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Je vous appelle pour le contre-qualité. Pour le temps de nos services, vous
allez me répondre.
Bonsoir.
Excusez-moi, est-ce que vous pouvez m'aider, s'il vous plaît ?
Madame, madame, qu'est-ce que tu fais là ? Dis-moi que t'es pas un enfant.
Bah si, je m'appelle Marcus et j'ai 5 ans.
Marcus Loulou, qu'est-ce qui se passe ? Ça va, madame ? Marcus Loulou, donne ta
bouteille d'eau, madame.
Madame Blanchet, avec vous, il y a toujours un problème.
Soit vous démissionnez, soit que vous vous faites renvoyer. Vous allez vous
faire radier, je vous préviens. Oui, je comprends.
C'est juste que là, les transports en commun, c'est vraiment trop risqué.
Madame Blanchet, on a plus de risques de mourir en avalant une mie de pain de
travers, et croyez-moi que ça m'arrive tous les matins, que d'un attentat dans
le métro, vous le savez quand même.
Oui, je sais.
C'est pas ça.
Mais c'est quoi alors ? Je vais quand même pas me mettre à compter jusqu'à
dix.
Dix ? Neuf ?
Huit ? Sept ? Je suis phobique des enfants.
Pardon ? Phobique, la phobie, la peur des enfants.
Vous vous souvenez du poste d'assistante que vous m'aviez trouvé ? J'ai pas du
tout démissionné à cause d'une sciatique.
C'est parce qu'ils ont ouvert une crèche en bas des bureaux.
Il y avait des grandes vitres et moi je ne peux pas les voir.
Et puis, quand c'était l'été, il faisait chaud, ils les sortaient comme ça,
carrément sur le trottoir. C'était atroce. Ça existe vraiment.
La pédophobie.
Son nom vient des termes grecs païs, enfant, et phobos, peur.
Ah, c'est fou. Ma sœur Françoise, elle a la peur des fruits mous. Oui, la
carpophobie, c'est tout ce qui est mûres, myrtilles, bananes, framboises,
enfin des fruits mous, quoi.
C'est pas simple. Mangue ? Mangue, non. Mangue, c'est pas assez mou. Ah, ouf.
Et vous avez ça depuis longtemps ? Depuis 12 ans, déjà.
Pendant des années, j'avais l'air normale. Et puis un jour, ma sœur a
accouché de ma nièce.
À la maternité, elle m'a collé le bébé dans les bras et là... J'ai vomi. Vous
avez vomi sur le bébé ? Oh mon Dieu.
Ça me fait du bien de vous parler.
Oui, non, il faut que vous me trouviez un travail, vraiment.
Mais quoi, madame Blanchet ? Il y a des enfants partout.
Je le prends, désolée.
Je prends ce vélo, voilà, pardon, mais il est à moi. Il me le faut, je l'ai vu
en premier.
Hop, de toute façon, je suis déjà en train de le confirmer, donc...
Et voilà ! Bon, ben, au revoir, Anna.
Bonjour.
Alexandre ? Je suppose que t'as pas le temps de prendre un café, du coup ? Vas
-y. Non.
Non, parce que je suis désolée, je suis vraiment pressée.
Bah ça m'a fait plaisir de te revoir en tout cas.
Moi aussi.
Et j'ai toujours le même numéro.
Ok.
Merci beaucoup, c'était une urgence.
Alexandre ? Vous vous êtes croisés, il t'invite à dîner. Tu vas y aller ? Non,
évidemment.
Mais je suis quand même un peu contente qu'il ait envie de me voir, non ? C'est
fou. C'est fou, hein ? Anna, ça fait 12 ans que t'es en boucle sur Alexandre,
donc tu vas me faire plaisir d'aller à ce dîner. Je pense que vous avez quand
même pas mal de choses à vous dire.
Mais Betty, on sait très bien comment ça se passerait si j'y allais.
Bon, voilà.
Je vous ai vu tomber amoureux.
Je vous ai vu heureux.
Et je t'ai vu faire foirer l'histoire en disparaissant du jour au lendemain sans
plus jamais donner de nouvelles. Donc je pense que la moindre des choses, c'est d
'accepter son invitation.
Je n'ai pas fait foirer l'histoire toute seule, hein. Ça, c'est non, hein.
Lui, il partait de plus en plus souvent. T'as oublié ou quoi ? Il donnait aucune
nouvelle. Non, Anna, non, je t'en supplie, ça t'a jamais posé de problème,
ça. Tu as disparu parce que tu ne voulais pas lui dire la vérité.
Évidemment que je voulais pas dire la vérité.
Tu te souviens de Julio ? Le mec qui ne voulait pas d'enfant et qui m'a quitté
parce que moi, j'en avais peur.
Anna, mais qu'est-ce que tu me parles de Julio, là ? Je suis sûre qu'Alexandre
peut t'aimer malgré ton handicap.
Tu vois, même toi, tu parles de handicap.
Et je me trompe de mot.
Sans bras, sans jambes, tu serais beaucoup moins en galère.
Alexandre. Anna.
Mais il y a des enfants.
Je suis là.
Ça va ? Ça va.
Ça va ? Ça va.
Ferme les yeux.
Direct. Eric, tu les ouvres pas, hein ? Non. Non ?
Tu
peux ouvrir les yeux.
Une laverie.
Une autre laverie ? Oui.
J'ai un peu galéré avec le proprio, mais il a fini par accepter.
Par contre, je te préviens, on n'a que deux heures. Enfin, on n'a plus que 30
minutes, vu que tu m'as donné rendez-vous à 23h30. C'est un peu
bizarre, mais... J'avoue, la laverie de notre rencontre, c'est très, très fort.
Très, très fort.
Limite, c'est à quelle heure ?
C'est très mignon.
Par contre, le buffet... Trois verres de raisin, deux olives... Tu m'as prise
pour un écureuil ou quoi ? Du coup, non.
Putain, des pipas à sol.
Et il ne reste que 30 minutes ? Oui,
pourquoi ? 30 minutes, quoi.
Me suis-je déloyale ? Suis-je nouvellement aveugle ? Où ai
-je retrouvé la vue ? C'est le retour d'un
amour Que je croyais perdu La nouvelle
page d'un livre Que je croyais avoir lu Autour les
amours se pendent
Si. C'est nul. Ok, je passe un level en 1.
Racine.
Carré. Non.
Bon, bah en 2.
Euh... Énergie.
Euh... Racine, énergie... Racine, énergie...
Triche pas. C'était ginseng. Je triche pas, c'est ma fille.
T'es un enfant ? Non.
Un et puis un autre ? Deux, ça ? Mais... Enfin, je veux dire, deux, c'est-à-dire
un plus deux ? Euh, non. Un plus un, deux.
Oui, et ils sont un peu grands. Ils ont genre 15, 20 ans, quoi.
Ben, non.
Ben, non.
Sinon, je l'aurais su.
Ils ont 8 et 10.
Ça va, t'es toute blanche.
Hein ? Non.
C'est pas... Voilà.
J'allais te le dire, ça.
Enfin, je t'en ai pas parlé tout de suite parce que c'est... Enfin, je sais
pas, hier soir, c'était pas le moment, non ?
Donc oui, je suis papa et je suis séparé de leur maman depuis deux ans.
Tu les vois souvent, tu les vois quand, tu les vois combien ? Enfin, je dérive
bien d'ici, ils arrivent là ? Non, je les ai une semaine entière par mois et
la moitié des vacances scolaires. Première, deuxième ou troisième ? La
semaine ? La deuxième, mais je peux te scanner leur planning si tu veux. Oui,
tu veux bien, ouais.
D'accord.
Attends, attends.
Ouah là là ! Il est 8h.
Il faut que j'aille, je dois aller bosser là. Tu m'as dit que tu bossais
pas en ce moment ? Bah non, mais ce matin-ci.
Tu viens de te rappeler que tu bossais ? Tu crois que c'est pour ça que j'arrive
jamais à garder un travail ?
Ah tu vois, c'est marrant ce que tu me dis, ça me fait vachement réfléchi.
Ça m'a fait vachement... Oh ! Anna ! Hé,
Anna ! Je disparais pas une deuxième fois, hein ? Non, bien sûr.
Oui, je sais.
Désolée. Pardon, mais c'est la faute d'Alexandre.
