All language subtitles for La Stagiaire.S04E06

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Original subtitles

Il frappe. -Frédéric !

Frédéric, je sais que tu es là.

-Que fais-tu là ? -Je cherche ma femme.

-Ici ? -Je l'ai vue entrer.

-Vraiment ? C'est étrange.

-Eglantine ne boit qu'un mélange

de menthe et de fleur d'oranger.

Menthe et fleur d'oranger. J'avais raison.

-Et arsenic.

-Eglantine, pourquoi...

-Bravo !

Voilà ! Super !

Bravo, Stéphane. C'est beaucoup mieux comme ça. C'est bien.

Géraldine, surgis avec plus de punch. Comme un diablotin qui sort

de sa boîte. Pierre, la chute pour la mort,

on n'y croit pas une seconde. On reprend tout ça. On reprend ?

Allez, on y retourne. Pierre, c'est drôle, mais là, il faut se relever.

Pierre !

Pierre ?

...

-Vous avez fait une bataille de confiture ?

-C'est lui qui a commencé. Il vise bien.

Il était fatigué. Je l'ai recouché. -Bonjour.

Merci d'avoir gardé Tony. -C'était un plaisir.

-Waouh !

Je suis fatiguée. -Un café ?

-Oui, merci.

-Il est tellement mignon.

-Surtout quand il mange.

-Ca ne va pas, Rebecca ?

-Pardon ? Non, non, c'est rien.

Tabernacle !

-Telle mère, tel fils. -Tiens, mets de l'eau dessus.

-Maudite niaiseuse. -Y a Tony qui pleure.

-Ah bon ?

Oui, je l'entends. Je l'entends.

-Que se passe-t-il ? -C'est mon chandail préféré !

Je m'excuse. Je suis juste fatiguée.

Je vais le nettoyer.

...

-Tu les invites à dîner à la maison, comme ça, on mettra

les choses au clair. A ce soir. Je t'embrasse. Bisou.

-Bonjour, Meyer. -Bonjour, M. le Juge.

-Nadia, allez-y. -Bonjour, Constance.

La victime est Pierre Tessier, marié, un enfant.

C'était le directeur

de la banque du village. Il a été empoisonné.

On a plein d'empreintes. -Et l'enquête de voisinage ?

-Tout le monde dit la même chose : c'était un homme parfait.

-L'homme parfait n'existe pas. -Non, Monsieur le Juge. Bonjour.

Pierre était un homme exceptionnel. -Il a créé notre troupe.

-Il s'est battu

contre la fermeture de l'école. -Son discours était incroyable.

-Il aurait fait un maire exceptionnel.

-On va prendre vos dépositions.

-C'est important. -On arrive.

Merci beaucoup.

La PTS est sur le coup. On finit de relever les empreintes.

On verra si ça correspond avec le verre.

-Nadia, vous terminez de relever les identités

de la troupe ainsi que leurs empreintes.

-C'est ce que vient de proposer Nadia.

-C'est très bien. Comme ça, on est d'accord. Tenez-moi au courant.

-Pierre !

Pierre ! Pierre !

Pierre !

-Emilie ! -Non ! Pierre !

Elle hurle.

-Respire.

Respire.

-Mme Tessier, nous avons besoin de vous poser quelques questions.

Est-ce que votre mari avait des ennemis ?

-Tout le monde l'appréciait.

-Est-ce que vous l'avez senti préoccupé, dernièrement ?

-A part le trac pour la pièce, non. -Pas de soucis à son travail ?

-Ces questions sont absurdes. Pierre excellait dans son travail.

-Madame Duquesne, c'est à votre soeur que je m'adresse.

Pierre Tessier a été assassiné avec préméditation.

Ce qui veut dire qu'il a dû faire du tort à quelqu'un.

-Il y a bien eu cette lettre.

-Quelle lettre ?

-Une lettre de menaces anonyme.

-Tu m'en as jamais parlé.

-Pierre a dit que c'était rien. Sans doute un client énervé.

