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---
*Tonalité
*Annonce en arabe
---
*- Nous commençons notre descente vers l'aéroport de Tunis Carthage.
Nous vous prions de regagner votre siège, attacher votre ceinture,
et ranger votre tablette.
---
Musique douce
---
Des enfants bavardent.
- Lilia, on est arrivé. Cette fois, on doit gagner contre Daly.
- Je sais, on lui vole le 7 de carreau !
- Oui, on doit lui prendre.
- ALLEZ, MAMIE.
ALLEZ, MAMIE.
- Plus fort, Sofiène !
---
Le son s'atténue.
---
- Bonjour.
Bonjour.
- ALLEZ, MAMIE.
---
- Attends-moi !
Mamie est en haut.
Rires des enfants au loin
---
- Maman.
- Lilia.
Tu as pu arriver à temps.
- J'en reviens toujours pas.
Ça va ?
- Ils font le lavage mortuaire.
Tu pourras le voir après. Donne-moi tes affaires.
- Hayet.
Ça va ?
- Mamie t'attend.
Lilia soupire.
(Et les psalmodieurs ?) - Ils sont partis prier.
Salutations
- Mamie...
- Lilia, ma chérie.
Ton oncle est parti, ma Lilia.
Sanglots
---
Je lui ai dit : "Lilia arrive, viens l'accueillir."
---
Il est parti.
Il m'a laissée.
- La pauvre...
Murmures et chuchotements
---
- Que Dieu lui accorde sa miséricorde.
---
- Hayet !
Que Dieu te donne la force.
---
- Néfissa, que Dieu te vienne en aide.
Que Dieu protège ta Lilia.
---
(- Daly est prêt dans la chambre de Mamie.)
(Tu veux le voir avant qu'ils l'emmènent ?)
(Si tu n'as rien à lui dire, tu le bénis.)
---
(enfant) - On joue à la Chkobba ?
- Vous savez jouer ?
Qui veut commencer ? Coupe, Lilia.
Après ce sera toi, Sofiène.
- Tricheur !
- Non, j'ai pas triché !
J'ai le 7 de carreau. Je tombe toujours dessus.
- Non, tu triches.
- Non, c'est pas vrai.
- Tricheur !
Des hommes psalmodient.
---
--- Hayet parle.
- S'il vous plaît, laissez-moi le voir.
Je vous en prie.
Psalmodies
- Laisse-le.
Allez-y.
---
Psalmodies mélodieuses
- Les hommes arrivent pour l'emmener.
---
- Mon oncle.
- Lilia, ma chérie, tu as pu te libérer.
---
- Allah akbar !
---
Allah akbar !
Chant fort
---
- Daly !
Daly !
---
Musique mélancolique
---
- Mamie ne survivra pas à cette mort.
- Dis pas ça.
---
Arrête d'anticiper le pire.
Elle connaît pas les détails.
- Tu parles, rien ne lui échappe.
---
- De quoi vous parlez ?
- Rien. Ta mère insiste
inutilement.
- Ton frère est trouvé nu, mort dans la rue, et j'ai tort ?
- Quoi ?
Nu ?
C'est quoi, cette histoire ?
- Hayet !
- Oui, maman, j'arrive.
- Maman, c'est vrai ?
- C'est vrai.
Y a même eu une autopsie.
Comment tu vas ?
Chaque fois que j'appelle, t'es pressée.
- Je croule sous le boulot.
Ça a donné quoi, l'autopsie ?
- Rien du tout.
Allez, viens.
Aide-moi.
De toute façon, ça ne pouvait que mal finir.
Dans ce pays, c'est une malédiction.
T'as quelqu'un, c'est pour ça ?
- Hein ?
- Qu'on te voit plus.
- Non, c'est juste que j'ai beaucoup de boulot, maman.
- Bientôt la retraite.
Je t'aiderai si tu as des enfants.
- C'est pas prévu.
- Je suis contente que tu sois venue.
- Et sinon, ça va, à l'hôtel ?
Tu te sens bien ? Il te manque rien du tout ?
(femme) *- C'est super, franchement.
T'es sûre que ça va ?
- C'est juste que... Elle soupire.
Ça me fait chier de te laisser seule comme ça, mais...
C'est vraiment pas le moment.
*- T'inquiète, t'en fais pas pour moi.
- Ouais.
*- C'est moi qui ai voulu, j'assume. - Attends.
- Pourquoi t'es dans le noir ?
T'es au téléphone, pardon.
*La femme parle.- Attends.
- Tu veux un mojito ?
Hein ?
Hm.
---- Je dois y aller.
Je t'écris après ?
- Alors, il est comment ?
- Un peu trop fort. - J'aime quand il est fort.
T'as pensé à moi au duty-free ?
- Bien sûr.
C'est dans la chambre.
- Dis rien à ta mère.
- T'inquiète.
C'est choquant, cette histoire.
- Lili.
N'y pense plus.
- Quoi, n'y pense plus ?
Peut-être qu'il a été agressé.
- Rien de bon ne peut découler de cette situation.
- C'est tout ?
On fait comme si de rien n'était ?
- Daly n'est plus là, chérie.
Qu'est-ce qu'on peut faire ?
Tu peux aller voir si mamie dort ?
Ronflement léger
---
Urine
---
Musique intrigante
---
- Il est là.
---
- Oui.
---
Tiens, Wahida.
---
Mon Dieu, comme c'est étriqué...
- Le cimetière est plein, maman.
---
Appel à la prière
Il faudrait choisir le verset à graver.
---
- Pourquoi pas un poème ?
- En arabe.
- Non, en anglais, maman.Petits rires
- Elle perd son tunisien.
- C'est pas vrai !
- Quoi, c'est pas vrai ?
Saadia, tu lui as parlé français une heure, elle comprenait rien.
La maison est sens dessus dessous.
- T'aurais aimé savoir lire l'arabe ?
- Si seulement !
Mais c'est tout ce qu'on m'a appris.
On rentre, les filles ?
Oh ?
Il ose venir jusqu'ici ?
Quel culot !
Hayet, dis-lui de partir !
Je ne veux plus le voir !
- C'est un espace public.- Je m'en fous.
À cause de lui, Daly est mort.
