre parole.
Tu vas me donner ton mec ?
Je le déteste autant que vous.
Abel, je m'en fous. C'est juste un boulot.
Pour moi aussi.
Le dernier.
C'est moi.
Ça te plait ?
J'imaginais que tu serais parti loin.
Que tu serais parti à l'étranger.
N'importe où sauf dans cette chambre.
Je serais jamais parti tout seul.
T'aurais pu trouver une autre fille.
Des paumées, y'en a partout.
Suffit de leur dire qu'elles sont uniques.
Sauf que, toi, tu l'es.
T'as toujours pas compris.
T'es rouillé, putain !
T'es encore plus belle.
Qu'est-ce que tu veux ?
Te voir, te parler.
Te demander pardon.
Et après ?
Tu crois qu'il suffit de réapparaitre ?
De claquer des doigts pour que tout redevienne comme avant ?
Et toi, pourquoi t'es venue ?
Je voulais savoir ce que ça faisait.
Comment t'avais réussi à me faire ça.
J'ai essayé de m'en empêcher, mais...
J'ai pas réussi, je crois. Je crois que j'ai eu peur.
C'est toi qui as eu peur ?
Toute ma vie, j'ai perdu.
J'ai perdu mon nom quand j'ai appris que celui qui m'amenait à l'école
était pas mon père.
Abel Massaoui existait pas. C'était personne.
Après, ça a continué.
Les choses se détachaient de moi
comme une vieille peau. Je sentais rien.
Gagner, tout le monde peut le faire.
Mais perdre...
Perdre, la plupart des gens s'en remettent pas. Ça les brise.
Alors quand, toi, t'y arrives,
c'est puissant.
Au bout d'un moment, ça devient ça, la piqûre.
Plus tu perds, plus tu te sens libre.
T'as de moins en moins envie de remonter à la surface.
Moi, j'ai fini par croire que j'étais invincible.
Une sorte d'élu
qui pourrait survivre à tout.
Mais pas à toi.
Toi, j'y arrive pas.
J'ai pas envie d'y arriver.
Je sais qu'ils sont en bas.
C'était la seule façon pour que ça s'arrête.
On va descendre ensemble, et puis tu repartiras à ta vie.
Ça va aller.
Viens !
Va prévenir Diako ! Putain !
Quatrième étage.
Fermeture des portes.
Ella...
Arrête ! Arrête !
Ella, ça va ?
Passe derrière.
Abel.
Abel...
Abel ?
Ça va ?
Faut juste que je me repose un peu.
C'est quoi, ça ?
Faut qu'on fasse demi-tour, faut qu'on aille à l'hôpital.
La prochaine voiture est noire, combien tu paries ?
Ella, si t'appelles les flics, ils vont venir.
Je veux pas qu'ils te retrouvent.
Je te laisse pas comme ça. Je te laisse pas ici.
Regarde dans ma poche.
Choisis une couleur.
Moi, je garde le noir.
Je prends rouge.
Abel...
Non, non, non, Abel, réveille-toi !
Réveille-toi. Abel !
Réveille-toi ! S'il te plait, réveille-toi !
Non !
Ça ne prévient pas, ça arrive
Ça vient de loin
Ça s'est traîné de rive en rive
La gueule en coin
Et puis un matin, au réveil
C'est presque rien, mais c'est là Ça vous ensommeille
Au creux des reins
Le mal de vivre
Le mal de vivre
Qu'il faut bien vivre
Vaille que vivre On peut le mettre
en bandoulière Ou comme un bijou à la main
On l'a fait !
Comme une fleur
en boutonnière Ou juste à la pointe du sein
On a réussi !
C'est pas forcément la misère C'est pas Valmy, c'est pas Verdun
Mais c'est des larmes aux paupières
Au jour qui meurt, au jour qui vient
Le mal de vivre
Le mal de vivre
On est intouchables, nous !
Qu'il faut bien vivre
Vaille que vivre Qu'on soit de Rome ou d'Amérique
Qu'on soit de Londres ou de Pékin Qu'on soit d'Égypte ou bien d'Afrique
Ou de la porte Saint-Martin
On fait tous la même prière On fait tous le même chemin
Qu'il est long quand on doit le faire
Avec son mal au creux des reins
Ils ont beau vouloir nous comprendre
Ceux qui nous viennent les mains nues
Nous ne voulons plus les entendre
On ne peut pas, on n'en peut plus
Alors seuls dans le silence
D'une nuit qui n'en finit plus
Voilà que soudain on y pense
À ceux qui n'en sont pas revenus
Sous-titrage : Hiventy
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