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Original subtitles

Je te l'ai dit.

Je me suis jamais fait prendre, et je serai jamais pris.

Un barrage de flics !

Accroche-toi !

Nounours et moi, on ira pas au trou.

Ça, non !

Plus vite, papa !

Quatrième année de la crise de 1929

Bonjour, Mme Akers. Bonjour, Florence.

Bonjour, Penny.

Qu'est-ce qui se passe ?

Papa met la voiture sur cales pour économiser l'essence.

Voilà qui est astucieux.

M. Murphy ?

Je voulais vous consulter. Notre voiture fait des siennes.

Si vous avez le temps, vous pourriez l'examiner ?

Ed vous trouve meilleur que les garagistes.

Je vous en serais reconnaissante.

Nous vous paierons, pour le temps passé.

Elle t'a donné beaucoup d'argent ?

Non.

Pourquoi ?

Sa voiture était pas cassée.

Tu aurais pu la casser et la réparer après.

J'y ai pensé.

Tu sais faire ça ?

Tu devrais aller demander de l'aide à Mme Akers.

Tu plaisantes ?

C'est à ton père que tu parles.

Pas besoin de Mme Akers.

Ma puce, j'ai piloté des avions.

Je fabrique des moteurs, des charpentes de maisons.

Je t'ai fabriquée, toi.

Et je saurais pas repriser

une chaussette ?

On dirait pas.

Nous serons mis à l'épreuve.

Mais comme l'écrit David dans ses psaumes :

"Espère en l'Éternel,

"fortifie-toi, et que ton cœur s'affermisse."

Espérez en l'Éternel.

Prions.

Notre Père, qui es aux cieux, que Ton nom soit sanctifié,

que Ton règne vienne, que Ta volonté soit faite.

Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.

Pardonne-nous nos offenses,

comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés.

Ne nous soumets pas à la tentation,

mais délivre-nous du mal.

Car c'est à Toi qu'appartiennent le règne,

la puissance

et la gloire

pour les siècles des siècles.

Amen.

Pourquoi il faut que ce soit si barbant ?

C'est exprès pour assommer les petites filles.

Ta mère dormait tout du long. Le pasteur agissait comme du lait chaud.

AVIS D'EXPULSION

Je vous dégage le passage.

C'est une infamie, Sam.

D'expulser les gens pendant la messe.

Une infamie.

- Vous avez un point de chute ? - Oui, ça ira.

Prenez ce que vous voulez.

Si vous ne comptiez pas l'emporter,

nous vous achetons cette radio.

J'en voulais une portative, et celle-ci est parfaite.

Oui, merci. Entendu.

Non,

mon grand, pas l'ours de Penny.

- Si. - Mais non.

C'est pas grave, papa. J'en ai plus besoin.

Tiens, prends-le.

Arrête de taper.

Je te l'ai dit.

Je te le rachèterai.

Je peux même y aller de ce pas.

Tu as dit que tu étais d'accord.

Toi, tu as vendu la radio de maman.

Regarde.

Je nous ai trouvé l'appartement idéal, à côté de l'école.

Tu vas continuer l'école, non ?

Pas travailler dans un cirque, avec des éléphants ?

Non. J'aime bien l'école.

Je l'aimais pas, de toute façon, notre appartement.

Essayons celui-ci.

Une semaine, pour voir.

Le quartier est bien.

Frappe un bon coup.

Très bien.

Il y a quelqu'un ?

Viens.

Attention au verre cassé.

Voilà.

Assieds-toi.

Voyons l'autre annonce que tu as repérée.

Tiens, sois chic.

Il y a quelqu'un ?

Qu'est-ce que vous faites ?

Ma fille et moi, on cherche un appartement à louer.

En espionnant par la fenêtre ?

Non, on cherche le propriétaire.

Il n'y a personne côté rue.

- Vous êtes un squatteur ? - Non.

Il fait quoi, papa ?

Ne la touchez pas !

T'es dans la merde.

Allez, mon vieux.

Reste ici, mademoiselle.

Écoute-moi bien. N'aie pas peur.

N'aie jamais peur.

Dès que je sors d'ici, je viens te chercher.

Et plus rien ne nous séparera, c'est promis.

Pardonne-moi, Penny.

Je ne sais pas quand,

mais dès que ce sera réglé, je viendrai te chercher.

Je t'aime fort.

Comment ça ?

Me chercher où ?

Allez, on y va.

Non !

Je reste avec mon papa !

Non, s'il te plaît !

Ça va aller.

Ne pleure pas, écoute-moi.

N'aie pas peur.

