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Zulu
...
-Ah ! Boris ! Tu es là ?
-Au moins, tu me reconnais. C'est déjà ça.
-J'ai dormi 100 ans ? -Non, à peine quelques heures.
Ils t'ont retiré les pansements. L'opération s'est très bien passée.
-J'y vois comme dans une tempête de sable.
Téléphone. Je ne vois pas bien,
mais j'entends.
-Ca doit être Meyer. Je dois la rejoindre sur une scène de crime.
...
Où est-ce que je l'ai mis ?
Allez ! Allez !
Dépêche-toi.
D'habitude, je le mets là.
Oui, c'est elle.
-Boris, je ne vois rien,
mais tu pourrais m'aider à me lever ?
Je voudrais faire
un brin de toilette.
J'ai peur de me perdre. -Tu ne veux pas attendre ?
-Non. -Je dois rejoindre Meyer.
-Elle est assez grande et ce n'est pas sa première affaire.
Elle peut se débrouiller toute seule.
-Je peux la rejoindre plus tard. -Tiens-moi.
-Attends. Attends. Attends.
-Une seconde. Je voudrais faire pipi.
Mais tu m'attends, hein ? -Oui, oui.
...
Il fredonne.
...
-Oh merde !
-Quelle chance vous avez de vivre ici !
-Tu as passé
une bonne soirée ? -Magique.
-Quelle chance vous avez de vivre ici !
-Il paraît, oui.
-Je vais te chercher
ton petit déjeuner. -Merci.
Quel amour !
-On pose rien sur la table, il faut qu'elle sèche.
-Où tu vas ?
-J'ai un travail, tu n'es pas au courant ?
-Dans les mairies,
ils sont en retard. -Je suis toujours à l'heure.
-Tu aurais pu faire connaissance
avec Jules. -Il y aura d'autres occasions.
-Mmm. -Attention à la table.
-Et voilà ! -Magnifique.
-Ca te plaît ? -Oui. Tu es un homme
à marier.
-Où on va aller ?
-En Italie ?
-Bien sûr que c'est important, le temps de séchage. Oui.
Je viens d'arriver au club de foot.
On y emmenait Antoine quand il était petit. Il était mignon.
Il faut que je te laisse. A plus tard. Bisou.
Téléphone.
M. le juge, ça fait 3 fois que j'essaie de vous joindre.
Vous êtes avec Quiring ? Tout s'est bien passé ?
Tant mieux. J'y suis. Je vous tiens au courant. A plus tard.
-Bonjour, Constance. -Bonjour, Nadia.
-Vous êtes seule ? -Le juge est avec Quiring.
-Ca s'est mal passé ?
-Non, très bien. On n'est pas près de changer de procureur, Nadia.
Alors ?
-Il s'appelle Yohan Giraud, 17 ans. C'est ici.
Ses coéquipiers l'ont retrouvé ce matin. Ils sont sous le choc.
-J'imagine.
sont priés de se présenter
-C'est arrivé quand ?
-Entre 21h et 23h.
Après le couvre-feu. Donc aucun témoin.
C'est pire que l'armée, ici. Ils se couchent très tôt.
-Ils veulent tous
passer pros à tout prix. -Nathalie, allez-y.
Il a reçu un choc très violent
à la tête et il a des bleus sur le visage.
Il s'est peut-être battu ou il a été frappé.
Merci.
Il y a du sang
sur ce crochet.
Donc il a été tué là.
-Et les caméras de surveillance ? -Uniquement sur le terrain,
pour enregistrer les matchs et certains entraînements
pour analyser leur technique. -On va jeter un oeil dessus.
C'est qui, là ? -En survêtement,
c'est le coach, et l'autre,
c'est le président du club. Il ne nous lâche pas.
-Je m'en occupe. -Bon courage.
-Bonjour. Constance Meyer. J'assiste le juge Delcourt.
-Régis Leclair.
Voici Yves Calfon, l'entraîneur des moins de 18 ans, l'équipe où jouait
Yohan Giraud. On en est où, là ?
La presse locale me harcèle. Je leur dis quoi ?