-Vous en avez reçu d'autres ? -Non, c'est la seule.

-La police va procéder à des analyses.

-Tu aurais dû me le dire.

C'est sérieux, une lettre de menaces.

-Votre soeur a raison. Vous auriez dû prévenir la police.

-Pierre disait qu'il n'y avait pas de quoi s'inquiéter.

Il voulait sans doute me rassurer.

Excusez-moi, je dois aller chercher Louise à l'école.

-Je vais venir avec toi.

-Vous avez été un peu dur avec les soeurs.

-Déstabiliser, c'est la clef pour augmenter l'écoute. C'est tiré

d'un bouquin que Quiring m'a conseillé.

-Que faites-vous ?

-C'est des pensées. C'est pour mon rendez-vous de ce soir,

en signe de reconnaissance. Ouvrez la porte, s'il vous plaît.

-Vous avez piqué des fleurs.

On frappe. -Entrez.

-J'espère que Quiring a du temps devant lui.

-Il arrive toujours à en trouver.

Vous aimez ? -Oui. Ce sont des pensées ?

-Oui. C'est joli, je ne connaissais pas.

C'est une idée de mon "date" comme signe de reconnaissance.

-C'est rigolo. -C'est désuet, mais craquant.

Il doit être assez unique. Vous ne croyez pas ?

-Unique. C'est le mot.

-Le labo a analysé le poison contenu dans la fiole.

Il s'agit d'un poison

maison.

-Qu'entendent-ils par là ? -"Elaboré à base de laurier rose."

Le légiste a relevé un hématome sur la joue droite de la victime

et des écorchures à la main droite. -Il se serait battu ?

-C'est l'hypothèse privilégiée. -Emilie Tessier n'en a pas parlé.

-Elle devait l'ignorer. C'est peut-être l'auteur de la lettre.

Autre chose ?

-L'ADN sur la lettre correspond partiellement à l'ADN d'un membre

de la troupe. -Comment ça ?

-Géraldine Chenot est de la même famille que l'auteur de la lettre.

Soeur, cousine ou fille.

-Demandez à Nadia de se renseigner. -C'est déjà fait.

-Parfait. Merci.

-Jolies, ces fleurs.

-Je peux vous demander votre aide ?

-Oui, bien sûr.

-Voilà. Moi, je mets le genou ici, et vous, vous appuyez

sur "start".

-Il serait temps que le palais investisse.

-J'ai découvert quelque chose de très intéressant.

-Dans l'affaire Tessier ? -Non. Concernant votre rendez-vous.

-Comment ça ?

-Il y a des pensées dans le bureau de Solène.

-C'est peut-être une coïncidence.

-C'est le signe de reconnaissance pour son rendez-vous.

-Monsieur le Juge. -Oui ?

-Ca va ? -Oui.

-Thibaud Chenot, le frère de Géraldine, a écrit la lettre.

-Et le lien avec la victime ?

-Il travaillait pour Pierre Tessier à la banque. Il a été renvoyé.

-Très bien.

-On le convoque, quand même ? -Ah bah oui. Oui, oui.

-Ca marche toujours pas, ça ? -Si, si. Très bien.

Hop !

-Monsieur le Juge ?

Qu'y a-t-il ?

Tout va bien ?

-Non. Enfin, si. Si. Enfin, non.

Il ferme la porte.

-Bon...

-Je suis là pour Pierre Tessier ? -Oui. Nous enquêtons sur sa mort.

-Ca fait deux semaines que je ne bosse plus pour lui.

-Vous travailliez bien. Pourquoi avoir démissionné ?

-J'en avais marre de la banque. J'ai voulu passer à autre chose.

-Vous êtes parti de votre plein gré ?

Vous êtes restés en bons termes ? -Evidemment.

-Alors, pourquoi lui avoir envoyé cette lettre ?

-C'était une mauvaise plaisanterie.

-J'ai du mal à comprendre

en quoi c'est une plaisanterie. -Pourquoi vous lui en vouliez ?