N'aie pas peur.

Papa !

En route.

Allez, petite demoiselle.

LES CONTREBANDIERS

Camp de travail du comté de Deschutes

Quatre mois plus tard

Minute !

Je veux voir mes nouveaux bras.

Tu joues au baseball, petit ?

Je...

Et toi ? Tu joues ?

- Oui, monsieur. - J'aime mieux ça.

Votre casier, je m'en fous. Félicitez-vous d'être ici.

On restaure la responsabilité par le labeur et ses fruits.

Un jour de remise de peine pour deux jours travaillés.

Et la bonne conduite accélère encore votre sortie.

Vous allez trimer dur,

payés à la journée.

Moins les charges.

Le Rouge,

tu arrives à l'os.

Continue à mordre et tu verras.

Patron.

Si vous déconnez,

et ça vaut pour chacun,

vous retournerez au pénitencier avec une peine allongée

et mon empreinte de botte tatouée sur le cul.

Comprende?

Oui, patron.

On a une route à construire.

Les matons, ça change pas.

T'auras beau les fixer du regard,

soit tu chies, soit tu libères la place.

Tu comprends pas, Singh ?

Tu gagneras pas.

Laisse tomber.

Surtout...

dans ce pays.

Comment ça se fait qu'ils t'ont pas mis

dans un dortoir pour gens de couleur ?

Parce que tous les Blancs sont des ignares.

Moi, je suis blanc.

Mais je suis pas ignare.

Sur les papiers

faits par les Blancs qui commandent ici,

je suis officiellement

"caucasien".

Comme toi, Rankin.

Je me couche.

Pas de veine, camarade.

On n'a rien en commun.

Moi, je suis blanc,

et je joue toujours.

Nuance.

T'en penses quoi, Murphy ?

Les Blancs, c'est des ignares ?

Allez, quoi, Singh traite les Blancs d'ignares.

Tu vas pas te défendre ?

Tire.

Ça, c'est la main du mort.

La main du mort ?

On raconte que le vieux Wild Bill Hickok

aurait pris une balle.

Derrière la tête.

Comme ça, alors qu'il avait

cette main.

- C'est pas drôle. - Non.

C'est à toi de voir, Big Country !

Tapis.

C'est du bluff.

Hein ?

Il a une langue.

T'en sais quoi, papy ?

Tu joues au poker, toi ?

Non.

Mais il faut savoir quand on se fout de ta gueule.

Il a peut-être raison.

Je suis.

Pour voir.

J'ai ça.

Merde !

J'ai gagné ?

T'as dit qu'il bluffait.

J'ai dit qu'il fallait savoir quand on se fout de ta gueule.

Pour moi, c'était pareil.

On avait beaucoup de poules, à la ferme.

Et pour les moutons,

comme on n'avait pas de clôture,

ce qu'on faisait,

c'est qu'on leur apprenait le chemin.

Si un mouton se retrouvait là où il fallait pas...

Fini pour lui.

On tire.

Comme dans toutes les fermes.

Tu parlais pas de poules ?

Non.

Votre attention !

Ça vous dirait, un jour de congé ?

Je m'en doutais.

Pour vous reposer, vous laver.

Et surtout,

jouer au baseball.

Qualifications demain.

C'est serré, vous êtes à un match du triomphe.

Allez, les Pirates !

Néanmoins,

on a un problème.

Alors voici le programme de l'après-midi.

Bob dit qu'on a un bloc de pierre

à faire sauter.

Mais pas de dynamite avant lundi, et pas de poudre.

Moi, je dis...

que ce bloc

doit dégager aujourd'hui.

Faute de quoi,

vous reviendrez demain, il y aura pas de match,

les Pirates déclareront forfait.

- C'est compris ? - Oui, patron.

Déplacez-moi ce caillou.

Poussez, plus fort !

Bon Dieu, regarde-moi ces imbéciles.

Ils ont aucune chance. Même Hercule y arriverait pas.

Ben alors, Murphy ?

T'as pas l'esprit d'équipe ?

Ça dépend de l'équipe.

T'as envie de venir bosser demain ?

J'aime pas trop le dimanche.

Je préfère gagner des jours de remise de peine.

J'aime bosser.

Eh bien moi,

j'aime le baseball.

Et j'adore le dimanche.

C'est le jour du Seigneur.

Si on revient bosser ici demain,

ce sera pas une partie de plaisir, crois-moi.

Pas trop tôt !

Tu vas poser des pneus ?

Tais-toi et creuse, Rankin.

Écoutez-moi bien.

