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- Tes cheveux sentent bon. - Merci.
C'est ton machin à la poire ?
- J'aime bien. - Oui ?
Ça me plaît.
Quoi ?
- Je suis crevée ! - Moi aussi !
J'attendais que tu le dises.
Je ne me sentais pas vraiment d'attaque.
- Je t'aime. - Je t'adore.
C'est génial.
On le fait demain. C'est noté, bébé.
Comme ça, je réserve mes petits soldats.
- Ce sera le grand jeu. - C'est ça, réserve !
Bonne nuit.
- Je t'aime. - Moi aussi.
Ben Coleman, vous êtes arrêté pour délit de sodomie en 1997.
- Anna est là ! - C'est vrai, t'es marié.
J'y crois pas.
Qu'est-ce que tu fous ici ?
- C'est quoi, ça ? - C'est mon joujou extra.
- Et ça, c'est quoi ? - Ça ?
- Je suis enceint, mec. - Moi aussi.
Qu'est-ce que tu fous ici ? Ma puce...
C'est Andrew, il était au mariage. Oui, on s'est vus là-bas !
Content de te voir, désolé de te réveiller.
Je t'ai ramené un canard...
- Du Mexique. - Superbe canard.
Merci beaucoup.
C'est un souvenir. Ici, il sera parfait.
J'hallucine. C'est vraiment top !
La voiture, la femme... Les beaux livres sur la table basse.
Content de te voir.
- Je te kiffe, toi. - Je te kiffe aussi.
Je te kiffe vraiment, et toi, je te kiffe pas encore,
mais dans peu de temps, je te kifferai autant que lui.
On va t'installer, j'imagine que...
Si ça vous dérange pas...
Non, bien sûr ! C'est vraiment sympa.
Tu vas dormir ici. On va te faire une place.
C'était quoi ce cirque ?
- Désolé ! - Il est pas croyable.
Je ne savais pas qu'il venait.
C'est lui tout craché. J'imagine que tu me l'aurais dit,
si tu avais su qu'un pote à toi devait débarquer à 2 heures du matin.
Il était survolté, mais il va se calmer. Ça lui prend parfois, comme les chiots...
Vous êtes à poil, là-dedans ? On prépare ton lit.
Entre.
J'adore les douches chaudes !
Ça fait du bien de se sentir propre ?
C'est le pied. Prendre une douche et mourir...
Tant mieux. Elle est super, cette piaule.
- J'irais bien faire de l'escalade. - On ira.
Je vais me coucher.
J'arrive.
Bonne nuit.
- Je t'aime. - Merci !
- À demain. - Je t'aime.
Ça y est, je te kiffe !
- Elle est super. - Oui.
- Vraiment super. - Oui.
C'est quand même dingue.
Je me suis levé à Mexico et...
- Tu étais à Mexico ? - Ce matin.
Ce matin ?
Qu'est-ce que tu fous ici ?
Qu'est-ce qui t'arrive ?
J'ai vécu à San Cristobal de las Casas,
- au Chiapas... - Au Chia-qué ?
- Où ? - C'est un État du Mexique.
L'État le plus au sud...
- Oui, je connais. - C'est vrai ?
J'ai monté un projet artistique avec des gens, là-bas,
et comme on doit trouver du financement,
je suis revenu pour démarcher des galeries...
Et puis, au final, je te la fais courte :
j'étais à l'aéroport de Mexico et je me suis demandé
où je voulais aller.
Alors j'ai pensé à toi.
Je me suis dit qu'il était vraiment temps...
pour nous... Ça fait un bail.
Un sacré bail. Fallait qu'on se revoie.
On n'a pas la même vie, mais je te respecte totalement.
T'es comme un frère. Je te respecte aussi.
Même si je n'ai pas beaucoup de nouvelles à part quelques cartes postales
à indices multiples,
avec des histoires de princesses, de chapeau et de baisers enflammés.
C'est le chapeau que tu as vu.
Celui-là même. On me l'a offert au Maroc,
cadeau d'une princesse.
T'en as, une vie, mon pote !
Le truc, c'est que...
c'est facile de vivre comme je vis, mais je ne suis pas sûr
que je pourrais vivre comme toi. Si, c'est facile !
Tu vas au supermarché, tu trouves un truc qu'on appelle une fille,
tu l'embrasses...
Et la nature suit son cours :
tu lui passes la bague au doigt, t'achètes une maison
et rapidement, tu transformes le bureau en chambre d'enfant, au cas où.
- Tu déconnes ? - On y travaille.
Il n'y a plus de défense, je ne tire que des penalties.
C'est plus marrant, comme ça. C'est dingue !
Ce sera le plus gros truc de ta vie ! C'est le plus gros truc dans la vie.
Oui, c'est énorme, mais on n'y est pas encore.
Faut que j'aille me coucher. Je dois...
Je bosse, demain.
Si tu n'as rien prévu de spécial, demain
on pourrait se faire un plan. Carrément.
Ça fait bizarre de te voir.
Ça fait du bien aussi.
Toi faire des rêves beaux.
- Salut. - Coucou, trésor.
- Ça va ? - Oui, et toi ?
J'ai très, très envie de partir d'ici.
Oui, moi aussi. Andrew m'a appelé.
Le coup typique : il a rencontré une nana au café
et maintenant, il est chez elle...
Elle a des colocataires, des artistes,
et il voudrait que je les rencontre. Je crois que je devrais y aller,
juste passer, tu vois ?
Je voulais qu'on dîne, faire connaissance. Un bon dîner, ce serait l'occasion.
Je pensais faire des côtes de porc,
ouvrir une bonne bouteille et discuter... T'es un ange.
