All language subtitles for The Old Maid (1971) [La Vieille Fille] (LENGTH - 1;27;44) Shy thirty year old woman and an aging bachelor find a way to each other — Annie Girardot

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Original subtitles

Moi, je mourrai à 35 ans parce que je ne veux pas voir la Troisième Guerre

mondiale.

Je me laisserai mourir un jour d'hiver où il fera beaucoup en dessous.

Et je marcherai toute nue vers le nord, sur une route pas trop fréquentée, jusqu

'à ce que mes pieds seront si gelés que je tomberai doucement comme une pierre,

foudroyée par le froid et par la faim.

Pourquoi tu t'arrêtes ? Continue.

Tu me donnes le frisson.

Ça fait du bien.

Je rêve à de la neige.

De la neige poudreuse.

Nue.

Nue dans la neige.

Ça va tes coups de soleil ? Ça va mal.

Tu devrais pas t'exposer.

Faut savoir souffrir.

C'est la loi du cosmos.

C'était une étudiante.

C'est bien fait.

Sous-titrage FR ?

Merci.

Bonjour,

monsieur. Vous avez des chambres ? Pour dormir ou pour coucher ? Pardon ? Oui,

une chambre.

Une chambre... Il m'en reste juste une.

Mais une qui donne sur la mer.

Clotilde, conduisez monsieur au 992.

Je prierai, monsieur, de bien vouloir remplir cette fiche.

Pour la police.

Le monsieur restera quelque temps ? Non, une nuit seulement.

Je vais en Espagne.

Ah, en Espagne.

Allons, Clotilde, allons, précieux.

Bonjour, monsieur.

Bonjour.

Mon petit, soyez gentil.

Allez chercher ma valise.

Valise noire.

Dans ma voiture, une Cadillac noire, là, justement.

Il y a une salle de bain dans les

chambres. Oui, monsieur, mais il est interdit de prendre des malsoirs à cause

du règne de l'intérieur.

C'est bien, on t'y met, si vous pouvez.

C'est mal au cœur.

Il n'y a rien.

Monsieur appelé ? Oui, le téléphone ne marche pas. Il n'y a personne au

standard. Ah si, si, si, il y a quelqu'un au standard.

Mais il n'y a pas le téléphone.

Ben ça, qu'est-ce que c'est alors ? Ah, si monsieur veut réclamer, il faut aller

à la réclamation.

C'est un téléphone décoratif, ce n'est pas un vrai.

C'est pour faire mieux.

Mais la poste est tout près.

Ben en somme, pour commander mon petit déjeuner, il faudra que j'aille à la

poste. Non, mais il y a un café public en bas, vous savez, avec tes jetons.

Vous voulez que je vous conduise ? Je n'ai rien à faire, je suis libre.

Non, merci.

Quant au petit déjeuner, c'est moi qui s'en occupe. Il suffit de sonner et

voilà, je suis là.

Bon, c'est parfait.

Bien.

À quelle heure dînes-t-on ? 19h15 le soir, 12h le midi.

Le repas se prend à l'heure fixe.

Passe l'heure, on ne sert plus.

Bien, bien.

Monsieur n'a plus envie de moi ? Vous voulez dire plus besoin de vous, je

suppose. Oh, monsieur.

Heureusement qu'il est sur le guide, celui-là, parce qu'il mérite un détour.

Bonsoir, monsieur.

Bonsoir, je veux dîner. Oh, c'est qu'il n'y a plus de place.

Pas de place, pas de place.

Ça tombe mal, j'ai faim.

Tout de même déplaisant, j'ai fait de la route.

Monsieur voudrait-il un amuse-gueule ? Enfin, vous allez tout de même pas me

dire que dans tout ce magma, il n'y a pas une place pour moi.

Attendez, attendez, monsieur.

Il y a peut-être une solution.

Attendez-moi là.

Tout est arrangé, monsieur.

Oui, j'ai réussi à vous caser avec une dame, une charmante dame. Suivez-moi.

Vous voulez du saucisson ? Qu'est-ce qu'il y a ? Du saucisson.