Vous avez une piste ? C'est un meurtre ?
-On vous tiendra informé, M. le président.
Parlez-moi de la victime. -Le meilleur.
Doué, prometteur.
Et ça tombe sur nous. Excusez-moi.
Il faut que je vous laisse.
Yves vous donnera tous les renseignements qu'il vous faudra.
-Il est toujours aussi empathique ?
-C'est une perte colossale pour le centre.
Yohan avait signé dans un club de Ligue 1 il y a 15 jours.
Ca aurait fait des dividendes.
-C'est aussi une perte pour sa famille, ses proches,
ses coéquipiers. -Sportivement, oui.
-Et humainement ?
-Disons que Yohan ne faisait pas l'unanimité.
C'était le meilleur, il ne s'en cachait pas.
Ca le rendait arrogant, insolent. J'en ai fait les frais.
-Ca lui attirait des problèmes ? -Pas au point de vouloir le tuer.
Téléphone. Excusez-moi.
La famille de Yohan est en salle de brief avec leur fils.
-Leur fils ?
-Oui. Léo, le grand frère de Yohan.
Il est capitaine ici.
-Constance ! On a examiné le téléphone de Yohan.
On a retrouvé des messages.
L'expéditeur, un certain Ghost.
Un pseudonyme.
-"Retourne au vestiaire épiler tes jambes de tapette !"
"Les mecs t'excitent..."
"Va te faire..." OK.
-Yohan était homo. -Son coach
le décrit comme un coq dominateur. -D'après ça, c'était une victime.
-Il cachait son homosexualité.
C'est tabou dans le football. -Il y a 50 messages en 15 jours.
-Qui est ce Ghost ? -Je vais chercher.
-Nadia ! -Oui ?
Comment vous avez déverrouillé le téléphone de Yohan aussi vite ?
-La reconnaissance faciale. On met le téléphone devant le visage.
-Est-ce que Yohan vous avait parlé de quelque chose ?
Des problèmes, des conflits qu'il aurait pu avoir au sein du club ?
-On habite à plus de 100km d'ici et il ne nous racontait presque rien.
Yohan n'a jamais été un garçon facile.
Toujours agité, imprévisible.
Heureusement que Léo était là pour veiller sur lui.
-Il était comme ça ici aussi ?
-Mon frère avait besoin de se faire remarquer.
Devenir footballeur pro,
pour lui, c'était aussi ça, être sur le devant de la scène.
-Excusez-nous, mais on a besoin d'être seuls.
-Je comprends.
-Je dois aller parler
à l'équipe. On se voit après. -Je peux vous accompagner ?
Vous allez aussi passer pro ? -Non, je suis trop vieux.
-Vous allez faire quoi après ?
-Continuer ce que j'ai commencé, devenir entraîneur.
Encadrer, conseiller. Je pense que je peux réussir.
J'ai aidé mon frère à négocier son contrat.
-Votre frère recevait
des messages d'insultes. -Encore ces conneries !
-Donc vous saviez. -Mon frère se faisait emmerder.
Ca devenait lourd. -Et pourquoi
on lui envoyait ça ?
-C'est le seul
qui a réussi à passer pro.
Et dans un grand club. Les autres étaient jaloux.
-Les autres ? Qui ?
-La rumeur circulait partout. -Et cette rumeur était fondée,
d'après vous ?
-Pas du tout.
Yohan avait plein de petites copines. Elles étaient accros.
-Léo !
-Il faut que je vous laisse. Les autres m'attendent.
-Au revoir.
...
-Maman !
-Je croyais qu'il n'y avait pas de "maman" au palais.
-Papa va bien ? -Oui. Pourquoi ?
-Il harcèle mon répondeur avec une histoire de peinture et de table.
-Il a du mal avec l'idée d'héberger l'amant de sa mère.
-L'amant de mamie ? C'est qui ?
C'est Jules ? -Oui.
C'est toi qui l'as présenté à Chantal pendant la "class action".
-Ils vont me demander un tarif de couple pour mes honoraires ?
-Je ne sais pas. Mais tu dois m'aider avec ton père.
