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-Alors ? Tu me montres ?
Bon, alors ?
Tu es pire qu'une fille, hein.
Ah...
C'est bien.
J'aime bien. -Cool.
-C'est toi.
-Ca fait bizarre, sans moustache. -Non. C'est bien.
On a bien fait de faire du shopping.
Fais voir. -Qu'est-ce qu'il y a ?
-Tu as un truc en trop. -La veste.
-Non.
-Pas la boucle d'oreille. -C'est pour voir.
-Oui. C'est moi qui le fais. -OK.
-Je n'ai plus rien. -On est juste parfaits.
-Bonjour. -Bonjour, commandant.
-On attendait plus que toi.
-Alors, l'IGPN ?
-J'ai géré, mais... -"Mais" quoi ?
-Ils vont peut-être faire
un audit du service. -Oh non.
Pitié.
Ils fouillent partout. Ils interrogent tout le monde.
-Désolée.
-Tu es plutôt salsa ou rock ? -Valse viennoise.
Tu me vois danser ça ? -Oui.
-Alexandre Calgany, 30 ans.
Le patron du club l'a trouvé.
Il est venu danser
hier soir. -Seul ?
-Hm. -Personne n'a rien vu ni entendu.
C'est insonorisé. -Ne t'approche pas.
Tu es trop petit.
Il est mort à 22 h 16.
-Comment tu sais ?
-Parce que je sais lire l'heure. C'est sa montre.
Elle s'est cassée quand il est tombé.
Il est mort
d'une décharge de carabine.
-Comment tu sais ?
La balle est ressortie ?
-Mon petit. Il n'y a pas de sang sur les murs.
-Tu serais couvert de cervelle. -Et un oeil serait ressorti.
-Je sais ce que vous faites.
Vous pensez, parce que je débute, que vous allez me rendre malade.
Non. Ca ne me fait rien.
J'ai oublié de demander quelque chose. Je reviens.
-2 minutes. Pas mal, pour un nouveau.
-Ouais. -Correct.
-Y a-t-il plus belle façon de mourir
que sur un paso doble ?
Qu'est-ce qu'on a ?
Un costume.
Cravate. D'accord.
Avec une sacoche. Il devait revenir
de son travail. -Je te confirme. Expert-comptable.
-Des antidouleurs.
Boisson énergisante.
Une bouteille d'eau. Ah. Là, c'est intéressant, ça.
Un costume
de gala.
-Quelle différence avec son costard ?
-Tu ne vois pas ? Regarde la chemise.
C'est ajusté. C'est près du corps.
Super élastique.
Tu peux bouger.
Tu ne portes pas ces chaussures en ville.
Semelle
en cuir.
Tiens.
Achetées hier. Alors ?
Il y a un concours bientôt.
Je ne sais pas ce que je vais faire de vous.
-Je n'arrive pas à le croire.
-Il devait participer
à un concours ? -Oui.
Mais il n'avait plus de partenaire.
-Un souci avec elle ?
-Non. Elle est blessée. Elle a trop forcé.
-Mais pourquoi il continuait l'entraînement ?
Pourquoi il a acheté
une tenue de gala ?
-Il avait toujours l'espoir de trouver une nouvelle danseuse.
C'était mal barré.
-Il avait des ennemis ?
-C'est un club de danse.
Les problèmes prennent l'allure de tragédies.
Mais de là à tuer...
-Vous pourrez me dresser la liste de tous les membres du club ?
-Quand aura-t-on la salle ? Je dois faire les répétitions.
-C'est une scène de crime.
-Venez.
Vous allez voir. C'est énorme. -Qu'est-ce qu'il y a ?
-C'est Canovas.
-Il a gagné. -Il a une tête de vainqueur.
-On dirait
qu'il est huilé.
-Il est épilé. -Qu'est-ce que c'est tarte !
Pourquoi tu me pinces ? David.
-J'ai appris la nouvelle.