Un type débarque chez toi à une heure du mat, et tu lui fais tes fameuses côtes de porc...
Je t'adore.
Je vais le chercher et on rentre de suite.
Super, je prépare le dîner.
- Je t'aime. - Moi aussi.
Ben ? J'ai tellement entendu parler de toi !
Bienvenue. Entre.
- Et toi, c'est ? - Monica.
Jessie, John. Ben.
- Salut. - Monsieur !
C'est quoi ?
- Je veux des mamours ! - Me touche pas !
C'est quoi ? Ce sont mes fameuses fettucini
à la génoise...
Merde... Anna nous prépare des côtes de porc,
une recette spéciale pour t'accueillir.
- C'est qui, Anna ? - Ma femme.
- Dis-lui de les ramener. - Ouais !
Qu'elle ramène ses côtes. On prépare la méga teuf
du vendredi soir, avec de la musique Dionysiaque...
Elle pourra goûter mes fettucini.
OK, je l'appelle et je lui propose.
Je vais chercher un tire-bouchon, viens.
Lilly, Ben. Ben, Lilly.
- Enchantée. - De même.
- Tu coupes des tomates ? - Pour une salade.
Ici, c'est... Chez toi ?
En fait, c'est chez ma nana. Sinon, moi, je vis dans la rue.
Compris. Et c'est qui, ta nana ?
C'est ta nana ?
Monica ?
Je vois.
Ça colle bien, entre eux. Je ne voulais pas
me montrer indiscret...
Elle a ses périodes "mec".
Qui suis-je pour l'en priver ?
Y a pas de raison, poil au menton.
- Ça colle bien. - Bien.
Tu fais quoi, dans la vie ? Je suis urbaniste dans les transports.
Je vais passer un coup de fil, et j'arrive.
- Salut, trésor. - Coucou, ça va ?
Oui. Vous arrivez quand ?
Alors, je suis... dans la maison.
On a un petit contretemps. Andrew s'est laissé embarquer
pour dîner ici, enfin, dîner, surtout draguer...
Il y a une fille qui le branche, enfin je suis un peu largué.
Ce qui est sûr, c'est qu'il reste ici, et je sais que ça craint
pour ton dîner. Tant pis. C'est pas grave.
Sinon, tu peux venir, tu es cordialement invitée.
C'est un peu bizarre,
la maison s'appelle Dionysos, à prendre au pied de la lettre.
Tu es la bienvenue pour venir dyoniser. Non, je préfère rester
avec mes côtes de porc.
Je reste un peu par correction et je rentre pour savourer
- tes côtes de porc. - Ça marche.
Et pour savourer
ce qu'on avait prévu ce soir, d'accord ?
D'accord, faisons ça.
Je suis devant une photo et j'essaie de voir
si c'est une femme ou un homme.
Je serai à la maison dans une heure s'il ne m'arrive pas de tuile.
On va se faire un super dîner.
- J'ai hâte. - Tant pis pour Andrew.
- Je t'aime. - Moi aussi.
Désolé.
Faut qu'on discute, tous les deux.
Dégage !
Ça compte les pas.
C'est un podomètre.
Ça n'a rien de drôle. Ça compte les pas.
Des corps en mouvement, on ne sait pas quoi,
on ne sait pas qui, on ne sait pas combien ils sont.
C'est terriblement beau, c'est superbement esthétique.
Il s'en dégage une spiritualité que j'adore. Dans le contact,
les deux corps fusionnent en une seule et même entité.
Je vais m'enduire de beurre de cacahuète et mon chien viendra lécher.
Du moment que t'aimes ça.
Tu fais comme tu le sens... De quoi vous parlez, là ?
Tu connais Hump, le festival de porno amateur ?
Non, jamais entendu parler. Le journal The Stranger
organise un festival de films pornos. C'est ouvert à tout le monde
et ça donne des films érotiques super créatifs...
Tout le monde voit les films et à la fin,
ils sont tous détruits.
C'est une espèce d'énorme
performance artistique. On fait tous un film.
- Moi aussi ! - C'est vrai ?
Je vais me gêner !
- Tu vas faire quoi ? - Un truc de ouf !
Je vais faire le plus grandiose,
le plus beau, le plus profond, le plus poétique...
- J'ai une idée. - Quoi ?
Le public va être scotché.
Toi, dans une chambre,
en train de baiser avec une blonde aux énormes faux seins.
Tout le monde sera scotché, ce sera du jamais vu
dans le X artistique. Tu m'as jamais vu à l'œuvre.
Je n'ai pas eu ce plaisir. Mais ça doit être...
C'est une œuvre d'art !
- Tu déconnes ! - Je déconne ?
Tu vas pas faire un porno ? Je vais faire un film artistique,
un film d'art érotique.
Je t'emmerde !
Faut pas avoir la haine. C'est pas parce que
t'as des boulets aux pieds...
- Ça veut dire quoi, ça ? - Que t'es casé.
N'aie pas la haine.
Ça m'empêche pas de faire du porno.
- Toi, du porno ? - Si je veux.
Quel genre de porno ?
- Quel genre ? - Oui.
Alors... D'abord, il nous faut une caméra.
Et si tu joues dedans, il nous faut un gros zoom.
Comment on va faire ? C'est compliqué.
C'est ça.
Même pas mal...
Sérieusement, j'ai l'impression
qu'en matière de porno, tout a déjà été fait.
Alors il faut vraiment un truc unique,
sinon ça vaut pas le coup, non ? Carrément.
J'ai qu'à te baiser.
Non, on fait ça tout le temps.
On en a trop soupé, de ce genre-là.
C'est pas comme si le porno gay était sous-représenté.
