All language subtitles for The.Motorcycle.Diaries.2004.1080p.BluRay.x264.AAC5.1-[YTS.MX]

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian
cs Czech
da Danish
nl Dutch
en English Download
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
el Greek
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
it Italian
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranî)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil)
pt Portuguese (Portugal)
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish
es-419 Spanish (Latin American)
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

Le plan, parcourir 8000 kilomètres en 4 mois.

La méthode, l'improvisation.

L'objectif ? Explorer le continent latino-américain qu'on ne connaît qu'à

travers les livres.

L'équipement ? La vigoureuse.

Une Norton 500 modèle 39, toute déglinguée.

Le pilote ? Alberto Granado.

Un ami grassouillé, 29 ans, biochimiste, autoproclamé scientifique errant.

Son rêve, arriver à destination le jour de ses 30 ans.

Le copilote ? Ce sera moi, Ernesto Guevara de la Serna, surnommé Fuser, 23

ans. Ernesto part en voyage ? Non, Ernesto reste ici.

Ernesto, tu m'emmènes avec toi ? On y va tous les deux ? Papa, je regrette, mais

tu peux pas m'interdire... Il ne te manque plus que trois matières pour

avoir ton diplôme.

Ça peut bien attendre.

Étudiant en médecine.

Spécialisé en léprologie.

Joueur de rugby amateur.

Oui, vas-y ! Bravo, Fuser ! Bien joué, Fuser ! Et occasionnellement

asthmatique.

On va partir le 4 janvier de Buenos Aires. Le périple de Buenos Aires jusqu

'en Patagonie, ensuite le Chili.

Après, on remonte vers le nord jusqu'à 6000 mètres par les crêtes des Andes,

jusqu'au Machu Picchu.

Ensuite, cap sur la léproserie de San Pablo, dans l'Amazonie péruvienne.

Destination finale, la péninsule de la Guajira au Venezuela, à la pointe nord

du continent.

Et on pose nos bagages dans la péninsule de la Guajira, la pointe de ce continent

grandiose. On boira du vin, on dansera avec des beautés tropicales, deux heures

de préférence. Elle est bonne la bière.

Le 4 janvier, on décolle. Bon, t'auras fini tous tes examens là, non ? Oui,

oui.

Si ça te dit, je suis d'accord pour qu'on fasse un petit détour par Miramar,

pour que tu vois ta petite amie. Je te remercie.

Pas plus de deux jours.

Regarde, regarde le petit vieux à la table tout seul.

Quoi ? Tu veux finir ta vie comme lui.

Mais non, tu veux pas finir ta vie comme ça, fooser.

Pour toi, ce voyage, c'est sauter des nanas partout où tu passes.

Ben oui, bien sûr.

Et si je peux m'en faire une dans chaque patelin, je dis pas non.

Ça rajoute du piment à l'aventure.

Nos points communs ? Notre curiosité.

Notre esprit rêveur.

Et notre passion pour la route.

Dépêche-toi, Ernesto.

On n'a pas toute la journée devant nous.

Vous ne prenez pas trop de bagages ? Juste ce qu'il faut. Faites-vous

confiance, c'est une Norton 500, cet engin-là. Ça, c'est de la beauté.

Vous inquiétez pas, votre fils est entre de bonnes mains, soyez tranquille.

Ernesto.

C'est bon, là, ça va.

Tu vas vivre des moments difficiles, Ernesto.

Moi aussi, j'ai toujours rêvé de partir sur les routes.

Et je t'avoue que si j'avais quelques années de moins, c'est moi qui partirais

avec toi sur cette moto.

Alors dis-toi que je le fais pour nous deux. Ça fait dix ans que je rêve de ce

voyage. Oui, depuis que t'es tout petit. En attendant... Je te confie ceci.

Alors, la révolution, c'est pour quand ? Ici ? Pas avant un siècle. Vous croyez ?

Alors, mon chéri, c'est l'heure du départ.

Eh oui, maman.

Viens.

Surtout, tu n'oublies pas de prendre tes médicaments.

C'est capital, hein ?

Et tu écris quand même ? Je t'écrirai les plus belles lettres que tu aies

jamais reçues.

Au revoir, mon amour.

Au revoir.

Je t'aime.

Au revoir.

Salut, petite soeur.

Prends soin de toi.

Au revoir.

Salut, toi.

Au revoir, Juan Martin.

Tu m'écris, hein ? Au revoir, ma belle.

Tu m'enverras une carte postale. Ça suffit, les adieux. Vous allez me faire

pleurer. Arrêtez.

Portez-vous bien. Tout comme Don Quichotte avait sa rossinante et Saint

-Martin avait sa mule, nous avons en notre monture la célèbre vieille gourou.

Oui, mais elle pisse-file. Elle pisse-file, t'as raison, mais ce que j

'essaie de dire, c'est qu'en ce moment historique, le jeune fouseur et votre

serviteur partent pour un voyage vers les profondeurs de l'esprit humain.

Nous découvrirons des terres nouvelles, nous entendrons des hymnes nouveaux et

puis nous mangerons des fruits charnus. Alberto, je te préviens, tu es

responsable de mon fils. Si jamais il lui arrive quelque chose, c'est à moi

que tu auras à faire. Mets ton écharpe, mon amour.

Ne vous inquiétez pas, madame. Il reviendra et il sera le médecin dont

nous rêvons tous. Ah ben ça, j'espère bien.

Bon, c'est l'heure de partir.

En route ! Ah merde.

Allez, coureur.

Et ben voilà.

Allez, bonne route.

Allez, en route ! Soyez prudents ! On se revoit bientôt !

Chère maman, on a laissé derrière nous Buenos Aires, et aussi cette chaîne de

vie, la faculté, les examens, les dissertations à dormir debout.

On a devant nous toute l'Amérique latine.

Dorénavant, on s'en remet à la vigoureuse.

Si tu nous voyais, on dirait des aventuriers.

Partout on suscite l'envie et l'admiration.

Je suis content d'avoir quitté ce qu'on appelle la civilisation, et d'être un

peu plus près de la Terre.

Putain, c'est quoi ça ? Ça se voit pas ? Un clef de merde ? C'est toi qui conduis

comme une merde ! Un clef de merde ? Qu'est-ce qu'il dit sur ma moto, ce clef

? C'est pour Tsuchina.

Il s'appelle Comeback.

Allez, relève la moto.

Putain, on est où là ? En Suisse ?

Bonjour. Bonjour.

Chichina est là ? Elle est à la plage avec la famille.

Elle est mal en point votre moto.

Alors Esteban, raconte-nous un peu ton voyage.

C'était fantastique dans mon ratio.

J'ai eu l'occasion d'assister à un séminaire à Cambridge.

Et de passer quelques semaines à Londres.

Une ville fascinante.

Oh, quel privilège.

Oui, tout à fait.

Esteban passe son doctorat bientôt.

C'est exact.

En médecine ? Non, en droit.

Un, deux, trois, quatre, tango.

À ton tour, viens.

J'ai jamais vu un cochon qui a envie de danser. J'ai jamais vu ça.

Allez, en piste.

Arrête tes conneries.

Comme ça.

Un, un barilet, sur le côté.

Pourquoi tu ris ? À cause de toi.

De quoi tu ris ? De toi.

Aujourd'hui ? Ce soir ? Papa a demandé à tante Rosanna de ne pas me quitter des

yeux toute la soirée.

Et maman a promis à la Vierge de la Vallée qu'elle fera pèlerinage jusqu'à

son sanctuaire si on le peut, toi et moi.

Et tes parents se rendent pas compte que plus ils cachent les diamants, plus ça

donne envie aux pirates de les voler.

Crois-moi, ce diamant se laisserait volontiers t'éropter.

Tu dis plus rien ? Mais danse !

Regarde-les.

Dis-donc, ils s'en font pas.

La bonne ne jeûne pas.

Fais voir ta salle de bain.

Non.

Bonne nuit.

Bonsoir, mes filles. Bonne nuit.

Bonsoir. À demain.

Dormez bien.

Alors, Tante Rosana, dans quelle chambre je dors ?

On avait dit qu'on restait combien de jours ? Tu le sais bien.

Deux.

Et on est là depuis combien de jours ? Et tu vas aussi opérer tes patients avec

du fil de fer ? Six jours qu'on est là, Fuser.

Ils vont nous tuer.

Si tu restais, on pourrait faire plein de choses, Ernesto. Mais encore faudrait

-il que tu restes.

T'es dur avec moi.

Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Je vais pas t'attendre.

Mais je t'ai dit que je reviendrai.