Vous vous souvenez d'Alexandre ? Bon, Alexandre, phobie, disparition,
tristesse. On vient de se retrouver. Par hasard. Et c'est magique.
Et là, on vient de hyper bien dormir ensemble. Vous savez comme c'est rare de
bien dormir avec quelqu'un ? Mais ça n'arrive jamais, docteur. Enfin, c'est l
'enfer, quoi. On se frotte, on se gêne, on a chaud, on a froid. C'est un
cauchemar. Sauf quand c'est la bonne personne.
Alexandre.
Il a deux enfants.
On va s'arrêter là.
De quoi ? La séance ? Déjà ? Ce n'est pas votre séance.
Oui, pardon.
Bonjour.
Bonjour. Madame Blanchet.
Mais moi, j'en ai vraiment pour cinq minutes. Enfin, moi, c'est cinq minutes.
C'est juste histoire de craquer le code.
On va arrêter.
Vous pensez qu'il faut que j'arrête de voir Alexandre ? Non, nous deux. On va
arrêter, nous deux. Je suis fatigué.
Vous me fatiguez. Je comprends, docteur. Et je vais être souple.
Je suis d'accord pour voir tous les jours s'il le faut.
Et je veux même bien reprendre une thérapie de groupe. Vous êtes seul dans
votre groupe.
Le groupe qui fait zéro progrès.
Je vous l'ai dit un millier de fois, si vous voulez vous en sortir, arrêtez l
'évitement. Vous devez vous confronter à l'objet de votre peur.
Je vous fais de la, vous me poussez ? Je vous pousse. Vous me chassez ? Oui, je
vous chasse.
Vous me larguez ? Oui, je vous largue. Au revoir, madame Blanchet.
Ça va très bien. Écoute-moi.
Je sais que j'ai été bizarre quand t'as parlé de tes enfants, mais c'est juste
que je suis pas obligée de les rencontrer tout de suite. Et d'ailleurs,
eux non plus, ils sont pas obligés de me rencontrer.
C'était l'idée.
Ce que je veux dire, c'est qu'on est obligés de rien.
Et surtout, il faut qu'on prenne le temps de se retrouver.
C'est moi, du moment qu'on se dit au revoir quand on part, je dis oui à tout.
Et puis on n'est pas obligés de se voir, sauf quand on en a très envie.
Je suis d'accord.
Et là, du coup, on a envie ou... Non.
Ça peut servir.
Vous pouvez rester au lit.
Ils te rendent quand exactement ? Dans dix jours.
Chiant les gens qui travaillent.
Ah oui, tiens.
Je te laisse les clés.
Enfin, si tu as des courses à faire. Je ne te laisse pas les clés.
Non, c'est sûr que non.
Parce qu'on est dans une relation d'adulte.
On n'est obligé de rien du tout.
Voilà. Et surtout, on prend le temps de se retrouver. Retrouver.
Ouais, tout à fait.
Salut. Ouais, voilà.
On va rester là quand je reviens.
Je ferai avec, quoi, mais... Tu serais pas de chance, quoi. Non, c'est chiant.
Taille ! Taille ! Allez.
Allez, va filmer tes seins, chérie.
Ouais.
Mais c'est quoi ce nébite ?
Merci à toi.
Il y a quelqu'un ? Non.
Ah, si, il y a quelqu'un.
Non ! Sortez maintenant.
Non ! Très bien, vous restez dans la porte, mais moi j'appelle la police.
Anna ? Mais c'est moi, Steph !
Stéphanie Boinard, collège Saint-Exupéry, lycée.
J'ai eu chaud.
C'est bon, je la connais.
Mais qu'est-ce qu'il fait ? Bah, Anna.
Ça va, Steph ? Mais oui, et toi ? J'ai eu peur. Ah, moi aussi.
J'ai eu tant, tant peur.
Ça va ? T'es toute pâle.
C'est les enfants.
Ils t'avaient pas dit ? Si, mais... Mais pas que c'était avec moi.
Pas de jalousie, pas de ça avec ta vieille amie Stéphanie Boisnard.
En tout cas, moi je suis très très heureuse pour vous.
Merci, non mais tu sais, je suis pas jalouse en fait, c'est juste que je
suis... Ouais, énervée de l'apprendre comme ça, je te comprends, dis-moi.
Mais il est où là, Alex ? En Guyane.
En Guyane ? Eh oui.
Parce que c'est pas sa semaine. Mais non, évidemment.
Évidemment, c'est pas sa semaine, non. Si on s'en tient au calendrier, non, c
'est pas sa semaine. Mais lui, comme il est tout le temps en train de changer,
moi je suis paumée.
Et puis lui, tu connais, Alexandre, quand il est dans son trip singe forêt,
il n'y a plus rien qui compte, c'est silence radio.
Sans tenir au calendrier. Dans la course scolaire, il les envoie chez ses
parents. Je sais, ils me disent.
Et là, ça fait deux fois qu'il annule.
Deux. Donc oui, là, cette semaine, c'est sa semaine.
Oh non.
Et puis on va pas se mentir, c'est pas le père de l'année.
Il est même pas foutu de prendre un appartement avec deux chambres.
Monsieur préfère un loft.
Allez, je me calme.
De toute façon, j'ai pas le temps de m'énerver pour ça. Alors ça, non.
Et puis là, vraiment, c'est la merde. C'est la merde.
La maison de ma mère a été complètement inondée. T'as vu les infos ? Il y a des
crues de malades dans le sud-ouest.
Je peux te dire, c'est un sacré bordel. Elle est en train de camper dans un
gymnase à 80 piges, tu te rends compte ? Et moi, j'ai un train dans une heure.
Une heure. Et puis je peux pas amener les enfants. Non, non, non.
Parce que sinon, Stéphanie, elle sature.
Et moi, je sature.
Et puis là, je peux pas le louper.
Allez, répondez.
Madame Vittorino.
Allez.
C'est Stéphanie. Allô ? C'est moi qui capte pas très bien, Madame Vittorino.
Attendez, je me déplace.
Est-ce que vous pourriez prendre les enfants chez leur papa ? J'espère que
vous m'avez entendue. Moi aussi.
C'est la voisine.
Écoute, Anna, est-ce que juste le temps que Mme Vittorino arrive, la voisine, tu
pourrais les garder ? C'est ça.
Les enfants ? Tu peux pas ? C'est le boulot, c'est ça ? Non, j'ai pas de
boulot. Ah, c'est super.
Ah, pardon, pardon, c'est pas super.
Mais en même temps, pour les enfants, t'es un petit peu leur belle-mère.
C'est nul comme mot, non, non, non, c'est nul.
Mais comme, Alec, c'est pas là, et puis toi, t'es là, et toi, je te connais, j
'ai confiance en toi.
Anna, tu me sauverais la vie.
Je vous l'ai dit un millier de fois.
Si vous voulez vous en sortir, arrêtez l'évitement. Vous devez vous confronter
à l'objet de notre peur.
Oui, c'est bon ! C
'est bon.
T'es... T'es fâchée.
Non, non, non. Oh, merci.
Oh, merci.
Oh, je te revendrai ça, Anna. Vraiment. Si, si, si.
Je te dois une, là. Vraiment, Anna. Anna, écoute-moi, je t'en dois une.
Vraiment. Ah, pas du tout.
Les enfants.
Pas du tout. Maman s'en va. Enfin, pas tout de suite. J'arrive.
Alors, là, c'est la valise avec les fringues. Et là, t'as le cahier bleu.
Moi, le cahier bleu, à la base, je l'ai fait pour Alex. Mais bon.
Alors, les chéris, en attendant Madame Vittorino, c'est Anna qui va vous
garder. Anna, avant, c'était l'amoureuse de papa. Avant maman. Et maintenant, c
'est de nouveau l'amoureuse de papa depuis... Depuis combien ? Une semaine ?
Un mois ? Je sais pas. Depuis je sais pas. Mais en tout cas, vous allez voir,
elle est très, très, très gentille. Allez, les chéris, je vous embrasse.
Il faut vraiment que j'y aille. Je suis très en retard.
Merci. Ah, Simone.
Attends, deux secondes, maman.
Je t'appelle quand j'arrive. T'as encore le même numéro ? Oui. Super.
Steph. Oui, je t'écoute, maman.
Vraiment. Steph.