-Et la table de jardin ? -Ca focalise son angoisse.
Tu connais ton père.
-Oui.
-"Avec mon affection."
"Prompt rétablissement..."
-Tu es là ? -Je viens d'arriver
de l'hôpital.
-J'ai du courrier pour ton père. -Encore ?
-"J'espère
"vous voir vite reprendre du service."
-Bah dis donc !
-Tu as l'air crevé. -J'ai peu dormi.
-Comment il va ? -Ca va. Il voit encore flou.
Il faut l'aider pour tout. Ce matin, je l'ai aidé à s'habiller.
Je n'étais pas préparé à ça. Merci d'être venue avec moi, hier.
-Qu'est-ce que je peux faire pour te donner du courage ?
-Me donner le pouvoir d'être partout à la fois.
-Je pensais à un dîner. Ca nous ferait du bien d'être ensemble.
-Oui. Et ça me ferait plaisir de voir Raphaël.
J'amène tout ça à Quiring ce soir à l'hôpital et on se voit après ?
Bon.
-Avec le serveur de l'application, on a pu avoir un nom.
Eric Tabo, 18 ans. Il joue dans l'équipe de Yohan, c'est
son remplaçant. Il n'a jamais digéré d'être juste suppléant.
-Quand Yohan signe un contrat pro, il ébruite son homosexualité.
-Dont on n'a aucun preuve.
-La rumeur suffit.
Ca peut détruire une carrière.
-Mais non. La société a évolué.
-Mais ça dépend où.
-Oui.
Eric aurait été jusqu'à tuer Yohan pour l'empêcher
de faire carrière ?
-Mais, pour ces jeunes, le foot, c'est toute leur vie.
Ils pensent et mangent foot. -Ca fait rêver.
-Les places sont chères.
Ca peut les rendre dingues. -2 autres joueurs ont assisté
à une dispute entre Eric et Yohan, hier.
Yohan était très énervé.
-Dans ce monde compétitif, une étincelle peut faire
des ravages.
-OK. On le convoque.
-On se balance ça pour se marrer. Entre les joueurs, ça se charrie.
-C'est très drôle. -Ca ne vole pas haut, mais ça va.
-Il ne faut pas trop en demander à des ados enfermés ensemble.
-Et l'humour des juges, par contre...
-Ca a tourné au harcèlement et un de vos camarades en est mort.
-Vous abusez un peu. -Non.
Ces messages anonymes, c'est du harcèlement.
C'est le dictionnaire qui le dit. -Yohan l'a bien cherché.
Avec son grand club, il se prenait pour Neymar, le mec.
-Vous vouliez
le faire descendre ? -Pourquoi il écrasait les autres ?
-Et vous vous vengez en envoyant
des messages homophobes ? -Vous êtes sérieux ?
C'est rien, ces messages.
-Des témoins vous ont vu vous disputer avec Yohan
peu avant sa mort.
-Eh ! Connard !
Arrête de raconter ces conneries. -De quoi tu parles ?
-Tu balances des conneries sur moi. -C'est pas moi.
-Tu mens.
-Si tu préfères les mecs, c'est ton problème.
Et tu n'arrives pas à coucher avec ta meuf.
-Pauvre mec ! Tu me fais pitié.
-Et après ?
-Il est parti. J'ai rejoint ma copine chez ses parents.
Je peux y aller ?
-Vous partirez quand on vous le dira, M. Tabo.
-Que vouliez-vous dire quand vous affirmiez
que Yohan n'y arrivait pas avec sa copine ?
-Vous n'avez qu'à demander à Cathy, la fille du coach.
Elle joue
dans l'équipe féminine.
-M. le juge, marchez moins vite. -Quoi, Meyer ?
-Si vous braquez nos suspects, on n'apprendra rien.
-Je n'ai pas de temps à perdre avec ces décérébrés.
-Comment ça ?
-Vous l'avez entendu.
On recherche un meurtrier, pas le rigolo de la classe.
-C'est un gamin de 17 ans qui a été assassiné. Sa famille est anéantie.
