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...
...
-Nous aussi, on se réjouit.
Eh bien ! On s'en reparle.
La bise à tous.
Ciao.
Début juillet, cousinade Meyer.
-On voit déjà tes cousins en avril. -En avril,
c'est du côté maternel.
Les Peyrol.
-Si j'avais des cousins, on n'aurait plus un week-end de libre.
-Tu m'embrasses pas ? -J'ai une scène de crime à Castan.
-Castan, la Côte bleue, les oursins...
-Je vais pas t'en ramener, la saison est terminée.
-Ils sont en voie de disparition, comme moi.
-Hein ?
-Espèce en voie de disparition. -Mais toi, tu es protégé par moi.
A ce soir.
-J'appelle les gosses pour les mettre au courant.
-Merci.
On dîne dehors ce soir ? -Oui.
Où ? -Avec Raph, c'est burger ou pizza.
-Je suis prêt.
-Tu finis tard ? -17 h.
-Rentre direct.
On sort ce soir. -Ah non !
Je vais chez Igor.
-Pourquoi ? -Il y a le match.
Tu m'emmènes ? -C'est loin.
-J'irai en scooter avec Léo. -Non.
-Alors emmène-moi !
-J'irai te chercher. Vas-y en transports,
pas en scooter.
-Merci, "bro".
-C'est Boris, pas "Broris".
-Tu te dépêches ?
-Attends dans la voiture.
C'est parti pour 20 mn de rap à fond la caisse.
-Pizza à 2 ce soir ?
-Oui.
Sonnerie de téléphone.
Oui, Raph. J'arrive.
A tout à l'heure. -A tout à l'heure.
...
-Que pensez-vous de la nouvelle capitaine ?
-Je la connais pas plus que vous.
-Vous avez dû consulter ses états de service.
-Ils sont excellents mais elle est passée capitaine l'an dernier.
-Et ? -Elle manque d'expérience.
-Avec vous, ça va changer.
Nadia vous passe le bonjour. -C'est gentil. Elle va bien ?
-Sa formation se passe bien mais elle a hâte de nous retrouver.
-Pour passer commandante, elle doit valider sa formation.
Capitaine Lin... -M. le juge... Mme Meyer...
-Constance.
-Très bien. On y va ?
-Allons-y.
-La victime, Manon Torrès. Elle habite ici chez sa mère.
On a ses papiers, son téléphone est HS.
-Elle a quel âge ?
-20 ans.
Des pêcheurs ont récupéré son corps au large
ce matin à 7 h 30.
-Strangulation ? -Oui.
C'est ce qui a causé sa mort. Elle a été immergée
après son décès qui remonte à 13 ou 14 h. L'autopsie nous en dira plus.
-Elle a pu être jetée d'un bateau.
-Ou de la côte. Le vent a pu la faire dériver.
-Le périmètre de la scène de crime est large.
Ce sont ses parents ?
-Sa mère, Agathe Torrès, poissonnière
au marché de Castan,
et son compagnon, Claude Fabre.
Il dirige un restaurant où Manon
faisait des extras. -Allons les voir.
Parfait, capitaine.
-Il dit rarement "parfait". Vous avez passé l'examen haut la main.
-20 ans...
-Quand l'avez-vous vue
la dernière fois ?
-Hier matin. Elle devait passer la journée dehors.
-Et travailler au resto à 19 h.
J'ai essayé
de l'appeler plusieurs fois, Agathe aussi.
-Vous savez ce qu'elle a pu faire hier ?
Elle avait des soucis avec quelqu'un ?
-Non, elle s'entendait bien avec tout le monde.
-Qui a pu faire ça ?
-Quelqu'un connaissait son emploi du temps ?
-Peut-être Clément.
Clément,
c'est son petit ami.
-Où peut-on le trouver ?
-Il vit à 5 mn d'ici.
-A quoi vous pensez, Constance ?
-Ca va être un choc terrible pour les gens du village.
Ils voudront savoir. -On apportera des réponses.
-Si c'est quelqu'un
de Castan ? -Les réponses déplairont peut-être.
Sonnette.
-Clément va être effondré.
Comment va Agathe ?
-Elle vient de perdre sa fille.
-Oui, bien sûr.
La pauvre. Après son mari...
-Que lui est-il arrivé ?
-Il était pêcheur.
Il a chaviré il y a 5 ans.
-Clément et Manon se connaissaient
depuis quand ? -Depuis la primaire.
