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-Eh bien... commandant...
merci d'être passé.
-On a bien fait de tirer cette affaire au clair.
-Je peux rallumer mon portable ? -Hein ? Oui.
-Aucun détail à approfondir ? -Non, jusqu'au prochain débrief.
Tu n'as pas un truc à bouffer ?
Je crève la dalle.
-C'est quoi, ça ?
Sonneries de textos.
-Merde !
Les enfants arrivent. -Déjà ?
-Rhabille-toi.
Tiens. Attends. Un chien aboie.
Ils sont là, vite ! Grouille-toi ! Prends tout !
Ton blouson, tes chaussures. Dépêche-toi !
Mais casse-toi !
Mais vite !
Un chien aboie.
-MAMAN ! -Coucou !
-Ca va ? -Salut.
-Vous avez passé un bon week-end ?
Le chien aboie.
-Bonjour, capitaine. -Bonjour.
Excusez-moi,
j'ai eu une panne d'oreiller. -Elle était jolie ?
Aurélie Lafont, 32 ans.
Elle était conseillère chez Pôle Emploi.
-Je vais fouiller la maison. -Chrystelle le fait.
-Je m'occupe du garage, alors.
-On peut commencer ?
-Toi, tu es contrariée depuis ce matin.
-Tu ne sais pas pourquoi ?
Evidemment. Bon.
La mort remonte à 12-13h environ,
en début de soirée. Plusieurs coups de couteau
dans le dos. Pas de lésions
de défense.
Aucune trace de lutte
dans la pièce.
Elle connaissait
son agresseur, qui a dû repartir avec l'arme du crime.
-Qu'est-ce que ça peut être ?
-Un couteau de cuisine.
-Je parle de la plante.
Je dirais un dahlia.
-Hein ? -Chrystelle,
qu'en penses-tu ? -Rien.
Viens voir. -C'est quoi, cette ambiance ?
Tu es de mauvaise humeur,
toi aussi ? Tu fais la gueule ?
Que se passe-t-il ? -Il y a que c'est lundi.
Bon, alors, il n'y a pas de rasoir,
pas de vêtements d'homme. Il y a une seule brosse à dents,
et regarde.
Yaourts nature,
jus de carotte, jambon maigre.
La victime vivait seule.
-Moi, je ne crois pas.
Regarde.
Elle n'a entouré
que le sport, les films de guerre,
les films d'action. Elle est amoureuse.
-Moi aussi, j'aime le sport et les films d'action.
-Depuis 15 jours, elle n'entoure plus rien.
Et ça...
ça sent la rupture.
-Venez voir.
-Ca a le mérite d'être clair. -C'est un amateur. Ca a bavé.
-Ou quelqu'un en colère, un amoureux éconduit.
-Conseillère à Pôle Emploi, c'est un métier détesté,
et toi, tu penses à un crime passionnel ?
-Tu es trop romantique. -Et toi, pas assez.
Tu vois, le dahlia,
elle aurait pu le planter ici. Elle avait la place.
Ici ou derrière. -On commence par le voisinage ?
-Oui. Va par là-bas.
Avec Antoine, on va tout droit.
Tu es cerné. -Je n'ai pas dormi de la nuit.
-C'est la pleine lune.
Les gens sont excités. A la pleine lune, on a 2 fois plus de boulot.
C'est fou, l'influence de la pleine lune.
-On dit aussi que ça relance la libido.
-Ah bon ? Je n'ai pas remarqué.
-Un détail qui aurait attiré votre attention ?
-Je n'étais pas chez moi hier soir.
-Aurélie Lafont avait quelqu'un dans sa vie ?
-Non. En tout cas, pas depuis longtemps.
-Il est beau, votre vernis.
C'est le Fuchsia Power.
-Non, Pink Flamingos.
-Ah, le Pink Flamingos !
J'adore le vernis, mais avec les enfants, je n'ai pas le temps.
Et la vaisselle
me fait des mains...
Les vôtres sont sublimes.
Ah, sauf l'index.
Il a été abîmé. -J'ai eu un petit souci.
-Ce ne serait pas l'utilisation
d'une bombe de peinture ?
Et du coup, vous auriez utilisé
du white-spirit.
pour l'enlever.
Dessous, il doit y avoir
des résidus de peinture.
-L'équipe scientifique va vérifier.
-C'est moi qui ai tagué sa voiture.
Ca fait deux ans que je cherche du travail,
et cette salope en donnait à des taulards.
-Des taulards ?
-Elle faisait de la réinsertion
avec des criminels logés aux frais de la princesse.
-Vous faisiez quoi, hier soir ?
-Je ne l'ai pas tuée, j'étais chez des amis.
Cherchez du côté de la racaille. Il y en a un qui l'a menacée.