Il n'y a plus de saucisson, monsieur, alors je vous apporte un harangue.

Qu'est-ce qu'il sent, ce poisson ? C'est pas Dieu possible.

C'est agréable de manger une pâtisserie avec cette odeur.

J'ai envie de ramener.

Ce qui me déplaît, ce type.

M'excuserez, madame, de manger mon poisson pendant que vous entamez

votre... Dessert, mais... C'est pas ce que... Vous

êtes en vacances, évidemment.

Évidemment.

Quelle histoire.

Ça commence bien.

Heureusement que je file demain.

Est-ce qu'elle est désagréable, cette fille ?

J'ai jamais vu une bobine pareille.

Avec un peu de chic, elle serait pas mal.

C'est comme mon harangue, avec un peu de goût, il était mangeable.

Elle, on dirait une bonne soeur.

Une bonne soeur en civil.

Elles se foutent en civil, maintenant, les bonnes soeurs.

Sûrement que c'est une autrichienne.

Je m'aperçois que je ne me suis pas présenté.

Marcassus.

Gabriel Marcassus.

Marcassus.

Muriel Bouchon.

Bouchon ? Sûrement que c'est une Autrichienne.

Vous ne voyez pas d'inconvénient à ce que Monsieur se mette à votre table ?

J'aperçois que je ne me suis pas présenté.

Pasteur Henri-Jacques Monod, professeur de théologie appliquée.

Merci, monsieur.

Oh, c'est parfait.

Clotilde, portez les bagages de M.

Marcassus jusqu'à sa voiture.

Galilala Attention

!

Est-ce que madame, enfin je veux dire mademoiselle, me permet de faire la

chambre ?

Ça marche pas ?

C'est charmant ce coin.

C'est pas tellement fréquenté.

Vous revenez du bain ? Je vais y aller aussi.

C'est mon premier.

Elle était bonne ?

C'est pas tellement agréable, ces galets.

Elle était bonne.

Un peu froide.

C'est vrai que c'est mon premier bain.

Alors?

Il faut toujours être prudent pour son premier bain.

L'organisme a besoin de s'habituer.

Ma mère me disait toujours que quand elle était petite...

Vous savez pas s'il y a des excursions à faire dans la région ? Adressez-vous au

syndicat d'initiative.

Cette année, je comptais faire l'Espagne.

Mais j'ai ma voiture qui a besoin de vacances.

Elle aussi.

Salope.

Tiens, monsieur Marcassi, vous êtes toujours là ? Ben oui, c'est ma voiture.

Elle veut plus rien savoir.

Qu'est-ce que vous avez comme voiture ? Une Cadillac.

C'est une bonne voiture, mais elle est plus très jeune.

Vous avez vu le mécanicien ? C'est dimanche, il est à la plage avec sa

famille. Ah oui, c'est vrai, c'est dimanche, merde.

C'est peut-être tout simplement le Delco.

Ou bien les bougies.

Je vous présente ma femme.

Monsieur Marcassus.

Madame.

Je voudrais tant que ta journée ait été sereine.

T'es-tu baignée, au moins ? Moi, j'ai prié.

Vous voudrez bien m'excuser, mais il faut que je m'assure que je puisse loger

ici cette nuit.

Mais moi, j'ai encore à prier.

À tout à l'heure.

C'est ça.

À tout à l'heure.

Mais oui, c'est encore moi.

La femme de Jean vous a prévenu que je gardais la chambre.

Je sais tout cela, monsieur.

Je prierai monsieur, lorsqu'il nourrit l'intention de quitter l'hôtel, de s

'assurer qu'il puisse le faire réellement.

Aussi, je vous conseille de faire réviser votre cadillac.

J'ai d'ailleurs à cet effet téléphoné à mon demi-frère, mécanicien, de venir la

remorquer jusqu'à son établi.

Votre clé, monsieur.

J'ai un moment, cher papa.

Désormais, ce sera votre table personnelle.

Votre femme est absente.

Elle n'est pas malade ? Non, elle jeûne.

Elle était merveilleuse.

Elle ne s'alimente plus depuis bientôt trois mois.

Entrez, c'est ouvert.

