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Zulu
...
- Constance !
Claquement de placard.
Où as-tu rangé mes barres de céréales ?
- Il va faire beau, aujourd'hui.
- Oui, bonjour.
- Je sais pas. C'est toi qui les as rangées.
Ou tu les as mangées. - La boîte était pleine.
Et là, j'ai pas eu le temps de petit déj'.
- Prends une banane.
- J'en ai pas envie.
- Une banane.
- Pardon ! Je suis un peu à cran.
- C'est ton rendez-vous ? - Non.
Je n'arrive pas à me faire à l'idée qu'on ne reverra jamais Lola.
- On a arpenté tout le quartier.
On a parlé aux commerçants.
T'as remué les réseaux sociaux. - Et la capitaine Saïdi ?
Elle pourrait nous aider. - Lola est majeure.
La police ne peut rien faire.
- Demande-lui.
Oui !
Donc, faut se faire une raison.
- On continue à en parler autour de nous.
Et au revoir non plus ?
Petit bisou.
"Bonne journée, Constance."
...
Vous avez refait le monde jusqu'à 3h du matin ?
Il est en forme, votre père. - Ses étudiants lui manquent.
J'ai dû faire semblant de m'endormir.
- Avec Solène, ça ne va donc pas mieux.
- Pas mieux et pas clair non plus. Je préfère la laisser tranquille.
Mon éditeur a accepté la dernière version de mon roman.
Maintenant, il va y voir la promo. - Et après, un 3e roman.
- Capitaine. - Bonjour.
- Bonjour. - Un promeneur
a découvert le corps caché
sous les branchages.
C'est ce coup
qui a provoqué la mort.
L'entaille dessine une trajectoire quasi horizontale et la mort
remonte à hier soir entre 22h
et 2h du matin. - C'est la scène de crime ?
- On l'ignore encore, mais il n'a pas été traîné
ou les traces ont été effacées. - Il est jeune.
- 32 ans. Maxime Lafont. C'est le fils de Serge Lafont,
un entrepreneur connu
dans la région. - Les Transports Lafont.
- Oui, c'est ça. Hier soir,
Maxime assistait à une fête pour les 70 ans de son père
à 3 km d'ici.
Il y a été vu pour la dernière fois.
J'ai prévenu la famille. - On a son adresse ?
- Il habitait chez ses parents. - A son âge ?
Je dis pas ça pour vous,
M. le juge.
- Capitaine,
il faut recueillir les témoignages des invités de la fête
et retracer leurs déplacements. Ils sont tous suspects.
- Très bien.
Aboiements.
...
- Il y a 40 ans, il a repris un entrepôt avec des camions
et il est devenu le leader du fret dans le sud de la France.
- Il veut qu'on le sache.
Quelqu'un frappe. La porte s'ouvre.
- Bonjour.
Boris Delcourt, juge d'instruction.
Constance Meyer qui m'assiste. - Bonjour.
- Nous avons des questions à vous poser.
- Euh...
Bien sûr, oui. Asseyez-vous,
je vous en prie. Je suis François, le frère de Maxime.
Voici Caroline, ma mère,
et Sophie, mon épouse.
- Vous savez ce qui s'est passé ? - Non, pas encore.
- Maxime habitait ici.
Ca ne vous a pas inquiétés qu'il ne rentre pas ?
- Maxime était imprévisible.
- Dans quel sens ?
- Il pouvait disparaître plusieurs jours sans prévenir.
On ignorait ce qu'il faisait. - Il était fragile.
Dès l'adolescence, il a développé des phobies,
des terreurs.
Il avait parfois besoin de s'isoler des autres.
- Je vous accompagne à votre chambre.
- Quand l'avez-vous vu pour la dernière fois ?
- Vers 21h, je crois.
- Vous avez dit qu'il était ivre. Ca lui arrivait souvent ?
- Je ne sais pas.
Parfois... Enfin, peut-être.
Vous savez,
on se voyait très peu.
