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Ça monte, on fait de la voiture mais on
fait pas du kilomètre, c'est tout
d'avantage.
On pourrait aussi s'installer dans un
joli endroit et ne plus en bouger
pendant 15 jours.
Et la bagnole, c'est ses vacances, elle
aussi, il faut bien qu'elle roule.
Elle est comme nous, elle a besoin de se
décrasser sans s'essouffler pour ça.
Alors là, la le c'est l'idéal hein. Ni
trop loin, ni trop
Oui. Ni tropide,
ça nous permettra de la laver à l'autre
pluie. C'est bon pour la carrosserie.
Alors, je le dirai à mes rumatismes, ils
seront contents.
Et puis j'oubliais Buch ma pensé toute
une liste de petites auberges entre
l'obraque et le chevaudent où l'on
mange. De la cuisine d'autrefois à des
prix qui ne sont pas encore ceux
d'aujourd'hui.
Alors ça et ben ça c'est intéressant
tellement que ça a pas duré qu'il
voudrait mieux en profiter pendant qu'il
en est temps. Tu comprends ?
Oui. Ah oui mais je comprends c'est une
occasion à saisir.
Voilà. Alors je dis saison là une fois
deux fois trois fois à juger la bon en
attendant pour patienter si on parlait
de ce qu'on va faire pour le 1er mai.
Non il n'y a qu'un seul jour. Non non,
ça tombe un jeudi, il y aura un pont, ça
fera 4 jours, hein. Et pour plus qu'une
grève le lundi, ça en fera cinq.
Alors, on pourrait peut-être aller à
Louvier chez ma mère.
On y bouffe mal. Non, moi j'avais pensé
qu'on aurait pu accompagner les
Beauchards. Il faut un circuit
touristique du côté de la Loire. Oh oui
les châteaux
Chambord Chenonceau as rideau.
Non non l'épinard sans seron pui.
Champignise au mur
qui a sonné
la gardienne. Elle venait de nous
apporter un paquet que Carsof a déposé
pour nous.
Ah c'est son nouveau manuscrit.
Enfin la nouvelle bouture du même
manuscrit.
C'est au moins la 10e.
Non la 11e.
Est-ce qu'il a changé son titre ? Euh
non, c'est toujours la transcendance de
l' moi sur le surmoi.
Oh, c'est dommage. Je trouve ça un peu
commercial.
Ah, mais ça c'est le dépôt de Carsof. Il
a un côté fondamentalement léger et dès
qu'il ne le jugule plus, il tombe dans
la facilité.
Absolument. Dans sa dernière version, on
trouvait des passages entiers qu'on
avait même pas besoin de relire pour
comprendre. Tu te souviens ?
Oui, enfin, on verra ça plus tard. Tu
voulais nous parler des vacances, je
crois. C'est juste les enfants,
écoutez-moi bien.
Comme vous le savez, le ministère de
l'éducation nationale a fixé cette année
les congés scolaires du 28 juin au 15
septembre.
Ça fait 3 jours de mois que l'année
dernière,
tu crois ?
Ah, il me semble bien. Je vais vérifier
mais que ça ne t'empêche pas de parler.
En gros, on peut toujours compter sur de
mois et demi.
Bien voilà, j'ai un projet assez
extraordinaire à vous soumettre.
Attends, avant que tu commences, je
voudrais dire que moi personnellement,
pendant le mois d'août, j'ai l'intention
d'aller camper avec Christian en
Espagne.
En Espagne, on connaît par cœur.
Ah mais Christian ne connaît pas et
jeoudrais lui faire connaître Séville,
Cordou et Cadix.
Pourquoi pas bécon les bruyères ?
L'Andalousie, c'est la banlieu
maintenant. Il y a plus que les ploues
qui vont
tu sais maintenant les plou ils vont
partout.
D'accord. Mais quand même, on en trouve
un peu moins au mètre carré dans les
catacombes de Chempoala que dans les
jardins de la Lambr à Grenade.
Et où c'est Chempoala ? Excuse
professeur d'anglais et pas de gé
mais Gabriel on n pas les moyens d'aller
au Mexique.
Moi, j'ai trouvé le moyen.
Comment ça ?
Le père d'une de mes élèves de première
est un ami intime de Trigano.
Trigano ?
Bah oui, Trigano sous l'impulsion du
ministère du temps libre, il va ouvrir
un nouveau club méditerrané à vocation
beaucoup plus culturelle que sportive.
Il y aura une petite piscine et une
grande bibliothèque.
J'ai posé notre candidature commune pour
prendre en main les destinées de ce
club.
Elle a été acceptée.
On va être géo.
Géo c'est
gentil organisateur culturel.
C'est fabuleux non ?
Oui.
On va être au plein cœur de la
civilisation azteche. On va mettre l'
pas dans les maya, les toltech, des
titchimec, les apothèques.
Ben dis donc,
tu as déjà bien potassé la question.
Nos amis Antinos m'ont beaucoup aidé.
sont allés là-bas il y a 3 ans.
À leur frais, mes pauvres.
Ils m'ont fourni toute une liste de
musées à visiter entre Tempico et
Aguachien
avec des monolites du 12e siècle, des
merveilles et qui commencent à
s'effriter.
Ah !
Et oui, c'est pourquoi je crois qu'on a
pas intérêt à trop tarder pour les voir.
Tu comprends ?
H ah oui oui, je comprends. C'est une
occasion à CCI.
Voilà. Alors, je dis ces sont là. Et
toi, Prôle ? Ah moi aussi ? Et toi
Arthur ?
Je suis certaine qu'Arthur à qui nous
avons consenti 12 années de vacances
insipides à Saint-Uin sur mer nous
consentira volontiers 2 mois de congé
culturel dans le berceau des astèques.
Voilà qui ne dit mot qu'on sent. J'en
attendais pas moins de toi ni plus.
C'est bien ce que je disais. Ça fait 3
jours de mois que l'année dernière.
Parfait. On va déposer un préavis de
greffe pour le lundi 4 mai. Comme le
premier étaudi avec le pont du weekend,
ça nous fera 5 jours.
On pourrait peut-être aller justement à
Saint-Aubin chez ma mère.
Mais je pense qu'il serait plus
enrichissant d'accompagner les antinoses
qui se rendent à un symposium de
sophrologue.
Un quoi ?
Une réunion de médecins spécialisés dans
une certaine thérapeutique destinée aux
malades des nerfs.
Et où a lieu ce pince fesse ? à
Saint-Étienne.
Allez les nerf ! Allez les ners !
Pas mal de consulter.
Voilà, maintenant le décor est planté,
les personnages sont posés, les retards
à terre sont presque arrivés, le drame
va pouvoir se nouer. Il couvre depuis
pas mal de temps déjà, mais il éclate
véritablement un certain samedi soir de
façon fort banale d'ailleurs. D'abord
chez les Montardus où se prépare
conjointement au drame un cassoulet.
Georgette, aide ta mère à trier les
haricots. C'est une année à Charançon.
Et puis ça t'occupera.
Je suis occupé. Je lis.
Tu lis quoi ?
Une pièce de théâtre que Patricia doit
jouer avec une troupe d'amateur.
J'espère que c'est rigolo. Moi,
c'est Roméo et Juliette dans une version
modernisée.
Oh ! Alors, ce sera sûrement moins bien
que le film qu'on a vu hier soir avec
ton père. Qu'est-ce que c'était ?
Les félés ont du pot.
Alors ça, ça c'est du cinéma. Moi je
riais tellement que j'en pleurais. À un
moment, il y a le comique qui est caché
dans une basse court et pour passer
inaperçu, il limite les poules cot cot
cot il fait
amusant.
Attends, tout d'un coup le commissaire
qui le poursuaivait le trouve et se met
à crier codec parce que dans le film le
type il s'appelait codec.
Cot codec.
Ah c'est impeccable. Il faut absolument
que tu vois ça hein.
Justement j'ai rendez-vous maintenant
avec Patricia pour y aller.
Avec Patricia ?
Oui.
Menteuse ? est parti en weekend avec ses
parents. C'est avec le fils qu'aporit
que tuas tuas rendez-vous avec ce ravagé
des ménages qui sent le renfermé et qui
ne supporte pas les odeurs de notre
bonne cuisine. C'est ça. C'est ça. Oh
quand je pense mais quand je pense
mais ne pense pas Roger. Ne pense pas.
Ouais. Tu vas te rendre malade et demain
tu ne seras pas d'attaque pour le
cassoulet avec les beaucheurs.
Ah nom de Dieu le cassoulet. Rejoin mes
pilules.
Qu'est-ce que vous avez vu hier soir à
la cinématèque ?
Oh, le chefdœuvre de Bergman criit
chuchotement.
Ah, c'est là où il y a cette fameuse
scène entre deux sœurs.
Fabuleux
quand elle se dévisage
que l'une ne dit rien et que l'autre
reste muette.
Oh, c'est le triomphe du nom formulé. La
stridance du nom dit. Ah vraiment les
silences de Bergman, ça vaut la peine
d'entendre ça.
Mais à la fin fait Arthur, qu'est-ce que
tu fabriques avec ces bouts de bois ?
Une échelle.
Pourquoi une échelle ?
Pour le décor de la pièce de théâtre que
je vais jouer avec Christian et d'autres
amateurs.
C'est une pièce d'avantgarde. Tu m'as
dit.
C'est Roméo et Juliette.
Ça n'empêche pas. Peut-être une
relecture.
C'est plutôt une parodie.
Ah bon ? Une parodie dérangeante ? Pas
une parodie distrayante.
Pas vraiment triste non plus.
On n'y rit pas quand même.
Je peux pas encore dire, on a juste
répété une fois.
Qui est-ce qui joue Roméo ?
C'est moi
et Juliette
hein.
Qui joue Juliette ?
Bah on cherche. On sait pas encore.
Moi je sais. Tu es la fille Montarde. Tu
cette minutus à base qui sent la friture
et qui prend Miro pour un pâtre miop.
C'est elle. Ah, c'est elle. Oh, quand je
pense, mais quand je pense,
pense pas, Gabriel, pour une fois, ne
pense pas, je t'en supplie. Sinon,
demain, tu ne seras pas en forme pour ta
conférence avec les Antinos.
On ne parle pas de malheur. Donne-moi
mes calements. Tiens.
Ah, les antinos. Avant d'aller plus
loin, il faut absolument que vous
sachiez qui sont les antinos. Qu'est-ce
Et les beau aussi ?
Une seconde. Chacun son tour. Les
antinoses d'abord.
D'accord, d'accord, d'accord. Mais
enfin, n'oubliez pas
Mais non, mais non, mais non, mais non,
mais non. Allez vous asseoir. Allez vous
asseoir. Allez allez allez vous assir.
Les Antinos donc sont des amis des
Caporé des pensants causants comme eux
et ils ont une fille Stéphane. Madame
Antinos elle est présidente d'un club
féminin qui groupe des milliers
d'adhérentes
dont moi bien entendu.
Oui madame Antinos il fait des
conférences. La dernière en date avait
pour thème féminerie féministère
féminitato.
Un thème très important. Oui, celui que
Gabriel Caporé doit aborder demain ne
l'est pas à moins.
Féminité, féminisme et féminitude.
Il faut vous dire que le club s'appelle
le féminoir.
Je crois Arthur que demain tu seras fier
de ta mère.
Et demain moi je comptais répéter la
pièce avec Christian.
C'est inenvisageable. Après ma
conférence, il y a un déjeuner débat qui
nous conduira bien jusqu'à 4h.
Ça ne tienne à 4h.
Nous ramenons ici les Antinos à qui nous
avons promis de projeter les
diapositives que nous avons rapporté il
y a 10 ans de leur si beau pays.
Vous n'avez pas besoin de moi pour ça.
Si parce que leur fille vient avec eux
qu'il serait gentil voir opportun que tu
lui tiennes compagnie. Elle est plate
comme une seule et gracieuse comme un
rouge et gronde.
Ça te changera des sardines.
Et puis c'est faux. Stéphantinos est une
jeune fille mince et lancée avec un
visage plein de personnalités
et de point noir.
Moi je te jure que si j'étais un homme
ce qu'à Dieu ne plaise. J'aimerais mieux
sa tête pleine et ses fesses creuses que
le contraire de certaines autres. Pas de
pr Paul ?
Ah si bien sûr.
Ah et puis elle a de l'avenir cette
petite.
22 ans. On en est tous là. À 22 ans,
tout le monde n'a pas la responsabilité
de la page sociale dans un hebdomadaire
à petit tirage
mais à grande influence.
Crois-moi, elle ira loin Stéphane.
Je le lui souhaite mais sans moi.
Mais enfin, tu ne vois pas que tout vous
rapproche.
Vos familles, vos goûts, votre
éducation, votre culture
jusqu'à vos prénoms.
Nos prénoms ? Mais oui, toi tu
t'appelles Arthur à cause de Rimbo, elle
Stéphane à cause de Malarmé.
Ce sont des choses qui compte ça.
Georgette, elle s'appelle comme ça à
cause de son parin. Ça compte aussi.
Décidément, tu ne ménages pas mes
pauvres mèes en ce moment.
Et ben, j'y sais pourtant.
Écoute Arthur, ça ne peut pas continuer
comme ça demain soir. Il faut que tu a
choisi. Où Stéphane Antinos ou ma
dépression ?
Choix redoutable. E he
eh bah vous vous n'avez pas parlé des
beauchards,
j'allais le faire. Les anidos d'abord,
les beauchards après.
Ah bon ?
Bah oui. Allez vous asseoir.
Je suis confus.
Choix redoutable donc pour Arthur et
identique à celui devant lequel va se
trouver dans quelques instants Georgette
Montard. En effet, les beaux chats, amis
des Montardus, les roulants bouffants
comme eux ont deux fils
gros et vilain.
Pas du tout. Ce sont de solides
gaillards bien membrés, plein de santé,
de bonne humeur
et de graisse.
Ah bah, je te jure que si j'étais une
femme, ce qu'à Dieu ne plaise.
Je me sentirai un peu plus en sécurité
auprès d'eux qu'auprès de certains
flanqués de ma connaissance. Pas toi,
Mathilde.
Ah oui ! Ah si, question sécurité.
Et puis ce sont des malins
ça
quoi ? Un qui à 27 ans va entrer comme
chef cuisinier dans un deux étoiles et
l'autre à 28 qui s'est trafiqué un
moteur comme personne et qui a doublé en
un an le chiffre d'affaires du garage
paternel. Ce ne sont pas des malins.
Dans un sens, Roger a raison. Deux
jeunes gens qui vont têter jusqu'à plus
soif. Les deux intarissables mamelles de
la France, la bouffe et la bagnole, ce
sont des malins.
Et comme ces deux malins sont amoureux
de leur filles, les Montardus n'ont
évidemment qu'une idée qu'elle les
épouse.
Non, enfin l'un des deux.
Bah oui, par les deux forcément. pas
Ah mais n'importe lequel, ils ont la
même valeur et le même poids.
C'est à toi de te décider pour l'un ou
pour l'autre. Moi je ne veux pas
t'influencer ça.
Mais enfin papa sais, je sais rien de
presse mais enfin n'oublie pas quand
même que des occasions comme celle-là,
ça ne se trouve pas sous les roues d'une
de chevaux.
Encore heureux ?
Oui et bien n'oublie pas non plus que
ton père et moi nous ne serons pas
toujours là.
Surtout moi avec mon pauvre cœur brin
ball que tu ne ménages guerre en ce
moment. Oh, je sais. Pourtant
écoute Corette, je peux pas continuer
comme ça hein. Demain soir, il faut que
tu a choisis les fils monchard ou mon
infarctus.
Nous voilà mesdames et messieurs au cœur
du drame et nos amoureux au pied du mur.
Jusqu'à présent, la malheureuse
Georgette sous la menace d'une crise
cardiaque paternelle et le pauvre Arthur
sous la menace d'une dépression
maternelle se sont contentés bon gré
malgré de rencontrre d'un romantisme
échelé mais néanmoins frustrant.
Georgette
Arthur mon pauvre amour viens
m'embrasser dépêche-toi j'ai peur que
mes parents m'appellent.
Mon dieu qu'elle est longue la route
entre toi et moi longue et remplie
d'embûes.
Jeends
mon père descends vite. À demain.
À toujours.
Gentil.
Ce romantisme échevelé a bien entendu
attisé leurs flammes jusqu'aux limites
de l'incandescence.
Au soir de ce fameux dimanche qu'ils ont
passé, Arthur à compter les points noirs
sur le visage de Stéphane Antinos et
Georgette les calories absorbées par les
fils Beaucards. Ils sont tous deux au
confin du désespoir. On comprend même à
certains gestes
qu'Arthur songe à une issue fatale quand
soudain un homme paraît.
C'est moi.
Vous permettez le temps de rentrer dans
la peau de mon personnage.
Voilà. L'homme donc n'est ni vieux ni
jeune, merci. Ni ni gros ni maigre. Il
porte un complet gris, un attaché caisse
à la main et un sac de marin sur le dos,
le genre inclassable.
