All language subtitles for La Stagiaire.S04E02

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Original subtitles

...

-Regarde !

-Quoi ?

...

-Ah !

-En vous voyant,

je crois qu'on a fait entrer le loup dans la bergerie.

-La pièce est restée coincée. Un café, M. le procureur ?

-Je voudrais pas tomber pour complicité.

Mais c'est la seule machine qui fonctionne... Allons-y.

-Prenez le mien. Il est sans sucre.

-Vous savez comment on envoie une photo par message avec ce truc ?

-Comment ?

-D'accord. Vous n'êtes pas plus avancée que moi sur la technologie.

-Non, c'est juste la question qui m'a surprise.

Oh !

-Euh... Mon téléphone est neuf.

-Oui, mais il fait pas le café.

Eh, mais...

C'est l'installation des juges ! -Bien, non ?

-Ah, ouais !

C'est mon bras, ça, non ?

-Non. -C'est un peu...

-Oui, donc il vaut mieux que je lui en parle avant.

Si. Je vous assure, si !

-Mettez en sépia. -Montrez-moi.

-Ils font quoi ?

Non, non, rien. Merci.

-Ca redonne du teint. -Ah ! Montrez-moi.

-Vous avez plein de possibilités. Ici, par exemple, vous avez ça.

Vous pouvez le faire comme ça.

-Je vous dérange pas ?

-Bonjour, Boris. Un café ?

J'ai pas de monnaie, mais Meyer va frapper la machine et...

-Je vais insérer une pièce.

Téléphone.

-Oui, Capitaine ?

-C'est vous qu'on appelle, maintenant ?

-Ah...

-On a trouvé une femme morte près de St-Charles.

-OK, on arrive.

-Y a pas de gobelet ?

-Il faut taper, pour les gobelets. On y va ?

-Reculez, s'il vous plaît.

Téléphone.

-C'est Quiring. Bizarre, non ? Il vous cherche, peut-être ?

-Vous avez l'air tendu.

-Pas du tout. Je suis content qu'il ait une nouvelle amie.

Vous me rappelez ma mère. En 5 mn, elle connaît déjà tout le monde.

-Vous tenez pas d'elle, alors. Vous êtes pas très chaleureux.

-Attendez, Meyer.

Je sais me faire des amis. Quand j'ai du temps pour ça.

Je suis très sociable !

-M. le juge ? -Ah, Nadia !

Comment allez-vous ?

-Ca... Ca va.

-Vous êtes ravissante. -Merci...

-On a quoi ?

-Pas grand-chose, pour l'instant.

Pas de sac, pas de papiers... On relève les empreintes.

Les éboueurs ont trouvé le corps en soulevant les poubelles.

Le légiste confirme l'étranglement.

Pas de violences sexuelles. Morte il y a environ 12 h.

-Donc, hier, en soirée. Un vol à la tire qui a mal tourné ?

-Ca, pour un sac ? -Je pense pas non plus.

-Eh bah si vous avez une autre idée pour un crime proche d'une gare

sans ses effets personnels,

je vous écoute !

-On a trouvé son sac dans le caniveau.

-Bah voilà !

Alors...

Séverine Berthier, née le 5 octobre 84 à Marseille.

Evidemment, plus de liquide

ni de carte bleue. -C'est quoi, la date ?

-5 octobre 84.

-Que faites-vous, Meyer ?

Récupérez la vidéosurveillance de la gare. Vous avez l'habitude.

-Hm.

-Dernier message hier soir à 19h30.

A quelle heure tu rentres ?

-Salut, mon grand ! Qu'est-ce qui va pas ?

-Rien !

Je suis allé chercher Tony à la crèche, il est malade.

-C'est grave ?

-De la fièvre. Il fait ses dents. Ah, mais c'est à cause de ça !

-Qu'il a de la fièvre ?

-Qu'il a mordu 3 gamins à la crèche !

Apparemment, c'est normal. C'était pour jouer !

-Pour jouer ?

-Ouais. Mais... t'es occupé, là ?

-Attends.

Pourquoi t'es venu ?

-Tu vas vite comprendre. -J'ai compris. C'est non.

J'ai rendez-vous à la mairie, je peux pas garder ton fils.

-C'est un cas de force majeure ! -Pour toi. Moi, je dois bosser.

-Dis à la mairie que t'es malade ! -Ben voyons !

T'es le père, tu gardes ton fils ! Tu peux travailler ici, si tu veux.

A ce soir.

-Maman aurait dit oui.

-Bien tenté, mais ça marche pas, on voit le coup arriver.