Ils se sont mis en couple
il y a 3 ans.
-Vous la connaissiez bien.
-Elle était chez elle ici, comme Clément chez Agathe.
-Et Clément, où est-il ?
-Il est sorti hier soir à Marseille.
Comment je vais lui annoncer ça ?
-Il ne travaille pas ?
-Il fait des petits jobs.
Il galère, comme beaucoup de jeunes ici.
-Vous pouvez l'appeler ? -Oui.
-Messagerie.
-Vous vivez seul avec lui ? -Oui.
On a divorcé il y a 2 ans avec sa mère.
Ma retraite a tué notre couple.
Elle vit au Maroc avec son nouveau compagnon.
Clément n'a pas voulu quitter le village où il a grandi.
Il est resté avec moi.
Prévenez-nous
dès son retour. -Oui.
-Merci.
-Au revoir.
-In this world, information is everywhere.
How can we access to reliable information in the digital age ?
It's a question.
-Ah oui ! OK.
How can we have sex with...
-"Access", Ludo !
"Access", pas "have sex" !
-"Access".
-Tu es censé être bon en langues.
-Je sais pas... c'est peut-être votre accent.
-Quoi, mon accent ?
-Il est un peu... -Quoi ?
-Un peu... british.
Mais royal british.
-C'est beaucoup plus chic.
-Je suis plus à l'aise à l'écrit. -J'espère.
C'est quel coefficient. -Deux.
-Et les maths ?
-Quatre.
C'est mort.
-Ludo...
t'inscrire au bac en candidat libre était une décision très courageuse
mais très périlleuse.
C'est comme l'escalade.
Voir le sommet ne veut pas dire qu'on est arrivé.
Alors oui, c'est dur. Mais chaque pas
est une victoire sur le précédent.
Et tu peux compter
sur ton vieux sherpa, ton guide dans le blizzard.
-Je vais le traverser avec vous, ce blizzard.
-Bien. Je vais t'enregistrer
les annales d'anglais.
Tu pourras les écouter même en dormant.
-En dormant ?
-Pour que ça imprègne.
-Mais le sommeil, c'est important pour gravir la montagne.
Téléphone. -Pas faux.
...
Oui ?
Quoi ?
-Je t'envoie un coursier.
Non, ça me dérange pas.
A tout à l'heure. Bisou.
Solène a oublié un dossier au palais.
-Ca va mieux entre vous. -Oui. J'ai trop laissé s'installer
les malentendus, alors on a décidé de faire attention l'un à l'autre.
-Tant mieux. -Mais Raphaël n'est pas facile.
-Bienvenue dans le monde des ados.
-C'est surtout Solène qui trinque. J'essaie de rester à ma place.
-Avec les ados, c'est simple : on a toujours tort.
-Pour la crise de la soixantaine,
vous avez des conseils ?
-Un souci, M. le procureur ?
-Il faut que je te voie.
Et seul.
-Bonjour, Fanny. -Bonjour.
-Le procureur
est d'une humeur...
C'est à cause des révisions de Ludo ?
Fanny... -Oui ?
-Je suis persona non grata ici ?
-Quiring m'a demandé de rien te dire mais je peux pas.
-Qu'est-ce qui se passe ?
-On a reçu le rapport d'autopsie de Manon Torrès.
-Et ?
-Et le décès a eu lieu entre 17 h et 19 h.
-Et ?
Et ?
-Il y avait des fragments de peau sous les ongles et l'ADN a matché.
-Ca a pas l'air de te réjouir.
-On ne sait pas à qui appartient cet ADN
mais il y a des gènes communs avec une personne inscrite au fichier.
-C'est qui ?
-C'est moi.
-Constance...
Constance...
Constance...
Constance...
-Si Meyer n'avait pas été victime d'une erreur judiciaire,
on n'aurait pas pu recouper. -Et elle n'aurait pas
travaillé pour la justice.
Avec un tel pourcentage, ça peut être le père, la mère, un frère...
-Un enfant.
-Tu crois qu'Alice ou Antoine...
-J'essaie d'être rationnel.
En attendant d'en savoir plus, on déporte Meyer de l'instruction.
Tu travailleras seul.
-Qu'est-ce qu'elle va faire ?
-Rester à la disposition de la justice.
-Très bien.
-Ah ! Et...
récupère son passe.
-C'est la procédure, ne le prenez pas personnellement.
-Je sais.