-Parce que c'est un vrai salopard. C'était un enfer de bosser

avec ce type.

On frappe.

-Entre.

-Tu voulais me voir ? -Oui.

J'ai jeté un oeil à tes dossiers clients.

-Et ?

-Ils sont très clairs, très ordonnés. Félicitations.

-Où tu veux en venir ?

-Tu vas pouvoir m'aider sur mon retard. Tu dois vérifier tout ça.

-Il y en a pour des jours. Je suis sur un très gros client, là.

-Je sais, mais c'est trop gros pour toi. Je vais m'en occuper.

-Tu me piques mon client, là. -A ta place, je me calmerais.

Je dois boucler ton dossier d'évaluation.

-Pourquoi il en avait après vous ? -Je suis jeune et doué.

Il ne le supportait pas. Pour l'emmerder, je me suis inscrit

dans cette pièce.

-Vous n'êtes pas dans cette pièce.

-Je n'y suis plus. Je devais faire le rôle de l'amant de sa femme.

Le mec qui le tue. Ca me faisait marrer.

Pas lui. Ce salaud a fait en sorte de me retenir

à la banque le soir, tard, pour que je me fasse virer de la pièce.

Je ne l'aurais pas tué pour ça.

J'en avais juste marre de ce mec.

Après ce qu'il a fait à sa femme... -Qu'est-ce qu'il a fait ?

-Sa belle-soeur venait le voir après la fermeture.

-Céline Duquesne ?

-Ouais.

Ils couchaient ensemble.

Je les ai vus.

-On dirait que c'est un autre Pierre Tessier qui se dessine.

-A condition que son ex-employé dise vrai. On n'en sait rien.

Vous aviez raison pour Solène. J'ai vu les fleurs.

-J'ai les images

de vidéosurveillance de la banque.

-Attendez.

Bon, on y va. Qu'est-ce que vous attendez ?

-Rien...

-Et c'est tout ?

Ca ne prouve pas la sincérité de Thibaud Chenot.

-Attendez, ça arrive.

-Donc Céline avait une aventure

avec son beau-frère. -Il faut en savoir plus sur elle.

-Elle a habité

près de Bordeaux pendant 15 ans. Elle a déménagé...

-Oui, allez-y.

-Elle a déménagé il y a 6 mois, après son divorce.

Elle est costumière pour la troupe. C'est pour ça que ses empreintes

sont partout. -On va aller la voir. Beau boulot.

Qu'est-ce qu'il y a ? -Non, rien.

-Bon, alors on y va.

-Monsieur le Juge... -Ah oui, merci.

-Que se passe-t-il avec le juge et ses SMS ?

-C'est compliqué. -Il faut que ça se simplifie...

-On a tous été très choqués par ce qu'il s'est passé.

On l'a tous vu tomber sans comprendre qu'il était mort.

On a décidé d'arrêter la pièce. C'est plus décent.

Je parle, je parle, mais qu'est-ce que je peux faire pour vous ?

-On a quelque chose à vous faire voir qui mérite des explications.

-Ce n'est pas ce que vous croyez.

-Ca y ressemble fortement, non ?

-J'étais venue voir Pierre pour parler de la pièce,

mais il m'a agressée.

-Salut, Céline. -Salut, Pierre.

Je voulais te parler de quelque chose.

J'ai une vraie interrogation sur ton costume du 3e acte.

Le rouge, ce n'est pas une couleur qui correspond vraiment...

-Allez, arrête ton numéro. -Quoi ?

-Tu penses que je vais croire que tu es ici pour parler de costumes ?

-Qu'est-ce que tu fais ? Tu me fais mal. Arrête.

-Je ne te fais pas mal, au contraire.

-Arrête, Pierre. Arrête.

T'es complètement malade. -Chut...

-Arrête. -Chut.

-S'il te plaît, arrête.

Il m'a attirée vers son bureau. J'étais incapable de réagir.

Il a essayé de me déshabiller, mais j'ai réussi à m'enfuir.