-C'est dur pour vous avec Quiring à l'hôpital, mais reprenez-vous.
-Oui, je suis tendu. Mais jouer les nounous pour mon père, ça me coûte.
-Quiring a besoin de vous. Et vous n'avez rien d'une nounou.
-Vous me trouvez trop dur ?
-Non, ce n'est pas ça.
Téléphone.
C'est Nadia.
Les parents de la copine d'Eric ont confirmé, il est resté chez eux
jusqu'à minuit. On doit interroger Cathy, la fille du coach.
-Bon. Très bien.
-Au début, Yohan m'intimidait.
Je n'osais pas trop l'approcher. Et puis, un soir,
il y a eu une fête. On a commencé à parler.
Et, au fur et à mesure, on est sortis ensemble.
-C'était quand ?
-Il y un mois à peu près.
-Les autres étaient au courant ? -Non.
Mon père m'interdit d'avoir des relations avec des joueurs.
Il ne rigole pas avec ça, il aurait pété un câble s'il avait su.
Du coup, avec Yohan, on était hyper prudents.
-A propos des rumeurs,
ça se passait comment entre vous dans l'intimité ?
-Ca ne se passait pas du tout, en fait.
Il n'y arrivait pas.
Du coup, j'étais inquiète, j'en ai parlé à ma meilleure amie,
la petite copine d'Eric Tabo.
Elle a tout répété à Eric.
-Qui a tout répété à son tour. Et Eric vous a balancée à Yohan ?
-Et, quand il l'a appris, Yohan m'a pourrie.
Et il a rompu direct.
-Selon vous, il était homosexuel ? -Non.
Je crois juste qu'il était hyper perturbé.
Il était bizarre depuis qu'il avait signé,
hyper excité un jour et totalement déprimé le lendemain.
-Vous n'avez pas essayé d'en savoir plus quand il vous a quittée ?
-Je n'en ai pas eu l'occasion.
Ca a été si brutal.
-Brutal ? Vous vous êtes battus ?
-Quoi ? Ca ?
-Non, je me suis pris un coup à un match.
-Et que faisiez-vous hier soir ? -J'étais chez ma mère.
J'y suis une semaine sur deux.
-Je ne vois pas Cathy
avoir le dessus sur Yohan.
Le crochet que sa tête a heurté est à quelle hauteur ?
-Je ne sais pas, 1,90m.
-Vous l'imaginez le hisser jusque là-haut ?
Téléphone.
C'est Quiring. Je n'aurais pas dû lui montrer la fonction dictée
sur le téléphone.
Et alors ?
-Le père de Cathy est super protecteur.
Elle tombe amoureuse de Yohan, il la quitte brutalement.
-Le père aurait vengé sa fille ? -Il en a la carrure. Non ?
-Oui. Téléphone.
Mais c'est une blague !
-J'ai enquêté sur Calfon.
Il déclare être passé
par le bureau du staff avant de partir à 19h30.
Le bureau est près des vestiaires.
Pour rentrer dans le bureau, il faut un badge relié à un logiciel.
Ca, c'est le relevé des mouvements.
-Son badge a bipé à nouveau à 20h13.
-Donc il ment.
-Il n'est pas rentré chez lui ? -Si.
Un voisin l'a vu rentrer
à 1h du matin. -Il a fait quoi ?
-J'ai visionné les bandes des caméras qui filment le terrain.
Il n'y a rien à en tirer.
Mais il se passe quelque chose
la veille de la mort de Yohan.
-Pourquoi Calfon met la main
devant la bouche ? -Les joueurs
font ça pour pas qu'on puisse
lire sur leurs lèvres. -Et Calfon est un ancien pro.
-Et pas Yohan. -Un expert
a décrypté et Yohan a dit : "J'ai jamais frappé Cathy.
"C'est que des conneries."
-Vous avez peut-être raison, Meyer. Merci.
-De rien.
-On va auditionner Calfon demain matin.
Vous pouvez me déposer à l'hôpital ?
-Bien sûr. Je saluerai Quiring.
"Nous vous souhaitons un bon rétablissement
"et un prompt retour parmi nous." -Merci.
