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Zulu
...
Chant d'oiseaux, au-dehors.
-Tu entends ? -Ben non.
-Ecoute.
-Quoi ?
-Le silence. Plus de Paul qui mâche ses céréales,
plus d'embouteillages à la salle de bains, de discussions
sur la Bourse. Le bonheur.
Un véhicule approche.
...
-Tu attends quelqu'un ?
-Non. C'est peut-être Alice qui revient.
Elle n'a pas supporté
leur tête-à-tête. Et là, on est morts.
-Bonjour.
Accent québécois. -Excusez, j'ai dû me tromper.
-Vous cherchez qui ?
-Je cherche monsieur Meyer.
-Barth.
-Oui...
Oui ? Mademoiselle ?
-Bonjour.
-Non...
-Quel prénom ? -Antoine.
-C'est notre fils.
-Je m'appelle Rebecca Justin. J'ai rencontré Antoine à Montréal.
-Il a fait un stage
là-bas, il y a 1 an et demi. Un bébé pleure.
...
-Pouvez-vous décharger mes valises ? Merci.
...
-C'est un tout petit bébé.
-C'est Tony.
Il a 6 mois.
-Tony ?
-Entrez, Rebecca. Je vous en prie. -Merci.
-Appelle Antoine, il faut qu'il vienne au plus vite.
Vous voulez un café ?
-Oui, j'ai peu dormi. -Montréal-Marseille...
...
à mon répondeur qui me transmettra
-Alors ? -Il ne répond pas.
-Laisse un message.
-Lequel ? "Salut, Rebecca est là avec un petit Tony de 6 mois.
"Tu t'es bien protégé à Montréal ?!"
-Tu extrapoles.
-Il va déjà se prendre un SMS dans la tronche.
Téléphone.
-Oui, monsieur le Juge ?
J'arrive tout de suite. Je passe vous prendre.
A tout à l'heure.
On nous a signalé la disparition d'une femme avec son enfant.
-Ce ne serait pas eux ? -A tout à l'heure.
-Constance, je fais comment avec...
-Tu harcèles Antoine.
...
-Bonjour, capitaine.
-Bonjour, M. le Juge. Constance. -Capitaine.
-C'est qui ?
-Eric Brunet et son fils Quentin. Ils ont signalé la disparition
de Sylvie Brunet et leur fille Paloma,
depuis qu'elle est allée chercher la petite à l'école à 16h.
-Quel âge ?
-5 ans. J'ai une photo.
-Et la voiture ? -On n'a pas
de corps, pas de traces de bagarre dedans, rien aux alentours.
Et comme je m'y connais en mécanique,
j'ai vérifié : pas de panne non plus.
Elles n'ont pas laissé le véhicule
pour ça. Et on a trouvé ça aussi.
-Une tour, un moulin... -Meyer, on jouera plus tard.
Elles ont dû s'arrêter pour une autre raison.
-Les warnings étaient allumés, comme pour un arrêt en urgence.
-On dirait un enlèvement.
-Je continue les recherches avec la photo.
-Bonjour. Juge Delcourt, chargé de l'affaire.
Constance Meyer, auxiliaire de justice.
-Retrouvez-les. -On y travaille.
-Vous aviez remarqué
quelque chose d'inhabituel ? Votre femme avait des problèmes ?
-Non, non.
-Papa.
Les parents biologiques
de Paloma sont revenus. -Elle n'est pas votre fille ?
-On est famille d'accueil depuis 15 ans. Quentin est notre seul enfant.
-Pourquoi vous ne l'avez pas dit ?
-Je n'ai pas pensé que ça pouvait être lié à leur disparition.
-Comment s'appellent les parents ?
-La mère, c'est Jennifer Marland. Et le père...
Je ne sais pas, demandez à l'aide sociale.
-Ils voulaient
la récupérer ? -Ils ont entamé des démarches.
Mais ce sera compliqué.
-Ils vous ont menacé ? -Eux, non.
C'est juste des paumés.
On frappe.
-Je ne voulais pas être dérangé.
-J'ai frappé, M. le Procureur. Et puis elle insiste.