En fait, j'ai un problème depuis... Un dernier bisou ! Un dernier bisou ! Un
dernier bisou ! Oh là là, les chéris ! Allez ! Bisous, bisous ! Oui, je cours,
je gagne, je me dépêche, je me râle, je me pêche.
Pourquoi ? Qu'est-ce que... Quoi ? Ils sont là, mes gosses d'Alex.
Là ? Là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là,
là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là,
là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là,
là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là,
là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là,
là,
là,
Elle était adorable.
Des blocs.
En revanche, je n'arrive pas à les imaginer ensemble.
Oui, c'est ça. Ils vont tellement mal ensemble.
Ils se sont séparés il y a deux ans.
Et là, là, tout le monde s'est barré.
Et moi, je me suis retrouvée toute seule, à poil, avec les deux gosses,
comme ça, nez à nez.
J'ai eu la peur de ma vie. C'était horrible.
Attends, ils sont avec qui, là, les enfants ? Hein ? Mais avec eux.
Qui, eux ?
C'est où ? C'est Alex.
Mais tu m'écoutes pas ou quoi ? Ah non, je vois ce que tu veux dire.
T'inquiète pas, j'ai pensé aussi.
Je les ai enfermés à clé.
Tu les as enfermés tous seuls ?
Désolée.
Désolée.
T'as une moustache ? Une moustache de lait.
Merci,
vous êtes vivants.
Vous êtes qui ?
Non, non, non, pas du tout.
Je vais pas rester ici avec eux.
C'est complètement fou. Ils sont fous, ces gens.
Oui, c'est faux. Tout est faux.
Donc, s'il te plaît, on n'en rajoute pas, d'accord ?
Mais voilà, exactement.
Donc on va pas rester là dans un truc complètement fou. Anna, va leur faire un
petit coucou.
Non ! Coucou, juste un petit coucou, pour les rassurer. Leur mère est partie,
ils te connaissent pas, et ils pensent que t'es déconcertante. Donc t'y vas.
Coucou. Coucou. Ça dure deux secondes, vas-y.
Laisse-moi, mais je rigote pas.
Si tu rigotes. C'est moi qui fais.
Non, c'est pas vrai.
Coucou !
Ça va, t'es contente ? Je suis
ravie. Ah bah oui.
Et donc vous avez pas de chambre ? Si, chez notre mère.
Papa nous donne la sienne quand on vient.
Parfois, même, on dort dans une cabane pas un salon.
Amusant.
Allez, au lit.
Quoi ? Quoi ? Mais il fait même pas nuit.
Oui, mais ce soir, on se couche tôt, c'est mieux pour tout le monde.
Croyez-moi.
Allez. Je prends ce côté-là.
Et Boubou, il est très content de se coucher tôt. Il s'appelle Boum Boum.
Boum Boum, il est super content de se coucher tôt.
Voilà.
Bonne nuit.
J'ai laissé trois messages à Alex et il rappelle jamais.
La voisine vit au truc.
Aucune nouvelle.
La seule que j'ai réussi à joindre, c'est Stéphanie Boisnard, mais elle est
en boucle sur sa mère.
Elle me l'a même passée.
C'est un cauchemar, Betty.
J'ai l'impression que les gens se sont ligués.
C'est un complot.
Donne-moi ton portable.
Ton code ? 0000.
Tu vas pas aller bien loin comme ça avec un code pareil, hein ? Pourquoi tu as
besoin de mon code ? Parce que là, je te rentre le numéro de l'école.
Mais pourquoi ? J'ai besoin du numéro de l'école ? Faut appeler l'école ? Bon,
écoute, c'est pas un complot, là.
C'est... En fait, c'est l'occasion rêvée de soigner le mal par le mal.
Tu vois le principe d'un vaccin ? C'est un tout petit peu de poison.
Et ben là, c'est pareil.
T'as tout essayé, sauf te confronter à ta peur. C'est complètement con, cette
histoire de se confronter à sa peur. Regarde, toi, t'as peur en avion.
C'est comme si on te demandait de vivre dans un avion toute ta vie.
Ça n'a rien à voir. Pourquoi ? Parce que déjà, c'est pas toute ta vie, et on ne
vit pas dans un avion, on voyage dans un avion, mais on ne vit pas dedans.
D'accord.
Et si c'était le cas ? Tu ferais quoi ? Quoi ? Je ferais quoi ? Si on t
'obligeait à vivre toute ta vie dans un avion qui vole tout le temps, qui ne se
pose jamais, tu ferais quoi ? M'en la maligne, déjà ? Fin de cette
discussion. Dommage.
J'y vais.
Non, qu'est-ce que tu fais ? Tu me lâches, tu me fais mal là. Pitié, reste.
Relève-toi.
Pitié. Relève-toi. Je t'en supplie. Tu me fais un bisou. Non, un bisou, un
bisou.
Quoi, quoi, quoi ? Tu veux qu'on se batte là ? Ouais, d'accord, pas de
problème.
Ok.
Pardon, ok, d'accord, vas-y. Je vais gérer, vas-y.
Prends tes affaires, rentre chez toi.
Je suis fière de toi.
Merci.
Anna !
Arrête
-toi ! Qu'est-ce qu'il y a ? On n'a plus l'âge de Spring Day !
Toi, tu remontes dans cet appartement, maintenant.
Allez, viens.
Pourquoi je fais ça ? T'as raison.
Pourquoi tu ferais ça ? Allez, oui.
On plante les gosses et on se casse.
Bon, après, ce sont les enfants d'Alexandre.
Donc ça, c'est un peu... Et en même temps, lui, il va pas non plus être
complètement étonné, vu que ça sera pas la première fois que tu disparais comme
ça, n'importe comment.
Et puis tu risques quoi ? Tu perds définitivement l'amour de ta vie, mais
bon, ça, on chale un bon coup et on passe à autre chose.
Les enfants, ils trouveront bien une poubelle à fouiller pour se nourrir le
temps que la voisine arrive. Et ça sera des très très bons souvenirs pour eux.
Et je te signe que dans 10 ans, ils en rigoleront chez le psy.
Et puis toi, surtout, tu ne changes rien.
C'est parfait comme ça.
Nickel. Allez, casse-os.
Rentre chez toi.
J'espère vraiment que ce n'est pas un claquage parce que sinon, j'en ai pour
trois semaines.
C'était qui ? Tata.
Très drôle.
Non, Alice.
Anna ? J'ai besoin que tu m'aides.
Mais qu'est-ce que tu fous là ? Ça va Tata ? Rentre ici.
Rentre ici.
Ça fait bizarre de voir Tata, hein mes amours ? Qu'est-ce que tu veux ? Tu
te souviens d'Alexandre ? Oui.
On s'est revus, on s'est retrouvés.
Et du coup je suis en plein rêve éveillé.
Mais c'est Gilles. Non.
C'est pas génial parce qu'il a deux enfants. Avec Stéphanie Boinard, qui
vient de me les déposer. Moi.
Stéphanie Boinard ? Elle était géniale, cette fille. C'est pas le sujet.
Arrêtez avec Stéphanie Boinard.
Sa mère, elle est dans l'eau.
Donc elle dort sur un terrain de foot. Et du coup, elle s'est barrée. Donc ils
m'attendent tous les deux dans la rue, dans un hubert.
Les enfants de Stéphanie Boinard ? Mais ouais, t'imagines ? Mais du coup, je me
disais, ce qui serait vraiment super, c'est que ce soit toi qui les accompagne
à l'école.
L'école, Alice.
Un endroit festé de gens comme eux.
Ecoute, je peux plus rien pour toi là, je suis désolée.
Allez, venez. Parce que là... Tu vas pas me planter alors que moi... Non ! Alors
que tout ça, c'est quand même un peu de ta faute, hein ! Pardon ? Alors ça, non,
hein ! Tu arrêtes avec ça ! Tu sais très bien que je suis pour rien ! Personne n
'y est pour rien, ok ? Et franchement, sous-entendre que... C'est la naissance
de ma fille qui a déclenché ta phobie, ça, c'est dégueulasse ! Tu vas beaucoup
trop loin.
Alice... Non, y a pas de Alice, y a plus de Alice. Alice, elle est plus là, ok ?
Eh ben, les oreilles !
C'est de ma faute si elle est malade, tata.
Mais non, chaton, c'est pas de ta faute.
Tu fais vraiment chier.
Je vous aime, toi et les enfants.
Est-ce que tu veux pas quand même les garder ?
Ils ont oublié les cartables.
