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...
A la reprise, au roulement de tambour, c'est là que tu frapperas le président.
On n'entendra pas le cri, ça te laissera un peu de temps pour t'enfuir.
Si tu refuses, on la tue.
Mesdames et Messieurs, Monsieur le Président de la République, gardez-vous
!
Merci pour le tuyau.
Pourquoi vous intéresse le petit monsieur sans encore l'ail de sa mère ?
Justement, il est monté trop vite. C'est louche.
Et elle, c'est sa maîtresse ? Vous m'en demandez trop.
Je garde les portes, c'est tout.
Et vous les ouvrez quand on vous demande gentiment ? Oui, alors oui, j'avoue, le
petit monsieur, je l'aime bien.
J'ai des dernières consignes pour ouvrir la porte.
Mais jamais je ne m'amènerai de ce qui se passe derrière.
Viens. Je te fais faire un petit tour du propriétaire.
Et voilà.
La mythique salle des fêtes.
Le saint des saints.
Le berceau du pouvoir. Le palais des grands hommes. Viens, viens, viens.
Regarde.
Là-bas, c'est le salon Murat.
C'est là où les visiteurs les plus illustres sont reçus par le président.
À côté, c'est le salon d'argent.
C'est là où Napoléon a abdiqué.
Et aujourd'hui, c'est là que Félix Faure effeuille sa Marguerite.
Marguerite Stanley ? La femme du peintre. Attention, secret d'état, je t
'ai rien dit.
Et ce soir, le président n'est pas là car il est reçu par Marguerite. Chez
elle, son mari est à l'étranger.
Bien.
Voilà. De rue Napoléon III, un peu chargé mais sympathique. Un message.
Le célèbre escalier Murat.
C'est incroyable de pouvoir être ici. C'est un rodin.
Tiens.
Ici, c'est le salon vert où le président et les hommes de l'état-major ont
débattu de l'affaire Dreyfus.
Là-bas, c'est le salon de l'Ovadour où on a décidé de faire du mali une colonie
française.
Madame, veuillez me suivre.
Mon bureau.
Entre.
Victor Darmon, conseiller spécial du président ? J'arrive pas à y croire.
Ton père serait tellement fier de toi.
C'est grâce à toi maintenant.
Non, c'est pas moi qui ai eu Polytechnique.
T'es un peu chez nous maintenant.
Non, c'est chez toi.
Moi, mon chez moi, c'est l'usine.
C'est déjà incroyable de pouvoir franchir ces portes.
Alors, je ne t'en ai jamais dit ça. Il n'en est pas question.
Je te voulais sortir du jeu, c'est ça ? Non, ça va trop loin.
Je ne suis pas comme toi. Je ne me suis pas engagé pour ça.
On n'a pas le choix.
C'est la seule manière d'obtenir ce qu'on veut.
Alors ce sera sans moi.
Si vous n'êtes pas avec nous, vous êtes contre nous.
C'est une menace.
Vous savez, j'ai un document qui...
Victor...
Mais il faut l'aider. Qu'est-ce que tu fais ? On ne peut pas laisser mourir
comme ça tout seul.
Victor ! Victor
! Attention.
Vous êtes le prochain sur leur liste.
Il faut appeler un médecin. Il est mort, maman.
C'est pas possible.
T'as entendu ce qu'il a dit ? Vous êtes le prochain sur leur liste. Qu'est-ce
que ça veut dire ? Je n'en sais rien.
Victor, il t'a appelé par ton prénom. Tu le connais ? Oui, c'est le secrétaire
général du président Ford, Maurice Fallon.
Mais qu'est-ce qui s'est passé ? Tu dois partir, maman.
Si la police te trouve ici, tu vas devenir leur premier suspect.
J'ai été témoin du meurtre.
Je peux les aider. T'as vu les yeux qu'il a, ce type ? Oui, j'ai vu. Viens
avec moi, tu dois partir.
Viens.
Vous êtes qui ? Augustin Normand, journaliste à la Gazette. Et vous ? Je
suis personne.
Une femme de votre trempe n'a pas le droit de dire qu'elle n'est personne. Qu
'est-ce que vous me voulez ? Le portier vous a fait rentrer clandestinement à l
'Elysée, je vous ai vu.
Laissez-moi passer.
Qui avez-vous tué ce soir, cher ami ? Pardon ? Il y a du sang sur votre robe.
Vous êtes sorti en courant de l'Elysée et la police y est entrée quelques
minutes après.
Vous savez comment je vais titrer ça demain ?
Coïncidence troublante.
J'ai rien à vous dire.
Vous expliquerez ça à la police ? Et vous, comment vous expliquerez que vous
espionnez l'Elysée toute la nuit ? C'est très simple.
Je suis persuadé qu'il y a des gens qui complotent contre le président.
Alors je surveille les allées et venues, je guette les gens louches, j'observe ce
qu'ils font.
Comme vous.
Et je faisais quoi, d'après vous ? Vous aviez un rendez-vous galant avec votre
jeune amant, Victor Darmon, le conseiller spécial de l'Elysée. C'est
pas mon amant, non.
Oui, il vous fait rentrer par une porte dérobée. C'est mon fils.
C'est votre fils ? Oui.
Il me faisait visiter l'Elysée. Voilà ce qu'on faisait.
Et on a vu un homme se faire tuer.
Qui ? Très bien, ça me fera un meilleur titre.
Coïncidence sanglante.
C'est Maurice Fallon.
Fallon ? Fallon, ça fait que commencer.
Pourquoi vous dites ça ? Mon fils est en danger ? Je pense que cela va mal finir.
Oui, je ne lis pas dans le marne au café.
Bonne nuit.
Et bon courage pour laver cette robe.
Merci. Marie, merci. Merci. Je vous en prie.
Le meurtre a eu lieu à quelques mètres de votre bureau. Vous y étiez encore ?
Oui, je travaille souvent le dimanche.
Vous avez forcément entendu quelque chose ? Une dispute ? Rien.
Les portes sont épaisses.
Le meurtrier, vous l'avez vu ? Malheureusement, non. Quand je suis
sorti de mon bureau, j'ai entendu des cris et... Maurice Fallon était déjà
mort et le meurtrier avait disparu.
Témoin aveugle et sourd, c'est vraiment pas de chance.
Maurice Fallon, c'était quel genre d'homme ? Accommodant, cultivé, très
professionnel. Gardez la langue de bois pour vos électeurs, jeune homme. Je vous
demande pardon ? Le secrétaire général du président a été assassiné à l'Élysée.
Alors donnez-moi un mobile pour le tuer.
C'était un salopard, un brave type.
Il donnait des ordres, c'était une marionnette du président.
Il avait des vices.
Il buvait, il jouait, il entretait des cocottes.
Disons que dans sa position, il voyait et entendait tout.
Quoi en particulier ? L'Alsace-Lorraine.
Les colonies.
Bréfus. Les prises de position de Fallon sur les sujets que vous évoquez lui ont
valu à n'en pas douter de solides inimitiés.
Je hais les politiques.
Des tournures de phrases compliquées pour ne jamais rien dire du tout.
Qu'est-ce que vous êtes fait ici ? Vous êtes blessé ? Je me suis brûlé avec la
lampe de mon bureau.
Comme vous, commissaire, je travaille tard la nuit.
