All language subtitles for L ETIQUETTE Jean Piat Jacques Fabbri

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian
cs Czech
da Danish
nl Dutch
en English
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
el Greek
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
it Italian
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranî)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil)
pt Portuguese (Portugal)
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian Download
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish
es-419 Spanish (Latin American)
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

Ça monte, on fait de la voiture mais on

fait pas du kilomètre, c'est tout

d'avantage.

On pourrait aussi s'installer dans un

joli endroit et ne plus en bouger

pendant 15 jours.

Et la bagnole, c'est ses vacances, elle

aussi, il faut bien qu'elle roule.

Elle est comme nous, elle a besoin de se

décrasser sans s'essouffler pour ça.

Alors là, la le c'est l'idéal hein. Ni

trop loin, ni trop

Oui. Ni tropide,

ça nous permettra de la laver à l'autre

pluie. C'est bon pour la carrosserie.

Alors, je le dirai à mes rumatismes, ils

seront contents.

Et puis j'oubliais Buch ma pensé toute

une liste de petites auberges entre

l'obraque et le chevaudent où l'on

mange. De la cuisine d'autrefois à des

prix qui ne sont pas encore ceux

d'aujourd'hui.

Alors ça et ben ça c'est intéressant

tellement que ça a pas duré qu'il

voudrait mieux en profiter pendant qu'il

en est temps. Tu comprends ?

Oui. Ah oui mais je comprends c'est une

occasion à saisir.

Voilà. Alors je dis saison là une fois

deux fois trois fois à juger la bon en

attendant pour patienter si on parlait

de ce qu'on va faire pour le 1er mai.

Non il n'y a qu'un seul jour. Non non,

ça tombe un jeudi, il y aura un pont, ça

fera 4 jours, hein. Et pour plus qu'une

grève le lundi, ça en fera cinq.

Alors, on pourrait peut-être aller à

Louvier chez ma mère.

On y bouffe mal. Non, moi j'avais pensé

qu'on aurait pu accompagner les

Beauchards. Il faut un circuit

touristique du côté de la Loire. Oh oui

les châteaux

Chambord Chenonceau as rideau.

Non non l'épinard sans seron pui.

Champignise au mur

qui a sonné

la gardienne. Elle venait de nous

apporter un paquet que Carsof a déposé

pour nous.

Ah c'est son nouveau manuscrit.

Enfin la nouvelle bouture du même

manuscrit.

C'est au moins la 10e.

Non la 11e.

Est-ce qu'il a changé son titre ? Euh

non, c'est toujours la transcendance de

l' moi sur le surmoi.

Oh, c'est dommage. Je trouve ça un peu

commercial.

Ah, mais ça c'est le dépôt de Carsof. Il

a un côté fondamentalement léger et dès

qu'il ne le jugule plus, il tombe dans

la facilité.

Absolument. Dans sa dernière version, on

trouvait des passages entiers qu'on

avait même pas besoin de relire pour

comprendre. Tu te souviens ?

Oui, enfin, on verra ça plus tard. Tu

voulais nous parler des vacances, je

crois. C'est juste les enfants,

écoutez-moi bien.

Comme vous le savez, le ministère de

l'éducation nationale a fixé cette année

les congés scolaires du 28 juin au 15

septembre.

Ça fait 3 jours de mois que l'année

dernière,

tu crois ?

Ah, il me semble bien. Je vais vérifier

mais que ça ne t'empêche pas de parler.

En gros, on peut toujours compter sur de

mois et demi.

Bien voilà, j'ai un projet assez

extraordinaire à vous soumettre.

Attends, avant que tu commences, je

voudrais dire que moi personnellement,

pendant le mois d'août, j'ai l'intention

d'aller camper avec Christian en

Espagne.

En Espagne, on connaît par cœur.

Ah mais Christian ne connaît pas et

jeoudrais lui faire connaître Séville,

Cordou et Cadix.

Pourquoi pas bécon les bruyères ?

L'Andalousie, c'est la banlieu

maintenant. Il y a plus que les ploues

qui vont

tu sais maintenant les plou ils vont

partout.

D'accord. Mais quand même, on en trouve

un peu moins au mètre carré dans les

catacombes de Chempoala que dans les

jardins de la Lambr à Grenade.

Et où c'est Chempoala ? Excuse

professeur d'anglais et pas de gé

mais Gabriel on n pas les moyens d'aller

au Mexique.

Moi, j'ai trouvé le moyen.

Comment ça ?

Le père d'une de mes élèves de première

est un ami intime de Trigano.

Trigano ?

Bah oui, Trigano sous l'impulsion du

ministère du temps libre, il va ouvrir

un nouveau club méditerrané à vocation

beaucoup plus culturelle que sportive.

Il y aura une petite piscine et une

grande bibliothèque.

J'ai posé notre candidature commune pour

prendre en main les destinées de ce

club.

Elle a été acceptée.

On va être géo.

Géo c'est

gentil organisateur culturel.

C'est fabuleux non ?

Oui.

On va être au plein cœur de la

civilisation azteche. On va mettre l'

pas dans les maya, les toltech, des

titchimec, les apothèques.

Ben dis donc,

tu as déjà bien potassé la question.

Nos amis Antinos m'ont beaucoup aidé.

sont allés là-bas il y a 3 ans.

À leur frais, mes pauvres.

Ils m'ont fourni toute une liste de

musées à visiter entre Tempico et

Aguachien

avec des monolites du 12e siècle, des

merveilles et qui commencent à

s'effriter.

Ah !

Et oui, c'est pourquoi je crois qu'on a

pas intérêt à trop tarder pour les voir.

Tu comprends ?

H ah oui oui, je comprends. C'est une

occasion à CCI.

Voilà. Alors, je dis ces sont là. Et

toi, Prôle ? Ah moi aussi ? Et toi

Arthur ?

Je suis certaine qu'Arthur à qui nous

avons consenti 12 années de vacances

insipides à Saint-Uin sur mer nous

consentira volontiers 2 mois de congé

culturel dans le berceau des astèques.

Voilà qui ne dit mot qu'on sent. J'en

attendais pas moins de toi ni plus.

C'est bien ce que je disais. Ça fait 3

jours de mois que l'année dernière.

Parfait. On va déposer un préavis de

greffe pour le lundi 4 mai. Comme le

premier étaudi avec le pont du weekend,

ça nous fera 5 jours.

On pourrait peut-être aller justement à

Saint-Aubin chez ma mère.

Mais je pense qu'il serait plus

enrichissant d'accompagner les antinoses

qui se rendent à un symposium de

sophrologue.

Un quoi ?

Une réunion de médecins spécialisés dans

une certaine thérapeutique destinée aux

malades des nerfs.

Et où a lieu ce pince fesse ? à

Saint-Étienne.

Allez les nerf ! Allez les ners !

Pas mal de consulter.

Voilà, maintenant le décor est planté,

les personnages sont posés, les retards

à terre sont presque arrivés, le drame

va pouvoir se nouer. Il couvre depuis

pas mal de temps déjà, mais il éclate

véritablement un certain samedi soir de

façon fort banale d'ailleurs. D'abord

chez les Montardus où se prépare

conjointement au drame un cassoulet.

Georgette, aide ta mère à trier les

haricots. C'est une année à Charançon.

Et puis ça t'occupera.

Je suis occupé. Je lis.

Tu lis quoi ?

Une pièce de théâtre que Patricia doit

jouer avec une troupe d'amateur.

J'espère que c'est rigolo. Moi,

c'est Roméo et Juliette dans une version

modernisée.

Oh ! Alors, ce sera sûrement moins bien

que le film qu'on a vu hier soir avec

ton père. Qu'est-ce que c'était ?

Les félés ont du pot.

Alors ça, ça c'est du cinéma. Moi je

riais tellement que j'en pleurais. À un

moment, il y a le comique qui est caché

dans une basse court et pour passer

inaperçu, il limite les poules cot cot

cot il fait

amusant.

Attends, tout d'un coup le commissaire

qui le poursuaivait le trouve et se met

à crier codec parce que dans le film le

type il s'appelait codec.

Cot codec.

Ah c'est impeccable. Il faut absolument

que tu vois ça hein.

Justement j'ai rendez-vous maintenant

avec Patricia pour y aller.

Avec Patricia ?

Oui.

Menteuse ? est parti en weekend avec ses

parents. C'est avec le fils qu'aporit

que tuas tuas rendez-vous avec ce ravagé

des ménages qui sent le renfermé et qui

ne supporte pas les odeurs de notre

bonne cuisine. C'est ça. C'est ça. Oh

quand je pense mais quand je pense

mais ne pense pas Roger. Ne pense pas.

Ouais. Tu vas te rendre malade et demain

tu ne seras pas d'attaque pour le

cassoulet avec les beaucheurs.

Ah nom de Dieu le cassoulet. Rejoin mes

pilules.

Qu'est-ce que vous avez vu hier soir à

la cinématèque ?

Oh, le chefdœuvre de Bergman criit

chuchotement.

Ah, c'est là où il y a cette fameuse

scène entre deux sœurs.

Fabuleux

quand elle se dévisage

que l'une ne dit rien et que l'autre

reste muette.

Oh, c'est le triomphe du nom formulé. La

stridance du nom dit. Ah vraiment les

silences de Bergman, ça vaut la peine

d'entendre ça.

Mais à la fin fait Arthur, qu'est-ce que

tu fabriques avec ces bouts de bois ?

Une échelle.

Pourquoi une échelle ?

Pour le décor de la pièce de théâtre que

je vais jouer avec Christian et d'autres

amateurs.

C'est une pièce d'avantgarde. Tu m'as

dit.

C'est Roméo et Juliette.

Ça n'empêche pas. Peut-être une

relecture.

C'est plutôt une parodie.

Ah bon ? Une parodie dérangeante ? Pas

une parodie distrayante.

Pas vraiment triste non plus.

On n'y rit pas quand même.

Je peux pas encore dire, on a juste

répété une fois.

Qui est-ce qui joue Roméo ?

C'est moi

et Juliette

hein.

Qui joue Juliette ?

Bah on cherche. On sait pas encore.

Moi je sais. Tu es la fille Montarde. Tu

cette minutus à base qui sent la friture

et qui prend Miro pour un pâtre miop.

C'est elle. Ah, c'est elle. Oh, quand je

pense, mais quand je pense,

pense pas, Gabriel, pour une fois, ne

pense pas, je t'en supplie. Sinon,

demain, tu ne seras pas en forme pour ta

conférence avec les Antinos.

On ne parle pas de malheur. Donne-moi

mes calements. Tiens.

Ah, les antinos. Avant d'aller plus

loin, il faut absolument que vous

sachiez qui sont les antinos. Qu'est-ce

Et les beau aussi ?

Une seconde. Chacun son tour. Les

antinoses d'abord.

D'accord, d'accord, d'accord. Mais

enfin, n'oubliez pas

Mais non, mais non, mais non, mais non,

mais non. Allez vous asseoir. Allez vous

asseoir. Allez allez allez vous assir.

Les Antinos donc sont des amis des

Caporé des pensants causants comme eux

et ils ont une fille Stéphane. Madame

Antinos elle est présidente d'un club

féminin qui groupe des milliers

d'adhérentes

dont moi bien entendu.

Oui madame Antinos il fait des

conférences. La dernière en date avait

pour thème féminerie féministère

féminitato.

Un thème très important. Oui, celui que

Gabriel Caporé doit aborder demain ne

l'est pas à moins.

Féminité, féminisme et féminitude.

Il faut vous dire que le club s'appelle

le féminoir.

Je crois Arthur que demain tu seras fier

de ta mère.

Et demain moi je comptais répéter la

pièce avec Christian.

C'est inenvisageable. Après ma

conférence, il y a un déjeuner débat qui

nous conduira bien jusqu'à 4h.

Ça ne tienne à 4h.

Nous ramenons ici les Antinos à qui nous

avons promis de projeter les

diapositives que nous avons rapporté il

y a 10 ans de leur si beau pays.

Vous n'avez pas besoin de moi pour ça.

Si parce que leur fille vient avec eux

qu'il serait gentil voir opportun que tu

lui tiennes compagnie. Elle est plate

comme une seule et gracieuse comme un

rouge et gronde.

Ça te changera des sardines.

Et puis c'est faux. Stéphantinos est une

jeune fille mince et lancée avec un

visage plein de personnalités

et de point noir.

Moi je te jure que si j'étais un homme

ce qu'à Dieu ne plaise. J'aimerais mieux

sa tête pleine et ses fesses creuses que

le contraire de certaines autres. Pas de

pr Paul ?

Ah si bien sûr.

Ah et puis elle a de l'avenir cette

petite.

22 ans. On en est tous là. À 22 ans,

tout le monde n'a pas la responsabilité

de la page sociale dans un hebdomadaire

à petit tirage

mais à grande influence.

Crois-moi, elle ira loin Stéphane.

Je le lui souhaite mais sans moi.

Mais enfin, tu ne vois pas que tout vous

rapproche.

Vos familles, vos goûts, votre

éducation, votre culture

jusqu'à vos prénoms.

Nos prénoms ? Mais oui, toi tu

t'appelles Arthur à cause de Rimbo, elle

Stéphane à cause de Malarmé.

Ce sont des choses qui compte ça.

Georgette, elle s'appelle comme ça à

cause de son parin. Ça compte aussi.

Décidément, tu ne ménages pas mes

pauvres mèes en ce moment.

Et ben, j'y sais pourtant.

Écoute Arthur, ça ne peut pas continuer

comme ça demain soir. Il faut que tu a

choisi. Où Stéphane Antinos ou ma

dépression ?

Choix redoutable. E he

eh bah vous vous n'avez pas parlé des

beauchards,

j'allais le faire. Les anidos d'abord,

les beauchards après.

Ah bon ?

Bah oui. Allez vous asseoir.

Je suis confus.

Choix redoutable donc pour Arthur et

identique à celui devant lequel va se

trouver dans quelques instants Georgette

Montard. En effet, les beaux chats, amis

des Montardus, les roulants bouffants

comme eux ont deux fils

gros et vilain.

Pas du tout. Ce sont de solides

gaillards bien membrés, plein de santé,

de bonne humeur

et de graisse.

Ah bah, je te jure que si j'étais une

femme, ce qu'à Dieu ne plaise.

Je me sentirai un peu plus en sécurité

auprès d'eux qu'auprès de certains

flanqués de ma connaissance. Pas toi,

Mathilde.

Ah oui ! Ah si, question sécurité.

Et puis ce sont des malins

ça

quoi ? Un qui à 27 ans va entrer comme

chef cuisinier dans un deux étoiles et

l'autre à 28 qui s'est trafiqué un

moteur comme personne et qui a doublé en

un an le chiffre d'affaires du garage

paternel. Ce ne sont pas des malins.

Dans un sens, Roger a raison. Deux

jeunes gens qui vont têter jusqu'à plus

soif. Les deux intarissables mamelles de

la France, la bouffe et la bagnole, ce

sont des malins.

Et comme ces deux malins sont amoureux

de leur filles, les Montardus n'ont

évidemment qu'une idée qu'elle les

épouse.

Non, enfin l'un des deux.

Bah oui, par les deux forcément. pas

Ah mais n'importe lequel, ils ont la

même valeur et le même poids.

C'est à toi de te décider pour l'un ou

pour l'autre. Moi je ne veux pas

t'influencer ça.

Mais enfin papa sais, je sais rien de

presse mais enfin n'oublie pas quand

même que des occasions comme celle-là,

ça ne se trouve pas sous les roues d'une

de chevaux.

Encore heureux ?

Oui et bien n'oublie pas non plus que

ton père et moi nous ne serons pas

toujours là.

Surtout moi avec mon pauvre cœur brin

ball que tu ne ménages guerre en ce

moment. Oh, je sais. Pourtant

écoute Corette, je peux pas continuer

comme ça hein. Demain soir, il faut que

tu a choisis les fils monchard ou mon

infarctus.

Nous voilà mesdames et messieurs au cœur

du drame et nos amoureux au pied du mur.

Jusqu'à présent, la malheureuse

Georgette sous la menace d'une crise

cardiaque paternelle et le pauvre Arthur

sous la menace d'une dépression

maternelle se sont contentés bon gré

malgré de rencontrre d'un romantisme

échelé mais néanmoins frustrant.

Georgette

Arthur mon pauvre amour viens

m'embrasser dépêche-toi j'ai peur que

mes parents m'appellent.

Mon dieu qu'elle est longue la route

entre toi et moi longue et remplie

d'embûes.

Jeends

mon père descends vite. À demain.

À toujours.

Gentil.

Ce romantisme échevelé a bien entendu

attisé leurs flammes jusqu'aux limites

de l'incandescence.

Au soir de ce fameux dimanche qu'ils ont

passé, Arthur à compter les points noirs

sur le visage de Stéphane Antinos et

Georgette les calories absorbées par les

fils Beaucards. Ils sont tous deux au

confin du désespoir. On comprend même à

certains gestes

qu'Arthur songe à une issue fatale quand

soudain un homme paraît.