- Quoi ? Laisse-le tranquille.- Laisse-moi.
Laisse-moi !
Altercations
- Maman...
- Dire qu'à l'époque, il n'y avait que des oliviers ici.
- Paix à l'âme des oliviers.
- Remerciements et Fark.
Sa mère, Néfissa Dhahbi, née Cherif,
sa sœur, Wahida, et sa fille Lilia,
sa sœur, Hayet, ses enfants,
sa fille Aïcha, son époux Mahdi Masmoudi,
ses enfants, Neil et Jade,
son fils Sofiane,
son frère Lotfi,
son épouse Samira née Bouzginda
et leurs enfants,
Naîm et son épouse Dalila née Moussi,
leur fille Kenza, leur fils Salim,
les familles Dhabi, Cherif, etc.,
remercient tous ceux qui se sont associés à leur deuil
suite au décès de leur cher et regretté Mohammed-Ali Dhahbi,
et vous annoncent que la cérémonie du Fark aura lieu lundi 29.
Vraiment, c'est très, très mal rédigé.
On comprend pas qui est qui dans cette liste.
- C'est Lotfi qui a rédigé le faire-part.
- C'est très mal rédigé, je suis désolée.
Lotfi ou pas Lotfi.
Bon, et puis...
Ce petit "Lilia", tout seul,
sans mari...
Sans enfant ni descendance.
Ça va durer ?
- Laisse-la tranquille. Elle est libre.
- Tu as quel âge ?
- 32, mamie. - Eh bah, 32,
il est temps de rentrer en Tunisie, t'installer et fonder un foyer.
- Je vais très bien, ma situation professionnelle est bien.
T'inquiète pas pour moi.
- Le travail, c'est pas tout dans la vie.
Ça dure pas une vie entière.
Et puis, ingénieur, c'est pas un métier de femme.
- Ah.
- Sacrifie pas tout pour ta carrière,
comme ta mère qui a traîné des années au Moyen-Orient.
- Maman, "traîné"...
Elle est médecin, cheffe de service... - Et alors ?
Qu'est-ce qu'elle a fait de sa vie ?
Elle est revenue avec un divorce, c'est ça ?
On tambourine.
Regarde qui est là.
Jette un coup d'œil.
- Je peux pas voir.
- Tu peux pas voir. Les gens commencent à arriver.
Lilia, tu vas les accueillir.
Les hommes, tu les fais attendre en bas, les femmes, tu les amènes.
Salutations
- Mes condoléances.- Merci.
- Mes condoléances.
- Entrez, mon oncle arrive.
- On est de la police.
- On peut parler à quelqu'un ?
- Euh...
Une minute, je reviens. Asseyez-vous.
Mamie.- Oui ?
- C'est la police.
- La police ?
Ils veulent quoi ?
Pourvu que personne ne les voie.
- Pardon de vous déranger.
Il y a des points à éclaircir
au sujet du décès de Mohamed-Ali Dhahbi.
- Quoi ?
- Mohamed-Ali
avait-il des conflits ou des ennemis ?
- Non.
- On a besoin du moindre élément pour...
comprendre l'état dans lequel on l'a trouvé.
- Vous n'aviez pas parlé d'une crise cardiaque ?
À quoi bon encore fouiner ? C'est fini.
- C'est ce que dit le médecin légiste,
mais le procureur a besoin de plus d'éléments,
pour savoir s'il ouvre une enquête.
- Après avoir profané son cadavre,
vous voulez me causer un scandale ?
Hayet,
appelle ton frère.
Dis-lui de contacter leur chef.
Vous connaissez Lotfi Dhahbi ?
C'est mon fils.
L'homme d'affaires.
L'ancien député.
- Bien sûr.
Grâce à lui, on a vite obtenu le rapport d'autopsie.
Mais il reste des incompréhensions.
- Des incompréhensions ?
Que voulez-vous comprendre ?
Qu'y a-t-il à comprendre ?
- Calme-toi. - Je me calme pas.
Tu comprends pas ce qu'ils insinuent à propos de Mohammed-Ali ?
- Excusez-la, elle vient d'enterrer son fils.
Je vous en prie.
Bruit sourd
- Ça va ?
- Pardon, je me sens pas à l'aise.
- On est dans la chambre.
Juste toutes les deux.
Elle soupire.
- Pardon, laisse-moi juste le temps de m'habituer, OK ?
- Ouais.
Ça va, quand même ? Tu tiens le coup ?
Tu veux m'en parler ?
---
Vous avez pas plus d'infos ?
T'es toute tendue.
Ça, je peux faire ?
Ça ?
Et ça ?
Lilia ?Sanglot
---
- Pardon.
(Pardon, pardon.)- Non...
Dis pas pardon.
C'est bien, au contraire.
Tu sais pleurer, en fait.
Petits rires
(Viens.)
(homme au loin) - Daly !
Il appelle.
Descends !
Je sais que tu es là !
---
Musique douce
------
---
------
(femme) - Qui crie comme ça ?
Il fait un boucan devant les voisins !
Qui l'appelle au milieu de la nuit ?
Il n'est pas là, Daly.
- Je sais qu'il est là !
------
- J'ai dit non ! Arrête, tu vas réveiller les voisins.
---
- Laissez-moi le voir.
---
Je partirai pas !
- Va nous débarrasser de cette plaie.
Il nous fait un scandale.
------
---
------
---
------
---
- Daly n'est pas là.
------
S'il te plaît, va-t'en.
- Je dois le voir.
Lâche-moi, je partirai pas.
- On a appelé la police.
---L'altercation continue.
------
Va-t'en !
Musique oppressante
---
---Bruit métallique
Des enfants parlent français.
- Aïcha !
- On a un doudou... Oh, ma Lili !
- Ça va ?
- Dis bonjour à Tata Lili.
- Ça va ? - Ça pousse vite.
- Ça va ?- Oui.
- Montréal-Tunis avec 2 petits monstres...
- Les enfants, vous êtes là !
Coucou, chéri.
- Mamie !
- Maman.
Mamie va bien ?
- C'est très dur. Allez, les enfants.
- Prends-les.
- Où est Mehdi ?
Il est pas venu ?
- Comme d'habitude.