Bonne journée.

-Il est pas gentil, Papy !

-Delorme, 39 ans, prof de musique, avec la victime depuis 5 ans.

-C'est lui, le message ?

-"Une petite dispute."

Il était sous le choc, il nous en parlera plus tard.

Vibreur.

-Bouli ! Salut, mon pote ! Comment ça va ? Ca fait un bail !

Téléphone.

Mais ouais !

Ouais, mais bon, ça pressait pas !

-Oui, chéri ? Mais je peux pas te parler, là.

-Je vais t'emmener partout ! Marseille branché, c'est mon truc.

-On en parle ce soir, OK ? Je t'embrasse.

-Viens dormir à la maison ! J'ai un clic-clac. Mais oui !

Vous auriez un clic-clac ?

Juste pour le week-end.

Ouais, avec plaisir ! Tu restes le temps que tu veux.

Ouais ! Ouais, évidemment !

Non, bien sûr !

Il faut que je te laisse. Je te rappelle. Ouais, tchao.

Salut Bouli !

C'est un pote de la fac de droit.

On était tout une bande, on faisait les fous !

-Les fous ? -Ouais !

Moi aussi, j'ai fait la nouba. -La nouba ?

-Ouais. Enfin, façon de parler. Et arrêtez de pinailler !

C'est quel immeuble ?

-Celui-là.

La nouba...

-C'est pas possible ! Qui a pu lui faire ça ?

-Calmez-vous. -Comment je pourrais ?!

-Asseyez-vous !

-On a tué ma femme !

Et vous voulez que je me calme ?! -Oui, c'est ça.

Et que vous répondiez à nos questions !

-On a besoin d'informations pour avancer plus vite.

-Vous avez essayé de la joindre hier vers 19h30.

-Elle a pas décroché. -D'où le message :

"C'est pas ce que tu crois." -On trouve ça troublant.

Et vous vous êtes pas inquiété qu'elle ne rentre pas.

-On est séparés depuis 2 mois.

Et je me suis pas inquiété car il lui arrivait de pas rentrer.

-On avance !

Vous étiez mariés ?

-Que faisait-elle à St-Charles ? -Je sais pas.

Enfin, si, elle se rendait souvent à Aix pour de l'intérim, je crois.

-Vous croyez ? -Oui, je crois.

Ca fait des mois qu'on vit comme des étrangers sans se parler.

-Elle avait une liaison ? -Non.

-Vous en êtes sûr ? -Oui.

Elle me l'aurait dit. On est séparés.

-Et vous, vous avez quelqu'un ? -Non.

On s'est pas séparés pour ça. On s'est éloignés, c'est tout.

On n'a pas réalisé,

et on finit toujours par le payer.

-Bonjour.

-Il est pas clair, le mari.

-Ils sont pas mariés et "pas clair" ne clôt pas une instruction.

-Il était bouleversé alors qu'il sait pas où elle travaille !

-Ils étaient séparés. Mais pour quelle raison se sont-ils séparés ?

-Il l'a trompée ?

-"C'est pas ce que tu crois", c'est pas quand on oublie les poubelles.

-Pourquoi il nous l'aurait caché ?

-C'est vous qui le trouvez pas clair.

-Il aurait déguisé un assassinat en crime crapuleux ?

-Pour éloigner les soupçons.

-On fait quoi ?

-Demandez ses relevés téléphoniques et mettez-le sous surveillance.

-Monsieur le juge !

J'ai du nouveau sur la victime. Mais je vous préviens, ça pique.

-"Ca pique" ?

Allez-y.

-Elle est mariée. -Non, on a vu son concubin.

-Elle était mariée à un autre, avec qui elle vivait à Aubagne.

Regardez.

-Même nom, même numéro de Sécu...

Tout concorde !

-Elle avait une double vie ?

Bravo, Capitaine.

Elle sonne.

-Bonjour. Juge Delcourt et C. Meyer, auxiliaire de justice.

-Bonjour. Qu'est-ce qui se passe ?

-Votre femme a été retrouvée ce matin près de la gare.

-Qui est-ce, chéri ?

-Qu'est-ce que vous racontez ? -Bonjour.

-Bonjour. Vous êtes Séverine Berthier ?

-Oui, c'est moi.

-Née le 5 octobre 84 à Marseille ?

-Oui, c'est exact.

Vous prenez du sucre ?

-Bah allez-y.

Non, merci.

Reprenons. On vous a volé vos papiers en 2005, c'est ça ?

-Oui.

Ou perdus. Je ne les retrouvais plus.