Oui, il y a un max de porno homo, mais il n'y en a pas beaucoup
- avec des hétéros. - Carrément !
Ce serait top, mais t'en serais capable ?
Il suffit que j'avale une pilule et...
- On se lance. - Là, vous tenez un truc.
- On va le faire. - Faire quoi ?
Toi et moi,
deux hétéros, quatre boules.
Du gay transcendé. Du gay transcendé.
Marrez-vous, mais si vous le faites,
si vous arrivez à exprimer comme ça
- votre longue amitié. - C'est la tendresse.
De la tendresse pour la fesse. Je m'inclinerai et vous donnerai le trophée.
Ce serait un immense chef-d'œuvre.
Ce serait magnifique, vraiment magnifique. Ce serait de la folie.
Avec ça, on rafle le premier prix.
- De l'hétéro transcendé ! - Je t'aime...
mais je parie tout ce que tu veux
que demain, quand tu auras dessoûlé, tu voudras jamais le faire.
Jamais tu voudrais faire un truc pareil !
Je nous réserve une chambre d'hôtel tout de suite.
On va se dégoter un putain de matos
et on va tourner un putain de film porno.
- Je réserve. - Génial.
Dimanche ?
Dimanche, je te défonce.
Erreur, c'est toi qui te fais défoncer.
- C'est toi. - J'appelle.
On tirera au sort.
- J'appelle. - Je veux entendre.
Tu veux entendre ? Pas de souci.
Je raccroche, si tu veux te débiner. Je raccroche ?
C'est pas moi qui veux me débiner. Ville et État, s'il vous plaît ?
- Seattle, Washington. - Je vous écoute.
J'aimerais le numéro du Nick Motel. Pouvez-vous épeler ?
N-I-C-K.
Ne quittez pas.
Je raccroche, si tu veux. Prenez la caméra.
Je dois faire quoi ?
- Tu sais pas ? - Enlève ton fute.
Comment je procède ? Tu me l'as mise ?
Parce que là, je sens rien. T'as besoin d'un dessin ?
Quand je te l'aurai mise, tu ne demanderas plus.
Bonjour.
Sympa, le réveil.
Je n'ai pas du tout envie de te parler.
Baiser, oui, parler, non ? Je suis très énervée contre toi,
je ne te parle pas. Je n'aime pas trop...
Qu'est-ce que tu fous ?
C'est quoi, ce bordel ? Laisse tomber.
Désolé, mais c'est trop zarbi.
Il s'est passé quoi, hier soir ? J'ai essayé de ne pas m'énerver,
j'ai essayé de comprendre, mais tu ne m'as pas aidée.
Alors qu'est-ce qui s'est passé ?
On peut rembobiner deux secondes ? Tu rappliques,
tu me chevauches sauvagement
et tu refuses de m'embrasser.
Je te rappelle que j'étais en période d'ovulation
jusqu'à hier soir. J'espérais rattraper le coup ce matin...
Je suis désolé. Pardon, tu as raison.
- J'ai merdé. - Il s'est passé quoi ?
J'aimerais comprendre. J'étais avec Andrew.
Il était défoncé, j'ai préféré le surveiller. Et comme j'avais bu aussi,
je devais dessoûler avant de rentrer. Tu as dû dessoûler
jusqu'à trois heures du matin ?
Je ne marche pas. C'est un grand garçon,
il élève des chèvres
ou je ne sais quoi, et tu devrais le surveiller ?
Je marche pas !
C'était sympa.
Je passerais pas mes week-ends avec eux, je n'en ferais pas mes meilleurs amis,
mais j'ai vu de nouvelles têtes, j'ai papoté,
et ça m'a fait plaisir.
On va fonder une famille,
avoir des enfants, et on ne devrait pas
se couper totalement
du reste du monde. Je pense même qu'on devrait se faire
plus de soirées comme ça.
Comment ça, "on" ? Tu m'as laissée avec mes côtes de porc !
Je t'ai invitée. Tu parles d'une invitation !
"Je ne sais pas si ça va te plaire,
on risque de s'emmerder, ils sont zarbis, mais viens !"
Tu crois que ça donne envie ?
C'était avant que ça devienne sympa.
Je veux quand même dire, j'ai déconné, OK,
mais je suis un bon mari, toujours à l'heure, toujours fiable...
Alors OK, j'ai fait un faux pas,
mais j'ai droit à la carte "Vous êtes libéré de prison".
Je peux avoir un joker ?
Que veux-tu que je te dise ? Oui, t'es libéré de prison.
C'est bon. Je vais me doucher.
- On peut discuter. - Ça va.
T'as raison, pas de lézard. Pas de quoi s'énerver.
Je suis désolé.
C'est ma faute. J'ai la tête dans le cul.
Tu veux pas revenir au lit ?
Un peu de café...
Vas-y.
C'est là, en plein milieu.
Tu me passes la cuillère ?
- Sel ou sucre ? - Sel, je te déconseille.
Enfin, à toi de voir.
Je préfère pas.
Tu as du sucre ? Oui, dans le placard, là-haut.
Tu as de l'anis ?
- Quoi ? - De l'anis.
Non, je n'ai pas d'anis.
De l'anis ?
Oui. C'est une herbe.
Un peu comme la réglisse.
C'est dans le placard s'il y en a.
Non, j'ai fouillé un peu... Pas de problème.
Ça marche ?
Il faut sucer ou avaler ?
Faut garder sous la langue.
- Laisse fondre. - Fondre...
Avec de l'anis, ça marche mieux.
Rapport à l'alcaline...
J'ai découvert ça au Machu Picchu.
Ça marche ?
Tu fais quoi, aujourd'hui ?
J'ai envie de bouger.
- Et de gerber. - De gerber ?