Et tu me laisses le chien comme preuve ? T'aurais voulu autre chose ? Qu'est-ce

que tu veux, Ernesto ? Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Que je vais passer

des semaines et des mois à attendre que tu me reviennes.

Qu'est-ce qui te prend ? Qu'est-ce que tu veux ? Qu'est-ce que tu veux ?

Je voudrais qu'on reste toujours comme ça.

D'accord, je veux bien patienter, mais je veux pas t'attendre une éternité.

C'est combien une éternité ? Attention, monsieur, terrain glissant.

Je te touche plus, t'as gagné.

Aïe ! Je t'ai pas raté !

Je t'ai fait maître.

Très prodigou, t'en profites.

Bon, les tourtereaux, c'est l'heure de partir.

Poseur.

Rassure-toi, ça va aller.

Merci pour tout.

J'entendais dans le bateau les pieds nus clapoter, et je pressentais les visages

assombris par la faim.

Mon cœur fut impondu l'entre-aile et la rue.

Par quelle force ai-je pu me libérer de ses yeux et m'arracher à ses bras ? Elle

resta, noyant de larmes son angoisse derrière la pluie et la vitre.

C'est l'orca ? Non ! Lérouda ? Non ! C'est de qui ? Je ne

me rappelle plus son nom !

Et je n'ai qu'à arrêter pas de couler, merde.

Ça a donné quoi avec Chichina ? Rien ? Hein ? Même après lui avoir fait

cadeau de ce berger allemand de pure race, rien ? Rassure-moi, t'as réussi à

voir ses seins, un petit nichon au moins.

Ah, je vois, tu t'es rassé l'œil, espèce de vieux pervers.

Scalpel ! Scalpel !

Un dollar américain ? 15.

Chichina ? Ouais.

C'est une fille comme ça qu'il te faut. J'ai toujours pensé, cette nana, c'est

la fiancée idéale pour Ernesto.

On va manger comme des rois, des repas succulents, riches en protéines. Non, ce

fric, je peux absolument pas y toucher avant les Etats-Unis.

Elle veut que je lui ramène un maillot de bain.

Je lui dis oui.

Arrête. Donc tu vois, faut pas compter dessus. Ce fric, tu peux l'oublier.

Ce connard, il commence à me courir, il va me trouver s'il insiste.

Tu te remets à parler à la moto ? Mais qu'est-ce que t'as dans le crâne, bon

sang ? Cette nana te tient par les couilles ! Mais non ! Fouseur ! Mais t

'excites pas, la grosse ! Bonjour ! Bonjour !

Comment tu la sens, la moto ? Au fil de feu, elle fait des merveilles ! Elle

roule super bien !

Putain de merde ! J'ai chié

! Rien de cassé, Poser ?

Saloperie de virage !

Regarde-moi le pot d'échappement bordel de merde.

Regarde, on pourrait aller jusqu'à cette hacienda.

Chez les gens de la route ? Je sais pas.

Demandons plutôt de l'aide à des gens simples. Ouais, t'as raison.

On fait le coup du phare cassé ? Octobre rouge.

C'est quoi, octobre rouge ? T'as carte de médecin, non ? Ah ouais, ouais,

ouais.

Bonsoir. Bonsoir.

Qu'est-ce que vous voulez ? On n'a pas l'air comme ça, je vous l'accorde, mais

nous sommes tous les deux médecins.

respectivement à Buenos Aires et à Córdoba.

Nous parcourons de long en large le pays.

Il a aussi sa carte, bien sûr. Nous parcourons donc le pays pour réaliser

une enquête approfondie dans l'espoir de guérir enfin certaines des plus

terrifiantes maladies du XXe siècle.

Maladies atroces qui non seulement nous anéantissent, mais plongent l'Argentine

dans l'asservissement le plus total.

Franchement, si vous lisiez la littérature médicale, vous seriez aussi

inquiets que nous et vous comprendriez que... Bon, vous allez me dire ce que

vous voulez à la fin, espèce de petit con.

On avait une tente, mais le vent nous l'a emporté.

On n'a rien mangé depuis ce matin et on ne sait pas où dormir.

Ah.

Il y a un hangar là-bas. Vous serez bien sur la terre battue. Vous pourrez dormir

avec les journaliers.

Mais monsieur, nous sommes médecins. Nous ne pouvons pas...

Vous, vous me faites bonne impression.

Mais vous, le gros, votre tête ne me revient pas.

Alors, c'est bien le regard. Oui, merci.

Chère maman, on continue à avaler les kilomètres.

Même si pour être franc, la vigoureuse perd de plus en plus de sa vigueur.

On manque d'argent et de nourriture, mais dès que l'occasion se présente, on

se débrouille pour dormir et manger gratis.

Grâce à notre arme secrète, l'infaillible bagout d'Alberto.

Certaines des maladies les plus terribles du XXe siècle. Ces fléaux nous

anéantissent et entravent le développement de l'Argentine. Attendez,

vous êtes médecin tous les deux ? Pas du tout.

Non, Alberto est biochimiste et je suis étudiant en médecine. Ernesto va bientôt

obtenir son diplôme, alors vous voyez, c'est comme si on était médecin, lui et

moi. Ça tombe bien parce que je voudrais vous montrer une grosseur que j'ai dans

le cou.

Monsieur ? Faut une peau de camin.

Ça fait mal ? C'est une tumeur.

Comment ça, une tumeur ? Tu penses ? Oui.

Excusez-moi, vous permettez ? Oh, j'en sais rien, Fouzard.

Si, c'est ça. Non, tu sais, ça peut être un dépôt à du peu ou un kyste.

Non, c'est une tumeur.

Enfin... Une tumeur dans la zone occipitale.

D'origine idatique.

Euh... Chatier !

Ces messieurs disent que j'ai une tumeur. Une tumeur ? Ah non, c'est-à

-dire... Bonjour, madame.

Très franchement, je ne crois pas que ce soit une tumeur. C'est un kyste sébacé.

Monsieur, si vous nous offrez de quoi manger un toit pour la nuit, je pense qu

'on pourra vous soigner. Non, je suis navré, on ne peut rien faire.

Il faut que vous alliez à Buenos Aires.

Je peux vous recommander un spécialiste, ne vous inquiétez pas. On peut au moins

essayer de le soigner, non ? Avec quoi ? Tu veux le soigner avec des herbes et

des incantations ? J'ai compris, c'est bon, vous ne pouvez rien faire pour moi.

Si, si, on peut vous aider à condition que vous nous offriez le gîte et le

couvert. Non, mais ça va, il y a à côté un étang plein de poissons et une cabane

pour la nuit. Monsieur, ce diagnostic est beaucoup trop actif. Non, arrêtez,

messieurs, nous n'avons plus rien à nous dire.

Viens, mon chéri, rentrons.

Dis donc, la prochaine fois, tu pourrais au moins essayer d'avoir le même

discours que moi ? Moi, je suis d'accord pour t'aider, mais pas au détriment de

la santé d'un homme. Bon, admettons que tu aies raison, que le vieux ait une

tumeur. Je comprends pas comment t'as osé lui annoncer sans précaution. Ça me

dépasse. C'est la vérité. Quelle vérité ? C'est la vérité. C'est la vérité.

Il a fait chier dans son froc. On peut pas traiter un patient comme ça. Ça se

fait pas.

Il a une maladie grave.

Plus vite il se fait soigner, mieux c'est.

J'ai fait ce qu'il fallait faire.

On t'a pas appris ça à la fac ? Arrête, petit con. C'est pas toi qui va m

'apprendre le métier. Tu te prends pour qui ? Hé, infirmier, quand t'auras ton

diplôme, on en reparlera.

Tu crois tout savoir, petit con ? Bon, faut qu'on mange.

Regarde, des canards ! Le flingue ! Passe-moi le flingue ! Le salaud, je

vais me le faire ! En plein

dans le mille ! Putain, je l'ai eu ! Super ! Comment t'as réussi ton coup ? J

'en sais rien, je suis sur le cul.

Bon, maintenant, il ne reste plus qu'à se jeter à l'eau si on veut manger.

Fouseur, à toi l'honneur, on va chercher la bouffe.

Mais t'es dingue ! Je plonge pas là-dedans, moi, elle est gelée, l'eau.

Oui, je sais bien, t'es allergique à tout, au froid, à la chaleur, à la

pluie, au soleil, à tout, quoi. Mais pour une fois, tu vas m'écouter.

Je suis plus vieux que toi, j'ai expérience, et en plus, c'est moi qui l

'ai eue. C'est un coup de bol si tu l'as eue, et en plus, j'ai de l'asthme.

Laisse tomber, t'as raison.

Si tu peux pas y aller, moi, j'irai.

