All language subtitles for La Stagiaire.S03E03

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Original subtitles

...

Un jouet couine.

-C'est pas vrai ! Je rêve ! C'est pas possible

d'être aussi bordélique ! -Qu'y a-t-il ? T'as l'air tendu.

-Il n'y a rien qui te dérange, là ? -Si, si, mais... c'est vivant !

-Vivant, c'est ça ! Je n'en peux plus, Constance.

-On va leur parler ! -Si ça continue, on va droit

dans le mur. Je les adore, mais il faut qu'on fixe des règles.

-T'as raison. On en parle ce soir. -Oui...

-Elle est où, ma convocation ?

-Là, tu te sens concernée !

-Barth, si je l'ai pas, je peux pas passer

devant le conseil ! -"Convocation" !

-Ah !

-Ce soir ! -Ce soir. Merci, mon ange.

Bonne journée. -Oui.

Un jouet couine.

...

-Bonjour, M. le juge. -Bonjour. Demi-tour !

Le nouveau capitaine nous attend. -On va enfin le rencontrer !

-Elle ! Nadia Saïdi. -D'accord. Elle vient d'où ?

-D'Annecy. -C'est joli, Annecy.

-Bon, Meyer !

-D'après les 1res constatations, les trois membres de la famille

auraient disparu. Le père, Paul Redon, 42 ans,

gérant de supermarché, marié à Jeanne Redon, 36 ans,

mère au foyer, et leur fils Timothée, 17 ans.

-Qui a signalé leur disparition ? -La voisine. Ca fait 4 jours

que personne n'a de nouvelles. Voyant les volets toujours ouverts,

elle a sonné

et la porte était fracturée. Nathalie, montrez au juge.

Là, il y a des traces de sang qui ont été nettoyées récemment.

Il y en a partout dans le salon.

Ca, c'est ce qui a dû servir à saccager le salon. Un tisonnier.

C'est la même céramique qu'un des vases cassés.

-Il y a des empreintes ? -Oui. La maison a été fouillée.

-Vous avez vérifié le jardin, saisi les ordinateurs ?

-Oui. Leur voiture a disparu. -Vous avez contacté leurs proches ?

-On cherche.

-4 jours, ça laisse du temps pour disparaître loin.

-Ah, il y a ça, aussi, venez voir !

-Ah ! Ca, ça ressemble à un règlement de comptes !

-On va interroger la voisine.

J'appelle Quiring pour qu'il lance un avis de recherche.

-Bienvenue. Vous commencez avec une affaire assez délicate.

-C'est pour ça que je suis venue. Je m'enterrais un peu, à Annecy.

-Vous avez remarqué un élément qui vous aurait troublée

au sujet de la famille Redon ? -Non.

Qu'a-t-il pu arriver ? -Vous les connaissez bien ?

-Oui. On s'est installés là il y a 5 ans et on a

vite sympathisé. On a un fils du même âge que Timothée.

-Vous les avez appelés ?

-Plusieurs fois. Mais ils sont toujours sur messagerie.

-Ont-ils évoqué des problèmes

d'ordre financier ?

-Non. Ils ne sont pas du genre à parler de ça.

-C'est-à-dire ? -Paul est un homme fier.

Il ne se mettrait jamais en position de fragilité.

-Elle vous a dit quelque chose ?

-Non. Je l'ai croisée il y a une semaine, tout semblait normal.

En même temps, ces derniers mois,

on se parlait moins. On n'était pas brouillés,

mais la dernière fois qu'on a dîné ensemble, ça s'est mal passé.

Valérie va mieux depuis qu'elle a demandé

le divorce. -Comment se réjouir d'un divorce ?

Elle plaque son mari après 20 ans

de mariage ! -Ca n'allait peut-être plus.

-Mieux vaut abandonner ? On se bat pas pour sa famille

et on explose tout au moindre problème ?

Olive, qu'est-ce que t'en penses ? -On s'en fout. On va pas parler

de Valérie toute la soirée. Allez, bois un coup !

On sait jamais vraiment ce qui se passe chez les gens.

Une porte claque.

