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...
-Bonne journée, maman.
-Bonne journée, Chantal.
Elle reste jusqu'à quand ? -J'en sais rien, je sature.
-Je lave et repasse son linge. Elle change les meubles de place !
-Ca veut dire qu'elle s'installe. Je vais lui parler.
Bonne journée.
-J'arrive !
J'arrive !
-Que fais-tu ? -Tu m'emmènes à ta mairie.
-Mais maman,
pas à moto !
Constance t'y amènera.
-Je suis prête.
J'en faisais avec ton père.
-C'était quand ?
-Le mois dernier, j'ai fait de la moto.
Tu m'as pas vue sur Instagram ?
-Je l'ai pas vue.
Et on va pas nous rater.
-Bonne journée.
...
-Oui, bien sûr.
On arrive sur la scène de crime. A plus tard.
Quiring ne me lâche pas. -La mort d'une avocate,
ça va faire du bruit. -Bonjour.
Madame a découvert le corps ? -Oui.
La porte était ouverte.
A priori, la victime serait morte hier entre 18h et 20h.
-Antoine disait qu'avocat était un métier sûr.
-Il aurait pu vouloir être flic.
Jeanne Vernay, 30 ans. Elle a ouvert ce cabinet il y a 4 mois.
Célibataire, pas d'enfant. -C'est l'arme du crime ?
-Oui. Il y a
du sang sur le socle.
Elle a été frappée
au menton.
Ca a causé "une hyperflexion du rachis cervical".
Le coup du lapin, quoi.
-Il y a eu effraction ? -Non.
Son portefeuille était dans son sac.
Mais y a pas d'ordi.
-Le tueur l'a suivie jusqu'ici pour le lui prendre et ça dégénère ?
Ou alors c'est lié à son travail. -Vous avez un sac à scellés ?
-Pour quoi faire ?
-Pour pas laisser
comme ça cette pauvre bête. Merci.
-Sinon ici, ce n'était pas qu'un cabinet.
A côté, il y a un lit de camp.
Elle devait dormir là.
3921317 -Le prix à payer pour recevoir des clients dans ce quartier.
-Avec ce qu'on a là, on est loin du bling-bling :
litige
entre voisins.
-Comme un avocat qui débute. -Elle était
au palais hier.
A la 6e chambre.
Elle a dû plaider.
Commençons par ça.
-Et lui,
on en fait quoi ?
-Eh bien, on le garde. C'est un témoin.
-Boris, j'ai eu un appel du bâtonnier.
-Déjà ?
-Oui. Je m'en occupe.
-De la victime ?
-Elle allait se présenter aux élections du conseil de l'ordre.
-C'était une battante.
-Vous avez des pistes ? -On reconstitue
son emploi du temps. Hier, elle était au tribunal.
-Obtenez le planning des cas jugés et le nom des avocats.
-Je m'en occupe. Tenez Nemo.
-Oui.
-C'est quoi, Nemo ?
-Le poisson rouge de la victime.
-Meyer espère lui soutirer le nom du coupable ?
-Elle en est capable. -Aucun doute.
-Tu sais qui l'a tuée, hein ?
-D'après 2 confrères,
Jeanne Vernay est restée au tribunal entre 14h et 17h30.
Son client est passé en dernier, pour une affaire d'escroquerie.
-Ils ont remarqué quelque chose ?
-Qu'elle était stressée, tendue.
-Et le matin, elle était aux affaires familiales.
-Pour quel dossier ?
-Je demande à la juge si elle peut nous voir.
-Elle a été tuée ?
-Vous l'avez vue hier
pour un divorce.
-Que s'est-il passé ?
-J'ai reporté l'audience à cause de son client : Eric Mareuil.
-Pour quelle raison ? -C'est un divorce compliqué.
Il se bat pour la garde partagée de son fils, sa femme refuse.
Elle réclame une pension alimentaire qu'il juge impossible.
Donc hier, l'avocate de Madame a fourni des documents qui montrent
qu'il a dissimulé des revenus. Il gère des patrimoines.
-Et il a mal réagi ?
-Oui. En sortant, il s'en est pris à Me Vernay.
-Ne me la faites pas à l'envers.
Vous parliez avec son avocate.
-Elle est venue me parler.
-Elle vous a filé combien ? -Je vous ai dit
qu'il fallait pas dissimuler... -Vous saviez tout !
-M. Mareuil,
calmez-vous.
-Fermez-la ! -Vous outragez
un magistrat.