J'ai pas dit que je pouvais pas. Tu peux pas ou tu veux pas ? J'ai pas dit que je

pouvais pas. Mais pour moi, tu veux pas y aller, c'est la même chose.

Sinon, tu me donnes les 15 dollars de Chichina.

Et on se paie un bon petit gueuleton. Je te préviens, si je me jette à l'eau pour

le repêcher, moi je le bouffe tout seul.

Allez, vas-y. Allô, mon petit caneton.

Oh la vache, je me gèle les couilles. C'est pas grave, tu t'en sers jamais de

toute façon.

Allez, allez.

C'est bien, Fouzer, c'est bien.

Ramène-moi ce canard avec des frites. Elle est froide.

Hein ? T'as froid ? Ici, on crève de chaud.

Tu te sens pas bien ? Si, si, ça va super bien.

Ça va aller.

Fuser, je te propose un truc.

Donne-moi les 15 dollars de Chichina et je t'amène à l'hôpital. On n'est pas des

chiens.

Tu me répètes ça et je te vomis dessus.

Chère maman, que perd-on en traversant une frontière ? Chaque instant semble

divisé en deux.

D'un côté la mélancolie à cause de ce qu'on laisse, et de l'autre, la joie d

'explorer des terres nouvelles.

Regarde, Mial, le Chili.

Vive la Chili ! Le plus beau pays du monde !

C'est la première fois que tu quittes le pays ?

Eh oui. T'es un homme maintenant.

Imagine un coup, quand on sera vieux et fatigué de voyager.

On devrait revenir ici.

Pour ouvrir une clinique au bord du lac.

Non ? Ce serait pas mal.

On soignerait tout le monde.

S'il y a des patients.

Compte sur moi, mon pote.

J'ai l'impression que les choses s'améliorent.

Si la chaîne gèle, on est foutus.

Mais chier.

Allez, on y va.

En route.

Allez, allez, allez, c'est parti.

Putain, ça caille dans ce pays.

Moi, je trouve que c'est un bel été.

Tu m'avais dit qu'on entrerait au Chili en conquistador, pas à pied comme deux

cons. Si t'es pas content, on va te faire foutre.

Et si on larguait la moto ? Elle nous retarde plus qu'autre chose, non ? Ah

ouais ? Et on se tape tout le continent à pied ? Ouais.

On verrait plus de choses. On rencontrerait plus de gens.

Et tu perdrais du poids.

Allez, PD, si seulement tu me files les deux dollars de Tichina, on pourrait la

faire réparer. Change de disque. Je te dis de faire une croissance sur fric.

Hein ? Bon, parfait.

Toi, t'as qu'à continuer jusqu'au Vénézué à la pied. Moi, je m'arrête ici.

Et tu peux te regarder, le fric de ta bourgeoise. Sans toi, je mettrais deux

fois moins de temps. Et puis, mène-toi de tes affaires, merde ! Tu fais chier,

Ernesto ! Dis, mon petit Ernesto, tu me ramènerais une petite

culotte Yankee, mon ami ? Mais tu la verras jamais avec sa petite culotte !

Et tu pourras jamais la lui enlever, mon pauvre con ! Fouse-up !

Tu sais ce qui va pas, Foozer ? T'es trop honnête, ça te dessert ? Si

seulement tu pouvais mentir de temps en temps, ça pourrait nous aider.

Hein ? Attends-moi une seconde.

Hé ! Hé ! Qu'est-ce que tu fous ? Qu'est-ce que tu fous ?

C'est quoi ? C'est du maté.

Il n'est pas très fort. Merci beaucoup.

Je ne l'ai pas sucré. Au fait, comment vous vous appelez ? Teresa.

Teresa. Ernesto.

Enchantée, Ernesto.

Moi aussi.

Montrez-le-moi. Il est beau.

Ça vous fera un souvenir.

Oui, un beau souvenir.

On ramènera la photo en Argentine. Ah, vous êtes en voie de rouille.

Oui, on fait le tour de l'Amérique latine avec cette moto toute déglinguée.

Celle qui est garée là-bas. Et ça, c'est quoi ? C'est des moules du coin.

Des moules ? Oui, jeunes, toutes fraîches. Ça, c'est des palourdes, non ?

Elles sont vraiment belles.

Elles sont bonnes ? Impeccable. Elle vient d'être pêchée, il n'y a pas

meilleur.

La prochaine fois.

Hier après-midi, la ville de Temuco a eu l'honneur d'accueillir deux des plus

grands prestigieux léprologues d'Amérique latine.

Le docteur Alberto Granados de Cordoba... Comment ça, Granados ? Oui,

ils ont mis un S à la fin.

Le docteur Alberto Granados de Cordoba et le docteur Ernesto Guevara de la

Serna de Buenos Aires se sont embarqués dans un voyage épique de leur terre

natale jusqu'à l'extrême nord du Venezuela.

Des charismatiques aventuriers, tous deux experts dans leur spécialité.

ont traité 3000 patients sur l'ensemble du continent, dis donc ! Ils espèrent

accomplir leur marathon en un temps record de 6 mois, juste à temps pour

fêter le 30ème anniversaire du jeune... Docteur Granados. Tu vois, ils disent

jeune. Oui, eux aussi un petit peu.

Ça marchera, tu crois ?

Monsieur et dame, bonjour.

Mon ami et moi, on a quelques ennuis avec notre moto.

On n'a plus de direction du tout. Les freins sont pratiquement inexistants et

la boîte de vitesse est complètement foutue. Et j'ai le derrière en compote

en plus de ça. Je vais voir ce que je peux faire. La direction, les freins et

le reste, à la limite, je me débrouillerai.

Sinon, pour ce qui est de votre arrière-train, je ne peux rien faire.

Mais on n'a pas un sou en poche.

Comment ?

Vous croyez que je travaille à l'œil ? Non, mais à Valparaiso, l'argent nous

attend à la poste restante. Dès qu'on le rend, on vous l'envoie.

Je ne voudrais surtout pas vous vexer, mais si vous n'avez pas d'argent, vous n

'avez rien à faire ici, alors vous me foutez le camp. Pardonnez-moi de vous

interrompre, monsieur, mais si vous acceptiez de réparer notre moto, vous

contribueriez à améliorer les relations bilatérales entre nos deux pays, je vous

le garantis. Je ne suis pas sûr de bien comprendre, mais en gros, vous espérez

que je vous l'arrange gratis ? Attendez, je crois que nous nous sommes mal

exprimés. Par ailleurs, il serait surprenant que tout le monde ici sache

qui est qui dans le domaine de la médecine latino-américaine.

Docteur, je vous prie. Bien sûr, il se trouve justement que par le plus heureux

des hasards, un article vient de paraître...

Dans l'Austral de Temuco, le journal local.

Oui, je connais, oui.

Faites voir.

Vous permettez ? Je vous en prie, monsieur.

Les dades, regarde.

Tout le haut.

La photo est pas terrible.

Ouais, on n'est vraiment pas à notre avantage. Tu vois, c'est peu, y'a pas de

doute.

Chers amis, ce sera pour moi un immense honneur de réparer votre moto.

C'est une fois qu'on aura terminé notre partie de cartes, ma femme et moi.

Bien sûr, prenez votre temps. C'est quand même prioritaire. Oui, oui, bien

sûr.

Au fait, vous savez qu'il y a un bal ce soir à la mairie et il y aura les filles

les plus charmantes du coin, ça je vous le promets. Ça s'annonce plutôt bien.

Je vous remercie.

Je rentre la moto ? Oui, oui, allez-y, on va s'en occuper tout de suite.

Vous dansez ?

Santé

! Santé à ti !

Je pensais justement à vous.

Ah bon, c'est vrai ? Vous m'avez fait une très forte impression quand je vous

ai vu.

Merci.

Vous voulez danser ? Non.

Non, la danse, c'est pas mon fort.

C'est que mon mari s'est endormi.

Il a beaucoup trop bu.

Du coup, je me retrouve sans cavalier.

D'accord.

Si vous m'apprenez à danser, c'est oui ?

Tu t'es enfin souvenu que t'étais un homme ? Vous l'aviez oublié ? Non, c'est

que j'ai pas dansé depuis un bout de temps.

Mais là, je sens que ça me revient.

Là,

je peux plus danser.

Je suis désolé, excusez-moi.

Vous voulez encore danser ? S'il te plaît, tu dormais seul.

Ça vous dirait pas de sortie ? Bonne idée.

Oui.

Oui,

bah on y va. Ouais, allons-y.

Qu'est-ce qu'il y a ? Non, c'est pas une bonne idée, laissez-moi vivre, quoi.

Pas trop, quoi. Non, ça c'est mieux.

Allez ! Réveille-toi, l'argentin drague pied d'âne.