L'homme regarde autour de lui comme s'il
cherchait quelque chose. Puis soudain,
il aperçoit Arthur et s'adresse à lui.
Pardon monsieur, vous êtes du quartier ?
Ouais, j'habite juste là là.
Ah, vous savez peut-être alors si
monsieur madame Montardu habite encore.
Certainement. Nous sommes voisins.
Ah bon ? Je vous remercie monsieur.
Vous les connaissez ?
Oui, je suis le frère de Roger Montardu.
Le frère ?
Oui, enfin le demi-frère. Il y a que dem
malte.
Excusez-moi, ça m'a échappé.
Ça ne me surprend qu'à moitié.
Nous nous ressemblons guerre, mon frère
et moi. Il est le portrait de son père
et moi celui du mien.
En somme, vous êtes de la même mère.
Ah bah oui, tout de même, n'est-ce pas ?
Mais alors, vous ne vous appelez pas mon
tardu ?
Non, je m'appelle Rousseau.
Oh, c'est fantastique.
Oui, pas Jean-Jacques, George, plus
simplement.
Vous êtes George ?
Oui, George Rousseau,
le parrain de Georgette.
Ah oui, c'est ça. Oui, son parin et son
demi-on.
Ça monsieur, permettez-moi de vous
serrer la main.
Ah mais très volontiers monsieur
de vous appeler par votre prénom.
Mais je vous en prie.
Voilà.
Ben je reprends le tout parce que
Georgette m'a tellement parlé de vous
que j'ai l'impression de vous connaître.
Elle se souvient encore de moi ?
Ah je comprends.
Ah pourtant c'était encore une enfant la
dernière fois que je l'ai vu. Elle avait
à peine 9 ans.
Elle va sur ses 19.
Ah oui je sais. Oui le 28 septembre elle
est balance comme moi.
D'ailleurs, vous avez un petit air de
ressemblance tous les deux. Ah, après
cela, je n'ose plus vous demander si
elle est jolie.
Oh ! Si osez, j'adore répondre à cette
question.
C'est vrai ? Alors, elle est jolie ?
Ah, je l'aime.
Ah bon ? Elle : intelligente
elle-même alors.
Ah oui, ça c'est une preuve.
Elle est facile à vivre. Nous nous
aimons. Ah,
tu es merveilleux.
D'après ce que vous me dites, elle a
absolument pas changé.
Ah bon ?
Ah, petite fille, elle était mignonne.
Je l'aimais beaucoup.
Elle était intelligente ?
Elle m'aimait beaucoup
et elle était facile à vivre.
Nous nous aimions beaucoup.
à nos portraits concord
et ben tant mieux comme ça j'aurai
aucune peine à la reconnaître.
Plus je vous regarde plus je pense
qu'elle avait raison.
Quand ça
un jour elle m'a montré une vieille
photo de sa mère entre vous et son futur
mari monsieur Montardu. À être t ou à
Die
à être t.
Ce jour-là, elle m'a dit "C'est quand
même dommage que maman n'ait pas épousé
l'autre."
Ah bon ? Elle vous a dit ça ?
Oui. Elle a même ajouté si seulement il
revenait, je suis sûr qu'il arrangerait
tout.
Mais quoi ? Tout
mais tout ce qui gage sa vie. à notre
vie, ses parents, les miens,
l'étiquette, la harne, l'entêtement, les
clans. Moi, il me faudrait des heures
pour vous expliquer tout ça. Des heures
? Alors que George était malheureuse,
qu'elle a besoin de moi, qu'elle
m'attend, qu'elle m'appelle, impossible.
Je vous donne 3 minutes pour me résumer
le tout, le temps de monter jusque chez
eux. J'ai l'esprit vif, ça suffira.
Et George,
quoi ?
Bah, vous savez même pas mon nom.
Mais si, voyons. Roméo.
Ah, c'est vrai que vous avez l'esprit
vif, hein,
n'est-ce pas ?
Je l'oublie. Pourtant, j'entends le
champ de la vie. La là la là, la musique
est partout. Elle est là, elle tourne
autour de nous. La là la
envoyer la musique.
Le matin, je me lève au champ du coque
et la nuit.
Alors, elle est bien dans sa chambre ?
Oui. Oui, elle est couchée, elle lit.
Tu as refermé la porte-clé ?
Oui.
Donne.
Comme ça, on va pouvoir dormir
tranquille. Ah ben non, pas déjà.
Retiens bien ce que je te dis. Vaut
mieux aller voir son traversin que son
médecin.
Et puis demain, c'est le grand jour, tu
as pas oublié.
Oh Roger, comment je pourux oublier ?
Voyons, ce recensement. Notre
recensement. Mais c'est un second 14
juillet. Oui, mais pour moi c'est le
premier hein. Tiens, je t'ai repassé ta
veste de chef.
Ah, tu as cousé mégalon ?
Ah non. Ben non, épinglé seulement. Je
voulais m'assurer avant que la place te
convenait.
Il faut qu'il soit un peu plus espacé
pour qu'on voit bien qu'il y en a deux.
Bon ben d'accord, je vais les coudre
maintenant.
Très bien. Je vais relire le règlement
en attendant.
Ah, ça doit être madame du four. Je vais
lui donner le reste des sardines.
Oui. Puis après tu coudras les miennes.
Ah ! Ah ! Elle est bonne. Cel je la
replacer au beauchard. Alors
on dira ce qu'on voudra. C'est beau un
règlement.
Roger
George mais ton frère ?
Mon demi-frère
? Oui enfin c'est pas
Bah non excuse-moi. C'est ta moitié
pareil hein.
Oui oui tu as raison. C'est même
totalement différent.
Et ben quoi ? Qu'est-ce qu'il a encore
fait ce lendouille ?
Il est revenu.
George, c'est gentil de me reconnaître
après tant d'années.
Mais tu n'as pas changé du tout.
Mathilde,
toujours aussi indulgente. Toi non plus,
tu n'as pas changé.
Ah si, si quand même. Enfin, un peu plus
que toi.
Moi, j'étais dans le sel. Ça conserve,
c'est bien connu.
Dans le sel ?
Ouais.
Ah oui, tu étais dans une mine de sel ?
Non, non, non. plus simplement dans
l'eau salée
pendant 10 ans.
Oui mais à temps partiel
quand même. Tu dois avoir soif hein.
Je m' bien un grand verre d'eau fraîche.
Bon ben je je te lapporte. Tu veux
peut-être manger quelque chose ?
Non non tu es gentil de dîner dans la
viande.
Qu'est-ce que tu faisais
dans la viande ?
Non dans l'eau salée.
Ah de la pêche sous-marine.
Ah bon ?
Ouais.
Pourquoi ?
B pour vivre. Enfin plus exactement pour
survivre. Pour vivre, j'avais le reste.
Quel reste ?
Ah, le soleil, la nature, l'amour, la
méditation et ça
surtout ça.
Un silo,
apparemment. Oui, mais faut pas su aux
apparences.
Ah bon ? C'est pas un silo,
c'est mon psychanalyste personnel et
portatif.
Je lui dis tout, il ne me répond rien et
je me sens beaucoup mieux après.
Elle a raison, tu as vraiment pas
changé. Alors là
merci.
Tu aurais pu quand même t'en servir pour
nous donner des nouvelles.
Bah le temps qu'elles arrivent.
Tu étais loin ?
Ça dépend d'où.
Loin d'ici, elle veut dire.
Oui. Oui, j'avais compris. Oui, oui,
très loin. Et en vérité, je ne comptais
pas revenir.
Mais tu es revenu.
Pourquoi ?
Mon stylo était vide.
Bah dison. Alors, il y avait même pas
d'encre où tu étais alors ?
Non, il marche pas avec de l'encre.
Avec quoi alors ? Ça serait trop long à
t'expliquer. Et puis nous avons des
choses plus importantes à nous dire.
Ben certainement. Et d'abord si tu
comptes rester ?
Oui, je crois. Oui, j'ai besoin de mes
racines. J'ai l'âge des retours, l'âge
des souvenirs.
Pas délégage sur oui ou non ?
Oui, pour le moment. Oui.
À Paris ?
Oui.
Où vas-tu habiter ?
Ici.
Chez moi.
Chez nous ?
Puisque notre mère nous a laissé cet
appartement en individu.
Mais il y a pas de place.
Mais si, voyons. La chambre de ton père.
Ah bah oui
ben oui, il nous a il nous a quitté
voilà 6 ans.
Ben je sais. Oui.
Comment le sais-tu ?
Par un de vos voisins que j'ai croisé en
bas.
Caporé.
Ouais, c'est ça. Un jeune homme
extrêmement serviable.
Ouais, mais c'est le fils
qu'aporet quand même.
Il m'a proposé de partager sa chambre
avec moi si pour une raison ou une autre
vous ne pouviez pas me loger.
Mon frère, c'est descor alors ça alors
ça alors
alors ça ça me ferait mal. Math devait
lui préparer la chambre du fond. Mais
vous allez tout de suite.
De toute façon, ça n'est que provisoire.
Je déménagerai dès que j'aurai de
l'argent
parce que tu n'en as pas.
Pas beaucoup. Non.
Comment espères-tu en trouver ?
Enfin, dans les produits de ma pêche.
Ah, ramener des poissons.
Ah non, non, non. Un livre.
Je voulais parler de la pêche au stylo,
pas à la pâle en grotte.
la littérature ?
Ouais.
Alors, tu tu crois vraiment que c'est un
moyen d'existence ?
Ah, en tout cas, c'est un moyen
d'exister. Mais t'inquiète pas, bah ça
ou autre chose, je me débrouillerai
bien. Il y a plus de 30 ans que je me
débrouille.
Tuas toujours plus malin que les autres,
hein.
Ça dépend quels autres.
L'intelligence, c'est une notion
relative. On est toujours malin par
rapport à certains et idiots par rapport
à d'autres.
Ah bah non, ça c'est fini tout ça.
À l'amb depuis quand ?
Ah bah, depuis le recensement.
L'étiquette a simplifié tout ça.
Quel recensement ? Quelle étiquette ? Ah
bah non, tu vas pas me dire que tu es
pas au courant.
Bah comment veux-tu je débarque ?
Enfin, ça fait du bruit même au-delà de
nos frontières.
J'étais dans le monde du silence.
Enfin dans l'aéroport jusqu'ici tu as
bien rencontré des gens.
Oui, bien sûr.
Tu as pas remarqué qu'il portaient tous
les étiquettes là ? BC JC SC VC.
Ah oui, j'ai vu. Oui. J'ai cru qu'ils
appartenaient à des clubs et que c'était
leur insigne.
Ah non, c'est ce n'est pas l'initial de
club.
Ah bon ? C'est l'initial de quoi alors ?
De con.
De con.
Oui. Oui. De con.
Tu plaisantes ?
Non.
BC brave con SC sale con JC jeune con et
BC vieux con.
Non mais pourquoi porte-t-il ça ?
Parce que c'est obligatoire.
C'est obligatoire
pour tout le monde sous peine d'amande.
Bah et moi j'en avais pas
à l'aéroport. Ils ont dû te donner une
carte provisoire attestant que tu venais
de l'étranger.
Une carte provisoire
blanche avec un liseret rouge.
Ah oui, je l'ai mise dans ma poche. Je
croyais que c'était une publicité.
Tu l' pascheté. Tu serais tombé sur un
contrôle, on t'arrêtait. Alors
on m'arrêtait.
Mais le petit caporet n'emportait pas
d'étiquette.
Si sûrement mais caché sous son écharpe.
Ah ou c'est possible.
C'est certain. Ils en mettrai plutôt
deux dans la famille. Tu penses ? Là, ce
sont des i.
Des i ?
Oui, des i.
Ah bon ? Il y a pas que des c. Non, il y
a les i.
Les idiots ? Non, les intellectuels.
Ah bah ça alors, j'en ai pas rencontré
dans la rue.
Ils sont moins nombreux, c'est pour ça
hein.
Et aussi les I sont subdivisés comme les
autres. En brave I, sale I, jeune i,
vieux I.
Non, non, les I sont des I, c'est tout.
Leur caractéristique, c'est d'être
intellectuel. Point final. Le reste se
rattache à des notions bassement
humaines qui ne les concernent pas.
C'est un sensé ça. Comment peut-on
réunir sous une même étiquette des êtres
aussi différents qu'un vieil
intellectuel de gauche et un un jeune
intellectuel de droite ?
Il y a plus d'intellectuel de droite.
Ah bon ? Ils sont répertoriés dans les
salons.
Et ben
comme moi.
Comment toi ?
Ah parce que toi tu es un SC
et j'en suis fier.
Et Mathilde
BC
BC Ah brave
c'est ça ? Oui.
Ah le B est bien mérité.
Et Chargette est une JC
hein. Et ton père a dû être un vieux
Claire.
Il aurait été certainement s'il était
mort, il reste avant le premier
recensement.
Au vieux il a pas eu de chance.
C'était quand ? Et assis an, on en a
déjà eu deux depuis le prochain lieu
demain.
Demain ?
Oui. Oui. Demain, tu ras ton étiquette.
Alors ça ça m'étonnerait mais enfin peu
importe. Dis donc, par simple curiosité,
j'aimerais bien savoir qui a le culot de
décréter qu'on est un C ou qu'on est un
I.
L'ordinateur.
L'ordinateur. Une machine.
Non non non non. Une merveille. Tu
remplis ta fiche de renseignement, tu
l'introduis dans l'ordinateur, il se met
en route, il digère tout ça et quelques
secondes plus tard, il rend son verdict.
Tu es tranquille, il y a pas de
problème.
Non mais si par hasard je suis pas
d'accord avec lui. Si j'estime mériter
une autre étiquette que celle qu'il
m'attribue, il y a toujours pas de
problème.
Pas de problème, c'est toi qui a tort.
Ah bon ? L'ordinateur ne se trompe
jamais. L'erreur est humaine par
mécanique.
Mais si néanmoins, je suis persuadé du
contraire. Qu' erreur. Je peux me
plaindre et demander une révision de mon
cas. Ah bah bien sûr.
À un autre ordinateur ?
Non à l'administration. Mais là, je te
le conseille pas parce que tous ceux qui
l'ont fait l'ont regretté. Alors
pourquoi ?
Ah bah ça dure des mois et des mois. On
ouvre une enquête, on t'envoie un
fouineur, un sermenté qui fouille dans
ta vie comme un polyvalent dans tes
comptes et puis finalement on décrète
on décrète que l'ordinateur ne s'est pas
trompé.
Exactement. Alors autant le croire tout
de suite.
Bah voyons
et puis en pire s'affiche de
renseignement avec soi et honnêteté. Je
t'en donnerai une tout à l'heure en tant
que chef de section et mon nom refilé
une bonne plaincée au ministère.
Ah bon ? C'est le ministère des finances
qui s'occupe de ça ?
Non non j'y suis plus j'y suis plus.
J'ai été muté
hein.
J'ai été muté au au ministère du
recensement quand quand il a été créé.
Ouais ouais. Mathilde Gossier a été
affecté au service de l'ordinateur. Moi
je je supervise l'ensemble des
opérations. Je suis comme qui dirait
chef de section.
Voilà. Voilà. Tu me verras à l'œuvre
demain. Je crois que tu seras épaté.
Ah ben je le suis déjà. Et donc qui est
à l'origine de ça ?
De Mégalon.
Non non non. Du recensement de
l'étiquette.
Antoine Blancichisson un député.
De gauche ou de droite ? Il s'était
présenté sans étiquette.
Oh, c'est un comble.
Et il est dans quelle catégorie lui ?
Les intellectuels ou les autres ?
Ah non, ça on ne sait pas hein. Et on ne
saura jamais. Il est mort au lendemain
du référendum. Alors maintenant,
quel référendum ?
C'est lui on nous a demandé de voter
pour ou contre sa proposition.
Pour ou contre l'étiquette ?
Oui.
Et le vote était positif ? à 51 % comme
d'habitude.
Alors ça ça c'est incroyable.
Bah pourquoi ?
Bah que les intellectuels aient voté
pour. À la rigueur je peux le comprendre
mais les autres laissez.
C'est pourtant la majorité.
Mais boug les autres, ils savaient pas
qu'ils étaient des cons. Oh
oh écoute enfin réfléchis un peu. Il ils
pouvait pas le savoir. Ils étaient pas
encore répertoriés.
Ah
ils ne l'ont su qu'après.
Avant ils espérent.
Oui, quelques-uns peut-être, mais la
plupart devaient quand même bien se
douter qu'il n'étaient pas des
intellectuels, des gens comme toi, par
exemple.
Oui, d'accord. D'accord. Il y en avait.
Oui. Oui.
Bon, alors ceuxl pourquoi ont-ils voté
pour aussi ?
Parce qu'ils étaient cons.
Ah oui, ça c'est logique.
