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Zulu
...
-Je ne pouvais pas deviner.
T'as jamais dit que tu détestais cette maison.
-T'en as déduit qu'il fallait l'acheter.
Rien ne marche ici.
Sans compter qu'il me faut 45 minutes
pour aller bosser au palais de justice.
-Le matériel, ça s'arrange.
L'important, c'est ce qu'évoque cette maison.
-Ce sont tes souvenirs. Moi, elle ne m'évoque que des galères.
Toi, tu mets 10 mn pour aller à la mairie.
-Moi, j'ai quitté l'oliveraie pour te rejoindre à Marseille.
-Parce que tu regrettes d'être venue à Marseille ?
-Je n'ai pas dit ça. Côté sacrifice, j'ai fait ma part.
Sonnerie. -Ca sonne.
-C'est Paul. Je dis quoi ?
-Que t'en as parlé avec ta femme
et que t'es revenu à la raison. Je lui réponds ?
-Non, ça va.
Ils vont la vendre.
On devra partir.
Avec ma jambe, on déménage comment ?
-Hé ! Y en a qui dorment !
-Et y en a qui bossent.
Ah, voilà mon carnet. Lève ta jambe. Merci.
Appelle ton cousin.
-Oui, le cousin, le plombier, Internet. Je suis invalide.
-"Invalide" !
-C'est bon ! Je vais le faire !
-Bonne journée.
-Papa ! -Quoi ?
-Regarde ce que j'ai trouvé.
La coupe que t'avais quand t'étais petit.
-Montre. -Oh là là !
-C'est vrai que c'est réussi.
Oh, la frange de l'enfer !
-Là, c'est qui ?
-Tous les cousins germains avec Gaëlle, Philippe.
Là, c'est moi avec le short qui gratte.
Ca, des cousins éloignés. -C'est toi ?
-Oui, avec mon costume. C'était ma 1re cravate.
...
-Alors, ça s'est passé là.
C'est pas une chambre d'ado classique.
Axel était YouTubeur avec des milliers d'abonnés.
-Des followers. -Il se faisait appeler LEXA.
On a récupéré des vidéos. Ca, c'est ses parents
et sa soeur.
La mère a trouvé le corps.
...
Il avait réquisitionné
le sous-sol pour en faire son studio.
Il y enregistrait ses vidéos, ses montages,
ses sketches, ses caméras cachées.
C'était comme une mini-chaîne.
-Il y a du matériel.
Y en a pour une fortune.
-LEXA.
C'est un sacré business.
-Ca, c'est les produits dérivés. Ses fans se les arrachent.
On l'a retrouvé
ici avec une contraction des pupilles
et une dépression respiratoire.
On attend le rapport du légiste, mais ça ressemble à une overdose.
-Avec quelle substance ? -On a retrouvé
ces gélules autour du corps. Ca vient de cette boîte.
-Enertop.
-C'est un psychostimulant assez inoffensif
pour améliorer
les performances cognitives. -Il prenait ça
pour tenir la nuit.
-Pour faire une overdose avec ça, il faut en avaler des boîtes.
On a comparé le contenu
de ces gélules...
avec de l'Enertop
qu'un collègue a acheté en pharmacie.
-C'est pas la même couleur.
-C'est pas de l'Enertop.
-La substance qu'il a ingérée était plus forte.
-Il cachait sa drogue ?
-Ou on a conditionné
la drogue pour pas qu'il se méfie.
-On l'aurait empoisonné ?
-Prévenez-nous dès que vous avez les résultats
de l'autopsie.
On doit retrouver qui lui a refilé ça.
-Je pressentais qu'il allait se passer quelque chose.
Axel était dans la surenchère permanente, ces derniers temps.
De plus en plus excessif.
Mais je ne pensais pas que...
-Vous connaissez cette boîte ?
-Oui. Axel en prenait souvent.
Ca le tenait éveillé la nuit quand il devait monter ses vidéos.
Il m'avait juré que c'était pas dangereux.
-A priori, ça ne l'est pas.
On veut savoir où il se fournissait.
-J'en sais rien.
Axel me parlait peu.
La vérité, c'est que je ne savais plus grand-chose de sa vie.
Que s'est-il passé ?
-On ne peut rien affirmer, mais...
ce n'est pas un accident.
Pas un suicide non plus.
-C'est-à-dire ?
-Votre fils aurait été empoisonné.
-Quoi ?
Non.
C'est impossible.
Sanglots.
-M. Lemoine,
comment vivait votre fils ?
-Axel n'est pas vraiment mon fils.
Enfin... Légalement, si.
Je l'ai adopté quand il avait 5 ans.