Bonjour,

monsieur.

Quelle temps fait-il?

La même temps que hier, monsieur.

Soyez gentil, apportez-moi le plateau au lit.

Au lit ou sur le lit?

Comment?

Je plaisantais, naturellement.

Voilà, monsieur.

Merci.

Comme j'ai envie, monsieur, de faire la crasse matinée.

Comment vous appelez-vous, Nty ? Je m'appelle Vika.

Vika Montero.

Vous êtes espagnole ? Non, pourquoi ? Portugaise ? Eh non.

Vous n'êtes pas suédoise ?

Non, monsieur.

Je suis roumaine par ma mère, mexicaine par mon père et hollandaise à cause de

la loi hollandaise.

Mais j'ai toujours vécu en France.

Vous voulez un croissant ? Je veux pas bien.

Est-ce qu'ils sont bons quand ils sont frais, les croissants ?

Nous, le matin, on n'a que les croissants de la veille. Ce n'est pas

juste.

Non, laissez-moi faire.

Je m'y conviens, Tchouk.

Maintenant,

il faut que je me sauve, parce que ce serait pas convenable si je restais plus

longtemps.

Vous m'êtes très sympathique, vous savez.

Vous parlez d'une histoire, c'est la transmission.

Il y en a au moins pour huit jours.

Huit jours, s'il n'y a pas de complications.

Parce qu'avec ces histoires de transmission, il y a souvent des

complications.

Au final, en Espagne, je vais rester ici.

C'était à prévoir.

Ces bons sens de voiture, c'est toujours le même scénario.

Non, c'est vrai, ça.

Autrefois, moi, j'avais une Citroën.

C'était une très bonne voiture.

J'ai jamais rien fait dessus.

Mais avec l'augmentation du pouvoir d'achat, la démocratisation des mœurs,

tout le monde a voulu sa voiture.

Plus moyen de rouler, alors.

Non, mais je vous le dis, les gens ont trop d'argent. Ils ont tout et encore

ils sont pas contents.

On n'a fait pas de politique, mon chéri.

Elle est bonne, vous savez.

C'est mon deuxième bain.

Si vous y allez, je vous accompagne.

Oh non, ça ne fait pas encore trois heures que j'ai mangé.

J'attends un peu, pour la digestion.

Vous attendez trois heures avant de vous baigner ? Oui, pour la digestion.

Moi j'attends deux heures.

Eh bien, moi trois.

Vous savez, il y en a qui ne font pas attention. Ils vont se baigner après

manger, ça ne leur fait rien.

C'est trop dangereux. L'autre jour, une jeune fille de 16 ans est morte noyée.

C'est beau un galet, hein ? Dommage que ça fasse si mal aux pieds.

Vous ne mettez pas votre maillot à l'hôtel.

Vous évitez toute cette gymnastique.

Moi, mon slip, je le mets à l'hôtel.

Je le mets à l'hôtel, mon slip.

Moi, je trouve déplaisant de porter un maillot de bain sous les vêtements.

Un maillot de bain, c'est fait pour n'avoir rien dessus.

C'est vrai.

C'est vrai, c'est une question de sensibilité, d'épiderme.

Oui, puis ça pique.

Regardez cette pierre.

Vous avez vu ce dessin ? Et cette forme ? Ça brille, ça vibre.

Pour moi, elle est radioactive.

Il n'y en a pas deux pareilles.

Ça fait longtemps que vous êtes là

? 23 jours.

Amère, hein ? L'air est bon.

Vous trouvez pas ? Oui.

L'iode.

Oui.

L'iode.

En fait, qu'est-ce que vous pensez des gens de l'hôtel ? Ils ne me fréquentent

personne.

Vous avez vu le pasteur ? C'est un drôle de personnage, vous ne trouvez pas ?

Pouvez-vous me prêter un franc ? Je vous le rendrai.

Merci, monsieur.

Passez de bonnes vacances.

Et la femme du pasteur aussi, c'est un drôle de personnage.

Vous avez vu ? Ses mains et ses pieds.

C'est fascinant.

J'ai plein de choses à faire.

J'écris.