C'est moi.

Vous permettez le temps de rentrer dans

la peau de mon personnage.

Voilà. L'homme donc n'est ni vieux ni

jeune, merci. Ni ni gros ni maigre. Il

porte un complet gris, un attaché caisse

à la main et un sac de marin sur le dos,

le genre inclassable.

L'homme regarde autour de lui comme s'il

cherchait quelque chose. Puis soudain,

il aperçoit Arthur et s'adresse à lui.

Pardon monsieur, vous êtes du quartier ?

Ouais, j'habite juste là là.

Ah, vous savez peut-être alors si

monsieur madame Montardu habite encore.

Certainement. Nous sommes voisins.

Ah bon ? Je vous remercie monsieur.

Vous les connaissez ?

Oui, je suis le frère de Roger Montardu.

Le frère ?

Oui, enfin le demi-frère. Il y a que dem

malte.

Excusez-moi, ça m'a échappé.

Ça ne me surprend qu'à moitié.

Nous nous ressemblons guerre, mon frère

et moi. Il est le portrait de son père

et moi celui du mien.

En somme, vous êtes de la même mère.

Ah bah oui, tout de même, n'est-ce pas ?

Mais alors, vous ne vous appelez pas mon

tardu ?

Non, je m'appelle Rousseau.

Oh, c'est fantastique.

Oui, pas Jean-Jacques, George, plus

simplement.

Vous êtes George ?

Oui, George Rousseau,

le parrain de Georgette.

Ah oui, c'est ça. Oui, son parin et son

demi-on.

Ça monsieur, permettez-moi de vous

serrer la main.

Ah mais très volontiers monsieur

de vous appeler par votre prénom.

Mais je vous en prie.

Voilà.

Ben je reprends le tout parce que

Georgette m'a tellement parlé de vous

que j'ai l'impression de vous connaître.

Elle se souvient encore de moi ?

Ah je comprends.

Ah pourtant c'était encore une enfant la

dernière fois que je l'ai vu. Elle avait

à peine 9 ans.

Elle va sur ses 19.

Ah oui je sais. Oui le 28 septembre elle

est balance comme moi.

D'ailleurs, vous avez un petit air de

ressemblance tous les deux. Ah, après

cela, je n'ose plus vous demander si

elle est jolie.

Oh ! Si osez, j'adore répondre à cette

question.

C'est vrai ? Alors, elle est jolie ?

Ah, je l'aime.

Ah bon ? Elle : intelligente

elle-même alors.

Ah oui, ça c'est une preuve.

Elle est facile à vivre. Nous nous

aimons. Ah,

tu es merveilleux.

D'après ce que vous me dites, elle a

absolument pas changé.

Ah bon ?

Ah, petite fille, elle était mignonne.

Je l'aimais beaucoup.

Elle était intelligente ?

Elle m'aimait beaucoup

et elle était facile à vivre.

Nous nous aimions beaucoup.

à nos portraits concord

et ben tant mieux comme ça j'aurai

aucune peine à la reconnaître.

Plus je vous regarde plus je pense

qu'elle avait raison.

Quand ça

un jour elle m'a montré une vieille

photo de sa mère entre vous et son futur

mari monsieur Montardu. À être t ou à

Die

à être t.

Ce jour-là, elle m'a dit "C'est quand

même dommage que maman n'ait pas épousé

l'autre."

Ah bon ? Elle vous a dit ça ?

Oui. Elle a même ajouté si seulement il

revenait, je suis sûr qu'il arrangerait

tout.

Mais quoi ? Tout

mais tout ce qui gage sa vie. à notre

vie, ses parents, les miens,

l'étiquette, la harne, l'entêtement, les

clans. Moi, il me faudrait des heures

pour vous expliquer tout ça. Des heures

? Alors que George était malheureuse,

qu'elle a besoin de moi, qu'elle

m'attend, qu'elle m'appelle, impossible.

Je vous donne 3 minutes pour me résumer

le tout, le temps de monter jusque chez

eux. J'ai l'esprit vif, ça suffira.

Et George,

quoi ?

Bah, vous savez même pas mon nom.

Mais si, voyons. Roméo.

Ah, c'est vrai que vous avez l'esprit

vif, hein,

n'est-ce pas ?

Je l'oublie. Pourtant, j'entends le

champ de la vie. La là la là, la musique

est partout. Elle est là, elle tourne

autour de nous. La là la

envoyer la musique.

Le matin, je me lève au champ du coque

et la nuit.

Alors, elle est bien dans sa chambre ?

Oui. Oui, elle est couchée, elle lit.

Tu as refermé la porte-clé ?

Oui.

Donne.

Comme ça, on va pouvoir dormir

tranquille. Ah ben non, pas déjà.

Retiens bien ce que je te dis. Vaut

mieux aller voir son traversin que son

médecin.

Et puis demain, c'est le grand jour, tu

as pas oublié.

Oh Roger, comment je pourux oublier ?

Voyons, ce recensement. Notre

recensement. Mais c'est un second 14

juillet. Oui, mais pour moi c'est le

premier hein. Tiens, je t'ai repassé ta

veste de chef.

Ah, tu as cousé mégalon ?

Ah non. Ben non, épinglé seulement. Je

voulais m'assurer avant que la place te

convenait.

Il faut qu'il soit un peu plus espacé

pour qu'on voit bien qu'il y en a deux.

Bon ben d'accord, je vais les coudre

maintenant.

Très bien. Je vais relire le règlement

en attendant.

Ah, ça doit être madame du four. Je vais

lui donner le reste des sardines.

Oui. Puis après tu coudras les miennes.

Ah ! Ah ! Elle est bonne. Cel je la

replacer au beauchard. Alors

on dira ce qu'on voudra. C'est beau un

règlement.

Roger

George mais ton frère ?

Mon demi-frère

? Oui enfin c'est pas

Bah non excuse-moi. C'est ta moitié

pareil hein.

Oui oui tu as raison. C'est même

totalement différent.

Et ben quoi ? Qu'est-ce qu'il a encore

fait ce lendouille ?

Il est revenu.

George, c'est gentil de me reconnaître

après tant d'années.

Mais tu n'as pas changé du tout.

Mathilde,

toujours aussi indulgente. Toi non plus,

tu n'as pas changé.

Ah si, si quand même. Enfin, un peu plus

que toi.

Moi, j'étais dans le sel. Ça conserve,

c'est bien connu.

Dans le sel ?

Ouais.

Ah oui, tu étais dans une mine de sel ?

Non, non, non. plus simplement dans

l'eau salée

pendant 10 ans.

Oui mais à temps partiel

quand même. Tu dois avoir soif hein.

Je m' bien un grand verre d'eau fraîche.

Bon ben je je te lapporte. Tu veux

peut-être manger quelque chose ?

Non non tu es gentil de dîner dans la

viande.

Qu'est-ce que tu faisais

dans la viande ?

Non dans l'eau salée.

Ah de la pêche sous-marine.

Ah bon ?

Ouais.

Pourquoi ?

B pour vivre. Enfin plus exactement pour

survivre. Pour vivre, j'avais le reste.

Quel reste ?

Ah, le soleil, la nature, l'amour, la

méditation et ça

surtout ça.

Un silo,

apparemment. Oui, mais faut pas su aux

apparences.

Ah bon ? C'est pas un silo,

c'est mon psychanalyste personnel et

portatif.

Je lui dis tout, il ne me répond rien et

je me sens beaucoup mieux après.

Elle a raison, tu as vraiment pas

changé. Alors là

merci.

Tu aurais pu quand même t'en servir pour

nous donner des nouvelles.

Bah le temps qu'elles arrivent.

Tu étais loin ?

Ça dépend d'où.

Loin d'ici, elle veut dire.

Oui. Oui, j'avais compris. Oui, oui,

très loin. Et en vérité, je ne comptais

pas revenir.

Mais tu es revenu.

Pourquoi ?

Mon stylo était vide.

Bah dison. Alors, il y avait même pas

d'encre où tu étais alors ?

Non, il marche pas avec de l'encre.

Avec quoi alors ? Ça serait trop long à

t'expliquer. Et puis nous avons des

choses plus importantes à nous dire.

Ben certainement. Et d'abord si tu

comptes rester ?

Oui, je crois. Oui, j'ai besoin de mes

racines. J'ai l'âge des retours, l'âge

des souvenirs.

Pas délégage sur oui ou non ?

Oui, pour le moment. Oui.

À Paris ?

Oui.

Où vas-tu habiter ?

Ici.

Chez moi.

Chez nous ?

Puisque notre mère nous a laissé cet

appartement en individu.

Mais il y a pas de place.

Mais si, voyons. La chambre de ton père.

Ah bah oui

ben oui, il nous a il nous a quitté

voilà 6 ans.

Ben je sais. Oui.

Comment le sais-tu ?

Par un de vos voisins que j'ai croisé en

bas.

Caporé.

Ouais, c'est ça. Un jeune homme

extrêmement serviable.

Ouais, mais c'est le fils

qu'aporet quand même.

Il m'a proposé de partager sa chambre

avec moi si pour une raison ou une autre

vous ne pouviez pas me loger.

Mon frère, c'est descor alors ça alors

ça alors

alors ça ça me ferait mal. Math devait

lui préparer la chambre du fond. Mais

vous allez tout de suite.

De toute façon, ça n'est que provisoire.

Je déménagerai dès que j'aurai de

l'argent

parce que tu n'en as pas.

Pas beaucoup. Non.

Comment espères-tu en trouver ?

Enfin, dans les produits de ma pêche.

Ah, ramener des poissons.

Ah non, non, non. Un livre.

Je voulais parler de la pêche au stylo,

pas à la pâle en grotte.

la littérature ?

Ouais.

Alors, tu tu crois vraiment que c'est un

moyen d'existence ?

Ah, en tout cas, c'est un moyen

d'exister. Mais t'inquiète pas, bah ça

ou autre chose, je me débrouillerai

bien. Il y a plus de 30 ans que je me

débrouille.

Tuas toujours plus malin que les autres,

hein.

Ça dépend quels autres.

L'intelligence, c'est une notion

relative. On est toujours malin par

rapport à certains et idiots par rapport

à d'autres.

Ah bah non, ça c'est fini tout ça.

À l'amb depuis quand ?

Ah bah, depuis le recensement.

L'étiquette a simplifié tout ça.

Quel recensement ? Quelle étiquette ? Ah

bah non, tu vas pas me dire que tu es

pas au courant.

Bah comment veux-tu je débarque ?

Enfin, ça fait du bruit même au-delà de

nos frontières.

J'étais dans le monde du silence.

Enfin dans l'aéroport jusqu'ici tu as

bien rencontré des gens.

Oui, bien sûr.

Tu as pas remarqué qu'il portaient tous

les étiquettes là ? BC JC SC VC.

Ah oui, j'ai vu. Oui. J'ai cru qu'ils

appartenaient à des clubs et que c'était

leur insigne.

Ah non, c'est ce n'est pas l'initial de

club.

Ah bon ? C'est l'initial de quoi alors ?

De con.

De con.

Oui. Oui. De con.

Tu plaisantes ?

Non.

BC brave con SC sale con JC jeune con et

BC vieux con.

Non mais pourquoi porte-t-il ça ?

Parce que c'est obligatoire.

C'est obligatoire

pour tout le monde sous peine d'amande.

Bah et moi j'en avais pas

à l'aéroport. Ils ont dû te donner une

carte provisoire attestant que tu venais

de l'étranger.

Une carte provisoire

blanche avec un liseret rouge.

Ah oui, je l'ai mise dans ma poche. Je

croyais que c'était une publicité.

Tu l' pascheté. Tu serais tombé sur un

contrôle, on t'arrêtait. Alors

on m'arrêtait.

Mais le petit caporet n'emportait pas

d'étiquette.

Si sûrement mais caché sous son écharpe.

Ah ou c'est possible.

C'est certain. Ils en mettrai plutôt

deux dans la famille. Tu penses ? Là, ce

sont des i.

Des i ?

Oui, des i.

Ah bon ? Il y a pas que des c. Non, il y

a les i.

Les idiots ? Non, les intellectuels.

Ah bah ça alors, j'en ai pas rencontré

dans la rue.

Ils sont moins nombreux, c'est pour ça

hein.

Et aussi les I sont subdivisés comme les

autres. En brave I, sale I, jeune i,

vieux I.

Non, non, les I sont des I, c'est tout.

Leur caractéristique, c'est d'être

intellectuel. Point final. Le reste se

rattache à des notions bassement

humaines qui ne les concernent pas.

C'est un sensé ça. Comment peut-on

réunir sous une même étiquette des êtres

aussi différents qu'un vieil

intellectuel de gauche et un un jeune

intellectuel de droite ?

Il y a plus d'intellectuel de droite.

Ah bon ? Ils sont répertoriés dans les

salons.

Et ben

comme moi.

Comment toi ?

Ah parce que toi tu es un SC

et j'en suis fier.

Et Mathilde

BC

BC Ah brave

c'est ça ? Oui.

Ah le B est bien mérité.

Et Chargette est une JC

hein. Et ton père a dû être un vieux

Claire.

Il aurait été certainement s'il était

mort, il reste avant le premier

recensement.

Au vieux il a pas eu de chance.

C'était quand ? Et assis an, on en a

déjà eu deux depuis le prochain lieu

demain.

Demain ?

Oui. Oui. Demain, tu ras ton étiquette.

Alors ça ça m'étonnerait mais enfin peu

importe. Dis donc, par simple curiosité,

j'aimerais bien savoir qui a le culot de

décréter qu'on est un C ou qu'on est un

I.

L'ordinateur.

L'ordinateur. Une machine.

Non non non non. Une merveille. Tu

remplis ta fiche de renseignement, tu

l'introduis dans l'ordinateur, il se met

en route, il digère tout ça et quelques

secondes plus tard, il rend son verdict.

Tu es tranquille, il y a pas de

problème.

Non mais si par hasard je suis pas

d'accord avec lui. Si j'estime mériter

une autre étiquette que celle qu'il

m'attribue, il y a toujours pas de

problème.

Pas de problème, c'est toi qui a tort.

Ah bon ? L'ordinateur ne se trompe

jamais. L'erreur est humaine par

mécanique.

Mais si néanmoins, je suis persuadé du

contraire. Qu' erreur. Je peux me

plaindre et demander une révision de mon

cas. Ah bah bien sûr.

À un autre ordinateur ?

Non à l'administration. Mais là, je te

le conseille pas parce que tous ceux qui

l'ont fait l'ont regretté. Alors

pourquoi ?

Ah bah ça dure des mois et des mois. On

ouvre une enquête, on t'envoie un

fouineur, un sermenté qui fouille dans

ta vie comme un polyvalent dans tes

comptes et puis finalement on décrète

on décrète que l'ordinateur ne s'est pas

trompé.

Exactement. Alors autant le croire tout

de suite.

Bah voyons

et puis en pire s'affiche de

renseignement avec soi et honnêteté. Je

t'en donnerai une tout à l'heure en tant

que chef de section et mon nom refilé

une bonne plaincée au ministère.

Ah bon ? C'est le ministère des finances

qui s'occupe de ça ?

Non non j'y suis plus j'y suis plus.

J'ai été muté

hein.

J'ai été muté au au ministère du

recensement quand quand il a été créé.

Ouais ouais. Mathilde Gossier a été

affecté au service de l'ordinateur. Moi

je je supervise l'ensemble des

opérations. Je suis comme qui dirait

chef de section.

Voilà. Voilà. Tu me verras à l'œuvre

demain. Je crois que tu seras épaté.

Ah ben je le suis déjà. Et donc qui est

à l'origine de ça ?

De Mégalon.

Non non non. Du recensement de

l'étiquette.

Antoine Blancichisson un député.

De gauche ou de droite ? Il s'était

présenté sans étiquette.

Oh, c'est un comble.

Et il est dans quelle catégorie lui ?

Les intellectuels ou les autres ?

Ah non, ça on ne sait pas hein. Et on ne

saura jamais. Il est mort au lendemain

du référendum. Alors maintenant,

quel référendum ?

C'est lui on nous a demandé de voter

pour ou contre sa proposition.

Pour ou contre l'étiquette ?

Oui.

Et le vote était positif ? à 51 % comme

d'habitude.

Alors ça ça c'est incroyable.

Bah pourquoi ?

Bah que les intellectuels aient voté

pour. À la rigueur je peux le comprendre

mais les autres laissez.

C'est pourtant la majorité.

Mais boug les autres, ils savaient pas

qu'ils étaient des cons. Oh

oh écoute enfin réfléchis un peu. Il ils

pouvait pas le savoir. Ils étaient pas

encore répertoriés.

Ah

ils ne l'ont su qu'après.

Avant ils espérent.

Oui, quelques-uns peut-être, mais la

plupart devaient quand même bien se

douter qu'il n'étaient pas des

intellectuels, des gens comme toi, par

exemple.

Oui, d'accord. D'accord. Il y en avait.