Singh,

il me faut un trou de 15 cm là.

Olson, viens.

Tu vois ?

Ici aussi.

Continuez !

Continuez.

- Les trous sont faits ? - Oui.

Écoutez-moi.

Olson, prends une pelle. Cale le manche là.

Une pioche. Là-dedans.

Personne d'autre ne pousse, ou les manches casseront.

Quand ça bougera, n'arrêtez pas. Allez-y.

Prêts ?

Comme ça.

Poussez !

Ne lâchez pas.

Du nerf !

Allez !

Allez !

Bien joué !

Entre.

Je suis au fond.

SAISIE RECORD D'ALCOOL

Le voilà.

Hercule.

C'était marrant, Murphy.

De voir la tête des gars.

T'as remué ciel et terre, et ils ont rien pigé.

Un soda ?

Sers-toi.

Pull !

Bon Dieu, Murphy !

J'ai jamais vu ça.

D'habitude, on les laisse s'envoler,

pour leur laisser une chance.

Je croyais qu'il fallait les tuer.

Ça, tu l'as fait.

On nettoie ça et ensuite, on mange.

T'aimes les voitures ?

C'est le dernier cri, la Ford 18.

Elle est en panne, mais jolie.

- Je peux regarder ? - Je t'en prie.

Qu'est-ce qu'elle a ?

Elle vire à gauche, elle chauffe,

elle aime pas les côtes et elle freine pas.

- Je peux réparer ça. - C'est vrai ?

Quels problèmes ?

Tous.

J'ai gardé un bordel à Paris toute la guerre.

Comme j'étais flic à Portland, on m'a mis dans la police militaire.

On était chargés d'empêcher les sammies comme toi

de choper une maladie vénérienne.

Ça a marché un temps.

Mais les flics militaires en ont chopé.

Et toi, d'où viennent tes cicatrices ?

Les Allemands visaient un site derrière nous.

On a été mis sous commandement anglais et français.

Leurs éclaireurs ont voulu que j'y aille en premier.

J'y suis allé.

Et voilà le résultat.

Ça fait de toi un héros de guerre.

J'ai eu du bol, surtout.

Les roulements sont neufs, le métal devrait tenir un moment.

Elle ne virera plus.

Elle était en sale état.

Le vendeur l'avait pas ménagée.

Il a cessé son activité.

Il a pris 15 à 20 ans.

Un contrebandier mis à la retraite.

Interrupteurs au tableau, suspensions modifiées,

plaque illisible, moteur trafiqué.

Mal branlé, d'où la surchauffe.

Voyez-vous ça, un connaisseur de voitures de prohibition.

Je vais finir par bien t'aimer, Murphy.

T'as de la famille ?

Oui, j'ai une fille.

Elle est gardée par des gens bien ?

Parler d'un problème, c'est déjà le résoudre.

Quel est ton problème ?

Moi, je suis ici.

Elle, dans un foyer, l'Institut du bon pasteur.

Dans un mois, elle sera mise à l'adoption.

Même avec remise de peine, j'ai encore 6 mois, voilà mon problème.

Merci.

Murphy !

T'as bien bossé, merci.

Elle tourne très bien.

Pour tout te dire,

je suis pas venu juste pour une virée.

Je pensais à toi et à ta difficulté.

Si je te faisais sortir d'ici la fin du mois, ça te plairait ?

Vous pouvez ?

Mon grand, ici, je fais ce que je veux.

Si j'écris que t'as purgé ta peine,

t'as purgé ta peine.

Je t'explique ce qui va se passer.

J'ai un ami qui a besoin d'un coup de main.

Lui aussi est en difficulté.

Il lui faut quatre hommes costauds.

De confiance.

Je me méfie de ces gars, mais toi, tu les connais,

et j'ai confiance en toi.

C'est toi qui seras aux commandes.

Ça va pas être un jeu d'enfant.

Ça risque d'être rude.

Mais il y a un bon pactole à gagner.

Interdiction de te rater.

On se ratera pas.

Bien.

Si tu réussis,

je signe les papiers pour toi et ceux que tu embauches.

Marché conclu ?

Ce boulot, c'est forcément illégal.

Il m'a demandé de trouver trois hommes de confiance.

J'en ai trouvé que deux,

et vous aimez bien ce gars-là.

Heureusement qu'on monte pas dans ce coucou.

Deux heures jusqu'à la mine, en gros.

Je veux pas vous entendre moufter, compris ?

J'ai jamais pris l'avion.

J'ai dit quoi, bordel ?

Mine d'or de Black Hawk, concession 7

Entrez, M. Amis.