Lâchez-moi !

C'est génial.

On remplace un peu ? T'es sûr que ça va ?

Attention

au bac ! Ça ne prête plus ! On n'a plus de bras !

Super bien.

Qu'est-ce que tu veux que je te dise ?

Il est nul, ce mécanicien.

Ton père ? Oui.

La vue elle devient aveugle ma vache.

Pour la merde qu'elle va voir.

On a 25 jours de retard sur ce qui était prévu.

Mesdemoiselles, il paraît que les chiliennes sont les plus délurées de

tout le continent.

Les rumeurs n'ont aucune valeur scientifique, docteur Granado.

Il va falloir tester sur le terrain.

Tu ne les trouves pas craquants ? Ils ne te plaisent pas ni l'un ni l'autre, c

'est vrai ? Bonjour messieurs.

Les voilà.

Vous avez déjà fait votre choix ?

Bonjour les filles. Allô ? Ça va ? Excusez-nous, mais c'est vraiment bondé

ici. On peut s'asseoir avec vous ? Oui, bien sûr. Allez-y, asseyez-vous.

Merci, c'est gentil.

Ernesto. Et lui, c'est Alberto.

Et vous ? Jasmine.

Jasmine. Daniela. Daniela, c'est mignon. Bon prénom.

Vous êtes argentin, non ? Oui,

à quoi t'as deviné ?

J'en sais rien, mais il paraît qu'en Argentine, on dit tout le temps tché, c

'est vrai ? On dit pas tout le temps tché, nous, hein ? Mais non, tché ! Quel

jour on est aujourd'hui ? Le 26 février, je crois.

Le 26 février, mon pote.

On va passer pour des menteurs, mais tu te rends compte, ça fait exactement un

an. Un an que quoi ? Expliquez-nous.

Ça fait un an qu'on a entrepris ce voyage.

Ah, c'est super ! Putain, ça fait pile un an et on n'a même pas de quoi fêter

ça dignement, c'est con.

C'est pas grave. Ça vous dirait qu'on vous offre une bouteille de vin rouge ?

Du vin rouge ? C'est pas de refus.

Ça fait longtemps que je l'ai pas vu.

Tu nous apportes une bouteille de vin rouge pour nos courageux visiteurs

argentins.

Excuse-moi, les filles, je voudrais pas vous offenser, mais je peux pas prendre

de vin.

C'est pas pour... Allez, tu vas quand même boire un petit verre avec nous,

juste un petit verre. Oui, elle a raison. Il veut pas parce que chez nous,

en Argentine, il y a une tradition.

Arrête, s'il te plaît, commence pas. Qu'est-ce que t'as ? Elle mérite au

moins une explication, non ? Oui, tu as raison, c'est la moindre des choses. C

'est la moindre des choses.

Merci Lucho.

Merci. Bon, je vous explique. Chez nous, en Argentine, il y a une très vieille

tradition qui nous interdit de boire si on ne mange pas quelque chose.

Et comme il se trouve qu'en ce moment, on n'est plus fauché que les blés après

la moisson, on ne peut pas se payer à manger et on est obligé de refuser votre

offre généreuse.

Voilà, c'est vraiment dommage. Merci en tout cas. Mais non, ne vous inquiétez

pas. Laissez-moi faire Lucho.

Lucho. Lucho.

J'arrive.

Lucho, tu pourrais nous apporter des empanadas ? Des empanadas chiliennes ?

Je sais pas, les chiliennes, je les ai jamais goûtées. C'est l'occasion, ils

ont l'air affamés.

Douze ! Le douze, c'est un bon numéro.

Il m'a toujours plu le douze.

Ça donne envie de rester là. On est bien ici, dommage qu'on ait nulle part où se

loger. C'est pas grave, on peut dormir sur la place.

Pas de problème.

Écoutez, mon père adore les Argentins et... Non.

Si, si, je suis sûre qu'il pourrait vous aider.

Oui, comme notre père est chef des pompiers, il connaît pas mal de monde.

Comment ?

Vous êtes... C'est pas vrai, vous êtes soeur ? Bien sûr ! Bah oui, évidemment,

ça se voit.

Regardez, on dirait des jumelles.

Le mécano ne vient que demain, mais vous pouvez laisser la moto ici.

Merci beaucoup. Merci infiniment, monsieur. Eh, les gars, venez un peu par

ici. Je vais vous présenter deux bénévoles argentins qui vont passer

quelques jours avec nous.

Je vous présente le docteur Maigrichon et le docteur Todu.

Enchanté. Enchanté.

Sympa, hein ? Vous, ça vous dirait d'aller faire un petit tour ? Bien sûr.

Je veux bien, mais... Monsieur, à tout à l'heure. Ne vous inquiétez pas.

Vous nous emmenez où ? Excusez-moi de devoir le village.

Oui, on vous écoute.

Bonjour. Ça va ? Bonjour.

Désolé de vous interrompre, mais c'est vrai que vous êtes médecin ? Oui. Non.

Si. Non.

Je suis biochimiste. Bio quoi ? Vous pourriez aller voir une dame qui est

malade ? Oui, bien sûr. Vous me direz quand et j'y reviendrai.

Ça vous ennuierait d'y aller tout de suite ? Elle est très malade, il lui

faut un médecin.

Bon, d'accord.

Je prends mes affaires et on y va tout de suite. Je vous attends.

C'est bien, vas-y. Tu fais honneur au serment d'Hippocrate.

Ernesto. Bonjour.

Bonjour. Bonjour.

Ah, bonjour. C'est ça, bonjour.

Vous permettez ?

Regardez

-moi dans les yeux.

J'en sais rien.

Je vais vous laisser ces comprimés, d'accord ? Vous en prendrez un à chaque

repas.

Et un avant de dormir.

Ça va vous soulager un peu.

Chère maman, je savais que je ne pouvais rien pour cette pauvre femme.

Jusqu'au mois dernier, elle avait servi à table, s'essoufflant comme moi.

tâchant de vivre dignement.

Il y avait dans ses yeux moribonds un humble désir d'être pardonné, et un

besoin désespéré d'être consolé, qui se perdait tous deux dans le néant, comme

se perdrait bientôt son corps dans l'immensité du mystère qui nous entoure.

Tu m'as jamais demandé comment s'était passé le test sur le terrain avec les

deux frangines chiliennes ? Je suis horrifié à l'idée que tu sois le nouvel

ambassadeur sexuel de l'Argentine.

Sérieux, je déconne pas. C'est vous les deux tarés qui roulez avec cette

carcasse ? Elle s'appelle la vigoureuse, mon ami.

Elle s'appelait, mais maintenant faudrait l'appeler la défunte, la

trépassée, la paraplégique. Ah ouais ? Et pourquoi ? Comment ça pourquoi ?

Parce que je suis mécano, tiens.

Si vous la vendez pour la ferraille, vous en tirez peut-être quelque chose,

mais c'était pas valé foutu.

Sérieux.

Je vais me sentir seul sans toi.

Aujourd'hui, je te le porte.

On y va.

Qu'est-ce qu'on fait ? On continue ? Évidemment, on continue.

On a trois ans qu'une seule fois dans sa vie.

T'es un drôle d'oiseau, Ernesto Guevara de la Cierna.

Dis-donc, si on changeait les deux là... Non !

Il ne songe même pas.

Voilà, on est à Valparaiso.

Je t'aime, Valparaiso.

Tout ce que tu recèles ou que tu iras défiancer de l'océan, bien au-delà de

ton impsou.

Federico Garcia Lorca.

Non ! Neruda ?

Merci. Une lettre de Tchétchénie. Et ta mère, elle n'a pas envoyé d'argent ? Je

peux l'ouvrir ? Oui, vas-y.

Bon, d'accord.

Je te laisse, tourtereau.

Ah,

je vous adore, Célia de la Serre.

Ça va pas ?

Tu es prêt ? Oui.

Ben oui.

Bien sûr. Alors on part.

Tout de suite.

Tu veux que je te dise une chose ? Je prépare mon plat en moi.

Arrête de faire ton arrogant, tu pourrais me répondre au moins.

Quoi ? Tu veux faire demi-tour ? Vas-y, je te retiens pas.

Moi je vais à la mine, je te raconterai si tu veux.

Tu veux dire que je suis pas capable de marcher jusqu'à la mine, c'est ça ? Si

un petit asthmatique comme toi y arrive, alors moi aussi je peux.

Tais-toi et marche, petit con !

On fait la course maintenant ?

Oui.

Là, vous voyez.

C'est là, chez nous.

On n'avait pas grand-chose. Un terrain aride et difficile à exploiter.

Il le tenait de son grand-père.