Avec Sandra, on venait d'avoir Romane.
Ca semblait mieux que nos 2 enfants aient le même père.
-Axel n'avait pas de père ? -Si.
Si on peut appeler ça un père.
Il est parti du jour au lendemain quand Axel était petit.
Quand j'ai rencontré Sandra,
je m'en suis occupé comme de mon propre enfant.
-Vous aviez de bonnes relations ?
-Axel a toujours été rebelle.
Quand il est devenu célèbre, il a commencé à nous dicter sa loi.
-Vous le laissiez faire ?
-L'autorité ne marchait pas avec lui.
Sandra l'a toujours protégé.
Elle n'osait pas s'opposer.
-Et vous ?
-Moi...
J'ai fini par arrêter de me battre pour préserver
mon couple.
J'évitais Axel au maximum.
-Bien.
Quelqu'un aurait pu lui vouloir du mal ?
-Axel, je le croisais rarement.
Il était
tout le temps dehors à faire ses conneries... Ses vidéos.
Il passait
la nuit en bas.
Le nouveau joujou de Romane.
Elle ne décolle plus de son machin.
Son frère ne lui a pas donné le bon exemple,
toujours scotché à ses écrans.
-Comment va-t-elle ?
-Elle s'est renfermée.
On ne sait même pas si elle se rend compte.
-Non, merci.
Vous saviez
ce que faisait Axel ?
-Il est allé à un gala il y a 2 jours qui rassemble
des YouTubeurs et leurs fans.
Je ne l'avais pas revu depuis.
Et hier soir ?
-J'avais pris un somnifère.
Mais il a dû rentrer tard comme d'habitude.
Romane, mets
ce truc en pause !
Je ne peux pas le croire.
-Svetlana, étudiante...
Vladivostok.
-Oui.
Oui, maître.
Ne vous inquiétez pas.
-Anna Jablokov.
Ah, c'est intéressant.
-Il était si jeune.
Je pense à sa mère.
-Notre seule responsabilité, c'est de trouver le responsable.
-Je ne peux pas m'en empêcher.
-Vous pouvez compter sur moi.
-Jablokov...
Oh ! Mais enfin !
Regardez où vous allez.
-Vous plaisantez ?
J'étais déjà engagée.
Cette rayure n'y était pas.
-On ne me la fait pas, celle-là.
Vous étiez dans votre tort.
-C'est toujours la faute des femmes.
-Vous voulez faire un constat ? Votre téléphone est comme neuf.
Elle ricane.
-Vous auriez pu vous excuser.
-Et puis quoi, encore ? Vous m'avez bousculé !
-Espèce de sauvage !
-M. le procureur ?
-C'est elle
qui me bouscule et elle m'engueule.
-"Anna Jablokov, 25 ans, hôtesse d'accueil."
-Je cherche un professeur de russe.
-Elle est bien russe. Professeur, j'en suis moins sûr.
-N'en faites pas trop. Alors, l'enquête ?
On en est où ? -Nous privilégions la piste
de l'empoisonnement.
-Soyez discrets. Je ne veux pas qu'une horde d'ados prenne d'assaut
le palais. C'est compris ?
-Tout à fait. -"La sincérité est
"de verre et la discrétion..."
-De diamant.
-C'est de qui ? -André Maurois.
-Bravo, Boris. Prenez-en
de la graine, Meyer.
-J'adore quand il me parle comme ça.
-Il changera jamais.
On se retrouve au bureau.
Ludovic,
vous vous souvenez de moi ? -Oui. Ca va ?
-Très bien. -Je me permets.
-Oui. Le bureau
de Solène, c'est par là. -J'en sors. Elle m'a jeté.
Je ne la comprends pas.
En me refusant une 2de chance avec Raphaël, elle la lui refuse aussi.
-Solène veut juste que les visites soient cadrées
et à son rythme.
Si vous venez au palais, vous imposez le vôtre.
-Pour cadrer les visites, il faudrait qu'il y en ait une 1re.
J'ignore si mon fils sait que je suis rentré.
Je ne demande pas grand-chose.
J'avais ramené ça
pour Raphaël. Un souvenir d'Australie.
Un stage de surf que j'ai fait.
Même ça, elle ne l'a pas pris.
-Je peux peut-être essayer de parler à Solène
si ça peut aider.
-Vous feriez ça ?
Je veux juste une après-midi avec lui.
-Je ne garantis rien.
Je ne suis pas juge des affaires familiales.
-Elle a de la chance. Elle est tombée sur un gentil.
Merci, Boris.
Merci.
-Un gentil, oui.
-Allez ! Bip.