-Il se croit où ?

-Non, laisse-le.

-Timothée ! On n'est pas à l'hôtel, ici !

Viens dire bonsoir à tout le monde. -Ca va !

-Non, ça va pas. Allez.

-Bonsoir.

-On ne s'est pas réinvités depuis. Paul était tendu, ce soir-là.

-C'était il y a combien de temps ? -Trois mois.

-Il m'a énervé, ce petit con.

-C'est l'adolescence. Il y a pire que Timothée.

-Oui, il y a ton fils.

-Pardon ? -Laisse tomber.

-Non, précise.

Vas-y, je t'écoute.

-On est tous fatigués, je crois qu'on va y aller.

Hein ? Olivier !

On ne s'est pas réinvités depuis. -Vous en avez reparlé avec elle ?

-Non. Jeanne n'était pas du genre à contredire ou critiquer son mari.

C'est quelqu'un de discret, dévoué.

Toujours prête à rendre service.

-Votre fils et Timothée étaient copains ?

-Oui, ils sont dans le même lycée. -Timothée sort pas beaucoup.

Il fait du bricolage avec son père, des trucs chiants.

-Il y a des histoires avec lui, au lycée ?

-Je sais pas. Il traîne avec Esther Lagrange, une emo.

-"Emo" ? -Genre on s'habille

en noir, pas de différence

entre mecs et nanas... -Ca va vous, plaire, ça !

-Vous êtes amis sur les réseaux sociaux ?

-Oui. Il a pas une grosse activité. -C'est quoi, son dernier message ?

-Il date d'une semaine.

-"Puis vient le jour des Révélations de l'apocalypse

"où on comprend qu'on est maudit et misérable, et alors,

"il ne reste qu'à traverser les cauchemars de cette vie

"en claquant des dents. J. Kerouac." Ca va vous plaire, ça.

-Il y a aussi des vidéos de rites sataniques : il égorge des poulets.

-Quoi ? -Je rigole.

-Lucas !

-C'est rien.

-Je la trouve sympa, la nouvelle capitaine. Pas vous ?

-Ne commencez pas. On lui demande juste de bien faire son travail.

-Delcourt ? -Bonjour, M. le procureur.

-J'ai lancé l'avis de recherche. -Merci.

-Une famille qui disparaît, ça va susciter la curiosité.

Et comme on peut pas faire un pas

sans que tous les habitants

soient au courant, Marseille va attirer des apprentis détectives !

-Et donc ? -Ca peut perturber votre enquête,

alors, on va leur donner ce qu'ils cherchent, des infos.

J'ai convoqué la presse

pour demain. -Comme vous voulez.

-On aurait pu les tuer ?

-On n'a pas encore assez d'éléments pour le déterminer.

-J'espère que vous en aurez demain. Tenez-moi au courant.

Et vous, Meyer... Ca tombe mal,

votre audition, demain, devant la commission.

Réussissez-la,

inutile de rajouter une affaire dans l'affaire. Je compte sur vous.

Enfin... sur vous deux. Hein ?

-Ce revolver était dans la commode

de la chambre des parents. Il n'y a pas d'empreintes.

-Il a été nettoyé.

-Possible ! Comment il se l'est procuré ?

-Que ferait-il avec un revolver ? -Il se sentait peut-être en danger.

-C'est les seules traces de sang. On va faire des comparatifs d'ADN.

-Et les téléphones ? -Ils ont tous été désactivés.

On a retrouvé des vidéos sur l'ordinateur de Paul Redon.

Il filme son fils H24.

-Et les parents ? -Les parents de Jeanne

sont morts il y a 20 ans

et Paul est fils unique. Ses parents arrivent demain.

-Bien. Interrogez Esther, la meilleure amie de Timothée.

Faut rien laisser passer. Allez-y ! -Oui.

-Et nous ? -Ben, nous, on va au supermarché !

Meyer. -Ah, merci !

-Vous cherchez ? -Simon Gallois, le propriétaire.

-Il est pas encore arrivé. -On va l'attendre.

-Vous êtes ?

-Constance Meyer, juge stagiaire. Voici le juge Delcourt.