-Qui elle ?
-Anna Delcourt.
Elle a le même nom que le juge.
C'est drôle, non ? -Anna ?
Faites-la entrer, voyons. Corinne !
...
Merci. Ca va.
Vous pouvez y aller.
Que fais-tu là ?
Tu ne répondais plus.
Tu es ici, c'est tout ce qui compte. Tu veux un café, un thé ?
-Non, rien.
-Vladimir. -Oui ?
-Il faut qu'on arrête de se voir.
-Pourquoi ?
-On ne va pas refaire l'histoire.
C'est mieux comme ça.
-Je te demande pardon.
J'ai été lâche. Je suis passé à côté de toi.
Je suis passé à côté de ma vie.
Tout le monde l'a payé. -Vladimir...
-Non, non.
Assieds-toi.
Anna, je ne peux pas te perdre une deuxième fois, tu comprends ?
La vie nous offre une nouvelle
chance. -Arrête. C'est impossible.
-Mais qu'y a-t-il ?
C'est Boris ?
J'ai clarifié les choses avec lui, je lui ai parlé
pour nous deux et il l'a bien pris. -Que lui as-tu dit ?
-Rien... La vérité.
Qu'on s'est connus il y a longtemps.
Je ne comprends pas.
-Tu ne comprends pas ?
-Quoi ? Tu veux dire...
-C'est ton fils.
Promets-moi de ne rien lui dire.
S'il te plaît.
-Merci, Sentier. Il a consulté
les antécédents judiciaires des parents biologiques.
Celui de la mère est clean, mais celui du père est plus que chargé.
Deal, vol, violence, agression...
-Lançons une alerte enlèvement, la gamine a 5 ans et on a un suspect.
-La petite a disparu avec la personne qui en a la charge légale.
On ne peut pas lancer d'alerte.
-Que fait-on ?
-Je vais me renseigner.
Un portable vibre.
...
-Oui ?
-M. le Procureur, c'est le juge Delcourt.
-J'écoute.
-C'est au sujet de la disparition de Paloma et Sylvie Brunet.
pour une alerte enlèvement,
mais j'aimerais émettre un avis de disparition inquiétante.
Qu'en pensez-vous ?
-Oui, vous avez raison. J'avertis le préfet de police.
-Très bien. Merci, monsieur le Procureur.
5 ans, et de Sylvie Brunet, 42 ans.
pour la dernière fois
à la sortie de l'école.
-Qu'est-il arrivé à ma fille ? -Nous enquêtons, Mlle Marland.
-Mickaël Rocca, votre compagnon, n'est pas là ?
-Il est parti faire du sport.
-Où étiez-vous hier, entre 16h et 22h ?
-Je bossais au supermarché du coin. Je fais des horaires décalés.
Vous pouvez vérifier avec la vidéosurveillance.
-Il est parti faire du jogging avec sa valise ?
Il n'y a aucune trace de lui, ici.
-Pourquoi vous nous mentez ?
-Quand Mickaël est revenu, j'ai cru qu'il avait changé,
qu'on allait pouvoir récupérer la petite
et former une vraie famille.
-Que s'est-il passé, Jennifer ?
C'est grave.
Cela fait plus de 12h que Paloma a été enlevée.
Si vous savez quelque chose, dites-le.
Pour vous. Pour elle.
-Je ne sais pas où est Mickaël.
Je savais que ce serait long et compliqué pour récupérer Paloma.
Mickaël n'a pas supporté d'attendre.
Il est allé chez les Brunet et ça a dégénéré.
Je lui ai dit que c'était le meilleur moyen de ne pas la revoir.
Il s'est braqué et s'est tiré.
Je suis sans nouvelles depuis 2 jours.
-Papa !
C'était limite du harcèlement, tes appels.
Je vais voir avec maman si on ne peut pas porter plainte. Papa !
Gazouillis.
Rebecca ?!
Mais que fais-tu là ?
Tu as eu un bébé ?
Ne me dis pas que c'est moi.
-Je te présente Tony.
C'est ton fils.
-Merde !
Le vase de ta grand-mère.
