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Qu'est-ce que tu fais ?

Je vais voir. Le type a l'air vivant.

Fais pas l'idiot. Reviens. Appelons la police.

Alors, note bien la plaque.

LES TROIS SINGES

Oui, patron ?

Maintenant ?

D'accord. J'arrive tout de suite.

J'ai parlé à mon avocat.

Vous êtes mon chauffeur, on vous croira.

Six mois maximum. Un an, au plus.

Et vous aurez l'argent en sortant.

C'est pour ma candidature que je vous demande de faire ça.

Si on parle de l'accident la veille du scrutin,

ma carrière politique est fichue.

Ils n'attendent que ça, les salauds.

Votre fils pourra passer prendre votre salaire.

Vous aurez l'argent en liquide en sortant.

Ça vous va ?

Évitons une trace écrite. C'est plus prudent.

- D'accord ? - OK. Pas de problème.

Je vous donne la clef ?

Elle est au parking. En entrant, à droite.

Ismail, debout ! Tu vas rater le train.

Tu as une année entière.

Mais cette fois, tu dois réussir l'examen d'entrée à l'université.

D'accord ?

On verra.

Comment ça, "on verra" ?

On verra, papa. T'en fais pas.

"On verra", hein ?

Comment peut-on dormir en plein jour ?

Je m'ennuie, c'est tout.

Évidemment. Trouve-toi quelque chose à faire.

- Tu n'aimes pas mon idée. - C'est quoi ?

Laisse tomber.

Allez, dis-moi !

Tu le sais très bien.

Alors, pourquoi je demanderais ?

- Je te l'ai dit l'autre jour. - Quoi ?

Accompagner des enfants à la crèche, en voiture.

Avec quelle voiture ?

Servet va payer quand papa sortira ?

- On va demander une avance. - Et puis ?

On trouvera facilement une voiture à 5-6 milliards de lires.

Ne sois pas ridicule.

Ridicule ? Cet argent nous revient.

Tu crois que ton père nous laissera demander une avance ?

Non.

Arrête de dire n'importe quoi.

Cherchons plutôt autre chose.

Si on lui faisait la surprise ?

Je ne ferai rien sans son accord ! Il serait trop en colère.

Comment va-t-il ? Il va bien ?

Il a mal pris ton nouvel échec à l'examen ?

Non.

Recai faisait ce boulot, quand il était chômeur.

C'est qui, Recai ?

Un copain de Fedai.

Et qui est Fedai ?

Le frère aîné de Sezai.

Je t'ai dit de ne plus fréquenter cette bande.

Tu vas t'attirer des ennuis.

Je sais pas quoi faire.

Tu veux que je te trouve autre chose ?

Ça m'intéresse pas.

Je vais m'allonger.

Assieds-toi et mange.

Ils cherchent toujours quelqu'un, chez Metin ?

Dommage.

D'accord.

Penses-y.

C'est pas bon que le gamin traîne tout l'été.

Il pourrait se rendre utile.

Tu as raison.

D'accord. On n'y peut rien.

Avec plus de 95 % des votes dépouillés,

le parti AK de Recep Erdogan semble avoir remporté

une victoire écrasante dans cette élection générale.

L'AK a considérablement augmenté sa part d'électeurs

comparé à l'élection précédente.

Et le résultat final est d'ores et déjà connu…

Ismail…

Tu es rentré ?

Oui.

Où étais-tu passé ?

Je suis allé traîner.

Avec des amis.

Quels amis ?

À ton avis ?

Oui ?

Passez-le-moi.

Merci.

Je vois que t'as le moral, Oktay.

Ici, tout fout le camp.

Non. Pas de quoi se lamenter.

D'accord, mais…

Allez… Tu exagères.

Je n'ai pas vendu ma maison pour ça !

Oui, mais…

On avait bien dit qu'on sacrifierait tout pour le parti.

En politique, on apprend toujours.

Qui perd gagne.

Oui.

Tu es impayable, toi !

J'en fais tout un plat ?

Eh bien, non. Pas du tout.

Non.

On verra bien.

OK.

Merci d'avoir appelé, au fait. Au revoir.

Sale radin, va !

Putain de politique…

Putain de politique de merde…

Putain de politique…

Je vous dérange, je vois.

Je peux revenir plus tard.

Non.

Ça va.