Quelqu'un entre.
-Bonjour, Fanny. Ca va ?
Ton fils a passé une bonne nuit ?
-Ca m'emboucane, ce truc.
Bip.
-Vous êtes tous aimables, ce matin.
-Bonjour. Le logiciel de surveillance me rend dingue.
-Surveillance de quoi ? -De la nounou de Titou.
J'ai placé une caméra dans la maison pour surveiller.
Enfin, en principe.
-Tu l'as prévenue ? La loi t'y oblige.
Tu te méfies d'elle ?
-De nos jours, on n'est jamais
assez prudents.
*Cri d'un bébé. Ah, ça marche.
*-Aujourd'hui,
je n'ai pas grand-chose à vous dire.
*J'ai découvert un dicton :
"On n'est pas là pour être ici."
Du coup, je me casse. Salut !
Salut ! Avec ma marque,
on a sorti un nouvel accessoire.
On fait des bobs un peu stylés
en blanc, noir et gris.
Salut, c'est LEXA en direct du palais des congrès de Marseille.
Ce soir,
*au gala des YouTubeurs,
on a gagné 4 prix, les gars, grâce à vous.
*Alors, merci à tous.
*-LEXA ! LEXA ! LEXA ! LEXA ! LEXA ! LEXA ! LEXA !
*Acclamations.
*Musique rock.
...
Quelqu'un entre.
-Le rapport
d'autopsie confirme l'empoisonnement.
La même substance a été retrouvée dans les gélules et dans le sang
d'Axel, un concentré d'opiacés et d'anxiolytiques
qui a provoqué la mort.
-On a peut-être un suspect.
J'ai visionné les vidéos de LEXA.
Je comprends son succès.
Il est drôle et attachant.
J'ai regardé les commentaires.
Un certain NEMESIS
n'est pas tendre avec lui.
-"Ta fin est proche. Enfin la vérité va éclater.
"L'heure du châtiment est arrivée."
Il ne l'a pas trouvé
attachant. -"NEMESIS", c'est du grec.
C'est la déesse qui punit la démesure, la vengeance
et qui répare
la justice. -Je suis impressionné.
-Non, Wikipédia comme tout le monde.
J'ai fouillé les forums
des fans et certains assurent que NEMESIS est le pseudonyme
de Julien Delort, un autre YouTubeur moins connu.
-Il peut juste s'agir d'un troll
qui provoque sur Internet. -Pas seulement.
Certains Internautes disent que LEXA plagiait les vidéos
de ce NEMESIS.
Effectivement, c'est ressemblant.
-Ce NEMESIS aurait tué Axel Lemoine pour ça ?
-Ces vedettes d'Internet ont du pouvoir
et génèrent de l'argent. -Oui.
Mais ça me passe au-dessus de la tête.
-Delort sait que LEXA prend de l'Enertop.
On le voit sur la vidéo. Ils étaient au gala il y a 2 jours.
-Il a pu lui faire passer
l'Enertop trafiqué.
OK. On va l'auditionner.
Merci.
-Vous pouvez me dire ce que je fais là ?
Mon train pour Strasbourg est dans 2 heures.
-Si vous répondez à nos questions, ça ira.
-D'accord.
-Vous vous cachez derrière le pseudonyme
NEMESIS ? -C'est mon nom sur les réseaux.
Mon nom d'artiste,
c'est 2GOLD, comme "2 L'OR". "TWO GOLD".
-Vous avez menacé à plusieurs reprises LEXA,
Axel Lemoine.
-Tout le monde fait ça. Ca fait partie du game.
-Hum !
Axel Lemoine a été retrouvé mort empoisonné
après avoir passé
la soirée de l'avant-veille avec vous.
Ca fait partie du game ?
-Hein ?
Il est mort ?
Attendez !
Si vous parlez du gala, j'étais pas seul.
On était plus de 500.
-Vous êtes le seul à lui avoir reproché de voler vos sketches
et de lui avoir prédit "une fin imminente".
-Attendez !
A part des commentaires pour lui faire un peu peur, j'ai rien fait.
-"Un peu peur" ?
Il vous vole vos sketches.
-Si on devait tuer tous les voleurs de vannes...
-C'est facile d'échanger une boîte de pilules.
-Comme vous dites, c'est facile.
-Ne jouez pas sur les mots.
-Je devais bosser pour lui.
-D'accord.
Racontez-nous ça. -Ben...
Il est venu me voir avant la cérémonie et m'a fait entrer
dans sa loge et là,
il a reconnu m'avoir piqué des idées.
Il m'a proposé de l'aider
sur ses vidéos. -En échange
de quoi ? -On devait partager les gains.