- Je vais aller voir Alice.
- Comment ça, Alice ?
Elle est à la maison ?
- Elle est à l'hôtel.- D'accord.
- J'ai dit que je bossais.
Tu me couvres ?- Ouais, c'est bon.
C'est bon.
Musique douce
- Je t'aide ?
- Non, c'est bon. Vas-y.
---
- Prête ? On va voir ma préférée.
---
Quand j'étais petite, je croyais que son regard allait me pétrifier,
mais je le fixais quand même.
---
J'adorais la sensation de danger que ça me procurait, comme si...
Comme si je me donnais entièrement à elle.
Quand je t'ai regardée pour la 1re fois,
j'arrivais pas à soutenir ton regard, tu te rappelles ?
- Bien sûr.
(Comment je fais pour pas t'embrasser ?)
(Tu vas voir, la frustration, ça a certains avantages.)
Brouhaha
---
- Ils vont la rendre folle.
On tambourine.
C'est qui ?
C'est quoi, ces manières ?
On a pas idée de venir déranger les gens au repas.
- C'est qui ? - La police.
(- C'est la police.)
- Mange.
- La police ?
- Oui, la police.
- Pourquoi ils sont là ?- Je sais pas.
- Ton frère n'est pas allé les voir ?
- Si, il y est allé.- Alors quoi ?
- Je sais pas, je vais voir.
- Ne les fais pas monter.
Discutez en bas.
- Ça pique.
- Neil !
Arrête tout de suite. Tu reviens tout de suite !
- On a de nouveaux éléments à voir avec vous.
- On a compris qui était Daly.
Pour nous, ça explique comment on l'a trouvé.
- Un café, un thé ?
- Merci, on ne reste pas.
- Je veux bien un verre d'eau.
- C'est-à-dire "qui était Daly" ?
- Pardon ?
Vous êtes qui, déjà ?
- La fille de sa sœur.
- En gros, ses inclinations...
et les personnes qu'il fréquentait,
ça peut expliquer son décès.
- Vous auriez dû tout nous dire depuis le début.
- Vous dire quoi ?
- Pour son orientation sexuelle.
- Ça change quoi ?
- Ça change beaucoup. Toute information est utile à l'enquête.
- Vous pensez à une agression homophobe ?
- En l'absence de traces de violence,
le médecin a conclu à une crise cardiaque.
Son cœur a dû s'arrêter lors d'une relation...
enfin, un rapport sexuel.
- Vous pouvez le prouver ?
- On peut le déterrer pour vérifier.
- Vous êtes fous ? Manquerait plus que ça !
Merci à vous.
- Paix à son âme.
- Il l'a cherché.
- Pardon ?
Dites aussi qu'il le mérite !
Un peu de respect.
Le corps de mon frère est encore chaud.
- C'est votre faute s'il s'est permis de dire ça.
Il faut pousser pour une enquête. - Une enquête...
C'est pas toi qui vas gérer les médisances.
C'est facile d'être loin.
- Vous auriez dû m'attendre avant de parler au médecin légiste.
- T'attendre pour quoi ?
Pour compliquer les choses ?
Qui s'occupait de Daly ?
Qui gère les courses ? Les repas ? Les factures ?
- Je l'ai accepté comme il est.
- En quoi ça l'a aidé ?
Il y a un contexte.
- Et ça l'a mené où, ton contexte ?
À la tombe.
- Qu'est-ce que t'insinues ?
- Rien du tout.
On a gâché sa vie, pourquoi lui donner une dignité dans la mort ?
- Hayet !
- Oui, maman, j'arrive.
- Viens !
- J'arrive.
C'est toujours moi !
Appel à la prière au loin
---
- Descends, je vais t'aider de l'autre côté.
Descends un peu.
---
C'est bon ?
---
Coupe ici.
---
Passe-moi le sécateur.
---
--- Lilia crie
Quoi ?
Montre-moi.
Elle gémit.
Cri
- Doucement, s'il te plaît !
---
Maman, on n'a jamais parlé, toi et moi, de Daly.
Pourquoi vous étiez fâchés ?
- Longue histoire.
- Je pensais que tu t'opposais à qui il était.
- T'as rien compris.
Au contraire.
- Comment ça ?
Lilia gémit.
- Tu veux que je te dise quoi ?
J'ai essayé de le pousser à suivre son chemin,
à s'opposer à mamie.
À Sousse.
Il n'en a pas été capable.
(Maintenant, il est mort.)
Il m'en voulait.
---
Sanglot silencieux
Musique douce
---
---Rires d'enfants au loin
------
- Lili, tu fais quoi ?
------
- Je suis en train de voir ce qu'il avait.
Viens voir.
---
Regarde, elle est jolie.
- Je la connais.
C'est la première fois que j'entre dans sa chambre.
On sait pas grand-chose sur lui, Daly.
- Quand est-ce que t'as compris ?
- Compris quoi ?
- Bah, qu'il était gay.
- Il l'était vraiment ?
J'y ai pensé, mais j'étais pas sûre.
Tu le sais ? Tu as l'info ?
- Oui, c'est papa qui me l'a dit, y a longtemps.
- Ah, d'accord.
On sent qu'il a jamais été heureux.
J'espère que toi, tu le seras.
- Ça veut dire quoi, ça ?
- Bah quoi ? Tu sais, Lilia.
- Bah, non, je sais pas.
T'es heureuse, avec ton mec ? - C'est quoi, le rapport ?
- Le rapport...
Ton mari est un con et personne te dit rien.
- Pourquoi tu m'agresses ?
- T'inquiète. Je vais bien, merci.
- Ouais, ça se voit.
Lilia soupire.
C'est quoi ?
- Elles ont jamais été envoyées.
"Mon cher M,
"mon erreur est irréparable, un regret profond.
"Mon bonheur a été de t'avoir trouvé.
"Tu as été une naissance.
"Je suis..."
- Pourquoi tu t'arrêtes ?
- C'est pas à nous de lire ça.
Remue-ménage
---
- Que voulez-vous savoir ?
- J'ai la sensation qu'on ne se parlait pas.
- Je ne peux pas vous aider.
Des années qu'on s'était pas vu.
- Vous veniez souvent ici, non ?