-Quand ? -Il y a 15 jours.
-Un repris de justice ?
-Ca me paraît évident.
-Je vais récupérer les dossiers d'A. Lafont
et voir si elle a eu un conflit avec un détenu.
-Chrystelle, tu t'occupes
du téléphone ? On va le trouver, cet amant.
-Ce n'est pas l'avis de la voisine.
-On ne peut pas se fier à une femme qui met du Pink Flamingos.
Allez-y, j'ai oublié un truc.
-Qu'est-ce qu'elle nous fait encore ?
-Oh ! Une plante morte.
Tu n'aurais pas dû.
-C'est un cadeau de son amant, sinon, elle l'aurait plantée.
Dis-moi depuis combien de temps elle est morte.
-Je dirais 10 jours.
Tu veux que je demande une autopsie ?
-Tu lis dans mes pensées. Je voudrais connaître sa couleur.
-Tu es sérieuse, là ? -Oui.
-Tu pourrais au moins t'excuser
pour le lapin d'hier. On devait
déjeuner ensemble.
-Oh... oui.
C'est vrai. Je suis désolée.
C'est...
une amie que je connais depuis très longtemps
qui a débarqué chez moi
et qui est bavarde.
Elle parle, elle parle, et finalement,
je n'ai pas vu passer le temps.
-Vous avez parlé mecs ?
-Oui. Le sien.
Oui. Ils ont un plan cul.
Il est chaud comme une baraque à frites, alors elle est crevée.
-La pauvre ! Ils sont ensemble depuis longtemps ?
-Deux mois, elle m'a dit.
-Donc c'est une relation.
-Ah bon ? Tu crois ?
-C'est évident. Elle est un peu conne, ta copine.
Elle rit.
-Ouais...
-J'ai cherché partout le mec d'Aurélie Lafont.
Il n'y a pas de photos de lui, pas de mails, pas de SMS.
Il n'existe pas, le mec.
-Voici les 150 dossiers des prisonniers à qui elle devait
trouver un boulot. Candice...
-Non, mais vas-y. Moi, ça m'intéresse.
-Elle passait ses journées
à préparer des CV ou à trouver
des sociétés pour la réinsertion.
-Il était en prison.
Evidemment. -Qui ?
-Son amant.
Elle regardait les mêmes programmes télé que lui,
comme une femme de prisonnier. Elle ne pouvait pas en parler,
sinon, on la virait. -On le retrouve comment ?
-On cherche un détenu récemment libéré
et qui connaissait les fleurs.
On n'offre pas un dahlia
pas hasard.
-J'espère qu'il a vue sur mer, votre appart. Non ?
Il n'est pas meublé non plus ? Ah, d'accord.
Vous abusez un peu. Je vous rappelle.
Il s'appelle Rodolphe Becker,
45 ans. C'est un ex-prof d'éco,
condamné il y a 10 ans pour le meurtre de sa femme.
Il y a 2 semaines, Aurélie Lafont appuyait son dossier de sortie.
-Comment il a tué sa femme ?
-On n'a jamais retrouvé le corps.
Il se dit innocent.
-D'après les témoins, elle voulait le quitter.
Qu'est-ce qu'il y a ? -Je suis déçue.
Ca ne sent rien.
-Si un homme vous offre un mandevilla,
c'est qu'il vous trouve charmante.
-Si une femme vous montre
une carte de police,
c'est qu'elle vous trouve suspect.
Vous connaissez Aurélie Lafont ?
-Oui.
-Vous l'avez vue
quand pour la dernière fois ? -Que vous a-t-elle dit ?
-Rien. Elle a été retrouvée morte ce matin.
-Hier soir, vous faisiez quoi ? -Il était avec moi.
-C'est qui ?
-C'est mon fils, Hugo. -Vous ne pouvez pas témoigner.
Je suis désolée.
M. Becker, suivez-nous.
-Vous l'emmenez où ?
Il n'a rien fait.
-Il reste de la pizza au frigo. Mets ton réveil et lève-toi demain.
-On y va. -Promets-le.
-M. Becker, on y va.
-Vous aviez une liaison avec Aurélie Lafont.
-Non, je l'aimais.
Aurélie multipliait les prétextes pour qu'on se voie.
Une fois, c'était pour m'aider à rédiger un CV,
une autre pour me préparer
à un entretien.
On s'enfermait dans son bureau et...
Des détails ?
-Non, c'est inutile.
-Si, j'insiste.
Quand on ne se voyait pas, on s'écrivait
de longues lettres
tous les jours.
Au lieu de caresser sa peau,
je caressais ses mots. -C'est très romantique.
Vous avez dû être déçu à votre libération.