Les choses sont un peu…

difficiles ici.

- Je m'en vais. - Non, restez.

Excusez-moi.

Si Oktay rappelle, je ne veux pas lui parler.

Je suis sorti.

N'importe qui me téléphone ou rentre ici.

J'avais dit de faire attention.

Je vous l'avais pourtant dit. Quoi ? OK, ça va.

Quelle idiote.

Eyüp est au courant, hein ?

Non.

J'espère que tu aimeras sans retour

J'espère que l'amour te fera mal

J'espère que tu attendras sans être comblé

Comme je ne fus jamais comblée

J'espère que ton cœur fondra

Comme une bougie

Que le désespoir attendra à ta porte

Comme un esclave

J'espère qu'on te volera ton cœur

Comme un produit sur un étalage

Hacer.

Hacer !

Hacer, c'est moi.

Bonjour.

Vous voulez monter ?

Je vous dépose.

Non, ne vous dérangez pas.

Je vais dans votre direction.

Le bus sera bientôt là. Merci.

Pourquoi l'attendre ? Allez.

Non, vraiment. Mon bus va bientôt arriver.

Ne vous inquiétez pas.

Écoutez, ça ne me dérange pas du tout.

Une petite minute !

Vous m'excusez un instant ?

Je parlais avec la dame. On s'en va.

Montez donc, nom de Dieu.

On va se faire casser la figure.

Vous avez vu les voyous dans la voiture derrière ?

Avant l'élection, ce salopard ne m'a jamais appelé.

Dès que je perds, il se précipite pour m'appeler et m'humilier.

Il me raconte des salades sur l'estime qu'il a pour moi.

Un abruti du nom d'Oktay.

La politique, c'est l'apanage d'idiots comme moi.

Mais je n'y trouve pas ma place.

En plus, il veut me consoler.

Ça veut dire quoi ?

J'ai besoin qu'on me console ?

Il dit que j'en fais tout un plat.

À quoi ça servirait ? C'est pas mon genre.

D'accord, je m'investis beaucoup.

Pour moi, la politique c'est d'abord donner.

OK, ça n'a pas marché. Très bien.

Parfois…

je pense…

que c'est mieux ainsi.

Je veux dire que c'est pour le mieux.

Je suis quelqu'un d'émotif. Vraiment.

Ça peut vous étonner,

je pleure facilement. Si j'entends un poème, par exemple.

C'est vrai.

Je devrais descendre ici.

On est à côté.

À vos ordres.

Je vous en prie.

Où puis-je m'arrêter ?

- Je vais vous aider. - Merci.

Vous n'auriez pas dû.

Hacer…

Si vous avez un problème…

quel qu'il soit…

surtout n'hésitez pas.

Merci.

Ce que vous voulez.

Alors ?

C'est arrangé.

- C'est-à-dire ? - Il va payer.

Tant mieux.

Il a dit dans une semaine.

On s'en fout, tant qu'il paie.

Tu m'aimes vraiment, Kenan ?

Plus que tout au monde.

J'ai quelque chose ici ?

J'ai une griffure sous l'œil ? Tu vois ?

De ce côté.

C'est un peu rouge.

Ça fait mal.

- Ça fait mal ? - Ça pique.

- Tu l'as tripoté ? - Oui.

- C'est pour ça. - Sans doute.

Tourne-toi. Montre l'autre côté.

- Les deux côtés sont rouges. - D'accord.

Je peux y aller sans cravate ?

Ton père attend ses cigarettes.

J'en prendrai à la gare. T'inquiète pas.

- Les gâteaux ne sont que pour lui. - OK, je lui dirai.

Dis-lui bonjour pour moi.

J'ai oublié mon bracelet.

- Je pars dans une demi-heure. - OK. Salut.

Muratli.

Aller-retour.

Merci.

Ismail ?

Alors, tu n'es pas parti ?

Et toi ?

On m'a appelée. La formation est annulée.

D'accord.

- Pourquoi tu es là ? - Laisse tomber.

Qu'est-ce qui ne va pas ?

Qui est venu ici ?

À ton avis ? Mehtap est passée.

Elle fume, Mehtap ?

Elle vient de recommencer.

Vraiment ?

Ça change quoi ?

Arrête de mentir.

- Je ne… - J'ai vu Servet sortir !

Quoi ?

Ce connard est sorti de l'immeuble.