J'ai porté plainte pour les faire refaire.

-C'est fou !

Que doit-on faire ? -Vous n'avez aucun recours.

Elle a utilisé discrètement votre identité pendant 12 ans.

-L'Etat est incapable d'identifier

une usurpation tant que l'usurpateur se tient tranquille.

Horloge.

Des centaines de gens vivent ça et connaissent des imbroglios

judiciaires sans fin.

-Pas vous, c'est déjà ça.

-Pourquoi quelqu'un emprunterait

l'identité d'un autre ?

-C'est flippant, chez eux.

-Pour refaire sa vie sur de nouvelles bases ?

-Ouvrez, qu'on s'en aille. Je suis sûr qu'ils nous observent.

-Mais ils sont mignons !

Peut-être pour fuir une ancienne vie ?

-Certainement.

Laquelle est salée ?

-La verte.

Non, la rouge !

-Les empreintes ont matché. Elle s'appelle Aurore Chassagne.

Disparue en 2002 à 18 ans

dans la région de Nice.

Sa dernière famille d'accueil a déclaré sa disparition.

-Personne n'a voulu la retrouver ? -C'était pas sa 1re fugue.

-Mais si Séverine...

Si Aurore n'a commis aucune fraude, elle s'est fondue dans la masse.

-Il faut fouiller le passé, si sa mort est liée à l'usurpation.

-Exactement. -J'ai vérifié

les alibis de la vraie Séverine, ils sont en béton.

-Comme nos sushis.

Harmonie de la justice française oblige !

-Il faut convoquer Delorme.

Il a pas parlé de ça. C'est curieux, non ?

-Oui. Il faut rapatrier de Nice le dossier de l'époque

et convoquer Delorme pour demain.

-On l'interpelle ? -Non.

Il faut qu'il soit en confiance.

-OK. On se tient au courant. -Un sushi, Capitaine ?

-Oui. Je prends celui-là,

il est bien assaisonné.

-Oh, tout le monde est là ! -Salut Maman !

-Salut, mon petit bonhomme !

Ton père m'a dit. T'es resté là toute la journée, alors ?

-Oui, car le grand-père travaille ! Je suis rentré réviser ici,

et Rebecca vient d'arriver.

-Ton père pouvait pas quitter son travail ?

Vous restez jusqu'à quelle heure ? J'ai le temps de jouer avec Tony ?

-On peut rester manger ici, si ça te fait plaisir.

-Plaisir...

Bien sûr que ça me fait plaisir.

-Je reste avec lui demain. Ca me tracasse, ces morsures.

-Il faut pas culpabiliser.

-Messieurs-dames.

Une pétition circule pour faire renvoyer Tony Meyer de la crèche.

-Comment tu sais ? -Je suis responsable

de la petite enfance à la mairie.

Et je porte le même nom que le cannibale.

-Tu plaisantes ? -Non.

C'est arrivé jusqu'à moi. Ca craint.

-Ca craint ?!

-Je veux dire, je suis en 1re ligne !

-Mais s'ils le renvoient... -Personne ne renverra personne !

-Oui ! Hashtag "BalanceTaCrèche".

-C'est ma faute. Je l'ai élevé sans père,

et en l'emmenant ici, je l'ai déraciné.

-Bah non.

Regarde-le. Je comprends pas, il sait même pas manger tout seul.

-Ca vous affole pas,

mais c'est grave, tout ça.

-Faut pas exagérer !

-Renvoyé de la crève à 1 an ?! Même son père l'a pas fait.

-Et si c'était

de la légitime défense ? -C'est pas normal qu'il morde !

Un Meyer ne mord pas.

-C'est ma faute ! -Mais non !

-Stop ! On va régler ça avec un rendez-vous chez le pédopsychiatre.

-Voilà. Bon, j'ai faim.

-La crèche a intérêt à watcher ! Ces niaiseux ! Voilà où ça mène.

-Qu'est-ce qu'elle a dit ?

-Qu'on ne doit pas intervenir dans l'éducation des petits-enfants !

-Je suis pas intervenu ! Et j'ai une légitimité, en petite enfance !

-Ah...

-Oh là là...

-Eh ! Il reste des courses dans le coffre !

-Adulé à l'extérieur, ignoré dans son foyer : ma vie.

Brouhaha.

Téléphone.

-Oui, Nadia ?

Oui, je suis avec des amis. Allez-y, je vous écoute.

D'accord. Merci.

Bonsoir.

Téléphone.

-Tiens, chéri.

Oui, M. le juge ?