Ca fout un coup.
Ce club, c'est comme une seconde famille.
-Tu connaissais la victime ?
-Non. Quand je suis devenu chef de groupe,
j'ai tout arrêté.
L'entraînement avant les concours, c'est 3 h par jour.
Plus les cours. Soit tu prends des RTT,
soit tu bosses le soir.
-C'est intense.
-Quand tu dis que tu es danseur, on ne te prend pas au sérieux.
-Je ne voulais pas me moquer de toi.
C'était toutes ces paillettes, ce truc disco.
Ca ne te ressemble pas. -Tu me tiens au jus,
pour l'enquête. -Oui.
Sympa. -J'ai mal aux pieds.
-Il faut souffrir pour être beau. -Je ne te plais pas ?
-Dis donc. Tu es susceptible, toi, ce matin.
Elle soupire.
-Aline avait raison.
La balle qui a tué A. Calgany vient d'une carabine de chasse,
calibre 7-64.
-Plein de gens ont ce genre de modèle.
Peu sont répertoriés. On ne peut pas remonter jusqu'au meurtrier.
-Je n'ai rien trouvé chez Calgany.
C'était un mec effacé.
Pas d'amis ni d'ennemis. -Il a forcément des ennemis.
Il a été tué. On se bouge !
-Ses collègues le décrivent comme un type sans histoires,
jusqu'à il y a 3 jours.
On l'a tabassé.
-Qui ?
-Une danseuse.
-Il n'avait plus
de partenaire. C'était qui ? -Je ne sais pas.
-Interrogeons les membres du club.
-Commençons par Alice Garcia.
De tous les adhérents, c'est la seule qui est fichée,
pour vol
et violences volontaires. -Et tu l'as convoquée ?
-Ce n'est pas moi.
-C'est quoi, ce bordel ? C'est un hôtel de police, ici !
-On a un concours.
Vous avez fermé le club.
Il faut qu'on danse.
-Occupez-vous de vos témoins.
-On recherche Alice Garcia.
C'est vous ? -Non.
-C'est vous, Alice Garcia ? -Non. C'est moi.
Enfin, c'était moi avant. Maintenant, je m'appelle Tom.
-Mad... Monsieur. Quels étaient vos rapports avec A. Calgany ?
-On ne se voyait qu'au club.
Pourquoi ? -Il s'est battu.
-Vous pensez que c'est moi. Je suis le coupable idéal.
Je suis trans, pas criminel.
-J'ai vu que vous avez été arrêté plusieurs fois pour vol.
-Mes parents m'avaient mis dehors. Il fallait que je bouffe.
-Mais il y en a
qui travaillent, pour bouffer. -Oui.
J'aimerais bien avoir un travail. Un appart'.
Une vie normale. Au début, avec les gens,
ça se passe bien.
Dès que je leur montre ma carte d'identité,
ils me prennent pour un monstre.
-Vous avez été arrêté pour violences
à la personne. -Parce que j'étais en colère.
Mais c'est fini, maintenant.
J'ai mûri.
Je veux terminer ma transition. Je veux changer de sexe.
Je veux effacer le passé.
Je ne serai heureux que comme ça.
-Donc, vous ne savez pas avec qui A. Calgany aurait pu se battre ?
-Non.
Samedi, pour moi, c'est beaucoup plus qu'un concours de danse.
C'est la 1re fois que je serai reconnu comme un homme.
Je n'aurais pas gâché ça.
-Prénom ? -Vincent.
-On s'engueule, parfois, mais au fond, on s'aime tous.
-Des tensions entre Tom et Alexandre ?
-Non. Tout le monde aime bien Tom. -N'importe quoi.
Dans la salle, ça allait, mais pas dans les vestiaires.
-C'est-à-dire ? -Quand on a découvert
qu'il était trans, certains voulaient qu'il change
de vestiaire.
Ce n'est pas encore vraiment un homme.
