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...
-Ca va, là ? -Oh là là !
J'étouffe, là.
-C'est quoi, ça ? -Une écharpe
de portage pour bébé. -C'est un mec qui a inventé ça.
Je sais pas par où l'attraper.
-Je viens de me faire engueuler. -Que se passe-t-il ?
-J'ai eu le DRH de la mairie. -Alors ?
-Une caricature, une insulte à l'intelligence.
-Et...
-Il a été très clair. "Les pelleteuses débarquent demain.
"La population a besoin d'un parking, pas d'un square.
"Laissez tomber."
-Quoi ?! Attends, papa, tu ne seras pas là demain ?
-Bien sûr que je serai au sit-in citoyen.
Mais après ça, je sais pas
si on me gardera.
-Manifester sans autorisation est une infraction.
Les flics vont vous embarquer. -Maman,
si on ne fait rien,
on est tous foutus. -Sans ton père, alors.
-Je serai là.
-Mon héros.
Oh, mon bébé.
On va faire une promenade.
-Un sit-in citoyen ! Tu n'as plus 14 ans.
T'es sérieux ?! -Oui.
A un moment, il faut savoir faire
des choix.
-Et tu crois que c'est le moment de perdre ton boulot avec le bébé ?
Ca donnera à la mairie une bonne excuse
pour te virer.
Bon, aide-moi.
Hop !
-Y a une notice ?
-Ben oui.
-Tu l'as lue ? -Ben non.
-Tu t'en vas ? -Il y a une scène de crime.
Et bonjour. -Oui, bonjour.
Tu pourrais me rendre un service ? -Je crains le pire.
-Préviens Milena que je n'irai pas à l'Opéra.
-Dis-lui toi-même. -Non, tu dois m'inviter.
Une soirée mecs, tu vois, pizzas, film.
Un truc incontournable.
-C'est bizarre. -Mais non.
C'est une nécessité.
Tu le feras ?
Je compte sur toi.
-C'est ça, les trois générations réunies. On peut pas rater ça.
Solène ?
Chez sa soeur.
Je suis désolé, Milena, je m'y prends au dernier moment.
*-Bon, c'est vraiment dommage.
-J'arrive, Constance.
Je dois raccrocher.
*-Passez une bonne soirée. -D'accord.
Merci, au revoir.
-Ca va, M. le juge ? -Oui, très bien.
-M. le juge. -Capitaine.
-Alors, la victime s'appelle Alexia Neola,
35 ans, professeur de self-défense.
Elle avait fondé cette association.
-Le mode opératoire ?
-Elle a été étouffée
après un placage ventral
hier à 19 h.
-Il faut savoir se battre pour tuer une prof de self-défense.
-Oui. Elle donnait des cours
hier soir ? -Oui, ils se sont terminés à 18 h.
-Qui l'a trouvée ?
-La femme de ménage.
La porte de la salle était ouverte.
-Pas d'effraction. -Aucune.
On va auditionner
les élèves. -Bien.
-De la famille ?
-Oui, un fils de 12 ans, Lucas.
-Il sait ? -Oui.
Il est sous le choc.
Il a attendu sa mère toute la nuit.
-Il n'a appelé personne ? -Il est
de père inconnu.
-Pauvre gosse. Il est où, là ?
-Chez lui en attendant d'aller en foyer.
-Bonjour, Lucas.
Tu sais
qui nous sommes ? Je vais te poser
des questions.
Quelqu'un voulait du mal à ta maman ?
Elle avait changé ?
Elle avait des soucis ?
-Ca m'énerve !
-J'adorais le Meccano.
C'est encore à la mode ? -Moi, j'aime bien.
-Ca me captivait.
Je pensais à rien, j'oubliais tout.
-Moi aussi, ça me vide la tête.
-Le moindre détail peut être une piste.
-Selim et maman, ils se sont quittés.
-Selim, c'était son compagnon ?
-Il est venu plusieurs fois ici et puis, elle m'a dit que c'était
fini.
-C'était quand ?
-Il y a 2 semaines.
Elle avait la trouille.
-Comment ça ?
-Elle vérifiait si elle avait fermé à clé.