Oui. Oui.

Bon, alors ceuxl pourquoi ont-ils voté

pour aussi ?

Parce qu'ils étaient cons.

Ah oui, ça c'est logique.

Mais les 49 % qui étaient contre n'ont

rien dit. On est en démocratie.

Quand l'urne a parlé, le peuple

s'incline.

Ah, c'est une très belle formule ça.

C'est de toi ça ?

Ah, ça m'étonnerait he vraiment.

En tout cas, alors il y a pas eu de

remou par-ci par là.

Ah ben, il aurait pu en avoir mais la

disparition subite de Blandichon a calmé

les esprits. On ne manifeste pas contre

un mort. Ah,

c'est vrai que Blandichon est mort.

Hélas,

tué par un contestataire.

Non, il est mort de joie en apprenant

les résultats de son référendum.

Justice immanente. Il a été puni par où

il avait péché.

Bon ben justice veut dire le père du

recensement méritait d'assister au moins

au premier pas de son enfant.

Son enfant ?

Dis plutôt son monstre.

Ah je te jure que si j'avais été là, on

m'aurait entendu.

Pas plus que les autres m contents.

Ah si crois-moi, j'aurais hurlé si fort

que j'aurais fini par réveiller ce

troupeau de veau résigné.

Mais non ça s'est passé à cheval sur

juillet et août.

Les gens revenaient de la vacances

celui-ci partaient. Alors tu sais hein

ou ça ça n'a pas changé toujours le même

procédé. Les guerres, les dévaluations,

les hausses de prix et les impôts

nouveaux ont dilu tout ça dans le soleil

de l'été.

Oui. Puis en plus cet était là, il y

avait un temps exceptionnel. Alors

forcément

forcément on pensait plus à la bronzette

qu'à l'étiquette.

D'autant que la première année, c'était

pas obligatoire de la porter sur le

maillot de bain

parce que maintenant ce lait

Ah ben heureusement sur les plages

c'était encore plus utile qu'ailleurs. À

poil c'était la pétonère.

On savait plus qui était qui. Un type te

disait quelque chose que tu ne

comprenais pas. Tu lui répondais comme

si c'était un con. Manque de peu,

c'était un intellectuel.

Ça devenait grave.

Parce que tu crois vraiment que

l'étiquette supprime ce genre d'erreur ?

Ah ben évidemment maintenant à Twitter

lieu, tu sais immédiatement à qui tu as

faire.

Personnellement, je préfère le découvrir

peu à peu et par moi-même.

Ben, ça prend du temps.

Oh, pas tellement. Hélas.

Ah bah si, quand on tombe sur des zigot

comme ça avec lesquels on ne sait jamais

sur quel pied lancer.

Toi, tu ne le saurais pas davantage si

j'avais une étiquette.

Mais si.

Mais non. Un être humain si simple, si

fruste doit-il, ne se définit pas aussi

succintement.

Si tu vas par là, le galon, le galon

aussi c'est succin. Et pourtant, ça

suffit pour définir le militaire.

Je ne te suis pas bien là.

Parce que pas comment seraiton si on

parlait un colonel ou deè classe ?

Ça renseigne sur le grade, pas sur

l'homme, pas sur le caractère, pas sur

l'esprit.

Ça éclaircit déjà les choses comme

l'étiquette. Mais crois-moi, avec ceux

qui ont les deux ça et puis ça,

il y a pas beaucoup de risque d'erreur.

Alors là,

mais alors, il faut pas s'en tenir à une

seule étiquette,

faut s'en mettre partout.

Menteur, loyal

gourmand à paresseux, dynamique rigolo,

dépressif, tatillant fa cul sous polé

sautomiche m' tuvu touche à tout ou

et pour que ce soit encore plus clair,

on pourrait se coller dans le dos sa

feuille d'impôt, son livret de famille

et son bulletin de santé.

Ce seul rêve

comme ça, on ne pourrait vraiment plus

se tromper sur le compte des gens. Mais

si justement on pourrait encore même

ligoter par des étiquettes, un homme

gardera toujours la liberté de se

révéler le contraire de ce qu'il paraît

et même de ce qu'il est.

C'est quand même une idée à creuser

hein. Tu me permets d'en parler au

ministre.

Mais comment ?

J'ai fini. La chambre est prête, tu peux

y aller quand tu veux.

Merci.

Tu dois être fatigué.

Je l'étais mais je ne le suis plus après

ce que Roger vient de m'apprendre.

Ah et sur la petite

sur la petite étiquette. Pu il faut

qu'il réfléchisse un peu à tout ça.

Nous, on va aller se coucher. Lui

puisqu'il l'a pas sommé, il va étudier

la fiche de renseignement qu'il a. à

remplir.

Ah, sûrement pas. Non, je refuse de

participer à cette absurdité.

Non, absurde ou pas, c'est la loi.

Alors, de deux choses l'une, où tu

l'acceptes ou tu repars.

Oui, ben je me déciderai demain. De

toute façon, je repartirai pas sans

avoir vu ma filleule.

Elle s'est passé de toi pendant 10 ans.

Elle pour encore s'en passer pendant 10

autres.

Moi pas. Elle me manque. Où est-elle ?

Mais dans sa chambre, elle dort.

George parin,

je ne dors pas. Ouvrez-moi.

Allez, ouvre-lui, Roger,

toi aussi tu lui manque.

Oh George ! George !

Je suis si heureuse de te voir.

Moi aussi, ma chérie.

Comme tu lui ressembles.

À qui ?

à celle que j'imaginais.

Ah

oui, en gros

mais elle était beaucoup plus gay,

beaucoup plus détendu que tu n'as l'air

de l'être.

Ah

oui, il est vrai qu'elle n'était pas

enfermée dans sa chambre à double tout.

Disons toi avant de jouer les

redresseurs de temps, demande-lii un peu

pourquoi elle est bouclée. C'est bien

mon attention.

Ah mais je vais te le dire moi. Je vais

te le dire.

J'ai pas besoin que tu me le dises toi

parce que deux fois su je l'ai surpris

même les chaussures à la main. Revenons

d'un rendez-vous clandestin avec le fils

qu'aprorit. Oh

juste 5 minutes. Je te jure, il avait

absolument besoin de me parler.

Mais je te crois.

Oui mais demande-lii un peu de quoi il

avait absolument besoin de lui parler.

Je m'en doute bien va.

Ah sûrement pas. Mais je vais te le dire

moi. Je vais te le dire. Il avait

absolument besoin de lui parler boulot.

Ah bon ? Est-ce que je mens ?

Non. Arthur souhaitait B.

Alors écoute bien ça. Non mais écoute

bien ça. Il s'était mis dans la tête de

lui faire quitter sa place.

Ah ! Et il est arrivé le petit

au chômage si il a trouvé un autre

emploi moins bien payé mais qu'il juge

lui plus enrichissant.

Ah qu'est-ce que tu fais ?

Mais je vais te le dire ce qu'elle fait.

Je vais te le dire.

Elle travaille dans une librairie.

Ah

spécialisée.

Spécialisé dans quoi ?

Dans les livres.

Je sais que pour une librairie, c'est

normal.

Je m'en va, ils vendent que ça alors là

vraiment c'est et encore pas des neuf

hein.

Ah bon ? De livre ancien

c'est ce que je dis. Il ne vendent ni

journaux, ni magazine, ni papéterie.

Oui. Bon ben c'est pas plus mal.

Oui mais avant avant tu sais ce qu'elle

vendait avant.

Non mais je suppose qu'il est inutile

que je lui demande. Tu vas me le dire

toi ? Tu vas me le dire.

Non non demande-lui. Ne gêne pas.

Ah bon ? de même.

Alors, tu vendais quoi ?

Des fromages.

Et attention hein, pas n'importe où.

Dans une crèmerie spécialisée, Chizou.

Exactement.

Une des plus réputés de Paris.

Georgette, est-ce que je m

Non.

Le vendredi, les dames des beaux

quartiers des fils dans la boutique

pour y acheter leur camaire du weekend.

Tu vois ça d'ici hein ?

Oui, très bien. Oui.

Elle préfère peut-être l'odeur des vieux

livres à celle des fromages.

Non, c'est pas elle qui préfère. C'est

ce mondion avant qu'il n'arrive. Elle

ador fromage

Changette, est-ce que je ms ?

Non.

Est-ce que c'est Arthur Brouon qui t'en

a dégoûté ?

Oui.

Bon ben alors voilà, tu as entendu hein,

je lui fais pas dire.

Alors tu comprends maintenant pourquoi

je t'enferme dans sa chambre ?

Non pas vraiment.

Mais pour la soucère à la néfaste

influence de l'infame caporé. Oh

il n'est pas info. Tu os dire ça ? C'est

le plus adorable des garçons, le plus

tendre, le plus compréhensif. Tu tu m'es

pilules. Tiens,

vous avez préparé, ça finit toujours

comme ça.

Ma faute.

Oui. Ben ne t'inquiète pas. Déjà à

l'école quand il savait pas quoi

répondre, il simulait des crampes à

l'estomac.

Maintenant, c'est au cœur. Avec l'âge,

il s'adapte.

Mais il a toujours été fragile.

C'est ça. Oui.

H Je crois qu'il vaut mieux que tu aille

couché.

Oh, j'ai t chose à te dire.

Oui, moi aussi.

Mais on se le dira à demain.

C'est mieux.

D'accord.

Allez,

bonne nuit.

Toi aussi.

Dors bien.

Ouais, bien.

Pardon ? Tu tu permets hein. Je t'en

prie.

mignonne

oui

Quel dommage qu'Arthur n'ait pas pu de

voir. Ce tour de clé lui serait allé

droite au cœur.

Ah, je me demande bien pourquoi.

Et ben, je vais te le dire, moi. Je vais

te le dire.

Plus tu les empêches de s'aimer, plus

ils s'aiment. Plus tu cherches à

compromettre leur aventure, plus tu la

favorises.

Comment ça leur aventure ? Toujours une

aventure de s'aimer.

Oui, d'accord. D'accord. Mais à part ça,

il t'a bien dit qu'il y avait rien entre

eux.

Comment rien ? Une passion et un

désespoir ? Tu trouves que c'est rien

toi ?

Non non, je voulais dire rien

d'irréparable.

Mais un désespoir ça peut-être beaucoup

plus irréparable que ce à quoi tu penses

?

Non. D'accord. D'accord. Mais enfin ce à

quoi je pense n'a pas eu lieu.

Non. Si c'est ce qui t'intéresse, ils

n'ont pas encore couché ensemble.

Dieu soit lui. Si ça arrivait, j'en

mourrais.

C'est ça. Bien entendu. Tu préférais que

ce soit eux qui en meurent si ça

n'arrive pas.

Foutis, ils sont jeunes.

Raison de plus pour mourir d'amour.

Oui, c'est vrai. À nos âges, le cœur est

plus résistant.

C'est de bon goût de me dire ça avec le

mien qui b la breloque.

Mais enfin, pourquoi ne veux-tu pas que

Georgette épous le fils caporé ? Mon

dieu ! Parce qu'elle est c et qu'il est

i

quoi ça ? Ça n'est que pour ça.

Je suis radicalement contre les mariages

entre personnes de races différentes.

De raccors abérant. Ils sont de la même

race. La race des jeunes. La race des

amoureux. S' a pas cette connerie

d'étiquette, jamais tu ne pourrais

soupçonner la moindre différence de race

entre eux.

Peut-être, mais l'étiquette existe. Leur

différence existe bien visible aux yeux

de tous. Et je ne veux pas que sa vie

durant ma vie subisse les brimades de la

tribu des pensaus.

Les brimades ? Quelles brimades ?

Des airs condescendants, des réflexions

vexantes, des sourires méprisants.

Que ta fille ne risque rien de tous avec

Arthur il l'adore.

Oui, mais pour sa famille, leurs amis,

leurs relations, ils lui font sentir à

chaque instant leur supériorité. Et donc

si Arthur était le très riche héritier

d'une très noble famille et qu'il soit

un C, tu le repousserais aussi ?

Mais bien sûr que non. Si c'était un C.

Bon toi tu pas me dire que la

supériorité intellectuelle est pire que

la supériorité financière ou sociale.

Elle est plus sournoise.

Enfin depuis votre recensement, il s'est

pas formé de nouveaux couples dont l'un

n'appartient pas à la catégorie de

l'autre.

Ah si et relativement nombreux même.

Et ben, ça devrait être rassuré ça. Les

flèches de Cupidon déchirent les

étiquettes.

Pas du tout. Le Cupidon sert tout

simplement à changer les étiquettes.

C'est-à-dire

et ben quand un i comme Arthur par

exemple fréquente une comme Georgette,

c'est avec l'arrièrepensée de l'amener

tout doucement dans sa catégorie.

Et ben c'est merveilleux. S'ils étaient

tous les deux des i, il y aurait plus de

problème de race et il pourrai se

marier.

C'est ça. Et avoir les enfants. Et moi,

je serai le grand-père C, le bébé I.

Il en met quand même pas encore des

étiquettes sur les couches culottes.

Mais les bébés grandiront, ils porteront

des barbes, des lunettes, des écharpes.

Ils penseront comme on respire. Ils

n'aimeront ni la voiture, ni la bonne

femme. Ils ne seront pas mes petits

fils, ni ce Mathilde.

Bon, alors vous, pourquoi l'essayez-vous

pas vous aussi de changer d'étiquette ?

Quoi ?

Si Georgette est capable par amour pour

Arthur devenir I, pourquoi vous par

amour pour elle ? Ne seriez-vous pas

capable de le devenir également ? Tu

voudrais qu'on rejoigne les rangs de

l'ennemi ?

Et pourquoi pas ?

Mais c'est à croire que tu es de leur

bord. Enfin, c'est tout ce qu'ils

souhaitent nous récupérer.

Et ben, ça part d'un bon sentiment.

Moi, je trouve aussi parce que c'est

vrai à leur place, il y en a bien qui

chercheraient à garder le gâteau pour

eux tout seul.

Le gâteau

la culture.

On appelle ça le gâteau. Mais moi je te

dis que c'est pas de la tarte.

Oui, enfin quoi qu'il en soit, s'ils

sont prêts à à prendre en compte tout

ça, on peut pas leur en vouloir.

Mais si, parce que leur idée c'est que

tout le monde soit uno, même ceux qui

veulent pas. Bah,

on les y force pas tout de même.

Ah bah par si bête, ils procédent en

douceur avec le par le leur le alors

comment elle appelle ça ? Jegette alors

quoi ?

Oh !

Ah ! Quand un machin s'impring d'un

truc,

c'est un truc différent par simple

contact.

Ah, par osmos. Voilà, ils imprignent les

gens de culture par osmose sans qu'ils

s'en rendent compte. Tu ouvres la télé,

la radio, les journaux, paf, à chaque

fois, mine de rien, tuen prends une

petite giclé

à dose homéopathique. Alors

parce qu'en toute franchise, je n'ai pas

l'impression que tu en sois gravement

imprégné.

Oui mais moi j'ai cessé de regarder tout

ça moi maintenant après le boulot c'est

la bolotte ou la partie de pétanque avec

les copains.

Ah bon ?

Dès qu'ils sont pas imprégnés non plus

et qui sont pas près de l'être.

Vous faites de la résistance en quelque

sorte

sauf qu'on n pas à se cacher.

N'y a qu'un de dénonciation j'espère.

Bah manquerait plus que ça. On est

encore en France. N'importe qui a le

droit d'être con si ça lui chante. Alors

là

Dieu soit loué.

Ensemble, l'étiquette entraîne une

ségrégation beaucoup plus larvée que

tangible.

Qu'est-ce que tu entends juste par là ?

Et ben, par exemple, les I et les C

peuvent monter dans les mêmes autobus,

se fournir dans les mêmes boutiques,

évidemment.

Bon, se rendre dans les mêmes salles de

spectacle.

Théoriquement, oui, rien ne le leur

interdit. Mais pratiquement pratiquement

les C vont dans des théâtres pourcés et

les I dans des théâtres pourris

parce que les théâtres aussi sont

étiquetés.

Non non, c'est pas la peine.

Non, les auteurs et les acteurs le sont

alors ça suffit hein. Et personne ne

pense de part et d'autre qu'on gagnerait

à ce qu'il y ait certaines

interférences.

Oh il y en a il y en a. Moi je connais

des I qui vont dans des théâtres pours

alors histoire de de rigoler un bon

coup.

Oui mais ces h là ce sont des i honteux.

Ils y vont au cland dessinement avec des

étiquettes de c pour ne pas perdre leur

réputation. Mais les autres les purs,

les vrais les capet et compagnie ils ne

s'y frottent pas.

Il ne plaisant pas avec la rigolade

avec rien. Et tu voudrais que ce soit

des gens comme ça que je donne ma fille

jamais.

Oui bon bah il faut pourtant trouver une

solution.

Allez tout trouvé Georg épuisera l'un

des fils mon chat.

Elle les déteste l'inclos.