Bien. Je vous suggère de retourner là où vous serez le plus utile, au diable. Je
le saluerai pour vous. Très bien.
On dirait qu'on recherche une tueuse, Capucin.
Décidez-moi, les femmes commencent à voler tous nos emplois.
Qu'est-ce qui se passe ? Et c'est un miracle si j'ai réussi à m'enfuir. Il te
suivait ? Mais je sais pas, je sais pas. Enfin, je suis sûre qu'il m'a pas suivie
jusqu'ici.
En tout cas, maintenant, il sait où t'habites, tu peux plus rentrer chez
toi.
Tu vas aller au-dessus, je vais t'installer dans la chambre.
Peut-être qu'il voulait récupérer ça.
C'est quoi ? Mais je l'ai trouvé dans ma poche.
Fallon a dû la mettre là, juste avant de mourir.
Peut-être qu'il ouvre une armoire ou quelque chose, un coffre, je sais pas,
dans le bureau de Fallon.
Il faut que je la remette à la police. Non, non, tu es folle. C'est le meilleur
moyen d'attirer les soupçons sur toi.
Mais enfin, Victor, tu risques de te faire tuer.
Je n'ai pas resté là à me tourner les pouces. Mais non, c'est de la paranoïa,
maman. Mais tu es le prochain sur leur liste. Ce n'est pas de la paranoïa. Et
ton bras, tu m'as dit que tu t'étais brûlé. Tu t'es fait adresser par eux,
pas vrai ? Je suis à grand. Calme-toi, maman.
Victor, dis-moi ce que tu as fait. Rien. Explique-moi, s'il te plaît.
Qu'est-ce qu'ils veulent ? Rien.
Victor, j'ai perdu ton père.
Si je te perds... Ne t'inquiète pas, je vais remettre ça au commissaire qui
enquête sur Fallon.
Ah, tu lui as parlé du tueur ? Oui. Tu lui as parlé de ses yeux ? Oui, je lui
ai fait une description physique très précise. Et avec ça, il va vite le
retrouver.
Fais attention.
Oui. Ne t'inquiète pas.
Je t'ai apporté de la lecture pour patienter et quelques infos pour te
changer. Je suis gentille.
Ça va aller ? Oui, oui.
C'est joli.
T'as qui ? Une amie ? Possible.
Comment elle s'appelle ? Je ne sais plus, il y en a trop.
J'ai toujours préféré la quantité à la qualité.
Moi, c'est l'inverse.
Papa est mort il y a plus de 20 ans.
Tu ne crois pas que tu pourrais commencer à penser à toi ? Bonne nuit,
mon chéri.
Bonne nuit, maman.
Et n'oublie pas, tu ne dois pas quitter cet endroit jusqu'à ce que cette affaire
soit finie.
Oui. Je passerai t'apporter à manger.
Merci.
C'est pas l'Elysée, mais... Bonne nuit.
Bonne nuit.
Monsieur le président, le commissaire Jean Barre.
Monsieur le président. Vous avez des suspects ? J'ai trouvé un morceau de
dentelle, de la dentelle rapiécée. De la dentelle du peuple. Pas d'une femme du
monde, si vous voyez ce que je veux dire.
Maurice Fallon avait-il une maîtresse, monsieur le président ? Mon secrétaire
préférait le commerce de ses semblables. Des semblables assez jeunes et très
beaux. Ah, c'est ennuyeux. Ce bout de tissu doit venir d'un quelque part.
parmi le personnel qui serait susceptible de travailler la nuit à l
'Elysée ? Honnêtement, j'en sais rien.
La nuit, la plupart du temps, j'ai la faiblesse de dormir.
Et quand je ne dors pas ici comme cette nuit, je me trouve en présence de femmes
qui portent de la dentelle du monde.
Je n'en doute pas, monsieur le Président. Il faut arrêter le coupable.
Je ne veux pas admettre qu'on assassine mes collaborateurs chez moi.
Attendez, attendez.
Jeune Jean, bonjour.
Je cherche mon petit honoré.
Tu ne l'aurais pas vu, toi ?
Non, mon général, il doit être dans le parc, en train de jouer avec ses soldats
de plomb.
Ah ! Ah, monsieur, t'as raison.
Où ai-je la tête ? Un gentil petit, toi.
Hein ? Attends.
Tiens. Tu t'achèteras des bonbons, hein ? Merci, mon général.
Le général Richemont.
Le héros de 1870 ?
À la bataille de Loigny, il a perdu son fils.
Et ça a raison.
Il croit qu'il a 40 ans, qu'il est le conseiller de Napoléon et que son fils
est ici.
Je n'ai pas le cœur de lui dire de quitter les lieux.
Il ne sait même pas qu'on a perdu l'Alsace-Lorraine.
Je crois que ça le tuerait.
Mort mystérieuse à l'Élysée.
La Gazette, la Gazette, la Gazette, la Gazette.
Oh là.
Oh.
Une vraie cocotte.
Mort mystérieuse à l'Élysée. Pour l'instant, la police n'a aucune piste
sur le profil du tueur.
Achetez la Gazette. Monsieur, monsieur, s'il vous plaît. Oui.
Merci.
Merci.
Bon, monsieur, vous avez des idées ? Pour l'instant, la police n'a aucune
piste sur le profil du tueur.
C'est Victor ? Oui, j'arrive.
Je t'ai apporté du pain, du vin et du fromage.
T'as parlé au commissaire ? Pourquoi y'a rien dans le journal ? Tu es sorti d'ici
? Non, j'ai entendu un crieur dans la rue.
Il disait que la police a rien sur le profil du tueur.
La police ne va pas raconter ses avancées à la presse. Ça reviendrait à
prévenir le tueur qu'on a son identité.
Tu me caches quelque chose ? Pas du tout, qu'est-ce que tu crois ? Tu tords
tes doigts comme quand t'avais 6 ans et que tu me mentais. Écoute, maman, cette
affaire te dépasse et il y a des choses que je ne peux pas te dire.
Ah.
S'il te plaît, fais-moi confiance.
Et crois-moi quand je te dis que je ne risque rien.
Tu restes ici.
Tu me le promets ? Oui.
Je rime.
Je repasserai.
Excusez-moi madame, s'il vous plaît, je cherche Augustin Norman.
Ah oui c'est facile, son bureau c'est le bourbier minuscule au fond du couloir, à
droite.
Qu'est-ce que vous fichez là ? Contre deux façons de parler à une dame.
Eh bien chère madame, pourriez-vous m'expliquer pourquoi j'ai l'insigne
honneur de vous trouver ici en train de fouiller dans mes dossiers ? Je viens
pour l'affaire dont vous m'avez parlé hier.
Je ne pourrais vous dire désolé.
Et si j'ai des informations pour vous ? Quel genre d'informations ? Une clé que
Fallon a mis dans ma poche juste avant de mourir.
Faites voir. Après vous.
Je sors mon jeu que si j'ai des garanties. Qu'est-ce que vous savez ?
Vous m'avez menti.
Vous n'êtes pas juste une dame.
Vous êtes une grande dame.
Je m'incline. Vous êtes prête ? J'espère que vous avez révisé votre géopolitique.
Tous les jours, on me coiffe un.
À la bonne heure.