Mais les 49 % qui étaient contre n'ont
rien dit. On est en démocratie.
Quand l'urne a parlé, le peuple
s'incline.
Ah, c'est une très belle formule ça.
C'est de toi ça ?
Ah, ça m'étonnerait he vraiment.
En tout cas, alors il y a pas eu de
remou par-ci par là.
Ah ben, il aurait pu en avoir mais la
disparition subite de Blandichon a calmé
les esprits. On ne manifeste pas contre
un mort. Ah,
c'est vrai que Blandichon est mort.
Hélas,
tué par un contestataire.
Non, il est mort de joie en apprenant
les résultats de son référendum.
Justice immanente. Il a été puni par où
il avait péché.
Bon ben justice veut dire le père du
recensement méritait d'assister au moins
au premier pas de son enfant.
Son enfant ?
Dis plutôt son monstre.
Ah je te jure que si j'avais été là, on
m'aurait entendu.
Pas plus que les autres m contents.
Ah si crois-moi, j'aurais hurlé si fort
que j'aurais fini par réveiller ce
troupeau de veau résigné.
Mais non ça s'est passé à cheval sur
juillet et août.
Les gens revenaient de la vacances
celui-ci partaient. Alors tu sais hein
ou ça ça n'a pas changé toujours le même
procédé. Les guerres, les dévaluations,
les hausses de prix et les impôts
nouveaux ont dilu tout ça dans le soleil
de l'été.
Oui. Puis en plus cet était là, il y
avait un temps exceptionnel. Alors
forcément
forcément on pensait plus à la bronzette
qu'à l'étiquette.
D'autant que la première année, c'était
pas obligatoire de la porter sur le
maillot de bain
parce que maintenant ce lait
Ah ben heureusement sur les plages
c'était encore plus utile qu'ailleurs. À
poil c'était la pétonère.
On savait plus qui était qui. Un type te
disait quelque chose que tu ne
comprenais pas. Tu lui répondais comme
si c'était un con. Manque de peu,
c'était un intellectuel.
Ça devenait grave.
Parce que tu crois vraiment que
l'étiquette supprime ce genre d'erreur ?
Ah ben évidemment maintenant à Twitter
lieu, tu sais immédiatement à qui tu as
faire.
Personnellement, je préfère le découvrir
peu à peu et par moi-même.
Ben, ça prend du temps.
Oh, pas tellement. Hélas.
Ah bah si, quand on tombe sur des zigot
comme ça avec lesquels on ne sait jamais
sur quel pied lancer.
Toi, tu ne le saurais pas davantage si
j'avais une étiquette.
Mais si.
Mais non. Un être humain si simple, si
fruste doit-il, ne se définit pas aussi
succintement.
Si tu vas par là, le galon, le galon
aussi c'est succin. Et pourtant, ça
suffit pour définir le militaire.
Je ne te suis pas bien là.
Parce que pas comment seraiton si on
parlait un colonel ou deè classe ?
Ça renseigne sur le grade, pas sur
l'homme, pas sur le caractère, pas sur
l'esprit.
Ça éclaircit déjà les choses comme
l'étiquette. Mais crois-moi, avec ceux
qui ont les deux ça et puis ça,
il y a pas beaucoup de risque d'erreur.
Alors là,
mais alors, il faut pas s'en tenir à une
seule étiquette,
faut s'en mettre partout.
Menteur, loyal
gourmand à paresseux, dynamique rigolo,
dépressif, tatillant fa cul sous polé
sautomiche m' tuvu touche à tout ou
et pour que ce soit encore plus clair,
on pourrait se coller dans le dos sa
feuille d'impôt, son livret de famille
et son bulletin de santé.
Ce seul rêve
comme ça, on ne pourrait vraiment plus
se tromper sur le compte des gens. Mais
si justement on pourrait encore même
ligoter par des étiquettes, un homme
gardera toujours la liberté de se
révéler le contraire de ce qu'il paraît
et même de ce qu'il est.
C'est quand même une idée à creuser
hein. Tu me permets d'en parler au
ministre.
Mais comment ?
J'ai fini. La chambre est prête, tu peux
y aller quand tu veux.
Merci.
Tu dois être fatigué.
Je l'étais mais je ne le suis plus après
ce que Roger vient de m'apprendre.
Ah et sur la petite
sur la petite étiquette. Pu il faut
qu'il réfléchisse un peu à tout ça.
Nous, on va aller se coucher. Lui
puisqu'il l'a pas sommé, il va étudier
la fiche de renseignement qu'il a. à
remplir.
Ah, sûrement pas. Non, je refuse de
participer à cette absurdité.
Non, absurde ou pas, c'est la loi.
Alors, de deux choses l'une, où tu
l'acceptes ou tu repars.
Oui, ben je me déciderai demain. De
toute façon, je repartirai pas sans
avoir vu ma filleule.
Elle s'est passé de toi pendant 10 ans.
Elle pour encore s'en passer pendant 10
autres.
Moi pas. Elle me manque. Où est-elle ?
Mais dans sa chambre, elle dort.
George parin,
je ne dors pas. Ouvrez-moi.
Allez, ouvre-lui, Roger,
toi aussi tu lui manque.
Oh George ! George !
Je suis si heureuse de te voir.
Moi aussi, ma chérie.
Comme tu lui ressembles.
À qui ?
à celle que j'imaginais.
Ah
oui, en gros
mais elle était beaucoup plus gay,
beaucoup plus détendu que tu n'as l'air
de l'être.
Ah
oui, il est vrai qu'elle n'était pas
enfermée dans sa chambre à double tout.
Disons toi avant de jouer les
redresseurs de temps, demande-lii un peu
pourquoi elle est bouclée. C'est bien
mon attention.
Ah mais je vais te le dire moi. Je vais
te le dire.
J'ai pas besoin que tu me le dises toi
parce que deux fois su je l'ai surpris
même les chaussures à la main. Revenons
d'un rendez-vous clandestin avec le fils
qu'aprorit. Oh
juste 5 minutes. Je te jure, il avait
absolument besoin de me parler.
Mais je te crois.
Oui mais demande-lii un peu de quoi il
avait absolument besoin de lui parler.
Je m'en doute bien va.
Ah sûrement pas. Mais je vais te le dire
moi. Je vais te le dire. Il avait
absolument besoin de lui parler boulot.
Ah bon ? Est-ce que je mens ?
Non. Arthur souhaitait B.
Alors écoute bien ça. Non mais écoute
bien ça. Il s'était mis dans la tête de
lui faire quitter sa place.
Ah ! Et il est arrivé le petit
au chômage si il a trouvé un autre
emploi moins bien payé mais qu'il juge
lui plus enrichissant.
Ah qu'est-ce que tu fais ?
Mais je vais te le dire ce qu'elle fait.
Je vais te le dire.
Elle travaille dans une librairie.
Ah
spécialisée.
Spécialisé dans quoi ?
Dans les livres.
Je sais que pour une librairie, c'est
normal.
Je m'en va, ils vendent que ça alors là
vraiment c'est et encore pas des neuf
hein.
Ah bon ? De livre ancien
c'est ce que je dis. Il ne vendent ni
journaux, ni magazine, ni papéterie.
Oui. Bon ben c'est pas plus mal.
Oui mais avant avant tu sais ce qu'elle
vendait avant.
Non mais je suppose qu'il est inutile
que je lui demande. Tu vas me le dire
toi ? Tu vas me le dire.
Non non demande-lui. Ne gêne pas.
Ah bon ? de même.
Alors, tu vendais quoi ?
Des fromages.
Et attention hein, pas n'importe où.
Dans une crèmerie spécialisée, Chizou.
Exactement.
Une des plus réputés de Paris.
Georgette, est-ce que je m
Non.
Le vendredi, les dames des beaux
quartiers des fils dans la boutique
pour y acheter leur camaire du weekend.
Tu vois ça d'ici hein ?
Oui, très bien. Oui.
Elle préfère peut-être l'odeur des vieux
livres à celle des fromages.
Non, c'est pas elle qui préfère. C'est
ce mondion avant qu'il n'arrive. Elle
ador fromage
Changette, est-ce que je ms ?
Non.
Est-ce que c'est Arthur Brouon qui t'en
a dégoûté ?
Oui.
Bon ben alors voilà, tu as entendu hein,
je lui fais pas dire.
Alors tu comprends maintenant pourquoi
je t'enferme dans sa chambre ?
Non pas vraiment.
Mais pour la soucère à la néfaste
influence de l'infame caporé. Oh
il n'est pas info. Tu os dire ça ? C'est
le plus adorable des garçons, le plus
tendre, le plus compréhensif. Tu tu m'es
pilules. Tiens,
vous avez préparé, ça finit toujours
comme ça.
Ma faute.
Oui. Ben ne t'inquiète pas. Déjà à
l'école quand il savait pas quoi
répondre, il simulait des crampes à
l'estomac.
Maintenant, c'est au cœur. Avec l'âge,
il s'adapte.
Mais il a toujours été fragile.
C'est ça. Oui.
H Je crois qu'il vaut mieux que tu aille
couché.
Oh, j'ai t chose à te dire.
Oui, moi aussi.
Mais on se le dira à demain.
C'est mieux.
D'accord.
Allez,
bonne nuit.
Toi aussi.
Dors bien.
Ouais, bien.
Pardon ? Tu tu permets hein. Je t'en
prie.
mignonne
oui
Quel dommage qu'Arthur n'ait pas pu de
voir. Ce tour de clé lui serait allé
droite au cœur.
Ah, je me demande bien pourquoi.
Et ben, je vais te le dire, moi. Je vais
te le dire.
Plus tu les empêches de s'aimer, plus
ils s'aiment. Plus tu cherches à
compromettre leur aventure, plus tu la
favorises.
Comment ça leur aventure ? Toujours une
aventure de s'aimer.
Oui, d'accord. D'accord. Mais à part ça,
il t'a bien dit qu'il y avait rien entre
eux.
Comment rien ? Une passion et un
désespoir ? Tu trouves que c'est rien
toi ?
Non non, je voulais dire rien
d'irréparable.
Mais un désespoir ça peut-être beaucoup
plus irréparable que ce à quoi tu penses
?
Non. D'accord. D'accord. Mais enfin ce à
quoi je pense n'a pas eu lieu.
Non. Si c'est ce qui t'intéresse, ils
n'ont pas encore couché ensemble.
Dieu soit lui. Si ça arrivait, j'en
mourrais.
C'est ça. Bien entendu. Tu préférais que
ce soit eux qui en meurent si ça
n'arrive pas.
Foutis, ils sont jeunes.
Raison de plus pour mourir d'amour.
Oui, c'est vrai. À nos âges, le cœur est
plus résistant.
C'est de bon goût de me dire ça avec le
mien qui b la breloque.
Mais enfin, pourquoi ne veux-tu pas que
Georgette épous le fils caporé ? Mon
dieu ! Parce qu'elle est c et qu'il est
i
quoi ça ? Ça n'est que pour ça.
Je suis radicalement contre les mariages
entre personnes de races différentes.
De raccors abérant. Ils sont de la même
race. La race des jeunes. La race des
amoureux. S' a pas cette connerie
d'étiquette, jamais tu ne pourrais
soupçonner la moindre différence de race
entre eux.
Peut-être, mais l'étiquette existe. Leur
différence existe bien visible aux yeux
de tous. Et je ne veux pas que sa vie
durant ma vie subisse les brimades de la
tribu des pensaus.
Les brimades ? Quelles brimades ?
Des airs condescendants, des réflexions
vexantes, des sourires méprisants.
Que ta fille ne risque rien de tous avec
Arthur il l'adore.
Oui, mais pour sa famille, leurs amis,
leurs relations, ils lui font sentir à
chaque instant leur supériorité. Et donc
si Arthur était le très riche héritier
d'une très noble famille et qu'il soit
un C, tu le repousserais aussi ?
Mais bien sûr que non. Si c'était un C.
Bon toi tu pas me dire que la
supériorité intellectuelle est pire que
la supériorité financière ou sociale.
Elle est plus sournoise.
Enfin depuis votre recensement, il s'est
pas formé de nouveaux couples dont l'un
n'appartient pas à la catégorie de
l'autre.
Ah si et relativement nombreux même.
Et ben, ça devrait être rassuré ça. Les
flèches de Cupidon déchirent les
étiquettes.
Pas du tout. Le Cupidon sert tout
simplement à changer les étiquettes.
C'est-à-dire
et ben quand un i comme Arthur par
exemple fréquente une comme Georgette,
c'est avec l'arrièrepensée de l'amener
tout doucement dans sa catégorie.
Et ben c'est merveilleux. S'ils étaient
tous les deux des i, il y aurait plus de
problème de race et il pourrai se
marier.
C'est ça. Et avoir les enfants. Et moi,
je serai le grand-père C, le bébé I.
Il en met quand même pas encore des
étiquettes sur les couches culottes.
Mais les bébés grandiront, ils porteront
des barbes, des lunettes, des écharpes.
Ils penseront comme on respire. Ils
n'aimeront ni la voiture, ni la bonne
femme. Ils ne seront pas mes petits
fils, ni ce Mathilde.
Bon, alors vous, pourquoi l'essayez-vous
pas vous aussi de changer d'étiquette ?
Quoi ?
Si Georgette est capable par amour pour
Arthur devenir I, pourquoi vous par
amour pour elle ? Ne seriez-vous pas
capable de le devenir également ? Tu
voudrais qu'on rejoigne les rangs de
l'ennemi ?
Et pourquoi pas ?
Mais c'est à croire que tu es de leur
bord. Enfin, c'est tout ce qu'ils
souhaitent nous récupérer.
Et ben, ça part d'un bon sentiment.
Moi, je trouve aussi parce que c'est
vrai à leur place, il y en a bien qui
chercheraient à garder le gâteau pour
eux tout seul.
Le gâteau
la culture.
On appelle ça le gâteau. Mais moi je te
dis que c'est pas de la tarte.
Oui, enfin quoi qu'il en soit, s'ils
sont prêts à à prendre en compte tout
ça, on peut pas leur en vouloir.
Mais si, parce que leur idée c'est que
tout le monde soit uno, même ceux qui
veulent pas. Bah,
on les y force pas tout de même.
Ah bah par si bête, ils procédent en
douceur avec le par le leur le alors
comment elle appelle ça ? Jegette alors
quoi ?
Oh !
Ah ! Quand un machin s'impring d'un
truc,
c'est un truc différent par simple
contact.
Ah, par osmos. Voilà, ils imprignent les
gens de culture par osmose sans qu'ils
s'en rendent compte. Tu ouvres la télé,
la radio, les journaux, paf, à chaque
fois, mine de rien, tuen prends une
petite giclé
à dose homéopathique. Alors
parce qu'en toute franchise, je n'ai pas
l'impression que tu en sois gravement
imprégné.
Oui mais moi j'ai cessé de regarder tout
ça moi maintenant après le boulot c'est
la bolotte ou la partie de pétanque avec
les copains.
Ah bon ?
Dès qu'ils sont pas imprégnés non plus
et qui sont pas près de l'être.
Vous faites de la résistance en quelque
sorte
sauf qu'on n pas à se cacher.
N'y a qu'un de dénonciation j'espère.
Bah manquerait plus que ça. On est
encore en France. N'importe qui a le
droit d'être con si ça lui chante. Alors
là
Dieu soit loué.
Ensemble, l'étiquette entraîne une
ségrégation beaucoup plus larvée que
tangible.
Qu'est-ce que tu entends juste par là ?
Et ben, par exemple, les I et les C
peuvent monter dans les mêmes autobus,
se fournir dans les mêmes boutiques,
évidemment.
Bon, se rendre dans les mêmes salles de
spectacle.
Théoriquement, oui, rien ne le leur
interdit. Mais pratiquement pratiquement
les C vont dans des théâtres pourcés et
les I dans des théâtres pourris
parce que les théâtres aussi sont
étiquetés.
Non non, c'est pas la peine.
Non, les auteurs et les acteurs le sont
alors ça suffit hein. Et personne ne
pense de part et d'autre qu'on gagnerait
à ce qu'il y ait certaines
interférences.
Oh il y en a il y en a. Moi je connais
des I qui vont dans des théâtres pours
alors histoire de de rigoler un bon
coup.
Oui mais ces h là ce sont des i honteux.
Ils y vont au cland dessinement avec des
étiquettes de c pour ne pas perdre leur
réputation. Mais les autres les purs,
les vrais les capet et compagnie ils ne
s'y frottent pas.
Il ne plaisant pas avec la rigolade
avec rien. Et tu voudrais que ce soit
des gens comme ça que je donne ma fille
jamais.
Oui bon bah il faut pourtant trouver une
solution.
Allez tout trouvé Georg épuisera l'un
des fils mon chat.
Elle les déteste l'inclos.
Elle finira par les aimer l'un ou
l'autre. se sont donnés à roulant
bouffon comme elle depuis race comme
elle depuis quatre générations comme
elle où il lui font des enfants normaux
comme elle et non par des monstres à
lunettes qui liront marcus dans le
youala
je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi
aussi secctaire que toi tiens
tuas jamais vu
non je l'ai jamais vu.