On avait hérité, mais un jour, un propriétaire terrien nous a chassés à

coups de pied.

Voilà ce qu'on appelle le progrès.

Du coup, on a dû confier notre fils à la famille et on est partis sur les routes

pour trouver du travail.

Et essayer d'échapper à la police de Gonzales Videla qui voulait nous mettre

en prison.

Pourquoi ? Parce que nous sommes communistes.

Maintenant, on va à la mine.

Avec un peu de chance, on trouvera du travail.

Il paraît que c'est tellement dangereux qu'il se fiche de quelle partie on est.

Vous aussi, vous êtes sur les routes pour trouver du travail ? Non, nous, c

'est pas pour trouver du travail.

Non ?

Alors pourquoi vous voyagez ? On voyage

pour voyager.

Profitez-en bien.

Béni soient vos voyages.

Tenez, prenez-la. Merci.

Vous pouvez la garder.

Du maté ? Merci.

Ces yeux-là avaient une expression sombre et tragique.

Ils nous ont parlé de camarades disparus dans des circonstances mystérieuses,

dont les corps auraient vraisemblablement fini au fond de la

mer.

Cette nuit fut l'une des plus glaciales de ma vie.

Mais grâce à eux, je me suis senti plus proche de l'espèce humaine.

Qui pourtant, était tellement étrangère.

Toi ! Toi aussi ! Toi aussi, à côté !

Toi ! Toi ! Toi !

Toi. Pas toi, l'autre à côté.

Allez, on se dépêche.

Manivelez-vous un peu, là.

Toi, là.

Toi aussi.

Celui de derrière.

Allez, toi aussi.

Toi.

Allez, plus vite que ça.

Dépêchons, dépêchons.

Toi.

Toi, derrière.

Et toi aussi.

Allez-y.

Toi.

Et celui qui est derrière toi, là, toi aussi.

Allez, bougez-vous un peu, là. Allez, allez.

Magnez-vous, là.

Montez dans le camion.

Les autres, là, vous pouvez rentrer chez vous. Allez, plus vite que ça, là.

Montez dans le camion et dépêchez-vous.

Allez, on embarque. Le premier camion est plein ? Bon.

Que les autres montent dans le deuxième.

Bon,

on y va.

Eh, vous deux ! Qu'est-ce que vous faites là ? Regarde, c'est pas défendu.

Vous regardez quoi, imbécile ? C'est pas une attraction touristique, peut-être

quand ? Vous voyez pas que ces gens ont soif ? Putain, vous pourriez au moins

leur donner à boire, non ? Faudrait mieux te barrer, ou la sécurité te

mettra derrière les barreaux.

Et pourquoi ? Pourquoi ? Violation de propriété privée. Vous êtes sur le

territoire de l'Anaconda Marine Company.

Allez, dégagez !

En quittant la mine, nous avons senti que la réalité commençait à changer.

Où était-ce nous qui changeons ? En mesure que nous avancions dans la

cordillère, nous rencontrions de plus en plus d'Indiens, qui n'avaient même plus

de toit sur ce qui fut jadis leurs terres ancestrales.

Enfin, nous arrivons au Pérou.

Grâce à un camionneur à moitié aveugle, Félix.

Ah, j'oubliais.

Aujourd'hui, Alberto a eu 30 ans. Mais pas au Venezuela, comme il l'avait

prévu.

On était tellement fatigués, maman, qu'on n'a même pas fêté ça.

Cousard ! C'est pas humainement possible.

Nous arrivons enfin au cœur de l'Amérique.

Cusco, au Pérou.

En arrivant dans la ville, nous avons rencontré Don Nestor.

Un homme d'une grande sagesse qui a fini par devenir notre guide officiel.

Monsieur, je me demande lequel de ces murs est un cas.

Celui-ci est un cas et celui-là est espagnol.

Mais vous savez, chez nous, pour plaisanter, on dit que ça, c'est le mur

des Incas, et ça, le mur des Incapables, c'est-à-dire les Espagnols.

À l'époque des Incas, Cusco était la capitale de l'Empire.

Mais quand les Espagnols sont arrivés, ils ont commencé à tout détruire.

Ils ont fait de Lima la nouvelle capitale. Lima ? Oui, c'est Lima qui est

devenue la capitale.

Tout ça, ça appartient à la compagnie de Jésus.

C'est toujours en activité ? Oui, tout ce que vous voyez là... Leurs affaires

marchent drôlement bien.

Maintenant, la vie est beaucoup plus dure. On n'a même pas assez d'argent

pour vivre.

Il n'y a plus de travail.

C'est la misère partout.

La situation se dégrade, ça devient de pire en pire pour tout le monde.

Depuis mon enfance, je travaille dans l'artisanat et grâce à ça, je me

débrouille. C'est sûr, je ne gagne pas une fortune, mais c'est déjà ça. Il y en

a d'autres pour qui c'est encore pire. C'est la vie.

On dit comme ça ?

Alpine Sanchez.

Néstor. Avec les deux mains, avec les deux mains. Alpine Sanchez.

Attention. Avec les deux mains.

Très bien.

Merci.

Bonjour.

Ça va ? Bonjour.

Bonjour. J'avais commencé à exploiter un lopin de terre et un jour, le

propriétaire m'a mis dehors.

Il m'a repris mon terrain.

J'étais sur le point de faire ma première récolte et il m'a expulsé.

Comment il a fait ? Il a appelé la police ? Oui, il a fait venir la police.

Comme il a de l'argent, c'est pas difficile pour lui.

Il veut s'approprier mon terrain. Je trouve ça vraiment injuste.

Maintenant que vous l'avez mis en valeur... Oui, ça commence à être

rentable.

J'avais fait pousser du maïs, du blé, des pommes de terre, des fèves.

Et il a confisqué une partie de la récolte.

Mais je ne veux pas baisser les bras. Je n'ai pas le choix. Il faut que j'aille

de l'avant.

Que je travaille dur.

Tous les jours.

Que je gagne assez d'argent pour envoyer mes enfants à l'école. Vous avez combien

d'enfants ? J'ai cinq enfants en tout.

Et vous êtes organisé avec les paysans du coin pour trouver une solution ? Oui,

bien sûr. Avec les autres paysans, on s'est organisé. On se donne des coups de

main. On exploite nos parcelles, on s'entraide, on travaille ensemble, on s

'épaule, on s'est regroupés.

Tu poses pour moi, Pousser ? Voilà, parfait.

T'es prêt ? Pour la postérité.

Allez, souris.

Les Incas avaient de grandes connaissances en astronomie, en

médecine, en mathématiques et dans bien d'autres domaines.

Mais l'envahisseur espagnol avait la poudre.

Que serait l'Amérique aujourd'hui si les choses s'étaient passées autrement ?

Pousser, écoute bien, j'ai une idée.

J'épouse une fille qui a du sang et cas.

On fonde un parti pour défendre les intérêts du peuple indien.

On incite la population à se rendre aux urnes.

Et on reprend la révolution de Tupac Amaru, la révolution amérindienne.

Fuser, qu'est-ce que t'en penses ? Une révolution sans armes ?

Ça marchera jamais.

Comment est-il possible que j'éprouve de la nostalgie pour un monde que je n'ai

pas connu ? Comment expliquer qu'une civilisation capable de construire ceci

ait été anéantie pour construire ça ?

C'est pas par ici.

Non. Non.

Non, c'est pas par là.

C'est pas la bonne rue. Je sais.

Rue Mercadéresse, au 52.

On va demander.

La rue Mercadéresse, s'il vous plaît.

Mercadéresse ? Là, vous prenez la deuxième à droite.

Vous allez tout droit et ça doit être la sixième ou la septième à droite.

Ça doit être ici, la rue Mercadéresse ? Oui.

Elle se poursuit de ce côté.

C'est bien la rue Mercadéresse ? Oui. Et là-bas aussi ? Oui.

Il fallait commencer à compter depuis le début de la rue.

Ça commence en bas. Je peux

faire quelque chose pour vous, Jean-Jean ?

Celui-ci est de Maria Tegui.

Il faudrait que vous lisiez César Valero.

La meilleure chose qui nous soit arrivée à Lima, c'est le docteur Hugo Peche, le

chef du programme de lutte contre la lèpre au Pérou, qu'Alberto avait

contacté avant notre départ.

Il nous a nourris, il nous a donné des vêtements, de l'argent et quelques

bonnes idées.

Le discours fondamental de Maria Tegui porte sur le potentiel révolutionnaire

des Indiens et des paysans d'Amérique latine.

Il dit que le problème des Indiens, c'est celui de la terre et que la

révolution ne devra pas être un plagiat, mais une création héroïque du peuple

indien.