Venez, dépêchez-vous.

Avancez jusqu'au bureau et bouclez-la.

Bonsoir, messieurs.

George Taggert.

Lequel est Murphy ?

C'est moi.

Clancy ne tarit pas d'éloges sur vous, M. Murphy.

"L'homme de la situation."

Ça tombe bien. Pour ce boulot, il faut le bon gars.

Enfin,

les bons gars.

Il y a une chose

à savoir, et elle est d'importance.

Vous voyez ça ?

Ça, c'est des emmerdes.

Le trouver,

l'extraire, et surtout le garder, c'est des emmerdes.

L'or rend les gens fous.

Ils mentent.

Ils trichent.

Ils tuent.

Vous entendez ?

Vous entendez ?

Oui, monsieur.

Bien.

Dans deux semaines,

toutes les mines du pays seront fermées

et la moindre pépite d'or sera confisquée.

Merci, Roosevelt.

C'est la crise.

Pour pas mal de types aux abois,

cet or devrait leur revenir, et pas au gouvernement.

Deux mines du comté ont déjà été pillées par leurs gardes.

Ceux qui ont tenté de protéger le coffre

ont été abattus.

J'ai confiance en deux hommes,

dans cette mine.

Ils ont entendu dire

qu'on était les prochains.

Je ne vais pas laisser faire ça.

Pas dans cette mine.

Car il n'y aura plus d'or.

Parce que vous allez le prendre.

Et demain dès l'aube, vous allez l'acheminer,

à travers la cambrousse, à l'opposé de ces sauvages,

sans que personne remarque qu'il a disparu.

À environ 75 kilomètres,

la route minière se sépare en deux branches,

qui convergent

au bout du lac.

Rendez-vous là-bas.

Dans six jours exactement.

M. Amis et M. Letender

vous escorteront pour s'assurer

que vous ne vous perdez pas.

Vous comprenez ?

Vous comprenez ?

"Oui, monsieur."

Cet or, il est pas à moi. J'aimerais bien.

Il est aux propriétaires de cette mine que je suis payé pour garder.

On sera payés quand ?

À la livraison.

Tenez votre engagement,

je tiendrai le mien.

Tout cet or, jusqu'à la dernière once,

doit arriver à bon port.

S'il en manque pour une raison ou une autre,

vous serez dans le pétrin.

Vous m'entendez ?

Oui, monsieur.

C'est bien. Hors de ma vue.

Lui et moi, on peut pas être vus avec l'or.

Si on se fait choper...

C'est vous qui y passez.

Cinq jours avant livraison

Par là.

Non, attends.

Olson.

Singh.

C'est bon, passe.

On avance.

Il y a quelqu'un.

Je crois pas.

Si j'ai raison, ça va vite tourner court.

Avance et donne-moi ton couteau.

File ton paquetage.

Volontiers.

- Putain ! La bonne, ici ? - Moins fort.

File-moi ce surin.

T'es accompagnée ?

Non.

Toute seule.

Dis-moi

ce que tu fais là.

La même chose que vous.

Sauf le vol d'or.

On vole rien, on...

J'ai vu des gens sortir en douce,

avec des paquetages, et je voulais partir aussi.

J'ai suivi le mouvement.

Je peux aider.

Je suis forte comme vous.

T'emballe pas.

Trêve de bavardage.

Faut qu'on avance.

C'est moi qui commande.

Je me fiche de ce que vous faites, de ce que vous avez pris.

Mais je n'y retournerai pas.

On la laisse là.

Elle vient pas.

Je serai prise si je fais demi-tour.

Il faut avancer.

Allez, en route.

Bon, ça suffit !

Le silence, c'est pire que ces foutus paquetages.

Dis voir, papy,

t'as pas des anecdotes

sur le bon vieux temps ?

Ah ouais ? Mince alors !

Intéressant, je savais pas.

C'est vraiment captivant.

Raconte-nous tout.

Singh, je crois même

que je pourrais t'écouter nous faire un cours sur...

C'est quoi, déjà ? L'histoire des travailleurs "coolies" ?

Plus tard.

Ou les dérives du capitalisme.

Non, je sais, Singh !

Quoi ?

Raconte aux autres comment tu t'es fait arrêter.

Ça vaut le coup.

Singh s'est fait arrêter parce qu'il est socialiste.

La vérité et toi, ça fait deux.

Pourquoi tu racontes pas, Singh ?

Allez, s'il te plaît !

Raconte.

Primo, Rankin, on peut pas être arrêté

pour socialisme.

- Bien sûr que si. - Non.