- Non.
Il allait ailleurs.
Avant, c'était notre café.
On s'est connu ici.
Tu te souviens qu'on l'avait marié.
Ta grand-mère avait tout organisé.
D'une main de fer.
- Il était d'accord ?
- Il a accepté.
- Et vous ?
Il soupire.
- Je n'avais pas mon mot à dire.
- Et après ?
- Il s'est renfermé.
Il s'est mis à boire.
- Vous n'avez pas cherché à le revoir ?
- Si.
Souvent.
Mais on ne peut pas forcer les gens.
Ça m'a épuisé.
---
- Il attendait le décès de sa mère pour vous les donner.
- Mais il est mort avant.
Musique mélancolique
---
---Youyou
---Rumeur joyeuse
------
---Youyou
------
---Chants joyeux
------
---
---Altercation au loin
------
---Coup
---
Musique festive
Un homme chante.
---
- Tu connais comment cet endroit ?
- Apparemment, Daly venait là.
---
- J'ai l'impression qu'il ouvre la voie avec ta mère.
---
- Je te suis pas, Al.
- Bah, pour lui dire.
Pour nous.
---
- Peut-être.
---
Mais elle vient de perdre son frère.
---
D'autres se joignent au chant.
---
- Bravo !
- Fais le tour avec un chapeau.
Il y a des fans, déjà.
- Des gouines ?
C'est rare de vous voir ici.
C'est ta copine ?
- Oui, c'est ma copine.
- Quelle bombe, c'est fou !
Elle a de la chance.
J'adore tes cheveux.- T'as dit "zabour" ?
Je connais, ça. Merci beaucoup.
- Vous voulez pas venir ? - Plus on est de folles...
- Sacré vagin !
Vagin, ça veut dire "bombe".
- Je sais ça.
C'est le plus beau des compliments.
- Moi, je galère.
Toi, t'es française,
t'as pas ça dans ton pays.
- Moi, je m'amuse.
Je suis français, ici y a que des beaux garçons,
y a la plage, le soleil,
c'est le paradis.- Épouse-moi.
Comme ça,
j'aurai mes papiers.
Je pourrai aussi m'amuser.
- Lâche-moi !
- Vous voulez m'épouser ?
- Moi ?- Oui.
- Nan, y a pas...
RiresY a rien du tout.
- C'est une jalouse.
- Toutes les quatre...- Moi, je veux bien.
- En Islam, on a droit à 4.
Quatre meufs.
---
- Tu te vois vivre en France ?
- Oui.
- Je sais pas, une bite non circoncise, ça pue.
- Et Zak, il est comment ?
Il est circoncis ?
- Je t'ai entendu. Lâche-moi.
C'est mon intimité. Je veux pas de ta moustache.
Je vais aux WC.
- Bayrem !
Où est la bière ?
- Comment ça se fait
que vous êtes dans ce bar ?
- Euh...
En fait...
Mohamed-Ali Dhahbi, vous le connaissiez ?
C'est mon oncle.
Il venait là, souvent.
- Nos condoléances.
- PAIX À SON ÂME.
- Merci.
Vous le connaissiez ?
Musique d'ambiance
---
En fait,
il y a des choses qu'on ignore.
Vous savez quelque chose ?
- Vaut mieux laisser les morts reposer en paix.
- C'est bizarre...
- Daly était très fatigué vers la fin.
- Pourquoi tu dis ça ?
- C'est quoi, cette ambiance ?
- On est pas dans Columbo ou New York, unité spéciale.
Allez, un peu d'ambiance !
- Chante cette chanson de Oum Kalthoum.
L'homme chante un air doux.
---
- Ça va ?
---
J'avais oublié ce que c'était, un bar de fumeurs.
- C'est ça. On sort, on fume, on picole...
- C'est pas ce que tu m'avais raconté.
Musique festive au loin
---
Y a des bars lesbiens aussi ?
- Pourquoi ?
Tu vas pécho, peut-être ?
- Peut-être.
- Tu me le dis comme ça ?Alice rit.
- J'adore quand t'es jalouse.
Regarde tes yeux, là !
---
- Y a un mec chelou. Il nous suit, non ?
- C'est rien, t'inquiète.
- Quoi, "t'inquiète" ? On est pas en France, Al.
Viens, accélère un peu.
- Les filles !
Les filles ! Attendez !
Je voulais te parler seule.
- Il veut juste nous parler.
- J'en doutais pas.
- Ça va te sembler bizarre.
Dernièrement...
j'ai été agressé.
Et je sais par qui.
Mais je peux rien faire.
Je vais en prison si je porte plainte.
Et il le sait très bien.
- Je suis désolée.
- Comme tu sais...
On se remet de tout, ici.
Depuis la mort de Daly, je ressasse.
Daly, ce soir-là,
a quitté La Cabane avec un ami, Bédis.
Depuis, Bédis a disparu. Son portable est éteint.
- C'est qui, Bédis ?
Tu sais où il habite ?
- J'y suis allé, je l'ai pas trouvé.
Il est peut-être chez sa famille.
Dans un village, à une heure de Sousse.
- C'est quoi leur relation, avec Daly ?
- Ils étaient toujours ensemble.
Tu veux y aller ?
- Pourquoi pas.
- Tu sais, Daly quand il buvait, il avait plus de filtre.
Il disait tout ce qu'il pensait.
Ça dérangeait beaucoup.
- Tu veux dire que c'est pour ça qu'il est mort ?
- Je sais pas.
Et tu m'impliques pas.
Compris ?
- Compris.
Musique mélancolique
---
(Lilia) - Tu sais comment aller à Saadallah ?
C'est par où ?
- Continue tout droit sur ce chemin...
---
- Euh...
Apparemment, c'est là.
Il dit qu'on est arrivées.- Là ?
- Ouais.
---
---Les enfants se hèlent.
------
- Les enfants !
Les enfants !
Je peux vous parler une minute ?
Vous connaissez un Bédis ?
- Oui, je le connais.- Vraiment ?
Tu peux l'appeler ?
- Tu lui veux quoi ?
- Je veux juste lui parler.
- Bédis.
Il y a une dame qui te cherche.
- Bonjour.- Bonjour, ça va ?