-Vous en avez parlé à votre soeur ? -Et quelle aurait été sa réaction ?

Ca l'aurait dévastée.

-Vous en avez parlé à personne ?

-Même pas à un petit ami ? -Je n'ai pas de petit ami.

-Voici la liste de vos appels et de vos SMS.

Il y a une personne à qui vous en envoyez énormément.

-C'est ce qu'on fait

à un petit ami.

-Il était là quand je suis rentrée. J'étais très mal.

Il n'a pas voulu partir jusqu'à ce que je lui raconte tout.

-Et qu'a-t-il fait ? -Il a quitté la maison,

furieux.

Il est revenu une heure plus tard. On n'en a pas reparlé.

-Il nous faudrait son nom.

-Il est marié, c'est quelqu'un d'important.

-On peut être discrets.

-C'est Bertrand Pages, le maire de la ville.

-Que vont penser les habitants de cette convocation ?

-Que vous aidez la justice à arrêter le coupable.

-Monsieur le Maire.

Parlez-nous de Pierre Tessier.

-Il dirigeait la banque. Marié. Père de famille. Rien de spécial.

-Asseyez-vous.

Alors, pourquoi vous êtes-vous battu avec lui ?

-On a découvert des hématomes

sur son visage. Céline Duquesne nous a dit que vous aviez

des raisons

pour lui donner une leçon. -Vous auriez fait quoi ?

-Je serais allée voir

la police.

-J'ai essayé de pousser Céline à porter plainte, en vain.

Je ne pouvais rien faire.

-Puis Pierre Tessier a recommencé, alors vous l'avez assassiné ?

-Non. -Il briguait la mairie.

Vous éliminiez un rival. -Vous êtes allé le voir. Il a su

que vous étiez l'amant de Céline. -Les élections approchaient...

-Il vous a menacé de vous faire chanter.

-C'est vrai, il m'a menacé. Je ne suis pas un assassin.

Je n'ai pas cédé à son chantage. J'ai tout raconté à ma femme.

-On va vérifier.

...

-La femme du maire était bien au courant.

-Il n'avait plus de mobile. -Non.

-De toute façon, on n'avait rien de concret.

-Tout va bien, Monsieur le Procureur ?

-Oui. A part Solène. Elle est amoureuse, et je vis un cauchemar.

-Un cauchemar ?

-Les SMS, l'esprit ailleurs... Vive le célibat.

N'est-ce pas, Boris ?

Je préférerais avoir une greffière

triste et moche. Au moins, elle penserait à son travail.

-Drôle de vision.

-Vous êtes prêt ? -Pour ?

-Le rendez-vous avec Solène. -Bien sûr, oui.

-Vous avez trouvé un resto ? -Non, mais je vais m'en occuper.

-Pour le maire, en audition, vous avez mis les formes ?

-Comme toujours. -Non, mais vous voyez...

-Très bien, M. le Procureur. -Il a mis les formes ?

-Il a mis les formes. -Donc la victime

a agressé sa belle-soeur, a fait du chantage au maire et humilié

son employé. Et d'après sa femme, c'est l'homme idéal...

-C'est souvent les gens qu'on a autour de soi qu'on voit le moins.

-Ou elle nous a caché les mauvais esprits de son mari.

On dit difficilement du mal des morts.

-Vous pourriez aller lui parler demain matin.

Non ?

-Tout va bien se passer, mon coeur.

-T'imagines si Rebecca quitte notre fils ?

-Mais jamais de la vie. Il va trouver les mots pour la rassurer.

-Comme tu le fais avec moi.

-Exactement. -Le petit dort presque.

Antoine en a pour 5 mn.

Tout va bien ?

-C'est dur de concilier la vie de couple et la vie de famille.

-Il y a des hauts et des bas. Parfois, on veut partir...

-Pour que la famille tienne, il faut se battre.

-Toujours. -Et ça vaut le coup.

-De quoi vous parlez ?

-C'est qui, ce Dan ?