J'ai du linge à laver. C'est défendu de laver du linge dans les champs. Je vais

vous dénoncer si vous ne prenez pas l'apéritif avec moi.

Non.

Non.

Non.

Dites-moi, vous ne seriez pas autrichienne, des fois?

Entrez.

Bonjour, monsieur.

Bonjour.

Quel temps fait-il ? Pas même temps qu'hier, monsieur.

Bon appétit, monsieur.

Merci.

Entrez. Bonjour, monsieur.

Bonjour. Ça va ? Oui.

C'est mon jour de repos.

Et bien, mon petit ? Je suis libre.

C'est pas vrai.

Elle va m'inviter.

Je vais faire une petite promenade.

Je vais me balader en voiture.

Si monsieur veut que je l'amène.

Comme je vous trouve très sympathique.

Ah ben ça y est, elle m'a invité.

Qu'est-ce que vous avez comme voiture ? Une Cooper.

Une Minion.

Il a raison, poster.

Qu'est-ce qu'ils ont comme pognon, les gens ? Ah non, comme je suis libre.

Vous avez lu Le Miracle de Théophile ? Euh, non.

Non, non.

C'est une pièce de rue de Boeuf.

Ah bon ?

As-tu

vu la fille, là-bas ? Oui, je la vois. C'est bien.

Je l'ai déjà vue quelque part.

Bon, elles se ressemblent toutes, maintenant.

Pour en venir...

Ah, mon histoire.

C'est un jeune homme théophile qui se fait dépouiller par un ébec.

J'ai mes défauts, comme tout un chacun, mais j'adore le fromage de tête.

R.L., mon bel trépas.

Un peu grasse.

Ce soir, nous sortons, ma femme et moi. Nous allons écouter un concert de

musique sacrée à la Maison de la Culture.

Bon.

Ils sont vraiment tous des cinglés, maintenant.

Tiens, voilà votre femme.

Ce soir, nous sortons, mon mari et moi.

Nous allons écouter un concert de musique spirituelle.

Au temple.

Elle veut dire de musique sacrée et à la maison de la culture.

Mais c'est à la maison de la culture, pas au temple.

Tu m'avais dit que c'était au temple. Non, mais non, je t'ai jamais dit ça.

Ce serait sympathique si vous nous accompagnez au concert.

Et puis Mlle Bouchon ici peut nous accompagner si elle veut.

Mlle ! Mlle Bouchon ! Mlle Bouchon ! Est-ce que

je voudrais être ailleurs ? Mlle ? Elle n'entend pas.

Mlle Bouchon ! Comment ?

Il y a un concert de musique sympathique, enfin, je veux dire,

spirituel. Je dirais sacré.

À la Maison de la Culture, en ville.

Alors ? Ce concert de musique liturgique, ça vous a plu ?

Oh oui, c'était bien joué.

Oui, c'était bien joué.

Mais qu'est-ce qu'ils font ? On les laisse ?

C'est pas trop bruyant ? Non, madame, pas trop.

Bonjour.

Vous allez à la plage ? Oui, pour ? Non, pas ce matin, parce que... Il faut que

je passe voir mon mécanicien.

Vous voulez pas faire une excursion en autocar ? Certainement pas.

Vous n'allez pas me dire que vous les avez toutes faites les excursions ? Je

suis venue ici pour me reposer, pas pour faire de la route, ni du touriste.

Me reposer, dormir, nager.

Moi, je n'ai jamais été malade en mer.

Mal de mer, je ne connais pas.

Je ne connais pas.

Oh, regardez.

Regardez, des marsouins.

Là, là, au bout de mon doigt.

Là-bas, vous voyez ? Là.

C'est dommage.

C'était juste là.

Ah, la mer.

Si j'étais roi des ondes, vous seriez ma tétisse, reine des eaux profondes. Et

pour votre maison, l'océan, vous auriez.

Oh,

joli.

Entrez.

T'aurais fait un gros dodo ? Magique !

Si.

Vous êtes bien calé comme ça ? Oui, je crois.

Vous avez une de ces fins, ce matin ? Vous avez bon appétit.

Oui.