Elle finira par les aimer l'un ou

l'autre. se sont donnés à roulant

bouffon comme elle depuis race comme

elle depuis quatre générations comme

elle où il lui font des enfants normaux

comme elle et non par des monstres à

lunettes qui liront marcus dans le

youala

je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi

aussi secctaire que toi tiens

tuas jamais vu

non je l'ai jamais vu.

Alors là va chez les caporetis. Non mais

alors va chez les Caporet. Alors là, tu

verras, ils sont largement aussi

sectoriels que moi.

Ça n'est pas possible.

Bah qu'est-ce que tu paries ?

Le mariage de Georgette.

Top là. S'il cède, je cède.

Ils cèderont.

Excellente,

sublime,

adorable.

Quel style ? Quelle force ? Quels yeux ?

Mon dieu, ça doit être Carsof qui vient

voir si on a fini de lire son manuscrit.

On l'a depuis hier soir et il y a 827

pages. Et ça se lit pas comme du San

Antonio, hein.

Tu lis San Antonio ? Ah non, je disais

ça comme ça.

Ah

et il est impatient hein

Oh, on n'arrive pas à lire aussi vite

qu'il écrit.

Va lui ouvrir et préviens-le qu'on en

est qu'à la moitié,

ce qui n'est déjà pas si mal.

Est en tout cas suffisant pour avoir

matière à discussion.

En Dutant que

c'est une œuvre indiscutable.

Indiscutablement. Raison de plus pour en

discuter.

Bonsoir. Je vous prie d'excuser cette

intrusion nocturne.

Qui êtes-vous ?

George Rousseau, un ami de votre fils.

Ah bon ? Il est

il est parti chercher des allumettes.

Des allumettes ?

Oui.

Il y en a plein à la maison.

Alors, c'est qu'il est parti ailleurs.

De toute façon, c'est vous que je

voulais voir.

Nous, pourquoi ?

Parce que me permettez-vous de m'asseoir

comme l'écrit justement Kant,

l'inconfort nuit au cheminement de la

pensée.

Il a écrit 50.

Euh oui, vous ne vous rappelez pas

dans la critique de la raison pure.

Ah non,

dans le fondement de la métaphysique des

meurs.

Ah

vous rappelez ? Siis

c'est pour ça il y a longtemps que je ne

l'ai pas relu.

Ah comme c'est dommage.

Oh très joli ce masque Kyogen.

Hm. Admirable. Pardon passé, je vous en

prie.

Il doit être des environs de 1640 hein.

Ah oh non. Oh non. 1630 même. Ah oui,

c'est le début de l'époque d'où ça

voyez. Vous

vous intéressez à l'art japonais ?

Je m'intéresse à tout monsieur.

Ah

oui,

mais vous n'êtes pas antire ?

Non non non non. Présentement non.

Alors présentement vous êtes

médiateur.

Médiateur ?

Oui. Je m'entremis pour trouver un

accord entre plusieurs personnes. En

l'occurrence vous et les Montardus.

Vous connaissez les Montardus ?

Je suis le parin de Georgette

et le demi-frère de son père.

Et vous connaissez Quant aussi ?

Je l'ai rencontré jadis au collège,

mais nous ne nous fréquentons plus

depuis longtemps.

Mais vous n'avez pas d'étiquette ?

Non.

Pourquoi ?

Je suis venu aujourd'hui même d'une

longue absence de 10 ans. Mais voici ma

carte provisoire.

Dans ces conditions, vous ne pouvez pas

être médiateur.

Pourquoi ?

Comment voulez-vous qu'on discute avec

quelqu'un dont on ignore qui il est ?

Ah mais ça, je peux vous le dire.

Mais non,

le recensement n'a lieu que demain. Vous

ne pouvez pas déjà savoir si vous êtes

dans les c ou dans les hi ? Revenez

demain quand vous aurez votre étiquette.

Non non, je sollicite un échange à

esprit nu pour vous i curieux par

essence et par définition. C'est une

expérience enrichissante. Vous n'avez

pas le droit de la repousser.

Évidemment vu sous cet angle c'est assez

tentant,

n'est-ce pas ?

Qu'est-ce que tu en penses ?

La même chose que toi.

Mais si je peux me permettre.

Je t'en prie. dit chacun est là pour

s'exprimer.

Et bien puisqu'il s'agit

d'enrichissement, je me demande si nous

ne pourrions pas doubler notre mise en

s'enrichissant chacun de son côté. Toi

ici avec monsieur et moi dans la chambre

avec Carsof.

Pourquoi pas ? Personnellement, je n'y

vois aucun inconvénient.

Moi non plus à condition. De fois que si

j'ai par hasard le bonheur de vous

convaincre, madame, il ne me faille pas

demain recommencer mon plédoyer pour

convaincre monsieur. Aucun danger.

Ah bon ? Mon mari n'est pas sexiste. Il

reconnaît l'égalité des droits dans le

ménage.

Quand elle est d'accord. Je suis

d'accord.

Alors, je vous souhaite une très bonne

nuit, monsieur. Très très enrichissante.

Moi demain.

À demain, Paul.

Dors bien.

Je n'y manquerai pas.

Vous l'aimez ?

Pardon ?

Je vous demande si vous aimez votre

mari.

Voilà une question.

Voilà une réponse.

Vous m'avez surprise, c'est tout. C'est

pas le genre de question qu'on se pose

après 25 ans de mariage.

Alors je vous la poser autrement.

L'avez-vous aimé il y a 25 ans ?

Ça oui, je peux vous le jurer et d'un

amour

fou si ça vous intéresse.

Plus que cela, ça m'enchante.

Votre fils éprouvant pour ma fiel un

amour fou comme vous jadis pour votre

mari, vous serez sûrement d'accord pour

qu'il en connaisse comme vous la logique

et heureuse conclusion.

Aucune comparaison.

Pourquoi ?

Pour moi, il s'agissait d'un amour fou

avec toutes les raisons de l'être. Pour

lui, il s'agit d'un amour fou sans

aucune raison.

Un amour fou, c'est un amour fou. Par

définition, la raison n'a rien à y voir.

Dans le mien si, il était censé de ma

part d'être follement amoureuse. Tout me

rapprochait de Paul, tout m'appelait à

lui. Nous étions de la même race.

Ah, vous aussi ?

Comme aussi.

Non, non, rien, rien, rien, rien.

Nous avions les mêmes aspirations, les

mêmes goûts, la même quête.

La même quête.

Parfaitement. Et c'est ce qui a sauvé

notre ménage.

Tiens, il était don en perdition

comme beaucoup d'autres. Comme le serait

celui d'Arthur.

Ah, ce n'est pas forcément héréditaire.

Quoi ?

Les déceptions

de quel ordre les vôtres ?

Mais déception.

Oui, vos déceptions.

De quel ordre elles étaient ?

Ne répétez pas toutes mes questions pour

vous donner le temps de réfléchir à ce

que vous allez répondre. Vous n'êtes pas

un homme politique à la télévision.

Moi réfléchir à ce que je vais répondre.

Oui, ça suffit, n'est-ce pas ? Alors,

avec Paul, vos déceptions ne

venaient-elles pas de la chose ?

Quelle chose !

C'est curieux comment on peut parler la

même langue et n'avoir pas le même

langage.

Tienne, je vais employer le vôtre.

N'ayiez-vous pas ressenti

une déception frustrante

au niveau de la libido

et parfois de conséquence un blocage

signifiant au niveau de l'orgasme ?

Là, je vous comprends mieux.

Personnellement, ça me semble un peu

compliqué pour une chose aussi simple.

Simple ? Oui.

L'étrange alchimie entre un cerveau et

un sexe féminin.

Ah, vous êtes bien un homme pour dire

des choses pareilles.

Effectivement, j'en suis un et qui plus

est je m'en vente. Mais votre fils en

est un également et il a dans ce domaine

des vues aussi simples que les miennes.

Arthur,

bien sûr, il a la tête culturelle mais

la fesse impétueuse

et exigeante.

Il vous l'a dit

pas dans ces termes. En fait, il m'a

fait comprendre que la sensualité

entrait pour une part importante dans

les sentiments qu'il portait à

Georgette.

Il est son amant.

Pas encore. Il n'a pas voulu l'être à la

sauvette entre deux portes ou entre deux

étages par crainte de gâcher un moment

que des prémisses. L'autoriste à supposé

grandiose.

Oui, enfin bref, soyons clair, il

préfère reculer pour mieux sauter si

j'ose dire.

Ce qui est la preuve d'un raffinement

sexuel tout à fait prometteur.

Ça peut-être aussi la preuve qu'il n'est

pas très pressé, pas très intéressé par

la

chose

comme son père, dites-vous.

Jamais dit ça.

Vous l'avez pensé si fort que je l'ai

entendu. Mais tranquillisez-vous pour

ça, il tient de votre côté.

De toute façon, le plaisir se dégrade

plus ou moins vite comme tout.

Non, les joies de l'esprit ne s'altèrent

ni ne meurent.

Les joies du corps sont plus vives et

plus ardentes.

Oh, peut-être mais tellement fugitives.

Fugitive. N'exagérons rien.

Enfin,

l'acte proprement dit.

Oui.

Dans le meilleur des cas, ça occupe quoi

?

tout compris ? Disons,

ne précisons pas, il ne faut complexer

personne

si vous voulez,

n'est-ce pas ?

Disons que ça occupe infiniment moins de

temps que le reste.

Quel reste ?

Avant et après.

Ah oui, hélas. Et j'estime, quelle que

soit la satisfaction qu'Arthur pourrait

éprouver pendant qu'il ne doit pas

sacrifier tout ce qui précède et tout ce

qui suit. Mais madame l'amour n'est pas

un sandwich

composé d'une petite tranche de pendant

entre deux grandes tranches d'avant et

d'après.

Et c'est quoi alors ?

C'est un amalgame du tout. Les avants et

les après bénéficient de la suavité des

pendants. Avant on en rêve, après on

s'en souvient, avant on attend, après on

espère. Ça prend du temps.

Pas tout le temps quand même. Et Arthur

aura, croyez-moi, le loisir de s'ennuyer

avec votre fille.

Et ben si s'ennuie en tout cas, il ne

s'embêtera pas.

Soyons sérieux.

De quoi pourrait-il parler ensemble ?

Il lui parlera, vous l'ignorez

peut-être, mais les hommes adorent ça.

Elle a la tête aussi vitinte en bour.

Il la remplira, il instruira Georgette,

il la formera, la modellera, la

façonnera et ça son pigma lion. Ça aussi

les hommes adorent.

Il ne comblera jamais le fossé qu'il y a

entre eux. Le dialogue ne s'établira

jamais. Elle restera muette.

Elle pensez-vous, elle lui dira plein de

choses.

Je t'aime.

Je t'aime.

Tu es ma raison de vivre. Je te dois

tout. Je ne serai rien sans toi. Je

t'appartiens, coré âme. Tu es l'être le

plus intelligent de la terre. Je t'aime

et je t'aimerai jusqu'à mon dernier

souffle.

Vitanise enrichissante pour mon fils.

Plus que vous ne croyez, ça l'enrichira

de tendresse et ça le rassurera. C'est

si important de prendre confiance dans

les yeux des autres.

Moins important pour son avenir que

d'avoir à ses côtés une femme dont la

dialectique les prône l'épaule et le

transcendre.

Madame, pourquoi faut-il toujours au

long meilleur imposer aux êtres des

aujourd'hui sinistres ?

D'illeurs mafiole deviendra cette femme

que vous souhaitez pour votre fils.

Jamais, elle en est incapable. C'est une

sé grand.

Quand elles aiment, les femmes sont

capables de tout.

Si elles aiment des maçons, elles

construisent des maisons. Si elles

aiment des curées, elles servent la

messe.

Et si elles aiment des intellectuels,

elles se mettent à penser. Georgette se

haussera jusqu'au cim d'Arthur.

Et si c'était le contraire, que ce soit

lui qui s'abaisse et la rejoigne dans

ses habits,

c'est qu'il y trouverait son compte et

qu'il serait heureux ainsi. Et bien moi

figurez-vous que je n'ai pas élevé mon

fils comme je l'ai élevé pour qu'il

passe sa vie avec une fille m'ont tardue

Abichonner sa voiture, se remplir la

pens lire que l'équipe et sentir la

sardine.

Mais l'avez-vous vraiment élevé pour

qu'il se morfonde toute sa vie auprès

d'une stéphane antinos ?

Elle au moins, elle a la même culture

que lui.

C'est ça. Les mêmes aspirations, les

mêmes goûts, la même quête.

Malheureusement est aussi attirante

qu'une chaisière.

Et puis enfin, petit détail, il ne

l'aime pas.

Si Arthur a, comme vous le prétendez un

tempérament exigeant, il s'en

accommodera très bien.

Ne plaisantons pas, il est fougueux, pas

malade.

Il épousera Stéphane Antinos.

C'est une respectable penson qu' on

comme lui de pure race comme lui, depuis

quatre générations comme lui. Elle lui

fera des petits intellectuels comme lui

et non des monstres jouflus quiiront

jusqu'en terminal.

Vous êtes aussi que mon tardu, hein ?

Il est par bêtise.

Moi, je le suis par lucidité.

Tout est dit, finissons-en.

Mais vous qui êtes i, vous vous devez

d'être tolérante.

Et bien, je le suis avec votre frère, je

le tolère.

Non, je vous en prie, ne jouons pas sur

les mots.

Je tolère sa présence, ses remugles, ses

crieries. Toléré, ce n'est pas accepté.

Non mais tolérés c'est admettre le droit

à la différence. Vous savez pertinemment

que vous êtes intolérant.

On a le droit de l'être avec ceux qui le

sont pour les forcer justement à ne plus

l'être.

Alors on nen sortira jamais. Mais

on en est sorti depuis longtemps. Mon

tardu ne veut pas de mon fils. Moi je

veux pas de sa fille. Il y a pas de

problème. C'est vous qui en créez un de

toute pièce.

Et vos enfants, eux ont autant de

problèmes.

Quelle chance pour eux. Nous leur

offrons un amour impossible. Les

meilleurs, les seuls éternels.

Juliette avaient pu se marier, on les

aurait retrouvé 2 ans plus tard en

bigoui et en pantoufle

et ils ne seraient jamais entré dans la

légende.

Mais vos enfants se foutent d'entrer

dans une légende. Ils veulent entrer

dans la vie. Au plus vite, la main dans

la main et être heureux. Comprenez-vous

? Heureux

comme

le bonheur n'a pas encore d'étiquettes.

En tout cas, vous demain vous en aurez

une et je serais curieuse de savoir

laquelle.

Votre doute m'honore madame.

En attendant, je vous prie de sortir et

de ne jamais remettre les pieds chez

moi.

Rassurez-vous madame, demain je serai

parti

pour où ?

Un endroit écarté. Je voula être

tolérant. On est la liberté.

Vous êtes homme d'honneur, on est la

liberté.

Je sais. C'était une relecture valable

mise en trope. Acte 5, scène finale.

Merci. Je connais Molière. Monsieur,

sortez.

Volontiers, madame.

Mais en guise d'adieu, j'aimerais vous

fournir un sujet de réflexion.

Vraiment ?

Oui, madame, vraiment. S'il revenait

Molière, selon vous, ce serait un C ou

un I.

Marcel,

donne-nous la lumière, on va

recommencer.

Merci.

Bon alors vous vous rappelez où on en

était resté ? Oui.

Et ben je vous le rappelle quand même.

Fiasco total autant avec Roger Montarduc

qu'avec Gabriel Caporé. Découragé,

George décide de repartir là-dessus en

tracte.

Tout de suite après, il y avait une

scène entre Georgette et Arthur.

Une scène d'amour.

gentillette mais un peu platouillarde.

Alors finalement l'auteur l'a coupé et

il a bien fait. Et la pièce recommence

directement par la deuxième scène. Ça se

passe le jour du fameux recensement dans

le bureau de l'administration réservé à

madame Montardu.

E oh bah vous pouvez y aller. Le rideau

élevé. Non, pardon.

Et j'avais pas vu.

Il y a pas de mal.

Bah allez-y.

Bah oui, vous permettez juste une

seconde, je voudrais me familiariser un

peu avec le décor. Ça c'est la première

fois que je le vois alors je suis

complètement dérouté.

Ben pourtant, il correspond tout à fait

à la description du manuscrit. Là, le

côté est réservé au public avec ban,

chaise, table, magazine, hein. Là, le

côté réservé à l'administration

avec le bureau de la préposée. Oui.

Votre bureau, votre fauteuil, votre

tricot,

l'ordinateur avec ses signaux lumineux,

son bouton de mise en marche et la fente

par laquelle parviennent les résultats

des personnes déjà recensées.

Oui. L'autre fente ?

Quelle autre fente ?

Bah, celle où les gens doivent

introduire leur fiche de renseignement.

Ah, en coulisse dans la partie cachée de

l'ordinateur.

Bon, d'accord.

Bon, alors ça y est, vous vous êtes

repéré ?

Oui.