Vous êtes très charitable.
-Vous allez bientôt rentrer chez vous. Qu'a dit le médecin ?
-Comme ma vue est floue, il dit qu'il faut attendre.
-Soyez patient. Tout va rentrer dans l'ordre. Au revoir.
-Merci, Meyer, pour les chocolats.
-Avec plaisir.
-Je te mets ça là et je te dis à demain.
-Non, Boris. Boris !
-Je vous laisse. -A demain.
-A demain. Au revoir.
-Au revoir.
-Oui ? -Sans abuser de ta gentillesse,
à mon âge, le sommeil est une chose fragile.
J'ai mes petits rituels.
-C'est-à-dire ? -Je ne peux pas m'endormir
sans avoir lu un chapitre de mon livre.
Téléphone.
C'est comme ça depuis des années.
Un problème ?
-Non. C'est Solène. Ca va.
D'accord. Il est où,
ton livre ? Il est où ? Euh... Il est là.
Tiens.
-Alors... "La colline orangée".
"Chapitre 7.
"A cette heure avancée de la journée,
"toutes les lumières de la ville commençaient à scintiller.
"Elle marchait seule dans les rues
"et ses talons claquaient sur les pavés mouillés."
Il y a combien de tomes ? -6.
-Ah ! Quand même ! -Mmm.
-"Devant elle se dressa soudain une immense silhouette..."
-Bonsoir, mon amour. -Le pire, c'est de retourner
vivre chez tes parents ou que tes parents vivent chez toi ?
-Qu'a-t-elle
fait ? -Avec son jules, ils ne font rien.
Ah !
Qui c'est qui cuisine ? C'est bibi.
Et ils roucoulent.
-Il la rend heureuse.
-Laissons-leur notre chambre ou même toute la maison
pour qu'ils soient heureux. -Barth !
-Et il habite où ? J'ai dû lui prêter des fringues.
-On va leur parler. Ne te mets pas dans cet état.
-Je n'y vais pas. -Non.
J'assure tes arrières, mais c'est toi qui commences.
C'est ta mère.
Bonsoir, mon amour. Merci, j'ai passé une très bonne journée.
-Heureusement que je suis zen.
-Vous habitez où exactement à Marseille ?
-J'habite où ? -Dans quel quartier ?
-Vous voyez le plan de Marseille ?
-Oui, plutôt bien.
-J'ai vendu mon 3 pièces
pour investir dans cet appartement au Portugal.
J'ai logé un peu
chez ma fille, mais, avec son mari, ses enfants, c'était compliqué.
-Sans blague ?
-Mais, heureusement,
j'ai rencontré Chantal.
-Et vous vous retrouvez chez son fils.
-Mais c'est plus simple. Vos enfants n'habitent plus là.
-Plus simple ? C'est pas dit.
-Barth et moi, ça fait longtemps qu'on est ensemble.
On a nos petites habitudes.
-Comme de pouvoir utiliser notre espace comme on l'entend.
-L'âge ne te réussit pas.
-Comment ça ? -On ne t'a pas éduqué comme ça.
Le sens de l'hospitalité, ça avait une signification chez les Meyer.
-Si mon père te voyait là... -Pardon ?
-Je ne voulais pas mettre le bazar. Il vaut mieux que je vous laisse.
-Non. Personne ne laisse personne.
-C'est une question d'organisation
et d'intimité.
On n'est pas obligés de tout partager, tous les repas.
-Les poils de barbe. -Les papouilles
du matin au soir.
-On pourrait faire
un tableau pour se répartir l'occupation de la salle de bains.
-C'est pas mal, ça. -Rassurez-vous.
Dès qu'Antoine aura obtenu gain de cause dans la "class action",
vous n'entendrez plus parler de nous.
-Puisque c'est arrangé,
je vais chercher le dessert surprise.
-Je viens avec toi.
-Ca dure combien une "class action" ?
-Ca dépend.
-Ca dépend de quoi ?
Ne me dis pas. J'aime mieux ne pas savoir.
...
-Boris ! Quelle chance
de te croiser !