Ce n'est rien. Je reviens. D'accord ?
Portable. -C'est votre mari.
-Tu rentres quand ? C'est lui.
-Je ne comprends rien.
-C'est lui le père du petit, elle lui a dit.
-OK. Mais je fais quoi ?
-Respire, bois un verre d'eau. On en parle ce soir.
-Un verre d'eau.
Un verre d'eau.
C'est complètement con.
-Waouh, M. Meyer ! C'est beau.
-C'est un lit d'enfant. -C'est un peu grand, non ?
-Non. C'était mon lit. Tous les Meyer ont dormi dedans,
même Antoine. Hein ? -Je ne sais pas.
-Tu as dormi dedans.
Je vais chercher des draps.
Ce n'est pas
récupérable.
-Le signalement de Mickaël Rocca a été transmis à la SNCF,
aux aéroports et aux douanes.
-Qu'a-t-il pu leur faire ? -On ne sait pas si c'est lui.
-Un type qui quitte sa femme 2 jours avant l'enlèvement
de sa fille. -Et la présomption d'innocence ?
Portable.
Oui, Sentier ? Bien, merci. Amenez-le au palais.
-On a retrouvé Rocca dans un parc.
Mais aucune nouvelle de Paloma et Sylvie Brunet.
Meyer.
-Jennifer n'a pas été gâtée : enceinte à 17 ans,
rejetée par ses parents,
son mec, Mickaël Rocca, l'abandonne.
Elle se retrouve seule, sans boulot, mais veut élever sa fille.
Elle n'y arrive pas, donc la confie à l'aide à l'enfance en attendant.
-Rocca revient.
-Ils demandent à récupérer
la petite. -Qu'il la kidnappe, OK.
Mais pourquoi Sylvie Brunet ?
-Rocca n'est pas un stratège.
Il a improvisé.
Il s'est débarrassé de Sylvie Brunet
et a confié Paloma à quelqu'un.
Mais pourquoi l'avoir kidnappée,
alors qu'il venait de faire une demande pour la récupérer ?
-Il n'y croyait plus, puisqu'on a trouvé de la cocaïne sur lui.
-On ne le savait pas avant. -Mais on peut s'en servir.
-Un peu de cocaïne contre un enlèvement, c'est léger.
-Alors que proposez-vous ? -La fibre paternelle.
-Et ?
-Et... c'est tout.
-C'est développé, comme stratégie.
Vous n'avez visiblement pas réussi votre réinsertion, M. Rocca.
Ca aurait été
embêtant que l'aide sociale apprenne que vous dealiez encore,
alors que vous voulez récupérer
votre fille. Je vous le redemande :
où sont Paloma et Sylvie Brunet ?
-Je les ai enterrées au fond d'une forêt.
-Vous parlez de votre fille, là.
A moins que vous n'en vouliez plus ?
-Je ne savais plus où j'en étais. Il y a 1 an, j'ignorais où crécher.
Du coup, je suis retourné chez Jennifer. Elle ne m'en voulait pas.
On a reparlé du bébé
et elle semblait si mal sans sa fille,
que je lui ai proposé de reprendre Paloma.
J'avais envie de lui faire plaisir.
-Pourquoi vous avez menacé Eric Brunet ?
-Je ne l'ai pas menacé, c'est lui qui m'a agressé.
Il est complètement dingue.
-Que s'est-il passé ?
-On avait réussi à obtenir un droit de visite
pour voir Paloma.
Quelques heures
par semaine, histoire de renouer le contact.
Jennifer était super contente, ça se passait bien.
Mais elle voulait la voir plus.
Il y a 2 jours, j'ai essayé de convaincre Brunet.
-Ce n'est pas votre jour.
-On reviendra. -Inutile.
Il n'y a pas de Paloma. T'as compris ?
-Comment tu lui parles ?
-Arrêtez ! -Lâche-moi !
-Papa ! -Rentre à la maison !
-Pas devant la petite.
-Elle en était malade.
Mais je vous jure que je n'ai rien fait.
Le jour où la petite a disparu, demandez
à tous mes potes, j'étais avec eux, on est sortis.