Et ben allons-y.

Non, mais je trouve quand même ce décor

bizarre.

Quoi ? Qu'est-ce que vous trouvez

bizarre ?

Qu'il y a un côté vieillot et un côté

futuriste.

C'est exprès. C'est une vieille salle de

mairie qu'on a modernisé pour les

besoins du recensement.

Oui, mais pourquoi que d'un côté ? parce

qu'on est en France

et qu' avait pas assez de crédit pour

moderniser les deux en même temps.

Alors, d'abord l'administration,

après les administrés.

C'est symbolique.

Ben dites donc, faud faudra expliquer ça

dans le programme parce que vos

subtilités décoratives,

ne vous inquiétez pas, on se débrou

d'une façon ou d'une autre pour les

faire comprendre. Bon, alors où sont où

sont les étiquettes ?

Là au-dessus.

Oh, ça peut tourner.

Ça doit pour que le public toutes les

catégories représentées.

C'est débattant,

n'est-ce pas ? Bon, alors ça y est, vous

êtes prêtes, on peut commencer ?

Oui. Bah oui. Oui. Allons-y. Allons-y.

Allons-y. Oui, mais ça commence comment

déjà ?

Vous téléphonez à l'intendance pour

réclamer des étiquettes.

Ah oui oui oui. Bon ben ça y est.

D'accord, j'y suis. Allô l'intendance.

Oui s'il vous plaît s'il vous plaît

composez quand même un numéro avant de

dire allô l'intendance, ça fera plus

vrai.

Ah oui, pardon.

sont des amateurs. Bah faut les excuser

ça.

Allô l'intendance ici madame Montardu.

Oui, il me faudrait au plus vite des

vieux C

des braves C. Mais une vingtaine de

chaque. Non non, ça suffira. Il y a plus

qu'une heure avant la fermeture. Ah

Roger, tu tombes bien. Je venais

justement d'appeler l'intendance.

Madame Montardu, je vous ai déjà prié

dans le service de m'appeler chef

et de me vous voyer.

Alors, excusez-moi chef,

c'est difficile. Vous êtes quand même

mon mari depuis 22 ans.

Aur d'accord. Ici, vous êtes une

employée et je suis votre supérieur

hiérarchique.

Oui. Oui. Non, je sais bien chef.

Non mais je pensais que comme on était

vous n'êtes pas là pour penser, vous

êtes là pour obéir aux ordres et moi

pour pour

pour Ah oui pour les faire respecter de

gré ou de force en dehors de toute

considération d'ordre privé.

Tchez de ne plus oublier.

Je m'y effcerai chef.

C'est bien madame monter. Vous êtes

digne de votre étiquette.

Oh vous aussi chef, vous êtes un vrai

sale con.

J'en suis fier.

Évidemment chef sans quoi vous n'en

seriez pas un.

Et d'autant plus fier que ça se raré

d'après les renseignements que j'ai

d'autres centres de recensement. Ma

catégorie est nettement en veste.

Mais ici c'est pareil.

Vous aussi vous avez beaucoup de

mutation. Des sales cons qui sont

devenus des braves consurément

classés comme ça ou carrément comme

vieux.

La France devient de plus en plus

amorphe.

Et d'ailleurs, on a qu'à regarder les

étiquettes qui me restent. C'est celles

qui me manquent. C'est révélateur.

Ah bah tiens, j'aurais cru que vous

auriez écoulé plus de i.

Non non, c'est à peu près la même

proportion que les autres fois.

Il stagnent.

Ça marche pas si bien que ça leur truc

de l'osmose. Pour être juste, il faut

dire que les caporets ne sont pas encore

venus.

Évidemment, ça va faire un trou. Et les

beauchards ?

Oh ! Alors, les deux filles sont changé

de catégorie

quoi. Ils ne sont plus laissés comme

leur père.

Non, baissé et tous les deux.

Ah bah ça alors, il faut vraiment qu'il

soit amoureux de Georgette.

Et en revanche, leur mère n'a pas

changé.

Oh, sacré Mè toujours vié, hein.

Ou oui, toujours.

Rentrez.

Ah, je vois là. To tu t'es enfin décidé

à rester ?

Non.

Comment ? Non,

je suis venu ici par curiosité mais je

suis pas encore décidé.

Non mais note bien que tu peux toujours

te faire recenser et partir après si tu

ne supportes pas l'étiquette.

Je ne la supporterai jamais.

Alors

je ne supporterai pas non plus de mes

douigner en vous laissant avec

l'étiquette.

Et ben alors reste, tu verras, on

s'habitue.

Ah non, pas moi. Non, sûrement pas.

Alors

pas avant de nous avoir fait signer la

paix avec les capores.

Jamais.

Alors reste.

En tout cas, avant 1 heure, il faut que

tu a pris ta décision.

Oui, je sais.

En attendant des fois que tu te décides

pour l'étiquette, je vais chercher celle

qui manque. Des braves C et des vieux C.

Je pourrais bien justement que soit

celle-là dont tu ai besoin.

Tu as pu voir Georget ?

Et oui, Arthur aussi. Nous avons déjeuné

tous les trois ensemble.

Et ben la situation est claire. Je

leurais proposé trois solutions. La

première, la plus classique, faire un

bébé. Oui. Et attendre la traditionnelle

réconciliation devant le berceau. Ils ne

veulent pas. Deuxème solution, passer

outre au refus de leur famille

respective et rompre les ponts. Ils ne

veulent pas. Troisème solution, elle me

semblait évidente mettre à profit le

recensement d'aujourd'hui pour changer

d'étiquette.

Et oui, soit qu'Arthur remplisse la

fiche des renseignement de Georgette

pour qu'elle devienne i comme lui soit

le contraire. Ils ne veulent pas.

Ah mais encore heureux. Ah ! Ils ne

t'ont pas dit que c'était interdit ?

Si si si. Mais ça ne me semblait pas

très grave d'enfrain une loi aussi

imbécile pour une cause aussi bonne.

Mais tu ne te rends pas compte, il y a

des gens qui l'ont fait. On leur a collé

des amendes à les mettre sur la paille.

Ah parce qu'on réprime aussi la fraude

cérébrale

aussi sévèrement et aussi sournoisement

que la fraude fiscale.

Il y a des polyvalents de l'étiquette.

Ah mais comment ? Et alors dès qu'ils

prennent un type dans leur collimateur,

ils le suivent partout en douce. Ils se

renseignent, ils prennent des notes.

Pour savoir quoi ? S'il vit au-dessus ou

au-dessous de ses moyens intellectuels.

Exactement. Ils appellent ça une

vérification en profondeur.

Enfin, il doit bien y avoir un moyen de

tricher. Nous sommes en France tout de

même.

Ben leur truc est très au point.

Ouais.

Entrez.

Ah,

monsieur Bouchard vous dérange peut-être

? Non, pas du tout. Je présente monsieur

Rousseau, mon beau- frère

Rousseau ? Oh, dans mon jeune temps,

oui,

j'ai connu un Rousseau.

Que si c'est Jean-Jacques, on m'a déjà

fait le coup, monsieur.

Je vois pas du tout de qui vous voulez

parler.

Ah !

Ah bah oui, je comprends.

Non, non, non, non. Hein

? Non, non. Rousseau.

Oui. Rousseau.

Rousseau. Il habitait Montredon la

Baissonnier

dans le Tarne.

Oui, ce n'est pas moi, monsieur. Oh,

il avait les yeux bleus comme vous.

Ce n'est quand même pas moi.

Et et il faisait un de ses fois gras.

Ce n'est toujours pas moi.

Oh que c'est dommage.

Ah bon ? Oh, j'aurais été content de

retrouver un ami de jeunesse.

Oh ben, je suis désolé monsieur. Ce sera

peut-être pour une autre fois.

Je sais pas.

On semblait pas bien gay aujourd'hui,

monsieur Bechard ?

Ben non. Ben non.

Ben non, pas tellement. Non.

Don, le moteur a dévision

des 60 lu a pas réussi.

On va vous donner une belle étiquette

rose, ça va vous remonter le moral.

Moi, j'aimais bien les bleus.

Mais pourquoi les change-ton de couleur

?

Mais pour ne pas qu'on s'en serve d'une

fois sur l'autre. Ah

oui, c'est le même principe que les

vignettes auto. Monsieur,

vous avez compris, monsieur.

Bon, alors vous avez votre carte

d'identité.

Oui, oui, oui, oui. Voilà.

Un beauchard.

Oui.

Étienne ? Oui,

Charles Auguste

tout juste.

Vous az bien glissé votre fiche de

renseignement dans la fente de

l'ordinateur avant d'entrer.

Mais vous pensez au bout de trois fois

on est érodé hein.

Alors voyons. Badin Bemmer Bquier.

Oh ben tiens Bquier

tiens j'en ai connu un aussi de baquier

à bannière de bigore.

Ça n'est pas lui monsieur. Pas lui.

Bastien Batelet bavilo beaupprè.

Oh bah tiens beau pré

et c'est pas lui non plus. Non

non.

Beauchar Étienne demeurant 33 rue

Guillaume à noire

ner

ner Guillaume ner

marqué noir

et ben c'est une erreur.

Ah vous connaissez bien le quartier vous

?

Bon alors je je corrige.

Oui s'il te plaît. Oui.

Guillaume

Ner.

N c'est ça

mes professions garagiste.

Ah non ça je ne crois pas.

Quoi

que Guillaumeiner était garagiste.

Ah moi non plus.

Monsieur non plus. Tu vois ?

Non. Non mais pas lui. Vous ?

Oui. Non. Moi moi non. Moi moi non. Moi

? Ah oui moi je suis garagiste.

Bon et bien alors ça va ? Bah oui, ça

va.

Non, plus exactement, j'étais garagiste.

Ah bon ? Mais j'ai passé l'affaire à mon

aîné.

Ah très bien. Il y a 6 mois. Ah vous

êtes dans la retraite. Mais en quelque

sorte

vous l'avez signalé à l'ordinateur

mais avec beaucoup de regrets. Ça

c'était peut-être pas la peine ça. Je

pense que l'ordinateur enregistre les

renseignements pas les états d'art. Ah

vous croyez que ça peut me faire changer

de catégorie regrets ? On a retraite

et on ne va pas tarder à le savoir.

Mais c'est plus rapide que les autres

fois.

Et plus on vieillit, moins c'est long.

Oui oui, la retraite à jouer.

Je passe dans les vieux cons.

Il y en a de charmants.

Regardez votre femme.

Ah ben elle va être contente. Alors il y

a 2 ans qu'elle attend ça.

Monsieur Bechard. Oui,

c'est tous les faits que ça vous fait

Oui.

Ça ne vous révolte pas ?

Quoi ? Donc

que votre cerveau, votre votre âme,

votre conscience passe devant un

tribunal de rouage et de boulons. Ça ne

vous révolte pas ?

Non,

c'est fascinant.

Voilà les étiquettes.

Ah bah, tu tombes bien tiens. On allait

justement en avoir besoin.

Ah bon ? Pour toi ?

Non, pour monsieur Bechard.

Ah ben tienen, c'est vrai ce qu'il me

dit ? Vous quittez nos rang ? Ben oui.

Alors vous voilà un brave c comme vos

fils.

Non, un vieux c comme ma femme.

Comme mine en mon pot vieux. Ça va vous

en ficher un coup.

Non non non non non.

Ça va nous rapprocher. On va finir notre

petit bout de route du même petit pas.

Voilà.

Genre j'ai entendu ce qu'il vient de

dire. C'est fantastique.

C'est gentil.

Non non c'est pas gentil c'est c'est

Nil.

Ah oui oui oui oui.

Ce qui est fantastique c'est qu'il y a 2

ans. Il n'aurait jamais dit ça. Ah

il y a même moins. Il y a encore 6 mois.

Mais c'est ça 6 mois. C'était le genre

d'homme chlac chlac.

Ah comme toi

pour les femmes. Schlic chlic comme toi.

Moi cet être virile énergique à virer à

la lavette sentimentale. Projet un peu

de tacte.

Ah non non, il a raison.

Bah tu vois bien en somme monsieur

Bechard, ce verdict de l'ordinateur ne

vous surprend pas.

Ah franchement non.

Vous vous sentez vraiment différent.

Oh ! Oh ! Moi qui était un actif, un

pétardien, un égoïste, un jouisseur.

Un jouisseur. Tout moi, tout moi, tout

ça.

Et ben maintenant, j'ai plus qu'un

désir,

vivre tranquillement avec ma bourgeoise,

marier mes fils

et devenir au plus vite un grand papa

gâteau.

Ah, j'en ai tellement envie, mon pauvre

J que si votre Georgette ne se décide

pas, moi, je vais pousser mes deux

gaillards à épouser ailleurs. Il n'en

est pas question. Ma fille deviendra

madame Bechard. Chose promise, chose

dures.

Ouais,

je vous le jure sur mon étiquette.

D'accord.

Salut.

Tu ne peux pas dire bonjour. Non. Les

Romains disaient salut. Et toi qui est

conservateur,

tu devrais te réjouir que la jeunesse

est renouée avec une tradition

millénaire. Valéqu val est âgé quoi

d'agiss.

Mais qu'est-ce qu'il dit là ?

Il dit qu'il fautessortir sa carte

d'identité pour se faire recenser tout

de suite.

Voilà. Alors Montardu Georgette Annie

Matilde célibataire

pas pour longtemps

habitant 6 ruclaire paris 5e.

Allez allez on se dépêche.

En attendant vous pourriez peut-être me

donner ma nouvelle étiquette parce que

le temps passe et j'ai peur que ma femme

s'inquiète.

Tenez, je vous en donne plusieurs. C'est

comme les lunettes, on les cherche

partout.

Ben je vous rends les anciennes sans

regret.

Oui, je les mets de côté pour Georgette.

Elle veut que je lui en fasse un avou

l'ordinateur. Oh !

Qu'est-ce qu'il y a ?

Oh !

Qu'est-ce qu'il y a ? Alors elle est

quoi

i pas mal non ?

Merveilleux il y a plus de problème.

Oh non de Dieu cherchendré là.

Ça Roger je comprends que ça t'étonne.

Mais tu vas voir tu vas te faire très

vite à cette idée.

Ah non non je suis déjà fait. J'en suis

même ravi. C'est ça qui m'étonne.

Il ne faut pas. Il arrive souvent que

des imbéciles et des réactions

intelligentes

et qu'à l'inverse d'ailleurs des gens

intelligents a des réactions idiotes.

C'est pourquoi l'étiquette

pas le moment de dire du mal.

Il y a vraiment marqué.

Ah regardez vous-même si vous les croyez

pas.

J'en suis toute retournée.

Moi pas. Je m'y attendais.

Ah bah ça lui fait quand même. Moi

tu as dû terriblement travailler toi

hein.

Oui mais je n'avais pas de mairie.

Non

j'étais pulsé par une motivation

profonde.

Ah déjà le langage.

Ah maman, maman tu as entendu hein ?

pulsé par une motivation.

Ah ma chérie que je suis fier. Il faut

que je t'embrasse.

Non non écoute ne la retarde pas. Elle

doit être pressée de mettre sa belle

étiquette sous le nez de quelques-un

de quelqu'un surtout hein. Allez fil

je te reverrai.

Oui

maintenant il a plus besoin de rester.

Mais

ne t'inquiète pas on se reverra.

Pars. Il t'attend. Le reste est sans

importance.

Tu vas rester ?

Non rassure-toi. Mais si peu que ce

soit. Il y a des instants qu'on a pas le

droit de gâcher.

Oh ! Oh ! Ben tout ça, on a pas pensé à

lui dire à la petite

dire quoi ?

Et ben que maintenant elle pouvait me

considérer comme son beau-père.

Non mais vous imaginez pas qu'à présent

que ma fille est une intellectuelle.

Alors là

enfin vous n'imaginez pas que je vais la

donner à vos deux braves cons de fils.

Alors non

enfin quoi ? C'est plus d'humour pour

l'erein.

Mais vous m'aviez promis. Oui, avant

mais enfin si vous n'êtes pas

complètement gâteux, vous de bien

comprendre que le père d'une I n'a pas

tenir les promesses du père du ne sais.

Bah quand je vais dire ça à ma femme,

bah c'est ça. Allez lui dire plornicher

avec elle en mangeant votre vieille

soupe de vie.

Et puis c'est pas la peine de vous

tenter le cœur. Je la connais celle-là,

je l'ai pratiqué avant vous. Alors

bon chat et pr l'imbécile quoi.

Merde il a une attaque. Oh

je vais m'aider. Ah mais et non, je ne

peux pas.

Monsieur Rousseau, je croyais partir de

partir. Je reviens juste une seconde.

Oh ! Alors, vous savez madame, il faut

il faut que je vous dise à

la peine. Je connais le règlement. Voici

ma carte d'identité. Ne perdons pas de

temps inutilement. Mon mari et mon fils

attendent. Je vous en prie, je suis

pressé.

Cachon

quadrier,

cajou.

C'est après.