Alors là va chez les caporetis. Non mais
alors va chez les Caporet. Alors là, tu
verras, ils sont largement aussi
sectoriels que moi.
Ça n'est pas possible.
Bah qu'est-ce que tu paries ?
Le mariage de Georgette.
Top là. S'il cède, je cède.
Ils cèderont.
Excellente,
sublime,
adorable.
Quel style ? Quelle force ? Quels yeux ?
Mon dieu, ça doit être Carsof qui vient
voir si on a fini de lire son manuscrit.
On l'a depuis hier soir et il y a 827
pages. Et ça se lit pas comme du San
Antonio, hein.
Tu lis San Antonio ? Ah non, je disais
ça comme ça.
Ah
et il est impatient hein
Oh, on n'arrive pas à lire aussi vite
qu'il écrit.
Va lui ouvrir et préviens-le qu'on en
est qu'à la moitié,
ce qui n'est déjà pas si mal.
Est en tout cas suffisant pour avoir
matière à discussion.
En Dutant que
c'est une œuvre indiscutable.
Indiscutablement. Raison de plus pour en
discuter.
Bonsoir. Je vous prie d'excuser cette
intrusion nocturne.
Qui êtes-vous ?
George Rousseau, un ami de votre fils.
Ah bon ? Il est
il est parti chercher des allumettes.
Des allumettes ?
Oui.
Il y en a plein à la maison.
Alors, c'est qu'il est parti ailleurs.
De toute façon, c'est vous que je
voulais voir.
Nous, pourquoi ?
Parce que me permettez-vous de m'asseoir
comme l'écrit justement Kant,
l'inconfort nuit au cheminement de la
pensée.
Il a écrit 50.
Euh oui, vous ne vous rappelez pas
dans la critique de la raison pure.
Ah non,
dans le fondement de la métaphysique des
meurs.
Ah
vous rappelez ? Siis
c'est pour ça il y a longtemps que je ne
l'ai pas relu.
Ah comme c'est dommage.
Oh très joli ce masque Kyogen.
Hm. Admirable. Pardon passé, je vous en
prie.
Il doit être des environs de 1640 hein.
Ah oh non. Oh non. 1630 même. Ah oui,
c'est le début de l'époque d'où ça
voyez. Vous
vous intéressez à l'art japonais ?
Je m'intéresse à tout monsieur.
Ah
oui,
mais vous n'êtes pas antire ?
Non non non non. Présentement non.
Alors présentement vous êtes
médiateur.
Médiateur ?
Oui. Je m'entremis pour trouver un
accord entre plusieurs personnes. En
l'occurrence vous et les Montardus.
Vous connaissez les Montardus ?
Je suis le parin de Georgette
et le demi-frère de son père.
Et vous connaissez Quant aussi ?
Je l'ai rencontré jadis au collège,
mais nous ne nous fréquentons plus
depuis longtemps.
Mais vous n'avez pas d'étiquette ?
Non.
Pourquoi ?
Je suis venu aujourd'hui même d'une
longue absence de 10 ans. Mais voici ma
carte provisoire.
Dans ces conditions, vous ne pouvez pas
être médiateur.
Pourquoi ?
Comment voulez-vous qu'on discute avec
quelqu'un dont on ignore qui il est ?
Ah mais ça, je peux vous le dire.
Mais non,
le recensement n'a lieu que demain. Vous
ne pouvez pas déjà savoir si vous êtes
dans les c ou dans les hi ? Revenez
demain quand vous aurez votre étiquette.
Non non, je sollicite un échange à
esprit nu pour vous i curieux par
essence et par définition. C'est une
expérience enrichissante. Vous n'avez
pas le droit de la repousser.
Évidemment vu sous cet angle c'est assez
tentant,
n'est-ce pas ?
Qu'est-ce que tu en penses ?
La même chose que toi.
Mais si je peux me permettre.
Je t'en prie. dit chacun est là pour
s'exprimer.
Et bien puisqu'il s'agit
d'enrichissement, je me demande si nous
ne pourrions pas doubler notre mise en
s'enrichissant chacun de son côté. Toi
ici avec monsieur et moi dans la chambre
avec Carsof.
Pourquoi pas ? Personnellement, je n'y
vois aucun inconvénient.
Moi non plus à condition. De fois que si
j'ai par hasard le bonheur de vous
convaincre, madame, il ne me faille pas
demain recommencer mon plédoyer pour
convaincre monsieur. Aucun danger.
Ah bon ? Mon mari n'est pas sexiste. Il
reconnaît l'égalité des droits dans le
ménage.
Quand elle est d'accord. Je suis
d'accord.
Alors, je vous souhaite une très bonne
nuit, monsieur. Très très enrichissante.
Moi demain.
À demain, Paul.
Dors bien.
Je n'y manquerai pas.
Vous l'aimez ?
Pardon ?
Je vous demande si vous aimez votre
mari.
Voilà une question.
Voilà une réponse.
Vous m'avez surprise, c'est tout. C'est
pas le genre de question qu'on se pose
après 25 ans de mariage.
Alors je vous la poser autrement.
L'avez-vous aimé il y a 25 ans ?
Ça oui, je peux vous le jurer et d'un
amour
fou si ça vous intéresse.
Plus que cela, ça m'enchante.
Votre fils éprouvant pour ma fiel un
amour fou comme vous jadis pour votre
mari, vous serez sûrement d'accord pour
qu'il en connaisse comme vous la logique
et heureuse conclusion.
Aucune comparaison.
Pourquoi ?
Pour moi, il s'agissait d'un amour fou
avec toutes les raisons de l'être. Pour
lui, il s'agit d'un amour fou sans
aucune raison.
Un amour fou, c'est un amour fou. Par
définition, la raison n'a rien à y voir.
Dans le mien si, il était censé de ma
part d'être follement amoureuse. Tout me
rapprochait de Paul, tout m'appelait à
lui. Nous étions de la même race.
Ah, vous aussi ?
Comme aussi.
Non, non, rien, rien, rien, rien.
Nous avions les mêmes aspirations, les
mêmes goûts, la même quête.
La même quête.
Parfaitement. Et c'est ce qui a sauvé
notre ménage.
Tiens, il était don en perdition
comme beaucoup d'autres. Comme le serait
celui d'Arthur.
Ah, ce n'est pas forcément héréditaire.
Quoi ?
Les déceptions
de quel ordre les vôtres ?
Mais déception.
Oui, vos déceptions.
De quel ordre elles étaient ?
Ne répétez pas toutes mes questions pour
vous donner le temps de réfléchir à ce
que vous allez répondre. Vous n'êtes pas
un homme politique à la télévision.
Moi réfléchir à ce que je vais répondre.
Oui, ça suffit, n'est-ce pas ? Alors,
avec Paul, vos déceptions ne
venaient-elles pas de la chose ?
Quelle chose !
C'est curieux comment on peut parler la
même langue et n'avoir pas le même
langage.
Tienne, je vais employer le vôtre.
N'ayiez-vous pas ressenti
une déception frustrante
au niveau de la libido
et parfois de conséquence un blocage
signifiant au niveau de l'orgasme ?
Là, je vous comprends mieux.
Personnellement, ça me semble un peu
compliqué pour une chose aussi simple.
Simple ? Oui.
L'étrange alchimie entre un cerveau et
un sexe féminin.
Ah, vous êtes bien un homme pour dire
des choses pareilles.
Effectivement, j'en suis un et qui plus
est je m'en vente. Mais votre fils en
est un également et il a dans ce domaine
des vues aussi simples que les miennes.
Arthur,
bien sûr, il a la tête culturelle mais
la fesse impétueuse
et exigeante.
Il vous l'a dit
pas dans ces termes. En fait, il m'a
fait comprendre que la sensualité
entrait pour une part importante dans
les sentiments qu'il portait à
Georgette.
Il est son amant.
Pas encore. Il n'a pas voulu l'être à la
sauvette entre deux portes ou entre deux
étages par crainte de gâcher un moment
que des prémisses. L'autoriste à supposé
grandiose.
Oui, enfin bref, soyons clair, il
préfère reculer pour mieux sauter si
j'ose dire.
Ce qui est la preuve d'un raffinement
sexuel tout à fait prometteur.
Ça peut-être aussi la preuve qu'il n'est
pas très pressé, pas très intéressé par
la
chose
comme son père, dites-vous.
Jamais dit ça.
Vous l'avez pensé si fort que je l'ai
entendu. Mais tranquillisez-vous pour
ça, il tient de votre côté.
De toute façon, le plaisir se dégrade
plus ou moins vite comme tout.
Non, les joies de l'esprit ne s'altèrent
ni ne meurent.
Les joies du corps sont plus vives et
plus ardentes.
Oh, peut-être mais tellement fugitives.
Fugitive. N'exagérons rien.
Enfin,
l'acte proprement dit.
Oui.
Dans le meilleur des cas, ça occupe quoi
?
tout compris ? Disons,
ne précisons pas, il ne faut complexer
personne
si vous voulez,
n'est-ce pas ?
Disons que ça occupe infiniment moins de
temps que le reste.
Quel reste ?
Avant et après.
Ah oui, hélas. Et j'estime, quelle que
soit la satisfaction qu'Arthur pourrait
éprouver pendant qu'il ne doit pas
sacrifier tout ce qui précède et tout ce
qui suit. Mais madame l'amour n'est pas
un sandwich
composé d'une petite tranche de pendant
entre deux grandes tranches d'avant et
d'après.
Et c'est quoi alors ?
C'est un amalgame du tout. Les avants et
les après bénéficient de la suavité des
pendants. Avant on en rêve, après on
s'en souvient, avant on attend, après on
espère. Ça prend du temps.
Pas tout le temps quand même. Et Arthur
aura, croyez-moi, le loisir de s'ennuyer
avec votre fille.
Et ben si s'ennuie en tout cas, il ne
s'embêtera pas.
Soyons sérieux.
De quoi pourrait-il parler ensemble ?
Il lui parlera, vous l'ignorez
peut-être, mais les hommes adorent ça.
Elle a la tête aussi vitinte en bour.
Il la remplira, il instruira Georgette,
il la formera, la modellera, la
façonnera et ça son pigma lion. Ça aussi
les hommes adorent.
Il ne comblera jamais le fossé qu'il y a
entre eux. Le dialogue ne s'établira
jamais. Elle restera muette.
Elle pensez-vous, elle lui dira plein de
choses.
Je t'aime.
Je t'aime.
Tu es ma raison de vivre. Je te dois
tout. Je ne serai rien sans toi. Je
t'appartiens, coré âme. Tu es l'être le
plus intelligent de la terre. Je t'aime
et je t'aimerai jusqu'à mon dernier
souffle.
Vitanise enrichissante pour mon fils.
Plus que vous ne croyez, ça l'enrichira
de tendresse et ça le rassurera. C'est
si important de prendre confiance dans
les yeux des autres.
Moins important pour son avenir que
d'avoir à ses côtés une femme dont la
dialectique les prône l'épaule et le
transcendre.
Madame, pourquoi faut-il toujours au
long meilleur imposer aux êtres des
aujourd'hui sinistres ?
D'illeurs mafiole deviendra cette femme
que vous souhaitez pour votre fils.
Jamais, elle en est incapable. C'est une
sé grand.
Quand elles aiment, les femmes sont
capables de tout.
Si elles aiment des maçons, elles
construisent des maisons. Si elles
aiment des curées, elles servent la
messe.
Et si elles aiment des intellectuels,
elles se mettent à penser. Georgette se
haussera jusqu'au cim d'Arthur.
Et si c'était le contraire, que ce soit
lui qui s'abaisse et la rejoigne dans
ses habits,
c'est qu'il y trouverait son compte et
qu'il serait heureux ainsi. Et bien moi
figurez-vous que je n'ai pas élevé mon
fils comme je l'ai élevé pour qu'il
passe sa vie avec une fille m'ont tardue
Abichonner sa voiture, se remplir la
pens lire que l'équipe et sentir la
sardine.
Mais l'avez-vous vraiment élevé pour
qu'il se morfonde toute sa vie auprès
d'une stéphane antinos ?
Elle au moins, elle a la même culture
que lui.
C'est ça. Les mêmes aspirations, les
mêmes goûts, la même quête.
Malheureusement est aussi attirante
qu'une chaisière.
Et puis enfin, petit détail, il ne
l'aime pas.
Si Arthur a, comme vous le prétendez un
tempérament exigeant, il s'en
accommodera très bien.
Ne plaisantons pas, il est fougueux, pas
malade.
Il épousera Stéphane Antinos.
C'est une respectable penson qu' on
comme lui de pure race comme lui, depuis
quatre générations comme lui. Elle lui
fera des petits intellectuels comme lui
et non des monstres jouflus quiiront
jusqu'en terminal.
Vous êtes aussi que mon tardu, hein ?
Il est par bêtise.
Moi, je le suis par lucidité.
Tout est dit, finissons-en.
Mais vous qui êtes i, vous vous devez
d'être tolérante.
Et bien, je le suis avec votre frère, je
le tolère.
Non, je vous en prie, ne jouons pas sur
les mots.
Je tolère sa présence, ses remugles, ses
crieries. Toléré, ce n'est pas accepté.
Non mais tolérés c'est admettre le droit
à la différence. Vous savez pertinemment
que vous êtes intolérant.
On a le droit de l'être avec ceux qui le
sont pour les forcer justement à ne plus
l'être.
Alors on nen sortira jamais. Mais
on en est sorti depuis longtemps. Mon
tardu ne veut pas de mon fils. Moi je
veux pas de sa fille. Il y a pas de
problème. C'est vous qui en créez un de
toute pièce.
Et vos enfants, eux ont autant de
problèmes.
Quelle chance pour eux. Nous leur
offrons un amour impossible. Les
meilleurs, les seuls éternels.
Juliette avaient pu se marier, on les
aurait retrouvé 2 ans plus tard en
bigoui et en pantoufle
et ils ne seraient jamais entré dans la
légende.
Mais vos enfants se foutent d'entrer
dans une légende. Ils veulent entrer
dans la vie. Au plus vite, la main dans
la main et être heureux. Comprenez-vous
? Heureux
comme
le bonheur n'a pas encore d'étiquettes.
En tout cas, vous demain vous en aurez
une et je serais curieuse de savoir
laquelle.
Votre doute m'honore madame.
En attendant, je vous prie de sortir et
de ne jamais remettre les pieds chez
moi.
Rassurez-vous madame, demain je serai
parti
pour où ?
Un endroit écarté. Je voula être
tolérant. On est la liberté.
Vous êtes homme d'honneur, on est la
liberté.
Je sais. C'était une relecture valable
mise en trope. Acte 5, scène finale.
Merci. Je connais Molière. Monsieur,
sortez.
Volontiers, madame.
Mais en guise d'adieu, j'aimerais vous
fournir un sujet de réflexion.
Vraiment ?
Oui, madame, vraiment. S'il revenait
Molière, selon vous, ce serait un C ou
un I.
Marcel,
donne-nous la lumière, on va
recommencer.
Merci.
Bon alors vous vous rappelez où on en
était resté ? Oui.
Et ben je vous le rappelle quand même.
Fiasco total autant avec Roger Montarduc
qu'avec Gabriel Caporé. Découragé,
George décide de repartir là-dessus en
tracte.
Tout de suite après, il y avait une
scène entre Georgette et Arthur.
Une scène d'amour.
gentillette mais un peu platouillarde.
Alors finalement l'auteur l'a coupé et
il a bien fait. Et la pièce recommence
directement par la deuxième scène. Ça se
passe le jour du fameux recensement dans
le bureau de l'administration réservé à
madame Montardu.
E oh bah vous pouvez y aller. Le rideau
élevé. Non, pardon.
Et j'avais pas vu.
Il y a pas de mal.
Bah allez-y.
Bah oui, vous permettez juste une
seconde, je voudrais me familiariser un
peu avec le décor. Ça c'est la première
fois que je le vois alors je suis
complètement dérouté.
Ben pourtant, il correspond tout à fait
à la description du manuscrit. Là, le
côté est réservé au public avec ban,
chaise, table, magazine, hein. Là, le
côté réservé à l'administration
avec le bureau de la préposée. Oui.
Votre bureau, votre fauteuil, votre
tricot,
l'ordinateur avec ses signaux lumineux,
son bouton de mise en marche et la fente
par laquelle parviennent les résultats
des personnes déjà recensées.
Oui. L'autre fente ?
Quelle autre fente ?
Bah, celle où les gens doivent
introduire leur fiche de renseignement.
Ah, en coulisse dans la partie cachée de
l'ordinateur.
Bon, d'accord.
Bon, alors ça y est, vous vous êtes
repéré ?
Oui.
Et ben allons-y.
Non, mais je trouve quand même ce décor
bizarre.
Quoi ? Qu'est-ce que vous trouvez
bizarre ?