Comme vous êtes de pauvres, vous ne voulez pas leur porter vous.
Allez, passe ma chérie.
N'oubliez nos cartables.
Non, non, non, restez dans l'école.
Pour ce moment, ça va ? Ça va, poussez-vous ! Poussez-vous ! Cessez-lui
de l'air ! Non, ça va aller, aidez-moi à me relever.
Je peux m'appuyer sur vous ? Bien sûr.
Pour aller à l'école ? Pour aller à l'école, mais pourquoi faire ? Pour l
'exposition ?
Et là, vous avez ici les bonhommes de pluie qui annoncent l'été et qui disent
au revoir à la pluie. Et qui ont fait parvenir par la classe de CM.
Ça va aller, là.
Mais ne vous inquiétez pas, je vous tiens. Mais j'ai récupéré mes béquilles,
je peux me débrouiller toute seule.
Ça va, j'ai dit, c'est bon.
Clément ? Oui, ma chérie.
On est là, on est là.
Il y a ça qui sort.
Et donc j'ai eu madame vite au truc au téléphone et tu sais quand elle rentre ?
Devine.
Demain ! Mais moi, je peux pas rester avec les enfants jusqu'à demain, en
fait. Donc je lui ai dit, et là, elle m'a dit qu'elle avait un problème de
croisière de bateau, d'avion, enfin, j'en ai rien compris.
Bref, elle peut pas rentrer.
Ok. Mais moi, je ne peux pas, en fait. Donc il va falloir que tu m'aides.
Il faut que tu reviennes. Betty, c'est très important.
Anna, je te l'ai dit, j'emmène les enfants à Disney. C'est prévu depuis 15
jours, on va dans 20 minutes.
Qu'est-ce que tu bouffes, là ? Ne vis pas, Chol.
Attention, c'est très mauvais pour la rétention.
On m'en fout, ça me détend.
Attends, mais il y a école aujourd'hui ? Il y a beaucoup moins de monde les jours
d'école.
Je le trouve très permissive.
Bon, Anna, bisous. Non ! T'en supplie ! Non ! Me laisse pas toute seule. Va
aller chercher à l'école.
Dites, les choux, ça vous va si on annule Disney ? Non ! Non ! Non ! Non !
Non ! Non ! Non ! Non ! J'ai l'impression qu'ils le prennent pas très
bien.
Venez avec eux, avec nous si vous voulez.
Oui, ça va, fin de la discussion.
On s'avance.
Accélère, accélère.
Mais Steph, venez ! Cours, cours, cours, cours ! Mais qu'est-ce que vous... Mais
qu'est-ce qu'ils font ? Mais non, mais arrête !
Je suis pas en train de faire mûmuse avec la grille, hein ? Il va falloir
repasser à 10 heures, madame.
Non, non, mais attendez, moi j'ai encore deux enfants à l'intérieur.
Eh,
on se calme. Il faut attendre qu'elles se referment complètement.
Maintenant, je vais vous donner le code.
6, 5, 4, 3, 2, 1.
Flèche de bouche.
Oh, oh, oh, mais vous croyez où, là ? Madame ?
Déjà, bonjour, je suis Timothée. On va établir un profil et une fiche de signe
allemand, d'accord ? Hein ? Bon, vous voulez les retrouver, oui ou non ? On va
dire oui.
Ouais.
Euh... Âge ? 8 et 10 ans.
Aïe. Lien de parenté, c'est-à-dire vous ? Je suis la nouvelle copine de leur
père.
Aïe.
Ah ouais.
Ça, c'est pas bon, ça. Comment ça ? Non, pas bon du tout.
Leur but ?
Leur but ultime, c'est vous éliminer.
Vous faire porter le chapeau de leur disparition. C'est ignoble, c'est
sombre. Ce qu'ils vous font là, c'est mal. Ils sont capables de tout. Il faut
quadriller la zone.
Moi, je m'occupe de l'allée de l'Est, que je connais très très bien. Et vous,
l'allée de l'Ouest. Et on reste toujours en visu.
Vos yeux sur mes yeux et inversement.
D'accord ?
Racaille ! Racaille ! Attendez ! Ah, ça remonte !
N'attendez pas ! Racaille ! Courrez ! Bande de
voleurs ! Famille de voleurs ! Merci
!
Pourquoi vous avez fui comme ça, là, devant l'école ? Parce qu'on a peur de
toi !
Quoi ? On veut pas rester avec toi.
Mais moi non plus, je veux pas rester avec vous. Ça va les enfants, là ? Qu
'est-ce qui se passe ? Non, attendez, c'est extraordinaire. Ils disent qu'ils
ont peur de moi, alors que c'est moi qui ai peur d'eux.
Non, mais ils inversent complètement le truc.
C'est quand même fou, non ? Je veux dire, ils courent.
Carrément, hein ? Carrément, ils courent pour que je leur coure après, les mecs.
Non, mais ça va pas. Mais je vous confirme, ça va pas.
Vous inquiétez pas, je vais appeler la police. C'est super gentil, mais la
police, ils feront rien, comme d'habitude.
Vous voulez qu'ils enferment des enfants juste parce qu'ils courent ? Non,
malheureusement. Non, mais je parlais pas des enfants.
Ne vous approchez pas ! Mais pourquoi t'as peur de nous ? On t'a rien
fait ! J'ai pas peur de vous, j'ai peur de tous les enfants ! De tous les
enfants ? Vraiment ? De tous les enfants ? Faut que je respire.
Comme des araignées ? Mais pourquoi tu l'as pas dit à maman ? Voilà, comme des
araignées. C'est parce que j'ai pas eu le temps.
Attends, mais comment on va faire ? Ah bah... On va mettre des règles en place.
Ah, comme Uno ? Voilà.
Alors... Règle numéro 1, vous ne me touchez pas.
Règle numéro 2, on respecte une distance de sécurité d'au moins 3 mètres.
Règle numéro 3, vous vous habillez tout seul et vous vous lavez tout seul.
Je veux bien vous préparer à manger, mais règle numéro 4, on mange pas dans
la même pièce.
Ok ? Et on gagne quoi ? La possibilité d'être toujours en vie quand Madame Vito
-Truc viendra enfin.
Si un jour elle arrive.
Et tu ne me lis pas l'histoire du soir, alors ? De quoi ? Bah, moi, si j'ai pas
l'histoire, je m'endors pas.
Alors, on part sur quoi comme histoire ? Capitaine Chouette ! Non, mais...
Minette la chouette ! C'est toujours pareil ! C'est toujours lui qui choisit
l'histoire ! Ça parce que c'est lui le plus petit ! Et surtout parce que c'est
un garçon ! C'est comme dans la cour ! C'est les garçons qui prennent toute la
place avec leurs babas, la chorère derrière, comme des débiles ! Ça c'est
pas faux ! Moi je veux pas l'histoire des pirates ! J'aime pas les pirates ! T
'aimes pas les pirates ? Bah... Tous les petits garçons aiment les pirates ! C
'est pas parce que c'est un garçon qu'il doit aimer les pirates hein ! Moi je
suis une fille, j'adore les pirates, je trouve débiles les princesses !
Bah moi je trouve débile ni les pirates ni les princesses.
Bon, on va pas s'endormir là-dessus.
Trésor des étoiles ou secret du vieux bidule ? Bah les pirates ! Qu'est-ce qu
'ils t'ont fait les pirates ? Bah ils sont méchants.
Méchants ? Alors pardon, les pirates sont tout sauf méchants, tu sais ce qu
'ils faisaient ? Bah ils tuaient tout le monde.
Mais pas du tout ! Les pirates ils tuaient pas du tout tout le monde, ils
libéraient tous les esclaves des bateaux qu'ils croisaient.
C'est quoi l'esclave ? Alors ?
Un esclave, c'est quelqu'un qu'on prive de sa liberté, et après on le force à
travailler, mais le tout sans le rémunérer.
Donc les pirates, c'est vrai qu'ils n'étaient pas tendres, mais en
attendant, ils libéraient tous les esclaves noirs sur leur passage.
Pourquoi les noirs ? Parce que la majorité des esclaves étaient noirs.
Bon, pirate ou minette ? Et le capitaine pirate, à la proue de
son grand bateau...
vit enfin au loin l'île qu'il avait toujours cherché.
L'île de la liberté.
Tu m'étonnes.
Voilà, c'est bon.