-La police va vérifier.
-Elles vont passer la nuit dehors ! -Si elles sont encore en vie.
-Vous devez mettre de l'ambiance dans les soirées, vous.
-Bonsoir, M. le Juge. -Bonsoir, M. le Procureur.
Parfois, c'est M. le Juge. Parfois, Boris. Il est changeant.
-Au moins, à vous, il vous parle.
-A demain, Constance. -A demain, M. le Juge.
...
Laissez un message.
-Il faut qu'on parle, Anna. Tu me rappelles ? Je t'embrasse.
-Tu as ressorti ce truc ?
-Il n'est pas bien ? Tous les Meyer ont dormi dedans.
Tiens, mon Louis.
-Louis ? -On ne va pas l'appeler Tony.
Louis, c'est plus doux, élégant.
-C'est un hommage à Antoine, et ce n'est pas toi qui choisis.
-Comme il est mignon.
Il a mes yeux, tu ne trouves pas ? -Ecoute, chéri,
Antoine a 22 ans, il est encore à la fac.
On ignore d'où vient cette fille et c'est tout ce que tu dis ?
-Tu veux le renvoyer
au Canada ?
-Comment va Antoine ? -Ca va, ça va.
Il faut juste qu'ils se parlent, avec Rebecca.
Je leur ai réservé un resto sur la plage.
-C'est quoi sa version à elle ?
-Elle voulait qu'il soit libre.
-Que fait-elle là, alors ? -Elle l'aime.
-Elle l'aime.
Et s'il n'est pas le père ?
Le bébé pleure.
Là, ce n'est pas la tétine.
-Que faut-il faire. -Tu ne connais pas une berceuse ?
...
-Dans la forêt,
un grand cerf regardait par la fenêtre
un lapin venir au loin et frapper ainsi.
"Cerf, cerf, ouvre-moi
"ou le chasseur me tuera."
Il s'était endormi. Je lui fais un bibi.
Téléphone.
...
-Oui, monsieur le Juge.
Oui, oui, j'arrive.
A tout à l'heure.
6h du mat. Ca ne s'arrange pas.
Gazouillis.
Qu'est-ce que tu fais là ?
...
-Je ne voulais pas qu'il soit seul, le temps de faire le biberon.
-Ils ne sont pas là ?
-Rentrés tard. Micro-ondes.
...
-Donc, tu t'en occupes ?
-Rebecca a besoin de repos.
Elle doit récupérer de son décalage horaire. Qui c'est
qui va se régaler ? Cri.
Tu lui
donnes ? -Non, je vais me doucher.
-Qui c'est qui va se doucher ?
Hein ? Qui c'est ?
Le bébé rit.
Ce n'est pas bon et c'est froid. Je vais acheter un chauffe-biberon.
-Rocca a un alibi. Il était au parc
avec ses acolytes.
Et pas de nouvelles de Paloma et Sylvie Brunet.
On frappe.
-Alors ? Que sait-on sur Eric Brunet ?
-Ancien légionnaire. Il a monté
une entreprise de travaux. -Qu'en pensez-vous, Delcourt ?
-Cliché du légionnaire violent...
-C'est à vous que j'ai demandé ?
-Non. -S'il avait levé la main
sur Sylvie, et même Paloma, Sylvie aurait pu vouloir porter plainte.
Et il les aurait fait disparaître.
-Et il aurait signalé leur disparition ?
-Pour se couvrir.
-Je ne le vois pas
tuer sa femme, un enfant.
-Vous l'en croyez incapable ? -Vous préjugez, Meyer.
-Sylvie a eu un enfant avec lui. Si Brunet était ce genre de type,
elle ne serait pas devenue
famille d'accueil.
-On va chez Brunet. Je veux savoir ce qui s'est passé avec Rocca.
Vous bornez son mobile ?
-Tout de suite. -Merci.
-Bien. Bien. Hein ?
Allez, on s'active ! Le temps joue contre nous.
-Il est tellement beau. Oh, il est beau...
Portable. Gazouillis.
T'es beau...
...
Allô ?
-Barth, ça va ?