Ah oui alors cobbert

contillon.

Excusez-moi, je n'ai pas ma tête à moi.

Et là ceci

alors Caporet Gabriel

Marthe et Bert

numéro 6 rglet Paris 5e.

C'est ça. Allons-y.

Et comment ça va ?

Mais c'est évanoui. Roger est en train

d'appeler un médecin.

Un accident ? Non, un malaise.

Quelqu'un qui n'a pas supporté son

changement d'étiquette.

Un intellectuel qui a rétrogradé ?

Non, un con qui a eu de l'avancement

dans sa catégorie.

Mais vous, vous n'en avez toujours pas à

ce que je vois.

Définitivement pas. Non, puisque Dieu

soit loué, les choses s'arrangent sans

moi.

Ah bon ? Vous savez déjà ?

Je sais déjà quoi.

T'art va épouser mademoiselle Antinos.

Oh,

qu'est-ce que c'est que cette histoire ?

Nous avons déjeuné ensemble. Il m'en a

rien dit. Forcément puisque c'est

seulement après votre déjeuner que je

lui ai appris que la pauvre Stéphane,

désespérée par son indifférence s'était

suicidée.

Suicidé ?

Tranquillisez-vous, elle s'est ratée.

Mais quand même, sur le moment, il a été

bouleversé. Et alors,

vous en avez profité pour lui extorquer

une promesse de mariage.

Je l'ai simplement mis devant ses

responsabilités.

Bien inutilement, cher madame car, vous

l'ignorez peut-être, mais depuis tout à

l'heure, Georgette, qu'est-ce qu'il y a

?

Raté quoi ? Évidemment, que pouvait-elle

bien espérer d'autres ?

Ah, on a quelquefois des surprises

Georgette tout à l'heure.

Je je peux Oui oui alors qu'aporet Émile

Joseph Citrus Claire Paris 5e et allez

c'est parti. Donnez-moi vos étiquettes.

Je vous en ai mis un paquet comme ça

pour en mettre sur vos chemises de nuit

hein et en faire un bouquet pour le

mariage de votre fils et puis dégager.

Oh mais vous êtes trop sensé alors vous

n'avez pas le droit de rester devant mon

bureau. Des chaises là prévues pour les

personnes qui attendent avec des

magazines et pour chaque catégorie. Jour

de France à gauche le nouvel homm à

droite.

Oh non à moins que tu sois le contact.

Je ne sais pas, je ne sais plus. Je suis

fatiguée. J'en ai marre. Mais calme-toi

ma tout va bien puisque Georgette

une névrosefayenne.

Le cas est très répandu dans les couches

sous-structurées de l'administration et

principalement chez les femmes qui dans

leurs activités professionnelles ou

privées ont à subir l'agression du mal.

Terminé.

Quoi ?

L'ordinateur.

Ah oui appel l'ordinateur.

Te dérange pas, je m'en occupe.

Bon ben pas de changement pour lui non

plus.

Non mais c'est sans importance. Ce qui

compte, c'est celui de Georget.

Mais puisquearthur s'est engagé

ailleurs.

Mais parce qu'il était pas au courant.

Dès qu'il le sera, il se dégagera.

Tiens, le voilà.

Ah, monsieur Montardu vient de me le

dire. C'est génial. Non,

génial. Qu'est-ce qui est génial ?

Oh, comment tu es pas au courant.

Pas encore, j'ai pas réussi.

Ah, tant mieux. Ah, je le premier à

t'annoncer une nouvelle incroyable,

merveilleuse, extraordinaire.

Quelle nouvelle ?

Et ben Georgette, par amour pour moi,

est devenue intellectuelle.

Gabriel, tu veux tes calem ?

Pas du tout. Je trouve ça très bien,

très méritoire. Je suis très contente

pour elle.

Pour nous, ça résout tous nos problèmes.

Il n'y a plus de mes alliances. On va

pouvoir se marier.

Mais c'est Fandine.

Vous saurez particulièrement bien lui

expliquer qu'elle ne peut que s'incliner

comme vous devant le bel exemple de

courage féminin que vient de montrer

Georgette Montardu devenu I par amour. H

féminisme, féminité, féminitude,

féministère, féminitat.

Bien sûr.

Mais faut-il encore que mon mari

Oh Gabriel, tu sais bien.

Oui.

Et monsieur Montard.

Oh, il est enchanté.

Et moi aussi.

Et au cas où ça vous intéresserait ? Moi

aussi. Ah,

j'ai jamais été aussi heureux.

Ce serait peut-être plus utile d'aller

le dire à Georg.

E Gour, où est-elle ?

Parti vous dire qu'elle n'avait jamais

été aussi heureuse ?

Je me sens.

E votre étiquette la nouvelle.

Plus,

il y a un contrôle en bas. On te

laisserait pas sortir avec l'ancienne.

Oublié. Mais vous avez mis votre fiche

dans l'ordinateur ?

Ah oui, juste avant d'entrer.

Attends, je mets en route. Je fasse les

formalités dès ça ne va pas être long.

Bon, j'arrive sur pied. Tout te

déranger. Je suis bien content.

Moi aussi, croyez-le.

Ah bon ? Vous connaissez mon char ?

Non. Bah alors, pourquoi vous êtes

content ?

À cause des enfants. Monsieur madame

Caporé se réjouissent d'accueillir

Georgette dans leur famille.

Ah

vraiment, j'en suis très heureux et très

flatté.

Votre fille est des nôtres maintenant.

fils tout en restant des vôutres sera

quand même le mien. Il ne vous reste

plus qu'à vous serrer la main.

Qu'est-ce qu'il y a encore ?

Il est con

quoi.

Brav

comme les fils Bard.

C'est impossible. C'est une erreur.

Alors sincèrement pas. L'ordinateur ne

se trompe jamais. Vous az bien vu pour

ma fille. Alors

mais dis quelque chose toi. Dis dis que

c'est une erreur. Ah

non, je crois pas. Ah c'est merveilleux.

Elle a voulu aller vers moi et moi j'ai

voulu aller vers elle.

Total vous vous êtes croisé

et vous vous êtes encore raté là.

Comment raté ?

Ah oui, j'ai refusé des fils chars qui

étaient des cons mais plein au c'est pas

pour en accepter un aussi conqueux mais

qui a pas un sous. Non vraiment ça dis

donc si ta fille est-ce que tu juges toi

comme une promotion c'est à cause

d'Arthur tu devrais lui être un

reconnaissant sans lui elle serait resté

ce qu'elle était. Ne discutez pas, même

si vous le convainquiez, c'est nous qui

ne voulons plus de ce mariage. Nous ne

pardonnerons jamais à votre fille ce

qu'elle a fait de notre fils. Sans elle,

il serait resté ce qu'il était.

Mais ils sont restés les mêmes. Ce sont

deux êtres jeunes, sains et qui

s'aiment, c'est tout.

Non, il est saé.

Allez,

il a rien à ajouter à ça.

Rien.

Mais vous êtes fou. quand même pas vous

jeter éternellement vos étiquettes à la

figure.

Et Arthur, nous avons ce soir le

manuscrit de Carstof à finir, n'est-ce

pas Paul ? Paul !

Oui Gabriel

Pur réagissz dieu ! Dites quelque chose

! Envoyez tout en l'air.

Je ne pourrais pas, je n'ai pas pu

avant. Je pour encore moi maintenant

vous inquiétez pas au prochain

recensement he ! Je serai redevenu i

dans 2 ans et Georgette, elle sera

peut-être devenue c vous encore vous

croiser.

Oh bah non, cette fois-ci

j'appréviendrai.

Oh Redonnez-moi mon étiquette, maman

tardue.

Et Georgette, vous pensez à Georgette ?

Ah, c'est la plus belle preuve d'amour

que je pouvais lui donner.

Oh, il est bien digne de son étiquette.

Au revoir, monsieur. Au revoir, madame.

Au revoir.

Adieu George.

Sûrement pas. À demain. Allez, à demain.

J'arrive maman, j'arrive. À main.

Tu ne parles plus.

Il n'est pas question que j'abandonne

ces deux gosses à votre entêtement

stupide.

Mais si tu restes, il faut que tu te

fasses recenser.

Je sais. Et bien, je vais me faire

recenser.

On a plus que 5 minutes.

Ma fiche est prête. Je vais la confier à

mon juge. Mathilde, tu peux insir mon an

surgit.

Je l'avais déjà fait,

hein.

Oui. Au hasard.

J'espère bien que l'ordinateur va lui

rabaisser son cacaet.

Moi, ça ne m'étonnerait pas qu'il ne lui

remonte son caquet.

Ah George un ordinateur.

Oui oui, j'ai compris, j'ai compris,

j'ai compris. Sort en est jeté. Voilà

mon passeport.

Alors nous disons Rousseau, George,

Denis, Pierre.

Absolument.

Oh célibataire.

Mais où m'a-t-il dit ?

Bon, on sait que c'est lui. Ça suffit

comme ça. Non, enfin quoi ?

Pour mon registre, il faut que je

complète.

Prends le temps de compléter quand la

machine sera en marche.

Vraiment impatient. On est coincé par

l'heure de fermeture. Allez, en route.

Et tu n'es pas trop impressionné ?

Non, absolument pas.

Oh, moi si. C'est comme si mon doigt

était celui du destin. Non, mais tu

vois, je je peux pas bien t'expliquer.

Tu peux pas bien expliquer ? Alors,

explique pas.

Complète ton registre.

Ah oui, c'est vrai que j'en étais. Ah

tiens, voilà. Profession.

Je n'ai pas su quoi mettre.

Aucune et tout. Non, non, je t'en prie.

On n'est pas là pour te plaer. Alors,

donne ton dernier métier.

Bon, écrivain et pêcheur.

Les deux. Oui, comme poète et paysan.

Bon mais chôur ça fait plus sérieux

quand même.

Drôle d'idée.

Demeurant

he

demeurant

chez des parents hospitaliers mais

respect.

Je claire Paris 5e.

Voilà. Et ben c'est tout. Merci.

Et ben il y a plus qu'à attendre.

C'est c'est normal ce bruit là.

Je ne sais pas. En tout cas, je ne l'ai

jamais entendu avant.

Tu va peut-être tomber en P.

Ça n'est jamais arrivé. Il y en a

d'autres dans les bureaux voisins tomb

aussi en panne on est relié par ligne

direct à une équipe de spécialistes qui

vient dépanner sur le champ. Tout est

prévu. Vraiment qu'une bombe qui

Mais qu'est-ce qu'il a ?

On dirait qu'il a du mal à me digérer.

Qu'est-ce que tu as encore été inventé ?

Ah strictement rien. J'ai répondu avec

la plus grande honnêteté. Je me fous

royalement de mon étiquette, quelle

qu'elle soit. Ça, je peux te le jurer

sur ma propre tête.

Alors, c'est lui qui a quelque chose.

Pourtant, les clignotants marchent comme

d'habitude. Non, il n'est pas chaud.

Il n a pas d'odeur suspecte.

Enfin, j'en ai jamais été si long.

Jamais.

C'est peut-être la fin de la journée.

Ah, peut-être.

C'est peut-être même la fin tout court.

Oh ben voilà le résultat.

Ah

alors ça

alors toi ?

Oh

ben ça

et bien je ne comprends pas. Pass-moi

ça.

Alors

oh

ça

et c'est bien ce que je disais.

Oh

pas ça.

Écoutez, je je ne sais pas encore ce que

je suis

mais en tout cas je suis quelque chose

qui vous étonne. Ah il y a quoi ?

Ah bon ? Qu'est-ce qu'il y a descrit ?

Ah l conel

quoi ? Dis toi-même.

Oh

il y a pas à dire.

Intellitctuel.

Ah il nous manquait plus que ça.

Pourquoi c'est ennuyeux notre

intelliguel ?

Ah non c'est pas ennuyeux, c'est

impossible. Impossible.

Un t ça n'existe pas.

Bah si, la preuve.

Ah le pauvre vieux, je comprends

pourquoi il avait l'air si fatigué.

Alors vraiment ça a dû être un rude

effort pour lui. C'est la première fois

qu'il nous sort ça.

C'est vrai. Oh, je suis très flatté moi.

Il y a vraiment pas de quoi. Ah si,

moi je trouve un tel lelon.

D'abord, qu'est-ce que ça veut dire un

teluel ?

Ah bah a priori que je suis moitié con,

moitié intellectuel.

C'est ça. Bien entendu, ça ne t'étonne

pas du tout.

Ah non, pas du tout.

Ce qui m'étonne, c'est d'être le

premier.

Il y en a sûrement des tas comme moi.

Non, ça je te garantis que non, ça se

saurait. Chaque réponse de l'ordinateur

est immédiatement enregistrée et fichée

au ministère.

Ah bon ?

Sinon, j'aime autant dire que ni vie ni

connu, je t'aurais déjà refilé une autre

étiquette.

Ah mais j'aurais refusé hein. Je veux

mon étiquette à moi.

On peut pas donner, il y en a pas là.

Et ben alors, je vais en mettre deux.

Une BC de ce côté-ci, une I de ce

côté-là.

Mais le contrôleur de B te laissera

jamais sortir comme ça. Et ben

alors, je vais pas en mettre du tout.

Il te laissera pas non plus sortir sans

mais appelle-le, on va tâcher de lui

expliquer.

Tu es fou, faut pas que ça sache

quoi. C'est pas déshonorat d'être

athelli qu'on tu le

faut d'abord que je réfère aux

autorités.

Et ben vas-y, réfais. Ah bah les

services sont fermés à circ

jusqu'à demain.

Ah non pour ce soir tant pis on va te

prêter une étiquette alors là n'importe

laquelle hein.

Ah bah tiens une vieux c par exemple.

N'en est pas question.

Une I si tu préfères.

Pas d'avantage. Je ne veux tromper

personne.

Je suis un conuel.

Je veux mon étiquette à moi. J'attends

mais bugre de moule. Bougre de mle.

Je je te répète que c'est pas possible.

Mais enfin Roger, si tu essayais quand

même d'appeler le ministère, il y a

peut-être quelqu'un qui pourrait te dire

où tu peux joindre quelqu'un qui

joindrait quelqu'un.

Mais qui ils sont tous partis à cette

heure-là ?

On ne on ne sait jamais. Regarde nous.

On devrait être parti et on est là quand

même.

Elle a raison. Essaie. Appelle quelqu'un

qui dira il y a quelqu'un pour joindre

quelqu'un.

Ah bon sentre bon sentre. Bon sentre.

Bon centre. Bon centre.

Mais quelle idée tu as eu de revenir toi

?

Et ben moi, tu vois, je commence à

croire que c'était une très très bonne

idée.

Le recensement est terminé depuis

bientôt 2h. Il s'est déroulé partout

dans un calme parfait. Le taux de

participation est tout à fait

remarquable. En effet, de source

officielles, on annonce que 99,5

% des Français ont maintenant leurs

nouvelles étiquettes.

E et qui ça peut bien être le vir qui ne

l'a pas ?

Alors,

impossible de sortir. Le garde Journe

d'en bas est aussi infranchissable que

le mur de Berlin.

Qu'est-ce qu'il t'a dit ?

J'ai des ordres.

Et après,

j'ai désordre. Non mais après

j'ai des ordres.

Ah forcément c'est un ordre

quoi

de dire qu'il a des ordres. C'est une

des premières choses qu'on nous apprend

dans l'administration.

C'est bien d'ailleurs.

Tu parles, j'ai des ordres vraiment le

sésame ferme là de l'autorité imbécile.

En tout cas ça nous décharge de toute

responsabilité.

Tu comprends ?

Oui. Al j'ai même si bien compris que

j'ai fini par lui dire que moi aussi

j'avais des ordres pour sortir d'ici.

Il ne t'a pas demandé de qui ? Mais si

malheureusement j'ai cris malin de lui

répondre de ma conscience.

Et qu'est-ce qu'il a dit ?

La conscience connais pas moi. J'ai

desordes de mon chef

et lui je connais là-dessus m'amenass de

son revolver tendouille.

C'est pas bien grave, il ne faut pas

t'énerver et Roger va bien finir par

revenir.

Oui, ça je sais mais imagine-toi comment

son retour. J'aurais bien aimé avoir la

possibilité d'alerter l'opinion

publique, la presse, la radio, la

télévision.

Mais à propos de quoi ?

Pas dans mon étiquette. Mathile.

Ça ne servira à rien.

Comment ça ne servira à rien ? Les gens

sont tellement indifférents que les

informations les plus énormes retombent

aussi vite que les soufflet. Le matin en

écoutant la radio, tu dis "Oh flû,

encore une guerre." Bon ben 5 minutes

après, tu as oublié.

Tu rouspèes parce que ton café au lait

est trop chaud. Alors tu sais ta petite

affaire d'étiquette.

Mais c'est pas une petite affaire

Mathile. Faut pas que ça en devienne

une. Trop de choses en dépendent.

Tu vois donc pas à quel point

l'étiquette est une menace.

Moi, je vois surtout que Roger est parti

depuis 2h et je commence à m'inquiéter.