Apparemment, l'Allemagne dirige une opération secrète contre l'Elysée. Nom
de code, Total Eclipse.
Je pense qu'ils cherchent à éliminer des hommes politiques qui travaillent sur l
'Alsace-Lorraine.
Vos sources sont fiables ? Avant-hier, mon journal a eu accès à un télégramme
crypté provenant de l'état-major allemand.
Une liste d'hommes à supprimer qui a fuité, qu'il faut à tout prix récupérer.
La liste dont parlait Fallon.
Votre clé, là.
Peut-être qu'elle donne accès à cette fameuse liste.
Le problème, c'est que je l'ai plus, cette clé. Mon fils l'a récupérée.
Pardon ? Vous m'avez appâté et vous n'avez rien en échange ? Mais vous êtes
vraiment une... Une grande bluffeuse.
Votre fils travaille sur l'Alsace-Lorraine ? Il est obsédé par
ces questions.
Son père s'est fait tuer dans l'étranger en 70.
Bon, vous avez des soucis à vous faire.
Au revoir, chère madame.
Aidez-moi.
La clé.
Votre fils va la donner à Jean-Bart ? Jean-Bart.
Le commissaire Jean-Bart.
Le policier chargé de l'enquête.
Justement, je ne suis pas sûre comment mon fils lui donne cette clé.
J'ai l'impression qu'il cache des choses et je ne sais pas pourquoi.
Si vous voulez comprendre, récupérez cette clé et je vous aiderai à trouver
ce qu'elle ouvre.
Vous savez comment vous y prendre ? Je vais quitter l'usine puis je vais entrer
à l'Elysée.
Vous êtes folle.
Mais vous avez de la chance, j'adore les folles.
Présidente de la République, c'est un peu tôt.
Mais femme de ménage, c'est dans vos cordes.
Je sens qu'on va faire les étincelles.
Vraiment.
Vous et moi.
Au revoir, madame.
Hop ! Au revoir. Au revoir.
Monsieur le secrétaire d'État, s'il vous plaît, une déclaration. Monsieur le
secrétaire d'État, s'il vous plaît, une déclaration.
Monsieur Beaulieu, pour la Gazette.
D'Aïa Fallon, vous croyez que c'est le président qui est visé ? Et pourquoi ça
? Le peuple adore notre président ? Tout le monde n'est pas de cet avis.
La Ligue des Patriotes lui reproche d'abandonner l'Alsace-Lorraine, les
Dreyfusards le verraient bien pendu, et le peuple le surnomme le Président
Soleil à cause de son goût. Vous parlez de votre président ? Exactement.
Pas de mon roi.
Mais je vous reconnais.
Ce n'est pas vous qui êtes tombé en disgrâce dans votre propre journal ?
On raconte que vous vous occupez des courriers du coeur, monsieur Normand, c
'est ça ? Je suis honoré que vous connaissiez mon nom.
Et les courriers du coeur n'ont rien de honteux comparé aux magouilles des
grands esprits.
Vous avez accusé notre ministre du budget de détourner des fonds publics.
Vous n'aviez aucune preuve et vous avez dû faire un bandeau d'excuses pour
diffamation. Et depuis vous êtes, paraît-il, confiné dans un réduit de la
taille d'un mouchoir. C'est vrai ? Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l
'ivresse. Écoutez, j'imagine que vous cherchez une nouvelle affaire pour
racheter votre place, mais évitez de dépenser trop d'énergie.
Ce n'est pas ici que vous la trouverez.
Bonne journée, monsieur Norman.
Bonjour, je viens passer l'entretien pour un poste de femme de ménage.
Attention, mon petit, les Prussiens sont en embuscade.
Je m'en souviendrai, monsieur.
Non, général.
Général Richemont.
Général.
Vous pouvez y aller.
Merci.
C'est trop bête, mon petit.
Le poste de femme de ménage, il a été pourvu. Il y a une demi-heure. Vous
auriez pas autre chose ? Mon mari est mort pendant la guerre de 70.
Et depuis, j'ai réussi à joindre les deux bouts toute seule.
Je dépends de personne, madame.
Je connais ça.
Moi aussi, j'ai perdu mon Hercule sur le champ de bataille.
Je suis désolée.
Tu sais lire et écrire ?
Parce qu'ils auraient besoin de quelqu'un pour recopier des discours.
Asténo, tu connais ? Je peux apprendre.
Oui, ça veut dire non. Ça veut pas dire non.
Ça veut dire pas encore.
Bonnet blanc et blanc bonnet.
Non, écoute, je ne peux pas te confier quelque chose de si important si tu sais
pas.
T'as quelques bases au moins.
Je vais travailler jour et nuit.
Pas de base donc.
J'ai été chef d'atelier à la manufacture.
Je suis précise et courageuse et jamais personne n'a eu à se plaindre de moi.
Sacrée tête de mule en plus.
Bon, c'est une qualité, non ? Voici un
texte.
Un manuel.
Je veux ce texte lisible en intégralité sur mon bureau demain matin à la
première heure.
Vous l'aurez.
Vous savez ce que Desroulettes a dit en parlant des colonies ? J'avais deux
filles, l'Alsace et la Lorraine, et vous m'offrez 20 domestiques.
Je l'ai dit, M. le Président.
Un jour, cet homme essaiera de le renverser.
Ou pire. À cause de cette petite ligue des patriotes, que savent-ils faire à
part agiter leur fusil de plan ? Oh, ne les prenez pas à la légère.
Pour le moment, Desroulettes se contente d'écrire des poèmes, mais bientôt, il
prendra les armes. Si les poètes savaient tirer, il y a bien longtemps qu
'ils ne perdraient plus leur temps à écrire des vers.
On n'est sûr de rien.
Moi je pense qu'on doit rester sur nos gardes. Pas moi ! Messieurs.
Vous travaillez ici ? Oui.
Je suis secrétaire.
Depuis quand ? Depuis ce matin, je viens juste d'être embauchée.
Félicitations. Merci.
Si vous venez pour le meurtre, je suis désolée, je suis au courant de rien.
Mais là, vous venez d'être embauchée.
Je vais quand même vous montrer quelque chose.
J'ai retrouvé ce morceau de robe sur le lieu du crime.
En retrouvant la robe, je trouverai la femme.
Et en trouvant la femme, je trouverai l'assassin.
L'assassin ? Oui.
La victime tenait cette chose serrée contre sa main comme si elle avait dû
violemment lutter contre cette femme.
Ou comme si elle avait imploré son aide.
Cendrillon et la pantoufle de verre.
Je ne crois plus au con depuis longtemps, madame.
Ce tissu... C'est de la dentelle ? Oui.
Vous avez raison, c'est de la dentelle.
Cette dentelle a l'odeur caractéristique et épouvantable des tireuses de soie en
manufacture ouvrière.
J'espère que vous n'allez jamais travailler dans ce genre d'usine,
madame.
Gassard.
Madeleine Gassard.
Commissaire Jean Barre.
Commissaire.
Vous pouvez disposer.
Restez dans les parages, j'aurai sûrement d'autres questions à vous
poser.
Je suis à vos dispositions, monsieur le commissaire.
Merci, madame.
Votre fils ne s'est aperçu de rien ? J'ai mis la clé de mon casier dans sa
poche. Bravo.
Vous faites une excellente voleuse.