J'ai été inculpé pour refus d'obtempérer.

J'étais à la tête d'une manif avec le comité des chômeurs.

Les gens étaient remontés.

La police est venue pour l'interdire, ça a dégénéré.

J'ai eu droit à une attention particulière,

du fait de ma couleur de peau.

Singh s'est fait arrêter parce que c'était un rouge

et un basané.

Je leur en voudrais pas de tous vous renvoyer chez vous.

Il répond aux flics, en plus !

On a un vrai hors-la-loi parmi nous.

Un vrai de vrai.

Mais comment t'as viré aussi rouge ?

Si ça t'intéresse tant, j'ai quelques maximes très à propos.

Non, pitié.

Pour t'éclairer.

Un ordre social permettant à un seul homme

qui ne fait rien de productif

d'amasser une fortune,

tandis que des millions de gens triment pour une misère,

ça n'est pas une civilisation.

Je suis socialiste parce que je suis humaniste.

Attention à ce que tu dis.

Ferme-la, Singh.

Moi, tu m'écoutes pas, mais un type qui brandit une arme, oui.

Les mineurs qui ont bâti ça s'y connaissent.

Ils transportent

du matériel et des bêtes.

Bon Dieu !

- Ça va ? - J'ai cru que j'étais cuit.

Mes couilles ont bondi dans mon bide.

Ça supporte un homme,

mais sans paquetage.

C'est bon. Envoie.

Bien joué.

- Voilà. - Prêt ?

Prêt.

Allez, Singh.

Bien rattrapé.

À moi.

Encore deux.

Un, deux...

Tu l'as ?

Murphy, si t'en lâches un, autant passer par-dessus bord.

On sera tous foutus.

Bonjour l'encouragement.

Ta gueule.

Murphy ?

Attention à ton pied.

Bien. Ramasse-le.

Le dernier.

Attends !

Merde !

Bordel de merde !

C'est bon ?

Tu te fous de moi ?

T'es con ou quoi ?

Pardon.

- C'est tout ? - Oui.

Bon.

C'était fastoche.

Ici, ça ira.

Posez les paquetages là.

Anna,

aux fourneaux, ma jolie.

Je vais chercher de l'eau.

- Je t'aide ? - Non.

- J'ai pas besoin d'aide. - Je vois ça.

- Ne sors pas ce couteau devant eux. - Pas de risque.

Attention, certaines plantes sont vénéneuses.

Amis...

Putain, mais t'es qui ?

Tu veux quoi ?

Par ici,

on se mêle de nos affaires.

Mais on partage son repas si on en a un.

Ça fleure bon.

T'aurais dû signaler ta présence.

Je l'ai fait.

Vous m'avez pas entendu.

En redescendant,

j'ai vu le feu.

J'ai senti la bouffe.

Vous auriez de la picole ?

Je bois que de l'eau du ruisseau.

J'ai pas beaucoup de compagnie.

Quelques vieux trappeurs de passage, des bûcherons.

Des mineurs.

C'est surtout minier, ici.

Deux types d'Indiens !

Ça alors !

On veut pas camper sur ton terrain.

On repart demain matin.

Ça me gêne pas.

Ici, chacun sait à qui est quelle concession.

Et sinon,

on apprend.

Tu vis ici tout seul ?

Parfois.

Je connais ces montagnes comme ma poche.

Mais c'est ici, le mieux.

Y a du gibier.

Et de l'or, mais vous en aurez pas.

Dites donc...

Ça a l'air lourd, ça.

Vous voyagez pas léger.

On a beaucoup de marche demain. On va dormir.

- Vous descendez la rivière ? - Non.

Vous allez où, alors ?

Y a pas 36 chemins. Je peux vous montrer.

Du calme.

T'as eu ton repas.

Va voir ailleurs.

Si je te revois, t'es un homme mort.

Doucement.

Tout doux, mon grand.

Je m'en vais.

Quatre jours avant livraison

Il est peut-être pas seul.

On est lents, faciles à pister.

On devrait traverser pour brouiller les pistes.

Je préférerais suivre cette foutue carte.

Moi aussi, mais il est pas con.

Écoute-moi, Amis. Il était au courant.

Ben alors, t'es qu'un pauvre lâche ?

Tu confonds lâcheté et jugeote.

Tu l'as dit, ces mineurs vivent de miettes d'or.

Ils sont prêts à tout pour avoir ce qu'on transporte.

- Je m'inquiète pas. - Tu devrais.

Avancez !

Peut-être des bûcherons.

Un lâcher de bois.

On y va.

Merde.