Ouais.

Que veux-tu qu'il lui arrive ? Le

ministre a accepté de le recevoir sur la

recommandation express de son chef de

cabinet auquel il avait été recommandé

par son sous-chef sur la recommandation

de son secrétaire.

Il est bien recommandé Roger. Il ne

risque rien.

C'est pas pour lui que je m'inquiète,

c'est pour toi.

Pourquoi ? J'ai quand même pas commis de

crime.

Ça vaudrait peut-être mieux.

On dirait que tu es une victime de la

société et le tour serait joué. Tandis

que là,

on va quand même pas me mettre en tôle

parce que je suis un tel lel.

Ben moi, j'espère que non. Mais

ben moi, la réflexion, vois-tu, j'espère

que si.

Les chemins de la liberté passent

parfois par les prisons.

Attends, il me semble que j'entendais

pas dans l'escalier.

Ah oui, et des pas de chef.

Pas de panique,

tout est dangé.

Oh, quel bonheur raconte. Et bien voilà,

la nuit tombait à peine

quand j'arrivais anxieux au lieu de ma

mission. Nous le récit de tes ramè de

mes ramè quoi ?

Rien. Résume ton entrevue simple et

vite.

Ah bah en un mot commande deux chez le

ministre bon on bouffe mal. Oh là là oh

là là oh là là oh là là.

Non mais tu as mangé avec lui ?

Oui pu avec sa dame il dîner en tête à

tête quand je suis arrivé. Ils en

étaient au dessert. Il m'en offert une

charlotte gélatineuse. J'ai tout de

suite vu que c'était dégueulasse mais

enfin j'en ai pris pour ne pas les

désobliger.

Après

après il m'a entraîné dans son bureau.

Ah tout de même.

Alors là mon vieux là là

il m'a sorti un vieux mar là. Je te dis

ça

justement j'aimerais bien que tu me

dises autre chose.

Au début ça pas été commode d'autant

qu'elle c'est une intello de naissance.

Tout à fait le genre de la mer caporé.

C'est pour ça qu'on bouffe mal chez

elle.

Mais lui ton ministre. Ah ! Alors là, un

type,

on a tout de suite été de plein pied.

Ah, un sale con sans doute.

Ouais, ouais, ouais, ouais, ouais,

ouais, ouais. C'est tu as vraiment une

de ses veines.

Oui, si on veut. Alors,

et dire, on était en plus de

connaissance, on parlait de la même

langue, enfin, c'était plus facile pour

se comprendre.

Enfin, bon Dieu, qu'est-ce qu'il t'a dit

?

D'abord ce que je t'avais dit, ça

n'existe pas.

Qu'est-ce qui n'existe pas ?

Intellitel.

Comment ça n'existe pas ? trois fois

contre le sacrosin règlement et par

dérogation spéciale du ministre

lui-même, tu m'as soumis à l'épreuve de

trois ordinateurs différents qui ne se

trompent jamais. Tous les trois en une

même verdict et voici les trois cartes.

Un tel lit conuel, un tel litel, un tel

lit conuel. Vous avez le culot toi et

ton ministre de me dire que ça n'existe

pas.

On est allé au fichier central, on a

pris des renseignements partout. Tu es

le seul donc tu n'existes pas.

Non mais non mais non mais c'est

grandiose ça. Il faut être combien de la

même espèce pour être censé exister ? 10

20 100000 un million.

Faut entrer dans une catégorie. Toi tu

n'entres dans aucune.

Si j'entre dans la mienne. Une catégorie

double I et C.

Bah oui. Mais elle existe pas.

Je m'en fous. Il y a qu'à la créer.

On va quand même pas créer une catégorie

pour toi tout seul. Alors là

et pourquoi pas ? Pour un commencement à

tout. Je suis sûr que vite d'autres me

rejoindraienti.

C'est précisément ce que le ministre ne

veut pas. Tiens.

Et pourquoi donc ?

Ah ben il dit comme ça que deux

étiquettes contradictoires comme les

tiennes, ça s'annule et qu'à ce

moment-là, autant ne pas mettre du tout.

Oh mais alors là, je suis d'accord avec

ton ministre. L'affaire est réglée, je

serai sans étiquette.

Impossible. La loi est formelle. Il faut

que tout le monde, sans aucune exception

est une étiquette.

J'ai une idée. Je m'incline devant la

loi.

J'en porterai une comme les autres, à la

même place que les autres, de la même

couleur que les autres. Seulement

dessus, il n'y aura ni I ni c.

Bah quoi alors ?

Un cul.

Un Qul sur l'étiquette. Alors là,

la lettre Q.

Ah bon ?

Mais tu voudrais dire quoi ?

Cuidame.

Cuidame ?

Oui. Ou mieux quelqu'un.

Mieux quelqu'un.

Oui. Non. Mieux virgule quelqu'un.

ni con ni intellectuel, juste quelqu'un,

un être humain, un individu.

Tu sais que tu es pas le seul dans ce

cas-là, hein.

Non, pratiquement, on est tous

quelqu'un.

Bah alors, il y a vraiment aucune raison

pour que tu sois le seul à porter cette

étiquette là.

Aucune. Mais j'espère bien qu'il serait

des millions à la réclamer cette

étiquette là. des millions à revendiquer

le droit d'être et de demeurer quelqu'un

des revendications et puis quoi encore

c'est tout ce que le ministre veuté le

désordre la sill en lit

alors Roger crois-moi il y a plus qu'une

seule solution supprimer purement et

simplement l'étiquette pour tout le

monde.

Non tu es complètement fou tu n'imagines

pas qu'on va désorganiser tout notre

beau système à cause de toi

tu as une autre proposition à me faire

oui j'en ai. J'en ai même deux et de la

part du ministre est plus intéressante

que lesqu telles alors là permets-moi de

te le dire.

Parfait. Je t'écoute.

Le ministre accepte que par la grâce de

l'ordinateur, tu deviennes intellectuel.

Je le suis déjà.

Pas par entière. Tu es matiné.

C'est mieux.

Ça donne un esprit multiple, complexe,

ouvert sur tous les horizons. Non,

intellectuel, je refuse. Je perdrai au

champ. Je perdrai au champ.

Ah, tu te rends vraiment pas compte de

la situation crois moi. Les

intellectuels ont les envies.

Merci bien. La haine est au bout.

Mais on les respecte et ils peuvent

regarder les gens de haut.

Je préfère les observer de près.

On les craint. Oh, j'aime mieux qu'on m

Bon, alors écoute-moi bien, je te

fournis, enfin monsieur le ministre te

fournit l'occasion de prouver ton

talent.

De quelle façon ?

En faisant publier le livre que tu as

rapporté de tes contrées lointaines.

Mon amour, le ministre.

Non, c'est le titre de mon roman.

Ah bon ? Ça s'appelle mon amour ?

Oui, ça s'appelle mon amour. C'est un

hymne à la liberté.

À la liberté ? Bah, ça fait rien. On le

publiera quand même.

Sans en changer un mot, il l'a promis.

Les yeux fermés.

Les yeux fermés. C'était pas temps pour

un bouquin

ça. Je l'ai dit le ministre serait très

arrangeant.

Ah oui, d'autant plus arrangeant que je

suis dérangeant.

Alors écoute, ne ti j'ess pas cette

mainant ta réponse pour prendre toutes

les dispositions nécessaires. On ne peut

pas le laisser l'enterner indéfiniment.

Tu as raison. Vas-y.

Dis que j'ai été très sensible à

l'intérêt qu'il me porte.

Oui. Alors là, compte sur moi.

Mais que malheureusement à mon grand

regret, je ne puis accepter ces

flatteuses propositions.

Quoi ? Tu refuses ?

Oui, tout.

Ah, tu es fou mais fou. Allié. Non, je

suis uneluel.

C'est le grain de sable qui va détraquer

la machine.

C'est ton dernier mot ?

Le dernier, je peux le répéter autant de

fois qu'il le faut là.

C'est tranquille, tu n'auras pas le

répété longtemps.

Non, fir-toi que le ministre a prévu le

coup.

Oh, le chérom, il pressentait mon refus.

Il pressentait que ton côté con

l'emporterait sur ton côté intellectuel.

Je croirais plutôt le contraire, mais je

ne vais pas le chipoter pour si peu.

Non plus, va pas chipoter. Dès ce soir,

tu seras ramené par avion spécial à ton

lieu de départ parmi tes chers poissons

et placé sous surveillance discrète mais

efficace.

Tu plaisantes ? pas loi du monde. C'est

moi-même qui suis chargé de te conduire

à l'aéroport et de veiller à ton

expulsion.

Dis donc, tu as l'ab de pouvoir, on n

pas le droit.

Comment ça ? On n pas le droit. On n pas

le droit. Tu es un hors la loi, euh

semur de trouble, euh provocateur,

potentiel.

Pour quelqu'un qui n'existe pas, j'en

suis des choses. Roger, tu ne peux pas

le laisser expulser comme ça. C'est ton

frère quand même.

Je m'en suis souvenu. Quand c'était

utile, je dois l'oublier quand c'est

nécessaire.

Ah ben entendeur salut

genre je pense à la petite

d'accord je sais

pas quand même

mais une condition

mais quoi encore

qu'on donne à Arthur qu'aporé son

ancienne étiquette d'intellectuelle

oh pour qu'il puisse épouser Georg

non attention Arthur a déjà été recensé

enregistrer fiché je crois pas que le

ministre va marcher

non parce que pour moi il réussira à se

débrouiller le ministre hein

exceptionnellement pour toi parce que tu

es un cas mais pour quelqu'un d'autre et

qui n'est qu'une vague en relation

tu peux toujours essayer

ah non moi je veux bien tu sais mais ça

m'étonnerait tu sais déjà qu'il refusé

pour des gens qui te touchent de près.

Qui ?

Moi,

tu as demandé au ministre une étiquette

d'intellectuel.

Il avait l'air tellement bien disposé à

ton égard, tellement arrangeant que

bromlofle.

Mais il y a tout de même des limites aux

arrangements.

Ah bah, tout ça pour vous dire que j'ai

peu de chance à ration ministre la

réintégration d'Arthur dans son ancienne

catégorie.

Propose-u un échange.

Quel genre l'étiquette d'intellectuel

qu'il m'offre pour que je renonce à la

mienne.

Oui. Bon,

qui la donne à Arthur.

Mais toi,

je prendrai la nouvelle étiquette

d'Arthur.

Brave.

Oui.

Toi,

toi, tu deviendrais

brave con ?

Oui.

Oh ! Oh ! George,

je convaincrai le ministre. Alors là, tu

peux compter sur moi. Oh, Roger,

maintenant qu'on est d'accord, tu pouras

peut-être libérer la sentinelle d'embar

de ses fonctions. Ce serait plus

agréable pour nous t'attendre à la

maison.

Pas question.

Pourquoi ?

J'ai des ordres.

Merde, merde, merde, merci, merde.

Mais non, tu ne vas pas craquer

maintenant que tout est arrangé.

Merde, rien n'est arrangé. Moi je fais s

uniquement pour qu'il parte.

Et bien, il est parti.

Oui, mais en nous laissant l'imbécile

d'en bas avec ses ors et son révolver,

on peut toujours pas sortir.

Mais si tu as faim, j'ai t petites

madeleines dans mon

mais je ne veux pas de petite madeleine.

Je voir des gens, je leur parler, les

remuer, leur expliquer. Je veux agir, tu

comprends ? Agir ne pas restela comme

une chiffre un puissant condamné au

silence devant.

Entrez !

Oh !

Qu'est-ce que vous faites là tous les

deux ?

Mais et vous on vous cherche partout.

Comment êtes-vous entré ?

Par la porte.

Le garde est parti.

Ah non, il était là.

Il vous a laissé entrer ?

Ah oui, après hésitation, il nous a dit

qu'il n'avait pas d'ordre.

Pas d'ordre ? Pourquoi ?

Pour nous empêcher d'entrer.

Mais alors, il ne vous empêchera pas non

plus de ressortir ?

Tire à moins qu'il est rentré chez lui.

Ah non, c'est impossible. Il avait des

ides. Faut de rester là. Mais oui, mais

je dis qu'il y avait contreordre

avec mon étiquette. Il a eu confiance.

C'est inespéré.

C'est lui qui ouvre des prisonniers.

Mais pourquoi va pas avec vous ?

Qu'est-ce qui s'est passé faire vous

afin que je puisse vous expliquer. Tout

est partie du fait que vous ayons promis

implicitement de rester pour arranger

vos affaires. Oui, merci.

Oui, merci. Oui, je me suis fait

recenser. Résultat trois fois confirmés

par les ordinateurs. Je suis un conuel.

Un téluel ?

Intellitel.

Ça existe.

Bah oui, tiens, je le smis sûr. Je le

savais. Je le savais.

Pas le savoir. Je suis le premier. Le se

savait qu'un jour il y en aurait un.

J'avais dit à Georgette, à tous mes

copains. Ah c'était notre rêve, notre

espoir pour nous les jeunes.

Votre espoir.

Vous comprenez pas que de double

étiquette équivo d'étiquette du tout

que ça ridiculise. Le principe de la

classification

que l'intelligent qui va détraquer le

système tout entier.

Que tu peux nous aider à abolir le

racisme cérébral.

Vous êtes notre porte drapeau, notre

libérateur. Enfin, vous ne comprenez pas

? Non.

Mais bien sûr que je comprends

exactement ce que je vais vous expliquer

depuis que vous êtes arrivé.

Ah bah alors, tout va bien ?

Et oui, tout va bien puisque me voilà

libre avec en plus deux alliés. Plus que

deux tous les copains et les copains de

mes copains, ça fait du monde.

Il y en a tant que ça contre

l'étiquette.

Nous les jeunes on fait déjà pas de

différence entre les sexes. Alors c'est

pas pour en faire entre les crânes.

Alors vraiment on peut compter sur vous

?

Et comment ?

Et sur mes copines aussi.

Et sur tes copines aussi ? Dis donc dans

le temp il y aurait pas qu'il sera un

peu bricoleur ?

Ah bah ça dépend. Pour bricoler quoi ?

Un petit bidule juste pour détruire le

fichier central.

Oh si c'est que ça je vous trouvais ça

facile. Les anciens de 68 qu'on gardé en

souvenir.

Parfait. Et pour aller le déposer ?

Les anciennes de la résistance qui ont

gardé la main. Matilde, tu ferais ça ?

Avec mon petit panier, mon herbe,

j'arrive à passer partout. Oh maman, tu

es fantastique.

Arthur, vous l'accompagnerez quand même

?

Non non, surtout pas. Si j'ai besoin de

quelqu'un, je demanderai à ma mine

Brochard.

La vieille s

justement, ça la rajunira. Mettra les

fiches sur nos têtes, une petite bombe

dans la boîte de l'aspirateur et on ira

faire le ménage. Et comme sous l'occupe.

Oh, je voudrais aller avec K.

Non non, tu seras plus utile ailleurs.

Où ça ?

Partout. Vous allez vous répendre dans

Paris, sonner aux portes, pétarader sur

vos motos, hurler dans les rues,

réveillez le maximum de gens et leur

dire quoi ? Quelle heure est-il ?

22h17.

Sortant.

C'est fait. Il y a pas une minute à

perdre. Mathilde fil chez les

Beauchards. Consigne du cran et du

douité.

Oui, mon lieutenant. Oh, tu es tout à

fait comme sous l'occupe

vous Arthur, courz cherchez l'engin que

vous apporterez votre future belle-mère

consigne prudence et discrétion.

Comptez sur mon nom. Toi Georgette va

soulever les foules.

Toute seule ?

Oui, toute seule. Consigne, charme et

conviction.

D'accord. Mais qu'est-ce que je dois

leur dire aux foules ?

Exactement ceci. Enlevez vos étiquettes.

Enlevez vos étiquettes.

Enlevez vos étiquettes. Elles n'ont

jamais servi à rien. Sinon, à libérer

des haines, provoquer des querelles,

nourrir des mépris. Soyez sans préjugés,

sans parti prix, sans orgueil inutile et

sans vain humilité. On n'est jamais

aussi inférieur ni aussi supérieur qu'on

le croit. ou que les autres le croient.

Enlevez vos étiquettes, renversez ces

barrières arbitraires qui vous séparent.

N'ayez pas peur. Vous ne risquez rien. À

l'heure où je vous parle, le fichier

central vient de sauter.

Dieu

le ministère du recensement est occupé

par des milliers de s étiquettes venus

de tous les quartiers de Paris,

largement aussi décidé, croyez-le, que

les 100 culottes de jadis.

Des ennu techniques.

Quoi ? Le ministre, qu'est-ce qu' l'

fait à mon ministre ?

Quel dommage que ce ne soit pas une

femme.

Le ministre

plus jamais.

Mieux brûlez vos étiquettes, approchez

ces petits brasiers de vos fenêtres afin

que villes et villages soient éclairé

par ces lumières fraternelles. Ah pardon

fraternel. Alors là là il est fou. Il

croit quand même pas que les gens vont

l'écouter.