Il a déposé l'argent. Arrête !

Il est à peine resté.

- Arrête de mentir. - Je ne mens pas.

Arrête de mentir !

Où vas-tu ?

Pourquoi ta mère n'est pas là ?

Elle avait un truc à son boulot.

Un truc de formation…

Je ne sais pas.

Quelle formation ?

Aucune idée.

- À la maison, ça va ? - Bien sûr.

Et toi, ça va, ici ?

Oui, ça va.

Tu passes bien prendre mon salaire ?

Oui.

C'est toi qui y vas ?

Oui. La secrétaire me le donne.

Les visites sont terminées.

Ismail, mon fils…

Il y a quelqu'un d'autre ?

Comment ça ?

Il y a quelqu'un d'autre ?

Non.

Allez, file. N'oublie pas ce que j'ai dit.

OK.

- Eyüp, venez. - D'accord.

- Dis bonjour à ta mère. - OK.

Salut.

Papa ?

Tu veux me dire quelque chose ?

Non.

À plus tard. C'est tout.

Frère…

Passe-moi l'eau.

Conduis, si tu veux.

Non, tu conduis.

Tu l'as payée combien ?

Devine.

Arrête les devinettes. Combien ?

5 milliards. Une affaire.

Une affaire ? Ça veut dire quoi ?

Quand as-tu eu 5 milliards de lires ?

En 9 mois de prison, j'ai dépensé moins de 900 millions.

Tu n'es venu que trois fois !

Tu aurais pu m'en parler.

Tu as quand même claqué 5 milliards.

Cet argent est à qui ? Pourquoi n'as-tu rien dit ?

- C'était une surprise. - Putain de surprise !

Quelle surprise ! C'est quoi, cette surprise ?

Qui a demandé l'argent ?

- C'est moi. - Quoi ?

Maman l'a demandé. C'était mon idée.

Toi ou ta mère ? Décide-toi.

Maman.

Tu as dit que c'était toi.

Tu demandais qui est allé chercher l'argent.

J'ai harcelé maman pour cet argent.

Elle a dit d'accord et a fait la demande.

Elle est allée au bureau ?

Ça s'est fait au téléphone, je crois.

Allons voir ton frère en chemin.

D'accord.

Mais je dois être à la crèche à 15 h 30.

J'espère que tu aimeras sans retour

J'espère que l'amour te fera mal

J'espère que tu attendras sans être comblé

Comme je ne fus jamais comblée

J'espère que ton cœur fondra

Comme une bougie

Que le désespoir attendra à ta porte

Comme un esclave

J'espère qu'on te volera ton cœur

Comme un produit sur un étalage

J'espère que ta passion t'étouffera…

Appel privé

Tu faisais quoi, devant chez moi ?

Vous voulez parler à qui ?

Allô ?

Alors, c'est toi qui as demandé l'argent ?

Quel argent ?

À ton avis ?

Évidemment que c'est moi.

Ismail était déprimé après son échec à l'examen.

Tu n'as aucune idée de tout ça.

Et tu ne m'as rien dit ?

Ismail ne voulait pas. Il pensait que tu dirais non.

On voulait te faire une surprise.

Tu es allée au bureau ?

Oui.

Tu as dit quoi ?

J'ai expliqué la situation.

- Il a payé tout de suite ? - Non.

Et alors ?

Il a payé après. C'est quoi, cet interrogatoire ?

Bon sang !

Je vais te tuer !

Hacer.

Je t'ai manqué ?

Oui.

Ça fait 9 mois…

C'est nouveau, ça ?

Ça te plaît ?

Tu ne portais pas ce genre de truc.

C'est une surprise.

Alors, va sur le lit !

Viens là.

Enlevons ce truc.

Tu as un souci ?

Non.

Qu'est-ce que tu as ?

- Arrête. - Qu'est-ce que tu as ?

- Qu'est-ce que tu as ? - Et toi ?

Qu'est-ce que tu as ?

Qu'est-ce que tu as ?

Connasse !

Salut, tout le monde.

Content de te revoir. Comment vas-tu ?

Bien, merci.

Bienvenue. Assieds-toi.

Bayram, apporte du thé à Eyüp.

Eyüp, comment vas-tu ?

Bien. Et vous tous ?

Tiens, Eyüp.

Merci, Bayram.

Ça va ? Tu nous as manqué.