-J'en ai ma claque de toutes ces mal baisées qui en veulent
à mon fric et qui m'empêchent de voir mon fils.
-Calmez-vous.
-Toi, tu me touches...
Vous ne vous en tirerez pas comme ça.
-Ca va aller ? -Oui. Merci.
-Mareuil avait déjà été violent ?
-Il a frappé sa femme. Elle avait porté plainte pour kidnapping
car il n'avait pas ramené leur fils à temps.
J'ai pris une mesure d'éloignement.
-Merci.
-On a retrouvé l'ordi de la victime dans une poubelle de sa rue.
Mais y a rien à en tirer. Il n'y a plus de disque dur.
-Des empreintes ?
-Non. Rien sur l'arme du crime et les empreintes
relevées à son cabinet, y a pas de correspondance dans le fichier.
-Nous, on a un suspect : Eric Mareuil.
-J'allais vous en parler.
On a débloqué
le téléphone de la victime. Il a laissé 8 messages, hier.
Bip.
Bip.
Bip.
et on règlera ça à ma façon.
C'étaient des mots.
Me Vernay savait
que c'était important pour moi, la garde partagée de Léo.
Et là...
-Où étiez-vous entre 18h et 20h ?
-Pas à son cabinet, si c'est
ce que vous insinuez. Elle ne me prenait pas
au téléphone. Elle n'allait pas m'ouvrir.
-A l'audience,
vous l'avez accusée d'avoir divulgué à la partie adverse
des infos sur vos revenus.
Vous avez été menaçant.
-Je me suis laissé emporter.
Depuis 15 jours, elle était fuyante et avait annulé un rendez-vous.
Elle me cachait des choses.
Et financièrement, elle ne s'en sortait pas.
-Vous pensez qu'elle monnayait
ses infos ? -Mon ex
a donné du fric à ses voisins pour qu'ils disent que je frappe Léo.
-Vous étiez furieux contre Jeanne. Vous n'alliez pas laisser passer.
-Je suis pas un tueur. J'allais juste prendre un autre avocat.
-Comme elle possédait vos informations personnelles,
et que son ordinateur a disparu...
-Je n'ai pas été à son cabinet.
-Où étiez-vous ?
-Avec mon fils.
-Alors que vous n'en avez pas le droit.
-Léo fait du basket.
Je vais le regarder jouer.
Mais de loin.
Dans les gradins.
Je vous en supplie, ne dites rien.
Si la juge l'apprend, j'aurai jamais
la garde.
-Je peine à croire que Jeanne
ait trahi Mareuil. Elle allait pas risquer de le perdre.
-Mais lui le croit, et comme son divorce l'a mis à cran...
On fait quoi ? On prolonge
sa garde à vue ?
-Euh...
Le rapport de la scientifique sur le portable de la victime.
-Mais j'ai un déjeuner.
Bon, merci. -Monsieur le juge, vous n'allez pas
le lire à table.
-Merci.
-Voilà.
-Merci.
-Tu sais si ta baby-sitter est libre demain soir ?
Quiring m'a passé son invitation pour un vernissage au MuCEM.
-Demain soir ? -Oui. J'aimerais qu'on y aille.
-J'avais autre chose en tête. -Oui...
On reste une heure et après, on fait ce qu'on veut.
-Ca y est.
J'ai parlé à Raphaël de nous deux.
-Ah oui ?
Et qu'est-ce qu'il a dit ?
-Il a dit qu'il voulait bien te rencontrer.
-C'est pas un peu trop tôt, tu crois ?
-Un peu tôt ? -Non.
Je ne sais pas.
Non, mais très bien.
Très bien. Et l'expo, j'irai une autre fois.
-Vous allez bien vous entendre. -S'il ressemble à sa maman, oui.
Mareuil était au gymnase hier. Il faut chercher ailleurs.
-J'ai quelque chose.
-"Sexisme ordinaire chez les avocates". C'est quoi ?
-Un blog où des avocates
témoignent des comportements désagréables qu'elles ont subis.
-Jeanne Vernay a écrit dessus ? -Oui. Sous le pseudonyme de Nemo.
-C'est vraiment elle ?
-C'est le nom du poisson clown dans le film.
Elle s'en servait
comme mot de passe. Alors, Nemo raconte
le harcèlement subi quand elle était dans un autre cabinet.
-C'est-à-dire ? -Un associé,
il l'interrogeait
sur sa vie sexuelle, il avait les mains baladeuses.
Evidemment, jamais de témoin.