Ca lui faisait gagner du temps. Je devais être son ghost writer.
-Son... ?
-Son ghost writer. Je devais écrire pour lui.
-Ben, oui. Et vous aviez accepté ?
-Ca ne se refuse pas de bosser avec LEXA.
Je voulais plus de détails. Il devait m'appeler. Je comprends
pourquoi il ne m'a pas rappelé. -Mauvaise nouvelle
pour vous, M. Delort, 2GOLD.
Vous allez rater votre train.
Vous devez rester à la disposition de la justice en attendant
de nouveaux éléments. -D'accord.
Merci.
-Dommage qu'on n'ait que la version de Delort.
Il a peut-être préparé sa vengeance.
Ils ont pu se voir le lendemain.
-Désolée.
Je suis en retard.
D'après le personnel de l'hôtel où est Delort,
il n'est pas sorti hier soir.
Sa clé enregistre les entrées et les sorties.
-On n'a plus rien contre lui. Il va pouvoir prendre son train.
-Merci, capitaine. -De rien.
J'ai fouillé le portable d'Axel. Il donnait de nombreux rendez-vous
à un portable qu'on ne peut pas tracer.
A chaque rendez-vous, Axel retirait de l'argent.
500 euros.
-C'est beaucoup pour de l'Enertop.
-On a le bornage de son téléphone. Sa dernière localisation,
c'était aux Bains des dames. Même retrait, même montant.
-Je n'irais pas là-bas pour vendre des médicaments.
-Il y a plus discret.
-Peut-être que ça n'a rien à voir.
-Probable.
Ce serait de la prostitution ?
-Non, c'est pas le quartier.
-Jetez un oeil aux caméras de surveillance. On ne sait jamais.
-Oui. -Rien d'autre ?
-Euh... Non. Bonne soirée. -Bonsoir, mesdames.
-Merci. Ca aurait été dommage de vous rater.
-Allez ! Je...
On frappe.
-T'es encore là ?
Tu n'es pas parti ?
-Sans toi ?
-Ca m'étonnait.
On y va ?
Quoi ? -J'ai croisé Ludovic.
Et on a un peu discuté. -Vous vous fréquentez ?
-Solène, il sortait de ton bureau.
Tu n'avais pas voulu
lui parler.
-Je le vire par la porte, il rentre
par la fenêtre. -Ne t'énerve pas.
-Je ne m'énerve pas.
Ici, c'est mon lieu de travail. Y a des règles à respecter.
-Tu es trop dure. -Trop dure ?
-Il voulait donner son cadeau à Raphaël.
-C'est pas toi qui as dû consoler Raphaël
parce que son père préférait
s'amuser.
C'est pas toi qui as dû faire des économies.
C'est pas toi... -D'accord. C'est vrai.
Tu as raison.
Je ne pourrai jamais me mettre à ta place,
mais je connais une chose.
La solitude d'un petit garçon
qui n'a pas de réponse à l'absence de son père.
Même si à l'époque, mon père avait été le dernier des cons,
j'aurais voulu lui donner
une chance.
-Je vais y réfléchir.
Vibreur.
...
Raphaël m'attend à la maison.
-Vas-y. Vas-y.
J'arrive.
...
-Papa !
J'en ai marre !
De l'eau coule. Papa ! Fais quelque chose !
-Un peu de bon sens ! Ferme le robinet.
-Oh là là !
-Voilà. Et là ?
-Ca continue de couler. -J'ai fermé un robinet
qui ne ferme rien.
-Que se passe-t-il ?
-Le lave-vaisselle a explosé.
-C'est l'âme de la maison qui s'exprime.
-Quoi ? Faites quelque chose. Ca va gagner le salon.
-Où est l'arrivée générale
d'eau ? -Je n'en sais rien.
-Maman, j'ai des crampes.
-Le voisin le sait peut-être.
-Fais quelque chose, papa !
-Qu'est-ce que tu veux de plus ? J'éponge en hauteur.
Je vois ce que je fais. -Oui, mais ça m'énerve.
-Ca devrait tenir.
-Sans vous, on coulait. Merci beaucoup...
-XL. -Extra-large ?
-Xavier-Louis.
-Ah ! OK.
-On aurait dû faire connaissance avant.
-En tout cas, merci.
-Ces vieilles tuyauteries se réparent facilement.
Bonne soirée.
-Bonne soirée. -Au revoir.
-On vous offre l'apéro ?
-Oui. On trinquera à votre nouvelle maison.
-Non. Ici, c'est temporaire.
-Ah ! Perdon. J'ai entendu dire qu'elle était en vente.