-Les relevés téléphoniques du conjoint ont parlé.

Le numéro d'une élève revient souvent.

-Et ?

Séverine... Aurore. Et même juste avant sa mort.

Merci de m'avoir appelée...

-Pas de quoi.

ça doit être Bouli.

Passez-lui le bonjour.

Bonsoir, Mme Meyer.

-Bonne soirée.

-Un 3e café, M. le juge ? -Non merci, Bertrand.

-Moi, c'est Simon.

-Simon !

Simon.

-J'ignorais tout sur son identité.

-Vous n'avez jamais eu de doutes ?

-Comment imaginer un tel truc ?

C'est un cauchemar !

-M. Delorme, nous avons identifié un portable

qui revient souvent les jours précédant la mort de votre compagne

sur vos relevés et les siens.

Une certaine Caroline Francoeur, domiciliée 24 rue des Peupliers,

à qui vous donnez des cours de piano. C'est ça ?

-C'est pas possible...

-Je vous invite vivement à nous en dire un peu plus.

-Caroline Francoeur est une des raisons de cette séparation ?

-Non.

J'ai...

J'ai eu une aventure

avec cette femme, il y a 6 mois.

Elle vit seule, sans enfant, elle prend des cours

à la maison, alors voilà, je...

-Comment Aurore a découvert cette liaison ?

-Pas une liaison, une erreur !

Séverine a eu des doutes.

Un soir, elle est rentrée plus tôt et nous a trouvés là...

C'est arrivé qu'une fois.

Depuis, c'est l'enfer.

Elle est folle, elle me harcèle, elle est complètement nymphomane.

Elle a menacé de détruire ma vie.

Mais de là à la tuer ?

-Bonjour.

Mais ils sont inséparables !

Ah bah d'accord...

Très bien...

-M. le juge.

-Oui ? Eh ! Ca va pas ?

-Bah... Hier, vous m'avez fait... -Oui, oui...

C'était hier.

Donc, bonjour, Capitaine. -Bonjour.

On a retrouvé la maîtresse.

Même si elle est flippante, elle aurait pas pu tuer sa rivale,

elle était avec son prof de cheval dans un hôtel à Aix-en-Provence.

-Elle a beaucoup de professeurs particuliers !

Et un lien avec le passé d'Aurore ? -Euh... non.

Mais son petit ami de l'époque, Alban...

-Belanski.

-Il s'est installé à Marseille il y a 2 mois.

-Très bien. Merci.

-De rien.

-Aurore Chassagne.

Elle disparaît en 2002, personne ne la recherche.

Elle réapparaît 3 ans après sous l'identité de Séverine Berthier.

Elle passe 12 années irréprochables dont les 5 dernières avec Delorme.

Elle prend le train pour Aix...

-Excusez-moi, mais... vous avez vraiment la baraka, vous deux.

Quasiment impossible de tomber sur une affaire basique

avec une victime banale et un coupable normal.

-J'ai épluché le dossier.

La famille d'accueil d'Aurore

déclare qu'elle a passé très peu de temps chez eux.

Elle s'est pas intégrée, n'a créé aucun lien...

Elle fuguait sans cesse et revenait se mettre au vert.

-Personne n'a été inquiété ?

-Si, il y a un nom qui revient régulièrement : Alban Belanski.

Un type un peu plus âgé qu'elle

et qu'Aurore fréquentait avant de disparaître.

-Et ?

-L'audition n'a rien donné : son alibi prouve son innocence.

Il travaillait dans un restaurant

le jour de la disparition d'Aurore. -Et c'est tout ce que vous avez ?

-Aucun corps n'a été retrouvé, aucun signe de vie d'Aurore...

Dossier classé sans suite. -Oui, jusqu'à aujourd'hui.

Donc, question : pourquoi disparaître ?

Pour fuir quelque chose ? Pour oublier ?

Pour préparer autre chose ?

-On s'est déjà posé toutes ces questions.

-Oui... Trouvez des réponses !

-Y a un problème ? -Pas du tout !

Vous étiez où ? -Comment ça ?

-Je vous ai cherchée partout. -Ah ! Je faisais une pause.

Vous devriez en faire, vous aussi. -Pour quoi faire ?

-Pour vous aérer un peu, vous sociabiliser...

-Il est à quel étage, Belanski ? -11e.

C'est pas votre truc, les pauses. -Bien sûr que si !

Je parais un peu ours, mais je sais discuter à la machine à café.

-Vous avez eu des problèmes de morsures, étant petit ?

-Hein ? -Non, laissez tomber.