-Les avocats sont
comme leurs clients.
-Le statut de collaborateur n'est pas protégé par le code du travail.
On peut licencier sans justification.
-Les femmes sont à la merci d'associés
qui peuvent en profiter. Elle donne des précisions sur cet homme ?
-Un détail.
"Il est contre moi.
"Je ne vois
"que sa putain de pochette rouge."
Ca a été posté il y a 6 mois. Elle venait de quitter GTN.
-GTN pour Gardanne Turlin Nemours ? Ce serait l'un d'eux ?
-Je sais pas. C'est une grosse boîte. Antoine y a fait un stage.
-Votre fils est là ?
-Oui. Je l'ai prévenu.
-Votre fils est avocat ?
-Sachez qu'à Marseille, les Meyer sont partout.
-Jeanne Vernay ? Ca ne me dit rien. -Elle était partie avant ton stage.
C'était comment chez GTN ? -Ils sont impliqués
dans le meurtre ? -Je peux rien dire.
-C'est toi qui viens me voir. -Je m'intéresse juste à ton stage.
-Regarde.
J'ai un casier à mon nom. C'est la classe.
-Je suis fière.
Alors, GTN ?
-C'est une usine.
Tout le monde court après le "billing".
-Quoi ?
-Le chiffre d'affaires. J'étais pas à l'aise, là-bas. Les collègues,
ils avaient jamais le temps de prendre un verre.
-Entre les collaborateurs et les collaboratrices, ça allait ?
-C'est la femme qui s'intéresse
aux avocates ? -Exactement.
-Je n'ai rien vu.
Mais il a pu y avoir des dérapages.
-Et parmi les associés, il y en avait un
qui avait une pochette rouge ?
-Oui. Patrice Gardanne. La star du cabinet.
-Merci,
mon chéri.
Enfin... Maître Meyer. -Oui, s'il te plaît.
...
-J'ai trouvé ce courrier dans le casier de Jeanne Vernay.
C'est d'une société d'exploitation d'un parking.
-J'ai pas mes lunettes.
-Elle voulait
les images de vidéosurveillance,
car un homme l'avait embrassée.
-Nous pensons qu'il s'agit
de Gardanne.
Il s'en serait pris à elle.
-D'autres ont une pochette rouge.
-Jeanne a contacté les 4 avocates
de GTN. -Elle montait un dossier
contre lui dans son ordi.
-Il a été détruit.
Si je vous suis,
il harcelait peut-être
Jeanne qui avait peut-être un dossier contre lui,
qui l'a peut-être poussé à la tuer.
Gardanne a
des réseaux. Il faut plus qu'un témoignage sur un blog.
-J'interrogerai ses associées.
-N'oubliez pas que c'est un avocat, et c'est un bon.
-Je les convoque ?
-Non. On va jouer la surprise.
-Vous allez rencontrer Raphaël, le fils de Solène ?
Ca va bien se passer. -Je manque de pratique.
-Vous allez faire quoi ? -On va aller à la plage.
-C'est bien, vous ferez des pâtés, du cerf-volant.
-Je ne sais pas quoi lui dire. -Il est en quelle classe ?
-Je sais plus. 8 ans, c'est CE1 ou CE2 ?
-L'important avec les enfants, c'est d'être simple et naturel.
Souvenez-vous de vos 8 ans. C'était il n'y a pas si longtemps.
-Oui. Jeanne m'a laissé un message
pour que je la rappelle.
J'allais le faire aujourd'hui. -Vous avez gardé ce message ?
-Non. Je les efface, sinon ma boîte est pleine.
-Vous avez travaillé avec elle ? -Quelques semaines, oui.
Après, elle a monté son cabinet
pour être indépendante.
-A-t-elle été victime de harcèlement ici ?
-Euh... non, je ne sais pas. Elle ne m'en a jamais parlé.
-Auriez-vous été témoin d'un comportement ambigu
de la part de certains associés ?
-Non.
Désolée, j'ai un rendez-vous avec un client.
-Les rapports au sein de GTN sont excellents.
Excusez-moi. Vous permettez ? -Oui. Je vous en prie.
-Celles que j'ai interrogées n'ont pas eu le temps de rappeler Jeanne.
-Mlle Chen n'a pas eu le message. "Souci de portable", soi-disant.
Elles ont dû se concerter.
-Elles n'ont pas demandé
qui était l'associé qu'on soupçonne.
-M. le juge... -Le voilà.
-Me Gardanne.