Et vous ? -Sophie Liegent. Je suis

la responsable syndicale. Qu'a fait Gallois ?

-Rien qui vous regarde.

-Si vous le pincez, on s'en plaindra pas.

-Pourquoi vous dites ça ? -En 15 ans, c'est le pire

des proprios que j'ai vus passer. -Ah ?

-Il nous met une pression de fou, les heures sup sont pas payées...

Et si on se plaint, c'est la porte. Enfin, pas moi, je suis déléguée.

-Et le directeur, Redon ?

-Il exécute et Gallois empoche l'argent.

-Vous avez remarqué quelque chose le concernant ?

-Il est pas là depuis une semaine. Ca nous fait des vacances.

Il est de pire en pire,

depuis quelques mois. Voilà l'autre.

Je vous laisse.

-Vous êtes les juges d'instruction ?

-Oui. Vous êtes en retard.

-Il est arrivé quelque chose ? -C'est possible. Paul Redon

vous a informé de son absence ? -Non.

-Vous avez cherché à le joindre ? -Plusieurs fois.

-Vous vous êtes pas interrogé ?

-Je suis pas flic.

On s'est arrangés sans lui. -Vous le connaissez bien ?

-Paul travaillait en rayon dans un de mes supermarchés, il y a 15 ans.

-Vous avez combien de magasins ? -Trois.

-Ici, la gestion vous convient ? -Oui. Paul motive bien ses équipes.

-Chantage au licenciement,

horaires extensibles... -Vous avez parlé avec la déléguée.

La distribution est un métier difficile.

Si tout n'est pas propre,

si les rayons sont pas fournis, les clients vont voir ailleurs.

-Quelqu'un aurait pu lui en vouloir ?

-Ses décisions ne plaisent pas à tout le monde.

Je l'ai toujours trouvé juste.

-Vous connaissez sa femme et son fils ?

-Je mélange pas vie privée et vie professionnelle.

-Nous allons avoir besoin de la liste de tous vos employés.

-Suivez-moi. Je dois avoir ça dans un bureau.

-Je sais pas où il est. Il répond pas depuis une semaine.

-Tu sais pourquoi il a écrit ça sur les réseaux sociaux ?

-Depuis que je le connais, il dit qu'il veut partir.

-Tu sais pourquoi ? -Il n'en pouvait plus de son père.

Il le haïssait. J'espère qu'il a pas refait une connerie.

-Quelle connerie ? -Non, rien.

-Si tu veux retrouver ton ami, il faut me parler.

-Il y a 4 mois, Timothée a fait le grand saut.

-Il a tenté de se suicider ? -Oui.

Il s'est fait un petit cocktail. -Quel genre de cocktail ?

-La boîte d'anxio' de sa mère, deux ecstasys et pas mal d'alcool.

-Il s'est réveillé, avec tout ça !

-Sa mère l'a trouvé comatant dans sa chambre.

Elle l'a fait vomir.

-Tu sais pourquoi il a fait ça ? -Il s'était battu avec lui.

-Qui ça, "lui" ?

-Son père.

-Il y a peut-être un employé

du supermarché qui avait un contentieux avec Redon.

-Ou plusieurs.

-Alors ? -Les empreintes

sur le tisonnier, c'est celles de Gallois.

-On le convoque. -Et Esther Lagrange ?

-Elle n'a plus de contacts avec Timothée.

Il s'est battu avec son père et a tenté de se suicider.

-C'est plus grave qu'une crise d'adolescence.

-Vous le reconnaissez ?

Non ?

Il y a vos empreintes dessus. Et aussi des fragments

de céramique incrustés. La même céramique qu'un vase dans le salon.

Salon qu'on a retrouvé en mauvais état.

-J'ai dîné chez Paul.

J'ai dû toucher ce tisonnier. -Vous disiez

ne pas mélanger vie privée

et vie professionnelle. -J'y suis pour rien,

s'ils ont disparu. -Alors, vous y êtes pour quoi ?

-Lundi, j'ai découvert

qu'il manquait 50 000 euros dans la caisse du supermarché.