Je me sens barbouillé, faut que j'évacue. Ça me fera du bien.
Alors je vais sortir et gerber.
- Joli programme. - Et toi ?
Je pensais aller voir des galeries et m'envoyer en l'air,
mais gerber, ça me paraît bien aussi.
Bien joué ! Quatre à un.
- Quatre pour toi ? - Quatre pour moi.
Merde...
Attention à la merde de chien. Il y a faute,
je te signale.
- Pour moi ou toi ? - Toi.
Qu'est-ce que j'ai fait ? Tu m'as plaqué.
Tu m'as tapé dans les couilles. Après ton placage dans l'herbe.
J'ai mal aux couilles. T'as commencé, le ballon est pour moi.
Six à un. Ballon pour moi.
Tu l'as assez eu.
Papa veut le ballon, donne le ballon à papa. Papa a déjà eu tous les ballons
qu'il voulait.
Raté.
Allez, six à un. Arbitre !
Sept à un.
- On enchaîne. - Passe le ballon.
- Sept à un. - Passe-moi le ballon !
Lâche.
Passe-moi ce putain de ballon !
Je me suis fait mal.
Ma faute. Désolé.
- Ça va ? - Oui.
Je déteste le basket.
J'ai mal partout mais je n'ai plus la gueule de bois.
C'est efficace, hein ?
Il suffit de se frotter la tête avec de la merde de chien.
J'ai un peu poussé...
C'était sûrement...
un effet secondaire bizarre de la soirée d'hier.
Bizarre, bizarre...
J'attendais qu'on y vienne !
Je suis désolé, pour hier... Pas de souci.
Je t'ai embarqué
dans une histoire tordue... C'était une soirée zarbi,
ça arrive, alors... Il n'y a pas de quoi s'excuser.
Mais je débarque chez toi, on se défonce la tête,
et on plante ta femme et son dîner.
Elle n'a pas râlé, et tu ne m'as pas obligé à rester là-bas.
J'aurais pu rentrer, mais j'étais bien là où j'étais.
Je ne veux pas que tu t'excuses. On se connaît depuis longtemps,
et comme je disais hier soir,
on a des vies super différentes. C'est vrai.
Et j'ai l'impression que dans ta vie,
ce genre de discussion est déplacé.
Ça veut pas dire que je te juge pour autant...
On atterrit, si tu veux bien. T'es pas le nouveau Kerouac du siècle,
malgré ton bandana, et je suis pas encore rangé des camions.
Tu penses blanc ou noir, il y a un monde entre les deux.
Je dis juste que c'est une super idée de projet artistique, mais...
Je trouve aussi. Mais je comprendrais
que dans ta situation... C'est justement le problème.
J'ai l'impression que tu essaies...
Je ne sais pas trop...
Je ne vais pas t'obliger à coucher avec moi.
Pas la peine de... Tu ne m'obliges pas.
Je te fais juste remarquer qu'hier, c'était hier,
qu'on était bourrés,
et que donc, ça ne t'engage à rien, voilà.
Tu n'as pas à me donner de dispense
à cause de l'idée arrêtée que t'as de moi. Occupe-toi de toi,
je m'occupe de moi.
Si je veux le faire, je le ferai.
C'est pas mon mariage qui va m'en empêcher.
Anna et moi, on est très liés. Tu ignores ce que c'est, tu es célibataire.
Tu te trompes sur le mariage.
On est libres de faire ce qu'on veut. Pigé ?
Tu veux décider pour moi. Non, je te parle en ami
et je te dis qu'il n'y a pas de lézard.
On ne vit pas dans le même monde,
et je sais que ce que tu dis... Andrew, stop.
Je vais croire que t'es borné, limite débile.
Arrête de vouloir me dédouaner. Parce que tu sais quoi ?
On dirait que tu me mets sur le dos ce que tu ne veux pas assumer.
OK, franchement ?
Tu pourrais coucher avec moi pour ce film demain soir ?
Parfaitement, je pourrais. Tu pourrais ou tu le ferais ?
Je le ferais.
Tu le ferais ? Parce que moi aussi.
- Vraiment ? - Carrément.
Faut pas qu'on le fasse par fierté ni en mode "défi".
Faut qu'on le fasse pour l'art, et ensemble.
C'est une idée super bizarre, mais géniale.
Ça repousse les frontières, comme tout art.
Tu vas au moins le dire à ta femme ?
Bien sûr.
- Ça lui posera pas de problème ? - Non !
Je ne sais pas ce qu'elle dira, mais je vais lui expliquer
que c'est un projet artistique, et si ça lui pose un problème,
je ne le ferai pas. Mais elle devrait être d'accord,
parce que c'est ça, le mariage. On se soutient, on évolue à deux.
Anna et moi, c'est ça.
- Tu ne me crois pas. - Mec...
T'es complètement flippé ! T'es pas obligé !
Parles-en à Anna et si elle est d'accord, on fonce.
Retire ce que tu viens de dire, parce que je gère avec Anna, OK ?
- Donc on fonce ? - On fonce.
- Sérieux, on fonce ? - Sérieux.
- Demain soir ? - Demain soir.
Si tu veux te défiler, c'est maintenant.
J'y serai.
Bien. Moi aussi.
Bienvenue !
- C'est super. - Je suis désolé.
J'ai fait une boulette, hier soir.
- Désolé. Je t'aime. - Moi aussi.
- Merci. - Je t'en prie. Je...
C'est adorable. Ce qui compte, c'est nous.
Je t'aime. Je vais poser mes affaires.
Reviens, que je te masse les pieds, que je te serve la totale.
J'ai quelque chose d'important à te dire.
Enfin, pas de quoi fouetter un chat. Ou plutôt, un canard.