Nous sommes trop nombreux pour nous diviser, dit-il.

Tout nous unit.

Rien ne nous sépare.

La plupart des patients se trouvent là.

Je vois.

Bonjour.

Péché nous a hébergés à l'hôpital de Guia, où l'on soigne les patients qui

sont au premier stade de la maladie.

Comment ça va, Loïs ? Les cas les plus graves sont traités à la léprosie de San

Pablo, en Amazonie.

San Rida, je te présente Alberto et Ernesto. Bonjour.

Maintenant qu'on se connaît suffisamment, je peux me permettre de

vous dire quelque chose.

Je vous regarde dans les yeux, toi Ernesto, et toi Alberto, et je vois en

vous un idéalisme profond, mais beaucoup de doute aussi.

J'aimerais jouer avec vous à l'ISM Pablo.

Là-bas, vous découvrirez des choses importantes.

Importantes pour vous, je veux dire.

Merci encore, professeur.

Bon, si vous permettez, j'aimerais vous montrer quelque chose.

Je peux ? Ah bon ? Encore une surprise ?

Que de surprise.

Qu'est-ce qu'il m'a apporté ? C'est un livre.

Un livre ? T'as bon appétit, toi, dis donc.

Voilà, c'est le grand amour de ma vie.

Après mon épouse, bien sûr. Bien entendu.

C'est mon manuscrit, L'attitude de silence.

J'espère que vous me ferez l'honneur de le lire. Ah oui, cher professeur, tout l

'honneur est pour nous. Merci.

Vous me direz ce que vous en pensez avant de partir.

Avec plaisir. Je peux l'ouvrir ? Oui, merci.

Qui va le lire en premier ? Tous les deux.

Oui, on va lire tous les deux. Le problème, c'est qu'Ernesto lit plus vite

que moi. C'est un bon lecteur, lui.

Bon, les enfants, voici votre bateau.

Là, ce n'est pas.

Dans cinq jours, vous serez à San Pablo.

Professeur, merci pour tout, pour votre hospitalité, pour les vêtements.

Pour les billets, merci encore pour tout ce que vous avez fait pour nous.

Non, c'est tout à fait normal.

Merci beaucoup, docteur.

Merci beaucoup.

Au revoir.

Attendez un instant.

Vous n'oubliez pas quelque chose par hasard.

Vous ne m'avez pas dit comment vous trouviez mon roman.

Le roman ? Tu ne lui as rien dit ? Vous l'avez lu ? Bien sûr qu'on l'a lu.

Et alors ? Que vous dire ? Je crois pouvoir dire sans exagérer que personne

n'écrit aussi bien que vous le faites.

Je me suis donné du mal pour écrire ce roman.

Et toi, Ernesto, qu'est-ce que t'en penses ? Il a été fasciné, littéralement

fasciné. Si il a été fasciné, je préférerais qu'il me le dise lui-même, d

'accord ? Euh... Alors ? Là ? Professeur, je trouve que votre livre n

'est pas très original.

Je crois que... qu'il y a un peu trop de lieux communs dans le récit, et... Je

pense que... C'est pas si mauvais, tout de même.

Non.

Mais, dans l'ensemble, c'est franchement mal écrit.

Ce qui rend la lecture difficile.

C'est un essai tout à fait louable, mais je crois que vous devriez plutôt vous

consacrer à vos malades.

Excusez-moi, vous m'avez demandé mon avis, je vous le donne.

Eh bien ça alors.

Personne n'a jamais été aussi franc avec moi.

Tu es bien le seul, Ernesto.

C'est tout à ton honneur.

Allez, je ne veux pas vous retarder plus longtemps.

Embarquez. Merci, au revoir.

Je vous serai éternellement reconnaissant.

Merci.

Prenez soin de vous !

Excusez-moi, j'avais un sac, vous l'auriez pas vu, il était là.

Un petit sac marron.

Non, si je le vois, je vous l'apporte.

Du calme, ça y est, c'est fini.

C'est bien, c'est bien, respire.

Fouzeur, écoute-moi, respire, ça va aller, t'en fais pas.

C'est fini.

C'est fini, Fouzeur, tu vois, c'est passé.

Mademoiselle ? Je tenais à vous remercier personnellement d'avoir aidé

mon ami.

Merci. Y'a pas de quoi, c'est la moindre des choses. Votre ami était très mal.

Putain, c'est sûr, il était mal. Ouais, en tout cas, j'ai eu une peur bleue. Et

moi donc.

Merci beaucoup, mademoiselle.

Juste avant que vous arriviez, j'ai aperçu un boufféo au large.

Un boufféo ? Ouais, un dauphin de rivière. Mais chez nous, on appelle ça

un boufféo. Ah.

Vous en avez déjà vu ? Jamais. J'en ai entendu parler, mais j'en ai jamais vu.

Je vais vous raconter un secret.

Je vous écoute.

Le sexe du Boufféen ressemble au sexe féminin.

Ah bon ? Et les Indiens s'en servent pour se consoler.

Ah. Seulement, il y a un petit problème.

Quand ils ont terminé, ils sont obligés de tuer la bête parce qu'elle se

contracte et du coup, ils ne peuvent plus se retirer.

Sans vouloir vous offenser, je peux vous poser une question ?

Dites-moi.

Qu'est-ce que vous faites dans ces eaux inhospitalières ? Je suis curieux.

Je travaille à bord du bateau. Je fais l'aller-retour entre Pucalpa et

Laetitia. Je suis née à Pucalpa.

Pucalpina. Pucalpina. Pucalpina.

Vous connaissez ? Oui. C'est plein de très jolies filles, mais vous êtes la

plus belle de toutes.

Merci. De rien.

Et comment vous payez le passage ? Je donne une partie de mes gains au

capitaine du bateau.

Bien sûr.

Mais plus concrètement, comment vous gagnez votre vie, si ce n'est pas

indiscret ?

Eh bien, mon cher, si tu m'emmènes dans ta cabine, je t'expliquerai.

Je m'appelle Luz.

Au cas où tu aimerais savoir qui tu as affaire.

Ma petite Luz adorée, pour une nuit avec toi, je donnerai une montagne d'or aussi

haute que la concombre.

Mais là, je regrette.

J'ai plus en rond sur moi.

C'est bien dommage, mais dans ce cas, il va falloir m'excuser, mon amour. Je peux

pas rester, il faut que j'aie gagné ma vie, tu comprends ? Tu me laisses dans

cet état, mon amour ?

Il me faut les 15 dollars, Fouzard.

Elle s'appelle Luz.

Elle m'a raconté une histoire de poisson, que les Indiens baisent. Elle m

'a même embrassé.

Je pente à mort.

Je les ai dépensés, les 15 dollars.

Décone pas, Fouzard.

Me casse pas les bureaux.

Arrête. On a failli mourir de faim et de froid. On s'est plantés sur la route

plusieurs fois. On a traversé le désert tous les deux.

Mes envies comptent plus que le maillot de bain de Chichina, non ? Est-ce que je

te dis que je n'ai plus d'argent ? Je l'ai donné aux coupes de mineurs.

Charmelin.

Va te faire foutre.

Pas de chance.

C'est la maison qui gagne, monsieur.

Ah, monsieur Loi nous quitte.

Bonsoir. Bonsoir, monsieur. Bonsoir. Faites vos jeux, monsieur.

8 sols. 10 sols. 15 sols.

1 sol.

Un sol ? Quoi ? Voyons, c'est un jeu pour les adultes, pas pour les enfants.

Ah, au Pérou, on mesure les couilles d'un homme au fric qui pose sur la

table. C'est bon, c'est bon.

Le jeu continue. Vos cartes, messieurs ? La partie commence.

Allons-y. Une seule.

Monsieur ? Rien.

Rien pour vous, jeune homme ? Une seule.

C'est bon, je me tiens.

Tout de suite, monsieur.

Merci.

Monsieur, la maison paie à 21 points. Monsieur, 17.

Désolé. Monsieur, merci.

Jeune homme ? Blackjack, 21.

Vous aviez misé combien ? Un sol.

Le voilà, mon premier.

Bravo.

Bien, messieurs, on continue.

Faites vos jeux.

Deux sols.

Allons, messieurs, on ne s'endort pas. Faites vos jeux.

Jeune homme, je vous écoute. 30 sols. Allons, messieurs.

Messieurs, faites vos jeux. 5 sols. Très bien. 15 sols.

Encore une fois, blackjack ! Blackjack ! Alors, ça vous embouche à quoi, hein ?

Combien je vous dois ? 30 sols. 30 sols. Tenez. J'arrive mal.

Merci infiniment, je vais me retirer.