-Je vois.
-Alexandre n'arrêtait pas de l'appeler madame ou Alice.
-Il a pu frapper Alexandre ?
Vous les avez vus se battre ? -Non. Mais ça ne m'étonnerait pas
que Tom l'ait cogné.
Je peux aller aux toilettes ?
-Oui.
-Alexandre vous harcelait.
Il vous appelait Alice, ce prénom que vous détestez.
-Il vous a poussé.
-J'en ai croisés, des transphobes, dans ma vie.
Si je devais tous les tuer...
-Vous étiez où, hier, à 22 h ?
-Dans ma chambre. -Vous avez un témoin ?
Bon. Vous nous mentez.
Vous avez un casier. Vous avez un mobile, mais pas d'alibi.
Vous êtes le coupable idéal.
Il est 17 h 10.
Je vous mets en garde à vue.
-On fait comment pour la... fouille ?
-C'est une femme
qui doit le faire. -Non. Je suis un homme.
-A table !
Si ça se trouve, c'est une fille.
Alors ? Tu es un Pépito ou une Pépita ?
*-Veuillez patienter. -Oui.
-Il refuse de signer
son P.-V. parce que c'est au nom d'Alice Garcia.
-On fait quoi ?
-On écrit qu'il refuse de signer.
-On se plante.
A l'heure du crime, le portable de Tom a accroché une borne
à 10 km du club.
-Il a pu prêter son portable. -J'ai vérifié. A 22 h 10,
il a reçu un appel. Le locuteur confirme que c'était Tom Garcia.
-S'il a un alibi,
pourquoi il a menti ? -On fait quoi ?
-On lève la garde à vue.
-Vous êtes seuls ?
-Emma est chez Fabio. David a dit
qu'il ne rentrera pas.
Il dort chez sa soeur.
-D'accord. -Maman ?
-Oui. -Tu savais qu'il dansait ?
-Pourquoi vous riez ? -RIEN.
-Hou là.
Montrez-moi ça.
Ca vient d'où ?
-On a tapé "David Canovas" et "danse". C'est drôle.
-Pourquoi ?
-C'est la honte.
C'est un mec. -Et alors ? Je n'y crois pas.
Ca veut dire quoi ? Que ce sont juste les filles
qui dansent ?
Et les garçons
jouent aux pompiers ?
Vous êtes complètement conditionnés.
-Toi aussi.
-Non. Je ne fais pas que des trucs soi-disant de filles.
-Ah oui ? Quoi ?
-J'aime les voitures.
Et le bricolage.
-Tu ne jures que par le rose.
-Pas du tout.
-Ton portable.
-Ta carte
de flic. -Ton pull.
-Ton écharpe.
-Et alors ?
Quel est le rapport ?
Qui a décidé que le rose n'était que pour les filles ?
Hein ?
Qui ? N'importe quoi.
Jules, tu dégages de ce fauteuil.
-Il n'est pas conditionné.
-Non. C'est sûr.
-Salut. -Salut.
-Où est Candice ? -Avec Attia.
Il siffle.
On y danse, on y danse. -Ca te fait marrer ?
Je vais t'expliquer un truc.
Pour un danseur, tu as 10 danseuses.
Donc, tu es le roi du monde.
-Chacun son truc.
-Toi, c'est plutôt le rugby. Tu n'es entouré que de bites.
Mais chacun son truc.
-David ? -Salut.
-C'était bien, ta soirée ?
-Oui. Très instructive.
Un pote de la fédération de danse
m'a filé la liste des inscrits au concours.
Calgany
s'est inscrit 2 jours
avant sa mort avec une nouvelle partenaire.
Johanna Malzac. -Elle est inscrite avec Tom.
-Elle est inscrite 2 fois.
Elle devait avoir peur
que Tom soit disqualifié.
-Tom n'avait pas l'air au courant.
-Elle a sûrement eu peur de lui annoncer.