-Je suis désolé.
-Tu as passé la nuit avec ton père ?
-Jusqu'à 1h du matin.
Je suis rentré, je me suis écroulé. -On aurait pu s'écrouler ensemble.
-J'aurais préféré, oui. Mais euh... ce soir, peut-être.
-Je sais que tu fais de ton mieux. On se rattrapera après.
-Je ne vais pas tenir ce rythme longtemps.
-Quel rythme ?
-Quiring
ne fait pas ses nuits. -Ils auront notre peau.
-Allez, laisse-moi faire. -Merci.
-On peut savoir ce que vous lui dites ?
-Je le remettais sur les rails.
Depuis qu'il avait été approché par un grand club, il était têtu.
-Vous lui parliez de votre fille. Quand et comment
Cathy vous a dit que Yohan la frappait ?
-Cathy est venue chez moi, il y a 2 jours, très mal.
Elle m'a avoué qu'elle avait eu une histoire avec Yohan.
Je le lui avais interdit. -Continuez.
-Elle m'a assuré que c'était fini.
3649581 Elle avait un pansement au poignet. Je l'ai questionnée.
Elle m'a avoué que c'était Yohan.
Alors oui, j'étais fou de rage.
Mais je ne l'ai pas tué. Je sais faire la part des choses.
-C'est vous qui le dites. -Yohan
avait été recruté par un club pro, avoir été coach d'un grand joueur,
ça n'a pas de prix.
-Et c'est plus important que le sort de votre fille ?
-Que faisiez-vous, ce soir-là,
à partir de 19h30, M. Calfon ? -Je l'ai dit.
J'étais chez moi.
-Un voisin vous a vu rentrer chez vous, mais à 1h du matin.
-On sait que vous êtes entré dans votre bureau à 20h.
Votre badge a été enregistré.
Pour être plus précise,
il était même 20h13. -Quoi ? Je n'étais plus au centre.
Non. On a dû me voler mon badge.
Je vous assure, je ne comprends pas.
-Où étiez-vous, M. Calfon ?
D'accord.
Vous étiez sur les lieux un peu avant le meurtre,
vous avez un mobile et vous refusez de nous dire où vous étiez.
Je vais vous mettre en examen. -Vous plaisantez ?
-C'est dans votre intérêt de nous dire la vérité.
-J'ai des problèmes avec l'alcool.
C'est pour ça que la mère de ma fille m'a quitté.
Et, hier soir, j'ai fait un crochet dans un bar
que je fréquente souvent.
Le patron du bar m'a ramené chez moi
dans un sale état. -Pourquoi ne pas l'avoir dit ?
-Je m'occupe de jeunes, M. le juge. Je dois leur donner l'exemple.
Si ça devait se savoir, je ne garderais pas mon poste longtemps.
-On va vérifier tout ça.
-Dans le cadre de votre mise en examen,
vous avez interdiction de parler
à un protagoniste de l'instruction.
-Papa ! Papa ! -Cathy, qu'est-ce que tu fais là ?
-Je n'ai pas pu l'arrêter.
-Votre père est mis en examen, vous n'avez pas le droit de lui parler.
-T'inquiète, ça va bien se passer.
-Papa !
Yohan ne m'a pas frappée.
Qu'est-ce qu'il a fait ?
-L'enquête le déterminera. Que se passe-t-il, Cathy ?
-C'est moi.
Quand on a rompu, j'ai tapé dans un miroir et je me suis coupée.
Demandez à mon médecin.
-Pourquoi avoir menti à votre père ?
-Je n'ai pas réfléchi.
Je ne pensais pas que ça se retournerait contre lui.
-Vous devriez vous faire un peu plus confiance avec votre père.
Ca éviterait bien des problèmes.
Cathy était bien chez sa mère.
L'alibi de Calfon a été confirmé par le patron du bar.
-Il faut annuler sa mise en examen et on a n'a plus de piste.
-Calfon a prêté son badge ou on lui a volé, comme il l'affirme.
-Quelqu'un l'a utilisé et remis dans sa poche.
-Mmm.