J'habite Marseille. Je viens ici pour travailler avec mon père.
Lui, il reste dans sa dépendance.
Il fait ses trucs. - Vu son état
à la soirée, il aurait pu avoir un différend
avec un invité ? - C'était pas son genre.
C'est quelqu'un de discret.
Je l'ai perdu de vue pendant la soirée.
- On peut voir
son logement ? - Bien sûr.
Oui.
Suivez-moi.
- Vous avez des caméras ?
- Normalement, oui. Mais la propriété
est en travaux et le système de sécurité est HS.
Moteur de tondeuse.
...
- Nadia, vous pourriez
m'aider ?
- Papa.
Les juges d'instruction sont là.
Je serai en bas.
- Je lui ai offert quand il avait 10 ans.
Avec, on avait fabriqué un arc et des flèches.
- M. Lafont ?
Votre fils
avait des ennemis dans les affaires ?
- Maxime n'avait aucun goût pour le business.
Il travaillait parfois à l'atelier mécanique.
Nous, on assurait le reste. - Et hier soir,
vous avez vu quelque chose ?
- Après le discours, je ne l'ai plus vu.
- Le discours ?
Musique au piano. Brouhaha.
... ...
Tintements.
- Mes amis, mes amis !
Ce ne sera pas long.
Approchez-vous. Si vous êtes ici,
c'est que chacun,
de près ou de loin, a participé à l'aventure Lafont Transports,
l'oeuvre de ma vie.
Rires.
Je remercie mon fils François
dont la vision a permis
de hisser la société à la pointe du secteur.
Pour ma part,
il est temps de rendre ce qu'on m'a donné
et de me consacrer
à ma famille.
Je prends ma retraite.
Brouhaha. Et l'aventure
n'est pas finie.
Je confie Lafont Transports
à mes 2 fils, François et Maxime.
- Bravo ! Applaudissements.
...
Musique dissonante.
- Vous lui laissiez l'entreprise,
malgré son manque
de goût pour le business ?
- François aurait dirigé l'entreprise,
mais Maxime en aurait été
propriétaire à 50 %. - Et dans sa vie privée,
Maxime avait-il des problèmes ?
- C'est un garçon tourmenté et solitaire.
Il ne se confiait pas beaucoup.
- Les photos,
les vidéos des invités, j'ai demandé à Nadia
de tout récupérer.
- Bien !
- M. le procureur, ça va ? - Non, j'ai fait de la paperasse.
La justice va finir étouffée
par la bureaucratie.
Je préférerais faire un autre métier.
- Comme prof ?
- Là-bas, c'était vivant, pas comme dans ce mouroir.
- Donnez des cours particuliers.
- Non, je suis fait pour de grands auditoires, pas pour aider
à bricoler des antisèches
la veille d'un exam. Boris, je te mets ta dose, ce soir,
au bowling. - Non, pas ce soir.
- Tu ne pourras pas
te défiler éternellement. Tu l'auras, ton humiliation.
- Il doit être fatigant au quotidien.
- Epuisant.
- On reprend. Sur les attributions de la chambre
de la cour d'appel, en 1, pochette...
bleue...
pour les demandes de réouverture d'informations judiciaires.
En 2, pochette...
rose...
Pour les renvois devant la chambre d'instruction et en 3, pochette...
Verte !
Pour les dépassements des délais légaux,
sauf... - Sauf, sauf, sauf...
Sauve qui peut !
- Sauf urgence.
On repasse en 1, mais pochette jaune,
car "soleil" : "urgence".
- "Urgence" : jaune.
OK. Comment je sais si c'est une urgence ?
Fanny, aide-moi ! Quiring va m'envoyer un scud.
- Comme une détention provisoire
lors d'une instruction pour meurtre.
- Ou la saisine d'un avocat pour vice
de procédure. - Voilà.
- Dis-toi bien
que même si tu fais tout parfaitement, Quiring se plaindra.
- Merci.