Merci de le laisser trôner sur la cheminée.
Mais dès qu'il sera parti, on s'en débarrasse, hein ?
Mais laisser cette chose ici tant qu'Andrew est là,
c'est vraiment top de ta part.
C'est du Andrew tout craché, vraiment...
- C'est très bon, au fait. - Tant mieux.
- Je me régale. - Merci.
Pour en revenir à Andrew...
Il est paumé.
Hier, je l'observais à cette fête et...
Il essaie de faire quelque chose de sa vie, tu vois ?
La bonne nouvelle, c'est qu'il a rencontré des gens, hier,
le genre avec qui il accroche,
qui participent à un festival artistique.
Ils ont proposé à Andrew de se joindre à eux.
Il est à fond dedans.
Il veut que je l'aide, et bien sûr, je vais pas refuser.
C'est super, vraiment.
C'est quoi, comme festival ? C'est un truc assez sympa
organisé par le Stranger. C'est un festival de cinéma annuel,
je ne connaissais pas. C'est des films d'art...
Tu parles de Hump ?
- Quoi ? - Le festival Hump ?
Je ne suis pas sûr... Peut-être. Le festival de porno ?
Le Stranger organise chaque année un festival de films pornos.
Peut-être, mais je connaissais pas, de toute façon.
C'est un festival artistique qui veut valoriser la pornographie
dans sa dimension esthétique plutôt que triviale.
D'après ce que j'ai compris. Avec des gens qui couchent ensemble ?
Oui, d'après ce que j'ai compris.
Et tu viens faire quoi, là-dedans ?
Je leur ai dit que je pourrais les aider. Je vais rendre service comme je peux.
Je ne sais pas s'il y a un intitulé de poste précis,
mais je pourrais peut-être
faire le petit-déjeuner, la cuisine, parce que le budget est très serré.
Je pourrais faire le café...
ou les photocopies ou le coursier,
si besoin est. Enfin, tu vois. Je ne suis pas un artiste,
c'est pas mon truc, mais je veux aider Andrew
parce qu'il est super emballé.
Ils tournent leur film demain, et je me suis dit
que ce serait sympa de filer un coup de main.
Je me suis dit...
Mais on n'est pas obligés de...
Reparlons-en plus tard et profitons du dîner, d'accord ?
Je t'aime.
J'ai touché une bite en caoutchouc !
Ça t'a fait peur ? C'est pour quoi faire ?
Flippe pas comme ça,
ça mord pas.
Un peu de naturel, ça vous tente pas ?
De naturel ?
- J'ai déjà ce qu'il faut. - J'en avais envie.
Oui, et je ne voudrais pas qu'une bite en chasse une autre.
C'était pas au programme, désolée.
Voilà ce que je vous propose : ce soir,
on utilise mon attirail et si toutes les parties
ne sont pas satisfaites, on fait entrer en jeu...
Non, c'était pas prévu comme ça, trésor.
Je suis désolée.
- Y a pas de lézard. - Ne te sens pas menacé.
Non, non, aucun souci, vraiment aucun...
- Je suis très déçue. - Moi aussi.
Désolé, je suis hyper conventionnel.
Je suis sûr qu'on se reverra un jour,
quelque part et...
Les mecs...
Les mecs...
Je ne voulais pas te faire peur. Merci, pour la vaisselle.
Pas de quoi, c'est normal.
Je prends juste un verre d'eau.
Il m'en reste encore un peu. Laisse, je ferai ça demain.
Je vais finir. Vous avez bien mangé ?
Ben m'a mitonné un super repas. Ce qui restait dans les assiettes
sentait très bon. Il y en a encore. Tu en veux ?
Non, t'inquiète.
C'était juste un compliment maladroit...
Et toi, ta soirée ?
Étrange, mais sympa...
- Je vais me coucher. - Ah bon ?
Tu ne veux pas prendre un verre avec moi ?
On n'a pas encore eu l'occasion de discuter,
et ça me ferait très plaisir.
D'accord, carrément.
On nous a offert du whisky quand on a emménagé,
je crois qu'il est très bon.
J'étais censé pondre des poèmes.
Moi, c'était un article !
Mais il a laissé tomber le projet pour un stage non payé.
Il a annulé le voyage qu'on préparait depuis des lustres.
On s'était surnommés les déconneurs de grand chemin,
à la Kerouac.
J'ai fait le voyage,
mais j'ai rien pu en tirer,
et donc, j'ai jamais pu valider mon diplôme.
C'est nul ! J'en tiens ton mari pour responsable.
Tu m'étonnes ! Quel con !
Carrément.
T'es cool, comme nana.
Ouf, tu m'aimes bien !
T'es bien plus cool que t'en as l'air.
Enfin, je ne voulais pas dire que...
- J'ai pigé... - Je voulais dire
que je suis un gros débile
à l'esprit complètement borné.
Non, je sais bien que je peux passer
pour la parfaite ménagère bien rangée.
Sérieusement, Ben me l'avait dit,
mais je réalise maintenant qu'il avait raison de refuser que je le juge
à cause de ses pantalons plissés, de son podomètre
et de sa femme. Ça ne veut pas dire... Le podomètre, c'est sexy, faut le savoir.
Tu kiffes ce bidule ?
Le podomètre va nous servir, demain.
- C'est vrai ? - On a tout un plan.
Ah oui ! Je t'ai pas encore cuisiné sur cette histoire !
Raconte ! Raconte-moi tout, je veux tout savoir !
Alors il t'a parlé de notre projet...
C'est trop bizarre. Il va bien falloir que t'en parles.
Oui. C'est bizarre, mais comme t'es vraiment chouette,
ça rend la chose moins gênante.