Maintenant, on sait qu'il y a des couilles à cette table, n'est-ce pas,

messieurs ? J'y vais.

Vous voudrez bien m'excuser, j'ai affaire. Tu te fais bâcher, hein ?

Maintenant qu'on est millionnaire, on va pouvoir manger, non ? Regarde le beau

morceau qui m'attend.

Quelle belle soirée, la chance vous sourit. Comment ça va ? Ernesto ? Luce ?

Enchantée. Bonsoir, Luce. A votre service. Oh, Luce, lueur ardente qui

illumine mes rêves. Viens donc, poulette, ça va être ta fête.

Meruda ? Granato.

Monsieur Bresciani ! Ça va, jeune Jean ? Vous avez fait bon voyage ? Oui, un peu

long, mais ça a été.

Oui, c'est long, hein ? Alberto, Ernesto ? C'est moi, Ernesto.

Ah d'accord, Ernesto Alberto.

Enchanté, je suis le docteur Bresciani.

Tout le plaisir est pour moi.

Le docteur Péchet m'a beaucoup parlé de vous.

Soyez les bienvenus à San Pablo. Au fait, je dois vous remettre une lettre

de sa part.

Je vous la donne tout de suite ? Non, non, ça peut attendre.

Bon, puisqu'on est là, je vais en profiter pour vous montrer un peu la

léproserie. Regardez.

L'Amazon la divise en deux, vous voyez ? De ce côté-là, c'est la zone sud, là où

se trouvent tous les patients.

Sur cette rive, c'est la zone nord réservée aux médecins, aux infirmières.

Sans oublier, bien sûr, les religieuses qui font un travail remarquable.

Là, c'est votre chambre.

Les lits sont un peu durs, mais c'est bon pour nous.

D'ici, on voit l'hôpital.

Nous voilà.

Et là, c'est le laboratoire.

Docteur, j'aimerais vous présenter nos bénévoles argentins. Le docteur

Sousalima, M.

Alberto Granado, M.

Ernesto Guevara.

Alberto m'a dit que tu avais de l'expérience en bacilloscopie. C'est

exact. Je crois qu'il pourrait nous être utile au laboratoire. Vous l'emmenez

avec vous ? Vous lui montrez ? Oui, je vous en prie. Ernesto, viens avec moi à

l'hôpital. Tu m'aideras en consultation.

C'est ici qu'on soigne les plus atteints. On les transfère depuis la

zone sud.

Bonjour, Merlina. Bonjour, docteur.

Le bloc opératoire, il est de ce côté ? Oui, il est juste derrière.

C'est là qu'on opère, on ira voir.

Elle,

c'est Elvia, la fille d'un patient, excellente infirmière.

Comment va-t-il ? Il va beaucoup mieux, docteur.

Bien, dans ce cas, continue le même traitement.

Docteur, il y a combien de malades dans la zone sud ? Presque 600.

Tous des Pérouviens ? Pour la plupart, oui.

Mais il y a aussi des Colombiens, des Vénézuéliens et d'autres Sud-Américains.

Tenez, je vous donne des gants, ils pourront vous être utiles.

Bien que la lèpre sous traitement ne soit pas contagieuse, les bonnes sœurs

de la lèpre aux vies tiennent à ce qu'on respecte cette mesure.

S'il n'y a aucun risque, alors c'est purement symbolique, non ? Oui, mais si

vous ne les mettez pas, vous vous en ferez des ennemis mortels.

Écoutez, docteur, ne vous vexez pas, mais je crois qu'on ne va pas s'en

servir. Merci, docteur.

Entendu.

En tout cas, je vous aurai averti.

Déchargez les caisses. Merci.

Bonjour. Bonjour.

Bonjour, docteur.

Bonjour, messieurs.

Bienvenue à San Pablo.

Papa Carlito à votre service.

Ernesto Guimara. Moi, c'est Alberto Granado. Enchanté. Monsieur.

Docteur, vous ne leur avez pas expliqué les règles ?

Bonjour. Ravie de vous connaître.

Comment ça va, Nemesio ? Allez-y.

Merci. Enchanté.

Bonjour, Nemzio.

Papa Carlito est le chef de la communauté.

Ces jeunes gens sont des médecins argentins. Ah, c'est bien.

On va se revoir. À plus tard. À plus tard.

Ça fait des tripes bien.

Docteur Bresciani, à peine arrivés chez nous, ces jeunes gens pensent qu'ils

peuvent tout se permettre ? Mère Alberto, ces jeunes gens sont des

médecins réputés à Cordoba et à Buenos Aires.

Et alors ? Cela ne les autorise pas à passer outre le règlement que je sache.

On pourra en reparler un peu plus tard si ça ne vous dérange pas.

Merci pour votre compréhension, ma mère. À tout à l'heure. Excusez-moi.

Tiens, mère supérieure.

Je crois que je lui ai tapé dans l'œil.

C'est ça, oui.

Si, si, c'est sûr.

Bonjour.

Là, c'est le réfectoire.

C'est ici que les bonnes sœurs font à manger le dimanche.

Mais uniquement pour ceux qui viennent à la messe.

Hein ?

Le plus triste, c'est que la plupart des malades qui arrivent à San Pablo ont été

rejetés par leur famille ou mis à la porte par leur patron.

Alors pour s'adapter à leur nouvelle ville, construisent eux-mêmes leur

maison, travaillent la terre et ils élèvent des animaux.

Bonjour docteur. Bonjour.

Comment va Sylvia ? Vous savez, elle refuse toujours de se faire opérer.

Merci docteur, on va passer la voir.

Vous verrez, Sylvia est une patiente assez rebelle et si on ne l'opère pas du

cubitus, elle risque de perdre son bras.

Comment ça va, Sylvia ? Comme elle est jeune.

Je peux lui parler un instant ? Oui, vas-y.

Je peux m'asseoir ?

Ton

bras te fait mal ? Qu

'est

-ce que t'as ? J'ai un problème au poumon, c'est de naissance.

Non, c'est pas si grave.

Grâce à ça, j'ai échappé au service militaire.

J'ai pas eu à cirer les bottes de qui que ce soit.

C'est pour ça que t'es devenu médecin ? Parce que tu souffres des poumons ? C

'est possible.

Le premier mot que j'ai appris à prononcer, c'est « pigure ». En tout

cas, j'aimerais me rendre utile.

Elle est assez merdique.

Il faut lutter pour chaque bouffée d'air.

Et envoyer la mort au diable.

Tu sais, Fouseur, Chiani va me recommander pour une place en internat à

l'hôpital de Cabo Blanco, à Caracas.

Qu'est-ce que t'en penses ? C'est bien, non ? Tu crois ?

Qu'est-ce qui me va ? T

'as vu le fleuve ? Oui, alors ?

Il isole les malades des bien portants.

C'est vrai.

Scalpel.

Ça va bien se passer.

Regarde-moi dans les yeux.

Ça va ? Voilà.

Ça y est, le nerf sort.

Il a l'air gros.

Ce sont eux qui me manquent le plus.

Ma mère aussi, bien sûr.

Prévenez-moi plus tôt à l'avenir.

D'accord.

Vous avez joué au football récemment ? Non, pas récemment.

La prochaine fois, vaudrait mieux pas jouer pieds nus, si ça vous ennuie pas.

Promis. Et n'oubliez pas d'inviter.

Avec plaisir.

Merci.

Pardon, ma soeur, pourquoi vous ne nous servez pas ? Les ordres de maire Alberto

sont très clairs.

On ne sert à manger qu'à ceux qui ont assisté à la messe. Qu'est-ce qu'il y a

? On ne nous sert pas à manger parce qu'on n'est pas allé à la messe.

Qui a dit ça ? Saint Alberto.

Ma mère ? Oui, jeune Jean ? On aimerait manger, si c'est possible. On l'a bien

mérité, comme les autres pensionnaires.

Mais vous n'êtes pas allé à la messe. Non.

Dans ce cas, comment espérez-vous nourrir votre corps si vous n'avez pas

nourri votre âme ?

Oh, madame, c'est pas très chrétien de refuser de nous donner à manger. Je

crois que votre réaction est un peu... Dans cette maison, nous avons un

règlement, et c'est aussi valable pour vous.

J'ai lu aucun règlement, moi. Je te jure, si je le trouve, je le bouffe, le

règlement.

Ton déjeuner.

Tu l'as volé ? Oui.

Merci.

Vous l'avez volé à Saint-Alberto ? Oui.

Merci.

C

'est

profond ? Oui.

Tu veux du maté ? Non, merci.

C'est quoi

? C'est une caracasse ? Ouais, caracasse.

C'est super.

C'est super, non ? J'accepte le poste.