Je peux avoir une autre histoire ? Une, c'est déjà merveilleux, tu sais.
Allez, bonne nuit.
Je veux une autre histoire ! Arrête de faire ton bébé, t'as qu'à lire tout
seul. C'est pas toi qui décide. C'est pas toi qui décide. Arrête, t'es
vraiment chiante.
Arrête, t'es vraiment chiante.
Arrête. Arrête. Je déteste. Je déteste.
T'es la plus nulle des soeurs.
T'es la plus nulle des soeurs. Arrête, si tu continues, je vais te frapper.
Arrête, si tu continues, je vais te frapper. Je vais te frapper. Je vais te
frapper. Je vais te frapper.
Vous êtes bien sûr le répondeur d'Alexandre. Laissez-moi un message et
je vous rappelle.
Ou pas.
On va où là déjà ? On va au judo.
Ouais.
T'as pas lu le cahier bleu ? Euh... Non.
Léo il a judo pendant une heure. Faut le récupérer à 15h et l'emmener chez le psy
à 15h15. Moi j'ai danse à 14h30. Faut me récupérer à 16h45, nous préparer un
goûter, faire les devoirs et les courses.
Mais c'est quoi cette merde ? C'est ma chronique.
143, 144, 145, 146, 147, 148, 149, 150 ! Génial !
Mais tu sais, je sais encore compter plus loin.
Ah ! Mais je compterai toujours jusqu'à 150.
Si tu le dis.
C'est où ton psy, là ? Est-ce que je comprends rien à la flèche ? Je vais pas
aller chez le psy.
Hein ? Mais si, bien sûr, on y va, là. C'est maintenant.
Lève-toi.
Non, je dis, je voulais pas y aller. On revient à la maison.
Ah putain, c'est un caprice.
J'ai pas envie.
Ok, donc là, ça va durer des plombes ? Ah ouais, non, ça va pas être possible,
en fait. Moi, j'ai pas le temps, là.
Léo, on a pas le temps.
Tu te lèves, là, on y va.
Non, j'ai dit qu'on y allait pas.
On revient à la maison.
Alors, c'est quoi le problème ?
Bah maman elle dit que le psy ça soigne avec des mots. Mais je suis pas malade
moi. Ouais alors moi depuis que je suis avec toi je peux te dire qu'il y a
clairement un truc qui tourne pas rond.
Mais attends chez tout le monde hein pas que chez toi.
Moi tu sais je suis allée chez le psy.
Ça n'a pas marché.
Effectivement.
Mais justement tu vois peut-être que si j'avais commencé à ton âge ça aurait
marché.
Tu veux aller à ma place aujourd'hui ? Non c'est gentil mais moi je pense que c
'est trop tard pour moi.
Toi, en revanche, t'as énormément de chance d'y aller si tôt.
Tu sais, tu devrais me faire confiance.
À ton âge, il y en a pour quelques séances, Max.
J'aimerais bien appeler papa.
Moi aussi, j'aimerais bien.
Mais j'ai essayé de l'appeler, j'arrive pas à le joindre.
Il est loin.
Il s'intéresse beaucoup trop aux singes.
Je trouve aussi.
Je crois que j'aurais un peu envie de faire caca.
Ok.
Flashez le psy.
Ok.
À gauche.
L'autre gauche.
Bonjour, vous êtes bien sur le répondeur d'Alexandre. Laissez-moi un message et
je vous rappelle. Pas trop près.
Oui, Alexandre, c'est Anna.
Écoute, je ne voulais pas te laisser un message répondeur, mais vu que tu ne me
rappelles pas, je suis obligée. Je me retrouve seule avec tes enfants, qui par
ailleurs sont les enfants de Stéphanie Boinard. Mais passe ! Est-ce que tout ça
est normal ? Non, je ne crois pas.
Donc, rentre au plus vite.
Alors là, Madame Blanchet, on a décroché la queue du Mickey.
C'est dans un bar de nuit, à côté de chez vous. Ils sont ok pour vous prendre
ce soir à l'essai. Le salaire est top, plus les pourboires. C'est génial !
Rendez-vous ce soir à 20h.
Oula, 20h ? Aïe, alors ça j'ai peur que ce soit un peu juste, parce que je crois
que la voisine n'aura pas le temps d'être là.
Quelle voisine ? Celle qui récupère les enfants.
Quels enfants ? Les enfants... C'est une... Non, non, non, pardon, c'est mes
enfants provisoires. Enfin, je veux dire, c'est ceux que je garde. Enfin,
oui, je ne les regarde pas, mais je les garde.
Quand je pense que je vous ai cru, Madame Blanchet, vous m'avez parlé de
votre phobie, je vous ai parlé de ma sœur, on a eu un moment d'échange, c
'était beau. Là, c'est un couteau dans le cœur et dans le dos, Madame Blanchet.
J'en ai marre, marre d'avaler des vipères.
Je me tue à la tâche pour vous trouver du boulot.
Je pense à vous, sous un pont.
Vous avez de la monnaie, vous avez de la monnaie. Plus personne a de la monnaie,
Madame Blanchet.
C'est que les QR codes qu'il faut scanner. Je ne comprends rien. Il y a 10
000 applications.
Je deviens trop vieille pour ça.
Je ne bite plus rien à votre phobie.
Madame Blanchet, on prend son petit pied, on se le fout au cul et on va à ce
rendez-vous.
À cause de vous, je vais être sanctionnée à nouveau et je ne
retournerai pas au niouf. Pas deux fois.
Oulah ! Attention, madame Azalny, là, vous hyperventilez. Croyez-moi, je m'y
connais. C'est une attaque de panique, ça.
J'ai sorti ma belle chemise pour vous annoncer cette bonne nouvelle et vous
vous êtes là. Ça y est, ça y est, tout va bien.
Madame Azani, j'y serai.
À 20h. Quoi qu'il arrive, je vais me débrouiller.
Qu'est-ce que tu fais ? On te revoit quand ?
Je sais pas.
Ah ! Ça y est, ça doit être Madame Vitorine au truc.
Enfin. Bonjour ! Mais dis donc, mais quelle course ! Bon, j'ai pas eu le
temps de rentrer chez moi, j'arrive comme ça un peu, le temps de me
reparfumer, et me voilà.
Ah, bonjour les enfants ! Bonjour Lola ! Merci beaucoup en tout cas d'avoir fait
aussi vite. Ah, ça pour faire vite, oui, j'ai fait vite.
Dis chérie, alors je suis désolée, mais l'avion, le taxi, j'ai besoin d'une
cigarette.
Alors fume tout ce que tu veux, parce que moi de toute façon là je vais y
aller. J'ai préparé toutes les affaires à des enfants.
T'as plus qu'à les embarquer. Les enfants, je vais y aller.
Au revoir, Anna.
Magwa.
Calin ! Non, pas Calin !
Vous
inquiétez
pas.
Elle va s'en sortir. Les pompiers ont dit qu'elle avait eu beaucoup de chance.
C'était une grosse chute, quoi.
Bonjour, c'est Anna.
Blanchet. Je viens pour l'essai.
Avec M.
Goulou. Goulet. Ah oui, oui. Il n'est pas encore arrivé, mais j'ai été
prévenue. Vas-y, rentre. Moi, c'est Chris.
Bonjour, c'est Chris.
Je suis avec deux amis.
Mais c'est quoi ces conneries ? Est-ce que je peux t'expliquer à l'intérieur ?
Ça se passe bien ? Super, super.
Je vais juste faire un petit pipi.
Très vite.
Entièrement raison. Le problème, je pense, du Bitcoin, c'est que c'est un
truc de masculin.
Léo ! Marco ! On s'en met par les poches. Pas toujours les mêmes.
Pas toujours ce qu'on connaît. Pas les gros masculins.
Excusez-moi, vous avez pas vu passer deux enfants ? Je crois que j'ai vu une
petite donzelle passer.
Barbara lui a offert un verre. Barbara ? Barbara, l'aigle noir.
Oh, tu vois, c'est tout ce qui est vernis, tout, les paillettes, le
maquillage, j'aime pas trop. Mais toi, franchement, ça va, c'est joli, ça fait
pas trop. Ah, je t'aime bien, toi.
Ah, ça va, enfin, mais où est-ce que vous étiez passés ? Pourquoi vous êtes
sortis de la loge ? Pardon, j'ai marché sur la... Anna, je te présente Barbara.