En fait, je me dis...
qu'il y a pas de quoi en faire tout un plat.
Carrément. Mais je ne sais pas...
Je dois reconnaître que je suis scié
par ton ouverture d'esprit. Je ne m'étais pas rendu compte
que tu me croyais aussi coincée.
Je connais des gens mariés
qui sont infidèles en secret, mais il n'y a qu'avec les gens
super honnêtes, comme Ben et toi pouvez l'être,
que ça ne fait pas tout foirer...
Et là, c'est pas de l'infidélité, c'est juste une nuit,
ça va pas remettre votre histoire en jeu. De quoi tu parles ?
Je comprends rien à ce que tu racontes.
Ben et moi se filmant en train de le faire, c'est quand même un truc de ouf !
Attends une seconde.
Le film que vous tournez demain, c'est toi et Ben
en train de coucher ensemble ?
Attends...
Aucun problème, ça va.
Qu'est-ce qui se passe ?
Qu'est-ce que t'as fait ? Fermez-la, tous les deux !
C'est quoi l'embrouille ?
Tu devais lui dire, elle a dit savoir, j'en ai parlé, mais elle savait pas !
Tu lui as dit ?
"Tu lui as dit."
T'étais censé lui dire...
J'allais le faire...
Je voulais te le dire pendant le dîner... Et merde !
C'était pas prévu comme ça.
Je comptais te le dire pendant le dîner,
mais ça s'est mal engagé. T'as tout de suite flippé sur le mot "porno".
J'ai "flippé" ?
J'hallucine, je suis dans ma cuisine, en train de parler avec toi
d'un film porno que tu vas faire avec lui !
Demain !
Putain !
On se calme.
Tu peux m'expliquer...
comment un truc pareil a pu arriver ?
Calme-toi. On peut aller discuter dans la chambre ?
Je suis là. Discutons. Pourquoi tu fais ça ?
Je ne sais pas pourquoi.
C'est important pour moi,
et je crois pas qu'il faille en faire un plat.
Je vais me coucher.
Je devrais aller lui parler.
- Je suis désolé. - C'est pas ta faute.
Vraiment pas...
Tu veux que j'aille ailleurs ?
Ça risque d'empirer les choses
- si je reste là. - Non, ça va.
Reste ici.
Il faut qu'elle et moi on prenne le temps...
de discuter. Elle est très douée pour...
Je me fais l'impression d'être un vrai guignol.
Entre la façon dont j'aimerais me voir
et ce que je suis en réalité,
je crois qu'il y a un énorme gouffre.
À 17 ans, on m'a demandé ce que je voulais faire plus tard,
j'ai répondu "artiste"...
Et je ne crois pas... Non, je sais
que je n'ai jamais achevé un seul projet dans ma vie.
Je peux te dire un truc que j'ai jamais dit à personne ?
Quand j'ai emménagé à Seattle, à 18 ans, j'étais très seul.
Je louais des tas de films pour compenser le manque d'amis.
Un jour, le type du vidéo club
m'a conseillé un docu sur l'architecte F.L. Wright.
Contrairement à mes habitudes, j'ai suivi son conseil,
parce que ce type avait un truc... J'ai regardé, et c'était à mourir d'ennui,
du genre pontifiant. J'ai ramené le film le lendemain,
il m'a regardé, et j'ai dit que c'était super.
Je suis pas du genre flatteur, mais ce type avait un truc...
Il se trouve que c'était le premier volet d'une série de dix,
et j'ai dû me taper le deuxième volet, qui m'a encore moins plu.
Cette fois, j'étais décidé à lui dire ce que j'en pensais,
mais une fois au vidéo club, j'ai regardé le type
et je lui ai dit : "C'était encore mieux que le premier."
Et ainsi de suite, je le voyais tous les jours
pour chaque nouveau volet, et au bout du dixième, j'étais très triste
à l'idée de ne plus avoir ce sujet de conversation avec lui.
Je suis rentré chez moi
et je n'arrêtais pas de penser à lui.
À son short en jeans moule-boules,
à ses jambes pâles trop poilues
et à ses yeux bleus globuleux.
J'ai commencé à m'imaginer en train de l'embrasser,
et c'était pas si dérangeant.
Puis j'ai commencé à penser à ses boules, à me demander si elles étaient velues,
et là, j'ai tellement flippé
que j'y suis plus jamais retourné.
Je voulais te le dire, parce que...
même si je pense savoir où me situer, j'ai ressenti quelque chose
pour ce type.
Tu vois ?
Je ne crois pas avoir connu ça.
C'est une drôle de sensation.
Encore une fois...
Je traîne avec tous ces gens super ouverts,
avec des artistes, des bourlingueurs, et j'en arrive à être gêné
de ne jamais avoir... essayé avec un mec,
de ne pas être plus ouvert. Je n'ai rien fait avec lui.
Je n'ai pas dit ça... Je préfère préciser.
Je dis juste qu'à mes yeux...
Mec, t'es pas homo. Non, je crois pas, mais...
Enfin, t'es radicalement pas homo.
Oui, je pense la même chose de toi, mais...
J'aimerais bien être plus homo.
Ce serait plus marrant demain.
Demain...
Ça va ?
La nuit a été longue.
Je ne comprends pas bien
pourquoi je veux faire ça,
mais je me sens vraiment engagé.
La seule explication qui me vient est que...
ma personnalité a plusieurs facettes.
Quand on s'est rencontrés, l'une d'elle a tilté,
et j'ai eu très envie de faire ma vie avec toi,
de me marier, d'acheter une maison et d'avoir des enfants...
Cette facette a pris le dessus, c'est devenu un ogre
qui a dévoré toutes les autres facettes.