Ca vaut peut-être le coup d'aller faire un tour dans ce bureau.
-D'accord.
Ce n'est pas possible.
Je me demande si vous connaissez votre travail, mademoiselle.
Au revoir.
-Que se passe-t-il ?
-Ils veulent faire sortir Quiring
alors qu'il n'y voit rien.
-Qui dit qu'il ne voit rien ?
1896893 -Je me fie à lui. C'est ses yeux.
-Normalement, quelques heures plus tard, on n'y voit pas si mal.
S'il y avait un problème,
ils ne le laisseraient pas sortir. -Il aurait pu en rajouter ?
...
Bonjour. -Bonjour.
-Bonjour. -Bonjour.
-Meyer, qu'est-ce que vous espérez trouver ici ?
Le nom de l'assassin écrit sur un Post-it ?
-Je ne sais pas, quelque chose d'incongru.
-Bah... Tout a l'air en ordre ici.
-Comme un dossier rangé à l'envers.
Celui de Yohan Giraud.
Son dossier médical.
-Il a été consulté, les pages sont écornées.
Il avait peut-être un problème médical. Il est dans le désordre.
S'il venait d'être recruté, c'est normal qu'on s'y soit intéressé.
C'est un dossier, pas une relique. -Rien ne nous interdit
de le ramener au palais.
9244541 -Et on ne perd rien à faire analyser les empreintes.
-Non. Karim.
-Madame !
-Cathy ?
-On a discuté avec mon père, il a dit qu'il avait été trop sévère.
On a décidé de se parler plus souvent.
-C'est une bonne idée. Je suis contente pour vous deux.
-Excusez-moi. Savez-vous si Yohan avait des problèmes de santé ?
-De santé ? Non, je ne crois pas. Pourquoi ?
-Non, pour rien.
Merci.
...
-J'ai trouvé !
-Hum ?
-Christian, c'est copié-collé. -Ah !
-M. le juge ! -Je vous en prie, Meyer. Entrez.
-J'ai trouvé quelque chose dans le dossier médical de Yohan.
Regardez les croix. Elles sont identiques.
-Et alors ? -D'habitude,
elles sont toutes différentes. -Oui, sans doute.
-Une croix a donc été copiée-collée dans chaque case.
-C'est un certificat de cardiologie réalisé il y a moins de 2 semaines,
après son recrutement.
Yohan aurait truqué ses résultats ? -S'il avait une arythmie cardiaque,
il aurait pu s'écrouler sur le terrain à n'importe quel moment.
Et l'arythmie cardiaque grave ne s'opère même pas.
-Il faut arrêter le sport.
Et ses parents ? -Ils devaient l'ignorer.
A partir de 16 ans, un patient peut demander à son médecin
de garder le secret médical. -Vous êtes bien renseignée.
-Mon fils est avocat.
-M. le juge ! -Mais entrez.
-Sur le dossier, on a retrouvé de la sueur.
-Yohan sortait de l'entraînement. -Ce ne sont pas ses empreintes.
Ce sont celles de Léo.
-Eh bah, on le convoque.
Léo avait tout intérêt
à ce que Yohan continue sa carrière.
-Léo est respectueux des règles.
Il n'aurait pas joué avec la vie de son frère.
-Oui, Nadia ?
Il est injoignable.
-Merde.
le bornage de son téléphone en espérant qu'il l'ait.
-Tenez-nous au courant.
-Que se passe-t-il ? -Léo a disparu.
-Allez ! Allez ! Passe ! Allez ! Léo ! Allez, envoie !
Allez ! Passe ! Allez ! Envoie !
Envoie la balle !
Léo !
Tu fais quoi ? Allez ! Léo ! Tu fais quoi, là ?
Léo, fais la passe.
Envoie la balle.
...
-Léo ?
-On venait jouer sur ce terrain avec Yohan quand on était petits.
Mais il est vite devenu plus fort que moi.
-Tu étais fier de lui ?
Ca ne devait pas être facile d'être responsable de ton petit frère.
-Je ne voulais pas. C'était un accident.