Vous espériez vivre votre amour au grand jour,
et une fois libéré, finalement, au quotidien,
vous ne la faisiez plus rêver. -Vous vous trompez.
Grâce à elle, j'ai retrouvé ma place
dans la société. Elle m'a trouvé un job.
Pourquoi l'aurais-je tuée ?
-Elle voulait
vous quitter.
C'est un crime d'orgueil.
-Vous êtes à côté de la plaque.
C'est moi qui l'ai quittée.
-Ah, voilà.
Qu'est-ce que je disais ?
-Donc vous l'aimez, mais vous la quittez.
Pas très logique.
-Je ne pouvais pas rester avec elle.
Tout en elle
me rappelait ma détention.
Je l'ai quittée pour repartir de zéro.
-Donc vous avez choisi de rompre, accompagné d'un dahlia.
-Je voulais la remercier de tout ce qu'elle avait fait pour moi.
Ca n'a pas été facile, mais elle a compris.
Au fond, elle s'en doutait. On s'est quittés en bons termes.
-En bons termes ? Pourtant, quand on a interrogé la voisine,
elle nous a parlé
d'une violente dispute, et vous auriez hurlé
qu'elle ne pouvait pas vous faire ça.
-Elle voulait vous quitter.
L'histoire se répétait, alors vous avez réagi comme il y a 10 ans :
vous l'avez tuée.
-Assez ! -OK...
Videz vos poches, enlevez votre ceinture et vos lacets.
Vous êtes en garde à vue.
Vous pouvez appeler un avocat.
-Je ne veux pas d'avocat. Je veux parler à un flic
de la BRI de Montpellier : Canovas.
Je ne parlerai à personne d'autre.
-Les gars, on s'équipe au lourd, on ne sait pas ce qu'on a devant.
-Ca marche, OK. -Canovas !
Tu as deux secondes ? -Moi ?
Vous me donnez 5 minutes ? -Oui.
-Tu tombes bien, j'ai un dossier
qui ne m'appartient pas.
Dans la précipitation, tu l'as jetée avec mes clés.
Elle rit.
-Euh...
C'est quoi, tes liens avec Becker ?
-Becker ? Ca remonte à loin. A l'époque, j'étais à la Crim'.
-Il est dans nos locaux, accusé d'avoir assassiné sa petite amie.
Il t'a demandé.
-Impossible. Tu as des preuves ?
-Elle voulait le quitter, c'est le même scénario qu'avec sa femme.
-Sa femme a juste disparu.
-Une mère ne peut pas partir sans son fils.
Au procès, ils ont reconnu le meurtre avec préméditation.
-Becker avait emmené le môme chez ses grands-parents.
Il voulait reconquérir sa femme.
Quand il est revenu à la maison, elle avait disparu.
Mon chef a conclu qu'il l'avait tuée.
-Oui, ça correspond au profil psychologique de Becker.
-On a retrouvé un autre ADN dans la maison, non identifié.
Mon chef a chargé Becker
pour se débarrasser du dossier.
Je te le redemande : tu as des preuves ?
Non, tu n'en as pas.
Tu te bases sur son casier.
-Non, sur le témoignage d'une voisine
et sur mon intime conviction.
-Cherche encore. Becker n'est pas un assassin.
Après tout ce qu'il a entrepris en taule pour son fils,
il n'aurait pas fait ça. -Tu connais son fils ?
-Une fois que Becker sera passé entre les mains du juge,
pas de retour en arrière. Tu devras vivre avec ça.
-Tu as des nouvelles de mon dahlia ?
-D'après le légiste, la mort remonte à une dizaine de jours.
-Et la couleur ?
-Ca l'a passionné. C'est la 1re fois qu'il autopsiait une fleur.
Il a fait des prélèvements,
comparé les codes génétiques
aux autres dahlias... -Tu te moques ?
Tu ne l'as pas donné au légiste. -Je n'allais pas me ridiculiser.
J'ai retourné le pot et lu l'étiquette. Il était mauve.
-Mauve ?
-Ca te contrarie ?
-Un dahlia mauve, c'est la reconnaissance.
Ce n'est pas la passion,
pas l'amour fou ni l'amour éternel.
-C'est moins romantique
qu'un bouquet de roses rouges. -Mon suspect n'a pas menti.
-Tu veux le libérer ? -On n'a pas de preuves.
-Cuisinons-le.
-Laisse tomber. Il suffit de faire parler les fleurs.
-J'ai parlé avec Canovas.
Il était sur la 1re enquête. Pour lui, il a été condamné à tort.
-Depuis quand on écoute
l'avis de Canovas ? -Ca va ! On n'a pas de preuves.
Le mobile de la jalousie ne tient pas.
Alors, on le libère et on recommence depuis le début.