Moi aussi, j'ai bon appétit.

J'ai envie de faire pipi.

Je peux utiliser votre bidet ? Faites.

Je dois m'asseoir.

Tu veux que je te donne ?

Eh bien, Sacha.

Qu'y a-t-il, Sacha ? Tout va bien.

Tout va bien, mon vieux ? Oui, laissez-nous.

J'ai l'air fin.

Allez, retournez travailler.

Dès qu'à vous rester, j'ai à vous parler.

Mais, j'y comprends rien, patron.

Vous savez, Vika, votre tenue... votre tenue laisserait

plutôt à désirer.

C'est aujourd'hui que vous reprenez votre voiture.

Avec ces histoires de transmission, il y a toujours des complications.

Vous avez vu, Vika a été renvoyée.

Tiens, voilà votre dame.

Pourquoi vous ne m'avez pas attendu ? Vous parliez avec le pasteur.

Décidément, ce pasteur et sa femme, ça fait un drôle de couple.

Vous ne savez pas ce qui est arrivé ?

Vous ne savez pas ? Je ne sais pas.

Elle s'est trouvée mal, la femme du pasteur.

Ça vous fait rire ? Non, non, je vous assure que non. Non, elle s'est

tellement empiffrée de yaourt, de petits suisses, de gâteaux et de confitures,

que ça l'a rendue malade.

Mais c'était pas beau à voir, c'est moi qui vous le dis.

Alors j'ai aidé le pasteur à la monter dans sa chambre.

Je croyais qu'elle était morte.

Quand on est arrivé... Écoutez, ça suffit.

Je sais que la femme du pasteur est un personnage.

Mais tout de même, il n'y a pas qu'elle.

Moi aussi je suis un personnage.

Vous aussi vous êtes un personnage.

Il y a d'autres sujets de conversation ?

Oui.

À 6 heures ce soir, je vais chercher ma voiture.

On va jusqu'au ponton.

Je ne pourrai jamais revenir.

Vous êtes content ? Vous allez retrouver votre auto ? Oui.

C'est toujours embêtant d'être sans voiture.

Vous reprenez la route ? Je ne sais pas.

Cette année, je voulais faire l'Espagne.

Je ne connais pas l'Espagne.

Vous connaissez l'Espagne ? Je connais Saint-Sébastien.

L'année dernière, j'ai fait l'Italie.

Venise, Rome, Florence, la Sicile.

S'il ne faut pas oublier la Sicile.

Vous connaissez l'Italie ? Je connais Saint-Raymond.

Mais cette année, avec cette semaine de retard, à cause de cette maudite

voiture, je ne sais pas si je ne ferais pas mieux de rester quelque part pour me

reposer.

Il faut recharger ses aigus.

Comment ?

Je disais, il faut recharger ses accus.

Vous êtes là jusqu'à quand ? Jusqu'à la fin du mois

? Non, je pars dimanche.

Dimanche là ? Eh oui, ça fera quatre semaines que je suis là.

Cette année, nous avons obtenu une cinquième semaine de congé.

Alors je vais aller la passer dans ma famille.

Pardon ? En Corrèze.

Je suis de là-bas.

De toute une ribambelle de neveux, de nièces, d'oncles, de tantes.

Comme il y en a qui sont assez vieux, j'ai intérêt à ne pas tarder à aller les

visiter avant que... Vous devriez rester.

Vous pouvez m'ennuyer, moi, si vous partez.

C'est chaud.

Quel jour on est aujourd'hui ? Aujourd'hui, nous sommes jeudi.

Vous êtes sûre ? Oui.

Je compte les jours et il ne m'en reste plus deux jusqu'à dimanche.

Nous sommes jeudi.

Quand même.

C'est dommage que vous partiez.

Je m'étais habitué à vous.

T'es pourtant pas une femme liante.

Je ne suis pas facile d'accès.

C'est comme ce ponton.

J'ai une nature méfiante. Je suis sauvage.

Sauvage ? Moi non. Tu fûs ? Moi non.

Vous ne savez rien de moi.

Je ne sais rien de vous.

C'est là tout le charme des relations de vacances.