Elle me disait de faire attention dans la rue, de parler à personne.
C'était nouveau.
-Tu le trouvais comment, Selim ?
-Gentil, je l'aimais bien.
-Merci, Lucas.
...
-Selim Ben Abdala, secouriste à la Croix-Rouge, 35 ans. On dénombre
près de 40 appels en 15 jours avec Alexia.
Le soir du crime, son téléphone a borné
près de la salle. -Ben voilà. Vous nous le ramenez.
-On l'a déjà interpellé.
-Merci, capitaine. -A plus.
-On l'auditionne ?
-Je préfère briefer le procureur. -C'est pas un peu prématuré ?
-J'arrive.
-D'accord.
-Alors, Milena ?
-La prévenir le matin pour le soir
et lui baratiner une soirée entre mecs,
franchement ! -Ah, elle t'a pas cru ?
-Je sais pas.
-J'en étais sûr !
Tu ne sais pas mentir.
-Je rêve ! Venant d'un proc...
-Je suis blessé.
-Parle-lui. Tu devais le faire.
-Oui, mais comment
lui dire ?
Je me fous des expos, des concerts, du cinéma.
Moi, je veux boire un verre de vin devant la télé.
De toute façon, elle va bien finir par se rendre compte que...
Que je suis...
Trop vieux.
-Ou pas.
Parle-lui.
-Comment ? -C'est pas
ma femme.
Tu la connais.
Et je te couvrirai plus.
-Tu me lâches ?
-Non, je t'éduque.
Je t'éduque.
-"Je t'éduque."
*-Se débarrasser d'une attaque
*avec strangulation.
-Ca fait mal.
-Ca étouffe surtout. Si celui qui fait la prise reste
en compression quelques secondes de trop, la victime ne peut plus
respirer.
-On y va,
Constance.
-On s'est rencontrés il y a 6 mois.
Je lui avais prêté mon téléphone.
-Comment
était-elle ?
-Sur la défensive.
Après, elle s'est montrée adorable,
généreuse.
Avec une réelle
maîtrise de soi. -Que s'est-il passé ?
Vous avez mal pris sa rupture ?
-Je n'aurais jamais pu lui faire de mal. Je sauve des vies.
-Vous étiez insistant.
Au regard des 34 appels passés depuis votre rupture.
-C'était elle.
Je la rappelais quand je pouvais.
-Votre portable
a borné à proximité de la salle de combat hier soir.
-Vous vous trompez.
Elle n'acceptait pas notre séparation.
-Comment ça ?
-Alexia voulait que je vienne habiter chez elle.
-Mais vous, non ?
-Elle attendait
beaucoup de moi.
C'est compliqué. Je suis divorcé,
père d'une fille.
Je suis pas encore prêt à m'investir.
J'ai besoin de temps.
-Vous n'aviez pas les mêmes attentes.
-Pourquoi
la rappeler ? -Elle se sentait suivie,
surveillée. -Depuis
quand ? -Je sais pas.
15 jours.
J'étais persuadé qu'elle inventait ça
pour que je reste
avec elle.
Arrête avec ça, Alexia.
Personne ne te veut du mal.
Regarde-moi.
Tu inventes ça
pour continuer de me voir.
-Tu crois vraiment ?
Je suis trop fière.
J'avais confiance.
Tu as bien fait de me quitter, tu ne me connais pas.
Je me débrouillerai
seule.
Comme j'ai toujours fait.
-Je suis désolé.
Elle n'a pas cherché à me retenir.
Je l'ai pas crue.
J'ai pas cru qu'on voulait lui faire du mal.
-Vous étiez présent sur le lieu du crime
et à l'heure du crime.
Je vous mets en examen.
-Je comprends.
-Chérie, tu dois me croire. Boris a tellement insisté.
Alors que La Traviata, j'adore.
Je me damnerai pour La Traviata.
-Tu survivras ?
-A quoi ?
-A cette soirée.
-Ah. -Et Raphaël
a école demain.
-Bien sûr.
-Ta place.
Je vais
trouver quelqu'un.
-Ah bon ?
-C'est plus sympa.