-Les cousins de mon mari nous dépannent
en attendant.
-Ils vont vite trouver acheteur, vu les volumes, le sol,
le jardin. C'est rare. -Oui. Vous vous y connaissez ?
-Un peu. Je suis architecte.
-Encore mieux !
-En tout cas, pour la remettre en état, il y a des travaux.
-Trop de travaux. On sait quand ça commence,
mais pas quand ça finit.
-Vous verriez quoi, par exemple ?
-Peut-être abattre ce mur
pour agrandir l'espace.
-Oui, ça changerait tout.
-En sacrifiant l'arrière-cuisine, une véranda.
-Une véranda ! Ton rêve ! -J'adore les vérandas. Montrez-moi.
-Oui. Au revoir. -Au revoir.
A quoi tu joues ? Je te vois venir.
-Je demande juste conseil. -Oui.
-Il veut tout abattre. -C'est toi qui vas être abattu.
-Demolition Man. -Oui.
-Qui m'a pris mes sachets de thé vert ?
Oh !
C'est celui qui m'a vidé ma réserve ? Bonjour, Meyer.
-M. le procureur. Alors, ces castings ?
-Les castings ? -De professeurs de russe.
-Ah oui, oui.
Les candidats ne manquent pas. Femme de ménage, cuisinière...
J'ai même la proposition
d'un coach sportif. -Effectivement.
-Ma fonction fait peur aux profs.
-Et le palais ?
-Le palais ? -Il y a
des interprètes de russe ici.
-Mais oui !
Bonne idée !
Brillante !
Si je trouve
la perle rare, je vous offre du kvass.
-Du... ? -Kvass.
K.V.A.S.S. La boisson des Slaves,
Meyer.
En attendant, je me mets à l'eau chaude.
-Ah, t'es là ?
Le juge t'attend avec la capitaine.
-Ah, merci.
-Regarde ! Mon mari m'a installé le logiciel de surveillance
sur mon portable. C'est génial, non ?
Oh, un bruit !
T'as entendu ? Oui.
Il a fait "beuh". Allez, fais-le.
Il l'a refait. Non.
Si ? Il l'a refait ou pas ?
-On a prouvé la présence d'Axel sur les lieux de rendez-vous...
-Excusez-moi.
Désolée. -Pas de problème.
On a réussi à prouver la présence d'Axel
sur le lieu de rendez-vous en analysant les images
des caméras de surveillance. On sait à qui il donne l'argent.
Il s'appelle Frédéric Provost.
Il a été condamné il y a 15 ans
pour trafic de drogue.
Depuis, pas grand-chose.
-On peut le retrouver ?
-On vient de l'interpeller.
-Que se passe-t-il ?
-C'est mon fils.
-On peut reprendre plus tard.
-Non.
Je veux en finir le plus vite possible.
-Votre fils vous donnait de l'argent ?
-C'est pas moi qui l'ai contacté.
C'est Axel qui m'a retrouvé.
Pour l'argent, il a insisté.
Il voulait me montrer
qu'il avait réussi sans moi.
J'ai essayé de refuser, mais il s'est vexé.
On venait à peine de se retrouver.
Je ne voulais pas le braquer.
-Comment s'est passée votre dernière rencontre ?
-On a beaucoup discuté.
-Prends ça. -Non.
-Prends ça. -Je t'ai dit non.
-Tu prends cet argent.
Allez !
-C'est la dernière fois.
-J'ai bien réfléchi et...
je voudrais reprendre ton nom et vivre avec toi.
-Ca me fait plaisir, mais je n'ai pas une vie facile.
J'arrive à peine à m'occuper de moi.
-Je t'aiderai.
-Tu as déjà une famille.
-Une famille ? Ils n'en ont rien à foutre de moi.
-Ne dis pas ça. -Comme toi !
-C'est pas vrai. -Ah ouais ?
Qui nous a abandonnés ? -Quoi ? Qu'est-ce qu'on t'a dit ?
-Ta version à toi, c'est quoi ?
Hein ? Je t'écoute.
-Axel avait un but précis
en me retrouvant. Il voulait des réponses.
-Vous les lui avez données ?
-Je lui ai raconté la vérité. -Continuez.
-Je n'ai pas été un père modèle. J'avais mes problèmes.
Quand la mère d'Axel m'a quitté, je voulais voir mon fils.
Je ne voulais pas qu'il sorte de ma vie.
-Elle vous a quitté ?
-Oui.
Elle avait rencontré
quelqu'un d'autre.
-Christophe Lemoine.
-Il ne m'a pas laissé voir Axel. J'ai insisté, mais il m'a menacé.