-Dan ? -On a vu le SMS sur ton portable.

-C'est Danièle. C'est ma mère.

Je lui ai écrit pour lui dire

que c'est difficile, ici. Ma famille et mes amis me manquent.

Je pense que je voudrais retourner vivre au Canada.

Mais si on part là-bas, c'est Antoine qui va avoir le mal

du pays. Je ne supporterai pas de le voir triste.

Je ne sais pas quoi faire. -Pourquoi tu m'as rien dit ?

-Ah bah on est forts ! On est très forts !

Parce que si on n'avait rien dit, jamais Rebecca aurait parlé

de son malaise à Antoine et jamais ils auraient décidé

de s'installer au Canada.

-S'ils avaient des problèmes, c'est bien qu'ils se soient parlé.

-Ils vont s'installer au Canada. Antoine a dit qu'il va arrêter

ses études de droit et se consacrer exclusivement à son enfant.

-On ne verra plus notre petit-fils.

-L'important, c'est que nos enfants soient heureux.

-Oui.

Mais heureux ici, c'est bien, quand même.

-C'est vrai.

Je vais trouver quelque chose.

-Vous allez bien ?

-Non. C'est mon date d'hier. Il n'est pas venu.

Pas un message. -Ah bon ?

-Les hommes me dégoûtent. Au moment de passer à l'acte,

il n'y a plus personne. -Il a peut-être eu un empêchement.

-Un empêchement de m'appeler ? D'envoyer un SMS ?

-Bonjour. Comment ça va ?

-Pourquoi vous n'avez rien dit à Solène ?

Pourquoi l'avoir laissée en plan ? -Je n'ai pas réussi.

Je me suis dit que si on avait autant matché sur le Net,

c'est peut-être qu'il y avait quelque chose entre nous.

J'ai voulu aller au restaurant, mais...

-Devant, vous n'avez pas pu. -C'est ça. Vous comprenez ?

-Non. Vous vous êtes comporté comme un goujat.

Vous lui avez fait de la peine.

-C'est pas tout,

mais on doit aller voir Emilie Tessier ce matin.

-Vous ne l'avez pas convoquée ? -Non. Elle est en deuil.

Je tiens à la préserver.

Je ne suis pas si goujat que vous le pensez.

Sonnette.

-Vous avez du nouveau ?

-On a des questions. On peut entrer ?

-Nous avons du mal à cerner votre mari.

D'un côté, les habitants du village et vous le décrivaient

comme quelqu'un de charismatique, serviable, aimé de tous,

et de l'autre, plusieurs témoignages font ressortir

une agressivité chez votre époux. -Agressivité ?

-Est-ce qu'il lui arrivait d'être colérique, voire violent ?

-Non. C'était un homme avec une énergie extraordinaire.

Toujours volontaire pour aider tout le monde.

Il n'avait rien d'un homme violent. Qui vous a dit ça ?

-Votre soeur.

Votre mari l'a agressée. Si elle ne s'était pas débattue,

il l'aurait sans doute violée. -Ce n'est pas possible.

Elle doit exagérer.

Depuis la mort de papa et maman, elle est très protectrice avec moi,

quitte à tout exagérer.

-Est-ce que votre mari vous a frappée ?

-Non.

Jamais. -Alors, il y a deux possibilités.

Soit il vous a caché cette part d'ombre pendant toutes ces années,

soit vous le saviez

et vous n'avez jamais osé parler.

-Je n'ai pas de mari violent. Je ne comprends pas ce que vous dites.

Téléphone.

-Excusez-moi. Oui, Nadia ?

-Emilie Tessier a eu un premier mari, Eric Gendret.

D'après leurs téléphones, ils étaient ensemble

-Merci, Nadia.

Etes-vous toujours en contact

avec Eric Gendret, votre premier mari ?

-Non.

-Apparemment, vous vous êtes vus récemment. Et à plusieurs reprises.

-Ne mentez pas, Emilie.

-On n'est pas en contact. On s'est croisés par hasard.