-Qui ?
-Tu me poses un lapin et tu oses
me demander ?
Bonne soirée.
-Toi aussi.
-Oh, Milena.
Ca va ?
Vous êtes interprète sur quel dossier ?
-Un gros dossier.
Mais le principal protagoniste m'évite un peu en ce moment.
-Celui qui occupe des fonctions importantes au Palais de Justice ?
-Et avec du caractère.
-Ca a son charme.
-Oui.
-Milena n'a pas l'air très en forme.
-Mon père a enfin dû lui parler. -De quoi ?
-Bon... Il craint de la perdre à cause de leur différence d'âge.
Il lui a encore menti pour ne pas sortir
avec elle ce soir. Milena a dû vous le dire, non ?
-Non.
-Ah bon ?
-Bon, une chose me chiffonne.
-Une ?
-Le sentiment d'insécurité d'Alexia remonte à il y a 15 jours.
Pourquoi aurait-elle joué la comédie
avec son fils ?
J'ai relu les interrogatoires
des élèves d'Alexia. Permettez.
Selon leurs dires...
Une certaine Clémence Lavendi aurait été virée du cours d'Alexia
et l'aurait menacée.
-On va tous se mettre là en chaîne humaine, en se tenant par la main.
-Tu crois que ça les arrêtera ?
-Ca va mal à la mairie ?
-On m'évite.
-Quoi ?
Attends, des arbres qui donnent de l'oxygène
plutôt qu'un parking,
quand même !
-Ceux qui n'habitent pas le quartier s'en fichent.
Comme la mairie va replanter des arbres ailleurs, ça leur va.
-J'ai compris que l'enjeu, c'est ton boulot et ton salaire.
Tu n'es pas obligé de venir.
-Et qu'en pense Céleste ?
Qu'en penses-tu ?
-(La réveille pas.)
-Vous avez été renvoyée des cours d'Alexia avant-hier, c'est ça ?
-Oui. -Vous auriez menacé
votre professeure.
-J'aurais pas dû.
-On dit toujours ça.
-Que s'est-il vraiment passé ?
-On va regarder comment réagir quand on vous prend dans le dos.
Je vous montre. Clémence.
Tu fais l'agresseur.
Tu m'étrangles. Clé de bras.
C'est parti.
N'hésite pas, vas-y.
Donc là, si on veut se dégager, il faut...
Arrête, tu...
Clémence, tu...
Arrête, Clémence !
A quoi tu joues ?
-Lâche-moi !
-Lève-toi, lève-toi !
-Je me suis pas rendu compte, j'étais à fond.
-C'est bien
le problème. Après 6 mois, tu es incapable de te maîtriser.
-C'est de ma faute ?
-L'esprit du self-défense, c'est pas la violence, c'est l'inverse.
Je pense que...
Tu devrais travailler sur toi-même.
-Tu me jettes ?
Réponds-moi.
Tu as promis de m'aider.
-Je me suis trompée, tu as besoin
d'un psy.
-Oh !
Je te jure qu'on va se revoir !
-Et ensuite ? -Rien.
J'étais blessée, mais ça voulait rien dire.
J'ai pas de limites.
Mais elle m'aidait.
-Vous avez un problème. -Non.
C'est pas ça.
-Expliquez-nous.
-Vous avez vécu quelque chose de particulier ?
-Une agression dans la rue.
Je suis restée des mois à l'hôpital avec plusieurs fractures
et après, pour la rééducation. Je souffre d'un syndrome
post-traumatique.
Dès que je me sens
agressée, je suis prête à tuer.
Mais elle m'a pas agressée.
-Comment vous êtes-vous rencontrées ?
-Elle aussi a été victime
d'une agression.
-C'est-à-dire ? -Je sais juste que c'était grave.
-Elle était nerveuse
depuis quelque temps ?
-Oui. -Savez-vous pourquoi ?
-Non, j'ai pas compris sa réaction.
Elle ne lâchait pas les gens.
-Que faisiez-vous hier à 19h ?
-J'étais au ciné.
-Où ça ? -Au Paradisio.
-Vous avez réglé
comment ? -En espèces.