Depuis que le club a contacté mon frère, il est devenu bizarre,
fermé.
Il y a eu ces histoires de rumeurs.
Donc j'ai été lui parler.
Yohan ?
Ca va ou pas ? C'est ton coeur ?
Tu veux que j'appelle un médecin ? -C'est juste un coup de mou.
-Il se passe quoi ? -Laisse tomber.
-Tu vas aller voir un médecin. -Tu n'es pas mon père. Compris ?
-Quand avez-vous eu la certitude
que votre frère était malade ?
-Quand j'ai passé ma visite chez le cardiologue à mon tour.
C'est des examens qu'on passe tous régulièrement.
Mon frère y avait été quelques jours avant moi.
-Vous avez questionné le médecin ?
-Oui.
Je lui ai dit que mon frère m'avait parlé de ses problèmes de coeur.
J'ai fait semblant de m'intéresser à la cardiopathie héréditaire.
Le médecin ne m'a pas détrompé, il m'a fait passer d'autres examens.
-Yohan a truqué le résultat de ses examens, n'est-ce pas ?
-Le staff faisait comme si le transfert était acquis.
Je ne comprenais pas.
Donc j'ai piqué le badge de Calfon.
J'ai été vérifier le dossier de mon frère.
...
Ses examens cardio étaient réguliers.
J'ai tout compris.
Une porte claque.
...
Ensuite, j'ai remis le badge dans la poche de Calfon.
-Et après ?
-Je devais parler à mon frère. On s'est vus dans les vestiaires.
Tu as foutu quoi avec ton dossier ? Tu te rends compte des risques ?
-Tu es jaloux ? -Non. Tu joues avec ta vie.
-Ca vaut le coup, non ?
-Tu as pensé aux parents ? Dénonce-toi ou je le fais.
-Tu vas le regretter.
-OK. On va voir.
-Tu n'as pas le droit de faire ça, je te dis !
-Je ne te laisserai jamais faire ça.
-C'est ma seule chance.
...
-Mais pourquoi vous n'avez pas appelé les secours ?
-C'était trop tard.
Et j'aurais dit quoi à mes parents ? Hein ?
...
-J'espère que les avocats de Léo prouveront que c'était un accident.
-Espérons pour lui. -Quiring sort aujourd'hui ?
-Mince ! -Je vous dépose ?
-Il y a trop de circulation. J'y vais en métro.
-C'est à gauche,
la station. -Merci.
114...
Pardon.
112... 110.
-Oui.
-Pardon. Excuse-moi.
Je ne t'ai même pas aidé à faire ta valise. Je suis désolé.
-Non.
Les infirmières l'ont faite.
-Heureusement qu'elles sont là, elles.
-Tu peux m'aider à trouver mon livre ?
Il doit être par là, mais je suis encore un peu dans le brouillard.
-Il est juste là.
Et, à la fin, le meurtrier, c'est bien le flic ?
-Non, pas du tout.
C'était sa femme. J'étais sur le cul quand j'ai lu ça.
Enfin bref. J'ai le 2e tome à la maison.
J'ai hâte qu'on le commence ensemble.
-Et moi donc !
On y va ?
-Rien ne s'y oppose.
-Alors vas-y, raconte.
-Sa femme, elle avait un amant.
-Non ? -Tu sais qui c'est ?
-Non. -Le chirurgien esthétique.
Il lui a fait une première opération qui s'est mal passée.
Et, à la 2e...
-Tu as vu le chariot ? -Evidemment.
-C'est quoi, cette musique ? -C'est le 19/21.
-Le quoi ?
-Ma mère a repris ton idée du tableau.
De 19h à 21h, ils ont le salon.
-Et ils font quoi ?
-Ils dansent. -Et nous ?
-Je vais te le dire. On a droit...
à la terrasse.
-On est bloqués ici pendant 1h30 ?
-Oui. Et ils ont bousillé la peinture de la table.
-Enfin, on peut quand même rentrer chez nous.
-Je vais tomber !
Non ! Je vais tomber !
-On se fait un resto ?
-Oui.
Je me laverai les mains là-bas. -Oui.
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