Paul ne venait plus, alors, je suis allé chez lui, il y a 3 jours.

Il n'y avait personne,

j'ai défoncé la porte, j'ai fouillé,

j'ai pas trouvé l'argent. J'ai détruit son salon.

Je voulais qu'il comprenne.

Mais je l'ai pas tué.

-Pourquoi vous n'avez pas porté plainte contre lui pour vol ?

-C'est pas les recettes du magasin.

-D'où vient cet argent ?

-Certains pays n'ont pas les mêmes réseaux de distribution que nous.

Leurs intermédiaires nous contactent

pour bénéficier de nos prix sur certaines marques.

Par exemple, si on a besoin

d'une palette de soda,

on en commande deux, ils en prennent une.

-En échange, vous avez des rétributions

en liquide. Redon a découvert

votre trafic ? -Non. C'est lui

qui négociait avec les marques. Il obtenait les meilleurs prix.

Et il avait sa part.

-Là, il a pris la vôtre. -Pourquoi il a pris cet argent ?

-Je sais pas, il était bien payé.

-Vous vous êtes pas méfié ? -Non. J'étais pas toujours là.

-Vous venez juste relever les compteurs !

Vous le croyez ? -S'il avait tué les Redon,

il aurait pas, en plus, pris le risque d'avouer cette histoire.

Je préfère le mettre en examen et le laisser à garde à vue.

Pourquoi Redon a eu besoin de cet argent ?

Un créancier ? Un maître-chanteur ? -Je vais regarder

les vidéos. -Quel rapport

avec l'argent qu'a volé Redon ?

-Je veux savoir pourquoi Timothée le haïssait.

-C'était peut-être une posture vis-à-vis de sa meilleure amie.

-Ils se sont battus ! Et les témoignages parlent

d'une femme du genre soumise. -Vous pensez à quoi ?

-Ils ne voyaient plus les voisins, il était insupportable au magasin,

ça tombe au moment de la tentative de suicide.

-Tout parent serait nerveux après ça.

-Comment il en est arrivé là ? -C'est vrai.

Mais ne vous dispersez pas, c'est demain, votre audition.

de la famille Redon,

-Ca va ? C'est prêt.

-Je commence ?

-Non, j'y vais. S'ils résistent, tu prends le relais. A table !

Chaud devant ! -C'est bien que t'aies fait

ta bouillabaisse. -Je m'excuse. J'ai couché le petit.

Oh ! C'est bizarre ! C'est quoi ?

-C'est la spécialité d'ici. On mélange des poissons différents.

-C'est comme la vie, on est tous des poissons différents,

on essaie de nager dans le même bocal.

-Ce qu'essaie de dire ton père... -Ton père et ta mère !

-Ce que nous essayons

de te dire, c'est que...

la vie en communauté, c'est pas évident.

-C'est-à-dire ? -C'est-à-dire

que la maison, c'est comme une microsociété.

On respecte les règles,

sinon, ça explose. -Je suis complètement d'accord.

-Comment ça ? -Tes parents

essaient de nous faire comprendre qu'on a été un peu envahissants.

C'est ça ?

-Oui, c'est ça.

-Oui, enfin, bon... Vous savez qu'on vous aime beaucoup.

Et puis on est là pour vous aider.

C'est vrai que vous n'êtes pas très ordonnés.

Vous pourriez faire un effort, je sais pas...

-Les courses. -Faire les courses.

-Poubelle. -Sortir la poubelle.

-On met les pieds sous la table ? -Ton père fait tout.

-Il fout rien,

il travaille pas. -J'étais en recherche d'emploi

avant que Tony n'arrive. Si j'étais pas là,

il passerait la journée seul. -Elle arrête de chercher

du travail ? -Non... On se calme.

Ce qu'il faut, c'est que chacun respecte l'espace des autres.

-On est un poids pour vous.

-Non ! -Oui !

-Ah, d'accord.

Je sais pas pourquoi je reste ici. -Ah bon ?

Et tu vas où, là ?

-Bon, ben... C'est bien qu'on se dise ce qu'on ressent.

-Je vais aller voir.