Je me demandais...
Vous le connaissez bien, David Canovas ?
-Je pensais l'interrogatoire terminé.
-Je suis curieuse.
-Il y a 2 ans, aux Baumettes, j'allais mal.
Mon fils croyait que j'avais tué sa mère.
-Il a l'air de vous aimer. -C'est grâce à Canovas.
Il y a quelques mois, il a arrêté Hugo pour un cambriolage.
Il partait en vrille, il était déscolarisé.
Canovas m'a averti. -Il est venu à Marseille ?
-Moi aussi, ça m'a surpris.
Il a convaincu Hugo de revenir me voir au parloir.
Je l'ai convaincu de passer un CAP d'horticulture. J'ai fait pareil.
On a eu notre diplôme ensemble.
Sans Canovas, j'aurais perdu mon fils.
-Rallume !
-Vous allez prendre votre douche. -Tu n'es pas notre mère.
-Maman bosse toute la nuit, donc c'est moi qui gère.
J'ai dit 1...
-Attends, on peut négocier.
-5 euros et tu oublies la douche.
-Et tu rends la télécommande. -OK pour la télécommande,
5 euros.
Mais prenez une douche.
-C'est du vol.
Une moto approche.
-Je suis sur une affaire urgente.
-A votre disposition. De quoi s'agit-il ?
-L'affaire Canovas. -Ah non, pitié.
Je n'ai rien à dire.
-J'ai les moyens de vous faire parler.
-Oh, la vache ! Le sang du Christ. Tu me prends par les sentiments.
-C'est bien, ce que tu as fait
pour les Becker. -Je n'ai rien fait.
-C'est pour ça que tu as demandé ta mutation à la BRI ?
Tu étais dégoûté de la Crim' ? -Pourquoi ces questions, Renoir ?
-Réponds-moi, David.
-Tu connais mon prénom ?
-J'aimerais connaître d'autres trucs.
-D'accord.
D'accord.
A chaque question que tu poses,
tu enlèves un vêtement.
Vibreur de téléphone.
-Oui, Antoine ?
Tu es sûr ?
OK, j'arrive.
-Qu'y a-t-il ?
-On a retrouvé de l'A.D.N. sur la scène du crime.
De l'A.D.N. de Becker. Des cheveux sur les vêtements de la victime.
-Normal, ils étaient ensemble.
-Ca faisait 15 jours
qu'ils n'étaient plus ensemble.
-Il y a une explication.
-Oui. Ton protégé est un meurtrier.
Je n'aurais pas dû
t'écouter. Quelle conne ! Ce m'apprendra.
Elle claque la porte.
-Papa !
-Arrête-toi ou je tire !
Pourquoi tu t'es barré ici ? Il n'y a pas de sortie.
-Je n'ai rien fait.
-Arrête-toi ou je tire !
-Langlois, écoutez-moi !
-Je vais le régler, le problème !
De façon définitive !
Coup de feu.
-Becker !
Antoine !
Tu es blessé ?
Ca va ? -Oui.
Il souffle.
-(Ca va mieux.)
Il respire fort.
-Ca va ? -Oui.
-Il a un pantalon vert et un polo gris.
Il n'est pas armé,
mais il peut être dangereux. Quadrillez toute la zone.
Va dans la voiture, je vais voir Chrystelle.
Becker a filé. Tu fais quoi ?
-Les outils ont tous un manche en bois, sauf les pelles.
Ca ne te rappelle rien ?
Les détenus cachent leur trésor dans les barreaux des lits
et des chaises.
Elle grogne.
Ah ouais !
-(Tiens.)
Continue le travail, je suis crevée.
-J'attendais Becker. Que s'est-il passé ?
-Je n'ai pas pu courir à cause de mes talons.
-Que faisait Dumas ?
-On a voulu prendre Becker en étau.
Il a surgi, je me suis tordu la cheville,
et Antoine était trop loin. -Trop loin ou pas assez rapide ?
Il a repris ses fonctions avant d'avoir ses certificats.
Il les a eus au forcing.
C'est la 2e fois que vous laissez échapper Becker.
Je vous laisse 24h pour le retrouver.
L'histoire des talons, ça ne passera pas.
Vous pouvez disposer.
-Je ne sais pas où est mon père. Il n'a rien fait.
Il est parti parce que vous le harcelez.
Je veux partir.
-Maître, votre client sait qu'il est en garde à vue
pour recel d'argent volé. -Il n'est pas volé.
Il est à mon père. -Comment il l'a eu ?
Il n'a pas gagné au loto, quand même !
-C'était de l'argent qu'on avait sur un vieux compte,
avant la mort de ma mère.
C'était pour créer notre boîte
de livraison de fleurs.