Merci.
- Voilà !
Bon courage !
Il a un problème
parce qu'il faut tout revoir, même les couleurs.
Oh !
Purée ! Il est daltonien ?
Aspiration.
- Vous buvez
pendant le service ? - Pas du tout.
C'est une infusion jus de bleuets, verveine, lavande.
Ca doit relaxer.
- Ca marche ?
- J'espère, au prix que ça coûte.
- Et sinon ?
- J'ai fait ce que vous m'avez demandé.
J'ai récupéré le matériel photo et vidéo de la soirée.
Il y en a une qui a attiré mon attention.
C'est juste après le discours de Serge Lafont.
- Qui sont-elles ? - Non, regardez derrière.
Elle, c'est Pauline Calbert,
l'assistante de Serge Lafont.
- Ils ont l'air proches.
Ils ont une relation ?
- Si c'était le cas,
ça ne se passait pas bien.
- On va la voir.
Merci. - De rien.
- Capitaine ! - Oui ?
- Vous en aurez besoin.
- Merci.
- Nous avons eu des mots. Rien de bien méchant.
- Vous aviez
une liaison avec lui ?
- Moi et Maxime ? Non.
Je l'ai rencontré quand il n'était qu'un gamin.
- Et donc ?
- Pour vous dire la vérité, hier soir, il avait beaucoup bu.
L'alcool ne lui réussit pas.
Il m'a fait
des avances. J'ignore ce qui lui a pris.
- Je vois.
Et après votre discussion,
qu'avez-vous fait ?
- J'étais franchement mal à l'aise. J'avais peur qu'il insiste.
Je suis rentrée chez moi.
- Quelqu'un peut
en témoigner ?
- Non.
Je vis seule, si c'est votre question.
- Maxime n'a pas insisté ?
- Non.
- Merci, Mme Calbert.
Restez à la disposition de la justice.
- Bien entendu.
- J'ai du nouveau.
- Oui ? - J'ai les fadettes
de la victime.
Il était plutôt solitaire,
isolé.
Pas d'appels, pas de messages et pas d'échanges avec Pauline.
- Pauline Calbert
n'a pas menti. - Mais quelque chose m'a intriguée.
Ca date d'hier soir, entre Maxime et un numéro
qui n'est pas enregistré.
- Maxime écrit : "Tu peux venir. Je t'attends devant la propriété."
Réponse : "Appelons-nous plutôt demain."
"S'il te plaît. C'est important." "OK. J'arrive."
- C'était à 21h40,
juste après sa discussion avec Pauline.
- Un rendez-vous amoureux ?
- Pas impossible.
- Il n'est pas si solitaire que ça.
- Le détenteur de la ligne s'appelle Anaïs Saule.
Elle vit dans un lotissement
à 20 km de la demeure des Lafont. - On y va ?
- On y va.
Sonnette.
Geignements du bébé.
Sonnette.
- Mlle Saule ?
- Oui. Entrez.
Babillements.
- Boris Delcourt, juge d'instruction.
- Bonjour. - Constance Meyer.
- Bonjour.
- C'est à quel sujet ? - On a une mauvaise nouvelle.
On peut rentrer ?
- Allez-y.
- Maxime Lafont est décédé.
- Ah bon ? Que s'est-il passé ?
- Il a été tué
hier soir.
Geignements du bébé.
...
On peut se parler tranquillement ?
- Oui. Désolée pour le désordre.
Le bébé pleure.
*Berceuse.
...
J'ai rendez-vous chez le pédiatre dans 20 minutes.
- Ca ne sera pas long.
- Je ne l'ai vu qu'une fois dans ma vie.
- Pourtant, quand il vous envoie un texto hier à 9h du soir,
vous accourez. - On ne vous juge pas.
Vous aviez une histoire avec lui ?
- Non, pas du tout.
Nos pères se connaissaient, en fait.
- Expliquez-nous.
- Ils étaient associés il y a longtemps.