-On va vérifier ça.
-Merci, Nadia.
Clémence Lavendi a bien porté plainte il y a 3 ans.
Elle a été rouée de coups.
-Et son alibi ? -Personne
ne se souvient d'elle au cinéma, mais son portable a borné à côté.
-C'est pas suffisant.
-Franchement, je n'y crois pas à cette piste.
On peut ne pas se contrôler en cas de danger,
mais de là à revenir 2 jours plus tard tuer de sang-froid.
-Peut-être. -Pourquoi
Alexia s'est-elle à ce point sentie en insécurité
au point de lâcher Clémence ?
-Quelqu'un ou quelque chose aurait pu réactiver
le traumatisme vécu ?
-Vérifions.
-Vérifiez s'il y a un dépôt de plainte au nom d'Alexia Neola.
Je vais t'aider.
Attends, sa patte.
-Le projet d'enfant veut pas être rangé.
-Attends.
-Une patte ressort.
-Voilà. -OK.
Lâche pas.
-Il ressortira quand ce sera le bon moment.
Tu choisis, c'est ton corps.
Je suis flippant ?
-Totalement.
Et...
Ton corps...
C'est toi qui choisis ou je peux choisir ?
-A toi de voir.
-Ils ont de la gueule, tes cartons.
-Ouais.
-C'est pas tendancieux ?
-Arrête, c'est une feuille de marronnier.
Il faut attirer l'attention.
Alors... On vous attend tous demain
pour stopper
le démarrage des travaux du parking.
Ca y est, c'est sur les réseaux.
J'ai pris un pseudo.
Ca reposte de partout.
Je vais chercher mon ordi.
-Je suis fière d'elle.
-Tu y vas demain ?
-Oui, pourquoi ?
-Tu pourrais mener une action aussi efficace.
Chercher s'il y a des vices de procédure
dans le contrat.
-Tu veux que je fasse de l'espionnage administratif.
Toi, une future juge.
-J'ai rien dit.
-J'ai rien entendu.
-Ben, voilà.
-Tu es en filature ?
-Pas du tout, je t'attendais.
On en est où ? L'assassin de Milena court toujours.
-De Milena ?
-Ah non, tu m'as compris.
L'assassin d'Alexia Neola court toujours.
-On avance.
Et l'affaire Milena, tu en es où ?
-Ben, regarde.
Elle a l'air bien en vie. Elle m'a remplacé.
-Avec Desjardins, le président du tribunal ?
-Ils ont passé la soirée ensemble.
C'est normal, il est jeune.
C'est peut-être mieux
comme ça.
-Arrête
de les espionner.
A quoi tu joues ?
Tu crées ton malheur.
-Non.
Je suis lucide, c'est tout.
-Je te laisse.
-Tiens, prends cette pièce.
-Ah oui.
Comment ça se passe ?
-Ca va.
Ils disent que ma mère l'a bien mérité.
-Tu sais quoi ?
Je vais dire aux éducateurs de surveiller ces gars.
-Ca va les calmer.
Ca marche pas ici.
-C'est quoi, ça ? -Les papiers de la victime.
-Bon courage.
Enfin, si c'était moi, tu aurais le double de travail.
-Oui, mais tu es bien vivante, Fanny.
-Ben oui, c'est mieux, non ?
...
-Nadia, on en est où de la recherche des plaintes ?
Rien ?
Je vous remercie, au revoir.
-Salut ! -Salut.
-Salut.
-Où est Céleste ? -Avec son papi.
-Ca va ? -Tu veux pas aller
déjeuner ?
-Tu aurais dû me prévenir, je suis très occupée.
-OK.
C'était au cas où. On se voit ce soir.
-Bien sûr.
-Salut. -Salut.
-Tu viens au sit-in ? -Ben non, Titou est encore malade.
Mais je suis avec vous.
-Ce sont les fournitures du Palais.
On frôle le licenciement.
Vous êtes
nouvelle ici ?
-Non, je suis
la fille
de Constance Meyer. -Ah.
-Je me suis perdue dans les couloirs en arrivant.
-C'est bien.