-On vient de me prévenir.
J'ignorais votre venue.
-On voulait juste s'entretenir avec vos collaboratrices.
-On a appris, pour Me Vernay.
Tous ceux qui l'ont connue sont bouleversés.
Je vous en prie.
Un café ?
-Non, merci. On nous attend.
-Des questions ?
Entrez !
-Excusez-moi, Monsieur. Un pli urgent à faire signer.
-Merci, Nathan.
Si vous avez des questions...
-Quelles relations
entreteniez-vous avec Jeanne ? -Professionnelles.
-Récemment,
vous l'aviez vue ?
-J'ai mis fin à notre collaboration.
Je n'ai pas renouvelé son contrat.
Elle m'a fait du chantage en m'accusant de harcèlement.
J'ai pas cédé.
Elle n'a pas donné suite, car ces allégations étaient infondées.
-Vous savez qu'il est difficile de prouver le harcèlement
sans preuve.
-Ne tombons pas dans l'excès inverse
en donnant du crédit absolu aux supposées victimes.
Il y a présomption d'innocence.
-Tout à fait. Et justement, où étiez-vous hier soir ?
-Ici. Je travaillais sur un dossier.
Je suis parti vers 21h30.
J'ai retrouvé ma femme pour un dîner chez le préfet.
-Gardanne a devancé nos questions. -Il faisait passer Jeanne
pour une mythomane.
-Sans la réalité du harcèlement, pas de mobile de meurtre.
Quiring veut me voir.
Gardanne a prévenu le bâtonnier.
-Constance !
-Ma belle-mère.
-Elle est colorée. -Oh oui.
-Je profitais d'être en ville pour venir voir Antoine plaider.
Il a été formidable !
Quelle prestance !
Surtout avec le 1er accusé. -Le pâtissier.
Il a balancé une tarte sur un conseiller régional.
-C'est de la démocratie directe.
-C'était un geste politique.
La tarte ayant taché la chemise, il fera un stage de citoyenneté.
Un hommage à Jeanne Vernay est organisé.
-Oui, c'est bien.
-Mamie, tu reviens quand tu veux. -Oui, mon chéri.
-A très vite.
-Barth a beaucoup de réunions. Vous me ramenez ?
-Bien sûr. Je vais d'abord à mon bureau.
-On pourra faire des courses ?
Parce qu'il faut que je m'achète des chaussons.
Il fait frais, dans la véranda. Vous n'avez pas remarqué ?
C'est beau, la Sardaigne ?
Hmm ! Je suis tentée, mais il faut que je me calme sur les voyages.
-Passe-la-moi après. -Ton père veut te parler.
Ah oui, entendu.
A bientôt, ma chérie. -Maman, je voulais lui parler !
-Alice vous embrasse. Finalement,
elle est heureuse de travailler sur les croisières.
Elle va à la soirée du commandant. -Espérons qu'elle sera embauchée.
-Mon chéri, ne t'inquiète pas,
tu m'as fait des petits-enfants extras.
-Avec Constance. -Vous savez,
quand j'avais l'âge d'Antoine,
je voulais être avocate pour sauver la veuve et l'orphelin.
-Bien sûr. -Fais pas cette tête.
-Tu m'en as jamais parlé. -Je voulais pas être épicière !
J'ai rencontré ton père, on s'est mariés,
et j'ai fait une croix sur mes rêves.
Enfin, je ne le regrette pas.
Là, vous n'avez pas de rêve ?
-Aucun.
Je vais çà et là,
au gré du vent.
-Dommage,
parce qu'il y a pas de mistral, en ce moment.
-Mais je suis très bien ici. Oh !
Ah... chouchoutée par mon fils.
-Allez.
Tu n'aimes pas le blanc ? -Non.
-Alors une cuisse. -Je préfère la cuisse.
-Bonjour. -Bonjour, M. le juge.
Oh, c'est gentil, vous avez pensé à mon anniversaire.
-C'est aujourd'hui ?
-Non. Je blague.
-Vous m'avez fait peur. C'est pour Raphaël.
J'ai acheté une édition illustrée des "Trois Mousquetaires".
-J'adore.
-C'est indémodable. -Ah oui.
Vous savez comment s'appelait la fiancée de d'Artagnan ?
-Constance.
C'est un signe.
Sonnerie.
Oui, capitaine.
Très bien, amenez-le. Merci.
-Un témoin va parler de Gardanne.
-Allons-y. Un pour tous.
-Et un café pour moi.