Il disait que j'étais toxique et qu'il préviendrait la police.
-Vous l'avez laissé faire ?
-Je traversais une sale période et je me suis convaincu
que c'était mieux pour Axel.
-Vous avez accepté qu'il l'adopte ?
-Ca m'a fait mal. Je sortais de prison.
Et Lemoine...
était un meilleur père que moi.
-Comment Axel a-t-il réagi à ces révélations ?
-Il avait l'air sous le choc.
Agité.
Il est parti très vite après.
-M. Provost, nous allons devoir faire des vérifications.
Ne quittez pas Marseille.
Je ne le vois pas tuer son fils. -Il a l'air sincère.
Si Axel a su la vérité, ça n'a pas dû plaire aux Lemoine.
-Vu leurs rapports, c'est sûr. Il faut le réentendre.
-On n'a rien à perdre.
Axel a revu son père récemment.
-M. Provost a une version différente
de son présupposé abandon.
-Oui. J'ai quitté le père d'Axel. Et après ?
Frédéric n'assumait pas son fils. Il ne nous aidait pas.
-Vous nous avez menti.
-On a arrangé la vérité pour Axel, pour son bien.
Son père est un naze.
-Calmez-vous.
On est là
pour élucider un meurtre.
-Justement. Vous devriez déjà avoir coincé le coupable,
au lieu de remuer
le passé. Partez !
Partez !
-Arrête, Sandra.
Va te reposer.
-C'est toi qui m'as dit de mentir à Axel.
C'était une connerie.
Regarde le résultat.
-Tu divagues.
Sandra, les juges
veulent nous aider. -Laissez-moi tous tranquille !
Claquement de porte.
Tintement d'un pendule.
On frappe.
-Hum !
Et ponctuelle avec ça !
-Sval...
Oh non !
Elle parle en russe.
Toujours aussi courtois.
-C'est vous, l'interprète ?
Vous n'avez pas d'accent.
-Ca fait 25 ans que j'habite en France.
-Bon !
-Vous avez raison.
Elle parle en russe.
-"Bon silence vaut mieux que mauvais arguments."
-"Qu'une mauvaise dispute." Vous ne débutez pas.
Tant mieux. Nos échanges
n'en seront que plus intéressants.
J'ai apporté des choses.
En russe.
-Admettez-le. On patine.
-C'est faux.
Sandra Lemoine ignorait qu'Axel revoyait son père
et surtout...
-Quoi ?
-Les griffures dans le cou de Christophe Lemoine.
-Des griffures ?
-Des griffures de défense.
-De Sandra ? Lemoine et sa femme ont une relation violente ?
-Imaginons que les Lemoine se tapaient dessus.
Axel s'interpose.
-Et Lemoine s'en serait pris à Axel ?
-Ca vaut le coup d'enquêter sur Lemoine
pour connaître ses antécédents.
-Vous voyez ? On avance.
-Meyer !
Je vous dois
une bouteille. -De kvass.
-Oui. -Quoi ?
-La boisson... -Des Slaves.
-Tu devrais la goûter. Ce sont nos origines.
Grâce aux bons tuyaux de Meyer, Solène a trouvé
Milena Gorski.
Ingénieure
en chimie, elle a travaillé au consulat de Russie à Paris.
-Ca ne l'a pas fait avec Mlle... ?
Enfin, l'hôtesse d'accueil.
-J'ai l'impression que l'instruction piétine.
-Absolument pas.
Nous avons une piste. -Mettez-moi ça
par écrit.
On gagnera du temps.
-Vous l'avez vexé.
-On a retracé les déplacements
de Lemoine avec son téléphone.
Là, il part à 8h pour aller au travail
et il rentre à 18h.
-Et en vert ?
-C'est le chemin qu'il prend depuis 3 jours.
-Ca fait un sacré détour.
-C'est pas à cause de la circulation.
-Là-bas, c'est désert. Il n'y a que des entrepôts.
-Lemoine se fournit peut-être là-bas.
-Je vais vérifier. -On a
assez d'éléments pour le convoquer.
-L'effet de surprise peut jouer pour nous.
-Ca marche.
Je vous préviens quand on arrive.
-Je vous ai déjà tout dit.
-Vous ne nous avez pas parlé
de ces marques dans votre cou.
-Ca ?
C'est rien.
Je fais de l'eczéma depuis petit. Là, évidemment, ça ressort.
-Nous, on peut tout entendre.
Mais si vous ne nous expliquez pas, on demandera un examen médical.
-Et une enquête plus poussée au sein de votre famille.
Votre couple a-t-il des rapports violents ?
-Non, pas du tout.