Tu ne changes pas de partenaire comme ça.
C'est pire qu'un adultère.
-On l'appelle et on la convoque. -Non. J'ai une meilleure idée.
On va faire sauter les scellés du Décadanse. Tu viens ?
-Ouais.
-Il fait partie de l'enquête.
-Antoine ?
-Oui.
-Alexandre vous a inscrite au concours.
-Pardon ?
-Alexandre vous a inscrite au concours.
-Comment ça ? C'est Tom, mon partenaire.
-Il l'aurait fait dans votre dos ?
-Je n'en sais rien. Excusez-moi.
-C'est moi qui forme les couples.
C'est une question d'esthétique.
Ce n'est pas à toi que je vais expliquer ça. Je les entraîne.
Bonjour.
Après, ils s'inscrivent dans les concours.
-Tu savais qu'Alexandre allait danser avec Johanna ?
-Alexandre ? Non.
Il devait rêver. Johanna n'aurait pas accepté. Il n'y avait pas
d'alchimie entre eux.
Tandis qu'entre elle et Tom, il y a du potentiel.
Ils peuvent aller très loin.
Toi, tu... -Ca va ?
-Tu ne viens plus ? Tu nous manques.
-C'est gentil.
Je n'ai pas trop le temps. Mais je vais assister à ton cours.
-On ne fait pas
les danses de salon. -Ah.
-Excusez-moi. Je peux vous parler ?
C'est une plaisanterie ?
-Si vous voulez me parler,
c'est maintenant ou dans 1 heure. -Moi, j'ai deux pieds gauches.
Ca ne va pas le faire. -Je m'occupe de tout.
-Ah oui. Je me disais que tu étais plus grand. Talonnettes.
-Vous connaissez Johanna depuis quand ?
-Chut. Laissez-vous faire.
-C'est vrai. C'est les rois du monde, les mecs, ici.
Belle complicité entre les deux.
-Allez. On va commencer.
Formez les lignes. Mettez-vous en place.
Les lignes.
-C'est à mon tour. -Allons-y.
-Non. Pas collé.
-Vincent ! Allez.
Montez les temps.
6, 7, 8. Et 1, 2, 3.
Vincent,
tes hanches.
-Aïe ! -Oh !
-Concentre-toi. -Je suis concentrée.
-Ta main. Regarde comment font les autres.
-Mais je regarde comment font les autres.
Tiens. C'est bizarre.
Il ne lui tient pas la main comme à moi.
-Ah oui. Tu as raison.
-Comptez les temps. Vous ne les comptez pas.
Allez. Marquez un peu plus.
Stop ! Stop !
OK.
On reprend.
On compte jusqu'au 8e temps. 7 et 8.
Tout le monde en place. -Mademoiselle, vous permettez ?
-On travaille.
-Je vous ai prêté ma danseuse.
-C'est parti.
Voilà. -Aïe !
-Le cocard d'Alexandre Calgany,
c'est vous ?
-J'ai frappé Alexandre. Il m'a poussée à bout.
Il me harcelait.
-Vous le frappez, et le lendemain, il vous inscrit au concours.
Qu'est-ce qu'il savait pour vous obliger à danser avec lui ?
-Il voulait révéler le sexe de Tom,
qui aurait été disqualifié.
-Vous l'avez supprimé.
-Vous êtes fous. Ce n'est qu'un concours.
-Non.
C'est une passion.
Avec les enjeux, on ne raisonne plus.
Votre partenaire devient
la personne la plus importante de votre vie.
-Vous avez un permis de chasse ? -On est tous chasseurs,
dans la famille.
-Vous pouvez vous procurer une arme et vous en servir.
Vous étiez où, lundi, entre 22 h et 22 h 30 ?
-Chez moi.
-Seule ?
-Oui.
-On va aller perquisitionner chez vous.
Je vais faire la perquise avec Antoine.
On va voir si on retrouve l'arme du crime.