Je peux
vous raccompagner ? -D'accord.
Mais on a
tout notre temps.
-Oui, on n'est pas pressés.
Merci.
Ca, c'est pour vous.
C'est par là.
C'est mon chariot.
-Waouh, c'est quoi ? -Je veux pas
passer pour l'épouse soumise.
-Ca serait trop embarrassant.
Bon appétit. -Toi aussi.
Tu n'aimes pas ? -Si, c'est très bon.
J'étais ailleurs.
C'est un gamin placé en foyer, on cherche l'assassin de sa mère.
Il n'a plus personne.
-C'est dur.
-Il me touche, ce môme.
Il s'appelle
Lucas.
-J'ai une médiation tout à l'heure. 2 voisins et un mur qui s'écroule.
Il y en a même un qui a frappé l'autre.
Petit détail : sa femme l'avait trompé avec ledit voisin.
Qu'en penses-tu ?
-Trop de mitoyenneté.
Téléphone.
Oui ?
Ah oui !
J'arrive.
D'accord. Je dois y aller, désolé. Je finirai
tout à l'heure.
A plus tard. -Oui.
-Alexia a abandonné ses études pour créer son association.
-C'est étrange.
-J'ai appelé son école.
On m'a dit qu'elle a été victime d'une agression
lors d'un braquage. -Celle dont a parlé Clémence ?
-Sûrement. Elle a fait une dépression.
Et ensuite...
-Elle a décidé d'aider les victimes à apprendre à se défendre.
Il y a une trace ?
-Un procès.
Elle a été citée comme témoin. -Et...
-Elle passait devant une agence bancaire
quand les braqueurs sont sortis.
Elle a été prise en otage alors que le vigile voulait les arrêter.
-Et il a été tué.
-Sous ses yeux.
Le braqueur s'est sauvé, il s'est retourné et elle a vu son visage.
Dylan Leroy, 17 ans à l'époque.
-Elle n'a pas porté plainte. C'est pour ça qu'on n'a rien retrouvé.
-Il a pris 20 ans, 5 ans de remise de peine pour bonne conduite.
Et il est en liberté conditionnelle depuis deux semaines.
-Il est revenu
se venger ?
Je vais demander son adresse.
-Cette adresse, c'est
pas chez lui.
-Où se trouve-t-il ? -J'en sais rien.
Je veux pas le savoir.
-M. Leroy,
votre fils n'a reçu aucune visite de sa famille en 15 ans.
-Dylan n'est plus notre fils.
Il n'y a pas d'assassin dans notre famille.
-Vous l'avez renié ?
-C'est lui,
en tuant.
-A-t-il pris contact avec vous en sortant de détention ?
-Oui, il est venu à la maison.
J'ai pas ouvert.
-Mme Leroy...
Vous savez
où il est ? -Non.
Qu'a-t-il fait ?
-Appelez-nous s'il vous contacte.
Merci.
-Au revoir.
La mère a peur de parler. Même seule, elle ne dira rien.
-Mais elle sait.
-Une mère ne renie pas ses enfants.
-On va la placer sous surveillance, elle pourra nous conduire à lui.
Téléphone.
-Excusez-moi. Oui ?
C'est moi.
Quoi ?
-On tient le coup, ma chérie.
Tous bien solidaires !
La guerre est déclarée.
-Tu es venu !
-HOU !
-C'est n'importe quoi. -Jean-Mi,
tu es entré dans la police ?
-Ton mari doit partir.
-Plutôt mourir !
-OUAIS !
-Tu enfreins la loi.
-Je sais.
Mais si tu veux m'arrêter, reviens avec une tronçonneuse.
-OUAS !
-Les citoyens ne peuvent plus
manifester ?
-OUAIS ! -Mais l'arrêté a été publié.
Ca va démarrer.
-HOU !
-On suspend l'arrêté et les pelleteuses
rentrent chez elles.
-OUAIS !
-Dressez-leur un PV, à tous !
-OUAIS !
-Retourne à la mairie, va ! Hé, tu as été
formidable.
-Papa ! -Tu vas devoir assumer.
-Avec toi, tout est possible.