Qu'il y a un côté vieillot et un côté
futuriste.
C'est exprès. C'est une vieille salle de
mairie qu'on a modernisé pour les
besoins du recensement.
Oui, mais pourquoi que d'un côté ? parce
qu'on est en France
et qu' avait pas assez de crédit pour
moderniser les deux en même temps.
Alors, d'abord l'administration,
après les administrés.
C'est symbolique.
Ben dites donc, faud faudra expliquer ça
dans le programme parce que vos
subtilités décoratives,
ne vous inquiétez pas, on se débrou
d'une façon ou d'une autre pour les
faire comprendre. Bon, alors où sont où
sont les étiquettes ?
Là au-dessus.
Oh, ça peut tourner.
Ça doit pour que le public toutes les
catégories représentées.
C'est débattant,
n'est-ce pas ? Bon, alors ça y est, vous
êtes prêtes, on peut commencer ?
Oui. Bah oui. Oui. Allons-y. Allons-y.
Allons-y. Oui, mais ça commence comment
déjà ?
Vous téléphonez à l'intendance pour
réclamer des étiquettes.
Ah oui oui oui. Bon ben ça y est.
D'accord, j'y suis. Allô l'intendance.
Oui s'il vous plaît s'il vous plaît
composez quand même un numéro avant de
dire allô l'intendance, ça fera plus
vrai.
Ah oui, pardon.
sont des amateurs. Bah faut les excuser
ça.
Allô l'intendance ici madame Montardu.
Oui, il me faudrait au plus vite des
vieux C
des braves C. Mais une vingtaine de
chaque. Non non, ça suffira. Il y a plus
qu'une heure avant la fermeture. Ah
Roger, tu tombes bien. Je venais
justement d'appeler l'intendance.
Madame Montardu, je vous ai déjà prié
dans le service de m'appeler chef
et de me vous voyer.
Alors, excusez-moi chef,
c'est difficile. Vous êtes quand même
mon mari depuis 22 ans.
Aur d'accord. Ici, vous êtes une
employée et je suis votre supérieur
hiérarchique.
Oui. Oui. Non, je sais bien chef.
Non mais je pensais que comme on était
vous n'êtes pas là pour penser, vous
êtes là pour obéir aux ordres et moi
pour pour
pour Ah oui pour les faire respecter de
gré ou de force en dehors de toute
considération d'ordre privé.
Tchez de ne plus oublier.
Je m'y effcerai chef.
C'est bien madame monter. Vous êtes
digne de votre étiquette.
Oh vous aussi chef, vous êtes un vrai
sale con.
J'en suis fier.
Évidemment chef sans quoi vous n'en
seriez pas un.
Et d'autant plus fier que ça se raré
d'après les renseignements que j'ai
d'autres centres de recensement. Ma
catégorie est nettement en veste.
Mais ici c'est pareil.
Vous aussi vous avez beaucoup de
mutation. Des sales cons qui sont
devenus des braves consurément
classés comme ça ou carrément comme
vieux.
La France devient de plus en plus
amorphe.
Et d'ailleurs, on a qu'à regarder les
étiquettes qui me restent. C'est celles
qui me manquent. C'est révélateur.
Ah bah tiens, j'aurais cru que vous
auriez écoulé plus de i.
Non non, c'est à peu près la même
proportion que les autres fois.
Il stagnent.
Ça marche pas si bien que ça leur truc
de l'osmose. Pour être juste, il faut
dire que les caporets ne sont pas encore
venus.
Évidemment, ça va faire un trou. Et les
beauchards ?
Oh ! Alors, les deux filles sont changé
de catégorie
quoi. Ils ne sont plus laissés comme
leur père.
Non, baissé et tous les deux.
Ah bah ça alors, il faut vraiment qu'il
soit amoureux de Georgette.
Et en revanche, leur mère n'a pas
changé.
Oh, sacré Mè toujours vié, hein.
Ou oui, toujours.
Rentrez.
Ah, je vois là. To tu t'es enfin décidé
à rester ?
Non.
Comment ? Non,
je suis venu ici par curiosité mais je
suis pas encore décidé.
Non mais note bien que tu peux toujours
te faire recenser et partir après si tu
ne supportes pas l'étiquette.
Je ne la supporterai jamais.
Alors
je ne supporterai pas non plus de mes
douigner en vous laissant avec
l'étiquette.
Et ben alors reste, tu verras, on
s'habitue.
Ah non, pas moi. Non, sûrement pas.
Alors
pas avant de nous avoir fait signer la
paix avec les capores.
Jamais.
Alors reste.
En tout cas, avant 1 heure, il faut que
tu a pris ta décision.
Oui, je sais.
En attendant des fois que tu te décides
pour l'étiquette, je vais chercher celle
qui manque. Des braves C et des vieux C.
Je pourrais bien justement que soit
celle-là dont tu ai besoin.
Tu as pu voir Georget ?
Et oui, Arthur aussi. Nous avons déjeuné
tous les trois ensemble.
Et ben la situation est claire. Je
leurais proposé trois solutions. La
première, la plus classique, faire un
bébé. Oui. Et attendre la traditionnelle
réconciliation devant le berceau. Ils ne
veulent pas. Deuxème solution, passer
outre au refus de leur famille
respective et rompre les ponts. Ils ne
veulent pas. Troisème solution, elle me
semblait évidente mettre à profit le
recensement d'aujourd'hui pour changer
d'étiquette.
Et oui, soit qu'Arthur remplisse la
fiche des renseignement de Georgette
pour qu'elle devienne i comme lui soit
le contraire. Ils ne veulent pas.
Ah mais encore heureux. Ah ! Ils ne
t'ont pas dit que c'était interdit ?
Si si si. Mais ça ne me semblait pas
très grave d'enfrain une loi aussi
imbécile pour une cause aussi bonne.
Mais tu ne te rends pas compte, il y a
des gens qui l'ont fait. On leur a collé
des amendes à les mettre sur la paille.
Ah parce qu'on réprime aussi la fraude
cérébrale
aussi sévèrement et aussi sournoisement
que la fraude fiscale.
Il y a des polyvalents de l'étiquette.
Ah mais comment ? Et alors dès qu'ils
prennent un type dans leur collimateur,
ils le suivent partout en douce. Ils se
renseignent, ils prennent des notes.
Pour savoir quoi ? S'il vit au-dessus ou
au-dessous de ses moyens intellectuels.
Exactement. Ils appellent ça une
vérification en profondeur.
Enfin, il doit bien y avoir un moyen de
tricher. Nous sommes en France tout de
même.
Ben leur truc est très au point.
Ouais.
Entrez.
Ah,
monsieur Bouchard vous dérange peut-être
? Non, pas du tout. Je présente monsieur
Rousseau, mon beau- frère
Rousseau ? Oh, dans mon jeune temps,
oui,
j'ai connu un Rousseau.
Que si c'est Jean-Jacques, on m'a déjà
fait le coup, monsieur.
Je vois pas du tout de qui vous voulez
parler.
Ah !
Ah bah oui, je comprends.
Non, non, non, non. Hein
? Non, non. Rousseau.
Oui. Rousseau.
Rousseau. Il habitait Montredon la
Baissonnier
dans le Tarne.
Oui, ce n'est pas moi, monsieur. Oh,
il avait les yeux bleus comme vous.
Ce n'est quand même pas moi.
Et et il faisait un de ses fois gras.
Ce n'est toujours pas moi.
Oh que c'est dommage.
Ah bon ? Oh, j'aurais été content de
retrouver un ami de jeunesse.
Oh ben, je suis désolé monsieur. Ce sera
peut-être pour une autre fois.
Je sais pas.
On semblait pas bien gay aujourd'hui,
monsieur Bechard ?
Ben non. Ben non.
Ben non, pas tellement. Non.
Don, le moteur a dévision
des 60 lu a pas réussi.
On va vous donner une belle étiquette
rose, ça va vous remonter le moral.
Moi, j'aimais bien les bleus.
Mais pourquoi les change-ton de couleur
?
Mais pour ne pas qu'on s'en serve d'une
fois sur l'autre. Ah
oui, c'est le même principe que les
vignettes auto. Monsieur,
vous avez compris, monsieur.
Bon, alors vous avez votre carte
d'identité.
Oui, oui, oui, oui. Voilà.
Un beauchard.
Oui.
Étienne ? Oui,
Charles Auguste
tout juste.
Vous az bien glissé votre fiche de
renseignement dans la fente de
l'ordinateur avant d'entrer.
Mais vous pensez au bout de trois fois
on est érodé hein.
Alors voyons. Badin Bemmer Bquier.
Oh ben tiens Bquier
tiens j'en ai connu un aussi de baquier
à bannière de bigore.
Ça n'est pas lui monsieur. Pas lui.
Bastien Batelet bavilo beaupprè.
Oh bah tiens beau pré
et c'est pas lui non plus. Non
non.
Beauchar Étienne demeurant 33 rue
Guillaume à noire
ner
ner Guillaume ner
marqué noir
et ben c'est une erreur.
Ah vous connaissez bien le quartier vous
?
Bon alors je je corrige.
Oui s'il te plaît. Oui.
Guillaume
Ner.
N c'est ça
mes professions garagiste.
Ah non ça je ne crois pas.
Quoi
que Guillaumeiner était garagiste.
Ah moi non plus.
Monsieur non plus. Tu vois ?
Non. Non mais pas lui. Vous ?
Oui. Non. Moi moi non. Moi moi non. Moi
? Ah oui moi je suis garagiste.
Bon et bien alors ça va ? Bah oui, ça
va.
Non, plus exactement, j'étais garagiste.
Ah bon ? Mais j'ai passé l'affaire à mon
aîné.
Ah très bien. Il y a 6 mois. Ah vous
êtes dans la retraite. Mais en quelque
sorte
vous l'avez signalé à l'ordinateur
mais avec beaucoup de regrets. Ça
c'était peut-être pas la peine ça. Je
pense que l'ordinateur enregistre les
renseignements pas les états d'art. Ah
vous croyez que ça peut me faire changer
de catégorie regrets ? On a retraite
et on ne va pas tarder à le savoir.
Mais c'est plus rapide que les autres
fois.
Et plus on vieillit, moins c'est long.
Oui oui, la retraite à jouer.
Je passe dans les vieux cons.
Il y en a de charmants.
Regardez votre femme.
Ah ben elle va être contente. Alors il y
a 2 ans qu'elle attend ça.
Monsieur Bechard. Oui,
c'est tous les faits que ça vous fait
Oui.
Ça ne vous révolte pas ?
Quoi ? Donc
que votre cerveau, votre votre âme,
votre conscience passe devant un
tribunal de rouage et de boulons. Ça ne
vous révolte pas ?
Non,
c'est fascinant.
Voilà les étiquettes.
Ah bah, tu tombes bien tiens. On allait
justement en avoir besoin.
Ah bon ? Pour toi ?
Non, pour monsieur Bechard.
Ah ben tienen, c'est vrai ce qu'il me
dit ? Vous quittez nos rang ? Ben oui.
Alors vous voilà un brave c comme vos
fils.
Non, un vieux c comme ma femme.
Comme mine en mon pot vieux. Ça va vous
en ficher un coup.
Non non non non non.
Ça va nous rapprocher. On va finir notre
petit bout de route du même petit pas.
Voilà.
Genre j'ai entendu ce qu'il vient de
dire. C'est fantastique.
C'est gentil.
Non non c'est pas gentil c'est c'est
Nil.
Ah oui oui oui oui.
Ce qui est fantastique c'est qu'il y a 2
ans. Il n'aurait jamais dit ça. Ah
il y a même moins. Il y a encore 6 mois.
Mais c'est ça 6 mois. C'était le genre
d'homme chlac chlac.
Ah comme toi
pour les femmes. Schlic chlic comme toi.
Moi cet être virile énergique à virer à
la lavette sentimentale. Projet un peu
de tacte.
Ah non non, il a raison.
Bah tu vois bien en somme monsieur
Bechard, ce verdict de l'ordinateur ne
vous surprend pas.
Ah franchement non.
Vous vous sentez vraiment différent.
Oh ! Oh ! Moi qui était un actif, un
pétardien, un égoïste, un jouisseur.
Un jouisseur. Tout moi, tout moi, tout
ça.
Et ben maintenant, j'ai plus qu'un
désir,
vivre tranquillement avec ma bourgeoise,
marier mes fils
et devenir au plus vite un grand papa
gâteau.
Ah, j'en ai tellement envie, mon pauvre
J que si votre Georgette ne se décide
pas, moi, je vais pousser mes deux
gaillards à épouser ailleurs. Il n'en
est pas question. Ma fille deviendra
madame Bechard. Chose promise, chose
dures.
Ouais,
je vous le jure sur mon étiquette.
D'accord.
Salut.
Tu ne peux pas dire bonjour. Non. Les
Romains disaient salut. Et toi qui est
conservateur,
tu devrais te réjouir que la jeunesse
est renouée avec une tradition
millénaire. Valéqu val est âgé quoi
d'agiss.
Mais qu'est-ce qu'il dit là ?
Il dit qu'il fautessortir sa carte
d'identité pour se faire recenser tout
de suite.
Voilà. Alors Montardu Georgette Annie
Matilde célibataire
pas pour longtemps
habitant 6 ruclaire paris 5e.
Allez allez on se dépêche.
En attendant vous pourriez peut-être me
donner ma nouvelle étiquette parce que
le temps passe et j'ai peur que ma femme
s'inquiète.
Tenez, je vous en donne plusieurs. C'est
comme les lunettes, on les cherche
partout.
Ben je vous rends les anciennes sans
regret.
Oui, je les mets de côté pour Georgette.
Elle veut que je lui en fasse un avou
l'ordinateur. Oh !
Qu'est-ce qu'il y a ?
Oh !
Qu'est-ce qu'il y a ? Alors elle est
quoi
i pas mal non ?
Merveilleux il y a plus de problème.
Oh non de Dieu cherchendré là.
Ça Roger je comprends que ça t'étonne.
Mais tu vas voir tu vas te faire très
vite à cette idée.
Ah non non je suis déjà fait. J'en suis
même ravi. C'est ça qui m'étonne.
Il ne faut pas. Il arrive souvent que
des imbéciles et des réactions
intelligentes
et qu'à l'inverse d'ailleurs des gens
intelligents a des réactions idiotes.
C'est pourquoi l'étiquette
pas le moment de dire du mal.
Il y a vraiment marqué.
Ah regardez vous-même si vous les croyez
pas.
J'en suis toute retournée.
Moi pas. Je m'y attendais.
Ah bah ça lui fait quand même. Moi
tu as dû terriblement travailler toi
hein.
Oui mais je n'avais pas de mairie.
Non
j'étais pulsé par une motivation
profonde.
Ah déjà le langage.
Ah maman, maman tu as entendu hein ?
pulsé par une motivation.
Ah ma chérie que je suis fier. Il faut
que je t'embrasse.
Non non écoute ne la retarde pas. Elle
doit être pressée de mettre sa belle
étiquette sous le nez de quelques-un
de quelqu'un surtout hein. Allez fil
je te reverrai.
Oui
maintenant il a plus besoin de rester.
Mais
ne t'inquiète pas on se reverra.
Pars. Il t'attend. Le reste est sans
importance.
Tu vas rester ?
Non rassure-toi. Mais si peu que ce
soit. Il y a des instants qu'on a pas le
droit de gâcher.
Oh ! Oh ! Ben tout ça, on a pas pensé à
lui dire à la petite
dire quoi ?
Et ben que maintenant elle pouvait me
considérer comme son beau-père.
Non mais vous imaginez pas qu'à présent
que ma fille est une intellectuelle.
Alors là
enfin vous n'imaginez pas que je vais la
donner à vos deux braves cons de fils.
Alors non
enfin quoi ? C'est plus d'humour pour
l'erein.
Mais vous m'aviez promis. Oui, avant
mais enfin si vous n'êtes pas
complètement gâteux, vous de bien
comprendre que le père d'une I n'a pas
tenir les promesses du père du ne sais.
Bah quand je vais dire ça à ma femme,
bah c'est ça. Allez lui dire plornicher
avec elle en mangeant votre vieille
soupe de vie.
Et puis c'est pas la peine de vous
tenter le cœur. Je la connais celle-là,
je l'ai pratiqué avant vous. Alors
bon chat et pr l'imbécile quoi.
Merde il a une attaque. Oh
je vais m'aider. Ah mais et non, je ne
peux pas.
Monsieur Rousseau, je croyais partir de
partir. Je reviens juste une seconde.
Oh ! Alors, vous savez madame, il faut
il faut que je vous dise à
la peine. Je connais le règlement. Voici
ma carte d'identité. Ne perdons pas de
temps inutilement. Mon mari et mon fils
attendent. Je vous en prie, je suis
pressé.
Cachon
quadrier,
cajou.
C'est après.
Ah oui alors cobbert
contillon.
Excusez-moi, je n'ai pas ma tête à moi.