-Profitez-en pour vous détendre. -Avec un meurtrier dans la nature
qui a le même ADN que moi ?
-Vous devez me fournir
toutes les infos sur votre état civil.
-Pas de problème.
-Et on va vérifier l'emploi du temps de vos enfants
donc ne communiquez pas avec eux.
-J'ai encore le droit de respirer ?
Pardon.
Je suis un peu perdue.
Autre chose ?
-Quiring m'a demandé de récupérer votre passe d'accès au palais.
-Bien sûr.
Bonne soirée.
-Tu vas revenir très vite.
-Oui, j'espère.
Constance...
-Oui. -Prenez soin de vous.
-Merci.
...
-Au travail, M. le juge.
-OK. A tout de suite.
Antoine et Alice arrivent. La police a vérifié leur alibi.
Ils ont fait vite.
-Le juge a dû intervenir pour accélérer les choses.
-Quel ADN a pu matcher avec le tien ?
-Sans doute un rapport avec mon père.
-René ?
-Non, mon vrai père.
Mon père biologique.
-Le matelot de la marine marchande. -Emile.
-Emile aurait 90 ans passés aujourd'hui.
-Ouais. -Et il aurait tué une fille ?
-Lui... ou un de ses enfants.
Enfin, peut-être.
-Les voilà.
-Maman ! -C'est quoi, ce délire d'ADN ?
-On n'en sait rien. Restons calmes.
-Difficile après une garde à vue.
Maman, je fouille.
-Les papiers de ma mère...
Tu cherches quoi ? -Je sais pas, un indice.
On doit savoir. -J'ai rien
sur mon père.
Ils se sont connus trois jours, avec maman.
Elle savait rien de lui
sauf qu'il était marin. Elle m'a rien caché.
-C'est "Sur la route de Madison". -Oui.
Elle l'a follement aimé.
-Tu nous l'avais cachée.
-Je peux te poser une question ? -Oui.
-Tu as eu d'autres enfants ? -Non.
-Mais non, bien sûr. -Désolé,
je cherche. -Cherche autre chose.
On a besoin
de se détendre, surtout votre mère. Vous nous préparez à manger ?
-Et un petit remontant.
-J'étais mignonne.
-Oui. Je vais me régaler.
-Je vous rappellerai.
-D'accord, M. le proviseur. Je comprends.
Oui, bien sûr.
Bonne journée.
Je suis convoquée au collège. -Qu'est-ce qui se passe ?
-Comportement inapproprié.
-Il est pas pénible qu'à la maison.
-Je ne le reconnais plus.
Il a des problèmes ?
Il est harcelé ?
Victime de racket ? Il se drogue ?
-On panique pas. Pour l'instant, on n'en sait rien.
Essaie de lui parler.
-A la moindre question, il se ferme. Il est fuyant.
-On devrait prévenir Ludo.
-On n'a pas la même vision
de l'éducation.
Or on doit parler d'une même voix.
-C'est vrai.
Mais il faut faire front.
-Tu as raison, on va essayer.
Je file.
-Tout va bien, mon chéri. Je suis à Castan.
Je regarde les passants. Je me dis que l'un d'eux
est peut-être de ma famille. Une tante, un neveu
ou une cousine.
Je rentre bientôt. Je t'embrasse.
Alerte de messagerie.
*-Bonjour, Constance. J'espère que ça va
*malgré tout ça.
*Je pense bien à vous et je vous tiendrai informée
*autant que possible.
*Je vous rappellerai.
*Je vous embrasse.
-Quel âge ça lui fait ? -Trois mois.
-Tu allaites ? -J'essaie.
-Tiens bon.
C'est important.
-Il fait ses nuits ? -Pas encore.
-Tu l'as bien réussi. -Merci.
-J'adore ses petits pieds.
Ca grandit vite. -Je confirme.
-M. le juge... -Bonjour.
-Bonjour.
-Les recoupements ADN ?
-C'est en cours au labo. -C'est une priorité. Pressez-les.
-Le père biologique de Constance s'appelait Emile.
Il y a trois Emile à Castan, tous âgés.
Aucun lien avec la victime mais on a prélevé leur ADN.
-Bien.
-On recoupe avec Agathe Torrès, Claude Fabre,
Frédéric Dajet et son fils Clément.
-Clément Dajet est réapparu ? -Toujours aucun signe de vie.
Rien à son domicile.
Son père s'inquiète.
-Il a raison.
Je demande un avis de recherche.