L'important, c'est d'être en accord avec soi-même.

Vous préférez la jouer solitaire, c'est bien aussi.

Les hamsters font ça.

-Je suis pas un animal asocial qui s'exclut de ses congénères !

Je multiplie pas les relations, seules les vraies comptent.

-C'est pour moi que vous dites ça. -Absolument pas.

-Et vous avez combien de vraies relations ?

-Suffisamment, Meyer. Suffisamment.

Il sonne.

-Théo.

Je t'ai déjà dit de pas ouvrir

sans demander...

-M. Belanski ? -Bonjour.

-Juge Delcourt et Constance Meyer.

On instruit une affaire de meurtre et on aurait quelques questions.

On peut rentrer ? -Entrez, entrez.

-Bonjour. -Bonjour.

-Asseyez-vous.

Excusez-moi, on n'a pas eu le temps de s'installer.

-Avec 2 enfants en bas âge,

pas le temps de s'occuper de la déco !

-Assieds-toi, Théo.

Théo !

-T'as envie de jouer ?

-Va dans ta chambre.

-Je gagne toujours !

-Allez dans la chambre.

Allez dans la chambre !

-Vous connaissez cette jeune femme ?

-Non, ça me dit rien.

-Et celle-ci ?

-Oui, c'est...

C'est Aurore.

Aurore Chassagne.

Attendez...

Là aussi,

c'est ça ?

Vous l'avez retrouvée ?

-On a retrouvé son corps.

-Qu'est-ce qui s'est passé ? -On essaye de le déterminer.

Elle a été tuée il y a 2 jours à côté de la gare.

-C'est incroyable !

Je me demandais ce qu'elle était devenue.

-Et vous l'avez jamais revue, visiblement.

-Non, c'était une amourette de jeunesse.

Je l'ai fréquentée quelques mois, je l'aurais jamais reconnue.

-Je dois vous poser la question.

Où étiez-vous mardi vers 19h ?

-Je sais pas...

Ici, sans doute.

Je suis souvent avec les gamins. Je les garde la plupart du temps.

Ma femme est infirmière, elle bosse de nuit.

-Et vous, vous faites quoi ?

-Je suis dans la restauration, j'ai des horaires plus flexibles.

Vous croyez vraiment que j'aurais pu la tuer ?

S'il l'a pas revue, comment il l'aurait contactée ?

Il ignorait sa nouvelle identité.

-C'est peut-être un bon menteur. -Marchez moins vite !

-Pardon. C'est à cause de Quiring qui débarque toujours.

-Il est pas là, aujourd'hui.

-Comment vous savez ça ? -Je crée des liens à la machine.

Tranquille.

Bon, j'ai visionné les vidéosurveillances de la gare.

C'est inexploitable.

C'est dense, trop de monde, on peut identifier personne.

Mais on voit très bien

Aurore dévaler le grand escalier avec un peu d'inquiétude.

Elle se retourne 2 fois pour voir si on la suit.

-Montrez-moi.

Et ?

-Personne ne la suit.

Du moins, sur les bandes. -Donc on n'a rien !

Cette affaire est un bourbier ! -Je suis pas d'accord.

On voit bien qu'elle craignait quelque chose.

-Oui...

C'est pas parce qu'elle se retourne qu'elle fuyait quelqu'un, non ?

-On se retourne pas pour rien. On voit bien qu'elle est inquiète !

-Vous voulez un café ? -Oui.

Mais un petit, hein.

-Bon, on a une nouvelle info.

Sa carte bleue a été utilisée hier soir.

Le débit vient de passer : 16,50 E dans un commerce.

La caissière se souvient : un SDF avec un chien.

Nadia va te l'amener.

-Merci, Fanny.

Fabrice Testot, il vit dans un squat près de la gare.

Et il est niçois.

-Je l'ai trouvée par terre.

-De l'eau pour le chien, au cas où.

-Merci, frère.

-Cette carte bleue appartenait à cette femme.

-Je connais pas.

-Séverine Berthier, Aurore Chassagne.

Nice, Marseille. Tout ça, ça vous dit rien ?

Les deux premiers, non.

Mais les deux deuxièmes, c'est des villes, non ?

-Ecoute-moi bien.

On te pose des questions, tu réponds, OK ?

-Cette femme a été assassinée

dans une petite rue,

juste à côté de votre squat.

On saura faire le lien.

-Quel lien ?

J'ai de liens avec personne, OK ?

-Il vaudrait mieux nous dire ce qui s'est vraiment passé.

-J'ai croisé la meuf dans la rue des Mésanges, le long de la gare.