Merci de ton aide.
-Ca mérite une récompense.
-Mehdi, est-ce que tu as vu Antoine ?
-Il avait un truc à déposer aux scellés.
-OK. J'y vais. A plus tard.
Tu viens ?
-Bordel. Tu m'as fait peur.
Je vais t'expliquer. Ca appartient à un des danseurs.
Il y a les mêmes dans le casier d'Alexandre. C'est un dopant.
-Les danseurs se doperaient ?
-Certains sont en hyperventilation.
-Tu sais de quoi tu parles. -Il y a un trafic au sein du club.
-Tu as replongé !
-Qu'est-ce qui t'arrive ? -Pourquoi tu mens ?
-J'ai décroché ! -Je n'aurais pas dû te reprendre !
-Je suis clean ! -Je t'ai pris en flagrant délit !
-Viens avec moi. Viens avec moi !
Tu rentres là-dedans.
-Qu'est-ce que tu fais ? -On va faire un test d'urine.
Il soupire.
Il urine.
Tiens.
Tu en fais ce que tu veux.
-Tant que je n'ai pas les résultats,
tu es suspendu.
-Putain !
-C'est l'heure de l'apéro ?
-Tu peux me faire un test ?
Avec recherche de stupéfiants
et de corticoïdes.
-Tu as la réquisition qui va avec ?
-Tu as eu le labo ?
Ils ont trouvé des traces
de produits dopants
dans la sérologie d'A. Calgany ? -Non.
Pas que je sache.
-Il m'a menti.
-Ca appartient à qui, ça ?
-A Antoine. Je crois qu'il a replongé.
-Tu te rends compte des conséquences
si je trouve quelque chose ?
-Tu as suspendu Antoine ?
-Oui. Je suis obligée.
-Tu m'as protégée pour le meurtre de Thomas et là, tu le balances ?
-Je n'ai pas le choix !
On a l'IGPN sur le dos, et ça, c'est la faute à qui ?
-La théorie d'Antoine se tient.
J'ai vu un paquet de danseurs qui se dopaient
avant chaque compète.
D'ailleurs, il y a des contrôles antidopage.
-Ca ne veut pas dire qu'il n'a pas replongé.
-Viens là, toi. Viens.
-Je ne sais plus trop
comment je dois penser.
Tu l'as remise ? -Quoi ?
-Ta boucle. -J'aime bien.
-On a rien sur la perquise
de Johanna Malzac. Mais un voisin l'a croisée à 22 h
le soir du meurtre.
-J'en étais sûre. Elle nous a menti.
-Mehdi, attends. J'ai besoin de toi.
-Le commandant est au courant ? -Oui.
-Vous êtes ressortie de chez vous le soir du meurtre.
Vous êtes allée où ? -Ca ne vous regarde pas.
Ca n'a rien à voir avec Alexandre. Je ne l'ai pas tué.
-Alors, dites-nous où vous étiez, si vous avez un alibi.
Qu'est-ce qui serait plus grave
que de tuer un homme ?
Bon.
Heu... Je vous laisse réfléchir 10 mn.
Après, je vous défère.
Vous irez vous expliquer devant le juge d'instruction.
-Merci. -Au revoir.
-Où est Johanna ?
-Le commandant Renoir est en train de l'interroger.
-Elle n'a rien fait. Je sais où elle était au moment du meurtre.
-Qu'est-ce qu'il fait là ? -M. Garcia était avec vous
le soir de la mort d'A. Calgany.
-C'est faux. -Il faut leur dire.
C'est grave, là. -Il dit n'importe quoi.
Je n'étais pas avec lui. -Vous étiez où ?
-On a fait l'amour. -Tais-toi. C'est faux.
Il invente.
Ce n'est pas possible.
-Johanna. -Ne me touche pas.
Vous me voyez avec lui ?
Je ne suis pas une perverse.
Je suis normale, moi.