Je vais me renseigner, on saura ce qu'elle nous voit.
Il faut que je fie, sinon Victor va soupçonner quelque chose.
C'est votre fils ? Vous êtes sa mère ? Pourquoi ne pas lui donner une bonne
raclée, plutôt ?
Construire le monde de demain.
Qu'est-ce que c'est ça ? C'est May.
Oui, c'est May.
Mais... Non, pour... Oui, c'est pas ça.
Alors,
nous travaillons à construire la société de nos enfants.
nos petits-enfants, mais le futur demande des efforts constants.
Nous devons nous tourner avec optimisme vers le monde de demain.
Quelle langue de bois ! Je ne vais pas vous mentir.
Bâtir un futur meilleur demandera des efforts, de la sueur et des
larmes.
La clé ouvre un casier dans la salle des consignes.
Comment vous avez trouvé ? J'ai mis contact à l'Elysée.
Je dépense beaucoup de temps, de compliments et de vin pour ça. Très
bien, je m'en occupe.
Hors de question.
Je vais demander à mes contacts de le faire.
C'est des documents confidentiels. On voudrait pas qu'ils tombent dans des
mauvaises mains.
J'ai toute confiance en mes contacts.
Justement, pas moi.
Votre contact, là, il a trahi la confiance du président en vous révélant
le secret de cette clé. Et moi, je fais pas confiance aux traîtres. Et moi, je
ne fais pas confiance à une femme que je connais depuis moins de deux jours. Et
je veux juste savoir si mon fils est sur la liste.
Vous trouverez personne d'aussi déterminé et d'aussi fiable que moi.
Allez.
Dites-moi, vous comptez procéder comment pour détourner l'attention des gardes
dans la salle ? Moi aussi, j'ai mes contacts à l'intérieur.
Elle est
patente.
Elle était patente, on n'a rien à dire. Je n'ai rien à dire.
Voilà. T'as une belle écriture.
Si.
Lésible, élégante.
Et tu ne fais aucune foute d'orthographe.
C'est mon fils qui m'a appris à écrire.
Tu es engagée à l'essai, comme assistante de la secrétaire de plume.
Secrétaire de plume ? Ne t'emballe pas.
C'est juste recopier des notes et des bouts de texte. En gros, ce sont des
documents qui circulent en interne.
Voilà d'autres textes à transcrire.
Quant à moi, je vais remettre celui-ci acquis de droit.
C'est qui ?
Mon général.
Soldat. Je viens faire mon rapport.
Votre rapport ? Oui, sur la bataille d'hier. Nous avons repris Chatillon. L
'effet de surprise a fonctionné, mon général.
Bravo, soldat, bravo ! C'est pas moi qu'il faut féliciter. Cette victoire,
nous la devons à deux volontaires du contingent qui ont réussi à forcer le
passage en se faisant passer pour des Prussiens.
Et où sont donc ces deux braves ? Par ici, mon général.
Par là.
Les voilà, mon général.
Bon,
il faut que je vous laisse.
Je dois rejoindre mon régiment.
Général. Merci, soldat.
Bravo,
soldat. Venez avec moi, nous allons fêter cette belle victoire.
Suivez-moi, mes enfants, suivez-moi.
C'est quoi ça ? T'inquiète, c'est le petit Vélizier. Il a perdu la boule,
mais il n'est pas méchant.
Après vous, monsieur.
Général.
Général ! Excusez-le, il a reçu un éclat d'obus hier, il a un peu.
Oh là, je connais ça.
La guerre est une grande salope.
Je l'ai vue de près.
Venez, on va déboucher une bonne bouteille.
J'en parle aujourd'hui, richement.
Quoi tu sais pas, tu sauras.
Eh, Gassard ! Viens avec moi, quelqu'un veut te parler.
Il a pas l'air content.
Mais qu'est-ce qui t'a pris de modifier des passages ?
C'est pas ce que je t'ai demandé ! Tu vas devoir t'expliquer avec qui de droit
! Qui ça ? Alors c'est vous qui réécrivez mes discours ? Oui, Monsieur
le Président.
Pourquoi cette initiative ? C'est un discours qui s'adresse au peuple, non ?
Et ? Et les mots que vous utilisez, ils sont trop vagues, Monsieur le Président,
sous votre esprit.
On a l'impression qu'on veut endormir l'esprit plutôt que de l'éveiller.
Le langage, c'est fait pour frapper les esprits.
Pas pour les égarer. Vous manquez pas de culot.
Je ne vais pas vous mentir.
Bâtir un futur meilleur demandera des efforts, de la soeur et des larmes.
Vous avez de la chance, j'aime ça.
Quelques tournures un petit peu trop familières, mais le style est percutant.
Vous avez un vrai talent.
On peut savoir d'où ça vous vient ? De mon fils, monsieur le président.
J'ai inventé des histoires quand il était tout petit parce qu'on n'avait pas
assez d'argent pour s'acheter des livres.
Et alors, croyez-moi qu'il était exigeant, il fallait être à la hauteur.
Apparemment.
Je vais vous présenter à mon conseiller pour que vous revoyiez le discours
ensemble.
Victor Darmon.
Madame Gassard.
Monsieur Darmon, vous chantez.
Je vais vous laisser parce que... Non, non, restez. Victor.
Voici une femme d'exception.
Désolé, mon ami, mais elle écrit mieux que vous. Et en plus, elle a failli me
traiter d'imbécile. Je suis à deux doigts de lui demander sa main.
Désolé, monsieur le président, il a forcé l'entrée. J'ai de bonnes raisons.
Madeleine Gassard, vous êtes en état d'arrestation.
Quel est le motif de l'arrestation ? Meurtre ou complicité de meurtre sur la
personne de Maurice Fallon.
Certes, ce n'est pas rien.
Eh bien, je vous laisse l'interroger.
Comme personne ici ne l'ignore, sur les lieux du crime, j'ai retrouvé ceci.
Ce morceau de dentelle a la particularité de sentir l'odeur des
manufactures de soie.
Or, Madame Gassard va se faire un plaisir de nous expliquer où elle
travaillait il y a moins de trois jours encore.
J'étais tireuse de soie dans une manufacture d'éal.
Merci pour cet aveu, Madame Gassard.
Je vais vous demander de me suivre. Elle n'a rien à voir là-dedans.
Commissaire.
Je sais d'où provient ce morceau de robe. Il appartient à une petite
ouvrière de la filature que j'ai amenée ici pour l'impressionner. Pourquoi vous
ne m'en avez pas parlé avant ? Parce que je ne voulais pas causer de tort à cette
jeune femme.
Eh bien, je vous écoute.
Je me suis dit qu'en l'amenant ici, elle serait impressionnée et qu'elle
succomberait. C'est Fallon qui a succombé.
Pour être honnête, nous étions sur le point de conclure lorsqu'on a entendu
des cris.
On s'est précipités, mon ami s'est agenouillé près de Fallon, il l'a
agrippé.
Il est mort dans ses bras.
Et le meurtrier ? Je ne l'ai pas vu. Je vous ai déjà dit que ni mon ami ni moi
ne l'avions vu. Il était déjà parti quand on a trouvé Fallon.
Bien, monsieur Darmon.
Vous allez me donner le nom de cette ouvrière. J'ai besoin de l'interroger
pour comparer vos témoignages. Elle est mariée.