Une mouche vole.

...

-On était partis sur quoi, là ? Le dialogue !

-T'as vu comment il me parle ? -Va le voir, ça va s'arranger.

-Même pas en rêve. -Maman, où est le Bébépram ?

Tony a de la fièvre. -Merde. Sur la hotte.

Il a combien ? -38,5.

-Il fait combien ? -38,5.

-Non, son poids ! -9kg.

-Il faut lui donner 9kg. -9kg de médocs ?

-Non. C'est la graduation ! -Oui. Sinon, ça fait beaucoup, 9kg.

-Donne-lui ça. Vite. -Oui.

-Ca fait beaucoup, 38.5. Je vais lui donner un bain frais.

Attendez-moi, ne faites pas n'importe quoi.

Constance soupire.

est à une manche de la victoire !

montre-nous qui tu es.

Fais-moi plaisir.

Pense gagne !

faut que t'aies la rage, bordel !

du bac de français, ça avance ?

-Hmm... Ca va, oui.

"Bien" ? "Très bien" ?

Allez, repars tout de suite !

T'es fatigué ou quoi ? Repars.

Timothée a 17 ans !

Ouvre l'enveloppe. Allez !

à la salle de sport.

que tu te fasses des gros biscotos.

Si on ne peut même plus rigoler !

-Je n'y arrive pas. Qu'est-ce que je vais dire à ces magistrats ?

-C'est parce que t'as pas pris ton café.

-Je vais me retrouver en face de juges expérimentés,

moi, la pauvre stagiaire qui a fait une erreur !

-Eux aussi font des erreurs. -Comment on va faire,

si je perds mon travail ? -Comment tu vas faire, toi !

Moi, j'épouse une jeune stagiaire dont le père est juge !

Tu vas pas le perdre, ton travail. Ils vont t'écouter.

-Mais si j'arrive pas à parler ? -Ca, c'est impossible ! Je viens

au tribunal pour te défendre ? -Oh non !

-Je te fais une tartine ? -Oui.

-Et un bisou ? -Oui !

-Je suis devant le palais de justice, où le procureur...

-Bonjour. -Bonjour.

-Une conférence de presse... -J'ai visionné les vidéos.

Paul Redon filmait son fils sous toutes les coutures.

-Vous avez noté quelque chose ? -L'ambiance s'est dégradée.

Timothée voulait que son père le lâche,

et depuis 4 mois, plus rien. -Il nous faut du concret !

Qu'est-ce que je vais dire à Quiring ? Venez, il nous attend.

-On a 50 demandes, on en a accrédité 30,

la salle était trop petite.

Je vous ai préparé la liste. J'ai fait un mix

entre la presse télé, papier, régionale, nationale...

Laissez-moi faire.

Alors...

-Rien de neuf depuis hier soir ? -Il a dû se passer quelque chose

dans la famille. -Je dois improviser ?

J'entends mal ce que vous me dites. C'est bon, on progresse !

Bon... Meyer.

Allez-y ! -Le père a une relation exclusive

avec son fils. -Vous savez nouer une cravate ?

-Pardon ?

-Puisque personne ne sait rien faire...

La prochaine fois, vous venez avec moi, Delcourt.

-Je transmets, capitaine. Les voilà.

Les parents de Paul Redon

vous attendent. -Bien.

-Le capitaine Saïdi

dit que sur les 3 ADN des Redon, seulement 2 sont apparentés.

-Si c'est la mère et le fils, Paul n'est pas le père de Timothée.

-Et personne n'est au courant. -Si Timothée l'a appris récemment,

ça explique les rapports difficiles qu'il a avec son père.

-On a l'analyse du sang retrouvé

dans le salon. -Et ?

-C'est celui de Paul Redon.

-Votre fils vous a parlé de quelque chose

qui le perturbait, ces derniers temps ?

-On n'était plus très proches.

On s'est éloignés avec les années. -Il avait honte de nous.

-Mais non, Jacques ! -Tu le défends, mais c'est vrai.

Il n'était jamais disponible et refusait que tu gardes Timothée.

On est des pauvres et c'est la honte.