Et là ceci
alors Caporet Gabriel
Marthe et Bert
numéro 6 rglet Paris 5e.
C'est ça. Allons-y.
Et comment ça va ?
Mais c'est évanoui. Roger est en train
d'appeler un médecin.
Un accident ? Non, un malaise.
Quelqu'un qui n'a pas supporté son
changement d'étiquette.
Un intellectuel qui a rétrogradé ?
Non, un con qui a eu de l'avancement
dans sa catégorie.
Mais vous, vous n'en avez toujours pas à
ce que je vois.
Définitivement pas. Non, puisque Dieu
soit loué, les choses s'arrangent sans
moi.
Ah bon ? Vous savez déjà ?
Je sais déjà quoi.
T'art va épouser mademoiselle Antinos.
Oh,
qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
Nous avons déjeuné ensemble. Il m'en a
rien dit. Forcément puisque c'est
seulement après votre déjeuner que je
lui ai appris que la pauvre Stéphane,
désespérée par son indifférence s'était
suicidée.
Suicidé ?
Tranquillisez-vous, elle s'est ratée.
Mais quand même, sur le moment, il a été
bouleversé. Et alors,
vous en avez profité pour lui extorquer
une promesse de mariage.
Je l'ai simplement mis devant ses
responsabilités.
Bien inutilement, cher madame car, vous
l'ignorez peut-être, mais depuis tout à
l'heure, Georgette, qu'est-ce qu'il y a
?
Raté quoi ? Évidemment, que pouvait-elle
bien espérer d'autres ?
Ah, on a quelquefois des surprises
Georgette tout à l'heure.
Je je peux Oui oui alors qu'aporet Émile
Joseph Citrus Claire Paris 5e et allez
c'est parti. Donnez-moi vos étiquettes.
Je vous en ai mis un paquet comme ça
pour en mettre sur vos chemises de nuit
hein et en faire un bouquet pour le
mariage de votre fils et puis dégager.
Oh mais vous êtes trop sensé alors vous
n'avez pas le droit de rester devant mon
bureau. Des chaises là prévues pour les
personnes qui attendent avec des
magazines et pour chaque catégorie. Jour
de France à gauche le nouvel homm à
droite.
Oh non à moins que tu sois le contact.
Je ne sais pas, je ne sais plus. Je suis
fatiguée. J'en ai marre. Mais calme-toi
ma tout va bien puisque Georgette
une névrosefayenne.
Le cas est très répandu dans les couches
sous-structurées de l'administration et
principalement chez les femmes qui dans
leurs activités professionnelles ou
privées ont à subir l'agression du mal.
Terminé.
Quoi ?
L'ordinateur.
Ah oui appel l'ordinateur.
Te dérange pas, je m'en occupe.
Bon ben pas de changement pour lui non
plus.
Non mais c'est sans importance. Ce qui
compte, c'est celui de Georget.
Mais puisquearthur s'est engagé
ailleurs.
Mais parce qu'il était pas au courant.
Dès qu'il le sera, il se dégagera.
Tiens, le voilà.
Ah, monsieur Montardu vient de me le
dire. C'est génial. Non,
génial. Qu'est-ce qui est génial ?
Oh, comment tu es pas au courant.
Pas encore, j'ai pas réussi.
Ah, tant mieux. Ah, je le premier à
t'annoncer une nouvelle incroyable,
merveilleuse, extraordinaire.
Quelle nouvelle ?
Et ben Georgette, par amour pour moi,
est devenue intellectuelle.
Gabriel, tu veux tes calem ?
Pas du tout. Je trouve ça très bien,
très méritoire. Je suis très contente
pour elle.
Pour nous, ça résout tous nos problèmes.
Il n'y a plus de mes alliances. On va
pouvoir se marier.
Mais c'est Fandine.
Vous saurez particulièrement bien lui
expliquer qu'elle ne peut que s'incliner
comme vous devant le bel exemple de
courage féminin que vient de montrer
Georgette Montardu devenu I par amour. H
féminisme, féminité, féminitude,
féministère, féminitat.
Bien sûr.
Mais faut-il encore que mon mari
Oh Gabriel, tu sais bien.
Oui.
Et monsieur Montard.
Oh, il est enchanté.
Et moi aussi.
Et au cas où ça vous intéresserait ? Moi
aussi. Ah,
j'ai jamais été aussi heureux.
Ce serait peut-être plus utile d'aller
le dire à Georg.
E Gour, où est-elle ?
Parti vous dire qu'elle n'avait jamais
été aussi heureuse ?
Je me sens.
E votre étiquette la nouvelle.
Plus,
il y a un contrôle en bas. On te
laisserait pas sortir avec l'ancienne.
Oublié. Mais vous avez mis votre fiche
dans l'ordinateur ?
Ah oui, juste avant d'entrer.
Attends, je mets en route. Je fasse les
formalités dès ça ne va pas être long.
Bon, j'arrive sur pied. Tout te
déranger. Je suis bien content.
Moi aussi, croyez-le.
Ah bon ? Vous connaissez mon char ?
Non. Bah alors, pourquoi vous êtes
content ?
À cause des enfants. Monsieur madame
Caporé se réjouissent d'accueillir
Georgette dans leur famille.
Ah
vraiment, j'en suis très heureux et très
flatté.
Votre fille est des nôtres maintenant.
fils tout en restant des vôutres sera
quand même le mien. Il ne vous reste
plus qu'à vous serrer la main.
Qu'est-ce qu'il y a encore ?
Il est con
quoi.
Brav
comme les fils Bard.
C'est impossible. C'est une erreur.
Alors sincèrement pas. L'ordinateur ne
se trompe jamais. Vous az bien vu pour
ma fille. Alors
mais dis quelque chose toi. Dis dis que
c'est une erreur. Ah
non, je crois pas. Ah c'est merveilleux.
Elle a voulu aller vers moi et moi j'ai
voulu aller vers elle.
Total vous vous êtes croisé
et vous vous êtes encore raté là.
Comment raté ?
Ah oui, j'ai refusé des fils chars qui
étaient des cons mais plein au c'est pas
pour en accepter un aussi conqueux mais
qui a pas un sous. Non vraiment ça dis
donc si ta fille est-ce que tu juges toi
comme une promotion c'est à cause
d'Arthur tu devrais lui être un
reconnaissant sans lui elle serait resté
ce qu'elle était. Ne discutez pas, même
si vous le convainquiez, c'est nous qui
ne voulons plus de ce mariage. Nous ne
pardonnerons jamais à votre fille ce
qu'elle a fait de notre fils. Sans elle,
il serait resté ce qu'il était.
Mais ils sont restés les mêmes. Ce sont
deux êtres jeunes, sains et qui
s'aiment, c'est tout.
Non, il est saé.
Allez,
il a rien à ajouter à ça.
Rien.
Mais vous êtes fou. quand même pas vous
jeter éternellement vos étiquettes à la
figure.
Et Arthur, nous avons ce soir le
manuscrit de Carstof à finir, n'est-ce
pas Paul ? Paul !
Oui Gabriel
Pur réagissz dieu ! Dites quelque chose
! Envoyez tout en l'air.
Je ne pourrais pas, je n'ai pas pu
avant. Je pour encore moi maintenant
vous inquiétez pas au prochain
recensement he ! Je serai redevenu i
dans 2 ans et Georgette, elle sera
peut-être devenue c vous encore vous
croiser.
Oh bah non, cette fois-ci
j'appréviendrai.
Oh Redonnez-moi mon étiquette, maman
tardue.
Et Georgette, vous pensez à Georgette ?
Ah, c'est la plus belle preuve d'amour
que je pouvais lui donner.
Oh, il est bien digne de son étiquette.
Au revoir, monsieur. Au revoir, madame.
Au revoir.
Adieu George.
Sûrement pas. À demain. Allez, à demain.
J'arrive maman, j'arrive. À main.
Tu ne parles plus.
Il n'est pas question que j'abandonne
ces deux gosses à votre entêtement
stupide.
Mais si tu restes, il faut que tu te
fasses recenser.
Je sais. Et bien, je vais me faire
recenser.
On a plus que 5 minutes.
Ma fiche est prête. Je vais la confier à
mon juge. Mathilde, tu peux insir mon an
surgit.
Je l'avais déjà fait,
hein.
Oui. Au hasard.
J'espère bien que l'ordinateur va lui
rabaisser son cacaet.
Moi, ça ne m'étonnerait pas qu'il ne lui
remonte son caquet.
Ah George un ordinateur.
Oui oui, j'ai compris, j'ai compris,
j'ai compris. Sort en est jeté. Voilà
mon passeport.
Alors nous disons Rousseau, George,
Denis, Pierre.
Absolument.
Oh célibataire.
Mais où m'a-t-il dit ?
Bon, on sait que c'est lui. Ça suffit
comme ça. Non, enfin quoi ?
Pour mon registre, il faut que je
complète.
Prends le temps de compléter quand la
machine sera en marche.
Vraiment impatient. On est coincé par
l'heure de fermeture. Allez, en route.
Et tu n'es pas trop impressionné ?
Non, absolument pas.
Oh, moi si. C'est comme si mon doigt
était celui du destin. Non, mais tu
vois, je je peux pas bien t'expliquer.
Tu peux pas bien expliquer ? Alors,
explique pas.
Complète ton registre.
Ah oui, c'est vrai que j'en étais. Ah
tiens, voilà. Profession.
Je n'ai pas su quoi mettre.
Aucune et tout. Non, non, je t'en prie.
On n'est pas là pour te plaer. Alors,
donne ton dernier métier.
Bon, écrivain et pêcheur.
Les deux. Oui, comme poète et paysan.
Bon mais chôur ça fait plus sérieux
quand même.
Drôle d'idée.
Demeurant
he
demeurant
chez des parents hospitaliers mais
respect.
Je claire Paris 5e.
Voilà. Et ben c'est tout. Merci.
Et ben il y a plus qu'à attendre.
C'est c'est normal ce bruit là.
Je ne sais pas. En tout cas, je ne l'ai
jamais entendu avant.
Tu va peut-être tomber en P.
Ça n'est jamais arrivé. Il y en a
d'autres dans les bureaux voisins tomb
aussi en panne on est relié par ligne
direct à une équipe de spécialistes qui
vient dépanner sur le champ. Tout est
prévu. Vraiment qu'une bombe qui
Mais qu'est-ce qu'il a ?
On dirait qu'il a du mal à me digérer.
Qu'est-ce que tu as encore été inventé ?
Ah strictement rien. J'ai répondu avec
la plus grande honnêteté. Je me fous
royalement de mon étiquette, quelle
qu'elle soit. Ça, je peux te le jurer
sur ma propre tête.
Alors, c'est lui qui a quelque chose.
Pourtant, les clignotants marchent comme
d'habitude. Non, il n'est pas chaud.
Il n a pas d'odeur suspecte.
Enfin, j'en ai jamais été si long.
Jamais.
C'est peut-être la fin de la journée.
Ah, peut-être.
C'est peut-être même la fin tout court.
Oh ben voilà le résultat.
Ah
alors ça
alors toi ?
Oh
ben ça
et bien je ne comprends pas. Pass-moi
ça.
Alors
oh
ça
et c'est bien ce que je disais.
Oh
pas ça.
Écoutez, je je ne sais pas encore ce que
je suis
mais en tout cas je suis quelque chose
qui vous étonne. Ah il y a quoi ?
Ah bon ? Qu'est-ce qu'il y a descrit ?
Ah l conel
quoi ? Dis toi-même.
Oh
il y a pas à dire.
Intellitctuel.
Ah il nous manquait plus que ça.
Pourquoi c'est ennuyeux notre
intelliguel ?
Ah non c'est pas ennuyeux, c'est
impossible. Impossible.
Un t ça n'existe pas.
Bah si, la preuve.
Ah le pauvre vieux, je comprends
pourquoi il avait l'air si fatigué.
Alors vraiment ça a dû être un rude
effort pour lui. C'est la première fois
qu'il nous sort ça.
C'est vrai. Oh, je suis très flatté moi.
Il y a vraiment pas de quoi. Ah si,
moi je trouve un tel lelon.
D'abord, qu'est-ce que ça veut dire un
teluel ?
Ah bah a priori que je suis moitié con,
moitié intellectuel.
C'est ça. Bien entendu, ça ne t'étonne
pas du tout.
Ah non, pas du tout.
Ce qui m'étonne, c'est d'être le
premier.
Il y en a sûrement des tas comme moi.
Non, ça je te garantis que non, ça se
saurait. Chaque réponse de l'ordinateur
est immédiatement enregistrée et fichée
au ministère.
Ah bon ?
Sinon, j'aime autant dire que ni vie ni
connu, je t'aurais déjà refilé une autre
étiquette.
Ah mais j'aurais refusé hein. Je veux
mon étiquette à moi.
On peut pas donner, il y en a pas là.
Et ben alors, je vais en mettre deux.
Une BC de ce côté-ci, une I de ce
côté-là.
Mais le contrôleur de B te laissera
jamais sortir comme ça. Et ben
alors, je vais pas en mettre du tout.
Il te laissera pas non plus sortir sans
mais appelle-le, on va tâcher de lui
expliquer.
Tu es fou, faut pas que ça sache
quoi. C'est pas déshonorat d'être
athelli qu'on tu le
faut d'abord que je réfère aux
autorités.
Et ben vas-y, réfais. Ah bah les
services sont fermés à circ
jusqu'à demain.
Ah non pour ce soir tant pis on va te
prêter une étiquette alors là n'importe
laquelle hein.
Ah bah tiens une vieux c par exemple.
N'en est pas question.
Une I si tu préfères.
Pas d'avantage. Je ne veux tromper
personne.
Je suis un conuel.
Je veux mon étiquette à moi. J'attends
mais bugre de moule. Bougre de mle.
Je je te répète que c'est pas possible.
Mais enfin Roger, si tu essayais quand
même d'appeler le ministère, il y a
peut-être quelqu'un qui pourrait te dire
où tu peux joindre quelqu'un qui
joindrait quelqu'un.
Mais qui ils sont tous partis à cette
heure-là ?
On ne on ne sait jamais. Regarde nous.
On devrait être parti et on est là quand
même.
Elle a raison. Essaie. Appelle quelqu'un
qui dira il y a quelqu'un pour joindre
quelqu'un.
Ah bon sentre bon sentre. Bon sentre.
Bon centre. Bon centre.
Mais quelle idée tu as eu de revenir toi
?
Et ben moi, tu vois, je commence à
croire que c'était une très très bonne
idée.
Le recensement est terminé depuis
bientôt 2h. Il s'est déroulé partout
dans un calme parfait. Le taux de
participation est tout à fait
remarquable. En effet, de source
officielles, on annonce que 99,5
% des Français ont maintenant leurs
nouvelles étiquettes.
E et qui ça peut bien être le vir qui ne
l'a pas ?
Alors,
impossible de sortir. Le garde Journe
d'en bas est aussi infranchissable que
le mur de Berlin.
Qu'est-ce qu'il t'a dit ?
J'ai des ordres.
Et après,
j'ai désordre. Non mais après
j'ai des ordres.
Ah forcément c'est un ordre
quoi
de dire qu'il a des ordres. C'est une
des premières choses qu'on nous apprend
dans l'administration.
C'est bien d'ailleurs.
Tu parles, j'ai des ordres vraiment le
sésame ferme là de l'autorité imbécile.
En tout cas ça nous décharge de toute
responsabilité.
Tu comprends ?
Oui. Al j'ai même si bien compris que
j'ai fini par lui dire que moi aussi
j'avais des ordres pour sortir d'ici.
Il ne t'a pas demandé de qui ? Mais si
malheureusement j'ai cris malin de lui
répondre de ma conscience.
Et qu'est-ce qu'il a dit ?
La conscience connais pas moi. J'ai
desordes de mon chef
et lui je connais là-dessus m'amenass de
son revolver tendouille.
C'est pas bien grave, il ne faut pas
t'énerver et Roger va bien finir par
revenir.
Oui, ça je sais mais imagine-toi comment
son retour. J'aurais bien aimé avoir la
possibilité d'alerter l'opinion
publique, la presse, la radio, la
télévision.
Mais à propos de quoi ?
Pas dans mon étiquette. Mathile.
Ça ne servira à rien.
Comment ça ne servira à rien ? Les gens
sont tellement indifférents que les
informations les plus énormes retombent
aussi vite que les soufflet. Le matin en
écoutant la radio, tu dis "Oh flû,
encore une guerre." Bon ben 5 minutes
après, tu as oublié.
Tu rouspèes parce que ton café au lait
est trop chaud. Alors tu sais ta petite
affaire d'étiquette.
Mais c'est pas une petite affaire
Mathile. Faut pas que ça en devienne
une. Trop de choses en dépendent.
Tu vois donc pas à quel point
l'étiquette est une menace.
Moi, je vois surtout que Roger est parti
depuis 2h et je commence à m'inquiéter.
Ouais.