-Oui, tout se passe très bien.
Il crie.
-Je ne comprends rien. Ce n'est pas toi qui t'occupes du bébé ?!
-Tu rigoles ? J'ai autre chose à faire. C'est à eux d'assumer.
-C'est ça, oui. Je t'embrasse.
-Moi aussi.
Le bébé rit.
On s'est bien fait gauler. Hein ?
Qui c'est qu'on a gaulé ?
-La famille, le mari, le bébé... Tout le monde va bien ?
-Oui. -Vous permettez ?
J'aimerais qu'on soit un peu tranquilles.
...
-Vous n'avez rien trouvé ?
-On avance, M. Brunet.
Pourquoi avoir agressé les parents de Paloma et refusé leurs visites ?
-Je n'ai agressé personne.
-Mickaël Rocca ne nous a pas dit ça.
-J'ai pété les plombs.
C'est des toxicos !
-On se calme, M. Brunet.
-Ca fait 15 ans que vous accueillez
des enfants. Des parents compliqués, vous en avez rencontré.
Vous pétez toujours les plombs ?
-Vous ignorez ce que c'est que d'accueillir des enfants
traumatisés d'avoir été abandonnés. Certains parents débarquent pour
les récupérer, sans remords.
Ils croient que ça s'arrangera comme ça.
-Et pourquoi cette fois-ci ?
-Je ne voulais plus être famille d'accueil,
mais Sylvie s'est entêtée.
-Vous avez déjà été violent avec votre femme ou des enfants ?
-Vous insinuez que je frappe ma femme car j'ai viré ces 2 cons ?
Portable.
-Oui, Sentier. J'écoute.
-Pourquoi ne pas avoir eu d'autres enfants avec votre femme ?
-Après la naissance de Quentin, elle ne pouvait plus en avoir.
-Monsieur Brunet,
votre portable a borné près de la voiture de votre femme
juste après sa disparition.
-J'ai tellement tourné que j'ai dû passer à côté, je ne sais pas.
-Je vous mets en examen, avec l'obligation de rester chez vous.
Mettez-le sur écoute et placez un homme devant chez lui. Merci.
-M. le Juge, je dois vous montrer quelque chose.
La preuve que Brunet nous ment.
-C'est quoi, ça ?
Sortir les dossiers du palais est interdit !
-Je les ai imprimés chez moi.
On n'a plus de papier dans le service. 3 semaines pour en avoir.
Et vous n'avez pas signé le bordereau.
-C'est bon, Meyer.
-Une enquête sociale suite à une plainte d'un enfant.
-Placé chez les Brunet.
-Enzo Graziani, 15 ans à l'époque, a déclaré que Brunet le frappait.
Ca a été classé sans suite. Ils ont failli perdre leur agrément.
-Bon travail.
-Merci. Attention à la tête.
-J'ai eu l'assistante sociale, qui a insisté sur un point :
les Brunet sont une famille d'accueil modèle.
-On en sait plus sur la plainte d'Enzo ?
-Brunet se serait interposé dans une bagarre entre Quentin et Enzo.
-Pourquoi ça a été classé sans suite ?
-L'enquête a révélé que Quentin frappait Enzo. Eric l'ignorait.
Les enfants biologiques
ont parfois du mal à partager. -Ils ont continué, malgré ça ?
-Ils ont fait suivre Quentin par un psy. Puis il a quitté la maison.
Depuis, il n'y a jamais eu de problèmes.
-Un père à bout, un fils violent, ce n'est pas un modèle.
-Ils devraient être différents ?
-Une famille d'accueil doit être exemplaire.
-La police scientifique a découvert une infime trace de sang
sur une poignée du véhicule de Sylvie Brunet.
Sentier a demandé des comparaisons. -Et ?
-L'ADN est celui de Quentin.
-Des nouvelles de ma mère
et ma petite soeur ? -Votre soeur ?
-Je l'ai connue petite, c'est comme ma soeur.
-Vous êtes parti de chez vos parents à 16 ans.
Vous ne les supportiez plus ?
-Comme tous les ados, non ?