On y va.

Plus vite !

Murphy,

du nerf !

Détache-toi.

Le lâche pas.

- Je te tiens. - Murphy !

Couteau !

Attention aux paquetages !

- Murphy ! - Merde.

Aide-moi !

Murphy !

Tiens bon, donne ta main.

La corde ?

Je te tiens.

Amis ! Le paquetage !

Il est là !

Coincé !

Vite !

Ça va ?

Désolé, vieux.

Je sais pas nager.

Je sais pas nager.

Vas-y, cogne encore !

Tu m'as bien corrigé, l'ancien.

C'était une belle raclée.

J'avais pas pris une rouste depuis un bail.

C'est des bons souvenirs.

Je me battais tous les jours, à la maison de correction.

Ça me manque presque.

Par contre,

dans ces endroits,

la vie est dure.

Très dure.

Je voudrais pas y être maintenant.

Ça doit faire mal, ça.

Amis, tu as toujours la pince coupante ?

La vache, Murphy...

Va falloir te couper le doigt.

Ne bouge plus.

Ça va faire mal.

Tu gardes ton doigt et ton alliance.

Merci.

Ça fait deux fois.

Aujourd'hui.

Fini de faire l'infirmière, prépare à manger.

Ouais, j'ai faim.

- Non, on ne peut pas faire du feu. - Hein ?

Je préfère pas faire du feu.

T'as la trouille du petit mineur.

Oui.

J'ai traversé ta saleté de rivière pour rien.

Je suis trempé comme une soupe.

Je fais du feu.

Non, je ne préfère pas.

Dis-moi, Murphy,

si t'es si malin,

pourquoi t'es là ?

T'es qu'un vieux taulard

avec une main cassée,

qui connaît rien à rien.

Trois jours avant livraison

Allez, Big Country.

Chacun a raconté son histoire.

Toi, comment tu te retrouves à transporter de l'or

en pleine cambrousse ?

Parle du juge que t'as pendu.

Amuse-nous un peu.

J'ai pas pendu un juge.

Laisse-le.

L'histoire vaut le coup.

Allez, Olson. On t'écoute.

C'est pas moi qui l'ai fait,

mais il a failli être pendu.

Pourquoi ?

Ce juge saisissait à tour de bras

des fermes de familles scandinaves.

Il y prenait un malin plaisir.

D'autres juges essayaient d'être arrangeants.

Pas lui.

Il a pris notre ferme avec les autres.

On n'a rien pu faire.

Retirer à un homme sa capacité à nourrir sa famille,

ça crée du désespoir.

Et le désespoir crée de la violence.

On est allés à plusieurs à sa salle d'audience.

On lui a passé une corde et on a commencé à le pendre.

Pour beaucoup, il le méritait. Mais c'est pas allé aussi loin.

Faites gaffe qu'il vous joue pas un tour,

en rapportant l'or tout seul à la ferme de son oncle.

Rankin, t'es le type le plus pénible

que j'aie rencontré.

Tu le sais ?

Tu l'as mieux raconté l'autre fois.

Et toi, Letender ?

La cargaison, tu crois qu'elle vaut combien ?

Je dirais...

que c'est pas tes oignons.

Quand même,

ça te fait pas un peu peur ?

Quoi donc ?

Qu'on te saute dessus pour le piquer ?

J'ai passé des années dans la police.

J'ai pas peur des petites frappes comme vous.

Il doit y en avoir pour 100 000 $.

Évidemment,

quand Roosevelt aura confisqué tout l'or du pays

d'ici deux semaines, d'un seul coup,

ça vaudra ce qu'il dira que ça vaut.

Roosevelt de mes deux et ses banquiers youpins.

Celui qui récupérera cet or

va alimenter la spéculation.

Il va se faire un paquet de blé,

en restant les bras croisés.

Comme toujours dans ce pays.

Ta gueule.

Ouais, ta gueule, Singh.

Qu'est-ce que t'en sais ?

C'est dans les journaux.

Je lis, moi.

Sur la dette, la terreur.

La souffrance.

C'est de la foutaise.

Deux jours avant livraison

Réveillez-vous.

On a peut-être un problème.

Des bateaux attachés à la rive, et personne dedans.

Combien ?

Deux.

On y va.

Debout, mettez vos paquetages.

Ils étaient peut-être déjà là.

Non, c'est lui.

Tant mieux.

Si c'est lui,

son copain et lui sont des hommes morts.

Nous, on est des hommes morts.

Ils sont plus de deux.

Ils vont nous tirer comme des lapins.