On a pris un café une fois ou deux.

Excusez-moi, je dois m'occuper de ma fille.

Vous avez d'autres questions ? -Pas pour le moment.

Vous avez l'air pensive. Une réflexion sur l'enquête ?

-Non. -Je commence à vous connaître.

A quoi vous pensez ? -Il faut qu'on fasse une pause.

Il faut qu'on se parle, tous les deux.

Je suis perturbée par votre comportement.

-Mon comportement ?

-Excusez-vous auprès de Solène. -C'est mon problème.

Et elle a déjà dû tout oublier. -Elle est dévastée.

On lui a posé un lapin. Elle pense que c'est de sa faute.

Vous devez lui parler. -J'irai la voir à notre retour.

-Non. Maintenant. -Elle va reconnaître ma voix.

-C'est le but. -Je préfère le faire directement.

C'est plus... -Courageux.

-Voilà. C'est tout ? On peut y aller ?

-Elle me fait vivre un calvaire. -Qui ça ?

-Solène. -Solène ?

-Oui. Hier, elle était gaie comme un pinson. Aujourd'hui,

c'est les chutes du Niagara. Son jules a dû la quitter.

La prochaine fois, j'embauche une greffière avec de l'eczéma

et trois chats.

Faites-moi vite un point sur l'affaire.

J'ai la conférence de presse tout à l'heure.

-Elle était prévue ce matin. -Ce matin ? La gourde. Un calvaire.

De l'eczéma et trois chats, la prochaine.

-Je vais lui parler.

Bonjour, Solène. -Vous n'allez pas vous y mettre.

-Je...

-Hier, un lapin. Aujourd'hui, Quiring qui me hurle dessus.

-Justement... -Je n'ai pas envie de parler !

Désolée.

-Eh ben...

Oh, et puis merde !

-Comment elle a réagi ?

-Je ressaierai quand elle sera plus calme.

-Sur son ordinateur, le premier mari a cherché

comment tuer quelqu'un.

-L'empoisonnement est en tête ? -Oui.

Son GPS montre qu'il allait souvent devant la maison des Tessier.

-M. Gendret, vous pouvez nous expliquer ?

Vous recherchez souvent sur Internet comment tuer quelqu'un ?

-Le mari de votre ex-femme, par exemple.

-L'avez-vous tué ? -Non.

-Vous vouliez récupérer Emilie. -Ce n'est pas ce que vous croyez.

-Ah... Qu'est-ce qu'on doit croire ?

-Qu'Emilie et moi, on s'est revus par hasard, que ça m'a fait plaisir

de savoir qu'elle était heureuse.

Et puis, à un moment, elle a craqué.

Qu'est-ce qu'il y a ? Hein ? Qu'est-ce qu'il se passe ?

-Rien.

-Je vois bien qu'il n'y a pas rien. Tu peux tout me dire, tu sais.

-C'est Pierre. J'en peux plus. J'étouffe.

C'est devenu l'enfer. Il me reproche mille choses.

A l'écouter, je suis une mauvaise femme, une mère atroce,

je ne sais pas tenir ma maison.

Le pire, c'est que...

...je crois qu'il a raison. Je n'arrive plus à dormir.

Je fais n'importe quoi. J'oublie tout.

J'ai peur de devenir folle.

-Arrête.

-Vous lui avez dit quoi ? -De quitter son mari.

Elle a refusé.

Elle a dit qu'elle perdrait la garde de sa fille.

-Alors, vous avez décidé

d'agir.

-J'y ai pensé, mais aller voir sur Internet comment faire,

c'est une chose, mais le faire...

-Aimez-vous encore Emilie ?

-La sentir malheureuse, ça a dû réveiller des choses en vous.

-J'ai raté ma chance avec elle. J'étais trop jeune, paumé.

Et puis même si je réessayais,

Céline tenterait de la dissuader. -Céline ?

-Oui. Elle a brisé notre mariage. Selon elle, je ne pouvais pas

la rendre heureuse. Elle surprotège sa soeur, même si Emilie...