-Vous étiez jaloux des enfants qu'ils accueillaient ?
-Non. -Ce n'est pas ce que dirait
Enzo Graziani. -Quel rapport
avec Paloma et ma mère ?
C'est quoi ?
-On a trouvé des traces de votre sang
sur la voiture de votre mère. -Mon sang ?
-Montrez vos mains.
-J'ai dû m'écorcher et toucher la poignée.
C'est tout.
-Merci.
Vous venez d'avouer que vous aviez touché la poignée.
On ne vous avait rien dit.
-Que s'est-il passé ?
-Quentin, vous êtes intelligent.
Votre silence
vous accuse plus qu'il ne
vous innocente.
-Je vous mets en examen, ça vous fera peut-être
retrouver la parole.
-Je ne vois pas ce gosse tuer Paloma
et sa mère.
-Vous aimez trop les belles histoires.
Je vais vous en raconter une autre,
celle d'un gamin dont la haine pour ses parents et les enfants placés
a grandi, jusqu'au jour où...
-Non, c'était une famille. Quentin aimait Paloma comme sa soeur.
Leurs sentiments parlent pour eux. -Vous pensez à quoi ?
-Sylvie est partie avec la petite, aidée par le père et le fils.
Sylvie Brunet ne pouvait plus
avoir d'enfant. Paloma a débarqué chez eux à quelques jours.
C'était comme la fille
qu'ils n'avaient pas eue.
Ils ont eu peur de la perdre.
-Ils auraient laissé la voiture pour simuler un enlèvement ?
Oui, Sentier ?
Oh, merde !
Vous avez foutu quoi ?
-Il a dû partir avant l'arrivée du brigadier.
-Depuis quand ? -1h, 2h. Je ne sais pas.
-Lancez son signalement et l'immat de sa voiture.
On fait quoi ?
-On va fouiller les placards, embarquer les ordinateurs.
Trouver où il a pu fuir. Donnadieu, Lambert, avec moi.
-Ils nous ont menés en bateau.
...
-M. le Juge, venez voir.
-Ce n'est pas le moment. -Encore l'histoire du moulin.
Elle a dessiné une maison avec sa famille et un moulin à côté.
-C'est son imagination. -Ils ont dû l'emmener quelque part.
Une cachette. Ils lui ont déjà montré la maison.
Ca vous dit quelque chose, ça ?
-Un moulin. Mais il n'y en a pas dans la région.
-Et si ce n'était pas les pales d'un moulin ?
Colorié en jaune, comme ça, ça peut être une lumière.
La lumière d'un phare. -Vous en connaissez un pareil ?
-Rouge et blanc, il y a le phare de La Couronne.
-On est bien dans le périmètre délimité par Sentier
autour du phare.
Pourquoi vous tournez, là ?
-Il faut bien chercher quelque part.
-Attendez.
OK. Allons-y, mais doucement.
...
-Paloma avait bien dessiné le phare.
-Et voilà l'arbre couché.
-On ne doit pas être loin.
-Si on suit le dessin de Paloma, la cache est par là.
Monsieur Brunet !
C'est terminé.
...
-Viens, ma chérie.
-Arrête, Sylvie. Ca ne sert à rien.
-Mme Brunet, soyez raisonnable.
-Sylvie !
Je sais que vous aimez Paloma comme votre
fille. Personne ne vous enlèvera ça.
-Viens, viens.
-Paloma a le droit de connaître Jennifer.
Vous serez d'accord
avec moi. Vous êtes une mère aussi.
Paloma vous aimera toujours.
-Maman.
-Mon amour.
Je t'aime.
Quand sa mère est revenue, j'ai su qu'on nous la reprendrait.
-Paloma, c'est comme notre enfant.
-Maman.
-Ils vont la rendre à ses parents.
Rien que d'imaginer sa souffrance, la nôtre, on n'a pas pu.
-Alors vous avez fui en faisant croire à un enlèvement.
-Regardez.
-Un vieux pote de Légion m'a fourni les faux papiers.
Ensuite ça a été facile.
-Vous comptiez partir sans Quentin ?