Elle cherchait ses clés de bagnole dans son sac.

Elle l'a posé sur le toit de sa voiture

et un mec est arrivé. Elle a eu peur et s'est enfuie.

-Et ensuite ?

-Le mec l'a suivie. Ca ressemblait à une dispute de couple.

J'ai pas regardé.

-Y avait d'autres gens ?

-Non.

-La suite, allez !

-J'ai traversé, j'ai pris le sac et je me suis barré, c'est tout.

-Donc, vous avez pris la carte, le liquide...

Et vous avez utilisé le paiement sans contact.

-Je savais pas qu'elle était morte !

-Comment était l'homme qui la suivait ?

-J'ai pas regardé ce mec, je me foutais de leur truc !

-Je l'embarque, ça le fera réfléchir.

-Attendez. Maintenant que vous le dites...

Il avait un pantalon d'uniforme.

-D'uniforme ?

-J'ai cru que

la meuf avait fraudé parce que le type avait un pantalon d'uniforme.

Tu vois ?

Puis je me suis dit qu'ils se connaissaient.

-Quel genre d'uniforme ? SCNF ? La police ? Les pompiers ?

-J'en sais rien, frère !

Je peux pas saquer les uniformes.

Pas vrai, Squat ?

-Allez, debout. Dépêche.

-Faites-lui faire un portrait-robot.

-Donc, soit c'est un SDF

qui a assisté par hasard aux prémices du meurtre,

soit il invente cette histoire d'uniforme pour se dédouaner.

-Vous avez une piste, là ! A vous de démêler l'histoire rapidement.

Quoi, Meyer ?

-Je suis persuadée qu'on tient pas le coupable.

-Attendez...

Allez-y, continuez. Pourquoi ?

-C'est pas Francis Heaulme !

C'est juste un SDF qui a volé une carte bleue pour s'acheter

des bières.

Je le sens pas.

-"Sentir" ?

Vous en êtes encore là, Meyer ?

Par pitié !

On n'est pas dans "Le Mentaliste". Ici, c'est la justice française !

Une institution.

Donc, vous trouvez des preuves,

vous traquez les incohérences, et vous bravez...?

Vous bravez...?

Hein ?

La logique et l'ordre des choses.

-Pourquoi nous parler d'uniforme alors qu'il a avoué le vol ?

-Oui...

Oui, c'est vrai. Elle a raison.

-Justement, il donne trop de détails.

Quelque chose cloche dans les faits.

-Il faut revisionner

les bandes de vidéosurveillance. -C'est l'impasse.

Pas de suspect, pas de mobile, un clochard,

et un prétendu type en uniforme.

-Arrêtez ça

et bossez, il faut tout vérifier dans le détail.

-Des tas de gens

circulent en uniforme dans cette gare !

On n'a pas les moyens d'interroger tout le monde !

-Bah parfois,

des cas ne sont jamais élucidés, c'est comme ça.

Et être juge, c'est aussi accepter ce genre de situation.

-Et surtout, faire monter le chiffre des affaires résolues.

-Oui, mais il a raison. On a des dossiers à faire avancer.

-Un détail nous a échappé.

-Ca restera peut-être non résolu durant 15 ans comme sa disparition.

On n'a pas de machine à remonter le temps, Meyer.

-Fanny, Constance est déjà partie ? -Oh oui ! Non !

C'est-à-dire que... Je sais pas.

-Pas la peine de la couvrir, je la flique pas.

-Je sais... -Envoyez-la-moi quand elle revient.

Il faut que je voie avec elle l'affaire Moreau.

-Bien sûr.

Si elle revient.

Constance, t'es passée où, encore ?

-Oh !

Pardon ! Ca va ? -Oui.

-Désolée. Tu t'es perdu ?

-Oui.

-T'inquiète pas, on va retrouver tes parents.

Tu as un numéro de téléphone ? -Oui, il est là.

-Excusez-moi !

Cet enfant s'est perdu.

-Comment tu t'appelles ?

-Raphaël.

-Tu aimes ce jouet ? -Oui, je l'ai eu à la gare.

-Tu me le prêtes ?

-Oui.

-On l'a distribué

à Aix pour les 15 ans de la gare.

Oui ?

-Et vous, vous faites quoi ?

-Je suis dans la restauration, j'ai des horaires plus flexibles.

Vous croyez vraiment que j'aurais pu la tuer ?

-Vous savez ce que faisait Séverine à la gare ?

-Je sais pas.

Enfin, si, elle se rendait souvent à Aix pour de l'intérim, je crois.