Comprenez que pour cette raison, je ne peux pas vous donner son nom.
C'est un peu facile.
Assez, commissaire.
Assez. Vous avez vos réponses.
Sauf votre respect, monsieur le président.
Votre jeune conseiller s'arrange avec la vérité quand ça lui chante. Je réponds
de lui comme de mon propre fils.
Laissez-nous maintenant.
Bien, Monsieur le Président.
Merci, Monsieur le Président.
Qu'est-ce que tu fais là ? Mais et toi, à quoi tu joues ? T'as jamais donné l
'accueil au commissaire ? Et tu lui caches que tu as vu le tueur. Pourquoi ?
C'est un secret d'état. Moi, tu n'en sais plus. Tu es en sécurité. Alors
maintenant, s'il te plaît, tu arrêtes de faire n'importe quoi.
Arrête de faire n'importe quoi. Je ne fais pas n'importe quoi.
J'essaie de le protéger.
Normand.
Réunion dans le salon ouvert. Vous venez ? J'arrive.
Monsieur.
Tu es en danger, Victor. Tu rentres à la maison et tu ne sors plus.
La sortie est à droite et à gauche.
J'ai trouvé.
Je commence à m'inquiéter.
Il est là, couché sur l'herbe, dédaignant, blessé, superbe. Tout espoir
et tout secours est sur sa lèvre sanglante, gardant la trompette ardente.
Il sonne, il sonne toujours.
Je comprends pas cette claironde déroulée de... Un poème.
Je me suis disputé avec mon fils pour ça.
En même temps, il serait temps de couper le cordon, là, maintenant.
Venez. Fallon.
Dormons. Arco.
T'as trouvé la liste ? Non.
C'est bizarre, je croyais que la clé ouvrait le casier de Fallon dans la
salle des consignes, mais c'est pas le cas.
Je vais continuer à chercher.
Retrouve-la.
C'est un conseil.
Ne vous inquiétez pas, je vous promets que personne ne s'attend à ce coup d
'état. Le président ne se doute pas qu'il va mourir bientôt.
Victor.
Victor, qu'est-ce que tu fais ? T'as trouvé la liste ? Non, c'est trop.
On ne peut pas faire ça.
Ta mère ou pas, on n'a plus le choix.
Un cambriolage qui aura mal tourné. Arrête ça ! Si on la tue, on aura la
police sur le dos, ils mèneront une enquête, ils remonteront jusqu'à moi.
Comment on l'empêche de parler ? En lui coupant la langue, peut-être. Elle
parlera pas.
Elle restera ici jusqu'à ce qu'on finisse notre travail.
Victor, je te reconnais plus.
Félix Faure a été aidé sur des promesses qui ne tiennent pas.
Il laisse une partie de la population sur le bord de la route.
Vous allez le tuer pour ça ?
Tu es trop con de ce que tu vas devenir.
Tu vas devenir un traître.
Et la honte va salir ton nom et celui de ton père. C'est la seule chose qui va
léguer.
Et je ne compte pas le salir.
Si je la revois, je la tue.
Et toi aussi.
Victor, Victor, détache-moi.
Détache-moi, Victor. Il faut qu'on parle tous les deux. Mais là, je t'efforce, je
ne reviendrai pas avant demain soir.
Détache-moi, s'il te plaît.
Victor.
Pour notre bien à tous.
Alors ?
Y'a tous les
noms. Sauf un.
Le patron tient à rester discret.
Il sera content de savoir qu'on a retrouvé la liste.
Et qu'on l'a détruite.
Vous avez une sale tête.
Enfin, je veux dire, pire que d'habitude.
Bon, vous m'écoutez, mon fils fait partie d'un complot qui va assassiner le
président.
Votre fils n'a pas encore tué le président fort.
Il y a peut-être un moyen de l'en empêcher.
Alors, si vous avez une idée, je prends.
Allons voir la police. Non, non.
Ils vont envoyer Victor en prison.
Je peux le raisonner, il va m'écouter, il va abandonner.
Bon, d'accord.
Repartons de la liste. On s'est trompés. Ce n'est pas celle des hommes à abattre,
c'est celle des comploteurs.
Et les Fallon ? Peut-être qu'il allait les trahir.
Ou alors qu'il n'était plus d'accord avec eux.
Il voulait les quitter.
Vous avez vu d'autres noms sur la liste ? Un seul, oui. H-A-R-C-O.
Harcourt.
L'amiral Harcourt.
Le conseiller d'état-major particulier du président.
Venez.
Venez.
Qu'est-ce qu'on attend ? Mon informateur.
Et c'est quoi ce que vous avez à porter ? C'est une maniche et vous vous posez
plus de questions en une minute que moi en une journée.
Je le prends comme un compliment.
Tout ce qui paraît un vilain défaut chez les autres devient une grande qualité
chez vous, je ne sais pas pourquoi.
Ah, là voilà.
C'est ça votre informateur ?
C'est le meilleur.
Il dégote tous les secrets.
Du petit mensonge au péché inavouable. Il connaît tout sur tout le monde. Même
sur vous.
J'ai rien à cacher.
J'espère bien que si.
Alors,
tu t'es renseigné ? Ton art court, il vaut sa maîtresse deux fois par semaine.
Le lundi et le mercredi. Ce soir donc, vers 11h30 dans le salon vert de l
'Elysée. Mais qu'est-ce qu'ils ont avec le salon de l'Elysée ?
On pourrait faire ça chez eux, quand même, non ? Ils aiment tout faire comme
le président, madame. Ah, au fond, bien sûr.
Et à part sa maîtresse, Hercourt sera tout seul ? Dans le salon vert, oui. Ses
hommes attendent à l'extérieur.
Parfait.
Parfait.
On n'avait pas dit 40 ? T'auras la suite la prochaine fois, je vais avoir encore
besoin de tes services.
Tous pareils, les gens de la haute.
des promesses, et après vous nous la faites à l'envers. Je suis bien d'accord
avec toi, petit. Allez, Augustin, vous n'allez pas faire comme les politiques,
vous allez tenir vos engagements.
Merci,
madame. De rien, petit.
C'est ça votre métier ? Attendre pendant 10 heures ? Et encore, il m'est arrivé
de rester deux nuits sans dormir, à observer, à épier, à noircir des
carnets, pour finalement ne rien trouver du tout.
Ça ne doit pas vous laisser beaucoup de temps pour votre famille, tout ça ? Je n
'ai pas de famille.
Excusez-moi. Ne vous excusez pas, je le vis très bien.
Avec mon métier, aucune n'a tenu plus d'un mois.
L'amour, c'est mieux quand on est un peu disponible, non ? Chacun sa croix.
Moi, c'est le contraire.
J'ai tout sacrifié pour ma famille.
Résultat, mon mari est mort au front et mon fils est un traître. Ce n'est pas ce
que j'appellerais une grande réussite.
Je ne vais pas vous donner de leçons, je n'ai pas d'enfant.
Mais vous avez peut-être acquis le droit de vivre pour vous aujourd'hui, non ? Il
serait cruel de priver le reste du monde d'une femme comme vous.
La maîtresse d'Arcourt est dans la place.
C'est ça.
Qu'est-ce que vous faites là ? Vous n'avez pas le droit d'être ici. Vous non
plus.