...peut se protéger seule.

-J'ai l'impression que vous ne nous dites pas tout.

-Elle m'a envoyé ça.

-"Ne t'en fais pas, je vais régler le problème moi-même."

Vous pensez qu'Emilie Tessier aurait empoisonné son mari ?

-Ou quelqu'un capable de tout pour la protéger.

-Sa soeur ?

-Le poison, ça demande du temps, de la réflexion. C'est prémédité.

-C'est l'une ou l'autre.

On va les interroger séparément.

-Qu'est-ce que je fais là ? J'ai déjà répondu à vos questions.

-Oui, mais j'aimerais que vous me disiez la vérité.

-Je ne comprends pas. -On a parlé à votre ex-mari.

-Je ne comprends pas.

OK, je vous parle de son ex-mari. Pourquoi ? Quel rapport ?

C'est lui l'assassin ? -Non, on ne pense pas.

Il nous a rapporté que vous aviez contribué à son divorce.

C'est vrai ?

-Ma soeur ne sait pas choisir les hommes. Il était nocif pour elle.

Elle n'était pas heureuse. Il l'empêchait de s'épanouir.

-Alors, vous êtes intervenue. -Oui.

-Votre mari vous battait, n'est-ce pas ?

-Pierre n'a jamais levé la main sur moi.

Mais je crois qu'il m'étouffait. -C'est-à-dire ?

-Il me rabaissait

constamment. Il me faisait sentir que j'étais bonne à rien.

Quand j'ai voulu reprendre le travail, il m'a dit

que je ferais mieux de m'occuper de la maison, que je n'étais pas douée

pour mon job. J'en suis arrivée à me détester

petit à petit. -A cause de lui.

-Et quand j'ai reparlé avec Eric, je me suis aperçue qu'avant,

j'étais différente.

Ca m'a déstabilisée.

Ma soeur aussi m'a fait comprendre que j'avais changé.

-Parlez-moi de votre soeur.

-Ma soeur refusait de voir que sa relation n'avait pas d'avenir.

Eric était paumé. Il ne voulait pas d'enfant.

-Vous avez fait pression pour qu'elle le quitte ?

-Je l'ai fait pour ma soeur. Je n'avais pas le choix.

-Et Pierre ?

-Ma soeur est dure en apparence, mais quand on la connaît,

c'est tout l'inverse. La mort de nos parents a été terrible

pour elle. Elle a été obligée de s'occuper de moi à 18 ans.

-Elle vous a toujours protégée ? -Toujours.

-Pour vous protéger, elle a pu tuer votre mari ?

-J'ai été voir Pierre.

Je l'ai menacé en lui disant que je le briserais.

Il a eu peur, mais il a voulu me tenir tête.

Je n'ai pas lâché.

Je savais par ma soeur qu'il avait magouillé les comptes de sa boîte.

Je lui ai dit que je le dénonçais s'il ne quittait pas Emilie.

-Avez-vous tué Pierre Tessier ? -Non. Jamais de la vie.

Il faut me croire.

-Je vous crois.

On pense que c'est Emilie qui a tué son mari.

Elle est interrogée par le juge Delcourt.

Avec tous les mensonges qu'elle a dits, elle devrait vite avouer.

-Non.

Céline peut être dure, de mauvaise foi, elle est exigeante

avec les hommes que j'ai eus, mais non.

-Vous saviez qu'elle avait brisé votre premier mariage ?

-Non. Ce n'est pas vrai.

-C'est votre ex-mari qui nous l'a dit.

-Emilie vient d'avouer le meurtre de son mari.

Je vais vous faire raccompagner.

-Non.

Ce n'est pas elle.

C'est moi qui l'ai tué.

C'est moi.

-Putain, t'es où, Emilie ? T'as vu comment t'as garé la bagnole ?

Je t'ai dit de me laisser de la place, connasse ! J'en peux plus

de voir ta gueule. T'enregistres ce qu'on te dit ?