-Si tu ne m'aides pas à retrouver ton père, ton projet va capoter.
-Mon client ne sait pas où se cache M. Becker.
-Il a aidé son père à s'enfuir, donc s'il ne m'aide pas,
je le défère devant un juge.
-C'est de ma faute si mon père s'est engueulé avec Aurélie.
J'étais venu la voir
pour lui demander comment créer une entreprise,
et dès que je lui ai parlé des 20 000 euros,
elle a pété un câble.
Elle a dit que mon père
l'avait utilisée pour sortir de taule
et qu'il avait fait un coup. Mais c'est faux.
Papa n'est pas comme ça.
-Il a eu peur qu'elle le dénonce ?
-L'argent était clean, mais elle ne l'a pas cru.
Papa a eu peur. Il caché l'argent dans les outils au boulot,
mais il ne l'a pas tuée.
-On a retrouvé son ADN
sur la scène du crime.
Tu n'étais pas avec lui, le soir du meurtre, hein ?
-Vous croyez vraiment qu'il a tué Aurélie ?
-On a des nouvelles de Becker ?
-Non. L'avis de recherche a été étendu à tout le département.
-Son portable ?
-On a perdu le signal.
Il a dû s'en débarrasser.
Je vérifie les derniers appels qu'il a passés.
-On pourrait mettre sur écoute ses proches et son avocat.
-Oui, très bien.
-J'ai le dernier coup de fil qu'il a passé.
C'était à David Canovas.
-Qu'est-ce qui se passe avec Becker ?
-Il est où ?
-Je n'en sais rien.
-Si tu savais, tu me le dirais ?
-Bien sûr.
-S'il t'avait appelé, tu me le dirais ?
-Evidemment, Candice.
-Tu avais raison.
Ce n'est pas Becker qui a tué Aurélie.
-C'est qui ? -C'est son fils. Il a avoué.
-C'est quoi, ce délire avec Hugo ?
-C'est une rumeur.
Je veux que Becker se rende.
Il voudra protéger son fils. -Tu vas faire comment ?
-Je vais aller voir son codétenu, et il va m'aider.
-Tu crois qu'un taulard
va aider un flic ?
-Je ne vais pas y aller en flic. Je ne suis pas conne !
-Ne t'énerve pas. -Tu m'as menti !
Tu es revenu
et tu n'étais pas prêt !
-On allait te retirer l'enquête. J'ai fait ça pour toi.
-Il faut que je te remercie ? Tu m'as mise dans la merde !
Tu arrêtes ! Tu n'es pas en état.
-Je vais me reprendre.
-Tu n'es pas prêt. Tu as besoin d'aide.
-Je vais retourner chez le psy, je te promets.
Ne me fais pas ça.
-C'est bon, vous pouvez entrer.
-Dépêche-toi.
-Et le linge ? -Tu n'as pas de linge
pour ton homme ? -Non.
-Il donne son linge
à la buanderie ? Il ne faut pas, ils se font tout voler.
Moi, j'asperge son linge avec mon parfum,
comme ça, il pense à moi dans sa cellule.
Vas-y, dépêche-toi.
Sonnerie.
-Il faut repasser. -Mes clés de voiture.
-Bon, tu speedes un peu !
On va rater
nos parloirs !
-C'est leur machine qui est détraquée.
-C'est les baleines
de votre soutien-gorge.
-Là, ici ?
-Vous voulez une cabine ?
-Oui, s'il vous plaît.
-On n'en a pas.
Magnez-vous, on ferme l'accès dans 3 minutes.
Brouhaha.
-Allez.
-On n'a qu'une demi-heure.
-Merci.
Vous oubliez quelque chose.
-C'est ta 1re fois ? -Oui.
-Tu verras, on s'habitue. Il a pris combien,
ton homme ?
-Je viens voir un ami, en fait.
-Tu aurais pu
t'habiller sexy. Ils ne voient pas souvent
de jolies femmes. Fais plaisir à ton ami.
Déboutonne un peu.
-Waouh...
Une blonde...
-Bonjour, Kamel.
Je suis une amie de Rodolphe Becker.
Je n'arrive pas à le joindre,
et son fils a été incarcéré pour meurtre.
-Tu es belle. -Merci.
Tu pourrais m'aider à le joindre ? -Ouais.
Et je prends sa place, d'accord ?
-Comment ça ? -Tu sais bien.
Sous la table. Avec les pieds, on peut faire plein de trucs.
Comment tu faisais avec lui ? -Avec les pieds ?
-Ben...
-Non. Ca me gêne par rapport à Rodolphe.
-Tu crois qu'il s'est gêné ? Plein d'autres meufs venaient
le voir. Il s'est bien éclaté.