-Papa !
-Même l'avenir. Quoi, papa ?
-Les clés.
-Quoi ? -Pour Alice.
-C'est pas moi qui les ai, je l'ai pas attachée.
Qui a attaché Alice ?
-Tu rigoles ? -Ben non.
Rentre avec l'arbre.
-Ah, tu tombes bien.
-J'ai pas le temps, maman. -Deux secondes.
Ton père a des ennuis.
Tu pourrais l'appeler et lui suggérer de regarder
l'appel d'offres pour le parking.
-Voir si tout est en règle. -Voilà.
Et tu pourrais l'aider. Il est pas très fortiche pour les contrats.
-Je vais voir.
-Tu dis rien.
-Bien sûr. -Travaille bien.
-Merci.
-J'ai relu les minutes de son procès.
-Bonjour. -Bonjour.
Pourquoi un homme qui sort de prison
voudrait se venger au bout de 15 ans ?
-Et donc ?
-Dylan Leroy affirme qu'il n'avait pas d'arme. C'est son complice
qui aurait tiré. Mais on n'a pas retrouvé l'arme
ni le complice.
Fanny, tu peux venir ?
-Oui.
Qu'y a-t-il ?
-Salut ! Cahiers à spirale ?
-Ah, Ludo.
Venez.
Alors...
Ca, c'était il y a
15 ans, le 17 mars exactement. Alexia passe
devant une agence bancaire.
Là, deux braqueurs en sortent, poursuivis pas un vigile armé.
-Ca n'a pas été filmé.
-Exactement.
Vous pouvez faire le vigile.
Venez là. -Oui.
-Merci.
Fanny, tu vas faire Alexia et moi, je vais faire
Dylan. -Et moi ?
-Le complice. Mettez-vous là.
Donc...
Dylan...
Se sert d'Alexia
comme bouclier et serre.
-Ah ! Aidez-moi.
-Merci.
-Donc, Alexia ne voit pas qui c'est.
-Le vigile met en joue les braqueurs et hésite.
-Et là, Dylan tire. Pan !
Vous êtes mort.
Le complice s'enfuit.
Dylan s'enfuit aussi, mais se retourne.
Alexia se retourne aussi.
-Et voit Dylan. -Alexia en déduit qu'il a tiré.
-Mais c'est pas une certitude.
Et si Dylan avait dit la vérité.
Vous pouvez revenir, Ludo ?
Voilà.
Même position.
Là, c'est lui qui tire.
Vous fuyez.
Dylan s'enfuit...
Se retourne... et Alexia...
-Se retourne à son tour et ne voit
que Dylan.
-Oui, c'est plausible.
L'erreur judiciaire expliquerait
sa vengeance.
-On a fini ?
-Oui, c'est bon.
-On a eu chaud.
-On est avec elle.
On est dans un quartier chaud.
Elle s'arrête.
Elle va vers une camionnette.
C'est Dylan.
Dylan Leroy !
-Allez !
Donne tes mains.
-Il est 11h31. Vous êtes placé
en garde à vue.
-Perdon, maman.
-Qu'as-tu fait ?
-Embarque-le.
Ca va aller.
-Pourquoi suivre
Alexia ?
Pour vous venger ? -Non.
-Alors ?
-Pour lui parler.
-De quoi ?
-Pourquoi elle avait dit
que j'avais tiré ?
-Elle n'a pas
dit ça.
Elle ne voyait pas
qui d'autre aurait pu tirer. -C'est Charly qui avait l'arme.
Moi, j'avais 17 ans. -M. Leroy, on ne va pas refaire
le procès.
Depuis 15 jours...
Vous suivez Alexia pour essayer de la tuer.
-Je vous crois.
Vous vouliez savoir.
Mais si vous le réclamiez d'Alexia, ayez la même exigence pour vous,
pour votre mère. Elle a le droit de savoir, non ?
-Je suis allé à la salle.
Une porte s'ouvre.
Elle m'a demandé ce que je voulais.
J'ai pas répondu.
Elle m'a pas reconnu.
Je lui ai dit qui j'étais.
-Dylan ? C'est impossible.