Dans l'ensemble, ça me va.
Mais en fait,
ça ne doit pas aller tant que ça puisque j'en suis là,
à vouloir faire ce truc...
Alors fais-le.
Tu crois ?
Tu es sérieuse ?
Tu parles des différentes facettes de ta personnalité
comme si moi, je n'étais qu'une image punaisée dans la cuisine.
Mon monde ne se réduit
pas du tout à toi, c'est comme toi,
je ne me nourris pas que de toi, loin de là.
D'accord, c'est mérité.
Tu penses à quoi ?
Quand je suis allée chez Molly,
il y a un an et demi,
on est allées à une fête chez des amis à elle
dans un loft de dingue et...
J'ai beaucoup bu...
et je me suis laissée aller avec un type dans la salle de bains.
C'était génial.
J'étais super heureuse de rentrer à la maison, après ça.
Je savais ce que j'y retrouvais
et j'étais sûre de ce que je voulais.
Mais c'était génial. Oui, c'était génial.
Tel que tu me vois, je lutte pour ne pas te servir
mon sermon culpabilisant.
Je serais mal placé pour le faire.
Je comprends maintenant ce que tu entendais
par ton monde en dehors de moi.
Écoute.
Je ne prétendrais pas comprendre ce que tu recherches
dans toute cette histoire.
Je ne comprends pas... Culpabilise un chouïa !
Tais-toi. Écoute-moi, pour changer.
Je sais, ce n'est pas la même chose. Mais je crois
que tu dois vivre cette expérience, parce que je ne veux pas
que tu la verrouilles en toi.
Il faut que tu t'en débarrasses
ou que tu saches si c'est quelque chose de plus essentiel.
Il faut que tu le saches avant qu'on ait un enfant.
Qui est là ? Qui est-ce ?
Salut, camarade. Entre.
Je nous ai pris la suite nuptiale. Vise un peu.
Le meilleur sinon rien. Entre, pose ton sac.
C'est très beige.
Il y a tout le confort moderne.
J'ai une caméra. Regarde.
Elle est un peu décevante, certes, mais on peut le voir sous l'angle...
Ça donnera un effet... Ça donnera un effet amateur.
Un film sur deux potes... Un film porno tchèque à deux balles.
On ne sait pas faire du porno, on va le faire avec ça, tu vois ?
Ça fait partie de notre numéro. Je parie que tu n'as pas de filtre lumière.
Non, mais apparemment, il y a différentes fonctions intégrées,
et au pire, on le retravaillera sur iMovie. Super.
Dans notre projet, ce qui est vraiment original,
c'est que ce sont deux potes, deux potes hétéros, qui s'envoient en l'air.
Comment faire savoir qu'on est hétéros ?
Il faut le dire, c'est le seul moyen.
Tu penses à une espèce de témoignage ?
Dans le mille.
Pour être tout à fait honnête, c'est écrit sur ma tronche,
que je suis hétéro.
- Tu peux... - OK, parfait.
Tu es parfait. OK, ça tourne.
- Moi, c'est Ben. - Andrew.
Nous allons tourner un film dans quelques instants,
mais d'abord, nous allons nous présenter. On est amis depuis l'université
et on a pris des routes différentes. Il parcourt le monde à moto,
je suis marié, j'ai une maison, une femme, tout ça.
Il m'a rendu visite il y a deux jours, et à une fête, on a entendu parler de Hump.
Pour rigoler, on a pensé à deux hétéros en action
devant la caméra.
On était bourrés quand on a eu l'idée, ensuite, ça a viré
au machisme typique hétéro style : "C'est moi qui te défonce."
- Non, c'est moi. - C'est moi.
Et puis, cet aspect-là a été dépassé et on essaie encore de déterminer
où on en est vraiment.
C'est donc ce que vous allez découvrir en même temps que nous.
Elle est bonne. C'est bon pour toi ?
C'est bon.
On regardera peut-être après...
Pour l'instant, ça me va, donc... C'est tout bon !
Tu sais quoi ?
Le plus dur, c'est de s'y mettre. Carrément.
On va pas épiloguer plus longtemps.
On va le faire, point barre. Il faut juste qu'on s'y mette.
À cinq, on s'embrasse et on fait ce qu'on a à faire.
Le tout, c'est qu'on s'y mette, finalement...
Je vais pisser.
Dépêche-toi !
Prêt ?
Cinq, quatre, trois, deux, un...
C'était pas si mal !
C'est une première, pour moi,
un menton qui pique.
- C'était pas si mal. - Pas si terrible.
C'était pas si terrible, oui.
- C'était horrible. - Oui.
Ça va être dur. Oui, ça complique un peu la tâche.
Il va falloir la jouer à la Pretty Woman.
- On n'embrasse pas. - Ça me va.
Embrasser, c'est trop intime, il faut juste qu'on fonce...
On fonce.
On fonce, putain, on fonce...
OK, on fonce.
Sa race...
Mate ça, bébé !
T'as vu ces abdos ?
Ils sont bien planqués.
Chaussettes.
- Allez ! - Fonce !
On a presque le même caleçon.
Je l'adore.
On a franchi une étape.
Puis-je faire une remarque ? C'est bizarre,
je vois que t'es un beau mec. J'imagine que les femmes te regardent.
T'es bien foutu et tout, mais...
Tu crois pas qu'on s'est désapés trop vite ?
Tu veux dire rapport à...
- J'ai l'impression que... - T'as raison.
On doit se fixer un objectif.
Le mental peut nous jouer de sales tours. Notre problème. Il est là.
Quand ça monte ici, là, ça fait...
Il faut pas réfléchir.
On doit laisser la parole à nos corps.