Que veux-tu qu'il lui arrive ? Le
ministre a accepté de le recevoir sur la
recommandation express de son chef de
cabinet auquel il avait été recommandé
par son sous-chef sur la recommandation
de son secrétaire.
Il est bien recommandé Roger. Il ne
risque rien.
C'est pas pour lui que je m'inquiète,
c'est pour toi.
Pourquoi ? J'ai quand même pas commis de
crime.
Ça vaudrait peut-être mieux.
On dirait que tu es une victime de la
société et le tour serait joué. Tandis
que là,
on va quand même pas me mettre en tôle
parce que je suis un tel lel.
Ben moi, j'espère que non. Mais
ben moi, la réflexion, vois-tu, j'espère
que si.
Les chemins de la liberté passent
parfois par les prisons.
Attends, il me semble que j'entendais
pas dans l'escalier.
Ah oui, et des pas de chef.
Pas de panique,
tout est dangé.
Oh, quel bonheur raconte. Et bien voilà,
la nuit tombait à peine
quand j'arrivais anxieux au lieu de ma
mission. Nous le récit de tes ramè de
mes ramè quoi ?
Rien. Résume ton entrevue simple et
vite.
Ah bah en un mot commande deux chez le
ministre bon on bouffe mal. Oh là là oh
là là oh là là oh là là.
Non mais tu as mangé avec lui ?
Oui pu avec sa dame il dîner en tête à
tête quand je suis arrivé. Ils en
étaient au dessert. Il m'en offert une
charlotte gélatineuse. J'ai tout de
suite vu que c'était dégueulasse mais
enfin j'en ai pris pour ne pas les
désobliger.
Après
après il m'a entraîné dans son bureau.
Ah tout de même.
Alors là mon vieux là là
il m'a sorti un vieux mar là. Je te dis
ça
justement j'aimerais bien que tu me
dises autre chose.
Au début ça pas été commode d'autant
qu'elle c'est une intello de naissance.
Tout à fait le genre de la mer caporé.
C'est pour ça qu'on bouffe mal chez
elle.
Mais lui ton ministre. Ah ! Alors là, un
type,
on a tout de suite été de plein pied.
Ah, un sale con sans doute.
Ouais, ouais, ouais, ouais, ouais,
ouais, ouais. C'est tu as vraiment une
de ses veines.
Oui, si on veut. Alors,
et dire, on était en plus de
connaissance, on parlait de la même
langue, enfin, c'était plus facile pour
se comprendre.
Enfin, bon Dieu, qu'est-ce qu'il t'a dit
?
D'abord ce que je t'avais dit, ça
n'existe pas.
Qu'est-ce qui n'existe pas ?
Intellitel.
Comment ça n'existe pas ? trois fois
contre le sacrosin règlement et par
dérogation spéciale du ministre
lui-même, tu m'as soumis à l'épreuve de
trois ordinateurs différents qui ne se
trompent jamais. Tous les trois en une
même verdict et voici les trois cartes.
Un tel lit conuel, un tel litel, un tel
lit conuel. Vous avez le culot toi et
ton ministre de me dire que ça n'existe
pas.
On est allé au fichier central, on a
pris des renseignements partout. Tu es
le seul donc tu n'existes pas.
Non mais non mais non mais c'est
grandiose ça. Il faut être combien de la
même espèce pour être censé exister ? 10
20 100000 un million.
Faut entrer dans une catégorie. Toi tu
n'entres dans aucune.
Si j'entre dans la mienne. Une catégorie
double I et C.
Bah oui. Mais elle existe pas.
Je m'en fous. Il y a qu'à la créer.
On va quand même pas créer une catégorie
pour toi tout seul. Alors là
et pourquoi pas ? Pour un commencement à
tout. Je suis sûr que vite d'autres me
rejoindraienti.
C'est précisément ce que le ministre ne
veut pas. Tiens.
Et pourquoi donc ?
Ah ben il dit comme ça que deux
étiquettes contradictoires comme les
tiennes, ça s'annule et qu'à ce
moment-là, autant ne pas mettre du tout.
Oh mais alors là, je suis d'accord avec
ton ministre. L'affaire est réglée, je
serai sans étiquette.
Impossible. La loi est formelle. Il faut
que tout le monde, sans aucune exception
est une étiquette.
J'ai une idée. Je m'incline devant la
loi.
J'en porterai une comme les autres, à la
même place que les autres, de la même
couleur que les autres. Seulement
dessus, il n'y aura ni I ni c.
Bah quoi alors ?
Un cul.
Un Qul sur l'étiquette. Alors là,
la lettre Q.
Ah bon ?
Mais tu voudrais dire quoi ?
Cuidame.
Cuidame ?
Oui. Ou mieux quelqu'un.
Mieux quelqu'un.
Oui. Non. Mieux virgule quelqu'un.
ni con ni intellectuel, juste quelqu'un,
un être humain, un individu.
Tu sais que tu es pas le seul dans ce
cas-là, hein.
Non, pratiquement, on est tous
quelqu'un.
Bah alors, il y a vraiment aucune raison
pour que tu sois le seul à porter cette
étiquette là.
Aucune. Mais j'espère bien qu'il serait
des millions à la réclamer cette
étiquette là. des millions à revendiquer
le droit d'être et de demeurer quelqu'un
des revendications et puis quoi encore
c'est tout ce que le ministre veuté le
désordre la sill en lit
alors Roger crois-moi il y a plus qu'une
seule solution supprimer purement et
simplement l'étiquette pour tout le
monde.
Non tu es complètement fou tu n'imagines
pas qu'on va désorganiser tout notre
beau système à cause de toi
tu as une autre proposition à me faire
oui j'en ai. J'en ai même deux et de la
part du ministre est plus intéressante
que lesqu telles alors là permets-moi de
te le dire.
Parfait. Je t'écoute.
Le ministre accepte que par la grâce de
l'ordinateur, tu deviennes intellectuel.
Je le suis déjà.
Pas par entière. Tu es matiné.
C'est mieux.
Ça donne un esprit multiple, complexe,
ouvert sur tous les horizons. Non,
intellectuel, je refuse. Je perdrai au
champ. Je perdrai au champ.
Ah, tu te rends vraiment pas compte de
la situation crois moi. Les
intellectuels ont les envies.
Merci bien. La haine est au bout.
Mais on les respecte et ils peuvent
regarder les gens de haut.
Je préfère les observer de près.
On les craint. Oh, j'aime mieux qu'on m
Bon, alors écoute-moi bien, je te
fournis, enfin monsieur le ministre te
fournit l'occasion de prouver ton
talent.
De quelle façon ?
En faisant publier le livre que tu as
rapporté de tes contrées lointaines.
Mon amour, le ministre.
Non, c'est le titre de mon roman.
Ah bon ? Ça s'appelle mon amour ?
Oui, ça s'appelle mon amour. C'est un
hymne à la liberté.
À la liberté ? Bah, ça fait rien. On le
publiera quand même.
Sans en changer un mot, il l'a promis.
Les yeux fermés.
Les yeux fermés. C'était pas temps pour
un bouquin
ça. Je l'ai dit le ministre serait très
arrangeant.
Ah oui, d'autant plus arrangeant que je
suis dérangeant.
Alors écoute, ne ti j'ess pas cette
mainant ta réponse pour prendre toutes
les dispositions nécessaires. On ne peut
pas le laisser l'enterner indéfiniment.
Tu as raison. Vas-y.
Dis que j'ai été très sensible à
l'intérêt qu'il me porte.
Oui. Alors là, compte sur moi.
Mais que malheureusement à mon grand
regret, je ne puis accepter ces
flatteuses propositions.
Quoi ? Tu refuses ?
Oui, tout.
Ah, tu es fou mais fou. Allié. Non, je
suis uneluel.
C'est le grain de sable qui va détraquer
la machine.
C'est ton dernier mot ?
Le dernier, je peux le répéter autant de
fois qu'il le faut là.
C'est tranquille, tu n'auras pas le
répété longtemps.
Non, fir-toi que le ministre a prévu le
coup.
Oh, le chérom, il pressentait mon refus.
Il pressentait que ton côté con
l'emporterait sur ton côté intellectuel.
Je croirais plutôt le contraire, mais je
ne vais pas le chipoter pour si peu.
Non plus, va pas chipoter. Dès ce soir,
tu seras ramené par avion spécial à ton
lieu de départ parmi tes chers poissons
et placé sous surveillance discrète mais
efficace.
Tu plaisantes ? pas loi du monde. C'est
moi-même qui suis chargé de te conduire
à l'aéroport et de veiller à ton
expulsion.
Dis donc, tu as l'ab de pouvoir, on n
pas le droit.
Comment ça ? On n pas le droit. On n pas
le droit. Tu es un hors la loi, euh
semur de trouble, euh provocateur,
potentiel.
Pour quelqu'un qui n'existe pas, j'en
suis des choses. Roger, tu ne peux pas
le laisser expulser comme ça. C'est ton
frère quand même.
Je m'en suis souvenu. Quand c'était
utile, je dois l'oublier quand c'est
nécessaire.
Ah ben entendeur salut
genre je pense à la petite
d'accord je sais
pas quand même
mais une condition
mais quoi encore
qu'on donne à Arthur qu'aporé son
ancienne étiquette d'intellectuelle
oh pour qu'il puisse épouser Georg
non attention Arthur a déjà été recensé
enregistrer fiché je crois pas que le
ministre va marcher
non parce que pour moi il réussira à se
débrouiller le ministre hein
exceptionnellement pour toi parce que tu
es un cas mais pour quelqu'un d'autre et
qui n'est qu'une vague en relation
tu peux toujours essayer
ah non moi je veux bien tu sais mais ça
m'étonnerait tu sais déjà qu'il refusé
pour des gens qui te touchent de près.
Qui ?
Moi,
tu as demandé au ministre une étiquette
d'intellectuel.
Il avait l'air tellement bien disposé à
ton égard, tellement arrangeant que
bromlofle.
Mais il y a tout de même des limites aux
arrangements.
Ah bah, tout ça pour vous dire que j'ai
peu de chance à ration ministre la
réintégration d'Arthur dans son ancienne
catégorie.
Propose-u un échange.
Quel genre l'étiquette d'intellectuel
qu'il m'offre pour que je renonce à la
mienne.
Oui. Bon,
qui la donne à Arthur.
Mais toi,
je prendrai la nouvelle étiquette
d'Arthur.
Brave.
Oui.
Toi,
toi, tu deviendrais
brave con ?
Oui.
Oh ! Oh ! George,
je convaincrai le ministre. Alors là, tu
peux compter sur moi. Oh, Roger,
maintenant qu'on est d'accord, tu pouras
peut-être libérer la sentinelle d'embar
de ses fonctions. Ce serait plus
agréable pour nous t'attendre à la
maison.
Pas question.
Pourquoi ?
J'ai des ordres.
Merde, merde, merde, merci, merde.
Mais non, tu ne vas pas craquer
maintenant que tout est arrangé.
Merde, rien n'est arrangé. Moi je fais s
uniquement pour qu'il parte.
Et bien, il est parti.
Oui, mais en nous laissant l'imbécile
d'en bas avec ses ors et son révolver,
on peut toujours pas sortir.
Mais si tu as faim, j'ai t petites
madeleines dans mon
mais je ne veux pas de petite madeleine.
Je voir des gens, je leur parler, les
remuer, leur expliquer. Je veux agir, tu
comprends ? Agir ne pas restela comme
une chiffre un puissant condamné au
silence devant.
Entrez !
Oh !
Qu'est-ce que vous faites là tous les
deux ?
Mais et vous on vous cherche partout.
Comment êtes-vous entré ?
Par la porte.
Le garde est parti.
Ah non, il était là.
Il vous a laissé entrer ?
Ah oui, après hésitation, il nous a dit
qu'il n'avait pas d'ordre.
Pas d'ordre ? Pourquoi ?
Pour nous empêcher d'entrer.
Mais alors, il ne vous empêchera pas non
plus de ressortir ?
Tire à moins qu'il est rentré chez lui.
Ah non, c'est impossible. Il avait des
ides. Faut de rester là. Mais oui, mais
je dis qu'il y avait contreordre
avec mon étiquette. Il a eu confiance.
C'est inespéré.
C'est lui qui ouvre des prisonniers.
Mais pourquoi va pas avec vous ?
Qu'est-ce qui s'est passé faire vous
afin que je puisse vous expliquer. Tout
est partie du fait que vous ayons promis
implicitement de rester pour arranger
vos affaires. Oui, merci.
Oui, merci. Oui, je me suis fait
recenser. Résultat trois fois confirmés
par les ordinateurs. Je suis un conuel.
Un téluel ?
Intellitel.
Ça existe.
Bah oui, tiens, je le smis sûr. Je le
savais. Je le savais.
Pas le savoir. Je suis le premier. Le se
savait qu'un jour il y en aurait un.
J'avais dit à Georgette, à tous mes
copains. Ah c'était notre rêve, notre
espoir pour nous les jeunes.
Votre espoir.
Vous comprenez pas que de double
étiquette équivo d'étiquette du tout
que ça ridiculise. Le principe de la
classification
que l'intelligent qui va détraquer le
système tout entier.
Que tu peux nous aider à abolir le
racisme cérébral.
Vous êtes notre porte drapeau, notre
libérateur. Enfin, vous ne comprenez pas
? Non.
Mais bien sûr que je comprends
exactement ce que je vais vous expliquer
depuis que vous êtes arrivé.
Ah bah alors, tout va bien ?
Et oui, tout va bien puisque me voilà
libre avec en plus deux alliés. Plus que
deux tous les copains et les copains de
mes copains, ça fait du monde.
Il y en a tant que ça contre
l'étiquette.
Nous les jeunes on fait déjà pas de
différence entre les sexes. Alors c'est
pas pour en faire entre les crânes.
Alors vraiment on peut compter sur vous
?
Et comment ?
Et sur mes copines aussi.
Et sur tes copines aussi ? Dis donc dans
le temp il y aurait pas qu'il sera un
peu bricoleur ?
Ah bah ça dépend. Pour bricoler quoi ?
Un petit bidule juste pour détruire le
fichier central.
Oh si c'est que ça je vous trouvais ça
facile. Les anciens de 68 qu'on gardé en
souvenir.
Parfait. Et pour aller le déposer ?
Les anciennes de la résistance qui ont
gardé la main. Matilde, tu ferais ça ?
Avec mon petit panier, mon herbe,
j'arrive à passer partout. Oh maman, tu
es fantastique.
Arthur, vous l'accompagnerez quand même
?
Non non, surtout pas. Si j'ai besoin de
quelqu'un, je demanderai à ma mine
Brochard.
La vieille s
justement, ça la rajunira. Mettra les
fiches sur nos têtes, une petite bombe
dans la boîte de l'aspirateur et on ira
faire le ménage. Et comme sous l'occupe.
Oh, je voudrais aller avec K.
Non non, tu seras plus utile ailleurs.
Où ça ?
Partout. Vous allez vous répendre dans
Paris, sonner aux portes, pétarader sur
vos motos, hurler dans les rues,
réveillez le maximum de gens et leur
dire quoi ? Quelle heure est-il ?
22h17.
Sortant.
C'est fait. Il y a pas une minute à
perdre. Mathilde fil chez les
Beauchards. Consigne du cran et du
douité.
Oui, mon lieutenant. Oh, tu es tout à
fait comme sous l'occupe
vous Arthur, courz cherchez l'engin que
vous apporterez votre future belle-mère
consigne prudence et discrétion.
Comptez sur mon nom. Toi Georgette va
soulever les foules.
Toute seule ?
Oui, toute seule. Consigne, charme et
conviction.
D'accord. Mais qu'est-ce que je dois
leur dire aux foules ?
Exactement ceci. Enlevez vos étiquettes.
Enlevez vos étiquettes.
Enlevez vos étiquettes. Elles n'ont
jamais servi à rien. Sinon, à libérer
des haines, provoquer des querelles,
nourrir des mépris. Soyez sans préjugés,
sans parti prix, sans orgueil inutile et
sans vain humilité. On n'est jamais
aussi inférieur ni aussi supérieur qu'on
le croit. ou que les autres le croient.
Enlevez vos étiquettes, renversez ces
barrières arbitraires qui vous séparent.
N'ayez pas peur. Vous ne risquez rien. À
l'heure où je vous parle, le fichier
central vient de sauter.
Dieu
le ministère du recensement est occupé
par des milliers de s étiquettes venus
de tous les quartiers de Paris,
largement aussi décidé, croyez-le, que
les 100 culottes de jadis.
Des ennu techniques.
Quoi ? Le ministre, qu'est-ce qu' l'
fait à mon ministre ?
Quel dommage que ce ne soit pas une
femme.
Le ministre
plus jamais.
Mieux brûlez vos étiquettes, approchez
ces petits brasiers de vos fenêtres afin
que villes et villages soient éclairé
par ces lumières fraternelles. Ah pardon
fraternel. Alors là là il est fou. Il
croit quand même pas que les gens vont
l'écouter.