Et mon père, Dominique Saule, est mort quand j'avais
2 ans.
- Et vous ne l'avez vu qu'une fois ? - Oui.
Il est venu ici il y a 3 mois après la mort de ma mère.
Il a regardé l'appartement, le bébé dans le berceau
et il était furieux que je vive ici.
- Pourquoi est-il venu ?
- Ca, j'ai pas bien compris.
Il m'a même donné 2 000 euros en cash.
Il m'a laissé son numéro.
Je pouvais l'appeler en cas de besoin.
Pleurs du bébé.
- Attendez.
- Vous avez pris l'argent ?
- Oui.
Il avait insisté et moi, j'en avais besoin.
Je suis seule, ici.
- Et après, plus de nouvelles. - Non,
jusqu'à hier soir.
Il voulait me voir, mais sans me dire
pourquoi.
Avec la somme qu'il m'avait donnée, je me voyais mal refuser.
- Et que s'est-il passé ? - En fait,
je ne l'ai pas vu. J'ai attendu. Il n'est jamais venu.
Il ne répondait pas au téléphone.
- Vous n'êtes pas allée le chercher à l'intérieur ?
- Je n'ai pas osé.
Il y avait l'air d'avoir une fête.
Quelqu'un fouille.
...
Cliquetis d'un clavier.
- Venez voir, Ludovic. Dites-moi ce que vous en pensez.
- "Magistrat expérimenté
"donne cours de droit entre 19h et 20h au palais
"de justice. Pas sérieux, s'abstenir."
- Un conseiller efficace.
- Mouais ! J'aurais dit "pète-sec".
- Comment ça ? Ce n'est pas un site de rencontres.
Allez ! Je poste !
Clic. *Signal.
- Vous pouvez voir en direct
le nombre de gens qui consultent l'annonce.
- Je suis à combien ?
- Zéro. Personne.
- Ah ?
- Vous venez de la mettre.
- Oui, mais...
Vous avez préparé le dossier pour la chambre d'appel ?
- Le bleu, en premier.
Les informations juridiques.
- "Judiciaires". "Les informations ju-di-ciaires."
- Désolé.
Sonnerie de téléphone.
- Oui, Antoine.
Oui, je t'écoute.
Quoi ?
T'es sûr ?
On se retrouve à la maison.
Je t'embrasse.
Moteur d'un deux-roues.
...
- J'ai vendu
45 m2 de panneaux solaires en une seule journée.
Le mec, avec sa baraque, il éclairera tout Marseille.
Ca ne va pas ?
- Antoine a une amie avocate dans une association de réinsertion.
Il lui a parlé de Lola.
- Et... ?
- Elle est recherchée par la police.
Elle a été condamnée il y a 1 an.
Elle a pris du sursis avec mise à l'épreuve pour vol et a été placée
en foyer.
- Mais attendez ! En foyer ?
Mais pourquoi ? - En fait, elle est
mineure.
- Elle a disparu des radars depuis un mois.
Elle ne pouvait pas signer avec le garagiste,
d'où son départ.
- Ce n'est pas toi
qui l'as fait fuir.
C'est déjà ça.
...
Il frappe.
- J'ai vu la lumière. Que fais-tu encore là ?
- Et toi ?
- Moi, je...
Je profite du silence du palais pour questionner mon ego.
- Pareil.
Ca donne quoi, de ton côté ?
- Un magistrat plus tout jeune qui cherche un second souffle.
Et toi ?
- Un juge et un écrivain en devenir incapable de savoir ce qu'il veut.
- J'ai croisé Solène.
Elle n'a pas bonne mine.
- Je devrais lui parler.
Mais dès que j'essaie d'arranger les choses,
je fais plus de mal que de bien.
- Tu sais ce qu'on va faire ?
On va en discuter
autour d'un verre.
Un vieux magistrat et un romancier paumé...
dans un bar désert...
Ca pourrait être le début d'un bon film.
- Allons-y.
- Allons-y !