-Vous étiez bien avec elle ?
J'ai besoin de vérifier votre alibi.
-Elle préfère aller en taule plutôt que d'avouer avec qui elle était.
-C'est dur de voir que la femme qu'on aime a honte de vous.
Je sais ce que c'est. Même si elle vous rejette,
vous ne pouvez pas la laisser s'accuser.
-On a passé la nuit à l'hôtel de La Frégate.
Vous pouvez vérifier.
-Bien vu, ton coup de bluff.
-Ouais. Ce n'était pas du bluff. -Tu crois que j'ai honte de toi ?
-Arrête. Tu n'assumes pas d'être avec moi.
Pour toi je suis un blaireau. -Mais non !
-Si tu ne m'aimes pas tel que je suis, tu ne m'aimes pas.
C'est tout.
On frappe à la porte.
-On en est où, de ma demande de réquisition pour Antoine ?
Ca va, commissaire ?
-Elle me demande si ça va.
Non, ça ne va pas.
La hiérarchie me fout la pression. On manque d'effectifs.
Je fais comment, moi, maintenant ? En plus, je ne dors plus.
Je...
-C'est dur. C'est le 1er enfant. Au bout du 4e...
-Non. Surtout pas vos anecdotes sur vos accouchements,
parce que ça, je n'en peux plus.
-Ce n'est pas le moment de craquer, avec l'audit de l'IGPN.
-L'IGPN.
Elle soupire.
-David est passé récupérer ses affaires.
Sa péniche est réparée.
-Oui. Je suis au courant. Il voulait retrouver ses affaires.
-Tu t'es fait larguer ?
-J'ai tout gâché.
-Moi aussi, je suis chiante avec les mecs.
Avec Clément, je ne laissais rien passer.
-Tu es mignonne.
Mais ce n'est pas comparable. On n'a pas le même âge.
-Mais tu es perdue.
Je vais sortir le sorbet à la fraise.
-On pourrait aussi sortir
le tiramisu.
-Non. Si tu bouffes 15 000 calories
à chaque rupture, tu ne vas pas t'en sortir.
-Ils ont passé la nuit ensemble.
Ils sont sortis de leur chambre le lendemain.
Ca t'intéresse ?
-On lève la garde à vue de Johanna Malzac.
-Et on fait quoi, maintenant ? -J'ai fait les recherches
pour le commandant Canovas.
Il m'a baladé.
Tout le monde se fout de moi.
-Non. Alors ? -Qu'est-ce que tu as trouvé ?
-J'ai relevé les numéros de série
des 2 boîtes de médocs.
J'ai demandé au labo où elles étaient distribuées.
-Les boîtes viennent
de la pharmacie... -GARCIA.
-Le nom de Tom.
-Ses parents.
-Il ne te répondra pas.
-Tu crois ?
-J'ai passé la soirée avec lui. Il t'en veut.
-De qui tu parles ? -D'Antoine. Tu vas faire quoi ?
-Rien. Je vais... Je vais attendre le résultat.
-Tu vois bien que ce n'était pas un mytho.
-Alors, pourquoi il a enquêté derrière mon dos ?
-Sauf qu'il n'a aucune raison de replonger.
Il se sent bien. Il me l'a dit. -Ah oui ?
Il te l'a dit comment ? Droit dans les yeux ?
Il m'a fait ce numéro.
Je n'ai pas le choix.
-Tu as pu dormir, cette nuit ? -Non.
-Arrête de ruminer. Tu te fais du mal.
Il n'y a pas que la police, dans la vie.
Si tu es viré, on pourrait aller ailleurs.
On pourrait partir en Espagne.
Ou où tu veux.
Ne t'inquiète pas. Je suis là, moi. Hein ?
-Ces médicaments viennent d'ici.
Vous pouvez me dire à qui
vous les avez délivrés ? -Oui.
Je ne retrouve pas l'ordonnance.