Ça va, et toi ?

J'essaie de survivre.

Tu vis toujours ici ?

Comment faire autrement ?

Au moins, je suis tranquille ici.

Personne ne me harcèle.

Les cousins qui me logeaient me traitaient comme une merde.

Alors, j'ai essayé une colocation,

mais les autres ne causaient que des ennuis.

Mücahit a eu la gentillesse de me laisser rester ici.

Je lui donne un coup de main.

Je gagne juste assez pour m'en sortir.

Je n'ai pas de parents et je suis loin de chez moi.

Vous permettez que je vous pose une question ?

Quoi ? Allez-y.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Qu'est-ce que vous voulez savoir ?

Allô ?

Non, je suis occupé.

Je ne peux pas parler.

OK. Je rappellerai plus tard.

Dites que je suis en réunion. C'est tout.

Inventez n'importe quoi.

Comme si elle ne savait pas mentir.

Vous vouliez poser une question ?

N'est-ce pas ?

Merci.

Vous avez bien déduit l'avance ?

Personne ne me doit rien, Eyüp. On est quittes.

Pourquoi ?

Je ne vais pas chipoter

après ce que vous avez fait pour moi.

Qu'est-ce qui t'a pris ?

Tu faisais quoi devant ma maison ?

Pourquoi faisais-tu cette tête ?

Tu veux quoi, au juste ?

Tu ne me rappelles jamais.

On a déjà parlé de ça !

On a dit que c'était fini, non ?

Ton mari est revenu, ton fils a des soupçons.

On était pourtant d'accord ?

Je n'y peux rien. Tu me manques.

- Quoi ? - Tu me manques.

Oublie tout ça.

On ne va pas s'éterniser. C'est fini.

On avait un accord. C'est fini. Tu me plaisais bien.

- Mais c'est tout. - C'est tout ?

- Oui. - C'est fini ?

- Bien sûr. - Fini ?

Chacun repart de son côté.

Pas si vite.

Fais pas l'idiote.

Tu es mon destin.

Arrête tes conneries. Je te tuerai.

Je te lâcherai pas. Je te laisserai pas partir.

Putain de fêlée !

Je suis capable de tout.

Tu ne me connais pas.

Toi non plus.

Je te tuerai !

Lâche-moi !

Timbrée !

Ton mari, ton fils… C'est quoi, ça ?

Sangsue !

Vous êtes malades ! Vous êtes tous timbrés !

Ne t'approche plus !

Si je te revois devant chez moi…

Si jamais je te revois… D'accord ?

Espèce de cinglée !

Reste là !

Reste là.

Tu n'écoutes jamais, toi ?

Ne pars pas. Je t'en supplie.

Ne me quitte pas. Je t'en conjure.

- Lâche-moi ! - Je t'en supplie.

Lâche-moi, emmerdeuse !

Va te faire voir !

Nom de Dieu !

Qui est là ?

Eyüp Öztürk. Entrez.

Allez. Dépêchez-vous.

Alors, Eyüp…

Vous étiez son chauffeur toutes ces années.

Vous savez peut-être qui a pu l'assassiner.

Aucune idée.

Pas la moindre idée.

Le dernier texto reçu sur son portable est de votre femme.

Vous en dites quoi ?

Ma femme ?

Vous ne saviez pas ?

Non.

Vous êtes sûr ?

Oui.

Et vous ne saviez pas qu'ils se sont vus après.

- Eyüp ? - Oui.

Vous êtes sûr ?

C'est moi qui ai fait ça.

Quoi, ça ?

Non !

Quelqu'un t'a vu ?

Je ne sais pas.

Va t'allonger.

Va.

Où vas-tu ?

Réponds-moi !

Va te coucher ! Dégage !

Ou jette-toi dans le vide !

Ne fais pas l'idiote. Descends de là.

Bayram !

Tu peux te sentir chez toi là-bas comme ici.

Ça change quoi ?

L'hiver sera bientôt là.

Il fera froid la nuit, ici.

Là-bas, c'est chauffé. Il fait bon. Trois repas par jour.

Tu es encore jeune.

Et tu auras l'argent à ta sortie

pour monter un commerce,

ouvrir un café…

Qu'est-ce que t'en dis ?

Adaptation : François Pèlerin

Sous-titrage : Éclair Vidéo — Paris

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