Singh, retourne là-bas. Letender, avec lui.

Non. Pourquoi aller à la rivière ?

Pour prendre les bateaux.

Je t'aide.

Je suis touché !

Courage, vieux.

Je te retourne pour voir si la balle est ressortie.

Je suis obligé.

Je dois voir derrière.

Ça va, elle est ressortie.

Elle est ressortie. C'est une bonne nouvelle.

Je vais te faire un garrot.

Lève ta jambe une seconde.

Ça va ?

Compte jusqu'à trois.

On va examiner aussi ton dos.

Quand on s'arrêtera.

Ça va, mon grand ? Tu vas pouvoir marcher ?

Oui, ça va.

Écoute-moi. Tu feras quoi, à ta libération ?

J'embrasserai ma femme et mes fils.

- T'en as combien ? - Deux.

Ils te manquent ?

Ma fille me manque.

T'as une fille ?

Elle sera contente de te voir.

Elle est avec sa mère ?

Elle est...

dans un foyer, en pension.

C'est pour ça

que je lui écris tous les jours.

Pour qu'elle sache que je pense à elle.

Regarde-moi.

Tu vas t'en sortir.

Je t'offrirai une canne à Noël, mais tu vas t'en sortir.

Apportez les paquetages.

On décharge.

Ne bouge pas, je reviens.

Bon Dieu !

Je t'ai apporté de l'eau.

Ça va aller.

Je reste avec toi.

Aide-moi.

Tu as pris des éclats de plomb.

Heureusement, c'était de loin.

C'est superficiel.

Tu as quelques écorchures.

Prends ça.

Fais pénétrer en frottant et laisse poser.

Ça fait quoi ?

C'est antiseptique.

Comme ça ?

Oui.

Tu as parlé de ta fille.

Moi aussi, j'ai grandi toute seule en pension.

C'était comme une école militaire.

On m'apprenait à servir chez les Anglo-Américains.

Leur devise, c'était...

"Tuez l'Indien, sauvez l'homme."

Comme ça ne m'intéressait pas,

je me suis enfuie.

Ils l'ont fait ?

Quoi ?

Ils ont tué l'Indienne ?

Ils n'ont rien tué en moi.

Ils n'ont rien sauvé non plus.

Je crois avoir vu quelque chose, cette nuit.

J'arrivais pas à dormir, et quand j'ai levé la tête,

ils étaient à côté de lui, en train de...

de l'étouffer, de l'asphyxier,

je crois.

Un jour avant livraison

T'en es sûr ?

Je peux pas être sûr, mais c'était pas net.

Une chose est sûre,

faut qu'on les bute aujourd'hui.

Avant de finir comme lui.

On ne va pas faire ça.

Et si vous essayez,

c'est pas à Amis ou Letender que vous aurez affaire.

C'est moi qui vous tuerai.

Amis...

Tu as vu quelque chose,

la nuit dernière, avant la mort d'Olson ?

Je l'ai entendu appeler.

Je suis allé le voir.

Il était dans un sale état.

Il avait du mal à respirer. Il essayait de parler.

Je me suis penché pour m'approcher.

Il a arrêté de bouger.

Je l'ai laissé et j'ai prié pour que ça aille.

Voilà.

Posez les sacs.

Taggert devrait arriver à l'aube.

Mission accomplie.

À voir.

Bordel, c'est bon !

Un régal, ce whiskey !

Forcément, c'est celui de Taggert.

Ah ouais ?

À la santé de George Taggert.

À une plus juste répartition des biens.

Si tu rentrais avec moi,

demain ?

Tu me feras la cuisine.

Je t'entretiendrai.

Ça te plairait, hein ?

T'en dis quoi, ma jolie ?

Que les fanfarons n'ont rien dans le pantalon.

Dormez bien, les gars.

Papa !

Papa.

T'es foutue.

Regarde-toi.

T'es qu'une merde.

Salopard !

Tu viens sauver ta copine ?

Comme ça,

j'attends pas de te tuer avec les autres.

T'es un homme mort.

La livraison

On fait quoi, maintenant ?

Tu retrouveras pas ta fille, si tu crèves.

Je t'avais dit que c'était foireux.

Faut qu'on récupère l'or et qu'on taille la route.

Il a dit qu'ils allaient nous tuer. Je veux pas crever dans cette forêt.

Alors, on fait quoi ? Dis-moi.

Allez !

Allez, on y va.

Debout.

Amis !

- Debout. - Bon sang...

Où sont les autres ?

Allez, debout !

Va charger les paquetages, dépêche.

- Plus vite ! - Oui, chef.