Un jour on se quitte.

Ici, comme ça, on n'y peut rien, vous verrez.

Et une fois rentré, on reprend ses occupations.

Vous habitez Paris ? Moi aussi.

Des relations de vacances, ça finit pas forcément à la fin du mois d'août.

Toi et moi, l'année dernière, j'ai rencontré un couple de Français à Milan.

Depuis, on se revoit régulièrement à Paris.

Cette année, ils font l'Écosse avec Français Tourisme.

Moi, quand vous partirez dimanche, je vous donnerai mon adresse à Pluto et mon

téléphone.

Si vous ne me trouvez pas trop antipathique, vous me laisserez votre

adresse à Paris.

Je vous montrerai les photos que j'aurai faites.

A moins que vous me trouviez antipathique.

Vous avez bien des amis à Paris ? Je suis une sauvage, vous ne croyez pas ?

Vous n'avez jamais été mariée ? Vous m'interrogez ? C'est un interrogatoire ?

Je ne parlerai pas, je ne parlerai pas... Oh, taisez-vous !

Vous avez une voix qui me fait trembler quand vous parlez comme ça.

Je n'aime pas répondre aux questions.

Je trouve sans intérêt de vous dire ce que je fais à Paris.

Comment je vis ? D'où je viens ? De la Corée.

Je n'ai jamais été mariée.

Je suis une vieille fille.

J'aime l'indépendance.

Je n'ai jamais souhaité m'associer avec quelqu'un.

Et pourtant, ce n'est pas les occasions qui ont manqué, ça on ne peut pas dire,

parce que vraiment...

Vous êtes content ? Faut-il vous dire que je me trouve laide ?

Faut-il vous parler de ma vie sexuelle ? Allons.

Mais laissez-moi, qu'est-ce qui vous prend ? Enfin quoi ? Non mais c'est vrai

enfin alors !

C'est moi.

13, 77,90 francs.

Dans la 5e course, toujours Vincennes, 10 et 19 gagnant 383,10 francs.

La C, 123,80.

Je vais au water.

La montre au point blanc. La montre qui fait tiking, tiking, tiking et tiking.

Qui met l'électricité.

Alors,

elle marche votre voiture ? Elle est comme neuve.

Et votre femme ? Elle a rendu toute la journée et puis...

Maintenant, elle a la colique.

Allô ? Ah, c'est toi ? Ah ben ça alors ! Il est mort la bouche ouverte, les mains

en avant, et en criant, je meurs.

Il est resté lucide jusqu'au bout.

C'est beau, non ?

C'est ma famille de Corrèze qui me demande quand j'arrive pour tuer le

cochon.

Vous avez fini de dîner ? Oui, j'attends mon petit café.

Prenez-le avec moi, je l'attends aussi.

Ah bon ? Ben oui.

Comment allez-vous, Muriel ? Vous permettez que je vous appelle Muriel ?

Je vous le demande.

Vous avez vu mon camélia ? La fleur de camélia est rare.

Vous prendrez votre café ici, madame ? Enfin, je veux dire mademoiselle.

Et le mien ? Une seconde, monsieur, je suis seule pour servir.

Qu'est-ce que c'est que ça ? Non, mais qu'est-ce que c'est que ce service ? Qui

vous a pris à servir ? Reprenez-moi cette tasse et ramenez-la-moi sur un

plateau. Et avec une soucoupe ? Non, mais qu'est-ce que c'est que ce service

? Je suis désolé.

Je vous prie de l'excuser.

Elle est jeune.

Il faut la dresser.

Vous ne pouvez pas savoir le mal qu'on a à trouver des domestiques. Monsieur

Sacha, on vous demande au téléphone, vous êtes là ou vous n'êtes pas là ? Eh

bien, je suis là, imbécile.

Tiens, elles ont besoin d'eau, ces fleurs.

Merci.

Pas très indiqué pour toi de manger de la mousse au chocolat en ce moment.

Je suis dérangée en ce moment.

Tout le monde l'est un peu, dérangée.

Maintenant que votre voiture est réparée, vous reprenez la route ?