Oh, Scheisse.
Mais ce n'est pas votre épouse.
Vous vous êtes perdus, Fräulein.
Schweinhund. Et mettez ça, vous allez attraper froid.
Et rentrez chez vous.
On doit parler avec votre Freund.
Mais qu'est-ce que vous voulez ? Des réponses à nos questions.
Et surtout la vérité.
Sinon demain matin, votre petit penchant pour l'Allemagne, il fera la une de la
gazette.
Donc, vous planifiez de tuer le président ? Je comprends rien à ce que
vous dites.
Qu'est-ce qu'on vous donne en échange ? Quoi ? L'Allemagne, qu'est-ce qu'elle
vous offre qui vaille cette trahison ? Vous êtes à côté de la plate, mon vieux.
Personne ne travaille pour l'Allemagne.
Vous ne travaillez pas pour l'Allemagne ? C'est bien de l'intérieur.
De qui ? Victor Darman.
Vous le connaissez ? Répondez à la dame.
Match nocturne, France-Allemagne, à la une de la Gazette, demain matin.
J'ai un document confidentiel dans mon marocain, avec la place exacte de chacun
de nous dans l'organisation.
Oui.
Et ben voilà.
Lâchez ce revolver, lâchez ce revolver, lâchez ce revolver, lâchez ce revolver !
Venez,
venez.
Il portait un chiffre tatoué à 7, j'ai vu.
C'est un code ? C'est sa place dans la conspiration ? Je comprends pas. Mais si
! Il nous a parlé d'une organisation avec une hiérarchie très très précise.
Imaginez qu'il porte le chiffre 7.
Ça voudrait dire que chaque homme porte un numéro qui correspond à sa place dans
le couplot.
7, 6, 3, 2... Et le numéro 1, la tête pensante
de toute l'opération, celui qui donne les ordres ?
Le seul moyen de vérifier si on a raison, c'est d'aller voir le bruit de
Fallon. Venez.
Vous l'avez pas tué ? Endormi.
C'est l'ouest quelques minutes avant qu'il se réveille.
Chloroforme.
Chloroforme.
Capucin. Oui.
Faites-moi développer les photos de cet appareil, je les veux le plus vite
possible dans mon bureau.
Très bien, monsieur le commissaire.
Commissaire. Monsieur le Président.
Vous m'expliquez ce nouvel incident ? Pour l'instant, ça a l'apparence d'un
suicide, mais un suicide un peu forcé.
Vous voulez dire qu'on aurait poussé Harcourt à se tirer une balle dans la
tête ? Je veux dire, vous n'êtes plus en sécurité, qu'il faut vous mettre à l
'abri. Hors de question ! L'Elysée, c'est chez moi.
Je ne quitte pas ma maison.
À vous de faire votre boulot et d'arrêter le salaud qui tue dans mes
murs.
Trouvez-le.
Et trouvez-le vide, sinon je vous envoie faire le zouave à la marée chaussée.
Bien, Monsieur le Président.
J'ai trouvé.
Quatre. C'est sa place dans le complot. Vous savez si votre fils a un chiffre
tatoué sur le poignet ? Non, il a un bandage depuis des semaines.
J'ai cru qu'il s'était fait agresser et il m'a dit qu'il s'était brûlé. En fait,
il cache son numéro.
Vous pensez que... Non, il ne peut pas être le numéro un.
Vite ! Vite ! Arrêtez-les ! C'est vous l'ordre du cadavre ! Comment est-ce qu
'il a pu en arriver là ? Ce n'est pas pour l'excuser, mais peut-être qu'il a
fait ça pour venger son père.
Victor est entré à l'Elysée pour changer les choses.
Et dans un sens, c'est exactement ce qu'il est en train de faire. Bon, et
maintenant ? Maintenant, on prévient le commissaire Jean Barre.
Il va l'arrêter pour complicité de crime contre l'État. Mais si on arrive à l
'arrêter avant qu'il tue le président, il évitera la guillotine.
Augustin, vous allez me rendre un dernier service.
Vous allez au journal.
Vous prenez votre dossier, vous l'apportez à Jean Barre.
Et vous lui dites tout sur mon fils.
Je veux qu'il ait en sa possession le maximum d'éléments pour pouvoir l
'arrêter.
Et moi... Je vais voir Victor une dernière fois avant qu'on le mette en
prison.
Tardez pas trop.
Je sais pas si je pourrai le retenir très longtemps.
Commissaire Jean Barre, vous tombez bien, j'allais venir vous voir.
C'est souvent ce que me disent les criminels pour se défendre avant que je
leur passe les manottes. Les criminels ? Augustin Normand, je vous arrête pour le
meurtre du conseiller d'état-major Georges Harcourt.
Messieurs.
Mais vous vous trompez de coupable, je n'ai rien à voir là-dedans. Bien au
contraire, j'ai découvert les rouages d'une conspiration à l'intérieur de l
'Elysée. Ah ouais ? Très bien, vous allez nous raconter tout ça.
Victor Darmon.
C'est lui qu'il faut arrêter.
Tous ces crimes, là, c'est lui.
Il a l'intention de tuer le président.
Ah oui ? Et moi, je suis le pape. Et j'attends ma belle-sœur. Ah bon ?
Je t'attendais.
Montre-moi ton bras.
Ni une brûlure, ni une agression.
Un simple chiffre.
C'est toi qui dirige cette opération. Je vais t'expliquer. C'est pas la peine.
Je sais pourquoi tu fais ça.
Mais Victor, je peux pas te laisser gâcher ta vie.
Donc tu as prévenu la police.
Oui, elle va arriver.
D'un moment à l'autre. Je peux toujours m'enfuir ? Oui, tu peux ! Mais tu seras
traqué toute ta vie ! Et tu pourras plus jamais accéder à l'Elysée ! La
République contre les liens du sang ? Tu as fait ton choix.
Simplement, je n'ai aucune intention de fuir ni de me rendre.
Je vais mener ma mission jusqu'au bout.
S'il te plaît, maman, ne résiste pas.
Vos empreintes ressemblent à s'y mettre. Prendre la salle relevée dans le salon
vert, vous nous expliquez ça ? J'ai eu un petit entretien avec Hercou.
C'est vrai.
J'étais.
Mais je ne l'ai pas tué.
Il a préféré se mettre une balle dans la tête plutôt que de me parler de la
conspiration.
Vous avez trouvé le revolver auprès de sa main, non ?
C'est votre appareil, n'est-ce pas ?
On a fait développer les photos.
On voit d'ailleurs quel genre de méthode vous utilisez. Je ne vous juge pas,
chacun son métier.
Cependant, il y a un détail qui a attiré mon attention.
Madeleine n'est pas une meurtrière.
Tout ce qu'elle a cherché à faire, c'est de protéger son fils.
Victor Darman.
Elle va me chercher d'armand.
Où est-ce que vous m'emmenez ?
Rien, chef. Alors ? Personne, chef.
Bon, allez.
On est arrivé.
Venez.
Désolé pour ces méthodes, Madame, mais vous êtes allé trop loin.
Vous mettez votre vie en danger et compromettez la mission de votre fils.
Je t'en prie, asseyez-vous.