-On a fait quelques critiques sur sa manière de faire

avec Timothée, il n'a pas aimé. -Quel genre de critiques ?

-Timothée est un gentil garçon et il était toujours derrière lui

à le harceler, à lui mettre la pression. Il était autoritaire,

il en faisait trop.

-Il n'a jamais voulu rien écouter. -Je ne lui en veux pas.

Paul a eu une enfance difficile. Il avait

des problèmes de croissance. Et il est resté très fragile,

malgré les apparences. Vous allez les retrouver ?

-Vous avez quels rapports avec Jeanne ?

-Elle a essayé de nous rapprocher. -Elle vous parlait

de leur vie ? -Pas vraiment !

Elle s'occupait bien de Paul et de Timothée,

mais sur elle, on ne sait rien. Elle ne disait rien.

-Nous pensons que Timothée n'est pas le fils de Paul.

-Vous le saviez !

-Oui.

Hmm...

Quand il a rencontré Jeanne, elle était déjà enceinte.

Paul a reconnu le gamin

et ils ont essayé d'en faire un autre après.

Mais ça n'a pas marché.

-Vous savez qui est le père ?

-Non. C'est tabou. Il ne faut surtout pas en parler.

Et même Timothée...

il ne le sait pas. Je crois que Paul ne le supporterait pas.

-Voilà pourquoi Paul a placé tous ses espoirs dans Timothée.

-Il se bat avec lui, il parle de partir...

-Timothée aurait pu le tuer ? -Peut-être.

-M. le juge ?

J'ai les relevés téléphoniques de Jeanne des six derniers mois.

Elle téléphonait peu. Son mari, la voisine, la mère de Paul...

Mais un nouveau numéro apparaît depuis 2 mois.

Celui de Patrick Carmel. Condamné à 7 ans pour homicide

et sorti il y a 10 ans. -Vous avez une adresse ?

-Non, mais il travaille dans une association.

-Envoyez quelqu'un.

-C'est déjà fait.

-J'ai sous les yeux le compte rendu de votre procès en 2000.

Jeanne, votre petite amie, à l'époque, avait témoigné.

-C'était il y a 17 ans.

-Vous êtes restés en contact ? -Oui. Qu'y a-t-il d'étrange

à ça ? -Même quand elle s'est mariée

avec Paul Redon, six mois après votre détention ?

-On était une bande de jeunes, à Hossegor.

On a braqué une station-service, ça a mal tourné, j'ai tué un type.

J'en ai pris pour 7 ans.

C'est pas pour ça qu'on s'est

perdus de vue. -D'après le relevé téléphonique

de Jeanne, vous vous êtes appelés régulièrement depuis deux mois,

mais rien auparavant.

-Pourquoi êtes-vous réapparu dans la vie de Jeanne ?

Vous êtes le père de Timothée ?

Vous le saviez depuis toujours ? -Vous faisiez chanter

Paul Redon. Vous le menaciez

de tout dire à Timothée. Il vous fallait plus d'argent

et il a refusé. Il vous a menacé avec son revolver

et vous l'avez tué. -Où est l'argent ?

-Vous vous trompez. C'est lui qui m'a donné cet argent.

-Comment ça ?

-Pour que je disparaisse.

Timothée allait mal.

Jeanne a pensé qu'il fallait lui dire la vérité

et que ça l'aiderait que je le rencontre.

J'ai vu Jeanne 1 ou 2 fois,

elle était nerveuse. Elle avait peur de son mari. Il lui avait

interdit de me contacter. -Mais elle l'a fait quand même.

-Redon a tout découvert. Et il m'a proposé 50 000 euros

pour que je sorte de leur vie. -Et vous avez accepté ?

-Ca n'allait rien changer. Je connais pas ce gamin, moi.

-Vous saviez qu'elle était enceinte de vous,

quand vous avez été incarcéré ?

-Oui. Ca ne servait à rien qu'elle m'attende.

Il valait mieux qu'elle refasse sa vie.

Un téléphone sonne.

... -Répondez, je vous en prie.

...

Vous ne répondez pas ?