Enchanté, monsieur, ma belle.
Ah bah oui, bien sûr, l'aigle noir.
Il est où, ton frère ? Sur la piste de danse.
Sur la piste de danse ? Il abuse trois coca, il est sur-excité.
Non, non, c'est pas possible.
C'est pas derrière le bar ? Non, je ramasse les verres. C'est Chris qui m'a
demandé. Hop là.
Oui, non, non.
Qu'est-ce que tu fais, là ? Rien, je check.
Une bonne bouteille Dans la vieille ville ajaxienne Quand elle
est arrivée Elle est entrée Comme un
mirage la tête haute Ne se souciant pas du regard des autres Elle
a traversé toute l'allée Mais c'était qui ? Mais c'était qui
? Mais c'était qui ?
Sous-titrage ST'
501
là l'école bon oui
trop bien hier soir s'imagine
on était en boîte de nuit oui un café de nuit et vous n'allez pas raconter ça à
la terre entière ok à léo je dis rien ouais
ça va mieux
J'aurais aimé que papa me voit sur la scène hier soir.
Mais il est jamais là quand je fais des trucs.
Salut Anna.
T'inquiète, je vais lui parler, il va s'y faire.
Bonne journée.
Bonne journée.
Marie Poppins, qu'est-ce que vous faites là ? Faut vraiment qu'on se parle de ce
qui s'est passé hier soir. Vous savez, c'est un très très gros malentendu. Un
malentendu, ouais.
Deux gosses à une heure du mat dans mon bar, vous appelez ça un malentendu ?
Non, mais vraiment, ça ne se reproduira jamais.
Non. Ça, je vous le confirme.
Allez, bye bye.
Monsieur Goulet, j'ai besoin de ce travail.
Je suis faite pour ce boulot. Enfin, monsieur Goulet, je vis la nuit, je suis
alcoolique. Bon, allez, relevez-vous, là, c'est ridicule.
Si vous voulez travailler, vous prenez une nounou comme tout le monde. Je n'ai
pas besoin de nounou, je suis libre comme l'air. Je vous jure que je n'ai
pas d'enfants, ce ne sont pas mes enfants.
Ah, d'accord.
Donc après le malentendu, les mensonges, maintenant.
Donc si c'est pas vos enfants, qu'est-ce que vous foutiez avec eux en pleine nuit
? Vous les avez enlevés ? Mais pas du tout.
J'enlèverai des enfants, je ne supporte pas les enfants.
Quoi ? Je ne supporte pas les enfants ? Ah mais c'est dingue ça.
Vous avez autant de cœur qu'une pierre au fond de l'eau. Enfin c'est très très
long à vous expliquer, mais monsieur Boulet, sincèrement, notez bien qu'à
part cette histoire d'enfants qui ne sont pas mes enfants, vous n'avez
absolument rien à me reprocher.
J'ai super bien bossé, j'ai rien cassé, je suis trop sympa.
Comme vous.
Car tout le monde me dit que vous avez le cœur sur la main. Tout le monde ici
vous adore.
Ah bon ? Ah oui, bah Chris ne tarie pas des loges sur vous.
Chris ? Quand Yael parle de vous, mais carrément j'avais les poils.
Et je vous parle pas de Tino, qui m'a dit mais c'est mon véritable père, enfin
c'est... Tino, c'est qui ? Tino, à la plonge.
C'est un peu excessif, il est arrivé il y a deux jours.
Ah ouais, c'est dingue hein.
Comme quoi vous marquez vachement les esprits. Et moi, c'est exactement
pareil. Quand vous m'avez crié dessus, je ne lisais que de la bienveillance.
C'est vrai que je suis quelqu'un de gentil.
T'es tellement gentil.
Je me souviens, quand j'étais minot, ma mère disait toujours « Oh, mon petit
Reggie, t'as le cœur bien assis.
» J'aimerais tellement la rencontrer, votre maman.
Les mères, elles ont toujours raison.
Bon, écoutez, je veux bien vous donner une deuxième chance, mais... Bon, cette
histoire d'enfant, quand même... Je n'ai pas d'enfant, monsieur Goulet. Regardez
mon fond d'écran.
Franchement, et les photos ? Vous avez déjà vu aussi peu d'enfants ? Vous n
'avez que sept photos sur votre portable ? Ben oui, voilà, ça, c'est l'autre
truc. Je n'ai pas de vie.
Quand je vous dis que je suis faite pour ce boulot... Donc, vous pouvez commencer
tout de suite.
Évidemment. Et je peux vous prendre un bonbon ? Non, je préfère pas.
Pas de problème, je comprends.
Ah bah tiens.
C'est l'école qui appelle.
L'école ? Pardon, excusez-moi.
Allô ? Oui ? Comment ça ? Je suis désolée, il va falloir que j'y aille.
Donc vous pouvez pas commencer tout de suite ? Et non. Non.
Vous allez à l'école récupérer les enfants qui ne sont pas les vôtres, que
vous n'avez pas enlevés, mais qui vous sont tombés dessus par accident, c'est
ça ? Vous comprenez tellement bien.
Je suis désolée.
Au revoir, à bientôt.
J'arrive, j'arrive.
L'infirmière a un peu surréagi, c'est vrai.
Mais Hugo et Léo ont eu une altercation très violente.
Comment ça, violente ? Mais ils vont très bien, ils sont à la cantine.
Effectivement, on les a amenés à la cantine, mais c'est des petits bobos.
Mais si vous voulez les récupérer, on peut aller les chercher.
À la cantoche ? Les récupérer ? Oui. À 11h30 ? Oui.
Donc vous êtes au courant que j'ai un travail, quand même ? Oui, oui, je suis
au courant, oui.
D'ailleurs, on vous voit pas beaucoup à l'école.
Pardon ? Là vous êtes en train de me reprocher de travailler, c'est ça ? Donc
c'est quoi, on est en 1950 ici ? On peut plus travailler ? Je vous reproche rien.
Non mais franchement. Bah enfin ! Mesdames, je note juste que plus les
parents sont absents, plus les enfants sont difficiles.
Hugo a provoqué Léo comme il le fait d'habitude.
Et Léo est parti au quart de tour.
C'est vrai aussi qu'on voit pas beaucoup le papa de Léo. Bon allez, ça suffit.
Les enfants vont bien ? Oui, mais vous devriez leur parler.
Voilà. C'est ce qu'on va faire. Merci beaucoup.
Très bonne journée à vous. Très bonne journée aussi, madame.
Merci.
C'est dingue.
Qu'est-ce qu'ils font ? Attendez.
Vous voulez qu'on partage mon Uber ? J'imagine que vous retournez bosser
aussi, non ? C'est super sympa, mais en fait, moi, je viens de me faire virer.
Comment ça ?
En fait, quand l'école a appelé, ça a déclenché tout un binz, enfin bref.
Attendez, vous vous êtes fait virer parce que l'école vous a demandé de
venir, c'est ça ? Ouais, pas loin. Donc ça, vous pouvez les attaquer au prud
'homme. Je vais vous dire, moi je suis chef d'entreprise.
Vous imaginez si je me comporte comme ça avec mes employés ? Vous êtes chef d
'entreprise ? Oui, je suis chef d'entreprise.
Après, c'est vrai que si votre fils avait pas embêté Léo, je me serais peut
-être pas fait virer, quoi.
Vous cherchez à me faire culpabiliser, là ? Non.
Je cherche un travail.
Je suis très polyvalente. Et très gonflée aussi.
Mais j'aime ça.
Tenez, appelez-moi.
Bonjour. Bonjour.
Donc tout est centralisé ici.
Alors quand j'ai ouvert ma boîte, on était les seuls à faire des plantes qui
poussent sans eau.
Depuis la vague de sécheresse, on a doublé notre chiffre d'affaires.
Ça tombe bien. C'est ça.
Alors écoute, j'ai bien réfléchi et il faut que je me dégage du temps pour mes
enfants. Voilà.
Donc ce que je te propose, c'est un boulot d'assistance.
Ouais. Ouais, génial. Alors évidemment, je prends en compte ta situation au
niveau des horaires.
C'est-à-dire ? C'est-à-dire que tu commenceras à 9h30 et tu finiras à 18h
après l'étude.
L'étude de quoi ? Bah ton fils, il va pas à l'étude.