Ce que je vais vous dire est strictement confidentiel. Vous jurez de garder le
secret ? Oui, Monsieur le Président, je jure.
Votre fils, Victor Darman, travaille pour moi.
Il exécute une mission de la plus haute importance. A chaque instant, il risque
sa vie pour le bien de la République.
Je comprends pas.
Victor a infiltré la conspiration qui prépare un coup d'État.
Il joue double jeu depuis le début.
Il pouvait rien vous dire sans risquer de mettre en danger sa couverture.
Tu fais pas partie du complot ? Et j'ai encore moins l'intention d'assassiner le
président.
Au contraire, il cherche à identifier les responsables de l'intérieur.
Je dois connaître les proches qui me veulent du mal.
Je suis un peu perdue.
Pardon, mais le chiffre que vous portez sur le poignet, qu'est-ce que c'est ? C
'est pas votre place dans la conspiration ? Non, c'est un des
chiffres qui indique quand aura lieu le coup d'État.
Quand tous les membres se réuniront, on obtiendra la date exacte.
Et ce soir, Victor a rendez-vous pour le savoir. Il va rencontrer le dernier
membre de la conspiration, Nicolas Beaulieu.
Votre chef de cabinet, c'est lui qui donne les ordres ? Non, mais lui seul
sait qui les donne.
On prévoit un coup de filet. On arrête en beaulieu, on empêchera le coup d'état
et on lui fera avouer l'identité de celui qui est derrière tout ça.
Ma mission finit ce soir.
On va pouvoir reprendre une vie normale.
Votre fils est un homme remarquable, Madame Gassard.
Vous pouvez être fière de lui.
Merci, Monsieur le Président.
Commissaire ? Alors ? Darmon n'était pas là.
Vous avez interrogé les voisins ? Il est forcément quelque part. On a le
témoignage de la concierge. Elle a vu Madeleine Gassard et Victor Darmon
partir dans un fiacre avec des hommes armés.
Des hommes armés ? La description qu'elle a faite ressemblait à la garde
rapprochée du président Fort.
Commissaire Jean-Bart.
Oui, bien sûr, Monsieur le Président, j'arrive tout de suite.
Maman. Pardon.
Je suis désolé.
Non.
Non, non, mon chéri, c'est moi. C'est moi qui suis désolée.
J'ai vraiment cru que tu étais un assassin.
Je pense à ton papa.
Arrête de pleurer, maman.
Il serait horrible, il serait tellement horrible.
Je pète. Non, t'es pas bête.
C'est vraiment trop dangereux cette mission.
S'il s'apprête que tu travailles pour le président, il faut te tuer comme Fallon.
Le président a mis ses meilleurs hommes pour encadrer le coup de filet, je ne
risque rien.
Ça va aller maman, je te promets.
Je t'aime.
Bien. Très bien.
Monsieur le Président, le commissaire Gendard.
Monsieur le Président, vous vouliez me voir ? Je voulais vous avertir, vous
faites une grosse erreur.
Adelaine Gassard, je suppose.
Laissez-la tranquille. Elle et le journaliste n'ont rien à voir avec la
mort d'Arcourt.
Comment vous le savez ? Je ne peux pas tout vous dire.
Cette affaire dépasse vos prérogatives, monsieur le commissaire.
Excusez-moi, Monsieur le Président, mais j'ai parfois l'impression qu'on me prend
pour un abruti. Si vous voulez que je fasse mon travail, il faut me tenir au
courant.
Augustin Darmont prétend que Victor Darmont est à la tête d'un complot qui
vise autre personne, c'est vrai ? Darmont travaille pour moi.
Ce soir, il va jouer la part pour arrêter un homme qui cherche à me nuire.
Vous faites beaucoup reposer sur Darmont, vous êtes sûr de lui ? Je l'ai
déjà dit, ce garçon, c'est comme mon fils.
César disait la même chose de Brutus, vous savez.
Il ne me trahira pas.
Il me doit tout.
Si vous le dites.
À ce propos, j'aurais besoin de quelqu'un avec une solide expérience
pour mener le coup de filet. Je peux compter sur vous.
Bien sûr, monsieur le Président.
Une fois que le fiacre est arrivé, on se déploie en silence.
Tendu ?
Au lieu.
Narmon ? Tournez mon signal.
Vous venez ? Non, je n'aime pas les rendez-vous en plein air.
Je ne voudrais pas de la réputation de Fallon, vous comprenez ? On va faire
autrement.
C'est pas prévu, ça, chef.
Allez.
Qu'est-ce qu'on fait ? On bouge pas.
Si on intervient et qu'on le rate, Victor sera découvert.
L'opération est annulée.
Victor ?
Victor, c'est toi ?
Je l'ai dit à votre fils.
Si je la revois, je la tue.
Mais les gens n'en font qu'à leur tête.
C'est pratique, un véhicule, c'est en mouvement.
Beaucoup plus sûr qu'un endroit où l'on pourrait rester... bloqué.
Par exemple.
Vous ne trouvez pas, Victor ? Si, si, bien sûr.
On est mieux pour parler.
C'est bien d'avoir un allié sur qui on peut compter.
On ne peut pas dire que Fallon est brillé par sa fiabilité.
Et il a payé pour ça.
Notre projet est une révolution, il ne souffre pas de traître à la cause.
Et les traîtres ont toujours une fin tragique.
Vous doutez de moi ? Pourquoi je devrais ? Il
paraît que votre mère roule un peu trop près de nos affaires.
Je n'y peux rien, elle est trop curieuse.
Pas pour son bien, Jean-Bart pense que c'est elle qui a tué Harcourt et Fallon.
Il l'a arrêtée.
C'est une bonne chose.
Bon, parlons concret.
Quand est-ce qu'on passe à l'action ?
Fallon portait un 4.
Hercourt avait le chiffre 7.
Si on respecte l'ordre de nos fonctions à l'Elysée, ça donne 1-4-0-7.
Le 14 juillet.
Demain ? Quelle est la procédure ? On va recevoir les ordres.
Ce soir.
Qu'est-ce qu'elle fait ici ? Apparemment, le commissaire Jean Barre
lui a rendu sa liberté et nous en avons profité pour la récupérer. Elle ne
parlera pas.
Beau lieu.
Vous savez quoi, Darman ? J'ai de sérieuses raisons de douter de vous.
Si vous n'êtes pas un traître, vous allez servir cette cause jusqu'au bout.
C'est vous qui allez assassiner le président.
Je croyais qu'on prévoyait des tirs sur les toits.
C'est plus sûr.
On va innover cette fois-ci.
Vous allez le tuer au corps à corps.
Comme ça.
Arrête ! Faut te détendre, je te montrais, c'est tout.
C'est impossible. Et si on me fouillait à l'entrée ? Pour l'arme, tout est
prévu. Un musicien de la garde républicaine vous la donnera à l'Elysée.
Je ne suis pas formé pour tuer.
Et pourtant, vous allez le faire.
Vous préférez que votre mère reste en vie, hein ?
C'est motivant ça, non ?
Augustin
Normand, vous êtes libre.
Non. Vous êtes libre.
Le président de la République lui-même vous a innocenté.
Je ne suis plus accusé de complicité de meurtre ? Mais non.
Faites un brin de toilette, vous sentez comme un lendemain de cuite.