- C'est toi, Bédis ?
- Oui, c'est moi, tout va bien ?
- Oui, je veux juste te parler de Daly.
On pourrait parler quelque part...
seuls ?
- Retournez là-bas.
- Lilia.
Qu'est-ce que tu fais ?
Tu vas où ?
- Je vais aller lui parler.
Je pense que ça va.
Ça va.
Attends-moi.- On y est presque.
Alors, pourquoi t'es là ? T'es qui ?
- Je suis la nièce de Daly.
Il paraît que tu étais avec lui, le dernier soir.
Je veux savoir ce qui s'est passé...
- Qui t'a dit ça et t'a envoyée ici ?
Si toi, tu le sais, tout le monde le sait.
Je lui ai rien fait ! Pourquoi moi ?
Je le jure, j'ai rien fait !
- Ok, t'inquiète pas.
- J'ai rien à voir avec cette histoire !
- Regarde-moi.
N'aie pas peur.
Je te crois.
Écoute-moi.
Je ne te veux aucun mal.
N'aie pas peur.
- C'est toi, la Lilia de France ?
Daly m'a beaucoup parlé de toi.
Il vous souhaitait du bien, à toi et ta copine.
- Pourtant on n'en a jamais parlé.
- Daly, paix à son âme, sentait les gens.
Quand je suis parti, il était vivant.
- Comment il a fini dans cet état ?
Il s'est passé quoi pour qu'il se retrouve...
nu ?
- Il s'est mis nu tout seul.
Il se comportait comme un fou.
- Vous étiez ensemble quand il s'est mis nu ?
Bédis soupire.
Vous étiez...
- T'insinues quoi ?
Daly était comme mon père.
- Et tu le laisses comme ça ?
- Il a refusé que je le rhabille.
Il se débattait et criait.
Ça attirait trop l'attention.
Crois-moi, c'est la vérité.
- Tu sais où il allait après ?
Si tu sais quelque chose, Bédis, il faut le dire.
Ne protège pas un tueur.
- Et moi, qui me protège ?
Tu crois qu'ils vont m'écouter ?
Ils attendent que ça qu'on meure !
---
- Toutes mes condoléances.
- Merci.
(C'est qui, celle-là ?)
- Son mari travaille avec Lotfi depuis quelques années.
Je pense que tu la connais pas.
Est-ce que... - Je te préviens, Salah va venir.
- Je lui déroule le tapis rouge ?
- Non, juste, tu lui dis bonjour.
- "Bonjour."
- Lilia.
T'es revenue spécialement de Paris ?
Paix à son âme.
- Merci beaucoup.
Je suis une amie de Lilia.
- Lilia ? Lilia.
Regarde qui est là.
Ça va ?
Laisse, je vais t'aider.
- Pourquoi elle est là ?
- Elle a dit que c'était prévu.
- Bonjour.
- Maman...- Bonjour.
- Je te présente Alice, ma coloc.
Elle est venue de Paris.
- Bienvenue.
Alice parle arabe.
- Mes condoléances.
- Merci.
- Euh... Viens.
Je vais te présenter mamie.
Mamie.
Je te présente Alice, ma coloc.
Elle est venue de Paris.
- Bonjour.- Bonjour.
- Toutes mes condoléances.
- Merci.
Merci d'être parmi nous.
- Merci.
- Assieds-toi.
---
- Ça va ?
- Vous, ça va ?
- Ça va.
Merci d'être venue.
Depuis le temps...
- Vous pourriez venir nous voir à Paris ? Ce serait sympa.
Dans la coloc...Vibreur
Ce serait avec plaisir. - Merci.
- Papa est là, j'arrive.
- Ça s'est bien passé ?
- Oh, Salah.
Merci d'être venu de Tunis.
- Daly était mon ami. Je l'estimais beaucoup.
Qu'il repose en paix.
- Je te présente Naim, mon fils aîné.
Tu t'en souviens ?
- Il a grandi.
- Sélim, le cadet.
Salutations
Et Sofiane, le fils de Hayet.
- Toutes mes condoléances.
- Salah... Merci, Lili.
Maman, c'est Salah.
Le mari de Wahida.- L'ex.
- Salah.
Salah, il est parti.
Il vous aimait beaucoup, toi et Lilia.
Il vous adorait.
- Qu'il repose en paix.- Merci.
- Bonjour.
Ça va ?
- Je vais dehors avec les hommes.
- Lilia, je vais y aller aussi.
- Suis-moi.
- C'est fou, ce monde. C'est toute ta famille ?
Tu les connais tous ?
- Qu'est-ce que tu fous ?
- Quoi, je fous quoi ?
- Je me suis dit que ça ferait pas de mal,
que c'est pas une mauvaise idée. - Tu me préviens.
Tu m'appelles.
- On en avait parlé.
- On décide ensemble. - On l'avait décidé, ça.
Tu te souviens pas ?
Je fais pas ça contre toi.
Je sais pas, ça va, c'est... Ça se passe pas mal.
Tu trouves pas ?
T'as vu, même... Même avec ta mère.
Elle est très belle, d'ailleurs.
Vous vous ressemblez beaucoup.
Pardon, je...
---
(On peut faire ça ?)
- Ouais. Tu restes ?
- Tu veux que je reste ?- Ouais.
Les enfants rient.
- Mes condoléances.
- Merci.
- Mes condoléances, paix à son âme.
- C'est étonnant, cette organisation. Ça se passe toujours comme ça ?
- Non, ça dépend des régions.
C'est pour honorer le défunt.
- On le fait car mon grand-père vient de Mestir.
Sinon, à Sousse, on le fait pas.
- Et ton travail, alors ?
- Je suis freelance, maintenant.
C'est bien. Je suis beaucoup plus libre.
Y a quelques clients qui m'ont suivie.
En ce moment, c'est...
C'est pas des projets intéressants,
mais je design des visuels chouettes.
- Il faut être patiente.- Ouais.
Des couverts cliquètent.
- Et...
Toi et Lilia, ça va ?
Des nouveaux projets ?
- Pas...
Pas en ce moment.
Et toi ?
- Mange un peu.
- Avec le couscous, oui.
Ça pique un peu... - C'est bon, mais ça pique.