On ratisse large :
gares ferroviaires, maritimes, aéroports, stations-service.
-Je m'occupe de tout. -Merci.
-Ca peut être n'importe qui
de la région.
-C'est vaste comme zone de recherche.
-On peut pas faire un test ADN
à tout le monde ? -Non.
J'espère que je descends pas d'une lignée de meurtriers.
-Mais non. Et puis l'ADN n'est pas une preuve.
-Si l'avocat le dit.
-Tu as bien été
accusée à tort, toi.
-C'est de famille ?
-Je suis à la bourre !
-Je te dépose ? -Oui, s'il te plaît.
Maman, on est tous avec toi.
-Je les raccompagne.
-Bisou, maman. -Bisou, chéri.
-Soyez prudents.
Allez,
des bises.
A quoi tu penses ?
-Je me sens un peu inutile sans mon travail.
-Je t'aurai un peu plus pour moi.
Téléphone.
-Le juge Delcourt.
-Ca n'aura pas duré longtemps.
-Oui, M. le juge ?
Ah bon ?
D'accord.
Je vous remercie. Au revoir.
On sait à qui est l'ADN.
-Son demi-frère... C'est dingue. Ils se ressemblent pas.
Peut-être le haut
du visage.
-On peut avancer ? -Ah oui ! Pardon.
Alors... Frédéric Dajet, 55 ans,
ancien sous-officier dans la marine habitant Castan depuis 20 ans.
-Tu trouves
quelque chose ?
-Ton demi-frère a fondé
le collectif Castan Vigilant.
-C'est quoi ?
-A Castan, l'oursin est la perle de la région.
L'espèce est menacée
de disparition.
Il y a 2 ans, les autorités ont changé les règles :
réduction de la durée de la saison de pêche
et des capacités d'en récolter
et interdiction de la pêche de plaisance.
-Ca favorise le braconnage.
-Pêcheurs et commerçants pestent contre ces braconniers.
Ils pillent les fonds marins.
-Mais la police nautique manque de moyens.
-D'où le collectif.
-Ils sillonnent la côte et découragent les braconniers.
Et Frédéric Dajet
est leur président.
-C'est incroyable, vous vivez presque à côté.
-Je l'ai peut-être croisé.
-En pleine mer ?
-En mer,
comme notre père, Emile.
-Tu t'es demandé à quoi
il ressemblait ? -Oui, bien sûr.
Je me suis demandé ce que j'avais hérité de lui.
-En tout cas, pas du pied marin.
-Je rêve de faire le tour du monde en bateau.
-C'est pas gagné.
Il va pouvoir te renseigner.
-Sauf qu'il est suspect dans une affaire de meurtre.
Ca va prendre du temps.
-J'ignore comment mon ADN a fini sous ses ongles.
-Il n'est pas arrivé là par magie. -Ecoutez,
Manon sortait avec mon fils. Elle était souvent chez moi.
-Et elle vous griffait ?
Il va falloir être plus coopératif.
Votre fils a disparu depuis deux jours.
-Clément n'y est pour rien.
Ce matin-là, je faisais une ronde
pour repérer des braconniers.
J'ai repéré
un nageur qui faisait des allers-retours.
J'ai attendu qu'il sorte.
C'était Manon.
Elle avait un masque
et un sac rempli d'oursins.
Elle braconnait.
-Continuez.
-Je lui ai demandé des explications.
Elle a prétendu que c'était la première fois.
Je lui ai pris le bras, je pensais qu'elle mentait.
Elle a voulu se dégager...
et elle m'a griffé.
-Et après ?
-Elle est repartie.
Je ne l'ai pas revue. -De toute la journée ?
Vous en avez parlé à Clément ?
-Je l'ai pas vu.
-Que faisiez-vous ce jour-là entre 17 h et 19 h ?
-Je bricolais sur mon bateau à côté du port.
-Il y a un témoin ?
-Non, j'étais seul.
-Je vous mets en examen
et vais demander votre placement en détention provisoire.
...
Capitaine Lin... -Prêts pour la perquisition.
Le portable de Clément a cessé d'émettre
à 16 h à Castan le jour du meurtre.
-1 h avant le créneau du légiste. Et depuis, rien.
Sonnette.
-C'est pour quoi ?
-C'est le juge Delcourt.
-Capitaine... -On voit ça dehors.
-Que cherchez-vous ?
-Nous soupçonnons votre fille de s'être livrée à du braconnage,
d'où son meurtre. -C'est impossible.