-Madame, ça va ?

Madame ?

-Oui, pardon. -On a retrouvé

sa maman. -Ah, super !

Tiens. -Merci.

-Allez.

-Merci.

Salut, Raphaël !

Le petit train chez Belanski.

Il a été distribué pour les 15 ans de la gare d'Aix-en-Provence.

-Je vous suis pas, là.

-Le train avec lequel jouait son fils, qui vous a agacé !

Il lui a été offert à la gare d'Aix.

Où Aurore passait tous les jours.

Regardez le PV d'audition de la femme de Belanski.

Ses beaux-parents habitent Aix. Il a pu l'y croiser 17 ans après.

Sans compter que Belanski travaille dans la restauration.

Les serveurs ont des uniformes.

-Oui, c'est troublant, mais on a rien contre lui.

Aucun moyen de prouver qu'il l'a revue depuis sa disparition.

Aucune preuve.

-Je sais.

Mais sa présence proche d'elle 2 fois à 17 ans d'intervalle,

ça intrigue, non ?

Il y a un lien

entre Belanski et elle !

-Bah on l'a pas trouvé. -On a mal cherché !

-Cherchez sur votre temps libre ! Moi, j'ai des résultats à obtenir.

La porte !

-Bonjour. -Bonjour.

-Constance Meyer.

Merci d'avoir fait le chemin. Nice est un peu loin.

-Ca m'a fait du bien de prendre la route.

On pense à rien.

J'ai pas dormi de la nuit.

-Je suppose que vous n'avez pas revu Aurore depuis sa disparition ?

-Je pense à elle depuis 17 ans.

C'était ma meilleure amie.

On s'était connues en primaire dans le quartier de l'Ariane.

-Vous connaissiez son petit ami, Alban ?

-Oui. Pourquoi ?

-Il est le dernier à l'avoir vue avant sa disparition, à l'époque.

-Quand elle l'a rencontré, elle avait que 13 ans.

Elle était perdue, ballotée de foyer en foyer.

Au début, il était comme une bouée de sauvetage, pour elle.

Puis, très vite, il est devenu très jaloux.

Etouffant, quoi.

-Ils ont été longtemps ensemble ? -Oui, très longtemps.

A cet âge-là, c'est long.

Je dirais...

Presque 5 ans.

Même si elle a essayé de le quitter plein de fois.

Mais il la rattrapait tout le temps.

Elle a commencé à se détacher de lui en rencontrant un autre garçon.

Kamel.

Sauf qu'il est mort peu de temps après.

Poignardé sur le parking d'une salle des fêtes.

Je suis sûre qu'Alban était là. On n'a pas retrouvé le meurtrier.

-Vous êtes certaine de ça ?

C'est important, ce que vous dites, Jennifer.

-Oui, je sais. Mais vérifiez, j'en suis sûre.

Même si Aurore ne m'a jamais rien dit...

Je sais qu'elle était amoureuse de Kamel.

Ils se voyaient en secret parce qu'ils avaient peur d'Alban.

Deux mois après la mort de Kamel,

Aurore a eu 18 ans et...

Elle a disparu.

-C'est curieux !

L'enquête de l'époque n'a rien révélé de tout ça.

-Personne ne savait.

Et ça intéresserait qui, un jeune des quartiers qui se fait tuer

à la sortie d'une soirée ?

-Personne.

Pas plus que la fugue d'une fille sans famille.

-La justice, c'est pas censé protéger tout le monde ?

-Kamel Amroun. C'est un adolescent.

Poignardé en 2000 à la sortie d'une fête.

Dans le quartier d'Aurore et Belanski.

-Vous pensez qu'Aurore peut être reliée au meurtre de ce jeune ?

-C'est notre seule piste et ça matche avec les témoignages.

-Vous avez une preuve ?

-Non, c'est parole contre parole.

-Vous étiez combien à votre promotion ?

-35. Pourquoi ?

-Et j'ai décroché le gros lot. -Hein ?

-Bon, perquisitionnez chez elle et ramenez ses objets personnels.

-Merci, M. le juge. -Mais après ça,

si vous trouvez rien, je classe l'affaire !

C'est clair ?

-Une jeune fille conserverait un cran d'arrêt dans une boîte ?

-On l'emmène au labo pour analyse ?

-Je pense, oui.

Si c'est une impasse,

je prendrai sur moi.

-Je vais rédiger l'ordonnance de prélèvement d'ADN sur Belanski.

-On a relevé la présence de deux ADN sur ce couteau.