- C'est la bouffe tunisienne, quoi.
---
On entre.
- Occupé.
--- Occupé !
Maman, tu fais quoi ?
Allô ? Maman ?
Tu vois pas que je me douche ?
- Et alors ?
Je t'ai déjà vue nue.
C'est devenu un problème ?
- T'as qu'à laisser la porte ouverte.
- Ne fais pas l'idiote.
J'ai tout compris.
Je vous ai vues.
Et en plus, ton père le sait.
- Je m'habille et on en parle ?
Grincement de porte
Claquement sec
---
- Depuis quand ton père le sait ?
Réponds.
- C'est pas le sujet.
- Comme d'habitude.
Il te monte contre moi.
- C'est le moment de régler tes comptes avec papa ?
Je pensais que t'accepterais jamais.
- Ça justifie pas les mensonges.
- Je sais.
Tu as raison.
- Alors ?
C'est cette fille-là ou c'est toi ?
Tu as toujours aimé les garçons.
- C'est pas que cette fille-là.
Je suis comme ça.
J'aimerais bien que tu la rencontres.
C'est une fille douce et elle est belle, elle est...
créative, elle est...
Elle me rend heureuse, maman.
Tu verras comme elle est bien.
- Comment tu as pu mentir à ce point ?
- Je voulais te le dire.
Mais j'ai pas pu.
- Ça va te passer.
- Me passer ?
Je te dis que je suis comme ça.
Et tu me dis "Ça va passer" ?
- Ce serait plus simple si tu l'étais pas.
- Plus simple pour qui ?
- Plus simple pour toi.
Pour que ça te complique pas la vie.
Pour venir en Tunisie facilement.
Tu aurais pu y penser !
- Je l'ai pas choisi, maman.
- Et les enfants ?
Tu comptes en faire ?
- Pourquoi pas ?
- Tu es folle ?
Ici ?
C'est de la science-fiction.
- T'as bien défendu Daly, non ?
Pourquoi pas moi ?
C'est juste l'amour.
Maman...
Regarde-moi.
Je suis toujours ta fille.
Ça a pas changé.
- Tu viens causer notre perte.
Et tu veux que j'accepte aussi vite ?
- Maman, excuse-moi.
- Lâche-moi, Lilia.
S'il te plaît, sors d'ici.
Sors d'ici.
La porte se ferme.
Musique électro
---
- À DALY !
- Et à Neilou et Jade qui sont à la maison !
Petit rire
Ça fait un bail.
- Qu'est-ce qui vous arrive ?
Vous venez plus.- On fait ce qu'on peut.
Avant, on était toujours ensemble.
Toute une foule à la plage.
On passait la journée à la plage.
Une bande de gosses, c'était la belle époque.
- L'équipe nationale de foot.
- Eny Saoud, Samy Ben Guiza, vous avez des nouvelles ?
- T'es pas au courant ?
- Quoi ?
- Elle est mariée avec un homme qui la trompe.
Si.
Je te dis autre chose ?
Tout Sousse le sait.
- La pauvre.
- Elle est devenue moche à un point !
- Elle était magnifique avant.
- Si tu la vois, tu la reconnais pas.
- La pauvre.
- Et Sami est toujours collé à Sayédi.
Je sais pas ce qu'ils font...
Rires
- C'est qui, Sayédi ?
Quelles commères, pires que les femmes du Fark !
---
- C'est pas tout. Il est pédé.
- Non... - Connard, il est un pédé.
- Pardon ? C'est normal, de parler comme ça ?
- Les gros mots, ça te gêne pas, si ?
- Ça, je m'en fous.
Mais ce que tu dis, c'est pas normal.
- Quoi, c'est pas normal ?
C'est contre la nature, c'est haram.
- Contre la nature ?- Les homosexuels,
c'est...
- T'es trop malin, ça te dépasse.
- D'ailleurs, c'est puni par la loi.
- Ça va pas ?
On peut plus parler comme ça.
- Quoi, Aïcha ? J'ai pas de problème avec eux.
C'est la loi tunisienne.
- Aïcha a raison.
Cette loi n'est plus de notre époque.
- Quelle époque ? Tu fais genre t'es moderne ?
- C'est scientifiquement prouvé qu'ils sont nés comme ça.
S'ils restent discrets,
en quoi ça nous regarde ?
Musique d'ambiance
---
- Comme une maladie contagieuse...
- Et si je dis qu'Alice est ma femme ? - Lilia...
--- Rires
- Je deviens maire et je vous marie.
--- ---
---
Je fous le camp de ce pays.
- Si, je t'assure.
On va même avoir un enfant.
- C'est ça, exactement.
On le télécharge ce soir !
--- ---
--- Les hommes discutent.
--- ---
- C'est une génération,
ils sont connectés
et regardent des séries,
mais ils parlent comme ça. Ça me rend dingue.
Ça me rend folle.
- Pourquoi t'as fait ça ?
- Faire quoi ?
- Je sais pas.
Tu les provoques comme ça.
- Ça devrait te plaire.
- Non, ça me plaît pas. Pas comme ça.
Lilia souffle.
Tu veux un enfant, maintenant ? T'as changé d'avis ?
Lilia, réponds-moi.
- Peut-être.
- Tu me l'annonces comme ça, tu règles tes comptes avec tes cousins.
- Je l'annonce comment ? - C'est pas le moment.
- T'as vu comment ma mère l'a appris ?
Merde, je me suis trompée.
Lilia jure. Klaxon
---
Je me suis trompée.
---
Elle souffle.
C'est pas vrai... Putain !
Fait chier...
Il manquait plus que ça.
Salutations
- Vos papiers et ceux du véhicule.
C'est une voiture de location ?
- Oui.
Je suis venue de France pour l'enterrement de mon oncle.
- Mes condoléances.
Vous conduisez comme ça en France ?
Vous avez bu, Lilia ?
- Pardon,
je me suis trompée de sortie... - Réponds-moi, tu as bu ?
- Non.
- Les papiers de ton amie.
- Il demande tes papiers.
- J'ai tout laissé à l'hôtel.
- Ta carte d'identité ?- J'ai rien sur moi.
- Elle est française, elle les a pas.
Mais son hôtel est juste là.