- Je verrai ça plus tard.
- Constance !
- Bonjour, M. le juge.
- Vous avez travaillé cette nuit ? - Une partie de la nuit.
C'est le dossier d'enquête sur la mort de Dominique Saule,
le père d'Anaïs.
Il est décédé il y a 20 ans après une chute du 5e étage.
- Que dit l'enquête ? - Son associé, Serge Lafont,
a été soupçonné de l'avoir poussé.
- Pour quel mobile ? - Financier.
Saule, majoritaire, voulait vendre ses parts.
- Lafont a racheté ses parts ?
- A la veuve et il a fait fortune après.
- Bouh ! - Il n'est pas bon ?
- Non, mon père m'a fait boire 2 whiskies hier soir.
J'aime pas ça.
J'ai encore le goût dans la bouche.
- La coloc n'est pas de tout repos.
- Ah non !
- Essayez la boisson relaxante de Nadia.
- Ah oui, tiens !
Allez-y ! Reprenez.
- Lafont avait un alibi
à l'heure de la mort de Saule corroboré par 2 témoins.
Il était chez lui en train de jouer aux échecs avec Maxime,
12 ans, à l'époque.
L'enquête a conclu à un suicide. Il avait des soucis financiers.
- Et l'autre témoin ?
- Pauline Calbert, déjà assistante de Lafont.
- Donc, son assistante et son fils de 12 ans.
Lafont aurait fait pression sur eux ?
- Si c'est le cas,
Maxime a dû supporter ce poids toutes ces années.
- Maxime passe
des années à vivre avec un secret qui le ronge.
A la mort de la mère d'Anaïs,
il veut se racheter et avant-hier soir,
suite à l'annonce de son père, il boit.
- Trop.
- Sa culpabilité l'étouffe.
- Le couvercle saute.
- Chez lui, il révèle à Anaïs
que son père a été assassiné
et que le meurtrier s'en est sorti grâce à son mensonge.
Anaïs explose
et le frappe à la tête.
- Maxime Lafont a envoyé
un message à Anaïs
à 21h40 et il faut 30 mn
en voiture pour Anaïs pour aller chez les Lafont.
- Donc, elle arrive à 22h10. Sa voisine a témoigné qu'elle était
chez elle à 22h55.
Elle n'a pas le temps de parler à Maxime,
de le tuer et de transporter le corps.
- Elle a dit la vérité. Elle ne l'a pas vu.
- Non.
- Il faudrait
la version de Serge Lafont
sur la mort de Saule.
- Il dira ce qu'il y a dans le dossier.
En revanche, les faux témoignages pourraient être
le sujet de conversation entre Pauline et Maxime.
- Pourquoi me faites-vous
revenir ? - S'il vous plaît !
Soupir.
Dominique Saule,
ça vous dit quelque chose ?
- Oui.
C'était l'associé de Serge il y a longtemps.
- On a lu le dossier.
20 ans après,
Maxime voulait révéler la vérité
sur les circonstances de sa mort.
N'est-ce pas ?
- Même s'il y a prescription,
si la chose avait été rendue publique...
- Votre carrière, votre réputation...
- Que racontez-vous ?
- Selon vos déclarations,
après votre entrevue avec Maxime,
vous êtes rentrée chez vous.
- Oui, c'est ça.
- Vous l'avez croisé dans le jardin.
Il était sorti prendre l'air pour dessaouler.
Vous vouliez le persuader
de ne pas parler et ça a dégénéré. - Attendez !
C'est vrai que j'ai fait un faux témoignage pour couvrir
mon patron, mais je ne suis pas
une meurtrière.
Brouhaha et rires.
...
Musique au piano.
...
- C'est pas ton truc, les mondanités.
Lève le pied sur l'alcool et va te reposer.
- Ca sert à rien. Je n'arriverai pas à dormir.
T'arrives à dormir, toi ?
Ne t'inquiète pas.