Ah oui ! Ah oui mais non merde, ok. Il finit à 16h30, c'est ça ? Non, non, non,
non, non, c'est pas ça. Non mais écoute, c'est très bien, on reste sur 18h, et je
te libère tous tes mercredis après-midi, pas de problème.
Alors c'est super sympa, mais tu sais moi, ce travail est vraiment important
pour moi, mais franchement c'est pas la peine. Enfin je veux dire, en réalité,
le truc... Écoute, s'il y a bien une personne qui peut comprendre ce que tu
vis, c'est moi.
Surtout que j'ai cru comprendre que papa était pas très présent, c'est ça ? C'est
sûr, ouais.
Mais ce qu'il faut vraiment que tu saches, c'est que... Voilà, ça, c'est le
salaire annuel que je peux te proposer. Voilà, c'est le max que je puisse faire
pour le moment.
Est-ce que ça t'irait ? Ah oui. Ouais ? Deal ?
Ok.
Anna, bienvenue chez Everplante.
Non. T'as combien d'enfants, toi ? Un ? Non. Deux ? Deux comme moi ?
Mais quelle galère ! On se comprend.
On vit la même chose, c'est ça ? Ouais.
Pourquoi elle pense ça ? Je crois que je l'ai dit.
J'ai pas vraiment dit, d'ailleurs.
Et je crois que c'est un peu pour ça qu'elle m'a embauchée. Mais qui engage
une femme parce qu'elle a des enfants ? Une femme formidable qui a bien vu que
je m'en sortais pas avec deux gosses.
Anna, tu n'as pas d'enfants, tu as peur des enfants ? Oui.
Donc en fait, tu vas arrêter tes conneries, tu vas dire la vérité ? Non.
Donc quoi, tu comptes ne jamais rendre les enfants à Stéphanie Bonnard ? C'est
quoi le plan ? Me rendre indispensable.
Et après, dire la vérité.
En plus, exagère, en ce moment, franchement, je m'en sors beaucoup mieux
avec les enfants.
Beaucoup mieux.
Parce que ça, ça veut dire que ça va mieux ? Ça.
Oui, ça fait bon bien, t'inquiète pas. Elle a l'accent toujours injoignable.
Ah !
Je
l'ai dit pas !
Dégage ! On va voir Anna, viens ! C'est la plus belle des chiennes ! Anna, de
loin ! Merci, merci, merci ! C'est trop super !
Ah.
Qu'est-ce qu'il se passe ? C'est la chambre.
Elle te plaît pas ? Si, si.
C'est papa qui aurait dû la faire.
Tout comme il aurait pas dû annuler les deux dernières semaines.
Et puis Léo, il est plus jeune.
Je me tracasse. Je sais que ça lui fait de la peine.
Alors que toi, t'en as pas de la peine, hein, Margot ? Moi, je suis plus grande.
Tu sais qu'on a le droit d'être triste même quand on est grand.
Moi, je suis grande.
Je suis même très, très grande.
Et j'ai quand même très souvent de la peine.
Mais toi t'es une grande enfant en fait.
J'ai fini ! Allez.
No way, ça fait deux jours que je les suis. Je suis pas infirmière, faut qu
'ils apprennent.
Ok, calme-toi.
Léo ? Oui ? Je crois que le temps est venu.
De ? T'as du papier ? Oui.
T'as des fesses ? Bah oui.
Bah fais le lien.
Ok.
Tu sais ce que je fais moi quand je vais pas bien ? Je mets de la musique et je
danse, même quand je suis toute seule.
Non, je sens ton énergie négative, mais tu attends.
Qu'est-ce qu'on fait ? Déjà, on prévient quand on arrive.
D'abord, tu t'es étuyée ? Oui. Bien ? Oui.
Tu t'es lavé les mains ? Oui.
Conscientieusement ? Oui.
Alors on danse.
Léo t'es prêt ? J'entends rien Léo !
Je te tiens en respect, c'est moi Rimecar, courage, stay copé pour plus de
6 mois Tous fiers, explantes dans Snatch, m'enrêle chez moi Suspect, table
arrière, salle d'un resto, j'suis noir Compte sur moi, pour représenter le fort
Vélas à nous Et se têcher les foules, jugés par défaut Qui visent le full, le
brûleur entre branleurs Le carré d'as, on a du mal à disperser dans les foules
On sort des marégales, des escaliers, l'esprit faux belge Entame le string,
donne l'arrêt, play, mon salopard comme Gary Flynn Tu parvales sur ma redskin,
en tout je laisse comme Jet Li Cross pour la cabine, mon jet ski, fâche que
la peur N'importe rien à l'homme, les loups à l'oeuvre
Et alors, les enfants sont contents ? De quoi ? De venir à la fête demain.
Ah mais alors moi j'avais pas compris que je venais. Bah évidemment, tu viens,
t'es invitée.
Très sympa. Et du coup, tout le monde vient avec ses enfants.
Exactement. Et d'ailleurs, ce sera super que Hugo et Léo se voient dans un autre
contexte que l'école.
Ce serait l'occasion pour eux de se réconcilier.
Non ? C'est super.
Excuse-moi.
J'ai un col.
Ah oui, et tous les enfants viennent déguisés.
Chouette. À demain.
Oui, allô.
Oui.
Et si tu lui dis la vérité, elle te vire ? Possible.
C'est un peu comme quand tu fais croire que tu sais parler anglais, alors que tu
sais pas du tout parler anglais, juste pour avoir un travail. Bon, ben, tu
vois, c'est très mal. Ben, moi, c'est pareil.
C'est bizarre, ton truc.
Eh ben, c'est bizarre, ouais.
Je suis bizarre. Ouais, pas faux.
S'il vous plaît, s'il vous plaît, s'il vous plaît, s'il vous plaît, s'il vous
plaît. Vous êtes d'accord ? D'accord. Non, non, non, on gagne quoi en échange
? Ah, quelle manipulatrice, celle-là.
C'est ce que vous voulez.
Papa ! Ça va, mon chat ? Ça va.
Et toi, ma chérie ? Ça va.
Je suis désolé, je savais pas qu'il y avait un problème. Je suis rentré et j
'ai dit que j'ai plus. C'est bon, c'est brouillé.
C'était bien les singes, papa ? Ouais, c'était incroyable.
Enfin, c'était du boulot, quoi.
Ça va, toi ? Je suis désolé que tu aies eu à gérer ça.
Aïe, tu me fais mal.
C'est bon.
Hop là !
C'est pas ce que tu nous as fait subir, aux enfants et à moi.
Exagère, je sais que tu voulais pas les rencontrer tout de suite, mais c'est pas
la fin du monde non plus.
Je suis phobique des enfants.
Très drôle.
C'est exactement pour ça que je suis partie il y a 12 ans.
Une phobie des enfants ? Oui.
Mais c'est affreux ça.
Et c'est la seule excuse que t'as trouvée ? Non, parce que si tu veux qu
'on parle, il y a 12 ans, parlons-en, mais me raconte pas n'importe quoi.
Mais je te raconte pas du tout n'importe quoi, c'est exactement pour ça que je
suis partie.
Partie sans dire au revoir.
Alors ok, j'étais pas souvent là, mais je méritais pas ça.
C'est quoi en fait ? T'as juste peu le courage de me dire en face.
Avoue-le au moins.
Je vais pas te forcer à me croire en fait.
Je vais pas te le danser, je vais pas te le mimer.
Je suis phobique des enfants, c'est déjà suffisamment difficile à admettre.
Ça m'est tombé dessus, du jour au lendemain, brutalement, et ma vie est
devenue un enfer. Je n'ai juste pas voulu t'emmener dans cette galère.
Je savais que t'en voulais, toi, des enfants, à l'époque.
Même si aujourd'hui, c'est pas flagrant.
Ça veut dire quoi, ça ? Ça veut dire que... Moi, je suis phobique des
enfants.
Peut-être, mais j'ai encore de neurones de lucidité, donc j'ai merdé il y a 12
ans. C'est vrai, je suis partie, mais enfin... Je suis malade, moi, en fait.
Toi, c'est quoi, ton excuse ? Mon excuse ? De quoi tu parles ?
Enfin, Alex ! Oh, mais ton excuse pour pas t'occuper d'eux, ton excuse pour pas
passer du temps avec eux pour pas leur faire une chambre digne de ce nom, ton
excuse pour laisser Steph proche du burn-out.