Manon n'aurait jamais donné là-dedans.
-Pourquoi ?
-Je vends des oursins sur le marché en saison.
Manon connaissait les règles et elle les respectait, comme moi.
-C'est un manque à gagner pour vous.
Devant certaines nécessités, on revoit parfois ses principes.
-Elle savait ces mesures profitables à long terme.
-Elle a été aperçue plongeant au large.
-Plongeant ? -Oui.
-Non, c'est impossible.
-Pourquoi ?
-Depuis la mort de son père, elle était thalassophobique.
Elle ne pouvait pas nager
là où elle n'avait pas pied.
-Merci.
Alors ?
-Aucun matériel de plongée mais elle a pu cacher ça ailleurs.
-Oui. Possible aussi que Frédéric Dajet nous ait menti.
-Mais pourquoi ?
-Pour nous cacher la vérité. -Et protéger son fils.
-Qui est toujours dans la nature.
-Merci, capitaine. -Merci.
-Il y a quelqu'un ?
-On est là. -Oui.
-Je suis l'avocat
de Frédéric Dajet.
Il a refusé
le commis d'office.
Il était persuadé de pouvoir assurer sa défense tout seul.
-Il sait que tu es son neveu ?
-Non, j'ai dit que j'étais un jeune avocat
miséreux.
-Et il a accepté ? -Oui.
J'ai dit que j'avais ma mère à charge
et qu'elle était veuve de militaire.
-Veuve ! Je te remercie.
-Et maintenant, on a accès au dossier de l'instruction.
-Comment ça, "on" ?
-Un avocat peut avoir ses propres enquêteurs.
-Notamment ses parents.
Pour prouver l'innocence de Dajet, il faut chercher là-dedans.
Frédéric a déclaré avoir vu Manon braconner le matin du meurtre.
-Il m'a pas dit ça.
-Il a dit quoi ? -Il a vu Manon
avec un jeune homme.
...
-Frédéric ?
Vibreur de téléphone.
...
-C'est Clément.
-Non, attendez. Il crie.
-Manon a cru qu'il allait la balancer.
Elle l'a agrippé et l'a griffé.
Elle a promis de tout dire à Clément le jour même.
-Frédéric doit penser que Clément l'a mal pris.
-Il a sans doute raison.
-Il a menti pour cacher le mobile de son fils.
-Il m'a interdit d'utiliser cet argument.
-Comment l'innocenter autrement ? -S'il existe un moyen, on trouvera.
On reprend tout depuis le début. Tiens, tu récupères ça.
-On pourrait décaler la session de ce soir à...
-A... ?
-Euh...
-Aux calendes grecques ?
-La Grèce antique n'est pas au programme.
-Et moi qui ai préparé des fiches détaillées.
-Faisons 1 h sur les 3 ce soir.
-Ludo...
C'est ton bac, c'est pas le mien.
La route est longue...
-Je sais, la montagne, le sherpa... -Au bout, c'est la fierté.
Imagine
quand tu brandiras ton diplôme tel César son glaive.
-La Rome antique n'est pas au programme.
Je voudrais juste
dîner avec Alice.
-Dîner avec Alice ?
Il fallait le dire.
-Là, je le fais.
-Il te faut un contexte familial serein.
-On est d'accord.
-Alors ce soir, c'est détente. -Super.
-Rendez-vous demain, 7 h 30.
-Oui.
Le matin ?
-Je le note ?
-C'est moi qui note pour vous. -C'est vrai.
Donc tu le notes
à demain, 7 h 30.
Du matin.
Ludo parle en anglais.
-Ludo...
...
-Ludo... -Tu m'as fait peur.
-Tu écoutes une conférence ? -Un cours d'anglais par Quiring.
-Ah ouais ? Fais voir.
*Voix de Vladimir parlant anglais.
*...
-Dis donc, il lâche rien.
-Corrigé d'exercice par texto,
interro surprise à la sortie des toilettes, etc.
J'en peux plus et Alice non plus.
-La voix de mon père, c'est pas très glamour.
Solène t'a parlé de Raph ?
-Oui. Il paraît qu'il est chiant.
-Elle est inquiète. -Je vais parler à Raph.
On doit faire front, avec Solène, sinon on n'en sortira pas.
Elle va être sympa, la période qui arrive.
Salut.
-Salut.
-Il était au mouillage.
Il n'a vu personne mais quelqu'un l'a peut-être vu.