Le vôtre et celui de Kamel Amroun.

Vous connaissez ce nom.

-Je veux un avocat.

-Mais bien sûr.

-Vous étiez fou d'Aurore.

Elle s'est éprise de Kamel.

Elle voulait vous quitter, partir avec lui...

-Elle l'aimait plus que vous.

Vous ne pouviez pas le supporter.

-Ca vous a poussé à briser cette relation.

Vous l'avez lâchement poignardé sur un parking sordide.

-Elle était pas amoureuse de lui. C'était qu'un petit escroc.

Il se foutait de sa gueule.

Et je le savais.

Elle pouvait pas partir avec ce connard !

Je me suis battu avec lui.

Il m'a insulté.

La lame est entrée toute seule, c'est un accident.

Personne ne l'a jamais su. -Personne ?

Et comment Aurore a récupéré ce couteau ?

-Elle vous a vu tuer Kamel ce soir-là.

Elle a pris ce couteau comme preuve et l'a gardé durant tout ce temps.

Elle vous a fui.

Par malheur, après toute une vie à se cacher,

elle a croisé votre route.

-Je l'ai attendue jusqu'à ce qu'elle repasse le soir

au retour du travail.

-Vous l'avez suivie et l'avez tuée.

-Je voulais juste la revoir !

Elle était belle.

Je sais pas, y avait plus rien d'autre qui comptait.

-Aurore ?

-Désolée, vous devez vous tromper.

-Je crois qu'elle a eu peur. Elle marchait vite vers sa voiture.

Eh, attends !

Aurore ? Je sais que c'est toi.

-Non, pas toi ! Pas ici !

Je veux que tu t'en ailles !

-Arrête, Aurore.

-Laisse-moi ! -Attends !

Aurore ! Arrête-toi, s'il te plaît !

Ca fait 17 ans que je pense à toi !

-Arrête ! -Regarde-moi !

J'ai changé, je suis plus le même. -Jamais tu lâcheras ?

Je sais que tu étais dangereux !

Je sais de quoi tu es capable !

-Qu'est-ce que tu racontes ?

Je t'ai toujours aimée. T'as disparu sans rien dire.

-T'es un meurtrier.

Tu as tué Kamel !

Je le sais, j'étais là, j'ai ramassé le couteau !

Alors c'est fini, tout ça. J'ai récupéré ma vie, maintenant.

Ce que j'aurais dû faire depuis toujours !

J'en ai assez de vivre dans la peur !

Je vais tout dire à la police.

-Aurore !

Aurore !

-Ah !

-Elle s'est mise à hurler.

J'ai mis ma main sur sa bouche.

Elle s'est débattue.

Je sais pas pourquoi, j'ai serré son cou.

-Ah !

-Trop fort.

Je l'aimais encore.

-Vous avez une étrange notion de l'amour.

On finit toujours par payer, hein ?

-Bon, j'ai rendez-vous avec des amis.

-Super !

-En fait, j'ai intégré l'association sportive du palais.

On va faire un jogging.

-Un jogging ? -Puis on se retrouve pour dîner.

Bon moyen de se faire des amis. -Excellent.

-Il me faut une idée pour prolonger votre stage de quelques années.

Qu'en dites-vous ?

-Si je dois être retraitée avant d'être juge...

-Meyer !

Pardon, Boris.

-Vous voyez, tout le monde a besoin de vous, ici.

-J'ai appuyé sur une touche et tout est en chinois, maintenant.

Et la météo,

j'ai celle de Shanghai. -En tout cas, il fait beau.

Il faut aller dans "Menu".

Vous voulez quoi ? -Bah la météo.

-La météo d'où ? -Bah d'ici !

-Ouvrez la fenêtre !

-Bon, il a dit quoi, le pédopsychiatre ?

-Visiblement,

Tony a overdéveloppé sur surmoi, qui, avec le "moi" et le "se",

sont des composantes du psychisme.

-Il se serait trop identifié au parent symbolique

incarnant l'autorité : Rebecca.

-"L'acte de mort

"est un acte de communication." Il est cintré, ce mec !

Surtout pour la petite enfance !

-C'est aberrant ! -Il veut dire que Tony

essaye de communiquer avec une alternative au langage.

-Ah, il s'adapte !

Les Meyer se sont toujours adaptés. -On devait choisir

notre voyage en amoureux, et à la place,

on relève les traces de dents de Tony sur ses voisins de crèche.

-Mais si on partait,

Antoine nous retrouverait.

Sauf si on part très très très loin.

-Mais si vous partez, qui va garder Tony ?

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