Je peux te virer, maintenant que j'ai
50 % de la boîte. Je donne pas dans le chantage.
Pas comme mon père.
- Qu'est-ce que tu racontes ?
Tu devrais aller te coucher.
- Je ne veux pas de Lafont Transports.
J'en ai marre de vivre dans le mensonge.
Je vais parler, Pauline.
- Qu'est-ce que tu racontes ?
Ca ne changera rien. Ca va briser des vies.
- Mais ça sauvera peut-être la mienne.
Il faut
que je répare.
Tu comprends ?
- Vous avez prévenu Serge ?
- Ca aurait servi à quoi ?
Maxime change difficilement d'avis.
S'il avait parlé, j'aurais parlé aussi.
Je n'en peux plus de ce fardeau.
- Mme Calbert, je vous mets en examen
dans le cadre de l'enquête sur la mort de Maxime Lafont.
...
Soupir.
*Signal SMS.
Jingle d'apparition du message.
- "Bonjour, je m'appelle Augustin.
"Je suis en licence de droit pénal. J'ai besoin
"de me perfectionner afin de préparer mes partiels.
"Bien à vous."
Yes !
Sonnerie de téléphone.
- Oui, M. Weiss.
Vous ne me dérangez pas du tout.
Je viens de finir un roman.
Eh bien, le prochain... Non, je n'y ai pas du tout pensé.
10 pages ?
Ca ne s'écrit pas comme ça.
Vous voulez profiter de la promotion pour démarch...
Mais je ne vais pas écrire n'importe quoi.
Maintenant ? Mais ce n'est pas possible.
Non !
Ce n'est pas possible.
Vous comprenez quand je vous dis non ?
Allô ?
Allô !
Musique de western.
...
Tu veux 10 pages ?
Je vais t'en faire 100, tiens !
Bonne lecture !
Musique qui monte en puissance.
...
Bonjour, Solène. Je repasse ce soir chercher des affaires.
Bisou. Bip.
"Bisou".
- M. le juge,
vous vous y êtes mis ? C'est efficace ?
- C'est pas flagrant. - Vous avez une minute ?
- Oui, même plus. Dites-moi.
- Pauline Calbert avait l'air soulagée de dire
la vérité.
- Ca ne l'empêche pas de l'avoir tué.
- Hum !
Si Maxime voulait faire exploser la bombe de l'affaire Saule,
un autre avait aussi intérêt à le faire taire.
L'image des Transports Lafont aurait été entachée,
sans parler du nom de Lafont.
- Le père ?
Il a discuté avec de nombreux témoins jusqu'à 2h du matin.
Ca multiplie les alibis.
- Il est 22h quand Serge croise Maxime pour la dernière fois.
Ensuite, il rejoint les autres pour une photo de groupe.
- C'est court.
- Pas tant que ça.
La photo en question a été prise à 22h34.
Qu'est-ce qu'a fait Serge
pendant 30 mn ? - Il n'a pas pu tuer son fils,
transporter le corps
et revenir.
- Le corps n'a pas forcément été transporté
dans la foulée.
*Signal SMS. - Excusez-moi.
- Parlez-lui !
Ca évite les malentendus.
- Non. Là, c'est clair.
- Elle a besoin de réponses.
C'est à vous de les lui donner.
- Mon père me l'a dit aussi l'autre soir.
- Pour une fois, il a raison.
Aboiements.
...
- Entrez. Je vous en prie.
- Merci.
Une horloge sonne.
...
- Vous avez du nouveau ? - Peut-être,
mais on a besoin de vos éclaircissements.
C'est bien ici que vous avez vu Maxime
pour la dernière fois ? Après, il est sorti faire un tour.
- Oui. Je lui ai rappelé la photo.
Il m'a dit qu'il revenait. - On vous voit beaucoup
sur les photos. Normal ! Vous étiez le roi de la soirée.
Mais entre 22h et 22h34,
on vous trouve
nulle part.
- Je ne vois pas. Où voulez-vous en venir ?