-Ah bon ? Vous êtes tenue d'enregistrer tous les médicaments
sous ordonnance que vous sortez de la pharmacie.
-L'ordinateur a peut-être buggé.
Ca arrive.
-Ou quelqu'un de votre famille les a sortis sans les enregistrer.
On a retrouvé plein de médicaments de cette sorte
qui provenaient de votre officine
dans le club de danse de votre fils.
-Je ne peux pas vous aider.
-Montrez-moi.
Je suis perdue.
Je suis dyslexique. J'ai besoin d'un témoin visuel.
S'il vous plaît. Accompagnez-moi. Merci.
-Vous désirez ? -Oui.
Vous avez de l'aspirine ?
-A croquer ou effervescent ?
-Vous sortez des médicaments à base de corticoïdes.
Votre fils les revend comme dopants.
-Ne dites rien à mon mari. Il n'est pas au courant.
J'ai fait ça uniquement pour mon fils. Je le lui devais bien.
-Vous acceptez ce trafic
pour vous faire pardonner ?
-A 6 ans, Alice m'a dit qu'elle était un garçon.
Je ne l'ai pas écoutée. Je pensais que ça lui passerait.
Un jour, avec son père, on l'a surprise.
Elle s'était aplati les seins
avec du Scotch. Et elle...
s'injectait de la testostérone. Elle avait 17 ans.
Mon mari l'a foutue dehors.
J'ai laissé faire.
-Pendant combien de temps vous ne l'avez pas revue ?
-12 ans.
Et puis, Alice, enfin...
Tom, m'a recontactée.
La 1re fois que je l'ai revu,
c'est terrible mais... je ne l'ai pas reconnu.
Il avait besoin d'argent pour ses opérations.
-Pourquoi vous ne lui avez pas donné
de l'argent directement ? -Mon mari s'en serait aperçu.
J'ai essayé de lui parler de Tom. Il était furieux.
Je pensais qu'il serait touché
de savoir que son enfant avait continué la danse.
C'est lui qui lui a appris à danser le paso doble.
Daniel mettait toujours le même morceau.
Et il dansait avec sa fille.
Il l'aimait tellement.
-Le meurtre est peut-être lié aux comprimés.
Alexandre faisait chanter Tom pour récupérer Johanna.
-On devrait convoquer Vincent Granec.
-Vérifie l'alibi de la mère.
Si ça se trouve,
elle a pu assassiner Alexandre. Vas-y.
-Salut.
Je n'ai pas dormi.
Il faut que je te parle. -Moi aussi.
Je suis désolée. On ne peut pas aimer quelqu'un et essayer
de le changer. Je suis conne. -Non. C'est moi.
Ca a été plus fort que moi.
Ca m'a rappelé mon père.
Quand il a vu que j'aimais danser, il a essayé de me faire changer.
-Il préférait que tu fasses du foot.
-Je ne sais pas. Après, il y a eu les concours.
Ca l'a fait flipper.
Un jour, il a cassé
mon disque de tango.
On a arrêté de danser.
-Tes soeurs ne pouvaient pas te prêter leurs disques ?
-Non. Chaque soeur avait son air fétiche.
Si tu dansais avec l'une sur l'air de l'autre,
c'était la guerre. -Paso doble.
-Non. C'était du tango. -Pourquoi je n'y ai pas pensé ? Je t'aime.
-Je n'ai pas compris. -Viens.
-Quoi ?
-Alors. Le paso doble.
Paso doble.
-Moi dans les scellés, c'est une grande première.
Je vais adorer.
-Paso doble. Le paso doble.
Voilà.
C'est le CD sur lequel dansait Alexandre quand il a été tué.
-Attends. Tu fais quoi, là ? Ho !
-"Joyeux anniversaire, Alice. Papa."
-Ce CD-là, il appartient à Tom.
Il s'entraînait dessus avec Johanna.