- On fait quoi ?
On va au poste, on fait un alcootest ?
- Pourquoi on irait au poste ? Y a rien.
- Tu veux m'apprendre mon travail ?
Tu fais quoi dans la vie ?
- Ingénieur.
- Pardon ?
Voilà.
La Tunisie vous fait grandir
et vous l'abandonnez.
Normal.
Quand on peut sauver sa peau...
Là-bas, il y a du travail.
Et de l'argent.
On fait comment maintenant, Lilia ?
---
Tu peux partir.
- Pardon.
- Je t'ai pardonné, vas-y.
- Tu m'expliques ce qui s'est passé ?
- T'avais qu'à prendre tes papiers.
- Tu vois comment tu conduis ?
- C'est de ma faute ?
- Tu peux pas reconnaître que t'as tort ?
Ça sert à rien, la voiture,
on est juste à côté.
On pouvait y aller à pied.
C'est quoi,
tu lui donnes du fric ?- Arrête.
Tu sais pas comment ça se passe.- Pardon,
je ferme ma gueule parce que je comprends rien.
- T'en as assez fait.
- Tu dis quoi ? Que c'est de ma faute ?
- Oui, c'est de ta faute.
- OK.
- T'es venue chez moi sans me prévenir ! - T'es sérieuse ?
Tu te souviens pas de nos discussions ?
On l'a décidé.
Mais toi, tu te dégonfles, comme d'habitude.
Vas-y, arrête la voiture. Ça me saoule.
- Quoi, j'arrête où ? - Là, putain, c'est bon.
J'en ai marre.- OK.
- C'est bon.
- Ton hôtel est là.
- Ça sert à rien qu'on parle et que je sois là.
- OK, vas-y.- Ça me saoule, je me casse.
C'est bon, putain !
Klaxon
- Doucement !
Doucement.
Connard !
Elle souffle.
---
Musique douce
---
Bonjour.
- BONJOUR.
---
- Tu veux un café ?
- Lili.
T'es partie te baigner ?
C'est pas encore la saison. Tu vas tomber malade.
- Non ça va. L'eau était bonne.
- Un petit veau qui boit du lait.
Donne-lui du halva.
- Non, il a mangé assez de sucre.
- Il y a des fruits secs dedans.
- C'est trop sucré.
Chasse d'eau
- Lili, ça va ?
Vous avez passé une bonne soirée ?
- J'ai pas dormi.
- Oui, t'as mauvaise mine.
Ta mère m'a dit.
Il faut la comprendre.
La vie de Daly nous a fait souffrir.
Je ne veux pas que Mamie le sache.
Compris ?
- C'est tout ce que t'as à dire ?
- On l'a caché.
Comme toi.
Mais t'as raison, c'est ce qu'il faut faire.
Crois-moi, c'est la meilleure solution.
Je te souhaite que ce soit plus simple pour toi, loin d'ici.
Tu fais quoi ?
- Je vais dormir. - Dans la chambre de Daly ?
---
Maman, tu veux regarder "Questions pour un champion" ?
- On a pas le droit
d'allumer la télé.
- Pourquoi ?
- C'est péché pendant le deuil.
- C'est pas marqué dans le Coran.
- Le Coran ?
T'as vraiment honte de rien.
*Musique entraînante
---
--- *Applaudissements
*- Bonsoir, vous allez bien ?
- Ça a pas changé, ce truc.
- Quand même, ils ont changé l'animateur.
C'est déjà pas mal.
- Les enfants, c'est l'heure du goûter.
Les enfants !
*L'émission continue.
---
- Tu veux pas aller manger quelque chose ?
Tu n'as rien mangé depuis ce matin.
---
- Fahrenheit.
*- Fahrenheit ? *- Exactement.
Dans quel film sorti en 2017 Robin Campillo...
- 120 battements par seconde.
*- 120 battements par minute. *- Bravo.
- Il savait toutes les réponses, Daly.
- Eh oui.
C'est le plus intelligent de tous mes enfants.
- Il faisait quoi, en fait ?
- Tu sais, à l'âge de l'adolescence,
il a décidé de ne plus poursuivre ses études
et ton grand-père lui a débrouillé un petit job dans une administration.
C'est tout.
Les enfants bavardent.
---
- C'est le bazar.
- Je te prends la tension ?
- Arrête avec ça.
Prends-la à tes patients et laisse-moi.
- Ça va, maman ?
*Tonalité
Petit cri
L'oiseau pépie.
Maman !
Maman.
Viens, il y a un oiseau.
Maman.
- Encore ?
- Vite !
- Hayet !
Hayet, l'oiseau est revenu.
- Il est là.
- Hayet !- Oui, j'arrive.
Ouvre en grand la fenêtre.
- Ouvre.
- Il est où ?
Laissez-le, il va sortir tout seul.
- Attends.
J'ai une technique.
- Doucement !
- Il va pas sortir.
- Tape-le avec ça. - Je veux pas le taper.
Vole, petit oiseau, vole.
- C'est ça, chante !
Il va sortir par là.
- Laisse-lui le choix, va t'asseoir à côté.
- On attend, il va sortir.
Cris de joie
Rires
- Bravo.
Lotfi a appelé.
Il est convoqué
au commissariat. Il m'a demandé si on voulait aller avec lui.
J'ai dit que je restais avec maman au cas où des gens viendraient.
Tu veux y aller, toi ?
- On vous a convoqués car il y a du nouveau.
Le patron du restaurant où Mohamed-Ali a passé sa dernière soirée
nous a dit qu'il était parti avec un jeune.
On l'a retrouvé.
- Il lui a fait quelque chose ?
- Non, il affirme l'avoir quitté vivant.
Par contre, il dit que certaines personnes
auraient voulu faire taire Daly, car il les dérangeait.
Mais pour nous,
elles sont au-dessus de tout soupçon.
On ne peut rien leur faire.
- Qui ça ?
- Que va-t-il se passer, commissaire ?
S'il y a une enquête et un procès,
je vous garantis que ma mère ne pourra pas le supporter.
Comme vous le savez, elle est âgée.
- Dieu la préserve.
Écoutez, Monsieur Lotfi.
Le rapport d'autopsie n'évoque aucune trace de coups et blessures.