- Pauline Calbert
a avoué un faux témoignage
ainsi que votre fils il y a 20 ans
pour vous couvrir.
Maxime voulait le révéler.
- Vous l'avez laissé porter
ce poids tout ce temps ?
- De quoi vous parlez ? - On enverra le P. -V. d'audition
de votre assistante à votre avocat.
Une porte grince.
Maxime ne peut plus parler.
- Serge !
Un problème ? - Tout va bien.
Les juges ont besoin de précisions.
Je m'en occupe.
- Donc, M. Lafont ?
- Parlons-nous dans le bureau.
- Bien sûr.
- Suivez-moi.
Tout s'est passé ici.
Musique au piano.
Max !
Ca va, mon grand ?
On va faire la photo de groupe.
Passez-vous de moi
pour le cliché des faux culs. - Fais-toi violence, pour une fois.
- Ca fait
une vie que je me fais violence.
J'en ai marre.
- Moins fort ! - Pardon !
Désolé. Je parle trop fort ?
Je vais gâcher la fête ?
Parce que tu as peur
que ton gentil fils déballe à tout le monde qui tu es ?
- Viens avec moi.
Il sert un verre.
On va faire cette photo et après,
tu te couches.
Tu es fatigué.
- Les photos, c'est ça ? Les apparences,
le fric, il n'y a que ça
qui te fait vivre.
Comme cette baraque et ses dorures !
Regarde ce grand musée
à ta gloire !
C'est juste pour cacher la merde ! - Tais-toi !
- 20 ans
que je me tais !
Ton empire s'est construit
sur un cadavre.
Comment t'as pu faire ça ? - Toute sa violence,
toute sa rage est ressortie d'un coup.
J'ai fait ça pour vous.
Pour que vous ne manquiez de rien.
- C'est ça ! Va faire ta photo !
J'ai rendez-vous avec Anaïs Saule, la fille de Dominique Saule.
J'ai des trucs à lui dire.
- Max !
Max !
J'étais paniqué.
S'il parlait, tout le monde allait souffrir.
J'ai pris le 1er truc sous la main.
- Vous l'avez frappé avec un club de golf ?
- Oui.
- Décrivez-nous la scène.
Maxime était là. C'est ça ?
Comment l'avez-vous frappé ?
- Comme ça ? Vous êtes sûr ?
- Je crois. Je ne sais plus.
Soupir.
- Maxime a été frappé quasiment
à l'horizontale. Ca ne correspond pas
au geste du père.
- Il n'a plus un souvenir clair de la scène.
- Ou il a refusé de s'en souvenir. *Signal SMS.
- Nadia et la PTS
seront là dans l'heure. - Et s'il savait ?
François ! Pour l'affaire Saule !
Le fait que Maxime allait parler.
- Expliquez-vous.
- François
est un bon fils.
Le fils, celui qui marche dans les traces
de son père, contrairement à Maxime, son frère.
Il a toujours été au service de son père.
Il est même son bras droit.
Il aurait pu vouloir empêcher son frère de révéler une vérité
qui aurait jeté
l'opprobre sur la famille ?
M. Lafont !
Nous aimerions nous entretenir avec vous.
Seuls,
s'il vous plaît.
- J'arrive.
Que va-t-il se passer pour mon père ?
- Pour meurtre sur un descendant direct,
on requiert la perpétuité.
- C'est pas vrai.
- Il devra assumer, cette fois-ci.
- Comment ça, "cette fois-ci" ?
- Vous ne saviez rien de tout ça ?
- Rien.
Ca explique tellement de choses sur Maxime.
- Il y a une chose qu'on ne s'explique pas.
- Votre frère a reçu un coup
porté horizontalement.
Ca ne correspond pas
à la façon dont votre père
a décrit son geste.
- Arrêtez la spirale du mensonge.
Ca a détruit votre frère.
Ca détruit toute votre famille.
La malédiction doit s'arrêter.