-Jusqu'ici, je te suis.
-Les gens ont souvent les mêmes horaires,
les mêmes habitudes, les mêmes trajets.
-Des gens qui passent ici entre 17 h et 19 h,
auraient pu voir ton frère.
-Oui. Il est quelle heure ?
17 heures.
-Bouge pas, j'y vais.
Bonjour, messieurs. -Bonjour.
-J'enquête
sur le meurtre de Manon Torrès.
-Manon... C'est horrible.
-Je travaille pour Antoine Meyer, un avocat.
Vous avez 5 minutes ? -Bien sûr. Dites-moi.
-Alors ?
-Le jour du meurtre,
M. Marival, pêcheur, est arrivé au port à 17 h.
Il a vu Dajet sur son bateau.
Le même M. Marival est reparti du port à 17 h 30, comme chaque jour.
-Tu l'as fait mettre par écrit ?
-Non.
-Le juge nous croira pas.
-Je vais à la papèterie.
-On a encore 1 h 30 à attendre.
-J'achète des huîtres pour patienter.
-Et moi, j'appelle Antoine.
Je vais au club de voile. Et bravo, M. l'enquêteur.
-Au revoir. -Au revoir.
-M. le juge !
-Me Meyer...
J'allais partir. -Je voudrais vous parler.
-Au sujet de Frédéric Dajet ? Dites-moi.
-Alors...
J'ai ici le témoignage de M. Marival, un pêcheur.
Il a vu mon client
entre 17 h et 17 h 30.
Ensuite,
Mme Duclos, dont le fils prend des cours d'Optimist entre 17 et 18 h,
a vu mon client
sur son bateau à 17 h 45.
Voici le témoignage de M. Ben Sahal qui a livré un colis à 18 h...
-Je vais étudier ça. -Très bien. Merci.
Faites les vérifications nécessaires.
-Bien sûr. Merci.
-Bonne soirée. -Bonne soirée.
-Mission accomplie, Frédéric est innocenté.
-Mais son fils est recherché.
-Déjà, tu vas pouvoir faire la connaissance de ton frère.
-Avec un fils en cavale, c'est pas gagné.
-Ca te ressemble pas.
-De ?
-De refuser l'obstacle.
Tu as peur de ce que tu peux découvrir sur tes origines ?
-Non, c'est juste que...
René, c'est mon père. Il m'a élevée.
Il a toujours été là pour moi. J'ai l'impression de le trahir.
-Qu'en dirait René s'il était encore là ?
-Il m'encouragerait, comme toujours.
-Il avait confiance en toi.
-Tu sais ce qu'il disait ?
"Une vérité qui fait mal vaut mieux qu'un mensonge qui réjouit."
-Et une vérité qui réjouit, qu'est-ce qu'il en aurait dit ?
Il y en a un qui a de la chance. -Qui ?
-Dajet. Il va bientôt rencontrer une femme exceptionnelle.
Sa soeur.
Ma femme. -Bien sûr, je vais lui dire ça !
-Si ça suffit pas, j'irai le voir.
-Tu accuses toujours les autres mais ton proviseur a été clair.
-Je suis d'accord avec ta mère.
-Le prof peut pas me supporter. C'est Aurélien qui fout la merde.
Et en espagnol, c'est Aurélien ?
-La prof m'a mal parlé.
-Elle t'a dit quoi ?
-Peu importe. Je ne veux pas qu'il manque de respect aux profs.
-Il y a des profs
pas cool.
C'est pas une raison !
-Laisse, frérot.
-Tu m'appelles pas frérot.
Ecoute quand je te parle.
-Le portable, c'est fini. -T'es folle !
-Sois poli.
-Vous êtes ligués contre moi.
Je me barre.
-Le proviseur
a dit quoi ?
-Insolence, retards, portable.
Il a une dissert' à faire
sur le respect.
-Au moins, il n'est pas harcelé. -Non, mais il devient un tyran.
-Je vais faire à manger. -Ouais ! J'ai la dalle.
Je vais y aller.
On s'appelle. -Salut.
-Salut.
De quoi tu as envie ?
-De tranquillité.
-Maman, c'est quand qu'on mange ?!
-Mets d'abord le couvert !
Une porte claque.
-Respire.
*Morceau de rap.
...
-Il y a quelqu'un ?
Il y a quelqu'un ?
-Que faites-vous là ?
-Clément...
-Vous êtes qui ?
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