Tu ressembles à rien. Je ne sais pas comment j'ai eu le courage

de te faire un gosse. Vas-y, chiale, tu pisseras moins.

Faut te taper dessus pour que tu percutes ?

-J'ai toujours protégé Emilie. Depuis qu'on est petites.

C'est ma petite soeur.

-Depuis la mort de vos parents ?

-Mon père frappait ma mère. Emilie ne l'a jamais su.

Je réussissais toujours à la distraire quand ça se passait.

Une fois, il avait trop bu.

Il a voulu la frapper.

Je me suis mise devant ma soeur et j'ai pris le coup.

Le jour de l'accident,

c'était ma mère qui conduisait. C'était une excellente conductrice.

Je crois qu'elle a voulu nous libérer de notre père

pour toujours.

J'ai toujours admiré ma mère pour ça.

J'ai fait un peu la même chose avec Pierre.

...

J'espère avoir libéré Emilie.

Je sais que je l'ai libérée.

Eglantine ne boit qu'un mélange de menthe et de fleur d'oranger.

Menthe et fleur d'oranger. J'avais raison.

-Et arsenic. -Enfin, Eglantine, pourquoi... ?

-Je ne regrette pas ce que j'ai fait.

...

-Bravo, Meyer. Vous avez vu juste.

-J'espère que le tribunal ne sera pas trop sévère avec Céline.

-Vous avez une idée de la dernière de Solène ? Allez-y, dites.

-Je ne sais pas. -Elle a transmis un document

confidentiel à un journaliste. Ca a fait la première page.

Là, sans explication, elle vient de quitter son bureau.

Cette fois, c'est fini.

Je demande sa mutation.

-Ne me regardez pas comme ça. Je sais ce que j'ai à faire. Merci.

Solène ! -Non, je suis fatiguée...

-Cette fois-ci, vous allez m'écouter.

Le lapin d'hier...

...c'était moi. -Pardon ?

-La personne avec qui vous aviez rendez-vous, le goujat,

c'était moi.

Les pensées, le fil doré...

Je ne voulais pas vous blesser. Quand j'ai compris que c'était

avec vous que j'avais rendez-vous, connaissant notre incompatibilité,

j'ai trouvé préférable de ne pas venir. Mais je le regrette.

J'aurais dû vous prévenir tout de suite.

Enfin, dites quelque chose.

-Vous m'étonnez qu'on soit incompatibles.

Je ne sors pas avec un type lâche

qui me laisse m'humilier en public à attendre

avec des fleurs. C'est ridicule comme signe de reconnaissance.

-C'est original, au moins. -Je vous plains, Monsieur le Juge.

-Me plaindre ? -Oui.

Ca doit être dur d'être incapable d'être vous-même dans les relations

humaines et de ne pas comprendre

que vous avez peur des autres.

-Alors ?

-Ca s'est très bien passé. Une vraie conversation d'adultes.

Qu'est-ce que vous croyez ?

Mon vélo. Bonne soirée, Meyer. -Bonsoir, Monsieur le Juge.

Musique québécoise.

Il fredonne.

-Oh là là ! Mais ça sent bon ! -C'est de la poutine.

Et t'as pas tout vu. -Ah non, pas l'accent.

-Pourquoi ?

-On a fait ça pour leur donner envie de rester, pas de partir.

-T'as raison. Les voilà.

-Vous avez fait mon plat préféré ? Mais pourquoi tout ça ?

-Pour soigner ton mal du pays.

-Allez, asseyez-vous. J'ai suivi

ta recette à la lettre. -Merci,

mais il ne fallait pas. -On reste à Marseille.

-Je me sens bien, ici.

Comme dans ma famille. Tony a grandi ici,

Antoine adore son métier... Mais merci.

-C'est magnifique, tout ça. J'ai le droit de reprendre l'accent ?

-S'il te plaît, oui. -Poutine pour tout le monde.

A la vôtre. -Cheers !

Cheers ! -C'est pas facile à dire.

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