-Bonjour. -Bonjour.
-C'est M. Pontet, le témoin dont je vous parlais.
-Asseyez-vous.
-Mais j'ai pas beaucoup de temps. -Il travaille au cabinet GTN.
-Vous êtes coursier, là-bas ?
-Oui, et je fais aussi de la maintenance.
-Répétez ce que vous m'avez dit. -Je veux pas perdre mon job.
-On enquête sur un meurtre, alors répondez à ma question.
-Eh bien, c'était mardi, dans l'après-midi.
J'ai déposé un courrier en ville, et de retour au cabinet,
la moto de Gardanne n'était pas là. -Il était ?
-18h30. Il est revenu
une heure après. Je changeais des ampoules.
-Il vous a semblé comment ?
-Nerveux, stressé.
Il a appelé son assistante,
elle n'est pas là, il claque la porte.
Après, je suis parti pour mes cours du soir.
-Il a déjà eu des gestes déplacés avec les femmes ?
-Je ne sais pas.
Par contre, c'est le genre de mec qui claque des doigts.
Il parle cash avec tout le monde.
Je peux y aller ? -Oui.
-Merci.
-Donc Gardanne a menti ? Il s'est absenté quand Vernay a été tuée ?
-Il avait le temps de la tuer.
-Il aurait été prévenu des intentions de Vernay ?
-Vu leurs réponses, hier, oui.
-Elles protègent
leur boss pour sauver leur job.
Vous avez un problème avec vos lunettes ?
-Non, pas de problème.
Vous allez convoquer Gardanne ? -Oui, et perquisitionner
ses bureaux.
-Vous espérez trouver quoi ? -Des e-mails
qui prouveraient le harcèlement.
L'ordi de la victime,
il contenait des éléments compromettants.
-Prévenez le bâtonnier et tenez-moi au courant. Merci.
6779474 Et fermez la porte.
-Il est plus bizarre que d'habitude.
-L'enquête le tracasse.
-Il a des soucis ? -Je sais pas. Je le vois peu.
-Solène n'a rien dit ? -Non.
Mais on ne parle pas beaucoup... de lui.
On ne parle pas beaucoup de lui.
-J'ai oublié de dire que j'étais sorti acheter des cigarettes.
-Ca vous a pris plus d'une heure.
-Cette procédure est abusive. Le bâtonnier en est témoin.
Ca n'en restera pas là. -C'est normal, la clé USB, ici ?
-J'en ai une par dossier, des clés USB. Où est le problème ?
-Vous les rangez derrière vos masques ?
-Elle est pas à moi.
-Ce n'est pas contrevenir
à la règle de confidentialité ? -Non.
-Allez-y, capitaine.
client. Tu nous sors le grand jeu.
-J'ai un rendez-vous.
pour booster ta carrière.
J'ai été piégé.
C'est évident.
-C'est pas vous la victime.
-En garde à vue.
Vous voulez
un avocat ?
-J'assurerai ma défense.
-On aimerait parler
à Sophie Pardo.
-Elle est en rendez-vous extérieur.
-Si vous souhaitez revenir
sur vos déclarations, c'est le moment.
-Mardi, Jeanne m'attendait devant le cabinet.
Elle était à cran.
Il la harcelait, ici. Il avait recommencé la semaine dernière.
-Je peux pas croire que ce porc t'ait rien fait.
-Je vais pas inventer des agressions.
-Je nous défends toutes.
-Ca suffit, maintenant.
-La fermer n'est pas la solution.
-T'as rien à faire ici.
-Vous êtes pas au-dessus des lois. Vos saloperies seront sues de tous.
-J'ai pas à écouter ces délires. -Pourquoi vous voulez foutre
ma carrière en l'air ?
-Allez, dégage.
-C'était à quel moment ?
-En fin d'après-midi.
-Et Me Gardanne ?
-Il est monté et après, je sais pas.
-C'est lui qui vous a demandé de vous taire ?
Vous aussi, vous êtes
une victime.
-Je prends sur moi.
C'est le prix à payer
pour réussir dans ce métier. -Jeanne Vernay a dit que Gardanne
voulait foutre sa carrière en l'air.
Jeanne s'occupait déjà
des affaires de Mareuil, à GTN. -Le divorcé agressif ?
-Quand elle a ouvert son cabinet, il l'a suivie.
-Donc les infos révélées à l'audience, Gardanne y avait accès.
-Et on sait qu'il communiquait avec la partie adverse.