Qu'est-ce que tu veux faire ? Je

sais pas, il est peut-être temps de se poser, non ? De trouver un boulot

stable.

Une fiancée.

Et de prendre du bide.

Et toi ? Tu vas rentrer finir tes études ?

J'en sais rien. Faut que je trouve le moyen de rentrer à Buenos Aires.

Tu fêtes tes 24 ans la semaine prochaine, Fuser.

Ouais. Faudrait que je pense à mon avenir.

... ... ... ... ...

Allez, viens danser, Amnesto.

Bravo

!

Merci, monsieur. Merci. Vous en êtes très bien sorti.

Santé. Elle est bien, cette fête, non ? Super chouette.

Écoute ça, c'est Tango qui a joué l'oncle de Chichina à Amirama.

Ça me plaît bien. Oui, tu t'en souviens ? Ça, tu peux danser. Mais il est plus

rapide, celui-là. Mais non, t'en fais pas, tu danses à merveille.

Et j'ai bien l'impression que cette jeune fille-là n'attend que toi pour

aller danser.

Je me lance, alors ? N'attends pas que le doux oiseau de la jeunesse envole

pour ne pas revenir. Alors envole-toi ! Envole-toi ! Tu danses ? Oui ? Tu danses

bien ? Comme ça.

Mais cette version est plus rapide que ce que je connais.

Mambo, mambo ! Et danse, qu'est-ce que t'attends ?

Tu croyais que c'était un tombeau ? Mambo, mambo, mambo !

Mesdames, messieurs, silence, s'il vous plaît. Je me demande un peu d'attention.

Je crois que cette fête est une bonne occasion de dire à Ernesto et Alberto

que c'est un plaisir de vous avoir accueillis tous deux à la léproserie.

Non seulement vous avez été dévoués, mais surtout, nous avons apprécié le

grand enthousiasme dont vous avez fait preuve avec les patients de San Pablo

durant les trois semaines que vous avez passées avec nous.

C'est pour cette raison que nous vous avons préparé une petite surprise.

Demain, vous recevrez de notre part une modeste embarcation pour poursuivre

votre voyage. Et le petit faux pas d'Ernesto nous a donné l'idée de

baptiser votre bateau le Mambo Tango.

Merci,

docteur.

Merci,

merci beaucoup.

Allez, vous-même, allez, vous-même, à discours, à discours, à discours, à

discours, à discours.

Bon, d'accord.

Mes amis.

Et j'aimerais vous remercier pour cette fête autrement que par un geste

conventionnel.

Mais étant donné les conditions précaires dans lesquelles nous voyageons

depuis le début, nous n'avons que des mots à vous offrir pour tout

remerciement.

Je prends donc la parole pour vous exprimer notre reconnaissance à vous

tous, tout le personnel de la léproserie.

Je suis très touché par cette magnifique démonstration d'affection.

Parce qu'on se connaît à peine et vous avez organisé pour moi une très belle

fête d'anniversaire comme si j'étais votre frère.

Comme en plus, demain, on quitte le Pérou, ces mots prennent une résonance

particulière. Ils sont aussi un au revoir.

Je remercie de tout mon cœur le peuple du Pérou, qui nous a accueillis à bras

ouverts dans ce pays, et s'est montré particulièrement généreux avec nous

durant notre voyage.

Il y a encore une chose dont j'aimerais beaucoup vous parler, si vous le

permettez, mais je ne vais pas danser, soyez rassurés.

Je suis conscient que nos modestes personnalités nous empêchent de défendre

votre cause comme il se doit.

Et pourtant, nous croyons fermement, et encore plus après ce voyage, que la

division de l'Amérique en nationalités incertaines et illusoires est

complètement fictive.

Nous formons une seule race métisse, du Mexique jusqu'au détroit de Magellan.

Résolu à laisser définitivement tout provincialisme derrière moi.

Je lève mon verre au Pérou et je bois à l'Amérique Unie.

Santé ! Santé ! Santé !

...

Mais ça ne va pas.

La barque, tu sais où elle est ? Je ne la vois pas.

Moi, je vais fêter mon anniversaire sur l'autre rive.

Attends demain.

Quand on aura trouvé la barque, tu iras faire la fête de l'autre côté si tu

veux. Non, tout de suite. Non, arrête.

Mon anniversaire, c'est aujourd'hui. Je sais, Fuser, mais ça ne va pas. Tu ne

vas pas te jeter à l'eau. Tu veux traverser à la nage la nuit avec toutes

ces bestioles qui vont te bouffer tout cru ?

Il y a combien de fois on a cru qu'on allait y passer et on est toujours là,

non ? Mais là, c'est pas pareil, Fouzard.

Pourquoi ? Parce que je vais pas me jeter à l'eau pour t'aider cette fois.

Je vais pas me mouiller pour te sortir de là. Je sais très bien que tu me

laisseras pas tomber. Non, tu te trompes. Mais viens ici, petit con. Je t

'ai dit de pas y aller.

Mais merde, pense à moi, ta mère va me massacrer.

Fouzard, reviens, merde ! Ernesto, écoute-moi ! T'es vraiment un enfoiré !

Ernesto, reviens ! Putain, mais c'est pas vrai ! Ernesto, viens ici

! T'as décidé de me faire chier jusqu'au bout, connard ! Mais reviens, nom de

Dieu ! Qu'est-ce qui se passe ? Ernesto s'est mis en tête de traverser à la

nage, quel con ! Quoi ? Rassurez-moi, dis-moi que quelqu'un l'a déjà fait.

Pas depuis que je suis ici.

Ernesto, fais demi-tour, bordel ! Écoute ton ami, mon garçon ! C'est pas la

peine, il écoute rien. Viens ici, mon garçon ! Mais obéis, Ernesto !

Qu'est-ce qui se passe ? Je vois quelque chose qui bouge.

Ernesto, fais pas con ! Tu fais vraiment chier ! Ernesto ! Écoute-moi au moins

une fois dans ta vie, merde ! Le courant est vraiment fort par là-bas.

Qu'est-ce qu'il y a ? Il a décidé de traverser la neige, cet espèce de

couillon, regardez ! Mais reviens, tête de con ! Il en fait vraiment qu'à sa

tête, c'est pas possible ! Il y a quelqu'un qui neige

vers nous !

Non, c'est Ernesto ? Le voilà ! On

commence à

fatiguer.

Ça alors ? Il a atteint l'autre mer, ce con ! Vous vous rendez compte ? Ernesto

! Ce con a réussi à traverser ! Il a traversé !

Il a

traversé

! Je savais bien qu'il pouvait le faire.

J'en ai jamais douté. – Sous-titrage FR 2021

Sous-titrage ST'

501

Au revoir les amis.

Portez-vous bien.

Au revoir.

Vous

allez

nous manquer beaucoup à tous.

Rentre bien.

Merci docteur.

Au revoir Mauro.

Tu sais, j'avais préparé un beau discours plein d'anecdotes et de belles

phrases, mais j'ai tout oublié. C'est con.

C'est pas grave.

Jay.

Quoi ? Tu sais que tu peux toujours venir travailler avec moi à Cabo Blanco.

Va finir tes études et reviens, je t'attendrai.

Je ne sais rien.

Je ne sais pas.

Bien, pendant tout ce temps passé ensemble à traverser l'Amérique, il s

'est passé quelque chose.

Quelque chose qui me demande plus mûre réflexion.

Il faut que j'y aille, ils m'attendent.

Apporte pas, attends.

Tiens, ça peut te servir.

Je te la laisse.

Je l'avais gardée.

Elle est à toi.

Bon, j'y vais.

Je t

'écris,

promis. T'as raté, oui.

Fouseur.

Écoute, j'ai un truc très important à te dire.

Mon anniversaire, c'est pas le 2 avril, mais c'est le 8 août. Je t'avais donné

une fausse date pour te motiver et ça a marché. Tu le savais ? Tu me mens,

salope fille !

Salut Vial ! Salut, à bientôt !

Ceci n'est pas un récit d'exploits impressionnants.

C'est un fragment de vie de deux êtres qui ont parcouru un bout de chemin

ensemble, en partageant les mêmes aspirations et les mêmes rêves.

Notre vision fut-elle trop étroite, trop partiale, trop précipitée ? Nos

conclusions furent-elles trop rigides ? Peut-être.

Mais cette errance à travers notre Amérique

m'a transformé plus que je ne le croyais.

Moi, je ne suis plus moi.

Du moins, je ne suis plus le même qu'avant.

Sous-titrage FR ?

Sous-titrage Société Radio-Canada

Sous-titrage ST'

501

Sous-titrage Société Radio-Canada

Sous-titrage ST'

501

Sous-titrage ST' 501

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.