Enfin, je veux dire, c'est... Tu me fais quoi, là ? Un procès, c'est ça ?
Exactement, exactement.
Je ne comprends pas ce que tu fais avec tes gosses.
Excuse-moi, Alex, mais tu n'assumes rien.
Steph fait tout, tu fuis, t'annules tes semaines, enfin... Alors, avec moi, il
se trouve que c'est foutu, c'est terminé, c'est impossible.
Ah, mais avec eux, t'as encore une petite chance.
Donc, si tu veux un bon conseil, ne l'arrête pas.
Les enfants ? Les enfants, on y va ? Bah, tu viens pas avec
nous, papa ? Allez, vite ! À ce soir, papa ! Non, mais... Anna, qu'est-ce que
tu fais ? Bonjour, monsieur.
Bonjour, madame. Il y a votre collègue qui va vous suivre.
On va au même endroit, donc... Vous attendez juste que les enfants soient
montés.
démarrez démarrez démarrez monsieur démarrez démarrez non Anna Anna Anna
Anna
Anna
Anna
T'as demandé à mes enfants de se faire passer pour les tiens pour garder ton
boulot. Tu peux m'expliquer ? C'est un peu trop loin à t'expliquer.
Mais dis-toi que tu me le dois.
Venez les gars ! Non mais... Je crois que je vais me barrer. On y va. Non,
non, non. On attend la distance de sécurité d'abord.
La quoi ? La distance de sécurité.
C'est bon, on l'a employé.
Anna ? Ça va ? Ça peut aussi courir.
C'est le papa.
C'est le papa. Il a pu venir, c'est formidable.
Eh oui, voilà.
Bonjour. Bonjour.
Alexandre.
Cylian, enchanté. Le papa, en effet.
Génial. Ça va, les enfants ? Ça va. Vous êtes beaux.
Ça va, Anna ? Ça va, ça va, ça va. Mais c'est normal qu'elle... T'appelles pas
maman ? Oui.
C'est parce que de temps en temps, elle... Oui, parce que c'est pas que ma
mère, c'est aussi une femme.
Oui.
Les enfants, regardez, il y a un spectacle de clowns juste là-bas qui
démarre dans deux minutes. C'est maintenant.
Allez-y. Allez, go.
À tout à l'heure, maman.
Ils sont trop mignons.
T'as une belle complicité avec Léo.
C'est une mère formidable.
Vous prenez un verre ? Anna, j'ai plein de monde à te présenter.
Rooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
Non. Allez, je me lance. Non, Alex. Bah si.
Donc, je revenais de trois mois au Costa Rica. On rentrait à la maison.
Et je lui ai demandé de faire un petit détour par une laverie.
Alors, on s'arrête là. Allez, je vois. Anna, Anna, Anna, laisse-le continuer.
On va savoir. Bah non, parce que c'était pas n'importe quelle laverie.
C'était la laverie où je l'ai vue pour la première fois.
La laverie où je suis revenu pendant un an laver mon linge en espérant la
revoir.
J'ai réussi à louer l'endroit pour la soirée.
Un copain est venu pour installer plein de petites jolies lumières.
J'ai lancé sa musique préférée.
Et là, j'ai sorti la bague.
Mon bague, j'ai fait faire avec une pierre de jade au Costa Rica.
Le jade, c'était sa couleur.
Et je lui ai demandé si elle voulait passer le reste de sa vie avec moi.
Et... Elle a dit oui.
Wow, tellement romantique.
Allez,
à vos enfants.
À votre amour.
Qu'est-ce qu'elle a ? Ça va ? Oui.
Non, elle est un peu embouillée, c'est tout.
Anna ? Anna ?
Je sais.
Mais t'es enceinte. Pas du tout. Si, t'es enceinte. Non.
Écoute, ça va, Anne.
Pas de mensonges entre nous. Ça, c'est sûr.
Merci de me l'avoir dit.
On peut rien te cacher.
Ouais.
T'as vu ? Ils jouent ensemble.
Ah, trop mignon.
Hugo a même prêté sa tenue de pirate à Léo. Super.
C'est trop mignon.
Arrête ! Aïe ! C'est moi le pirate ! Mais pourquoi t'as fait ça à mon chapeau
? Parce que c'est moi le pirate ! Hé ! Oh, oh, oh, hé, hé ! Oh, qu'est-ce qu'il
se passe ? Ben oui, Hugo c'est l'esclave, et moi je suis le gentil
pirate qui le libère ! Mais c'est quoi ce jeu ? Ben, c'est les pirates qui
libèrent les Noirs. Qui t'a dit ça ? Ben, maman !
C'est toi qui lui a dit ça ? Oui, enfin, c'était une histoire du soir.
Sur les pirates.
Sur l'esclavage, à 8 ans.
Léo, après, t'en rajoutes un peu.
Je rajoute pas.
T'as dit les pirates, ils libèrent les noirs, et les noirs, c'est des esclaves.
Ah, ça, non. C'est pas vrai. J'ai jamais dit ça. Non, là, tu déformes. Tu as
fabule. Il faut pas mentir, Léo.
Je m'en prends.
Il est fou, ce mec. Maman, viens m'aider.
Bon, tu viens. Tu viens m'aider à le détacher, s'il te plaît.
Ah, vraiment ?
Dans cet état.
J'avais oublié encore.
Anna.
Ok, t'as raison, je suis pas un bon père.
J'ai décroché depuis tellement longtemps, j'ai l'impression que je
pourrai jamais revenir en arrière, mais je vais essayer.
Comme toi t'as essayé.
Je veux que tu fasses partie de notre vie.
Maintenant, encore plus qu'il y a du loup.
Tu comprends ça ? Quelqu'un peut m'aider à détacher mon fils, s'il vous plaît ?
Quoi ? Léo a fait un nœud à mon fils, j'arrive pas à le défaire. C'est un
marin ou quoi, votre fils ? Il est où, Léo ? Il est là, Léo.
Bah non.
Il est où, Léo ? Hugo, tu l'as vu ? Non.
Je crois qu'il est parti par là. Léo ! Léo !
Léo ! Léo
! Léo ! Léo ! Léo ! Léo
! Je suis désolée, il voulait juste se cacher pour énerver Anna. J'aurais pas
dû le laisser faire.
C'est pas de ta faute, ma chérie.
On va le retrouver.
C'est pas ta faute, Margot.
Je lui ai hyper mal parlé, je l'ai accusé de mentir. Enfin, tout ça, c'est
moi. Je suis désolée.
Vous ne l'avez pas retrouvé.
Eh bien, il faut suivre le soleil. Les enfants suivent toujours le soleil. Au
milieu d'une forêt, personne ne voit le soleil. C'est complètement con.
Pardon, excuse-moi, je suis stressée. Tu vas m'en vouloir à moi, maintenant ?
Pardon, Sylviane.
En plus, c'est probablement une bonne idée de suivre le soleil.
Et d'ailleurs, si un jour, il disparaît sur la plage, on sera bien content de le
savoir. On dira merci, Sylviane.
Putain, Steph ! Décroche pas, elle va me tuer. C'est qui, Steph ? Leur mère. La
mère de qui ? Les enfants.
Pardon, quoi ? Attendez.
C'est pas tes enfants ? Redis-moi exactement ce que tu lui as dit. S
'enfoncer 200 pas dans la forêt, puis te faire 200 pas sur sa gauche.
Mais quand j'y suis allée, il y était pas. T'es enceinte ou t'es pas enceinte
? Mais Léo, il veut compter que jusqu'à 150.
Comment ça ? Parce qu'après, ça l'ennuie.
Donc il a dû faire 150 et 150, j'en suis sûre.
Hé, je suis là.
Même s'il avait fait 150 pas, on l'aurait vu.
Sauf s'il a pris l'autre gauche.
Anna ! Mais oui ! La personne n'écoute pas.
J'avais dit qu'il fallait suivre le seuil.
L'autre gauche...
On fait plus le calendrier ?
Anna
? Anna ? Ça va ?
Ça va mieux ? Oui, beaucoup mieux.
Vous n'avez besoin de rien ? Non, vous savez quoi ? Je crois que ça va vraiment
mieux.
Vous sentez ? Il bouge.
On prend des risques, sous des lois, on mise tout Frillage ou lâche, on se
présente, on tente tout Au maximum, jusqu'au bout
Sous-titres par Jérémy Diaz
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