Mec, je crois qu'on a la trouille.
Si on veut le faire, il faut qu'on soit à l'aise.
Qu'on installe la confiance.
Il faut foncer.
On s'est précipités, c'est vrai,
mais de toute façon, ce sera pas une partie de plaisir.
Le principal est de passer ce cap.
C'est vrai, on se défile. On doit foncer
et passer à l'étape suivante.
Puis-je faire une suggestion tordue ?
On peut essayer de s'enlacer torse nu ?
C'est pas si terrible.
C'est comme si...
on se rencontrait à la piscine
après s'être longtemps perdus de vue.
En gros, on serait... On pourrait être en maillot.
Et on se donnerait une longue, longue accolade...
"Ça fait plaisir de te voir !"
- "Comment va ?" - "Et toi, depuis le temps ?"
"T'as l'air en forme."
On a quand même un autre point à aborder...
Je sais, mon pote.
J'en n'ai aucune idée.
Je sèche totalement. Le plan B, à la limite,
c'est que l'un de nous va dans la salle de bains
se titiller un peu, et il court dans la chambre
le faire tant qu'il est dur, mais c'est pas top, parce que...
On peut essayer. Dans la salle de bains,
je suis sûr de réussir à bander,
mais je ne sais pas si une fois ici,
je pourrai réussir...
à faire le boulot ou pas. Quand on y pense...
Si on le fait, autant le faire bien.
Ça doit rester de l'art.
Donc oui, je me sens... Je sais pas. Moi non plus !
L'art, c'est tellement... L'art, c'est un putain de truc, quoi.
Alors si on le fait, ça doit être une putain d'expérience,
pas un truc qu'on fait pour s'en débarrasser aussi sec.
Ça doit être un truc qu'on fait parce que... Merde, quoi !
On aura surmonté un truc de dingue ! Mais je sais pas comment faire,
c'est ça, le hic.
La différence avec le saut à l'élastique,
c'est qu'on n'a qu'à sauter. Ça se fait tout seul.
Et on n'a pas à bander.
C'est hard.
Je vais te dire ce que je pense.
Je veux pas faire ma tapette ni me débiner,
mais je me demande quand même
en quoi deux potes hétéros
qui se filment en train de baiser
serait une grande œuvre d'art.
Sans vouloir analyser à l'excès, car l'art est du domaine du ressenti,
pas de la réflexion... Mais à bien y réfléchir, je me dis...
Tu vois ce que je veux dire ?
Mais attention, on se laisse pas tomber, sur ce coup-là.
L'intéressant, là-dedans, c'est que...
Et encore une fois, je ne dis pas
qu'il faut se dégonfler, mais...
on a choisi de faire ça de manière arbitraire.
C'est sorti comme ça, quand on était bourrés. Ça ou autre chose.
Oui, ç'aurait pu être n'importe quoi d'autre.
- Du saut à l'élastique. - Oui !
Ou peut-être plus impressionnant... On aurait pu faire du trekking au Bhoutan.
Je sais pas trop ce que ça donnerait, mais je sais
que ce genre d'expérience serait beaucoup plus enrichissante
que faire les marioles dans une chambre d'hôtel.
C'est vrai, on ferait de l'exercice, on apprendrait à mieux se connaître,
on rencontrerait des gens différents...
- On verrait du pays... - Vieux, on est...
En train de se débiner. On se débine ?
On a choisi ça parce que...
ça nous fait plus peur que tout.
J'adorerais aller au Bhoutan, ça ne me ferait pas peur.
C'est extrêmement vrai.
Il n'existe
absolument rien au monde
que je n'aie moins envie de faire
que ce dont on est en train de parler.
Il faut l'avouer.
La question est donc :
est-ce une raison pour le faire ?
J'ai eu une révélation.
Je crois
qu'on est des crétins.
Que toute cette idée pourrie
est celle de crétins finis.
Armés de bonnes intentions. Armés des meilleures intentions.
Mais il est évident qu'on gâche notre énergie, ici.
En fait, pour moi...
J'aurais voulu finir une chose
une fois dans ma vie. Et je me suis dit qu'avec ça,
j'allais enfin aller au bout des choses.
Tu n'as pas choisi la bonne chose.
J'aurais pu choisir beaucoup mieux.
Je peux lancer une idée ?
Je sais pas si tu seras d'accord, mais je teste la température...
Je crois qu'on devrait se rhabiller.
On appelle le room service ?
Bonjour, j'aimerais commander à manger. Deux sandwiches au rosbif.
Vous avez des milk-shakes ? Je voudrais un milk-shake fraise...
- Chocolat fraise. - Et un chocolat fraise.
J'ai encore la main !
Je suis dans la merde avec Anna.
Dans la merde jusqu'au cou. J'ai creusé ma propre tombe
et je lui ai fait de la peine...
La pauvre. Je me sens minable.
J'ai de la chance qu'elle me supporte.
Elle t'aime.
Désolé, mais là, je crois qu'il faut
que j'aille... rattraper mes conneries dès maintenant.
J'ai envie d'un sandwich et d'un milkshake, mais je vais y aller.
Je vais aller la retrouver.
- Carrément. - Tu vois ?
Ouais.
Mais fais-toi plaisir. Mange mon sandwich,
bois mon milk-shake, mets ça sur ma note.
Viens voir là. Un câlin.
Je t'aime, vieux.
Moi aussi.
On se voit demain, d'accord ?
Je passe te prendre.
Fais-toi plaisir.
Pas comme ce soir, fais-toi bien plaisir.
C'est pas si terrible. C'est comme si...
on se rencontrait à la piscine après s'être longtemps perdus de vue.
En gros, on serait... On pourrait être en maillot.
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