Oh où sont les allumettes ?

Déjà on me dit que des petites flammes

s'élèvent un peu partout dans Paris. à

tous les étages de toutes les maisons.

Pardon encore.

Qu'est-ce qu'il raconte ? C'est pas

possible.

Je mets aussi les étiquettes d'Arthur.

Évidemment.

Ah bon ?

Personne ne saura qu'il en avait changé.

Ce Rousseau nous sauve du déshonneur.

Mais tout de suite

ment pas. Il y a des flammes partout. On

soirée en enfer.

Bien bien je termine.

Mais fiston, tu l'emporteras pas au

paradis. Le réalisateur de l'émission

vient de m'annoncer que tous les

techniciens de la télévision rentraient

chez eux pour brûler leurs étiquettes et

que lui-même voulait en faire autant. En

conséquence, je vais vous quitter très

rapidement. Merci de m'avoir écouté.

Merci surtout de m'avoir entendu. Bonne

et heureuse nuit à tous.

Faux cul.

Bonne alors tout le monde est s à cause

de sous à cause de lui et mon ministre,

il m'a même pas donné des nouvelles de

mon ministre. Oh !

Justement, monsieur le ministre, je me

demandais où vous y étiez. Non, je me

demandais où vous y étiez. À Varen déjà

?

Ah non, Rud Varè chez vous ? Ah oui oui

hein. Des des choses étiquettes qui

veulent forcer votre porte. Comment

voulez-vous que je lui sorte de l'âge ?

Mon de mes frères. Oui oui, je

comprends. Oui, mon de mes frèrees. Ah

ah

mon frère qui l'use de son influence.

pas mon cher monsieur mais c'est que

maintenant alors vous savez c'est

moi-même je ne sais même pas où il est

mon frère et puis c'est qu'il va être

très sollicité très à Catarine mais

enfin quand je le verrai je lui

demanderai donc sa il m'estime beaucoup

s'il peut faire un petit quelque chose

pour vous il le fera alors vraiment mais

enfin je promets rien voilà mais non

mais non mais non mais non mais non mais

non

mais non mais non

au revoir Gaston

Gaston vous êtes là Gaston une dernière

chose quand vous verrez votre dame

dites-lui à Charlotte était dégueulasse

hein.

Allô ? Oh madame Antino, j'allais vous

appeler.

Oh évidemment qu'on les a brûlé. Vous

pensez bien qu'on allait pas prendre le

train en marche tout de suite le wagon

de tête. J'étais la première de la rue à

allumer mon petit brasier.

Ah !

Ah ! Oui.

Ah, il n'y a pas d'autres mots. Il est

fabuleux.

Quel impact,

quel magnétisme.

H bien sûr qu'il faudrait le récupérer

pour notre mouvement.

Mais je sais bien qu'il galvaniserait

nos troupes et qu'il nous en amènerait

des plus fraîches.

Mais il faut encore qu'il accepte de

venir au club et qu'il en ait le temps.

Quoi ? Bah, vous êtes drôle, Méina. Cet

homme-là va être très sollicité, très

accaparé. Vous me voyez moi aller lui

demander une chose par

vous allez me faire nommer

vice-président.

Oh ! Et bien, puisque vous avez l'air de

tellement y tenir, je vous promets

d'essayer de parler à George. Ah ben, je

vous en prie, je vous tiens au courant.

Au revoir Méina.

Ça me semble bien. Il reste quelques

morceaux intacts comme ça. George verra

que c'est bien les étiquettes que j'ai

brûlé et et puis je vais même lui mettre

un petit bouquet avec.

Oh,

c'est pour moi ? Oh mon jojo !

Oh laisse-moi t'embrasser !

Comme quand on était petit, tu as été

superbe. Tu sais que dans ton genre tu

n'es pas mal non plus, hein ?

Non, moi je ne compte pas. C'est toi

l'homme du jour.

Ah ce qui compte, c'est de savoir être

l'homme dès le lendemain.

Tu sauras. Mais je me suis trompé sur

toi, George. Je te prie de m'en excuser.

Voyons

que les imbéciles qui ne changent pas

d'opinion.

Absolument. Maintenant, j'en changerai

plus.

Quoi qu'il arrive, je suis à tes côté.

Tu peux me demander ce que tu veux.

Et ben, donne-moi un petit coup de mar.

Tiens, ça va me remonter ça. Un

nom de Dieu

quoi ?

Du mar, j'en ai plus.

Et ben, ça ne fait rien de moi. Autre

chose.

Tu veux rire ? Non, tu as envie de

marre, tu auras du mar. Je téléphone

pour mon livre.

À cette heure-ci, à qui ?

À mon ex-ministre.

Il est dans les spiritueux ?

Non, il est dans la merde.

Ah,

il est prêt à me livrer sa entière pour

que je l'en sorte. Enfin pour que tu

l'en sor.

Oh que la vie est plaisante. Dis donc si

tu l'as passe-le moi.

Alors garçon c'est Roget joue pas

George.

Allô bonsoir monsieur le ministre.

Comment allez-vous ? Mal. Ah pourtant on

n pas cherché à vous expulser vous. H ah

oui bien sûr. Vous êtes au chômage. Oui

mais ne vous en faites pas. Dans

quelques jours, j'aurai besoin de vos

compétences pour coller des affiches.

Comment ?

une promotion. Les affiches, c'est plus

grand que les étiquettes.

Et puis j'ai oublié de vous dire, vous

seriez sous les ordres de mon frère

Montardu.

Allô monsieur le Ah il a raccroché.

Ils sont mars.

Je crois qu'il va en avoir besoin pour

digérer mes affiches.

Mais des affiches de quoi ?

De mon parti.

Tu veux fonder un parti ? Oui, un parti

qui regrouperait tous les 100 partis et

les sans parties prix, les sans

opinions, les ne se prononcent pas de

tous les sondages. Ceux qui ne savent

jamais s'il préfèrent la guerre ou la

paix, la mer ou la montagne, être cocul

en l'ignorant ou ne pas l'être en seul

croyant.

Ça représente pas mal d'adhérence,

n'est-ce pas ?

Sans compter tous les intellits qu'on en

puissance.

Et

de quel bord ton parti ?

Groach.

Goch !

Oui,

pour rassurer tous ceux de droite qui

font les complexes culturels de gauche

et tous ceux de gauche qui font les

complexes économiques de droite.

Le rassemblement des non rassemblés.

Le rassemblement des non rassemblés. Le

RNR, ça sonne bien ça. Ça sonne bien.

Ouais.

Et dis-moi, tu évidemment tu as un

programme

hors du commun.

Il est pas de moi, je l'ai emprunté.

À qui ?

À Dieu.

Adieu ?

Bah, il y a de plus mauvaises

références.

Oui, d'accord. Mais enfin, c'est qu'il a

déjà beaucoup servi et franchement

maintenant. Alors,

pas depuis un moment. Comme tous les

créateurs, il connaît sa période de

purgatoire si j'ose dire.

Mais à mon avis, pourrait très bien de

pas tarder à en sortir, surtout avec un

bon attaché de presse. Oui.

Puis une bonne campagne publicitaire.

Oui, c'est ça. Un slogan. Un slogan.

Quelque chose dans le genre

Dieu l'autorité sereine

ou aidez le ciel.

Voilà.

Tu sais que c'est un sacré auteur.

Ah Dieu, il a écrit

les commandements.

Les commandements

les commandements de Dieu.

J'avais pas fait le rapprochement.

Ah ! Tu ne tueras point, tu ne voleras

point. Tu aimeras ton prochain comme

moi-même. Voilà.

Tes pères et mèr honorera dis donc hein,

quand on y pense, c'est pas bête tout ça

et ça tient le coup.

Non, c'est effectivement quand on y

pense l'ennui c'est qu'on y pense pas

assez souvent.

Enfin, tu ne crains pas quand même que

de nos jours ça paraisse un peu dépassé

?

Le moyen d'avoir raison dans l'avenir

est à certaines heures de savoir se

résigner à être démodé.

Pas bête non plus ça,

n'est-ce pas ? Et c'est d'erneste

Renant, un écrivain qui avait perdu la

foi justement.

Où ça ?

Va savoir.

Tu vois, je suis vraiment un tel litel,

éclectique dans mes choix. Dieu lui-même

est un athé. Non, quand j'y pense, je pe

pas savoir ce que ça me fait.

Quand tu penses à quoi ?

Que je le frère d'un chef de partie, moi

un ancien chef de section. Alors,

tu montes en grade ?

Allez, on va fêter ça. Sors les ver du

dimanche. Moi je vais chercher le

champagne à la cave.

Champagne, tu en as du bon ?

Ah non, excuse-moi, je suis peut-être

pas une lumière, mais pour la bouffe et

la picole, c'est moi le président.

Monsieur le président,

ceux du dimanche,

ça doit être ceuxlà.

Monsieur Rouss

Allons. Bon, voilà que j'entends des

voix.

Je suis l'homme du jour, d'accord, mais

je ne suis quand même pas Jean Dark.

qui m'appelle

Gabriel.

L'ange

l'ange Gabriel.

Non,

Gabriel Capor.

Ah bon ? Je préfère.

Où êtes-vous ?

Chez moi. Je peux venir ?

Si vous voulez,

ouvrez-moi la porte, j'arrive.

Ils ont des cloisons japonaises dans

cette baraque.

Pardon de vous déranger au milieu de

toutes vos occupations, mais il fallait

absolument que je vous parle.

Je vous en prie. Asseyez-vous. J'en ai

seulement pour une seconde.

Asseyez-vous seulement sur une fesse.

Voilà.

Vous ne le savez sans doute pas car

c'est très récent.

Je suis vice-présidente

d'un club féminin très important qui a

de nombreuses ramifications en province.

Permettez-moi de vous adresser mes plus

vives, cordiales et sincères

félicitations.

Merci beaucoup.

Mais je vous en prie.

Je ne m'étendrai pas sur le rôle de la

femme.

Non, surtout surtout ne vous étendez

pas.

Mettez-vous à table. Qu'est-ce que vous

voulez ?

votre soutien pour mon club.

Donnant Don, vous ne le savez pas non

plus car c'est aussi très récent, mais

je suis président d'un nouveau parti et

j'aurai besoin de l'appui de toutes vos

femmes.

Comptez sur nous.

Comptez sur moi. Arthur, on va fêter ça.

Arthur, c'est pas la peine. Votre mère

est déjà là. Je les ai tous rencontrés

en bas. Allez, venez, venez un par un et

doucement. Faut pas secouer le

champagne,

ma petite belle fille. Embrassons-nous

tout à l'heure, ça va secouer le

champagne.

Mon nom, laissez-moi vous embrasser.

Tout à l'heure, ça va secouer le

champagne.

Ah, vous apprenez vite

toujours les femmes.

Oh, ma petite

la belle mère d'Arthur.

Et si j'osais, je vous embrasserai.

Ah bah, moi aussi. Mais là,

vous avez raison. Tout à l'heure, ça va

se prer champagne.

On est au complet. Non, plus personne.

Si moi.

Oh, du jus de fruit ?

Oui, je vous l'ai apporter pour fêter

cette belle nuit avec vous.

Voulez-vous me donner ça tout de suite ?

Attention, il faut secouer avant de

servir.

Tout à l'heure quand on s'embrassera car

vous allez vous embrasser.

Oui.

Plus de querell, plus de mépris, plus de

brimade,

plus de clan, plus de barrières.

Non.

Et plus de cloisons.

Plus de Ah, pour les cloisons. Ah oui,

les cloisons.

Pour les cloisons, on fera ce qu'on

pourrait.

Bah, on va essayer. Mesdames, à vos

coupes. Messieurs, à vos bouchons. Prêt

?

1 2 3 partez.

Les cloisons,

elle ne tenait vraiment qu'avec des

étiquettes.

Stop, stop, stop, stop. Marcel,

Marcel, te pratique pas avec le rideau.

C'est terminé pour aujourd'hui.

Comment ? On ne répète pas les saluts ?

Non, non, on verra ça une autre fois.

C'est dommage, c'est ce que je préfère

moi les salut. Qu'est-ce que ça

peut-être fatiguant de jouer la comédie

métier ?

Je me le demande.

Quand on jouera pour de vrai, j'espère

qu'on aura des vraies bouteilles de

champagne avec des vrais bouchons parce

que là ça faisait bidon. Oh là là, oh là

là, oh là là, oh là là. Bon, c'est quand

la prochaine répétition ?

Ah, je ne sais pas. Ça dépendra des

libertés de Marcel.

Oui, mais malheureusement, je peux pas

vous le dire maintenant.

Ah bon ?

Ah non, il faut d'abord que je demande à

ma femme quand elle a pas besoin de moi.

Elle a quincaillerie. Voilà.

Bon, alors Marcel me téléphonera, je

vous téléphonerai.

D'accord. Dis donc.

Oui. Quoi ? Dis donc, ça allait ma scène

?

Oui ta scène très bien.

Ah bon ? Bon le coup de la cloison là

c'était pas trop tard.

Ah si ça c'est carrément tard ou il faut

chercher autre chose. Bon

bon ben je file au magasin. Ma femme

m'attend pour fermer hein. Bon

salut au revoir.

Moi je trouve qu'on devrait revoir la

fin. Ça manque de gag.

Ah bon ?

Tu es pas de mon avis ?

Ah si. Oh là là. Tout à fait.

Je sais bien que nous ne sommes que des

amateurs, mais quand même votre texte ne

nous aide pas.

Vous devriez vous inspirer de Brècht ou

alors de Gambrovich.

Je fatigué. Soyez gentils, rentrez chez

vous. comme vous voudrez.

Moi ce que j'en disais, c'était pour lui

après tout. C'est sa pièce, ça le

regarde. Enfin, si vous voulez un

conseil.

Non, non, non, je ne crois pas que ce

soit le moment.

Ah bah tant pis, bruit. Mais sur son

personnage d'imbécile, j'aurais pu lui

donner des idées.

Oh les cons,

ils se sont pas reconnus.

C'est pourtant calqué.

En revanche, pour les caporet, je me

demande qui il a pu prendre comme

modèle. Oh les cons, ils sont pas

reconnus. Alors,

est-ce que tu m'accompagnes ?

Où ça ?

À la télé, j'ai ma cellule de réflexion.

Un lot de mes deux.

Oh mon grand, tu ne devrais pas.

Oh Mimi, ne discute pas. Qu'est-ce qu' a

mangé ce soir ?

Des moules farci.

Des moules farci ? Farcis à quoi ?

Aux sardines.

Et on se demande où je vais chercher

tout ça.

Mon chérie !

Pourquoi es-tu si triste ?

Mon amour,

je voudrais rester seul. Tu ferais mieux

de partir.

Et vous aussi ? Pas question.

Je suis toujours là quand on a besoin de

moi. À la scène comme à la ville. C'est

mon rôle. Non.

Oh vous au moins vous vous êtes reconnu.

Qu'est-ce qui ne va pas ?

J'aime pas la fin de ma pièce.

Et ben, confidence pour confidence, moi

non plus. La réunion de famille, le côté

tout le monde il est gentil, tout le

monde il est indulgent. Je trouve ça un

peu bébette, un peu guimauve. plus

complètement faux. Vous les avez entendu

?

Ah ouais,

c'est de ma faute.

Ah,

c'est moi qui l'ai influencé.

Il avait une idée merveilleuse.

C'est vrai ? Laquelle ?

En George repartait.

Rien ne s'arrangeait. Georgette et

Arthur décidaient de s'ouvrir les veines

sur le tombeau de Roméo et Juliette à

Véron.

Oui, ça c'était peut-être un petit peu

trop dans l'autre sens.

Bon, ça n'était pas plus vrai.

Non. Moi, j'ai une fin à vous proposer

entre les deux. Ah, décidément, vous

êtes fidèle à votre personnage.

Une fin plausible,

plus vraie que nature.

Dites

George part.

Vous allez partir ?

Oui. Voilà mon billet d'avion.

Oh

mais attention George emmène avec lui

Georgette et Arthur.

Mais comment ?

En avion aussi.

Et

pour le spectacle, on peut pas se payer

un décor d'aéroport.

Mais c'est inutile.

Alors, il va falloir expliquer.

Mais non. Georg

et Arthur se tiendront par la main. Ils

s'éloigneront doucement en direction

d'un point lumineux jaune de préférence.

Le soleil.

Oui, on percevra un bruit de vague

déferlant sur le sable.

La liberté. Oui, une douce musique

s'élèvera.

Georgette et Arthur s'arrêteront un

instant pour se dire quelque chose dans

le genre de

Nous aurons deux enfants.

Un penson bouffon et un couson rouleau

par exemple. Oui.

Puis ils reprendront leur marche.

George les suivra de loin. Mis à musée

mi à tandri.

Lentement, très lentement, l'éclairage

descendra.

en même temps que le rideau.

Normalement, tout le monde devrait

comprendre.

Ah.

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.