Oh où sont les allumettes ?
Déjà on me dit que des petites flammes
s'élèvent un peu partout dans Paris. à
tous les étages de toutes les maisons.
Pardon encore.
Qu'est-ce qu'il raconte ? C'est pas
possible.
Je mets aussi les étiquettes d'Arthur.
Évidemment.
Ah bon ?
Personne ne saura qu'il en avait changé.
Ce Rousseau nous sauve du déshonneur.
Mais tout de suite
ment pas. Il y a des flammes partout. On
soirée en enfer.
Bien bien je termine.
Mais fiston, tu l'emporteras pas au
paradis. Le réalisateur de l'émission
vient de m'annoncer que tous les
techniciens de la télévision rentraient
chez eux pour brûler leurs étiquettes et
que lui-même voulait en faire autant. En
conséquence, je vais vous quitter très
rapidement. Merci de m'avoir écouté.
Merci surtout de m'avoir entendu. Bonne
et heureuse nuit à tous.
Faux cul.
Bonne alors tout le monde est s à cause
de sous à cause de lui et mon ministre,
il m'a même pas donné des nouvelles de
mon ministre. Oh !
Justement, monsieur le ministre, je me
demandais où vous y étiez. Non, je me
demandais où vous y étiez. À Varen déjà
?
Ah non, Rud Varè chez vous ? Ah oui oui
hein. Des des choses étiquettes qui
veulent forcer votre porte. Comment
voulez-vous que je lui sorte de l'âge ?
Mon de mes frères. Oui oui, je
comprends. Oui, mon de mes frèrees. Ah
ah
mon frère qui l'use de son influence.
pas mon cher monsieur mais c'est que
maintenant alors vous savez c'est
moi-même je ne sais même pas où il est
mon frère et puis c'est qu'il va être
très sollicité très à Catarine mais
enfin quand je le verrai je lui
demanderai donc sa il m'estime beaucoup
s'il peut faire un petit quelque chose
pour vous il le fera alors vraiment mais
enfin je promets rien voilà mais non
mais non mais non mais non mais non mais
non
mais non mais non
au revoir Gaston
Gaston vous êtes là Gaston une dernière
chose quand vous verrez votre dame
dites-lui à Charlotte était dégueulasse
hein.
Allô ? Oh madame Antino, j'allais vous
appeler.
Oh évidemment qu'on les a brûlé. Vous
pensez bien qu'on allait pas prendre le
train en marche tout de suite le wagon
de tête. J'étais la première de la rue à
allumer mon petit brasier.
Ah !
Ah ! Oui.
Ah, il n'y a pas d'autres mots. Il est
fabuleux.
Quel impact,
quel magnétisme.
H bien sûr qu'il faudrait le récupérer
pour notre mouvement.
Mais je sais bien qu'il galvaniserait
nos troupes et qu'il nous en amènerait
des plus fraîches.
Mais il faut encore qu'il accepte de
venir au club et qu'il en ait le temps.
Quoi ? Bah, vous êtes drôle, Méina. Cet
homme-là va être très sollicité, très
accaparé. Vous me voyez moi aller lui
demander une chose par
vous allez me faire nommer
vice-président.
Oh ! Et bien, puisque vous avez l'air de
tellement y tenir, je vous promets
d'essayer de parler à George. Ah ben, je
vous en prie, je vous tiens au courant.
Au revoir Méina.
Ça me semble bien. Il reste quelques
morceaux intacts comme ça. George verra
que c'est bien les étiquettes que j'ai
brûlé et et puis je vais même lui mettre
un petit bouquet avec.
Oh,
c'est pour moi ? Oh mon jojo !
Oh laisse-moi t'embrasser !
Comme quand on était petit, tu as été
superbe. Tu sais que dans ton genre tu
n'es pas mal non plus, hein ?
Non, moi je ne compte pas. C'est toi
l'homme du jour.
Ah ce qui compte, c'est de savoir être
l'homme dès le lendemain.
Tu sauras. Mais je me suis trompé sur
toi, George. Je te prie de m'en excuser.
Voyons
que les imbéciles qui ne changent pas
d'opinion.
Absolument. Maintenant, j'en changerai
plus.
Quoi qu'il arrive, je suis à tes côté.
Tu peux me demander ce que tu veux.
Et ben, donne-moi un petit coup de mar.
Tiens, ça va me remonter ça. Un
nom de Dieu
quoi ?
Du mar, j'en ai plus.
Et ben, ça ne fait rien de moi. Autre
chose.
Tu veux rire ? Non, tu as envie de
marre, tu auras du mar. Je téléphone
pour mon livre.
À cette heure-ci, à qui ?
À mon ex-ministre.
Il est dans les spiritueux ?
Non, il est dans la merde.
Ah,
il est prêt à me livrer sa entière pour
que je l'en sorte. Enfin pour que tu
l'en sor.
Oh que la vie est plaisante. Dis donc si
tu l'as passe-le moi.
Alors garçon c'est Roget joue pas
George.
Allô bonsoir monsieur le ministre.
Comment allez-vous ? Mal. Ah pourtant on
n pas cherché à vous expulser vous. H ah
oui bien sûr. Vous êtes au chômage. Oui
mais ne vous en faites pas. Dans
quelques jours, j'aurai besoin de vos
compétences pour coller des affiches.
Comment ?
une promotion. Les affiches, c'est plus
grand que les étiquettes.
Et puis j'ai oublié de vous dire, vous
seriez sous les ordres de mon frère
Montardu.
Allô monsieur le Ah il a raccroché.
Ils sont mars.
Je crois qu'il va en avoir besoin pour
digérer mes affiches.
Mais des affiches de quoi ?
De mon parti.
Tu veux fonder un parti ? Oui, un parti
qui regrouperait tous les 100 partis et
les sans parties prix, les sans
opinions, les ne se prononcent pas de
tous les sondages. Ceux qui ne savent
jamais s'il préfèrent la guerre ou la
paix, la mer ou la montagne, être cocul
en l'ignorant ou ne pas l'être en seul
croyant.
Ça représente pas mal d'adhérence,
n'est-ce pas ?
Sans compter tous les intellits qu'on en
puissance.
Et
de quel bord ton parti ?
Groach.
Goch !
Oui,
pour rassurer tous ceux de droite qui
font les complexes culturels de gauche
et tous ceux de gauche qui font les
complexes économiques de droite.
Le rassemblement des non rassemblés.
Le rassemblement des non rassemblés. Le
RNR, ça sonne bien ça. Ça sonne bien.
Ouais.
Et dis-moi, tu évidemment tu as un
programme
hors du commun.
Il est pas de moi, je l'ai emprunté.
À qui ?
À Dieu.
Adieu ?
Bah, il y a de plus mauvaises
références.
Oui, d'accord. Mais enfin, c'est qu'il a
déjà beaucoup servi et franchement
maintenant. Alors,
pas depuis un moment. Comme tous les
créateurs, il connaît sa période de
purgatoire si j'ose dire.
Mais à mon avis, pourrait très bien de
pas tarder à en sortir, surtout avec un
bon attaché de presse. Oui.
Puis une bonne campagne publicitaire.
Oui, c'est ça. Un slogan. Un slogan.
Quelque chose dans le genre
Dieu l'autorité sereine
ou aidez le ciel.
Voilà.
Tu sais que c'est un sacré auteur.
Ah Dieu, il a écrit
les commandements.
Les commandements
les commandements de Dieu.
J'avais pas fait le rapprochement.
Ah ! Tu ne tueras point, tu ne voleras
point. Tu aimeras ton prochain comme
moi-même. Voilà.
Tes pères et mèr honorera dis donc hein,
quand on y pense, c'est pas bête tout ça
et ça tient le coup.
Non, c'est effectivement quand on y
pense l'ennui c'est qu'on y pense pas
assez souvent.
Enfin, tu ne crains pas quand même que
de nos jours ça paraisse un peu dépassé
?
Le moyen d'avoir raison dans l'avenir
est à certaines heures de savoir se
résigner à être démodé.
Pas bête non plus ça,
n'est-ce pas ? Et c'est d'erneste
Renant, un écrivain qui avait perdu la
foi justement.
Où ça ?
Va savoir.
Tu vois, je suis vraiment un tel litel,
éclectique dans mes choix. Dieu lui-même
est un athé. Non, quand j'y pense, je pe
pas savoir ce que ça me fait.
Quand tu penses à quoi ?
Que je le frère d'un chef de partie, moi
un ancien chef de section. Alors,
tu montes en grade ?
Allez, on va fêter ça. Sors les ver du
dimanche. Moi je vais chercher le
champagne à la cave.
Champagne, tu en as du bon ?
Ah non, excuse-moi, je suis peut-être
pas une lumière, mais pour la bouffe et
la picole, c'est moi le président.
Monsieur le président,
ceux du dimanche,
ça doit être ceuxlà.
Monsieur Rouss
Allons. Bon, voilà que j'entends des
voix.
Je suis l'homme du jour, d'accord, mais
je ne suis quand même pas Jean Dark.
qui m'appelle
Gabriel.
L'ange
l'ange Gabriel.
Non,
Gabriel Capor.
Ah bon ? Je préfère.
Où êtes-vous ?
Chez moi. Je peux venir ?
Si vous voulez,
ouvrez-moi la porte, j'arrive.
Ils ont des cloisons japonaises dans
cette baraque.
Pardon de vous déranger au milieu de
toutes vos occupations, mais il fallait
absolument que je vous parle.
Je vous en prie. Asseyez-vous. J'en ai
seulement pour une seconde.
Asseyez-vous seulement sur une fesse.
Voilà.
Vous ne le savez sans doute pas car
c'est très récent.
Je suis vice-présidente
d'un club féminin très important qui a
de nombreuses ramifications en province.
Permettez-moi de vous adresser mes plus
vives, cordiales et sincères
félicitations.
Merci beaucoup.
Mais je vous en prie.
Je ne m'étendrai pas sur le rôle de la
femme.
Non, surtout surtout ne vous étendez
pas.
Mettez-vous à table. Qu'est-ce que vous
voulez ?
votre soutien pour mon club.
Donnant Don, vous ne le savez pas non
plus car c'est aussi très récent, mais
je suis président d'un nouveau parti et
j'aurai besoin de l'appui de toutes vos
femmes.
Comptez sur nous.
Comptez sur moi. Arthur, on va fêter ça.
Arthur, c'est pas la peine. Votre mère
est déjà là. Je les ai tous rencontrés
en bas. Allez, venez, venez un par un et
doucement. Faut pas secouer le
champagne,
ma petite belle fille. Embrassons-nous
tout à l'heure, ça va secouer le
champagne.
Mon nom, laissez-moi vous embrasser.
Tout à l'heure, ça va secouer le
champagne.
Ah, vous apprenez vite
toujours les femmes.
Oh, ma petite
la belle mère d'Arthur.
Et si j'osais, je vous embrasserai.
Ah bah, moi aussi. Mais là,
vous avez raison. Tout à l'heure, ça va
se prer champagne.
On est au complet. Non, plus personne.
Si moi.
Oh, du jus de fruit ?
Oui, je vous l'ai apporter pour fêter
cette belle nuit avec vous.
Voulez-vous me donner ça tout de suite ?
Attention, il faut secouer avant de
servir.
Tout à l'heure quand on s'embrassera car
vous allez vous embrasser.
Oui.
Plus de querell, plus de mépris, plus de
brimade,
plus de clan, plus de barrières.
Non.
Et plus de cloisons.
Plus de Ah, pour les cloisons. Ah oui,
les cloisons.
Pour les cloisons, on fera ce qu'on
pourrait.
Bah, on va essayer. Mesdames, à vos
coupes. Messieurs, à vos bouchons. Prêt
?
1 2 3 partez.
Les cloisons,
elle ne tenait vraiment qu'avec des
étiquettes.
Stop, stop, stop, stop. Marcel,
Marcel, te pratique pas avec le rideau.
C'est terminé pour aujourd'hui.
Comment ? On ne répète pas les saluts ?
Non, non, on verra ça une autre fois.
C'est dommage, c'est ce que je préfère
moi les salut. Qu'est-ce que ça
peut-être fatiguant de jouer la comédie
métier ?
Je me le demande.
Quand on jouera pour de vrai, j'espère
qu'on aura des vraies bouteilles de
champagne avec des vrais bouchons parce
que là ça faisait bidon. Oh là là, oh là
là, oh là là, oh là là. Bon, c'est quand
la prochaine répétition ?
Ah, je ne sais pas. Ça dépendra des
libertés de Marcel.
Oui, mais malheureusement, je peux pas
vous le dire maintenant.
Ah bon ?
Ah non, il faut d'abord que je demande à
ma femme quand elle a pas besoin de moi.
Elle a quincaillerie. Voilà.
Bon, alors Marcel me téléphonera, je
vous téléphonerai.
D'accord. Dis donc.
Oui. Quoi ? Dis donc, ça allait ma scène
?
Oui ta scène très bien.
Ah bon ? Bon le coup de la cloison là
c'était pas trop tard.
Ah si ça c'est carrément tard ou il faut
chercher autre chose. Bon
bon ben je file au magasin. Ma femme
m'attend pour fermer hein. Bon
salut au revoir.
Moi je trouve qu'on devrait revoir la
fin. Ça manque de gag.
Ah bon ?
Tu es pas de mon avis ?
Ah si. Oh là là. Tout à fait.
Je sais bien que nous ne sommes que des
amateurs, mais quand même votre texte ne
nous aide pas.
Vous devriez vous inspirer de Brècht ou
alors de Gambrovich.
Je fatigué. Soyez gentils, rentrez chez
vous. comme vous voudrez.
Moi ce que j'en disais, c'était pour lui
après tout. C'est sa pièce, ça le
regarde. Enfin, si vous voulez un
conseil.
Non, non, non, je ne crois pas que ce
soit le moment.
Ah bah tant pis, bruit. Mais sur son
personnage d'imbécile, j'aurais pu lui
donner des idées.
Oh les cons,
ils se sont pas reconnus.
C'est pourtant calqué.
En revanche, pour les caporet, je me
demande qui il a pu prendre comme
modèle. Oh les cons, ils sont pas
reconnus. Alors,
est-ce que tu m'accompagnes ?
Où ça ?
À la télé, j'ai ma cellule de réflexion.
Un lot de mes deux.
Oh mon grand, tu ne devrais pas.
Oh Mimi, ne discute pas. Qu'est-ce qu' a
mangé ce soir ?
Des moules farci.
Des moules farci ? Farcis à quoi ?
Aux sardines.
Et on se demande où je vais chercher
tout ça.
Mon chérie !
Pourquoi es-tu si triste ?
Mon amour,
je voudrais rester seul. Tu ferais mieux
de partir.
Et vous aussi ? Pas question.
Je suis toujours là quand on a besoin de
moi. À la scène comme à la ville. C'est
mon rôle. Non.
Oh vous au moins vous vous êtes reconnu.
Qu'est-ce qui ne va pas ?
J'aime pas la fin de ma pièce.
Et ben, confidence pour confidence, moi
non plus. La réunion de famille, le côté
tout le monde il est gentil, tout le
monde il est indulgent. Je trouve ça un
peu bébette, un peu guimauve. plus
complètement faux. Vous les avez entendu
?
Ah ouais,
c'est de ma faute.
Ah,
c'est moi qui l'ai influencé.
Il avait une idée merveilleuse.
C'est vrai ? Laquelle ?
En George repartait.
Rien ne s'arrangeait. Georgette et
Arthur décidaient de s'ouvrir les veines
sur le tombeau de Roméo et Juliette à
Véron.
Oui, ça c'était peut-être un petit peu
trop dans l'autre sens.
Bon, ça n'était pas plus vrai.
Non. Moi, j'ai une fin à vous proposer
entre les deux. Ah, décidément, vous
êtes fidèle à votre personnage.
Une fin plausible,
plus vraie que nature.
Dites
George part.
Vous allez partir ?
Oui. Voilà mon billet d'avion.
Oh
mais attention George emmène avec lui
Georgette et Arthur.
Mais comment ?
En avion aussi.
Et
pour le spectacle, on peut pas se payer
un décor d'aéroport.
Mais c'est inutile.
Alors, il va falloir expliquer.
Mais non. Georg
et Arthur se tiendront par la main. Ils
s'éloigneront doucement en direction
d'un point lumineux jaune de préférence.
Le soleil.
Oui, on percevra un bruit de vague
déferlant sur le sable.
La liberté. Oui, une douce musique
s'élèvera.
Georgette et Arthur s'arrêteront un
instant pour se dire quelque chose dans
le genre de
Nous aurons deux enfants.
Un penson bouffon et un couson rouleau
par exemple. Oui.
Puis ils reprendront leur marche.
George les suivra de loin. Mis à musée
mi à tandri.
Lentement, très lentement, l'éclairage
descendra.
en même temps que le rideau.
Normalement, tout le monde devrait
comprendre.
Ah.
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