-Si vous n'aviez pas coincé
Jeanne dans ce parking...
-Je l'ai pas coincée.
-Elle ne vous en aurait pas voulu
et l'affaire se serait arrêtée là.
-Vous saviez qu'elle vous en voulait.
Pour lui nuire, vous avez fait fuiter
les infos sur le patrimoine de son client Mareuil.
-La règle n'est pas
votre priorité.
-Elle le savait.
-Elle ne vous lâcherait pas, et vous avez décidé de l'en empêcher.
-C'est faux.
-Cette clé USB, vous l'avez prise dans son cabinet.
-J'y suis pas allé.
-C'est vrai, au moment du meurtre, vous achetiez des cigarettes.
-J'étais dans un hôtel, au bar.
Le Cosmo. Vous n'avez qu'à vérifier.
-Pourquoi l'avoir caché ?
-Vous n'étiez pas seul ?
-J'étais avec Sophie Pardo.
-La femme que vous harcelez sur les images ?
-On devait discuter d'un dossier,
mais elle n'est pas restée.
-Dommage. Votre réunion a été écourtée.
Elles ont toujours lieu au Cosmo ?
-Un bar d'hôtel, c'est pratique.
-Je vous ai donné mon alibi, alors faites votre boulot.
-Chantal ?
Que faites-vous là ? -Je vais aux assises.
-Antoine n'y est pas. -Je sais.
Mais on m'a signalé qu'une femme avait tué son mari et son amant.
Comme au théâtre. -Et gratuit !
-J'y vais car je veux être bien placée.
-Tiens, je vous présente
le juge Delcourt. -Ravi.
-Enchantée.
Ah... mais vous êtes très jeune. Vous avez vraiment
un métier passionnant.
Les enquêtes,
les trahisons... Vous aimez
les crimes ?
-Pardon ?
-Je lui disais qu'une femme avait tué son mari et son amant.
C'est pas banal. Enfin, on va voir si c'était justifié.
-On enquête aussi
sur un crime. -Tenez-moi au courant.
Au revoir.
-Elle se plaît au palais.
-Autant qu'à la maison.
Et pour Me Gardanne ?
-Le personnel du bar a confirmé son alibi.
-Il l'a pas tuée.
-Mais Sophie Pardo n'est restée avec lui que 10mn.
-Elle n'est pas qu'une victime ? -Le capitaine l'a interpellée.
-Contrairement à vos dires d'hier, vous êtes une victime de Gardanne.
-Vous avez fait ces images la semaine dernière
après le 1er appel de Jeanne Vernay.
-On n'était pas intimes avec Jeanne, mais...
On avait subi les mêmes choses.
Elle pensait qu'une action commune pouvait le faire tomber.
-Gardanne vous a confié le dossier Royer
qui pouvait booster
votre carrière et vous propulser au statut d'associée.
Le moment était
mal choisi pour intenter une action contre votre patron.
Vous avez fait marche arrière.
-J'ai réfléchi. Ca ne va pas être possible.
-Comment ça ?
-Ca tombe mal. -Quoi donc ?
-Gardanne m'a confié le dossier Royer.
-Et ?
-Et je ne pouvais pas refuser.
-Et tu lui es redevable ?
Tu en es consciente ?
Il te lâchera pas et il s'arrêtera que quand tu lui auras cédé.
C'est de l'abus de pouvoir.
T'as pas déjà cédé ?
T'as couché avec lui ?
-Rends-moi la clé USB.
Tu as d'autres témoignages ? -C'est en cours.
-Comment ça ? Tu n'as que mes vidéos ?
Ne les utilise pas.
Rends-moi la clé. -Mais tu sais que j'ai raison.
-Jeanne Vernay mettait en péril votre carrière.
Il n'y avait plus qu'une solution : Récupérer votre clé USB.
Vous l'avez attendue à son cabinet.
-Mlle Pardo...
-Jeanne m'a rappelée.
Elle s'est excusée de s'être énervée.
On devait en reparler le lendemain.
-Mais elle ne peut plus
le confirmer.
Vous étiez au Cosmo, le soir du meurtre, juste 10mn.
Vous étiez fébrile.
-J'ai pas tué Jeanne, je l'ai pas revue.
Et avec Gardanne, j'étais pas fébrile. J'étais écoeurée.
Il me fixait
avec son sourire lubrique. Il me tripotait la main et après...
Sophie soupire.
Tout ça pour un dossier.
J'en pouvais plus. Je suis partie, je suis rentrée chez moi.