Nous allons saisir votre téléphone, M. Carmel.

-Vous croyez qu'il est en contact avec elle ?

-Il reçoit des appels d'un numéro à carte prépayée depuis 4 jours,

exactement la date

de la disparition des Redon. -On peut pas localiser ces appels ?

-L'activité sur la ligne est trop faible.

-Il y a peut-être un moyen.

-Vous pensez à quoi ?

-Si Jeanne utilise ce numéro, on peut se faire passer pour Carmel,

laisser des textos assez longtemps pour pouvoir la localiser.

-Oui !

Oui !

Téléphone. Oui.

-Mes respects, M. le Ministre.

OK, OK... Allez-y.

Allez-y.

Mais bien sûr !

Mais... Non, le juge Delcourt est un des nos meilleurs éléments.

Oui !

-On perd notre temps. -Vous avez une autre solution ?

-Je suis en ligne avec l'équipe, il faut envoyer beaucoup de textos.

-Allez-y. -Je lui demande comment elle va.

Envoi du texto.

Réception de texto.

"Pourquoi t'as pas répondu ?"

Réception de texto.

"Quand viens-tu nous chercher ? Je suis faible, Timothée est mal."

-Ils sont vivants. -Au moins 2 sur 3.

Carmel a dû leur trouver une planque.

-Je vais lui demander ce qu'elle a.

-Vous en êtes où ? -Il faut encore gagner du temps.

Réception de texto.

-"Epuisée. J'ai beaucoup de fièvre."

Réception de texto. "As-tu pu voir Casablanca ?"

-Quoi ? La ville ? Le film ?

-Je sais pas.

Qu'est-ce que je réponds ? -"Pas encore."

Réception de texto.

-C'est bon, on les a localisés. Ils sont à 20 km.

-Il y a un problème.

-Que se passe-t-il ? -On a un code, avec Patrick.

Si je sens que quelque chose ne va pas, je dois lui parler

de "Casablanca" et il doit me dire qu'il n'aime pas ce film.

-Et il a répondu quoi ? -Pas ce qu'il devrait.

Il faut qu'on parte. -On n'a pas de voiture

et t'es épuisée. -On n'a pas le choix.

-Ca va, M. le Juge ? -Regardez la route, Meyer.

-Avance.

-Ca va ? -Avance.

-On va où ? -Je sais pas, avance.

Avance, avance.

Jeanne gémit. Attends.

-Maman ! Maman !

Maman !

Viens. Viens avec moi.

Je te porte. On y va !

Maman !

Jeanne halète.

Maman !

-Police ! Bougez pas ! -Aidez-moi !

-Bouge pas !

-C'est moi qui l'ai tué. Elle a rien fait, aidez-la !

C'est moi qui l'ai tué, elle a rien fait.

Aidez-la !

Jeanne pleure.

...

-Les secours arrivent, on va s'occuper de vous.

-Mon fils vous a dit ça pour me protéger.

C'est moi qui ai tué Paul.

...

C'est moi qui ai tué Paul.

Timothée était malheureux.

Chaque jour, j'avais peur.

Peur qu'il recommence.

-Alors, vous lui avez dit pour son père.

Et vous avez appelé Carmel.

-Oui.

-Paul n'a rien dit ?

-Il n'était pas d'accord, mais je l'ai fait quand même.

Paul n'a pas supporté. Son fils, c'était tout, pour lui.

-T'as fait quoi ?

-Je lui ai dit de dégager. Il reviendra pas.

-C'est trop tard.

-C'est moi, ton père. -Lâche-moi. Tu me lâches !

J'ai payé 50 000 euros pour qu'il parte. Tu parles s'il veut te voir.

-Il a dit à maman que tu lui avais donné cet argent.

-Quoi ? -Il veut nous le donner.

Pour qu'on se barre. Je peux pas toujours

faire ce que tu veux.

-Petit con ! -Oh !

-Paul est devenu dingue.

Il l'a frappé...

Timothée gémit.

Il l'a frappé...

Timothée gémit. Arrête.

-Qu'est-ce que tu vas faire, là ?

Tu vas tirer ?