Ces marques, c'est...
Axel qui me les a faites.
On a eu une dispute terrible.
C'était le soir de son gala.
Je faisais une insomnie.
La porte s'ouvre. Axel est rentré bruyamment.
Claquement.
Oh, Axel !
-Papy, on est devant la télé ? -Ta mère et ta soeur dorment.
-Je m'en fous.
Qu'est-ce que t'as ?
-Je te demande de faire moins de bruit.
-Tu t'es pris pour qui ? Pour mon père ?
-Là, baisse d'un ton.
-Ferme ta gueule ! T'aurais dû
la fermer !
-Hé ! Oh ! De quoi tu parles ?
-T'as détruit ma vie. J'ai détesté mon père par ta faute.
-Quoi ? -Il m'a tout raconté.
J'ai cru qu'il m'avait abandonné,
alors que j'aurais pu le voir. -C'est plus compliqué que ça.
-Le salaud, c'est toi.
-Me parle pas comme ça.
-Sinon, tu vas faire quoi ?
-Petit con !
-Quoi ?
Cri. -Arrête, Axel !
-Je vais
te tuer, putain de merde ! -Non !
Il était déchaîné.
Si je ne l'avais pas repoussé, il m'aurait...
-Pourquoi n'avoir rien dit ?
J'attendais le bon moment.
Je comptais en parler à Sandra.
Et après...
Après, Axel est... mort.
Ecoutez...
J'ai jamais fait de mal à Axel.
Même si j'ai eu peur, ce soir-là.
Assassiner le fils de ma femme, vous vous rendez compte ?
-Ca, c'est le tracé habituel de vos déplacements.
Et en vert, c'est le trajet que vous faites depuis 3 jours,
soit un détour de 6 km.
C'était pour vous fournir en opiacés ?
Vous avez remplacé les gélules d'Enertop d'Axel.
Il n'y a vu
que du feu. -Comment ça ?
J'emmène ma fille à son stage d'observation de 3e.
Romane veut faire médecine.
On lui a trouvé
un stage dans cette pharmacie.
C'est un endroit un peu mort. Je l'accompagne le matin.
-Romane pouvait avoir accès aux opiacés via la pharmacie.
Elle les aurait substitués aux gélules que son frère prenait.
Quelque chose ne colle pas. -Quoi ?
-La dispute a eu lieu dans la nuit. Elle dormait.
-Elle a pu se réveiller. -Lemoine l'aurait vue.
*Cris du bébé.
Quoi, Meyer ?
-Venez avec moi.
-Qu'est-ce que tu veux ?
-Tu veux pas qu'on aille boire un verre ailleurs ?
-Non, j'ai pas le temps.
-Si t'es pressée, je fais vite. Je ne te demande pas la lune.
Juste une visite.
-Il va croire que t'es revenu.
-Mais je suis revenu. -Avant de redisparaître.
-Fais-moi confiance.
-C'est pas une question de confiance.
Je dois penser à Raphaël.
-Je pense à lui aussi. Regarde.
Ca, c'est un cadeau pour lui.
Je l'ai taillée moi-même.
Et j'ai écrit son nom. Je l'ai gravé.
J'ai pensé à lui tous les jours. Je voudrais qu'il le sache.
Après, je me fais discret. Promis.
-OK.
-Tu veux bien le lui donner ?
-Non, c'est toi.
-C'est vrai ? Quand ? -Maintenant.
Pas de 2e chance.
-Merci. Tu ne le regretteras pas. Je suis comment, là ?
Il va me prendre pour un plouc.
-Ca ira. Viens !
Sonnette.
-Pourquoi avez-vous convoqué mon mari ?
Que lui voulez-vous ?
-Romane est là ?
-Pourquoi ?
-Allez la chercher.
-Très bien.
-Il y a une caméra.
Ca peut être relié à un ordinateur, un portable.
-Ou une tablette.
-Bonjour, Romane. Comment vas-tu ? -Ca peut aller.
-Mme Lemoine, je peux
vous parler ? -Hum !
-C'est formidable, ce gadget.
Avec ça, rien ne t'échappe.
Même les choses que tu ne veux pas voir.
Que s'est-il passé il y a 3 jours entre ton père et ton frère ?
Tu as eu peur ?
Faut que tu parles.
C'est important.
Soupir.
-J'étais...
J'étais dans ma chambre.
Axel est rentré en claquant les portes.
Claquement.
-Oh, Axel !
-On est devant la télé ?
-Ta soeur et ta mère dorment. -Je m'en fous.
Qu'est-ce que t'as ?
*Tu t'es pris pour qui ?
*Pour mon père ?