Il faut me croire.
Quelqu'un approche.
-Qu'est-ce qui vous tracasse ?
-Qu'elle aille récupérer la clé USB et que ça tourne mal
avec Jeanne, c'est plausible.
Mais pourquoi la cacher ?
-Elle fait d'une pierre deux coups. Elle dénonce le harcèlement
et Gardanne est accusé.
-Elle ne voulait pas que ces images soient vues.
-Ce serait qui alors ?
-On revérifie leurs alibis. On verra demain.
Vous avez raison. Bonne soirée.
-Bonsoir.
Nemo...
Toi qui as tout vu,
c'est Sophie Pardo ?
-Dis donc, c'est pas bien
de voler. -Il m'a pas rendu
mes pièces.
-Ni de mentir. -J'ai pas eu mon chocolat.
-Laisse-moi faire.
Boris cogne la machine.
-Eh bien, vous avez fait connaissance.
-Ah c'est Raphaël ?
Je l'avais pas reconnu.
On devait aller
le chercher ensemble.
-T'as pas eu mon texto ? Le centre a fermé
plus tôt. -Non.
Je viens de rallumer mon portable. Bonjour.
Je suis Boris. -Je sais.
On va manger une glace
à la plage ?
-T'es prêt ?
-Oui. Glace et plage. Super !
Attends.
Il continue de taper.
...
-Bonjour.
-Tu as du fil ?
-Que t'arrive-t-il ? -Ma bavette est décousue.
-Tiens.
-S'il te plaît, maman.
-Je t'ai appris ou pas ?
Tu es en comparution immédiate ? -Oui.
Pour le pâtissier.
-Encore ?
-Là, il a balancé une tarte, mais une vraie.
Moi qui pensais qu'il avait compris.
-C'est comme ça qu'on se fait une clientèle.
-Sophie Pardo est en garde à vue ?
Radio Palais !
-Tu l'as eue à un stage ?
-J'ai fait des recherches
pour elle : la jurisprudence du droit social. J'en pouvais plus.
Elle a été harcelée ?
En repensant à GTN, je ne vois pas d'histoire de harcèlement.
-Les harceleurs sont discrets.
-Sophie ne se laissait pas faire.
Elle a pourri un mec.
-Un associé ?
-Non. Le coursier.
Genre : "T'es trop con. On te gardera pas si tu bosses comme ça."
Quand elle m'a vu, elle a fermé la porte.
-Le coursier,
c'est Nathan Pontet ?
-Oui.
T'as une agrafeuse ?
Je m'en sors pas.
J'ai tout oublié.
-Excusez-moi.
...
Tu es déjà prêt ?
-Oui. Je ne prends plus mon café à la maison.
-Mais il est 7 h.
-Je sais.
Son portable sonne.
-Oui, Nadia ?
C'est intéressant, comme information.
OK. J'arrive. A tout de suite.
-Bonjour, Meyer. Désolé pour le retard.
-Ca s'est bien passé avec Raphaël ?
-Comment vous le savez ? -Vous portez la chemise d'hier.
Vous n'avez pas dormi chez vous.
-Non. Au début, j'ai cru être devant un petit juge.
-Il vous a mis
en examen. -On a acheté un cerf-volant
et on s'est bien amusés.
-C'est pas si difficile. -Hmm.
Je veux bien.
-C'est pour Nadia.
Elle le mérite.
-Vous n'avez pas une pièce ?
-C'est le coursier de GTN ? -Nathan Pontet.
Il y a un lien avec Sophie Pardo. -Il y avait un dossier
chez elle.
Il était cambrioleur, elle l'a défendu et a pu alléger sa peine.
-Pourquoi on ne nous l'avait pas dit ?
-Il était mineur, à l'époque, et ça a été effacé de son dossier.
-Pourquoi Sophie l'a défendu ? -C'est son demi-frère.
Il est né 7 ans après. Ils ont la même mère.
-Ils seraient
complices ?
-Il a pu récupérer la clé.
-Pour Nathan Pontet, entrer sans effraction, c'est simple.
-Vous avez boutonné lundi avec mardi, M. le juge.
-Je vous ai dit ce que je faisais.
J'étais en ville,
et je suis revenu au bureau à 18h30.
-Vous avez parlé avec Sophie Pardo ce jour-là ?
-Non. On ne se parle pas au bureau. Enfin, bonjour, au revoir.
-A GTN, nul ne sait que vous êtes de la même famille ?