-Non. Bien sûr qu'on en a parlé, on voulait qu'il vienne avec nous.
Il a refusé.
-Donc, vous avez récupéré Paloma à l'école et après ?
-Allez, viens, ma chérie.
Dépêche-toi.
-Doudou dans la voiture !
-On a marché une bonne heure dans la forêt,
pour retrouver Quentin
et Eric qui nous attendait avec sa voiture.
-Je les ai emmenées au cabanon.
-Tu as dû l'oublier dans la voiture.
Prends celui-là en attendant. -Non, pas celui-là !
-Papa t'en rachètera un. Prends celui-là.
-Non ! -Je vais le chercher.
-Tu fais gaffe. Tiens.
Et tu fais gaffe !
Allez.
-Sauf que votre portable était dans votre voiture et quand Quentin
est allé chercher le doudou, il a borné.
-Et sa blessure a laissé des traces de sang sur la portière.
-Il n'a rien fait de mal, laissez-le.
-On pensait rester dans le cabanon jusqu'à ce que ça se tasse.
Que la police pense qu'on avait disparu.
-A quelques heures près, on s'envolait pour l'Australie.
Vous ne nous auriez
jamais retrouvés.
-Paloma serait toujours avec nous.
On frappe.
-J'ai eu l'aide sociale.
Jennifer a déposé une requête
pour récupérer la garde
de sa fille. Ils ont été
convaincus de sa bonne volonté. Plus tard, elle laissera peut-être
les Brunet la voir.
-Notre rôle s'arrête à l'instruction.
-Paloma considère les Brunet comme ses parents.
Malgré tout, Eric est un bon père. Elle en aura besoin pour grandir.
-Je vous l'accorde. personne ne devrait manquer d'un père.
-Bonne soirée.
-Bonne soirée, M. le Juge.
-"Anna,
"c'est toi qui as raison. On ne refait pas l'histoire.
"Comme tu me l'as demandé, je ne dirai rien à Boris.
"Je ne veux pas détruire sa vie, la tienne et celle de ma famille,
"de mes deux filles.
"Je n'ai pas élevé Boris. Il a grandi sans moi.
"Sans père.
"Tu peux être fière de lui.
"C'est un bon juge.
"Le meilleur de Marseille."
...
-Bonjour. -Qu'y a-t-il ?
Un problème avec Paloma ?
-Non, tout va bien. Je sais que vous avez demandé sa garde.
-Je ferai tout pour la récupérer. -C'est en bonne voie.
Il faudra du courage. Tenez bon. Pas de bêtises, cette fois.
Vous avez une seconde chance, tâchez de ne pas la manquer.
Promis ?
-Promis.
-Il est là.
Il n'est pas là !
Il est là ! Cri.
Il n'est pas là. Il est là ! ...
Pas là !
Il est là... -Où est mon vase bleu ?
-Il...
-Aïe !
-Celui de ta mère ? -Oui.
-Aucune idée. -Je ne sais pas où il est.
Nous, on fait tout ? -C'est le week-end,
on ne s'énerve pas.
-Antoine.
-Ouais ?
-Je peux
te parler ? -Ouais.
-C'est bien, tu es restée calme.
-Ca ne va pas ?
-Tu oublies qu'il y a un bébé de 6 mois, ici.
-Non, on assure avec Rebecca. -"On" assure ?
C'est surtout ton père qui assure.
C'est quoi, ton histoire avec cette fille ?
-Je l'ai rencontrée
à Montréal et je suis tombé amoureux.
-Tu ne m'en as pas parlé.
-Je voulais régler cette histoire
tout seul.
-Je suis heureuse pour toi, mais tu es sûr d'être le père ?
-Elle ne m'aurait pas menti. -Je n'en sais rien.
-Peut-être.
Mais j'ai peur de la reperdre, si ce n'est pas mon fils.
-Bon, écoute, tu vas faire un test ADN,
puis on verra.
-Tu as raison, maman.
-Normal, je suis ta mère.
-Tiens, mon coeur,
je t'ai... -Barth.
Barth ! Tu vas voir ce que je vais en faire, du saladier de ta mère !
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