Comme Alexandre voulait prendre sa place,
il dansait sur le même air.
-Le meurtrier s'est trompé de cible ?
-Ce n'est pas Alexandre qui était visé. C'était Tom.
-Voilà.
-Merci. -Bonne journée.
Monsieur ?
-Papa. C'est moi.
-Ma fille est morte depuis longtemps.
-Tu voulais me tuer ?
-Je vous arrête
pour le meurtre
d'Alexandre Calgany.
On a retrouvé cette arme dans votre cave.
Elle a servi à tuer A. Calgany.
-Je ne voulais pas le tuer.
Je ne m'excuserai jamais assez auprès de ses parents.
-Vous vouliez tuer votre fils.
-Ce n'était plus mon enfant.
Moi, j'avais une merveilleuse petite fille.
Elle s'appelait Alice.
Son sourire illuminait ma vie.
Il ne me reste d'elle que des souvenirs.
Cette enfant a été ma plus grande joie
et mon plus grand malheur. -Pourquoi vous vouliez tuer Tom ?
-Ma femme m'a dit que cette personne
allait faire un concours de danse
et allait être médiatisée.
J'ai pris mon fusil.
Je suis allé au club de danse.
Quelqu'un a dit :
"Alex, j'y vais. A demain." -Vous avez pensé qu'Alice
était devenue Alex. -J'étais persuadé que c'était lui.
Tous les souvenirs sont remontés. Je suis devenu fou.
J'ai croisé un instant son regard. J'ai tiré et je me suis enfui.
-Vous n'avez aucun remords ?
-Mon seul regret, c'est de m'être trompé de personne.
Mais si j'avais vraiment tué l'autre, non. Aucun remords.
-Où est Johanna ?
-Je lui ai dit de ne pas espérer. -Elle viendra.
Elle s'entraîne depuis longtemps. Elle fera passer la compète
avant le reste. -Je l'espère.
-J'ai dû ouvrir une procédure
concernant votre trafic.
-J'ai fait ça pour financer mes opérations.
-Je sais. J'espère que le juge
comprendra aussi.
-Il y a un contrôle d'identité.
-Je l'ai vérifié moi-même. Il a sa carte de licencié.
Il a payé ses cotisations. -Un souci ?
-Il y a un tricheur parmi les danseurs.
Un travesti. La danse sportive
est un sport sérieux.
-J'ai constaté qu'il y avait des installations non conformes.
J'appelle ma copine Emma, de la commission de sécurité ?
-Non. Si elle fait un contrôle,
madame va être obligée d'évacuer tout le monde,
et d'annuler le concours.
-Ce n'est pas possible. C'est des mois d'organisation.
On ne peut pas annuler. -On peut s'arranger.
Vous fermez les yeux sur le contrôle d'identité et nous,
on ferme les yeux sur la sécurité. -Elle est belle, la police.
-Merci, David. Merci.
-Elle est belle, la police ? -De plus en plus belle.
-Je vibre. -Moi aussi.
-Je parle du téléphone. -Hein ?
-C'est Aline.
Oui, Aline ? Attends. Deux secondes.
Attends. Je sors.
Attends. Alors. Tu as les résultats ?
-Antoine est plus que clean. Pas même une trace de pétard.
Tu t'es plantée.
*Tu vas pouvoir le réintégrer. -Quelle conne.
*-Pardon ? -Pas toi. Je suis conne.
Je te laisse. Quelle conne !
*Quelle conne ! -Bon, ben, salut.
-Ben...
-Antoine, c'est moi.
J'ai les résultats !
Antoine ! Je sais que tu m'en veux.
Je te demande pardon.
Tu reviens dans l'équipe.
Antoine, allez ! Ouvre !
C'est bon !
-Dumas ? -C'est pour vous.
-Ne me laisse pas comme ça.
J'ai besoin de toi.
-Vous êtes sûr ?
-Oui.
Antoine !
Sous-titrage MFP.
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