En plus, il s'est fait plein de blé.
-Du blé ? -Il leur demandait de l'argent
pour cantiner.
Tu n'en donnais pas, toi ? Les autres en donnaient toutes.
Il faut voir les lettres qu'elles lui écrivaient. Je les ai lues,
quand il est sorti. C'était chaud,
super chaud.
-Il avait tant de conquêtes que ça ?
-Je ne suis pas comme ça, moi. Moi, je suis super fidèle.
Tu peux me faire confiance.
Je veux bien t'aider à le retrouver mais il faudra que tu viennes
me voir une fois par semaine.
-C'est la liste des femmes qui ont vu Becker en prison.
Les 20 000 euros provenaient de là. En 10 ans, il a pu économiser.
-C'est un gigolo ?
-Non, un arnaqueur.
Imagine que l'une d'entre elles ait découvert le pot aux roses,
que Becker la trompait avec plein d'autres femmes.
-Elle aurait tué Aurélie Lafont ? -Oui. Et elle pourrait
en tuer une autre.
-Et pourquoi a-t-on trouvé l'ADN de Becker sur Aurélie ?
-On va prendre votre déposition.
-Je m'en fous ! Je suis coupable.
Libérez mon fils. -Antoine...
-J'ai tué Aurélie.
Libérez mon fils.
S'il vous plaît. -On y va.
-Antoine, on va l'interroger,
avec Chrystelle.
-Renoir...
Que se passe-t-il ?
Ce n'est pas Hugo, le meurtrier ?
-C'était du bluff, ça a marché.
-Tu voulais que je prévienne son père ?
-Oui, et tu l'as fait. J'ai même pas eu à vérifier.
-Tu n'as pas pu me faire ça.
-Tu te fous de moi ?
Tu m'as menti en 1er.
Tu étais en contact avec Becker.
-Si tu n'étais pas une femme...
-Et toi, si tu étais
un homme...
On se reparle plus tard.
-Ah non. Non, non.
C'est terminé, là.
-Il ne veut pas d'avocat.
-C'est inutile. Je fais des aveux, je les signe, mais d'abord,
vous relâchez mon fils.
-Comment avez-vous tué
Aurélie Lafont ?
-Je suis allé chez elle, j'ai sonné.
Elle m'a ouvert, on a parlé.
J'ai essayé de l'embrasser, en vain,
et elle m'a dit qu'elle ne m'aimait plus.
-D'où venait le couteau ? -Quelle importance ?
-Il était à vous ?
-A votre avis ?
-Levez-vous.
-Pardon ? -Levez-vous.
-Alors...
Montrez-moi comment vous l'avez tuée.
-Je ne me souviens pas.
J'étais dans un état second.
-D'accord.
Qu'avez-vous vu au fond de ses yeux au moment où vous avez enfoncé
la lame dans l'abdomen ?
-De la peur.
-Merci, M. Becker.
-Vous pouvez déférer Becker.
-Non, il y a des zones d'ombre. -Quoi ?
-Ses aveux, je n'y crois pas. Il a dit l'avoir tuée de face.
Les coups de poignard
étaient dans le dos. -Déférez-le.
Le substitut pose trop de questions
sur les dysfonctionnements
de cette affaire. Si on ne lui donne pas Becker,
ça retombera sur Dumas.
-Vous n'avez pas tué Aurélie.
-Je vous ai tout dit.
Hugo...
Hugo ! Oh !
-Je n'aurais jamais dû
te croire.
Papi avait raison.
C'est toi qui as tué maman.
Tu es un assassin.
Maintenant, je le sais.
-C'est encore moi.
Euh...
Ne fais pas la gueule, rappelle-moi.
-Quelle descente !
La même chose, s'il vous plaît. C'est l'affaire Becker qui te met
dans cet état ?
-J'ai envoyé un innocent en prison et j'ai détruit une famille.
Un gamin de 18 ans pense que son père est un assassin,
et Dieu sait ce qu'il va devenir.
-Tu attends
un appel ?
-Non. Enfin, si.
Tu sais, de la vieille copine.
-Cette sacrée vieille copine. Qu'est-ce qui se passe ?
-Elle a merdé avec son mec. Je ne vais pas t'ennuyer avec ça.
-Ca ne m'ennuie pas.
Au contraire.
-Tu sais, ils travaillent ensemble. -Merci.
-Et en fait, elle a fait un truc
qui ne lui a pas du tout plu. -Merde.
Quoi ?
-Ben... Je ne sais pas.
De toute façon, il ne lui adresse plus la parole,
et ça la fait chier parce qu'elle l'aime bien.
Il est bas de plafond, mais il a de belles mains.
-Ah oui ? -Oui, d'après ce qu'elle dit.