-Non. Elle préfère pas. -Elle était harcelée par Gardanne.
-Je l'ignorais. Mais j'ai entendu les avocats en parler, ce matin.
-Votre formation Web design, c'est Sophie
qui la paie. Elle vous a défendu au tribunal
et vous a eu ce job chez GTN.
-Oui. Et alors ?
-Si elle vous avait demandé
de récupérer la clé chez Jeanne Vernay, vous l'auriez fait ?
-Elle ne me l'a pas demandé.
-En scooter, ça va vite.
-J'ai rien à voir avec ça.
-Très bien. Christian,
vous pouvez raccompagner M. Pontet ?
-Merci. Au revoir.
-On essaie le plan B ?
-Nathan ?
-Ca ne va pas, M. Pontet ?
Vous n'allez pas laisser
votre soeur payer pour le meurtre ?
-C'est moi qui ai tué l'avocate.
-Nathan !
-Je voulais t'aider. Tu étais tellement mal.
Il fallait
récupérer les vidéos.
-Que faites-vous là ?
Vous travaillez chez GTN ?
Rendez-moi ça. -Non.
Lâche !
C'était un accident.
Je t'avais dit que c'était fini, les conneries, hein ?
Mais là...
T'as toujours été là pour moi.
Je voulais juste faire pareil.
-J'aurais dû t'écouter quand tu m'as dit de quitter cette boîte.
Maintenant, à cause de moi... -Non.
A cause de Gardanne.
C'est lui qui aurait dû mourir.
Je voulais qu'il paie pour ses conneries. Ces mecs-là,
ils s'en sortent toujours.
-Allez.
-Le bâtonnier vous félicite.
Il veut un rapport sur le harcèlement.
Ca va libérer la parole.
-Une collaboratrice de Gardanne a déjà porté plainte.
-Une mort, ça fait réagir.
Téléphone.
-Oui, Solène.
-Oui.
-Bon, j'y vais, alors. -A demain.
Pardon, Meyer, excusez-moi.
Dites à Solène de m'apporter le parapheur. Elle l'a oublié.
-Il est là.
Non, à côté.
-Ah...
-Tout va bien,
M. le procureur ?
-Oui. Pourquoi ?
-Hier, on s'est croisés
et vous ne m'avez pas vue. -Je dois changer de lunettes.
A force
de regarder nos écrans, ça arrive.
Mais tout va bien. Bonsoir, Meyer.
-Bonsoir.
...
-Tu ne devais pas répondre.
-C'était peut-être important.
On va pas s'énerver pour un appel. -Coucou !
Je vous présente
Nemo. -J'ai répondu au portable
de ma mère et un type
d'un garde-meubles me demande si je renouvelle le contrat.
C'est quoi cette histoire de box ? T'as plus de place à la maison ?
-Je l'ai vendue.
-Hein ?
T'as vendu la maison ?
Mais tu comptais m'en parler quand ?
-Change de ton. Je n'ai pas de compte à te rendre.
C'était ma maison. -T'as besoin d'argent ?
-Oh...
Qu'il est mignon, Nemo ! -Maman, je t'ai posé
une question.
-J'ai acheté un appartement dans une résidence, au Portugal.
Un très joli endroit, avec tous les services.
-C'est super, le Portugal. Et vous emménagez bientôt ?
-Ah ben...
C'est que...
Le promoteur,
il a fait faillite.
-J'ai besoin de boire un truc.
-Mais avec tous les acheteurs,
on veut récupérer notre argent.
-En résumé, tu es à la rue ?
-Non, elle n'est pas à la rue. -J'ai tous mes meubles.
-Je te préviens, ici, y a plus de place.
-Mais si, y a de la place. -Je vous dérangerai pas.
-Vous ne dérangez personne.
-Vous voyez sa réaction ? Il a honte
de sa mère. -Non. Il s'inquiète pour vous.
-Y a quoi comme hôtel par ici ? -Ca dépend.
On est sur quoi ? De l'hôtel 4 étoiles avec piscine
ou WC sur le palier ?
-Les Meyer, on se calme ! Personne n'est à la rue.
On se serre les coudes.
-C'est sûr, on va être serrés.
-...
Chéri... -Oui...
Maman, tu sais très bien que tu es chez toi, ici.
Mais à l'avenir, parle-m'en avant.
-Oui, qu'on communique un peu plus. -Je savais que tu comprendrais.
-Mais oui. -Allez, viens, Nemo.
On va parler tous les deux.
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