*-Baisse d'un ton.
*-Ferme ta gueule ! T'aurais dû la fermer !
*-Hé ! Oh ! De quoi tu parles ?
*-T'as détruit ma vie.
*J'ai détesté mon père à cause de toi.
*Il m'a tout raconté.
J'ai cru qu'il m'avait abandonné, alors que j'aurais pu le voir.
*-C'est plus compliqué que ça.
-T'es un salaud ! -Calme-toi !
*-Sinon, tu vas faire quoi ?
Hein ? -Petit con !
*-Quoi ?
*-Axel, arrête !
Cri.
*-Je vais te tuer.
*Je vais t'éclater.
*Cris.
Les voix s'entremêlent.
...
-J'étais terrorisée.
J'ai cru qu'il allait le tuer.
-Tu étais choquée.
T'as voulu protéger ton père.
-A la pharmacie, un client a parlé d'un médicament qu'il prenait
pour calmer ses crises de manque.
Un produit qui le rendait asthénique.
-Je vois.
Tu t'es dit que si Axel ne pouvait plus rien faire...
-Fallait qu'il redescende.
J'avais peur qu'il recommence et qu'il aille plus loin.
Dans cet état-là,
il est capable de tout.
Je voulais juste calmer sa crise.
-T'as pris une boîte de ce produit.
-Je les ai mélangés avec les anxiolytiques de mon père.
J'ai remplacé le contenu des gélules avec la poudre préparée.
Mais je ne voulais pas le tuer.
-Tu ne savais pas qu'Axel prendrait autant de gélules.
Tu aurais dû nous le dire, pas garder ça pour toi.
-Je vais aller en prison ?
-On ne sait pas encore.
Maintenant, il faut que tu sois forte.
Je sais que tu l'es.
Au revoir, M. le juge.
-Vous partez déjà ?
-Vous avez besoin de moi ? -Non. Ah non !
On arrête.
-Vous avez raison. Cette nounou est parfaite.
Trouver quelqu'un de confiance...
*-C'est quoi, ça ? Elle m'espionne ?
*Je vais porter plainte.
-Oh merde ! Je fais quoi ?
-Trouvez un bon avocat.
Bonsoir.
-Bonsoir.
Je te l'avais dit.
Soupir.
*-Mais c'est illégal !
Stridulations.
...
-Barth ?
Barth ?
Vieux klaxon.
Rire.
-Je te présente Mireille. -Mireille ?
-Le 1er amour de mon oncle.
-Ca roule toujours ? -A l'époque, ça roulait.
J'ai appris à conduire là-dessus. Je la conduisais jusqu'au portail.
Ma cicatrice sur le genou,
c'est Mireille. Un muret du jardin s'en souvient.
Regarde ce que j'ai trouvé.
-Ca a été pris ici. -Oui.
-Vous étiez
mignons. -Mais intenables.
Surtout moi.
C'était mes seules vacances.
Mes parents avaient le restaurant. Ils n'avaient pas de congés.
Ils m'envoyaient ici.
-Chez la tante Jeanne. -Hum !
Une vraie sainte. Je l'aimais autant que ma mère.
Et là, c'est qui ?
Hein ? C'est qui ?
Paul.
-Donc, il a eu des cheveux.
-Pendant une courte période. Le temps passe.
Hein, Mireille ?
Au fait, je l'ai eu.
-Il a dit quoi ?
-Il était déçu. Ca le rassurait qu'on la reprenne.
-T'es heureux, ici ?
-Y a quelque chose de rassurant dans cette maison.
C'était mon refuge,
les Tamaris. -Appelle ton cousin.
-Non, c'est réglé. Il n'insistera pas.
-On la prend.
-On prend quoi ? Tu détestes cette maison.
-Non, non. En fait, je me projetais ailleurs.
C'est pas ce que j'imaginais, mais avec des travaux,
des gros travaux...
-Vraiment ? -Oui.
-Non, mais t'es sûre ?
Après, on ne pourra plus se dédire.
T'es géniale. Je l'appelle.
Il ne le croira pas.
Il sera comme un dingue. Il sera hyper content.
Oui, c'est Barth. *-Oui ?
-J'ai une nouvelle qu'on pourrait qualifier d'exceptionnelle.
On garde les Tamaris. *-Comment ça ?
-On la prend.
*-Mais c'est génial ! Faut qu'on se voie
*pour fêter ça. -Passez tout à l'heure.
Là, je n'ai plus le temps. Ciao !
Mme la comtesse.
Je vous dépose ?
-Où ça ?
-A un mètre. Je peux guère faire plus.
Hé ! Klaxons.
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