Donc voilà.
Et en plus, il lui a dit que c'était terminé.
Qu'est-ce que ça veut dire, ça ?
Excuse-moi, je ne sais pas bien raconter.
-Tu racontes très bien au contraire.
Ta copine est accro.
Si elle veut récupérer son amant, elle doit lui faire des excuses.
Eh ouais.
-Je vais prendre deux autres mojitos.
-Attends, je commence.
-Les 2 sont pour moi.
-Bonjour, maman.
-Bonjour. -Oeufs brouillés aux asperges.
-Oh, c'est gentil.
-C'est 5 euros.
-Pardon ?
-J'ai besoin de fric pour cet été. Pourquoi seule Emma serait payée
pour les tâches ménagères ?
-Je veux bien faire la lessive,
Il ne faut pas abuser.
-C'est Fun qui l'a trouvé.
Elle rit nerveusement.
-Mais oui...
C'est parce que j'ai...
J'ai commandé des dessous par Internet
et ils se sont trompés, ils m'ont envoyé
un caleçon d'homme.
-Il n'est pas neuf. Il a été porté.
-Oui. C'est parce que je...
Je me...
Je l'ai essayé
et j'ai dormi avec.
-Je ne m'occupe plus de ton linge.
-Mais oui, le linge !
Je vous présente 3 drôles de dames.
Juliette Kohler, France Lachenay, Marion Vergano.
Toutes les 3 étaient des visiteuses de Becker, et chacune d'elle
s'occupait de son linge.
-Candice pense que c'est une femme jalouse qui a tué Aurélie Lafont.
-On a retrouvé l'ADN de Baker.
-Non, c'est l'ADN qui provenait de son linge.
La meurtrière a pu prendre un cheveu sur le pull de Baker
et le poser sur la victime.
-Une vengeance.
-Exactement.
L'une d'entre elles est la coupable. Laquelle ?
Quelle est la nature de votre relation avec Rodolphe Becker ?
-Le voir est une joie et une souffrance.
-Une souffrance ?
-Quand je ne suis pas avec lui, je souffre.
Quand je suis avec lui,
j'ai peur qu'il me quitte. Il m'obsède.
Depuis que je l'ai rencontré, je ne vis que pour nos 45 minutes
de parloir mensuel.
-J'ai répondu à une annonce. Rodolphe voulait rencontrer
une femme.
-Ca ne vous gênait pas que ce soit
un détenu ? -Au contraire.
C'est excitant.
-Vous trouvez ça sexy,
les taulards ? -C'est un tout.
Le bruit des portes qui se referment,
l'entrée dans la fosse aux lions
et la brutalité contenue de cet homme.
On a toutes nos fantasmes.
-Je suis visiteuse de prison depuis 5 ans.
Quand j'ai rencontré Rodolphe,
il partageait sa cellule avec un schizophrène, violeur d'enfant.
Personne ne venait le voir. Il était complètement abandonné.
-Vous avez une liaison
avec lui ? -Plus que ça.
Je me suis battue pour que ses droits soient respectés.
-Ca ne vous gêne pas qu'il ait tué sa femme ?
-Non.
Le crime passionnel n'est pas un crime.
C'est l'amour absolu.
-Comment avez-vous réagi quand il est sorti de prison
sans vous avertir ? -Mon ego en a pris un coup,
mais il s'en remettra.
-Il est sorti ?
Mais on a un parloir la semaine prochaine...
-Il va m'appeler, j'en suis sûre.
-Vous connaissez Aurélie Lafont, Juliette Kohler,
Marion Vergano ? -Non, c'est qui ?
-Ses maîtresses. Elles aussi étaient au parloir
pour lui, comme vous.
-C'est pas possible.
-Salaud.
-Vous ne saviez pas ?
-Maintenant que vous le dites...
Je n'ai pas dû être la seule à lui répondre.
-Non, c'est pas vrai. Il n'y avait personne d'autre.
Je l'aurais senti.
J'étais la seule sur qui il pouvait compter.
-Vous voulez qu'on appelle un médecin ?
Un avocat ?
-Ca va aller.
-Pourquoi il m'a fait ça ? Pourquoi ?
-Pour l'argent.
Vous avez toutes
financé son cantinage. Il mettait de côté pour sa sortie.
-Mais je lui aurais donné tout ce que j'ai.
-C'est peu cher payé, vu le plaisir qu'il m'apportait.
-Et alors ? Il n'a pas eu le choix. Vous savez combien ça coûte,
de vivre en taule ?
-Donc vous ne lui en voulez pas ?
-C'est comme avec mon ex-mari.
C'est toujours la même histoire,
avec les hommes.
Je leur donne tout, et il ne me reste rien.