Eh patron ! Qu'est-ce que tu fais là toi ? Ton amie, la jolie dame, elle est en
danger. Viens.
Quoi ?
Un nouveau monde se prépare, Madeleine.
Nous allons enfin retrouver nos filles chéries, l'Alsace et la Lorraine.
Mais vous êtes fous ! Vous êtes complètement fous ! Réveillez-vous ! Vos
grandes idées nationalistes, là, elles vont faire couler du sang ! C'est ça qu
'elles vont faire ! Tout ça pour des kilomètres de terre ! Mais la grandeur
de la France sera restaurée ! L'Allemagne a volé notre histoire.
On reprend ce qui est à nous.
Après l'assassinat du président, et avec le soutien de l'armée, évidemment, une
nouvelle majorité va me porter à la présidence.
J'aurai les mains libres pour porter à bien notre projet.
Nous avons un espion au sein de l'état-major allemand. Un espion ? Oui.
Il nous informe de tout.
Vous verrez, il suffira d'une simple étincelle pour déclencher une nouvelle
guerre.
Et mon fils ? Qu'est-ce que vous allez faire de mon fils ? Hein ?
Il ne survivra pas à son geste.
Non, on lui évitera la guillotine.
Après tout, nous aura aidé à reprendre le pouvoir.
Non, en vérité, votre fils va mourir tout de suite après avoir tué le
président.
Vous êtes des monstres ! C'est la condition pour obtenir ce qu'on veut.
Non, c'est pas vrai.
Rassurez-vous.
Vous ne saurez pas séparer de votre fils très longtemps.
Espèce de salopard ! C'est la règle.
Mon fils... Pas de témoin.
Elle m'a coûté cher, cette information.
A la reprise, au roulement de tambour, c'est là que tu frapperas le président.
Si tu refuses, on la tue.
On s'est inquiété pour vous hier soir.
Il ne fallait pas.
Beaulieu n'a pas voulu quitter son fiacre. Il était sur ses gardes.
Vous avez appris la date du coup d'État ? Oui.
Alors ? Le 17 janvier.
La date anniversaire de votre élection, monsieur le Président. Ce soir-là, des
militaires ont prévu de se retourner contre vous devant des milliers de
citoyens.
Beau travail d'Armand.
On va faire arrêter le chef des armées.
Et Beaulieu ? Il s'est fait porter pâle au défilé.
Il vous a rien dit sur l'identité du cerveau de l'opération ? Non.
A vous de trouver beau lieu de le faire parler.
Bien, monsieur le Président.
Mission accomplie, mon ami.
Un bel avenir vous attend à mes côtés.
Merci, monsieur le Président.
Dans ma fonction, on ne peut faire confiance à personne.
On a des ennemis partout.
Même parmi ses plus proches collaborateurs.
Mais grâce à vous, je me sens enfin en sécurité.
Et je vous remercie.
Avec plaisir, Monsieur le Président.
Monsieur le Président de la République, garde à vous !
Bonjour.
Très belle. Merci.
Merci.
Quelle belle journée !
Pardon,
Monsieur le Président, mais je n'ai pas le choix.
Toi aussi ? Je suis désolé.
Victor ! Il y a un tueur sur le toit !
C'est délanté, il faut évacuer
C'est lui.
Oui,
Augustin, le carton présidentiel, ce sera pour une autre fois.
En tout cas, je voulais vous féliciter parce que vous n'êtes pas rancunier, ça
c'est une grande qualité, vous savez.
Et je suis grand prince aujourd'hui.
J'ai un autre tuyau pour vous.
Un hangar près de la Seine.
Vous y trouverez beau lieu, disposé à collaborer.
Eh bien, c'est la journée des bonnes nouvelles, on dirait.
Messieurs, suivez-moi.
Commissaire Jean Bas.
Monsieur le Président.
Alors, monsieur le Commissaire, quelle nouvelle ? Pas très bonne, monsieur le
Président. Ah.
Vous lui refusez toujours de parler ? C'est pendu dans sa cellule ce matin.
On ne saura jamais qui était derrière tout ça.
On va continuer à chercher, à interroger ceux qui restent.
Le chef des armées, le militaire de la garde républicaine qui... qui a donné l
'arme à Darmon.
Quelle que soit son identité, il a perdu tous ses appuis. Il faudra beaucoup de
temps et d'argent pour organiser un nouveau coup d'État.
Vous avez l'enfeu vert pour prendre toutes les mesures nécessaires à cette
enquête.
Très bien, Monsieur le Président.
M. le Président, si je peux le permettre, la quinine en grande
quantité, c'est mauvais pour le cœur.
Ça tombe bien, la dame de mes pensées n'en veut pas qu'à mon cœur.
Vous pouvez disposer, M. le Commissaire, sauf si vous avez d'autres conseils
médicaux à m'offrir.
M. le Président, Mme Stenail...
Merci Victor. Merci Monsieur le Président.
Je ne compte pas faire de grands discours, mais juste remercier ma mère,
Madeleine Gassard.
C'est à elle plus qu'à moi que notre président doit la vie.
Puisque vous avez décidé de l'engager pour rédiger vos discours, je vais la
laisser parler en son nom.
Maman, s'il te plaît.
Monsieur le Président.
Monsieur.
Nous avons perdu trop de sang, trop
de larmes.
Les guerres se sont succédées. Elles ont ravagé la France.
Elles ont détruit ses monuments, morcelé ses terres, assassiné ses soldats. Et en
échange, que nous a-t-elle donné ?
Elle nous a laissé la rage au ventre et l'amertume au cœur.
Elle nous a laissé des désirs de vengeance, des relents de haine.
Aujourd'hui, j'aimerais que nous rêvions ensemble à un monde nouveau.
Aujourd'hui, j'espère une trêve pour les enfants de ce pays.
J'espère qu'un jour, nos dirigeants cesseront de conquérir des terres et d
'assujettir des peuples pour étancher leur soif de pouvoir.
J'espère qu'on bâtira des ponts entre les hommes, qu'on abolira les frontières
entre les pays.
J'espère que nous paierons nos rêves avec une monnaie identique. J'espère que
nous échangerons des idées plutôt que des balles, des discours plutôt que des
bombes.
J'espère que nos enfants connaîtront ce monde où Français et Allemands ne
lutteront plus, mais s'uniront pour forger une terre et des espoirs en
commun.
J'espère que nous trouverons une langue commune pour nous respecter les uns les
autres.
Que nous unirons nos voix et nos forces pour inventer la paix.
Au nom de la démocratie, faisons de ce rêve une réalité.
Merci.
Très bien. Bonjour.
Monsieur Lopin.
Je t'assure.
Excusez-moi un instant.
Vous avez l'air de bien vous connaître. Tu peux peut-être me présenter ? Mon
fils, Augustin Normand, un grand journaliste.
Mais devant une oratrice aussi brillante que votre mère, je ne suis personne.
Un homme comme vous n'a pas le droit de dire qu'il est personne.
C'est une insulte pour le reste de l'humanité.
Au fait, il paraît que vous avez refusé de sortir cette affaire dans la gazette.
C'est dommage puisque vous seriez à la tête du journal.
Mais je sais bien que vous préférez votre joli gorbi.
Que voulez-vous ? Il y a des intérêts supérieurs à l'avenir de la France, et
même à ma carrière.
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