La fumée ne vous dérange pas ?

Je pense que je vais rester jusqu'à lundi.

Dites, si on allait faire une excursion en auto demain ? Je ne sais pas.

Petite dépravée ! Sale couine ! Cochonne !

Tu me dégoutes !

Ça

vous ferait plaisir ou ça ne vous ferait pas plaisir d'aller faire un tour en

tout de même ? Ça me ferait plaisir.

Entrez, c'est ouvert.

Bonjour, monsieur.

Bonjour.

C'est une journée splendide aujourd'hui.

Il y aura sûrement beaucoup de noyés.

Je suis à votre service, monsieur.

Vous pouvez vous servir de moi.

Vous auriez tort de vous priver.

Je suis bonne à rien, mais c'est moi qui fais tout.

Faut pas dire ça.

Il y a deux ans, j'étais bonne à tout faire, puis j'ai abandonné, parce qu'il

n'y a pas débouché.

Et maintenant, je suis serveuse.

J'aime mon métier.

Vous aimez son métier ?

C'est une journée splendide.

Il y aura sûrement beaucoup de morts sur les routes.

Au revoir, monsieur.

Mademoiselle va bien ? Très bien, merci.

Moi aussi, je vais bien.

Bonjour.

Tiens, je vous attendais par là.

Ça va ?

Oui, j'avais vu vos affaires de plage, alors je me suis dit, eh ben tiens, je

vais l'attendre.

Gentil, ça.

Vous baignez pas ? Non.

Pourquoi ? Ben, parce que.

Parce que quoi ? Ben, parce que... Elle est bonne ? Oui, oui, oui.

Mais...

Tenez, si vous ne vous baignez pas, vous pouvez peut-être manger une glace. Oui,

merci. Attention, ça fond.

Vous

aimez

ce parfum-là ?

Qu'est-ce que vous avez là-dedans ? Ah, des cadeaux, des souvenirs pour la

famille. Ah, la famille.

C'est la première fois que vous venez ici ? Oui, la première et la dernière.

Pourquoi ? Je n'aime pas revenir deux fois au même endroit.

Moi, ça m'arrive souvent de revenir quelque part.

On retrouve des souvenirs. Parce que vous êtes sentimentale.

Peut-être bien.

Pourquoi vous ne mettez pas du rouge aux ongles des pieds ?

C

'est vert.

Bon appétit. Vous aussi.

Vous savez, l'autre fois, je vous ai parlé d'un livre, Miracle de Théophile.

Ben voilà, je vous l'ai apporté.

Je traînais mal, ben vous ? Maintenant, je vais être obligé de le lire.

M. Marcassi.

Oui.

Figurez-vous qu'Edith a quelque chose à vous demander, mais elle n'ose pas.

Mais qu'elle ose.

On osait, madame.

Il commence à me cavaler, cela.

Voilà, elle voudrait faire une promenade en auto.

Mais qu'à cela ne tienne, c'est facile.

Je vous emmènerai demain.

Parce qu'aujourd'hui... Aujourd'hui. Je préfère aujourd'hui.

Elle dit qu'elle préférerait aujourd'hui.

C'est que...

Je ne pense pas.

Je vous ai fait le véto.

J'aurais pu prendre un taxi. On n

'est pas en retard.

Le train ne s'arrête que deux minutes.

C'est qu'il faut faire vite pour trouver son wagon et monter ses valises.

Ne vous inquiétez pas.

Il y a du vent, hein ? Il y a du vent.

Tenez.

C'est mon adresse et mon numéro de téléphone.

À plus tôt.

Tenez, c'est un souvenir.

Un souvenir de moi.

Comme vous êtes sentimentale.

Non, mettez-le dans votre poche. C'est rien du tout.

Je voulais vous remercier.

Et de quoi, mon Dieu ?

Eh bien, si.

Oui.

Finalement, vous ne faites plus l'Espagne, donc.

Non, j'ai plus envie.

Je vais longer la côte jusqu'à Cerbère, et puis je remonterai tout doucement.

sans doute plus tôt que prévu, pour éviter l'accueil de la fin du mois.

Je vous embrasse.

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