Du nerf !

Amis, où sont passés les autres ?

Merde...

- Où est Letender ? - Pardon ?

Tu te fous de moi, Amis ?

Charge-moi ces paquetages !

Si ça finit mal,

prenez la voiture

et remontez la rivière.

Elle doit croiser la route d'accès qu'on vient de prendre.

Ne partez pas trop tôt, compris ? Pas trop tôt.

Ils traîneront pas, avec la cargaison, mais ils vous chercheront.

Restez dans la forêt jusqu'à la nuit.

Ferme ta gueule, t'entends ?

Ramasse !

J'y vais.

Tu veux jouer au plus malin ?

Tout est là.

Taggert !

Tu nous annonçais une marche difficile.

On est arrivés en avance.

Je l'avais dit, t'es l'homme de la situation.

Merci, ça me touche.

Vraiment.

Où sont passés les autres ?

J'en sais rien.

Letender, il est...

en train de chier.

Tu le connais, ça peut être long.

Je sais pas ce que tu en penses,

mais il disait...

qu'on mériterait une prime.

- Tu en dis quoi ? - D'accord.

Parlons-en.

Bouge pas !

Couche-toi !

Quand je file, tu files.

C'est quoi, ce bordel ?

Taggert !

Merde !

Merde !

Allez...

CE VÉHICULE EST LIMITÉ À 55 KM/H

Et merde.

Parfait.

Démarre !

Je te tiens, maintenant.

C'est bon.

Allez.

Je te tiens.

Murphy.

Clancy.

Je me suis servi.

Tu l'as bien mérité.

Je me doutais qu'il y aurait du grabuge. Ça va ?

Très bien.

J'avais dit à Taggert que tu assurerais. Il est où ?

Il ne viendra pas.

Entrons.

Pour parler affaires.

Je te sers un verre plus corsé.

Pas de verre ?

Ce n'est pas une visite de courtoisie.

Et toi, ma jolie ?

Un verre ?

Non.

Comme vous voudrez.

Faites comme chez vous.

Après tout,

on fait tous équipe.

Ce pistolet, il était à Taggert.

Et celui-là, à Amis.

Le même modèle que vous.

Je sais pas dans quelle équipe vous jouez tous,

mais sûrement pas la mienne.

Je ne sais pas ce qui s'est passé.

Mais si c'est ce que je crois,

je vous conseille de m'écouter.

Bien attentivement.

Cet or a été soustrait au gouvernement.

Mieux vaut éviter d'y être mêlé.

Et encore moins à un meurtre.

Alors, laissez-le ici.

On l'enferme dans le bureau.

Demain, je l'emporte à sa destination.

Ensuite, je signe vos papiers,

j'organise votre départ,

et vous êtes libres.

C'était ça, le marché.

Vous voyez pas ?

Vous avez une mauvaise main, Clancy.

Non, il a raison.

Il a raison. Il faut pas que ça remonte à nous.

Mais le seul à pouvoir faire le lien, c'est vous.

Tous les autres témoins sont morts.

Personne ne les retrouvera, on y a veillé.

Ils ont disparu, l'or a disparu.

C'est louche.

Un bon flic

partirait en chasse de cet or pour le rapatrier

dans les caisses de l'État.

Il traduirait les voleurs en justice.

À l'inverse,

un mauvais flic

pourrait vouloir que cet or

disparaisse avec le mystère du sort de Taggert et les autres.

Ton ami Taggert m'a dit quelque chose avant de mourir.

Il m'a demandé

si je voulais ta part de l'or.

Il avait pas compris.

C'est pas ta part que je veux.

C'est ma fille que je veux.

Alors...

voilà ce qu'on va faire.

Rankin,

Anna,

Singh,

la famille d'Olson,

moi,

et toi...

on se répartit l'or.

À parts égales.

Je veux plus avoir à me soucier de toi, ni toi de moi.

Alors signe ces papiers,

et tu as ton or.

Après quoi, j'irai chercher

ma fille.

Une dernière chose.

Tu as les papiers de la Ford 18 ?

Je l'aime bien, cette voiture.

Prêt ?

J'ai lu ces papiers cent fois.

Je suis prêt.

Ne t'en fais pas.

Mme Akers ?

M. Murphy ?

Je te l'ai dit.

Je me suis jamais fait prendre,

et je serai jamais pris.

Accroche-toi à Nounours, ça va secouer !

Il arrive vite, tu le vois ?

On va le semer.

Pour Billy

Adaptation : Anaïs Duchet

Sous-titrage : DUBBING BROTHERS

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