J'ai eu le procureur et il va classer l'affaire.
Le sujet est clos.
- Merci pour votre travail et votre compréhension.
- C'est normal. Vous faites beaucoup pour Sousse.
- Appelez-moi quand vous voulez.
- Je vous remercie.
- Excusez-moi, cet homme, il a été libéré ?
- Non.
Il est détenu pour un autre motif qui vous regarde pas.
- Quel motif ?
- Mademoiselle,
vous n'avez pas bien entendu.
Ça ne vous regarde pas.
- C'est pas grave, dites-moi.
(- Lilia.)
Le policier soupire.
- Homosexualité.
L'article 230, c'est plus clair ?
- Vous avez des preuves ?
- Le médecin doit l'ausculter.
- Arrêtez-nous tous, alors.
- Pardon ?
Répétez ?
- Je sors avec une femme, arrêtez-moi.
- Écoutez.
Dans ce pays, il y a une loi, on doit l'appliquer.
- Arrêtez-moi.
- Qu'est-ce que tu racontes ?
Elle ne sait plus ce qu'elle dit.
Lève-toi !
- Si vous insistez, on peut enquêter.
(- Pense à Alice.)
---
- Lotfi, Lilia !
Vous êtes devenus fous ?
- Wahida, tu viens ?
- Je reste avec ma fille.
---
Musique douce
---
---*Tonalité
---
------
---
---Elle soupire.
---
---Vibreur
---
- Je sais que t'es là. Ouvre.
---
- Tu vas t'attirer des ennuis.
Laisse-moi.
---
- Ouvre, Al, ouvre.
Ouvre, s'il te plaît.
---
Ouvre !
La porte se ferme.
---
Gémissement
Elles respirent fort.
---
Alice gémit.
---
(Pardon, pardon, pardon.)
T'avais raison.
C'est bien que tu connaisses ma part tunisienne.
J'en avais besoin.
Et toi aussi.
(Je t'aime.)
---
(M) - Mon cher M,
cette erreur,
mon erreur, est irréparable.
Un regret profond.
Mon bonheur a été de t'avoir trouvé.
Tu as été une naissance.
Je suis fait pour vivre avec toi.
Et pourtant, toujours, le destin nous a contrariés.
Je rêve d'un jour
où notre amour s'épanouira au grand jour,
où l'on pourra vivre sans tracas, sans gêne,
qu'on nous regarde, qu'on nous trouve beaux, qu'on nous aime.
L'intensité que j'ai connue avec toi, l'évidence,
c'est comme si tu avais toujours fait partie de moi.
(Daly) - Et le manque est vif, terrible.
Qu'avons-nous fait pour mériter cette haine, ce rejet,
pour ne pas être autorisés à vivre à notre guise,
tout en comptant parmi notre famille, amis ?
La douleur que je ressens est un trou béant dans le ventre, vide,
qui ne se comble pas, jamais,
comme ces membres amputés qui nous font mal.
M,
je m'excuse du mal que je t'ai fait,
du courage que je n'ai pas eu.
Daly.
- Bonjour.
- Vous m'avez appelé au bon moment.
Il y a plusieurs vices de procédure.
Je m'y attendais.
- Ça va ?- En pénal, on ne peut pas
inculper pour une chose qu'on découvre fortuitement.
Ils se sont basés sur un délit de faciès et ça leur a permis...
...d'appliquer l'article 230.
J'ai insisté sur la médiatisation possible de l'affaire
et comme ça les arrange pas d'avoir ce genre de polémique,
l'affaire a été classée par le procureur.
- Hamdoulilah. Tant mieux.
- Bédis m'a beaucoup aidé.
Il a tenu bon, il a été courageux,
il a même refusé de se soumettre au test anal.
- Moi, c'est Moncèf.
Si tu as besoin, je suis là.
D'accord ?
C'est comme si Daly m'avait dit de veiller sur toi.
- Au revoir.- Au revoir.
- Merci, Maître.- Courage.
Ah oui, en ce qui vous concerne, la police pense à de la provocation.
L'homosexualité féminine,
ils prennent pas ça au sérieux.
- C'est une blague ?
- On s'en fout.
Musique douce
---
---Babillement
---
---Une femme chantonne.
------
- Ça t'énerve ou pas ?
Elle chantonne.
---
Pardon, bébé, pardon.
Pardon.
Hein ?Babillement
---
- Bonjour. - BONJOUR.
- Ça va, ma chérie ? T'es toute jolie.
- Bonjour, ma chérie.
- Joyeux anniversaire.
Bon anniversaire.
- Je suis contente. - Tu te rappelles d'Alice ?
Elle était là pour Daly, tu te souviens ?
- Bien sûr.
Bonjour, soyez la bienvenue.
- Elle est en vacances avec son fils.
Je lui ai dit de venir.
Si ça dérange pas.
- Tu as bien fait. Bonjour. - Bonjour. Joyeux anniversaire.
- Prenez place.
Le bébé babille.
--- Salutations
Et ce joli bambin, comment s'appelle-t-il ?
- Elias.
- Elias, quel joli nom.
Et des yeux magnifiques.
Il doit ressembler à son père.
- Oui, c'est vrai.
C'est son portrait craché.
- Lorsque l'enfant paraît,
le cercle de famille applaudit à grands cris.
Son doux regard qui brille fait briller tous les yeux.
Elias babille.
Nous sommes très heureuses de vous voir.
- Joyeux anniversaire
- JOYEUX ANNIVERSAIRE
JOYEUX ANNIVERSAIRE,
MAMIE
JOYEUX ANNIVERSAIRE
Cris et applaudissements
---
- JOYEUX ANNIVERSAIRE.
- Merci, mes enfants.
Une pensée pour Daly, maintenant, s'il vous plaît.
- Allez, on coupe le gâteau ? - Allez, on coupe le gâteau.
- Et moi, je retourne m'allonger, je suis fatiguée.
- Et puis j'ai fait un thermos de mojito pour ceux qui en veulent.
Mamie, un petit cocktail ?
- Tu es incorrigible !
Rires
Un homme chante.
---
Musique entraînante
---
Musique douce
---
Adaptation SME : Capucine Griot
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