-Je ne comptais pas faire ma vie avec lui
ni le présenter à ma famille.
-Je dois prendre un comprimé.
-Un comprimé...
-Le médecin m'a remise
sous anxiolytiques.
-Va lui chercher
un verre d'eau.
Comme disait ma grand-mère,
elles sont gratinées.
Chacune d'elle
a pu tuer Aurélie Lafont.
-France Lachenay était avec une amie le soir du meurtre.
-Moi, je pencherais
pour la passionaria des prisons.
Elle s'est sentie trahie. -Oui.
Peut-être qu'un gardien lui a dit que Becker couchait
avec la conseillère Pôle Emploi.
-C'est pas elle.
Marion Vergano...
Il y a une contradiction entre ce qu'elle dit
et ce qu'elle fait.
Elle plaque sa galerie d'art à Aix, et là, elle vend des souvenirs.
-Elle a changé de standing.
-Je ne la sens pas.
Elle est trop dans le contrôle.
-On est d'accord.
-Je ne répondrai plus à vos questions.
J'ai le droit de garder le silence.
-On sait déjà beaucoup de choses sur vous.
Sauf une.
Comment vous avez appris l'existence
d'Aurélie Lafont ?
En allant chez Aurélie,
j'ai trouvé une lettre
que je vais vous lire.
"Aurélie, mon amour,
"je t'ai quittée depuis 10 minutes,
"et tu me manques déjà.
"Je ne supporte plus de devoir te quitter.
"Quand la porte se referme sur toi, il me reste encore
"le bruit de tes pas qui s'éloignent dans le couloir."
-Ca ne m'intéresse pas.
-"Bientôt, je serai libre.
"Je pourrai enfin te déshabiller
"et admirer ton corps nu."
"Je m'allongerai auprès de toi
"et je caresserai ta peau
"sans avoir peur que le maton m'envoie au mitard.
"Je te ferai l'amour
"doucement...
"tendrement.
"Je sentirai ton souffle
"sur mon cou."
-Ca suffit, taisez-vous.
Cette pute m'a pris mon homme.
-Comment vous l'avez su ?
-J'y suis allée, et le maton m'a dit qu'il venait de sortir.
Il m'a donné les lettres qu'il avait laissées.
-Donc vous avez appris que vous aviez plusieurs rivales,
Vous comptiez toutes les éliminer ? -Je voulais retrouver Rodolphe.
Aurélie savait où il était, alors je l'ai suivie.
Et là, je les ai vus ensemble. Il fallait que je le punisse.
-Comment ça s'est passé ?
-J'ai frappé chez Aurélie.
Je me suis fait passer
pour la tante d'Hugo. Elle m'a ouvert.
J'avais un couteau de cuisine.
Dès qu'elle s'est retournée, je l'ai tuée.
-Rodolphe avait rompu avec Aurélie.
Quand vous les avez vus ensemble,
ils n'étaient plus amants.
-Pourquoi avoir mis son ADN
sur la scène de crime ?
Vous saviez
qu'il serait réincarcéré.
-Je voulais que tout redevienne comme avant.
Il retournait en prison, et je retrouvais
mes parloirs.
En prison, il était à nouveau à moi.
Il ne pouvait plus m'échapper.
-C'est mon rapport sur l'affaire Becker.
-Vous avez trouvé une bonne formule pour expliquer
l'arrestation ratée ?
-Oui, j'ai noté que le suspect nous avait échappé
parce qu'on était en manque d'effectifs.
JB nous manque.
-Bien vu.
Je l'utiliserai pour appuyer ma demande
à la direction. -Merci.
-Et pour Dumas, vous comptez faire quoi ?
-Il va bien.
Il est apte. C'est grâce à lui qu'on a bouclé l'affaire Becker.
-Si vous le dites.
Mais faites attention.
Il est sous votre responsabilité. S'il dérape, ça retombera sur vous.
-Tout ira bien.
Merci d'être venu pour votre déposition.
Qu'allez-vous faire maintenant ?
-Hugo et moi, on va partir loin. Ici, on me verra toujours
comme un criminel.
Il y a des jardins partout.
-Si j'osais, je vous demanderais bien un conseil. J'ai quelque chose
à me faire pardonner auprès d'un homme.
Quelles fleurs pourrais-je lui offrir ?
-C'est moi, cet homme ?
-Non.
C'est vrai que je vous dois des excuses.
Je vous ai jugé un peu vite. -C'est le drame de ma vie.
-Vous avez été innocenté du meurtre d'Aurélie,
pas celui de votre femme. -10 ans de prison, commandant.
J'ai payé, non ?
-Admettre que vous avez payé,
c'est reconnaître que vous êtes coupable ?
Sous-titrage MFP.
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