C'est toi qui me suis ?
-Elle a commencé
à avoir peur. -Tu n'as rien à faire ici.
-Tu vas appeler les flics ?
-Arrête !
-Pourquoi as-tu dit que j'avais tiré ?
C'était mon complice.
-C'est impossible, il avait déjà disparu.
Le coup est parti
près de moi.
-Tu te trompes.
Il est arrivé derrière moi et tu as cru que c'était moi.
J'ai perdu 15 ans de ma vie !
Tout !
Ce mec
était une mauvaise rencontre.
-Tu devrais
t'en prendre à lui.
Lâche-moi.
J'étouffe.
-Tu m'as vu tirer ?
-J'avais peur.
-Arrête-toi !
Coup de feu.
-J'étais sûre que c'était toi.
-C'était pas moi.
-Je suis désolée.
-Alexia ?
Je voulais pas me venger.
Juste savoir pourquoi elle m'avait accusé.
-Je vous félicite, tous les deux. C'était pas évident.
-Mais trop tard.
Il a tué la mère de Lucas qui est condamné au foyer.
Téléphone.
...
Réponds.
-Non.
Elle va me dire qu'elle sort avec Desjardins.
-Je ne suis pas sûre qu'être remplacé par Desjardins
soit très flatteur.
-Fermez la porte.
-Tu veux parler d'hier soir ?
-Oui.
Mais ça change quoi ?
-Comment ça ? -C'est
ma faute. J'ai joué à un jeu dangereux.
C'est normal que tu en voies un autre.
-Mais je ne vois personne.
Desjardins ?
Il est d'un ennui ! Il ne parle que d'opéra.
-Tu as remarqué ?
Et quand il parle de la gestion du palais ou de la justice,
c'est pire. -Oui.
Je pensais que tu m'évitais, je voulais te faire réagir.
-Moi, je ne me sentais pas à la hauteur.
-A la hauteur ?
-Ben oui, tu veux sortir tout le temps. Les conférences,
les concerts, le cinéma...
Je ne peux pas tenir.
Moi, ce que je veux,
c'est qu'on soit tous les deux.
-Je faisais ça par peur que tu te lasses du quotidien avec moi.
-Me lasser ?
C'est impossible.
Ca veut dire
qu'entre nous...
La flamme est
intacte ?
-Plus brûlante que jamais.
-La femme avait dragué son voisin pour se venger de son mari volage.
-Bravo, tu t'en es bien sortie. -Merci.
Si on allait au restau ce soir ?
-Ah, je vais rentrer tard.
Je dois voir quelqu'un. -Qui ?
-C'est ça qui est gênant.
Je peux pas le dire.
J'ai pas le droit.
Et je peux pas te dire pourquoi.
-Tu m'inquiètes.
-Fais-moi confiance.
Je t'expliquerai, promis.
T'inquiète pas.
Je peux t'aider à retrouver ton papa.
Tu serais mieux avec lui.
-J'ignore son nom.
Et je m'en fous.
Il nous a
abandonnés.
Tu reviendras me voir ?
-Je peux pas.
En tant que juge d'instruction,
j'ai pas le droit de venir te voir. -Pourquoi tu es là, alors ?
...
Me laisse pas.
J'ai que toi.
-Il n'y a pas de vices de procédure apparents.
-Comment ça ?
-Tout est en règle.
S'il y a eu des arrangements, ça reste à prouver.
-Légalement.
-Bonjour !
-Bonjour, Ludo ! -Constance.
Dans la famille Meyer, je demande la fille.
-Voilà le père.
-Et le frère.
-Enchanté.
Je...
Je vous la ramène.
-Ludo travaille au Palais.
C'est le père
de Raphaël, le fils
de Solène qui a épousé le juge.
-Super.
-Bon, on va aller se balader.
-Evidemment.
-En fait, Raphaël, mon fils,
est dans la voiture.
-Ah, super !
-Bonsoir,
Barth... Euh, M. Meyer.
Constance.
-Vous comptiez
me le dire ?
-On va prendre un apéro et je vais tout te raconter.
Donne-lui un verre.
Des chips, il aime bien.
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