Donne-moi cette arme.

-Je veux qu'on divorce.

-Donne-moi ça.

Allez, donne-moi ça.

Coup de feu.

-Paul avait acheté une arme

quand il a su que j'avais revu Patrick.

Il voulait lui faire peur.

-Qu'avez-vous fait après ?

-J'ai paniqué.

J'ai appelé Patrick.

Je ne voulais pas aller en prison, perdre mon fils.

Il a dit qu'il s'occupait de tout.

Il est venu, il a nettoyé le sang, l'arme.

Il a emmené le corps.

Il l'a enterré.

Il a mis la voiture dans un parking.

Il a dit qu'il fallait faire croire à une disparition.

Ca nous laisserait le temps

de nous préparer pour quitter le pays.

Quand j'ai rencontré Paul,

j'étais seule, perdue.

Il m'a sauvée.

Ca a toujours été compliqué entre nous. Compliqué entre eux.

J'aurais dû le quitter avant, mais je pouvais pas.

Je pouvais pas.

C'est de ma faute, tout ça.

...

-Mon attitude a pu être inqualifiable,

mais je voulais seulement être juste...

-Ca suffit. De toute façon, ils verront à qui ils ont affaire.

-Mme Meyer, s'il vous plaît.

-Ben, allez-y ! Commencez déjà par ne pas les faire attendre.

-Tiens ta convoc'. T'es au top.

-Suivez-moi.

-Vous auriez pu lui dire un petit mot d'encouragement.

-C'est ce que j'ai fait. -Ah bon ?

-Asseyez-vous, Mme Meyer.

-Comment justifiez-vous

le fait d'avoir rendu visite à l'une

des protagonistes de l'instruction, alors que l'enquête était close ?

-Mon attitude est inqualifiable.

Je voulais juste...

-Oui ? Vous vouliez juste ?

-Je voulais vérifier un point de l'instruction.

-Oui, mais elle était close !

-Cette femme pouvait se porter partie civile.

-Elle pouvait le savoir elle-même. Vous n'êtes pas un site

d'information judiciaire.

-La justice est l'endroit où les gens

peuvent retrouver leur dignité. La dignité qu'ils ont perdue,

comme j'ai retrouvé

la mienne.

Je voulais aider cette femme à réparer.

-Vous avez des échos ?

-Rien d'officiel encore, mais oui, elle a plutôt réussi son audition.

Ca nous fera une emmerde en moins. -Et Meyer qui reste avec nous.

-Oui. Surveillez-la, qu'elle ne recommence pas.

-Oui, bien sûr.

-Ne me prenez pas pour un con. Je vois votre petit air !

Oui, c'est bien que ce dossier soit réglé.

Et je répète, surveillez-la.

Rentrez chez vous, Boris. Reposez-vous, vous l'avez mérité.

-Bonsoir, M. le Procureur. -Bonsoir.

"Bonsoir Anna.

"Je suis fier

"de notre fils.

"Je t'embrasse.

"Vladimir."

Texto.

-"Bonsoir Anna.

"Je suis fier de notre fils. Je t'embrasse. Vladimir."

Texto.

-Oh, le con !

Oh, le con !

Imbécile.

-T'as vu ça ?

Je crois que c'est mon discours qui les a scotchés.

J'ai senti, j'ai été autoritaire comme il faut, juste un peu ferme.

Le truc imparable, quoi ! Salon nickel ! Et toi ?

-Ils délibèrent. Ca ne dépend plus de moi.

-On les laisse délibérer. On boit un coup ?

-Oui. -On pense à autre chose.

-Guys ?

Guess what ! J'ai trouvé un job.

Au syndicat d'initiatives. -Ils cherchaient

un guide anglophone. -Je suis si contente !

-Nous aussi. -Mon petit père !

-On va coucher le petit. Tony pleure.

...

-C'est qui, le plus fort ?

en parler à ton père ?

Déjà, là, on a gagné des points

pendant que je travaille ?

Il s'est emballé hier,

faire un gros dodo, mon bébé !

-Il marche bien, hein ?

-C'est toi le plus fort !

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