- Il allait le tuer.
Papa !
Maxime ! On vous attend.
Dispute.
- Papa !
...
- Maxime ! Qu'est-ce que tu fais ? Lâche-le !
Lâche-le, je te dis !
- Te mêle pas de ça !
Geignement.
Serge tousse.
...
- Il est mort.
Musique triste.
...
- Mon père m'a dit qu'il s'occupait de tout.
Il a emporté le corps quand tout le monde est parti.
Il a nettoyé le bureau...
pour me protéger.
...
On frappe.
- Augustin, enchant...
Ludovic ?
Vous avez oublié
quelque chose ?
- Non, je...
Augustin, c'est moi.
Au moins, niveau fournitures, je suis au point.
- Merci, Ludovic, mais s'il y a une chose que je déteste,
c'est la pitié.
- Laissez-moi vous expliquer, Vladimir...
M. le procureur.
Je ne fais pas ça pour vous.
Mais pour moi.
Je ne comprends rien à ce qui se passe ici.
J'ai quitté l'école à 16 ans.
Je suis passé à côté de plein de choses.
Si j'avais continué, vous auriez moins de reproches à me faire.
- Vous me connaissez, Ludovic. Vous savez comment je suis.
- Ben, justement !
- Asseyez-vous.
- Merci.
- Puisqu'il faut reprendre à zéro, commençons par les bases.
Aristote, Platon, les pères de la philosophie du droit.
Sablier.
- Sablier.
- "Lorsque les hommes sont amis,
"la justice n'est pas nécessaire.
"Mais quand ils sont justes,
"ils ont encore besoin de l'amitié."
- C'est beau.
- C'est Aristote.
- Waouh !
Une porte s'ouvre.
- T'es déjà là ?
- Ben, oui.
- J'allais partir.
- Tu ne me déranges pas.
Sonnerie de téléphone.
...
Ben, réponds.
- Non, c'est Weiss. Il doit être fou de rage.
...
- Pourquoi ?
- Je lui ai envoyé un livre blanc.
- Comment ça ?
- 100 pages blanches.
Plus de promo, plus de romans.
Etre un auteur de bestsellers, je m'en fous.
- Ce n'est plus ton rêve ? - Je ne veux plus être une machine
à écrire.
Si c'est pour être un écrivain frustré, non.
- Je ne veux pas que tu choisisses entre nous et l'écriture.
- Je sais.
- Je t'ai encouragé à écrire. - Tu as très bien fait.
Mais à vouloir tout gérer, je me suis perdu.
J'ai tout foutu en l'air.
- Nous deux, c'est foutu ?
- Non.
Ce n'est pas ce que je veux dire.
Enfin...
Toi, tu en penses quoi ?
- Je ne sais même plus pourquoi on en est là.
- Moi, je sais.
J'ai été égoïste.
Je n'ai pas pris soin de toi.
Si tu veux bien me pardonner,
on pourrait tout effacer.
- On repartirait sur une page blanche ?
- Hum !
Cette fois-ci, ça ferait un beau roman.
Et on l'écrirait ensemble.
Musique paisible.
...
Gazouillis.
Musique intrigante.
...
- Tu cherches ça ?
- Pardon !
Je remets tout.
- Lola, tu fais quoi, là ?
Tu veux t'enfuir encore ?
- Laisse-moi !
- Tu veux vivre comme ça ?
Fuir, voler, te cacher, recommencer ?
- Je devrais faire quoi ? Toi, tu risques pas la prison.
- Mais je suis au courant.
T'as l'occasion de t'en sortir. Choisis la bonne direction.
C'est maintenant.
Si tu pars, ce sera trop tard.
- Tu peux lui faire confiance, non ?
Tu dois croire en toi.
L'envie de t'en sortir, on ne peut pas l'avoir
à ta place, mais on peut trouver des solutions : un bon avocat.
Pour le reste, c'est toi qui vois.
Musique dramatique.
...
- Allez !
...
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